Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.

Candide au Nouveau Théâtre de Montreuil

Posté par JdF le 20.11.09 à 18:24

Candide est de retour. Depuis que Voltaire l’a imaginé dans un siècle où l’on brûlait le Chevalier de la Barre pour hérésie et que l’Inquisition exerçait ses talents dans l’Ancien et le Nouveau Monde, il s’est passé bien des choses : des révolutions, des libérations en tout genre, et pourtant… Des fanatiques brûlent tuent et mutilent, on fait la guerre sous couvert de maintenir la paix, on torture et l’on massacre ses prochains dans des contextes différents, certes, mais avec la  même ardeur à l’ouvrage.


C’est pourquoi, l’entreprise d’Hervé Loichemol de mettre en scène un Candide revisité est une excellente chose. Simplement, l’adaptation d'Yves Laplace pêche, comme c’est souvent le cas, par le fait même…. qu’elle est une adaptation. Bien entendu que la pièce suit le conte de Voltaire et les pérégrinations de Candide : elle va vient et virevolte sur les pas de son personnage, crapahuté de l’Europe la guerre de Sept Ans au Nouveau Monde en s’embarquant de Lisbonne où la terre tremble pour revenir ensuite à Venise et finir aux alentours de Constantinople. Tout ce récit trépidant est bien rendu, grâce notamment aux acteurs plein d’ardeur et de fantaisie. Mais tout cela se gâte lors des pauses narratives, particulièrement à la fin, lorsque l’auteur tente de faire entendre sa voix propre et s’éloigne du texte original. Le spectacle devient alors pesant et le dernier quart du spectacle passe bien lentement.

Candide d’Yves Laplace, d’après Voltaire, avec William Nadylam, Hubertus Biermann, Barbara Tobola, Anne Durand, Juan Antonio Crespillo, Michel Kullmann. Musiciens, François Allaz et Daniel Perrin.


Jusqu’au 8 décembre au Nouveau théâtre de Montreuil (www)

Réserver ? c'est ici

Illus. © M.Vanappelghem




Les Possédés dans un conte théâtral de Tankred Dorst

Posté par Nedjma le 20.11.09 à 16:47 | tags : ferme du buisson, théâtre

On aime beaucoup le collectif les Possédés. Emmené par Rodolphe Dana, et réunissant une fine troupe de comédiens, de Simon Bakhouche à Katja Hunsinger, de Nadir Legrand à Marie-Hélène Roig. On les a vus -et applaudis-, récemment dans « Le pays lointain » de Jean-Luc Lagarce ou dans « Oncle Vania » de Tchekhov.

Changement de cap, la compagnie s'attèle à un vaste conte théâtral signé Tankred Dorst, « Merlin ou la terre dévastée », riche d'influences (Dana évoque à la fois Shakespeare et les Monty Python) et passe ainsi de l'intime à l'épopée. "Chaque époque  connaît ses crises politiques, humaines et économiques qui nous amènent à construire « un monde meilleur », croire en une nouvelle utopie.Refaire l'Eden : tel est l'enjeu à chaque fois. Car ce que reconstruit l'homme de l'utopie rappelle le lieu dont son ancêtre fut chassé, l'espace clos du bonheur inaltérable : le paradis. Dans l'histoire de Merlin, nous avons pensé que cette bande de chevaliers, ce pouvait être nous », clame le metteur en scène. On le croit et on a envie de les suivre. La pièce vient d'être créée à la Ferme du Buisson, avec qui les Possédés ont entamé un compagnonnage au long cours, et sera présentée à la Colline, dès mardi.

"Merlin ou la terre dévastée", par le collectif les Possédés. Du 20 novembre au 19 décembre, Théâtre national de la Colline. 01.44.62.52.52.

 









La Ménagerie de verre au Théâtre de la Commune d'Aubervilliers

Posté par JdF le 20.11.09 à 15:19

Jacques Nichet a choisi, pour questionner l’état de notre société, de monter La Ménagerie de verre de Tennessee Williams, pièce qui raconte la crise que subit l’Amérique des années 30 à travers trois personnages maltraités par la vie. Dans le Sud des Etats-Unis, Amanda, une mère qui a été belle et courtisée, dont le mari est parti bien des années auparavant, a un fils, Tom, pas assez ambitieux à son goût et surtout trop porté à fuir l’atmosphère étouffante de la maison familiale pour rêver, dans les salles obscures, d’aventures, que sa triste vie d’employé à l’entrepôt ne peut lui offrir. Sa sœur, Laura, d’une timidité maladive, handicapée par une jambe qui la fait boiter, n’arrive pas à mener une vie sociale. Elle a abandonné ses études à cause de l’angoisse que lui causaient les examens et sa mère tente désespérément de lui trouver un mari.
Jacques Nichet a choisi d’intégrer dans son spectacle les titres indiqués par les didascalies, comme s’il s’agissait d’un film muet : certaines des phrases prononcées par les personnages sont ainsi reproduites sur l’écran en fond de scène, ainsi que les états intérieurs de personnages à certains moments de la pièce. Spectacle hybride puisque sur l’écran sont aussi projetés des extraits de films (de ceux dont Tom se repaît), des dessins et autres réalisations visuelles qui permettent de donner un cadre symbolique à une pièce qui se joue dans un espace le plus anti-naturaliste possible : deux coussins, un chandelier, une chaise et une licorne de verre miniature comme seuls accessoires.
Les acteurs profitent de ce dispositif spatial qu’ils sont les seuls à occuper et donnent une interprétation à la hauteur de ce très beau texte : en particulier, Luce Mouchel qui joue Laura, et qui est absolument poignante. C’est une très belle occasion de (re)découvrir Tennessee Williams dont il n’est plus à démontré qu’il est un des grand auteurs américains de l’après-guerre.

La Ménagerie de verre de Tennessee Williams, traduction Jean-Michel Déprats, mise en scène Jacques Nichet, avec Michaël Abiteboul, Stéphane Facco, Agathe Molière et Luce Mouchel.

Jusqu'au 6 décembre au Théâtre de la Commune d'Aubervilliers (www)


En tournée :

les 9 et 10 décembre 2009, L’Hippodrome, Scène nationale de Douai
le 18 décembre 2009, Le Parvis, Scène nationale Tarbes Pyrénées
du 7 au 9 janvier 2010, Scène nationale de Sénart
du 12 au 16 janvier 2010, Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine
les 20 et 21 janvier 2010, Théâtre Forum Meyrin (Suisse)
du 25 au 29 janvier 2010, Le Grand T, Scène conventionnée Loire-Atlantique
le 2 février 2010, Théâtre de Vevey (Suisse)
les 10 et 11 février 2010, Théâtre de Cornouaille, Scène nationale de Quimper

Illus. © Brigitte Enguérand




Observer au Théâtre de Gennevilliers

Posté par JdF le 19.11.09 à 14:52
Observer, comme toute l’œuvre de Bruno Meyssat, est un spectacle étonnant. Dans la pénombre, environnés d’objets venus d’horizons divers,
 pour la plupart construit de matériaux bruts (bois, paille), les acteurs, dans des costumes et des poses qui citent le No japonais, sans chercher à réellement l’imiter, se livrent à d’étranges rituels. Lentement, dans une extrême concentration, leurs gestes forment le contrepoint d’une bande-son qui évoque, par intermittence (les autres moments sont muets) la catastrophe et l’horreur survenue à Hiroshima.
Des bribes de récits faits par des témoins, les voix de Truman, de Hiro-Hito, convergent à nous emmener dans le non-sens et à dire ce qui est impossible de se représenter : corps partiellement calcinés, mais vivants encore, yeux fondus par l’éclair de la bombe, douleurs inouïes et paysage dévasté. Spectacle qui s’imprime sur la rétine comme un rêve cauchemardesque, mais dont la beauté, paradoxalement, engendre le calme et l’apaisement.

Observer de Bruno Meyssat, avec Gaël Baron, Elisabeth Doll, Marion Casabianca, Frédéric Leidgens, Jean-Christophe Vermot-Gauchy, Pierre-Yves Boutrand.
Jusqu’au 29 novembre au Théâtre de Gennevilliers (www).



Hamlet aux Labos d'Aubervilliers - géant

Posté par Catherine le 18.11.09 à 18:35 | tags : théatre

Une chose est certaine : la matière shakespearienne colle parfaitement au théâtre brut de Gwenaël Morin. Le Hamlet, d'après Hamlet de Shakespeare que la troupe du Théâtre Permanent présente depuis début octobre et encore jusqu'au 24 novembre, est une vraie réussite. Nous vous en avions déjà parlé au vu des deux premiers actes, mi-octobre (www). Depuis, les trois derniers actes ont été ajoutés et l'ensemble du spectacle a pris de la bouteille. Et quelle bonne bouteille !

Gwenaël Morin taille ses mises en scène à la hache : "tu entres en courant, tu montes sur la table, tu pleures très fort, tu te jettes par terre..." Aucune psychologie. Surtout pas. Pourquoi en rajouter : tout est dans le texte ! Sur les premières représentations, l'attaque au premier degré des actions et des dialogues fonctionne déjà parfaitement, dans un rythme efficace. Avec le temps, les comédiens habitent leur partition avec de plus en plus de liberté et de force. Car à force de "jouer à jouer", ils jouent vraiment, ils sont vraiment leurs personnages...

Cela donne un jeu de comédien époustouflant que le public apprécie d'autant mieux que le Théâtre Permanent est revenu à une disposition en rond - très à propos pour une oeuvre shakespearienne. La folie de Hamlet, la souffrance d'Ophélie : le spectacle pousse très loin toute la violence du texte de Shakespeare. Le public, constamment sollicité et complètement intégré au spectacle, vit la tragédie de l'intérieur. Comment ne pas en ressortir parfaitement bouleversé ?

 

Hamlet, d'après Hamlet de William Shakespeare, mise en scène Gwenaël Morin
Traduction Joris Lacoste

Avec Renaud Béchet (Hamlet), Virginie Colemyn (Ophélie), Julian Eggerickx (Laerte, Rosencrantz et Bernardo), Barbara Jung (Gertrude, comédien et fossoyeur), Grégoire Monsaingeon (Polonius, Horatio), Gwénaël Morin (Claudius), Ulysse Pujo (Guildenstern et Marcellus)

Jusqu'au samedi 24 novembre, à 20 heures, aux Laboratoires d'Aubervilliers (41 rue Lécuyer à Aubervilliers, M° Pantin quatre chemins, ligne 7).
Gratuit - Pas besoin de réserver, mais il est recommandé d'arriver tôt...

n.b. Pour en savoir plus sur le Théâtre Permanent, n'hésitez pas à relire notre papier de mai dernier : www

Illus ©Julie Pagnier

 

 




Qui pour prendre les rênes du 104?

Posté par Nedjma le 18.11.09 à 11:07 | tags : 104, théâtre, arts plastiques

Les actuels directeurs du 104, Robert Cantarella et Frédéric Fisbach ont donc jeté l'éponge. Cela s'est passé lors du dernier conseil d'administration du lieu, vendredi. "Ils sont partis avant qu'on ne les renvoie" chuchotent ou clament, ici et là, quelques observateurs. En vérité, le tandem de direction du site a réagi ainsi à l'annonce du gel de la subvention accordée à l'établissement. Le 104 affiche déjà 700 000 euros de déficit, ils réclamaient une rallonge de 2 millions d'euros. La mairie a dit niet. Un an seulement après l'ouverture de "l'établissement artistique de la ville de Paris", qu'y a t-on vu? Une ouverture en fanfare, qui a laissé beaucoup de monde à la porte, des performances, des installations, une maison des petits hyper bobo. Des répétitions ici, là. La conférence de presse du festival d'Avignon. Mais étonnamment peu de théâtre. Frédéric Fisbach et Robert Cantarella sont pourtant metteurs en scène. Alors qui pour leur succéder? D'autres hommes de théâtre? -Un théâtre qui, soit dit en passant, a vu ses subventions augmenter de 37% à Paris depuis 2000-. Des artistes plasticiens? Christophe Girard, adjoint à la culture de Bertrand Delanoë a indiqué sa nette préférence pour un gestionnaire plutôt qu'un artiste. En période de crise, un retour au bon vieux "principe de réalité"?

 




Théâtre et astronomie - la voix de Giordano Bruno

Posté par Catherine le 16.11.09 à 20:35 | tags : théâtre

Ils furent des temps où une pensée trop libre menait droit au bûcher. En 1600, Giordano Bruno fut brûlé vif pour ne pas avoir voulu démordre de sa conviction, obtenue par raisonnement philosophique, que l'univers est infini.

En ce moment, à l'Observatoire de Paris, la voix de Giordano Bruno est ressuscitée par l'intercession de trois hommes : Benoît Di Marco, Laurent Lévy et Pierre Hiessler incarnent la personnalité plus que trinitaire de celui qui fut tour à tour prêtre catholique, calviniste, philosophe, sans jamais se départir d'un amour des plaisirs de la vie les plus concrets.

L'occasion pour les théâtreux invétérés que nous sommes d'aller traîner nos guêtres ailleurs que dans nos salles habituelles - même si, justement, pour entendre raisonner la voix de Giordano Bruno, on aurait rêvé d'une déambulation plus audacieuse dans ce superbe lieu qu'est l'Observatoire de Paris.

 

Giordano Bruno - des signes des temps, un spectacle de Laurent Vacher
A partir de textes de Giordano Bruno

A l'Observatoire de Paris, jusqu'au 12 décembre 2009
Du lundi au samedi à 20h30, sauf le jeudi à 19h30
Réservation 01 44 84 72 20

Illus © Christophe Raynaud de Lage




La guerre des poupées d’Ibsen

Posté par Nedjma le 16.11.09 à 17:40 | tags : nanterre-amandiers, théâtre

Devinette : quelle est l’héroïne dramatique la plus en vogue de cette saison théâtrale 2009-2010 ? Ni Phèdre, ni Antigone. Pas plus Bérénice ou Chimène, mais Nora. Nora Helmer, poupée fragile –mais pas tant que ça-, imaginée par Henrik Ibsen, entourée d’hommes malades, cruels, égocentrés. « Je ne peux plus me contenter de ce que disent les gens et de ce qu’on trouve dans les livres. Je dois réfléchir toute seule et essayer d’y voir clair», clame-t-elle. La question de la vérité, et de la lutte des femmes sont au cœur de l’œuvre qui fascine, plus que jamais les metteurs en scène. Pas moins de trois versions majeures sont donc à l’affiche à Paris, puis en tournée, ces prochains mois.
Au Théâtre de la Colline, c’est Stéphane Braunschweig qui ouvre le bal, avec Bénédicte Cerutti cette semaine et jusqu'en janvier 2010. Autre version très attendue, en février prochain, celle du Théâtre de la Madeleine. L’immense Michel Fau, compagnon au long cours d’Olivier Py, signera la mise en scène et incarnera le mari de Nora, elle-même interprétée par…Audrey Tautou. La pièce marque les débuts au théâtre de miss Amélie.
Autre lieu, autre vision enfin, celle deJean-Louis Martinelli, au théâtre des Amandiers de Nanterre du 10 mars au 17 avril prochain. Cette fois c’est la blondeMarina Fois qui enfilera la robe corsetée de Nora…

 Illus mise en scène de Stéphane Braunschweig, Théâtre de la Colline. © Elisabeth Carecchi

 




Un Cabaret Hamlet

Posté par JdF le 13.11.09 à 09:37

 

Un cabaret Hamlet, étrange association… qui fonctionne pourtant : Matthias Langhoff a déstructuré le texte de Shakespeare (en fait pas tant que cela, il commence par la fin mais la suite se poursuit dans l’ordre, comme dans un long flash back), mais surtout il y a intercalé des morceaux de musique, des chants, de la danse, des numéros de cabaret quoi ! Tout l’imaginaire de Langhoff est convoqué dans ce déploiement de d’objets et de costume de toute nature et de toutes les époques, des couleurs chatoyantes, des espaces scéniques séparés, qu’on aperçoit parfois derrière des jalousies qui s’entrouvrent.
François Chattot joue Hamlet : n’ayant pas l’âge du rôle (c’est un euphémisme), il agit à l’encontre de la tradition d’un Hamlet pâle et mélancolique. Bourru, goguenard, il ne joue pas Hamlet, il le cite dans un souci antinaturaliste en phase avec une distribution où tout va queue par-dessus tête : Horatio est jouée par Agnes Dewitte et s’appelle donc Horacia, Gertrude par Emmanuelle Wion qui pourrait être la fille de François Chattot qui joue pourtant son fils, des deux frères Hamlet père et Claudius, l’un est blanc, l’autre noir - seul conformisme : c’est le Noir le méchant, alors qu’on aurait pu s’attendre à plus de fantaisie…
Tout se monde va et vient dans un dispositif scénique bien dans la tradition du cabaret : sur des pontons de bois, les acteurs chanteurs font leur numéro, on sert de la Carlsberg aux quelques spectateurs sont attablés au milieu des acteurs et un cheval gris pommelé reste très calme dans le tumulte ambiant, broutant l’air de rien quelques dentelles dépassant des costumes féminins.

 


Un Cabaret Hamlet, mis en scène de Mathias Langhoff, avec Marc Barnaud, François Chattot, Agnès Dewitte, Gilles Geenen, Jean-Claude Jay, Anatole Koama, Philippe Marteau, Patricia Pottier, Jean-Marc Stehlé, Emmanuelle Wion, Delphine Zingg, Osvaldo Caló. Musiciens : Osvaldo Caló (piano), Antoine Delavaud (percussions), Jean-Christophe Marcq (violoncelle), Lætitia Girier (basson).


Jusqu'au 12 décembre au à l'Odéon - Théâtre de l'Europe (www)

illus. © V. Arbelet




Le Cerceau par Laurent Gutmann

Posté par JdF le 12.11.09 à 17:26

 

 

Laurent Gutman, qui a déjà mis en scène Ödön von Horvath, Jean Genet, Oriza Hirata (voir sur Flu ici, ça et ), nous fait à présent découvrir une pièce russe, écrite dans les années 1980, Le Cerceau.
Petouchok ne veut pas fêter seul ses quarante ans. Il a donc réuni ses cinq amis sous les prétextes fallacieux et les a entraînés dans une datcha qu’il a hérité de sa grand-mère. Il a bien du mal à les faire rester et une fois qu’ils sont installés, arrive un vieil homme qui fut marié à la grand-mère défunte et peut donc aussi prétendre à l’héritage.
En réalité, l’action ne se joue pas là, mais dans la bordée de souvenir que le cadre et les circonstances font revenir à la mémoire de chacun des personnages. Certains se sont aimés, d’autres lisent des lettres qu’ils ont reçues dans le passé, d’autres encore rêvent de repartir vers d’autres contrées.
Au fond de ce décor recouvert de terre qui figure un hangar abandonné, avec, suspendu au plafond, un décor de salle à manger, la paroi est abattue à grands coups de masse. Les personnages apparaissent alors dans la pénombre et le spectacle peut commencer. L’action de la pièce est un peu décousue,mais malgré quelques temps morts, l’on garde de ce spectacle le souvenir d’un rêve mélancolique.
 


Illus. © Pierre Grosbois


Le Cerceau de Victor Slavkine, mise en scène de Laurent Gutmann, avec  Jade Collinet, Bruno Forget, Daniel Laloux, Marie-Christine Orry, Eric Petitjean, François Raffenaud, Richard Sammut.

Les 14 et 15 novembre au Studio théâtre de Vitry (www)

Le 27 janvier, à Vannes, Théâtre Anne de Bretagne, le 11 février à Saint-Brieuc, La Passerelle, le 24 mars, à Chateauroux, l'Équinoxe, le 30 mars à Sainte, Gallia théâtre.




L'homme à tête de chou revisité par Gallotta

Posté par Nedjma le 12.11.09 à 15:11 | tags : danse

C'est un événement à plus d'un titre. L'album phare, l'album maudit de Serge Gainsbourg, « L'homme à tête de chou », né en 1976, revit désormais sur scène. L'initiateur du projet, c'est le chorégraphe Jean-Claude Gallotta. Enfin, c'est cette fois Alain Bashung qui se fait l'interprète du destin de Marilou, shampoineuse fatale au regard absent et à l'iris absinthe. « Il lui fallait les discothèques et bouffer au Kangourou Club alors je signais des chèques Sans provision j'étais fou. Je suis l'homme à tête de chou moitié légume moitié mec ». Un héros singulier, fou d'un amour dévastateur. Deux défunts mythiques, deux génies sombres donc, dont les ombres planent sur l'oeuvre, et un vivant très vivant pour ce projet. Le projet voit le jour voilà trois ans et devait, à l'origine, intégrer Bashung à part entière au milieu des quatorze danseurs. Aujourd'hui, reste sa voix. Et la chaise qui devait l'accueillir, renversée sur une scène sans décor. Les 32 minutes originelles de l'album de Gainsbourg ont été prolongées par des parties musicales qui lieront les tableaux entre eux, pour en faire une œuvre d'une heure dix. Première du spectacle, que Gallotta promet « music-hall sans les paillettes », ce soir à Grenoble et longue escale parisienne à la fin du mois.

L'homme à tête de chou, pièce pour 14 danseurs mise en scène et chorégraphiée par Jean-Claude Gallotta à la MC2 de Grenoble à partir du 12 novembre. Du 27 novembre au 19 décembre 2009 au théâtre du Rond-Point à Paris, puis en tournée jusqu'en juin 2010.




sexAmor au théâtre de la Bastille

Posté par JdF le 11.11.09 à 12:53 | tags : théâtre, bastille

 

Pierre Meunier revient au Théâtre de la Bastille, en compagnie d’une nouvelle venue dans son univers, Nadège Prugnard. Avec elle, Meunier déplace son obsession :  le minéral laisse place à l’organique. Alors qu’au milieu du Désordre, les cailloux de toutes formes tenaient le haut du pavé, ici, comme le titre du spectacle l’indique, ce sont des corps qui sont la matière et le propos de  sexAmor : Pierre Meunier, marin ballotté par les flots, voit arriver à lui une femme sirène qui se débat dans une bulle, se tord dans tous les sens pour parvenir à s’en extraire. Une fois sur la terre ferme, leur union passe par des épreuves complexes, où les étranges machineries auxquelles Pierre Meunier nous a habitué, donnent l’occasion aux deux amants de mesurer leur forces dans une guerre des sexes où chaque adversaire ne demande qu’à se livrer à l’autre.

 

Décousu, paraissant construit par impulsions, le spectacle est une suite de moments superbes et poignants, parsemée de baisses de tension, à l’image d’un ballet érotique où le désir doit reprendre haleine avant de renaître. À l’instar du discours amoureux, le texte, écrit par Pierre Meunier et Nadège Prugnard, fait entendre alternativement lyrisme et de trivialité en adéquation avec cette mise en scène fantasque et burlesque de la sexualité et du sentiment.

sexAmor de Pierre Meunier et Nadège Prugnard, jusqu'au 28 octobre au Théâtre de la Bastille (www)

Illus. © Jean-Pierre Estournet




La dernière nuit du Che

Posté par Nedjma le 10.11.09 à 17:25 | tags : théâtre
D'Ernesto Guevara, alias le Che, il y a l'image. Celle du beau brun révolutionnaire au béret étoilé. Celle immortalisée par Korda et qui se décline en milliers de millions d'exemplaires sur des tee-shirts et produits dérivés des quatre coins du monde. Il y a la légende. Il y a l'histoire. 8 octobre 1967. La petite école du village La Higuera en Bolivie... Le Che, prisonnier, s'apprête à y vivre sa dernière nuit. Quelques heures avant son exécution, « El Commandante » va faire une étrange rencontre : un professeur d'université d'aujourd'hui venu interroger cette personnalité hors normes. Au fur et à mesure de leur brûlant entretien se dessine une figure différente: celle d'un homme complexe, ni monstre sanguinaire ni surhomme romantique.

L'auteur argentin José Pablo Feinmann signe le texte Ernesto Che Guevara, la dernière nuit. Gérard Gélas, directeur du théâtre avignonnais du Chêne noir le met en scène. Aux côtés de Laure Vallès et Guillaume Lanson, des fidèles du metteur en scène, Jacques Frantz et Olivier Sitruk.
« Ernesto Guevara, la dernière nuit du Che ». Du 20 au 29 novembre prochain, Théâtre du Chêne noir, Avignon.

 




Que d'espoir ! Humanité en déroute

Posté par Catherine le 10.11.09 à 08:00 | tags : théâtre

cabaret Hanokh Levin, mise en scène Serge Lipszyc

Souvenez-vous : en 2004 nous vous annoncions l'avènement de l'ère Levin dans notre beau pays, eh bien ça n'a pas loupé. Youpi ! Hanokh Levin est désormais un auteur de choix pour nos metteurs en scène qui s'en donnent à coeur joie avec l'humour ô combien corrosif du trublion israélien décédé il y a maintenant dix ans. Auteur prolixe, Levin a beaucoup écrit. Il montait lui-même ses textes et le cabaret politique a été l'un de ses premiers terrains d'action. Laurence Sendrowicz, traductrice de l'auteur, avait elle-même proposé une version cabaret des sketches de Levin en 2005 (www). Rien n'empêche d'assembler les courtes scènes, chansons ou harangues d'autres façons. C'est ce qu'avait fait Galin Stoev au Studio Théâtre de la Comédie-Française en 2008 (www - les lecteurs comprendront qu'ici, on ADORE Hanokh Levin et on le prouve !).

Aujourd'hui, Serge Lipszyc et sa compagnie du Matamore, proposent un nouveau montage de textes tirés de Que d'espoir! et Douce Vengeance. Le metteur en scène a choisi de placer les comédiens dans un dispositif tournant, encombré d'objets. Ici une roue, là un tuyau, en haut une cuvette-WC, en bas une douche /cabine téléphonique, partout des trucs et des bidules. Plusieurs hommes et femmes errent sur ce plateau à deux niveaux. L'atmosphère est saturée de bourdonnements étranges, un vieil ordinateur ne compute plus rien, un militaire rode, les cheveux sont blancs. Un ours en peluche fait tourner tout ce monde, attaché sur un petit vélo... L'humanité n'est plus seulement en déroute : elle est bel et bien perdue. Or voici qu'on constate qu'après l'apocalypse, l'humour au vitriol d'Hanokh Levin agit toujours.  Quelle fichue bonne nouvelle ! Que d'espoir !

 

Que d'espoir ! textes de Hanokh Levin, mise en scène Serge Lipszyc
Cocktail théatro-musical corrosif

Jusqu'au 21 novembre à l'Etoile du Nord, du mardi au samedi à 21 heures
réservation 01 42 26 47 47




Berlin, capitale théâtrale

Posté par Nedjma le 09.11.09 à 18:30 | tags : festival d'avignon, théâtre

En 2004, Thomas Ostermeier inaugurait le mandat du nouveau tandem de direction Hortense Archambault/ Vincent Baudriller, comme artiste associé du festival d’Avignon. Un nouveau choc. Le metteur en scène allemand, véritable prodige de la scène européenne avait déjà présenté en 1999 une trilogie composée de « Homme pour homme » de Brecht, « Shopping and fucking » et « Sous la ceinture ». Il y était revenu en 2001 pour « La mort de Danton ». On découvre cette fois son « Woyzeck » dans la Cour d’honneur, « Maison de poupée » d’ Ibsen puis, plus récemment « Hamlet » ou « Anéantis » de Sarah Kane. Le directeur de la Schaubühne, théâtre emblématique de Berlin Ouest livre un théâtre coup de poing, avec des interprètes à l’énergie puissante.
Autre scène emblématique de Berlin, à l’Est cette fois, la Volksbühne (ou « théâtre du peuple »), édifiée peu avant le début de la première guerre mondiale sur la Rosa Luxemburg Platz. C’est Frank Castorf, autre figure phare de la scène berlinoise, qui la dirige. Parmi les invités réguliers de la Volksbühne, le Suisse Christoph Marthaler, qui y a créé nombre de ses pièces. Marthaler qui sera à son tour artiste associé d’Avignon –qui a décidément compris combien le théâtre allemand pèse- en juillet 2010.

Pour en savoir plus sur la scène berlinoise, lire et relire encore le passionnant numéro d’Alternatives théârales, publié en 2004 en collaboration avec le festival d’Avignon et dirigé par Barbara Engelhardt. Castorf, Ostermeier , Marthaler mais aussi René Pollesch y sont notamment évoqués comme autant d'acteurs majeurs. Théâtre à Berlin, l'engagement dans le réel. 2e trimestre 2004. 104 pages 17 euros. 

Lire aussi Fluctuat twitte à Berlin 

Voir Diaporama / Berlin-Est, la rebelle
Diaporama / Berlin, l'effacement des traces
Berlin selon l'écrivain Jean-Yves Cendrey

 




Des anges comédiens sur les toits de Berlin

Posté par Nedjma le 09.11.09 à 17:27 | tags : théâtre, insolite, cinéma

 

La fête sera belle, la fête sera dense à Berlin aujourd’hui. Avant le concert emblématique de l’Orchestre du Staatsoper de Berlin, placé sous la direction de Daniel Barenboïm, une petite place sera faite au théâtre. Une troupe de huit comédiens apportera en effet, dès 18 heures ce soir  une touche poétique aux festivités. Ils seront déguisés en anges –avec de larges ailes dans le dos- à la manière des créatures oniriques qui peuplaient le film culte de Wim Wenders : "Les ailes du désir" (illus dr), tourné à Berlin en 1987 avant la chute du Mur. Ils se posteront ainsi sur de nombreux toits du centre-ville, à l'endroit même où passait le mur.

 

Lire aussi Fluctuat twitte à Berlin 

Voir Diaporama / Berlin-Est, la rebelle
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Berlin selon l'écrivain Jean-Yves Cendrey

 






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