David Lescot à la Maison de la poésiePosté par JdF le 17.05.08 à 20:24
David Lescot, auteur, metteur en scène et musicien, propose une forme extrèmement légère (on est à la Maison de la Poésie, pas au Grand Magic Circus, ne l'oublions pas), un dispositif d'une sobriété absolue : David Lescot est vêtu comme il est vraisemblablement arrivé au théâtre, en jean et t-shirt, est assis sur un tabouret et tient une guitare électrique à la main. S'il avance le pied, il peut atteindre les spectateurs du premier rang. De quoi parle-t-il ? De la commission centrale de l'enfance, une association créée par les Juifs Communistes français après la Seconde Guerre mondiale, qui gérait des colonies de vacances, à l’origine pour les enfants des disparus, mais qui existèrent jusqu’à la fin des années 80. David Lescot y a passé ses vacances, a appris à chanter des chants communistes (tendance stalinienne), a suivi ses camarades dans la tente des filles, a réalisé des spectacles de fin d'été... Il raconte tout cela en s'accompagnant de sa guitare et convoque chaque soir un ancien de la CCE à venir daloguer avec lui, dans cette pettie salle voûté du Passage Molière. C'est comme il dit, tout un pan un peu ignoré de l'histoire de la communauté juive d'après-guerre qui s'est joué à la CCE. Et cela vaut la peine d'être raconté. De ce récit-là, le spectacle de David Lescot offre une mise en bouche. On en sort en espérant trouver l'occasion d'en apprendre plus encore... La Commission centrale de l'enfance de et par David Lescot Jusqu'au 15 juin à la Maison de la Poésie (www) Médée à Nanterre - bien terne![]() Parmi l'équipe qui a participé à la création de Médée de Sénèque mise en scène par Zakariya Gouram, un intervenant, Julien Cottereau, a apporté un travail sur le clown. C'est peut-être cet information-ci qui laissait espérer beaucoup plus d'audace dans la pièce présentée actuellement à Nanterre. Malheureusement, la Médée que propose la comédienne Marie Payen pousse jusqu'à l'extrême les conseils que lui dispense la nourrice à la deuxième scène : "cache ta douleur, il faut savoir encaisser les coups les plus rudes, sans un mot rester impassible". Alors, d'un calme parfaitement extraordinaire, Médée s'entretient de façon tout à fait naturelle et quotidienne aussi bien avec Créon qu'avec son mari. Difficile d'imaginer que cette jolie femme plutôt sympathique et polie a déjà commis tant de crimes. Difficile de croire qu'elle est en train de tuer ses propres enfants. Ces actes-là sont d'une dimension surhumaine quand le ton des paroles échangées sur le plateau frôle le trivial. Parmi les onze scènes qui composent la pièce de Sénèque, deux ressortent de façon admirable: le très beau premier échange entre Médée et Jason, véritable scène d'amour à teneur érotique, et la scène de sorcellerie de Médée, traitée avec beaucoup d'humour. Pourquoi pas. Cela fonctionne et donne l'occasion à Médée d'offrir un visage un peu plus fou. Pour le reste, les échanges sont ternes à force de vouloir rester improvisés. Il s'en faut de peu que le texte de Sénèque perde complètement sa force face à un tel traitement. Extrêmement décevant. Médée, de Sénèque, texte français Florence Dupont, mise en scène Zakariya Gouram Scènes ouvertes à l'insolite, 7ème édition - c'est parti !![]() C'est parti dès ce soir et jusqu'au 25 mai: le théâtre de la Cité Internationale se met à l'heure de la marionnette avec les Scènes Ouvertes à l'Insolite. Petit-frère de la Biennale Internationale des Arts de la Marionnette, ce festival accueille pour sa 7ème édition une jolie brochette de jeunes compagnies européennes. Au programme, quinze spectacles, un confessionnal interactif et deux expositions. Scènes ouvertes à l'insolite, du 15 au 25 mai 2008, au théâtre de la cité internationale Roméo et Juliette - sombre et efficace
Roméo et Juliette mis en scène par Pauline Bureau au théâtre de la Tempête (www), jusqu'au 25 mai. Des mots qui content au Grand ParquetPosté par Lucie le 01.05.08 à 10:00 | tags : jeune public
Voir la programmation complète sur le site du Grand Parquet. Festival Des mots qui content au Grand Parquet. Le jour où Nina Simone a cessé de chanter
Le jour où Nina Simone a cessé de chanter, de Darina Al Joundi et Mohamed Kacimi, mise en scène Alain Timar Le théâtre public privé de molières: Merdre!!!![]() Comme il était à prévoir et malgré un certain équilibre dans les nominations, le théâtre public s’est fait coiffer au poteau par son homologue entertainment plus riche, 12 contre 5… (Illustr Juste la fin du Monde mis en scène par Michel Raskine ) Quelques paris sur les Molières Ce soir, c’est la 22ème cérémonie des Molières, les bustes dorés à l'effigie de Jean-Baptiste Poquelin vont être décernés aux Folies Bergères.Bien sûr, cette cérémonie propose des nominations restrictives et met de côté beaucoup de créations d’une qualité certaine. Bien sûr notre idée de la discipline théâtrale n’est pas pour valoriser cet esprit de compétition select… Bien sûr notre connaissance en théâtre privé (inexistante à vrai dire) ne va pas nous permettre de suivre la cérémonie comme il se devrait... Mais nous nous livrons tout de même avec un certain plaisir à quelques paris. Paris qui s’appuient tant sur un avis de spectateur que sur l’écho médiatique qu’a eu le spectacle (très important dans ce genre de cérémonie bien sûr) et sur une idée très personnelle de ce qu’est la « tonalité » de cette cérémonie et des risques qu’elle est capable de prendre… frileuse cérémonie... (Il est à noter que les favoris des nominations sont des spectacles du théâtre privé que nos paris ne peuvent donc pas trop prendre en compte, merci d'avance pour votre indulgence face à nos erreurs) Nous vous engageons à faire de même, avec légèreté, en consultant la liste complète des nominations ici.
- Théâtre public : Juste la fin du monde mis en scène par Michel Raskine (de par ses très bons échos médiatiques et dans le petit monde du théâtre, et qui plus est, entrée triomphale de l’auteur contemporain Jean-Luc Lagarce au répertoire de la Comédie Française) - Compagnie : « Je tremble » de Joël Pommerat (souhait très personnel) (voir l'article de flu), mais aussi La petite Catherine de Heilbronn dont on a apprécié sur nos pages L’équipe qui gagne. - Metteur en scène : Luc Bondy pour La Seconde Surprise de l’amour (voir l'article de flu) (souhait très personnel, bien que le succès médiatique et public d’Alain Françon et de son Hôtel du Libre échange (voir l'article de flu) laisse présager que le prix lui reviendra…) - Comédien : il est fort à parier que Clovis Cornillac va l’emporter… pour cette même raison citée précédemment et bien que Jérôme Kircher soit un excellent acteur… - Seul en scène: Laurent Poitrenaux dans Ebauche d'un portrait mis en scène par François Berreur, ce ne serait que justice...(voir l'article de flu) - Comédienne dans un second rôle : on le souhaite à Norah Krief qu’on a pu apprécier en bouffon électrique dans Le Roi Lear de Jean-François Sivadier (voir l'article de flu) A demain donc pour un bilan... Quelques extraits du troublant Sous Sol de Peeping Tom
Peeping Tom, le collectif belge qui n’a pas froid aux yeux poursuit la tournée française de son Sous Sol. Il se produira au Centre Chorégraphique National d’Aix en Provence du vendredi 25 au dimanche 27 avril. Quelques extraits (déconseillés à ceux qui auront la chance de les voir en live, ce serait dommage):
Sous Sol par Peeping Tom au Centre Chorégraphique National d'Aix en Provence (www) du vendredi 25 au dimanche 27 avril. Petit portrait de Sidi Larbi CherkaouiA partir du 22 avril certains chanceux (le spectacle est complet depuis longtemps) pourront aller voir la dernière création de Sidi Larbi Cherkaoui, Origine. Ici le danseur a comme point de départ l’énergie féminine.
Le 3 novembre 2007, Métropolis (Arté) dressait un petit portrait du chorégraphe. Alors faute de pouvoir voir le spectacle… Desproges même pas mort - Mon cadavre sera piégé au Splendid
Mon cadavre sera piégé, au théâtre du Splendid, textes de Pierre Desproges, mise en scène Julia Vidit Grand prix de littérature dramatique: 1er tour
Le prix avait été décerné l'an passé à Joël Pommerat, pour sa pièce Les Marchands. Concordan(s)e au Colombier de Bagnolet![]() Le festival Concordan(s)es propose des rencontres singulières. Un chorégraphe est invité à proposer un parcours dansé autour de l’œuvre d’un auteur. Les 15 et 16 avril, le chorégraphe/acrobate Guillaume Bertrand et l'auteur Anne Luthaud exploreront le langage à travers "Comment dire…". Ces mêmes jours, Marion Lévy proposera "En somme", avec trois danseurs, deux comédiens et un vidéaste autour du sommeil et de l’œuvre de Fabrice Melquiot. Les 18 et 19 avril Christian Ubl et François Tessier s’associeront autour de "Klap Klap" et interrogeront l’acte d’applaudir. En clôture, Le chorégraphe Thierry Thieu Niang et Marie Despleschin, avec la collaboration artistique de Patrice Chéreau présenteront " Au bois dormant… où… à écrire le corps ". Illustr Klap Klap par Christian Ubl et François Tessier Concordan(s)es, jusqu’au 19 avril, au Colombier de Bagnolet. Voir le site de Concordan(s)es. Gutmann, Lowry: Mexico mexiiiiiiico !
![]() Laurent Gutmann a choisi d’adapter pour la scène le livre de Malcolm Lowry Under the volcano, Au-dessous du volcan (livre que John Huston adapta au cinéma en 1984) sous le titre Je suis tombé. La mise en scène se tient et qui plus est ce travail donne réellement envie de lire le livre (et de partir au Mexique...).
Un ancien consul alcoolique et philosophe vit sa dernière journée mexicaine. Mexique qui est très bien rendu sur la scène. On peut voir un guitariste dans un coin qui gratouille quelques notes sans notion de durée sous une vierge entourée de guirlandes de Noël qui clignotent. Une vieille femme surmaquillée qui minaude comme une starlette en servant l’alcool local, montrant plus tard avec ce même sourire la photo de son fils mort dans son petit berceau.
Je suis tombé, d'après Malcolm Lowry, mise en scène de Laurent Gutmann, au CDN de Montreuil (www), jusqu'au 18 avril. Festival Les Européennes à Lyon
"Allô ? Allô ? Il y a quelqu’un ? Ici le vaisseau
Cette année, l’écossais très drôle et très joué (au Royaume-Uni) David Greig présente « Le dernier message du cosmonaute à la femme qu’il aima un jour dans l’ex-Union Soviétique » (mardi 8 à 19h). L’histoire de deux cosmonautes soviétiques coincés en orbite depuis tant d’années qu’ils ne sont même plus soviétiques mais russes et qu’il l’ignorent. En parallèle de ce drame social plus loufoque que tragique, une ribambelle de petits destins s’entrecroisent sur la terre : deux danseuses de charmes, un fonctionnaire de la Banque Mondiale, une orthophoniste, un ingénieur du projet Ariane, une jeune policière enceinte… Liste non exhaustive qui laisse espérer le meilleur… Lecture de lettres de soutien aux sans papiers à la Cartoucherie
Voir l’article/entretien avec Ariane Mnouchkine sur Libération (www). |
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