Même si je ne produits qu’une petite vérité par rapport à la vérité que peuvent produire Marx ou Freud, la vérité que j’aurais produite sera différente de la leur, elle n’en sera pas une pâle copie ”
Après des études d’allemand, Bernard Sobel part pour Berlin où il se forme à la mise en scène auprès de
Bertolt Brecht. De retour en France, il assiste
Jean Vilar pour sa mise en scène d’
Arturo Ui (1960). Il fonde l'Ensemble Théâtral de Gennevilliers en 1963. Sur le modèle du Berliner Ensemble et s’inspirant des théories brechtiennes, la troupe de Bernard Sobel demeure le représentant de la ligne brechtienne "orthodoxe". En 1968, elle joue
l'Exception et la Règle dans les usines occupées.
Leur premier spectacle professionnel est, en 1970, la mise en scène d’une autre pièce de
Brecht Homme pour Homme. Bernard Sobel fut en outre le premier à monter en France une pièce de Heiner Müller,
Philoctète en 1970. Son répertoire de prédilection demeure néanmoins les Elisabéthains,
Timon d'Athènes de
Shakespeare (1971),
Le Juif de Malte de Marlowe (1975-76),
Molière,
Dom Juan (1973),
Tartuffe (1978),
L’École des femmes (1985), et surtout les auteurs russes et allemands de la fin du XIXe et de la première moitié du XXe siècle, Grabbe et
Brecht, Isaac Babel et Ostrovski.
Dons, mécènes et adorateurs (2006) aura été son dernier spectacle mis en scène à Gennevilliers. Ce choix manifeste sa volonté d’interroger les comportements humains dans les périodes de bouleversements sociaux, c’est ainsi qu’il avait mis en scène
La Ville de Claudel (1986) où il trouvait "une vision accablante de ce que peut être la fin du pouvoir de la bourgeoisie et
La Mère de
Brecht en 1989, peu après la chute du Mur de Berlin.
(Bernard Sobel, A Pictorial History of Vaudeville)