Arthur Miller nait dans une famille juive polonaise de la classe moyenne. Son père est ruiné à la suite de la crise de 1929. Durant sa scolarité, Miller est un élève médiocre mais un athlète confirmé. "Si j'avais une idéologie, c'est ce que j'avais appris des journaux Hearst" dira-t-il plus tard. Il entre néanmoins à l’Université de Michigan, où il étudie le journalisme et le théâtre, s’intéressant particulièrement au tragiques grecs et aux oeuvres d’
Henrik Ibsen. En 1936, il écrit
Honors at Dawn, une pièce dans laquelle il esquisse déjà ce qui sera ses thèmes de prédilection : la lutte pour la justice et le rapport de l’individu à la collectivité. En 1949,
Mort d’un commis voyageur, récompensé par le prix Pulitzer, traite, à travers le personnage d’un employé licencié par la compagnie pour laquelle il a travaillé toute sa vie, le désarroi de la classe moyenne, lorsque le rêve américain se révèle être un cauchemar. Sa pièce suivante,
Les Sorcières de Salem (1953) évoque, sur une trame historique, la chasse aux communistes à laquelle se vouait alors la Commission présidée par le sénateur McCarthy. En 1957 Arthur Miller sera lui-même déclaré coupable d’outrage au Congrès pour avoir refusé de révéler les noms de membres d’un cercle littéraire suspectés de sympathies communistes. La même année, il épouse
Marilyn Monroe que
Kazan lui avait présenté 8 ans auparavant (le couple divorcera quatre ans plus tard). Cet célèbre épisode de son existence ne saurait faire oublier que Miller s’est engagé auprès des prisonniers (Miller est l’un des fondateurs du International PEN’s Writers in Prison Comitte) et contre la pratique de la torture. Observateur de la société américaine, il a gardé, sa vie durant, un idéal humaniste.