
Un immense lustre coupe le noir de sa lumière pâle et orangée. Voici un homme à table. Un de ces puissants tel que l'on en rencontre chez Joël Pommerat. Un de ces hommes qui peut se permettre de parler à coeur ouvert à ses domestiques. Ce qu'il a à dire est d'une importance capitale. En voilà une autre, une femme en longue robe blanche. Elle aussi a des choses très importantes à dire à ceux qui lui sont liés par contrat. Servir, être servi, bousculer les rôles...
Inutile toutefois de chercher un thème unique au nouveau rendez-vous que nous donne le magicien Pommerat. Poursuivant son examen minutieux de la nature humaine, l'auteur - metteur en scène plaque une nouvelle fois le spectateur devant un miroir fabuleux mais pas toujours flatteur.
Sans qu'il s'en rende forcément compte dans l'instant, l'heureux témoin de ce moment étrange de théâtre, se retrouve face à lui-même. Les reflets de son inconscient lui parviennent par touches, en clair-obscur, à travers des visions tellement fidèles à ses expériences, ses peurs, ses pensées les plus intimes, qu'elles en arrivent, par moment, à le déstabiliser complètement : qu'adviendrait-il si mes rêves les plus chers se réalisaient vraiment? Que suis-je prêt à accepter, à croire, pour avancer ?
Sonder les tréfonds de l'âme humaine, Joël Pommerat s'y est toujours employé, avec ténacité. Pour ce Cercles / Fictions qui tourne, qui frotte, qui frotte et qui tourne, il ajoute à sa quête la dimension temps, grâce à laquelle son oeuvre prend une nouvelle épaisseur. Ne sommes-nous pas ce que nous ancêtres ont été, de la même façon que nos enfants, ceux que nous avons et ceux que nous n'aurons jamais, vivent en nous ?
L'homme n'est qu'une particule polymorphe sujette aux forces centrifuges du cercle magique de la vie.
Amis lecteurs, vous avez de la chance : une occasion s'offre à vous. Pour le modeste prix d'un billet de théâtre, vous possédez l'opportunité invraisemblable de vous abandonner quelques instants aux forces centrifuges du théâtre de Joël Pommerat. A saisir, sans hésiter.
Cercles / Fictions, de et par Joël Pommerat
Compagnie Louis Brouillard
Au Théâtre des Bouffes du Nord, jusqu'au 6 mars 2010,
du mardi au samedi à 20h30
matinées les samedis 6, 20 février et 6 mars à 15h30, relâche les dimanche et lundi
Illus © Elisabeth Carecchio
Retrouvez l'entretien avec Joël Pommerat que nous avions réalisé en février 2008, ainsi que nos chroniques de ses précédentes pièces : Au monde, Les Marchands, Je tremble
Représenter la mort sur scène, ultime paradoxe des arts "vivants", c'est ce à quoi Mathilde Monnier s'attelle dans sa nouvelle pièce, Pavlova 3'23, inspirée de La Mort du cygne, solo culte écrit au début du XXe siècle par Fokine pour Anna Pavlova, sur une musique de Saint-Saëns.
Après Récits de juin, le nouvel opus de Pippo Delbono vient de paraître, aux Editions Actes Sud.
Une trentaine d'articles écrits par l'auteur-acteur-metteur en scène italien entre 2004 et 2009, et parus dans divers journaux . La plupart ont été publiés dans le journal italien Liberazione, d'autres dans des supports aussi variés que L'humanité, Rolling Stone ou Alternatives Théâterales. Des textes aux thèmes intimes ou plus universels, du sida aux médias, de l'Eglise à la guerre, de la culture au théâtre de résistance. Un bel ouvrage façonné à la Japonaise.
Sous chaque double page également, des extraits des cahiers de notes de l'artiste. Confus, mais passionnants, ils nous plongent dans les origines du processus de la création, la recherche à tâtons, le doute, les questionnements. Et puis il y a ces photos, superbes. Bobo, le compagnon de route émouvant dont le visage surplombe la mer, des ciels orageux, des mains cramponnées à une vitre humide, des autoportraits, fragmentés.
C'est un éclat de voix qui résonne à travers ces différentes images, ces différents mots, comme sur scène, à chaque performance de ce poète enragé et des éclopés magnifiques qui composent sa troupe... Tour à tour tendre et rageur.
Regards de Pippo Delbono, éditions Actes Sud. 160 pages 38 euros.
La scène du théâtre de la Bastille est recouverte d’un sol beige, entourée de pendrillons beige. Un rideau, beige toujours, pend au milieu du plateau, des bois de cerfs y sont accrochés. Un piano, recouvert d’une housse.
Happy Child peut commencer. Des personnages dont on ne sait d’où ils viennent et ce qu’il font là se retrouvent, s’embrassent comme après une longue absences, évoquent quelques souvenirs, pas tous heureux. Ils chantent en chœur et jouent quelques notes au piano : les premiers couacs (volontaires) se font entendre.
C’est pourtant une ambiance d’harmonie sonore et visuelle qui préside à ce spectacle, très inspiré des réalisations de Christoph Marthaler. Les personnages se cherchent, se désirent, se repoussent, s’interpellent, se roulent par terre, se travestissent, se livrent à mille facéties et acrobaties dans un flux continuel d’invention visuelle et de trouvailles de mise en scèn.
Happy Child, conception, mise en scène et Scénographie, Nathalie Béasse.
Avec Étienne Fague, Karim Faihi, Erik Gerken, Anne Reymann, Camille Trophème.
Jusqu’au 7 février au Théâtre de la Bastille (www)
Spectacle présenté dans le cadre de la programmation « Hors série ».
Illus. © Wilfried Thiery
Sa voix résonnera encore longtemps, dans tous les lieux qu'il a investis, de la Cour d'honneur du palais des Papes au TNP. Quelques jours seulement après Pierre Vaneck, avec qui il avait partagé l'affiche du TNP, un autre géant, Georges Wilson vient de mourir, à l'âge de 88 ans.
Après avoir suivi les cours de Pierre Renoir, à l'école de la rue blanche, il rejoint la troupe de Jean Vilar dès 1952.
Il lui succède à la tête du TNP jusqu'en 1972, où il fait merveille dans L'Ecole des femmes ou En attendant Godot. Le père de Lambert Wilson a aussi enseigné au cours de Charles Dullin et fait ses premiers pas dans la réalisation avec La Vouivre, en 1988, où il dirigeait son fils. Au cinéma, il a tourné dans une centaine de films, le dernier, L'ennemi public numéro 1 de Jean-François Richet. On l'a aussi vu beaucoup à la télévision.
Il y a trois mois seulement, il était encore sur scène, bouleversant, aux Bouffes du Nord, dans une pièce de Thomas Bernhard, Simplement compliqué, qu'il mettait également en scène. Son personnage? Un vieil acteur au monologue crépusculaire... Troublant, émouvant d'y repenser aujourd'hui...

On y développera des actions et réflexions, on y fédèrera les équipes de créations, on y croisera les publics et les professionnels, dans un tissu d'échange international (Brésil, Etats-Unis, Afrique du Sud). Le Wip se veut aussi un centre d'accompagnement pour les artistes hip-hop. Une forme de prolongement, et de pérennisation des Rencontres de la Villette -15 ans déjà !- Jacques Martial est l'un des précieux moteurs du projet. Voilà plus de trois ans qu'il préside la Grande Halle.
Inauguration du WIP-Paris Villette les 4 et 5 février. Au programme de ces deux jours, table ronde sur le thème « Quels soutiens à la diffusion des jeunes compagnies de danse hip hop ? », performances de quatre jeunes compagnies (jeudi), beat-box, cirque, danse hip-hop (vendredi). Le programme complet ici.
On entend déjà les accros de la série Plus belle la vie, qualifier Pierre Vaneck de « grand-père de... ». Mais avant d'être l'aïeul d'Aurélie et Thibault Vaneck, deux des héros récurrents du feuilleton à succès de France 3 (Ninon et Nathan), ou le papa à l'écran du toubib Fabien Cosma, autre série estampillée France 3, Vaneck était un grand acteur. Qui faisait le grand écart entre fictions populaires à la télé, films au cinéma et pièces de théâtre. Né Van Hecke au Vietnam, en 1931, il fait ses premiers pas sur les planches au Théâtre Saint-Martin. Il incarne alors Louis XIII dans Les trois mousquataires.
Il figurait dans les rangs du TNP, aux côtés de Jean Vilar et Georges Wilson.
Il a ensuite servi Sagan et Shakespeare,Musset ou Yasmina Reza, avec le carton Art, en 1994. On l'a aussi vu dans Le secret aux côtés d'Anny Duperey et Fabrice Luchini, ce qui lui valut un Molière en 1978 . Et, dernièrement dans la très belle saga Rock n' roll de Tom Stoppard, au Théâtre national de Nice. Au cinéma, Vaneck fut dirigé par Robert Hossein, René Clément ou Jules Dassin. Il est mort hier,à 78 ans, des suites d'une opération cardiaque.
Son partenaire dans Art, Pierre Arditi a rendu hommage à sa « noblesse de jeu, celle d’aller au plus profond sans jamais utiliser de faux-semblants ».
Ceux qui ont vu "Par-dessus bord", au théâtre national de la Colline ou à Villeurbanne, en gardent un souvenir ému. Chamboulements humains et sociaux, au cœur d'une société familiale française rachetée par une multinationale américaine, derrière la saga de l'entreprise de papier toilette, un déboulonnage en règle du capitalisme, que Michel Vinaver, longtemps PDG de Gillette, connaît bien.
Le spectacle-fleuve durait alors six heures et se clôturait par des ovations debout. Sur fond d'entreprise de PQ, une critique sombre et précise mais non dénuée d'humour du système.
Une transcription terrible et sans concession du monde de l'entreprise, qui n'oublie pas d'en rire. Voilà que la pièce est adaptée... en japonais ! Passionnante observation par LE pays de l'entreprise toute puissante. "Tori no tobu takasa", c'est le texte original de Michel Vinaver mis en scène par Arnaud Meunier, adapté par l'auteur lui-même, avec la précieuse collaboration d'Oriza Hirata. Ne surtout pas manquer ça !
Tori no tobu takasa, mise en scène d'Arnaud Meunier, Théâtre de la Ville, du 15 au 20 février.
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Afficher par : naissance / nationalité / métiers
posté par kristof Dita Von Teese enflamme le Crazy Horse
posté par René Dita Von Teese enflamme le Crazy Horse
posté par Shinoue Fame débarque à Paris
posté par jazzy27 Istanbul : capitale européenne de la culture en...
posté par Turkiish Deliight L'auteure Rayhana agressée
posté par Lulu à Zaza L'auteure Rayhana agressée
posté par Lulu à Zaza