Il apprend le russe en autodidacte, traduit des auteurs soviétiques et devient le secrétaire de Louis Aragon au début des années 60. Il suit une formation d’acteur et devient lui même un excellent pédagogue : il enseigne à l’école Jacques Lecocq, puis au Conservatoire. Cette activité restera toujours pour lui d'une importance égale à son travail de créateur. Selon le principe d’association d’idées, il propose des variations de jeu à partir des textes, fait permuter les conventions (jouer une scène tragique comme une comédie ou vice et versa), donne une place privilégiée à la diction du vers et à la musicalité de la langue.
Parallèlement à ces activités, il dirige, à partir de 1972, le Théâtre des quartiers d’Ivry. Il y met en scène
Les Miracles, d'après les Evangiles selon Saint-Jean, deux versions de la
Jalousie du Barbouillé, une farce de
Molière. Il adapte des romans :
Vendredi ou la vie sauvage, de Michel Tournier en 1973,
Catherine, d'après
Les Cloches de Bâle d'Aragon en 1976 et
La Rencontre de Georges Pompidou avec Mao Zedong en 1979.
En 1981, il est nommé à la direction du Théâtre de Chaillot. Dans chacun de ces lieux, il ouvre une école. Il dirige le premier
Faust qu'il avait déjà monté à Ivry,
Tombeau pour 500 000 soldats d'après le roman de Pierre Guyotat
Britannicus de
Racine, représentés tous trois dans un même décor (une forêt). Sa réalisation la plus célèbre reste
Le Soulier de Satin de Claudel montée en Avignon en 1987 et repris à Chaillot.
En 1988, il devient administrateur général de la Comédie-Française. Il y met en scène
Le Mariage de Figaro de Beaumarchais et
La Vie de Galilée de
Brecht, avant d’être emporté par une hémorragie cérébrale.
(Antoine Vitez, Photo DR)