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Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.
Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.

Dernière ligne droite à Avignon

Posté par Nedjma le 03.07.09 à 17:36 | tags : avignon off, festival d'avignon, théâtre, festival

 

 
Maurice Jarre s’est tu, mais ses trompettes continuent. A Avignon, elles rythmeront, encore, toujours les soirées du festival… Un festival qui commence dans cinq jours pour le In, six pour le Off. Depuis quelques années en effet, l’événement né dans le bouillonnement de 68, à côté de son glorieux aîné se démarque légèrement côté dates.

 

Ici et là, dernière ligne droite donc, et équipes à pied d’œuvre.

Côté In, on visse, ajuste, répète. Après Krzysztof Warlikowski qui a répété du 24 au 26 juin, c’est Wajdi Mouawad, l’artiste associé de l'édition 2009 qui prend la (dé)mesure de la Cour et fait l’épreuve du plateau pour clôre les répétitions de sa longue odyssée : onze heures de théâtre pour la trilogie de ses pièces « Littoral », « Forêts », « Incendies ».

Pourtant le véritable lever de rideau, le 7, aura lieu à quelques kilomètres de là, à la Carrière de Boulbon. « La Guerre des fils de lumière contre les fils des ténèbres » : Jeanne Moreau dirigée par Amos Gitai dans une œuvre adaptée de « La guerre des juifs ». Deux figures du cinéma donc. Autres figures du cinéma, Christophe Honoré, Emmanuelle Devos, Clotilde Hesme dans « Angelo tyran de Padoue » d’Hugo.

Côté Off, les compagnies ont déjà largement abreuvé la ville d’affiches et de tracts, les parades vont aussi commencer. Parmi le petit millier de spectacles au programme, il a aussi ses vedettes de cinoche : Emma de Caunes joue une actrice qui joue Marilyn, sous la houlette de Diastème, Clémentine Célarié explore Valletti, Tom Novembre et Claire Nebout partagent l’affiche de « Ne pas oublier de mourir vivre ». Denis Lavant –plusieurs fois à l’affiche du In- joue « Big shoot » de Koffi Kwahulé.

On garde bien sûr un œil sur les pièces des théâtres permanents avignonnais : le très beau « Confidences à Allah » au Théâtre du Chêne noir, la reprise du réjouissant « Je veux qu’on me parle » de Calaferte et la création de « Une voix sous la cendre » de Zalmen Gradowski, au Théâtre des Halles, et puis « La disgrâce de Jean-Sébastien Bach » au Théâtre du Balcon… On reste fidèles à certains lieux qui sont des valeurs sûres : le Grenier à sel –et les artistes des pays de Loire-, le Théâtre des Doms –et se compagnies belges de haute volée-, la Manufacture –et ses textes contemporains-. Et puis tous ceux qu’on ne connaît pas encore, ceux que le bouche-à-oreille du Off portera au sommet, ceux qui jouent dans les cours et jardins, dans les écoles et appartements, dans les théâtres saisonniers ou dans la rue. A suivre, tout au long du mois, sur "Saisons"…

Festival d'Avignon du 7 au 29 juillet. Festival Off du 8 au 31 juillet.




Trois moments forts au festival Les Orientales

Posté par Floriane le 03.07.09 à 15:33 | tags : ici et là, international, festival
Wayang KulitLe premier week-end du festival Les Orientales vient de s’achever, sous une chaleur de plomb. Parmi la foule de propositions artistiques, on en retiendra trois, particulièrement marquantes.
Le Dewa Ruci, interprété par Ki Enthus, est l’une des versions les plus contemporaines qu’il ait été donné de voir, en France du moins, du Mahabararata à la sauce javanaise. Non seulement la fable de Bima, envoyé quérir l’eau sacrée, est mâtinée d’éléments locaux, imprégnés de soufisme, mais la réalisation qui en est donnée par le dalang (l’acteur manipulateur) est diablement moderne. Sans comprendre le texte, où les éléments du mythe se mêlent à l’actualité, on peut admirer la facture des ombres colorées, découpées dans du cuir, et rendues vivantes, à bout de bâton, par Ki Enthus. Pas de joliesse fleurant une quelconque nostalgie ou un simili respect de la tradition ; les figures suivent les règles du genre mais avec une griffe résolument d’aujourd’hui. Et l’art du manipulateur n’est pas des moindres quand il s’agit, en virtuose, d’entremêler les figures, que Bima déracine les arbres, ou que son double rayonnant lui apparaisse au fond des eaux. Entre les actes en ombres, l’intermède des marionnettes rappelant notre guignol (wayang golek) ajoute une touche de comédie populaire et permet au spectateur, par des allusions au monde d’aujourd’hui, de faire corps avec la légende, sans que l’enseignement qu’elle véhicule soit trop pompeusement édifiant. On avait apprécié le wayang kulit présenté à la Cité de la musique il y a quelques mois. C’est une forme plus moderne, y compris dans son interprétation de la musique (chant et gamelang) aux accents parfois carrément bollywoodiens, qui a enchanté Saint Florent. La proximité, sous la tente du café oriental, n’était pas un mince atout pour acceuillir cette proposition.
C’est dans l’Abbatiale que la seconde surprise du festival s’est déployée. Les ethno-musicologues avaient beau vanter le caractère d’exception du launeddas, cette triple flûte datée du VIè siècle avant Jésus-Christ et dont la Sardaigne semble avoir l’exclusivité puisque les autres instruments antiques, de l’Egypte à l’Asie Centrale, ne comportent que deux tuyaux. Il fallait le voir pour le comprendre. Orlando Mascia, expert en la matière, à déployé à Saint Florent tout son art, proprement incroyable. En souffle continu, l’artiste développe des harmonies qui font immanquablement penser à la présence de plusieurs instrumentistes. Mais non, il est bien seul, mais sa musique semble celle d’un orchestre. Mascia est l’un des rares lauddenaro et il contribue, en Sardaigne, à perpétuer cet art au sein de l’Orchestra popolare sarda. A Saint Florent, il était accompagné par les tenores d’Urzulei, dignes représentants des chœurs de bergers de l’île, dont les chants, issus de rites curatifs, savent alterner avec sensibilité les airs profanes et religieux.
Le troisème moment fort de ce premier week-end aux Orientales a été, sans conteste, la projection de Tibet libre : Kalachakra, réalisé par Jeanne Mascolo. Mêlant habilement les images documentaires, d’archives et de films hollywoodiens consacrés au Tibet, ce film qui date d’une dizaine d’années reste précieux pour comprendre le destin de ce pays, dont 2009 marque le cinquantenaire de l’occupation par la Chine. Sans pathos, Tibet libre énonce les faits, éclairés implacablement par la discussion qui a suivi la projection et les interventions de Claude Levinson, l’une des porte parole les plus ferventes du peuple tibétain. Moment salutaire, car les medias ont un peu trop passé sous silence ce sinistre anniversaire, focalisés sur la crise financière et économique et les difficultés nationales. Mais si les choses peuvent changer, et les boudhistes le savent bien, il n’est sans doute pas superflu d’aider les hommes à mettre en branle la roue du temps.
Le deuxième week-end du festival débute ce soir avec un concert inédit de flûte bansuri et de veena. On retrouvera, pendant les trois jours, la musique indienne avec la double flûte et la double clarinette, puis à nouveau la venna et les musiques du Rajasthan. Egalement au programme : Lo Cor de la Plana et ses polyphonies du pays occitan, des danses khmères et roms, une rencontre entre l’ensemble Barbara Furtuna et Constantinople (Corse et Asie), et un final endiablé avec des musiques tsiganes de Hongrie.
Renseignements au 02 41 72 62 02
Ill : Wayang Kulit, © Albert Finestres






On n'arrête pas le théâtre !

Posté par JdF le 03.07.09 à 11:50 | tags : festival, théâtre
Le festival « On n’arrête pas le théâtre » a pris ses quartiers d’été à l’Étoile du Nord. Au programme : Le Dindon de Georges Feydeau (encore un !) mis en scène par Julien Koselleck avec Stéphane Auvray-Nauroy, remarquable dans Phèdre, pauvre folle, vu dernièrement à la Bastille lors du Festival Trans 09. Le même Stéphane Auvray-Nauroy propose un Jeu de massacre consistant en un récital de chansons des années 1920 et 30 avec les élèves de l’école des Teintureries de Lausanne. Les amateurs d’Hanock Levin seront servis : La Reine de la salle de bain, mis en scène de Laurent Berthome dans laquelle une famille, tentant de chasser un de ses membres, investit la salle de bains et proclament dans un style ubuesque, leur souveraineté, une et indivisible, sur le “Grand Royaume des chiottes”. Il y aura aussi Blanche-Neige de Robert Walser, mis en scène par Sylvie Reteuna, dont il a déjà été question ici.

Festival « On n’arrête pas le théâtre ! » à l’Étoile du Nord jusqu’à 26 juillet



SDF, le Festival de Marseille danse quand même

Posté par Nedjma le 03.07.09 à 09:06 | tags : danse, festival

Le Festival de Marseille revient de loin...

Nombre des représentations de son édition 2009 devaient avoir lieu dans le Hangar 15 du Port autonome de la ville. Mais la CGT en a décidé autrement, refusant que l'art s'exprime sur les ruines de l'emploi -l'Union Naval Marseille, énorme entreprise de réparation navale ayant été liquidée début mars- et l'exprimant ouvertement en avril.

Voilà donc la manifestation sans domicile fixe, en quête de lieux pour 19 spectacles. Pavillon noir de Preljocaj, Théâtre du Merlan, Théâtre du Gymnase, Ballet de Marseille ont aussitôt répondu présent et proposé de mettre leurs plateaux à disposition. Une capacité d'accueil moindre au final, mais la possible tenue de l'événement.

Le rideau s'est donc levé, comme prévu sur le rendez-vous chorégraphique le 17 juin dernier.

On y a déjà vu Christian Rizzo, Wim Vandekeybus, Christophe Haleb et Aurélien Bory... La suite du programme se révèle tout aussi riche en promesses: le "Tango Toilet" de Rodrigo Pardo (du 3 au 7 juillet), le "Miroku" de Saburo Teshigawara, grand maître de la danse contemporaine japonaise notamment. Et puisque le Festival est estampillé "de danse et des arts multiples"
, on y verra encore des Screen Tests d'Andy Warhol en décor du concert de Dean et Britta, et des spectacles issus d'ateliers de slam et musique contemporaine...
Festival de Marseille, jusqu'au 11 juillet.




Lang Toi: le Vietnam illustré

Posté par Floriane le 03.07.09 à 07:30 | tags : international, cirque
Lang ToiJolie histoire que celle de Lang Toi, ce projet de cirque rêvé par des Vietnamiens exilés, formés à l’Ecole du cirque national de Hanoi, qui reviennent apporter à leur pays d’origine l’expérience qu’ils ont acquise en Europe. Au final, cela donne un joli spectacle, flirtant avec les traditions, non pas circassiennes mais ethniques, car le Vietnam compte de nombreuses minorités dont il apprend aujourd’hui à mettre en valeur les coutumes. Les diverses séquences de Lang Toi parsèment ainsi les images d’Epinal d’un Vietnam d’affiches touristiques de quelques figures reconnaissables sur les estampes anciennes et d’autres, tirées des jeux villageois. Le véritable intérêt de l’exercice réside sans aucun doute dans l’interprétation contemporaine de ces images connues, l’appropriation par les trois directeurs artistiques de ce fonds traditionnel pour en faire une création d’aujourd’hui. Ainsi, l’usage du bambou est l’exemple même du matériau réinventé, utilisé tantôt comme scénographie, tantôt à la manière traditionnelle des ponts et autres ouvrages de construction, tantôt enfin comme des agrès permettant à la fois la joliesse de l’image et la prouesse technique.
Invité au Théâtre Claude Lévi-Strauss du Quai Branly, du 18 au 27 juin, pour sa première en Europe, le spectacle a cependant pâti des limites du plateau, où les dix-sept interprètes (musiciens compris) étaient plus qu’à l’étroit. Impossible de jouir là de la poésie, qui échappera sans doute au mièvre, une fois étalée sur une scène plus vaste ; étriqués, certains effets (notamment lumineux) demandant plus de profondeur pour prendre toute leur amplitude. Le seul avantage d’une proximité rendue possible par la petitesse de la salle, est finalement l’intimité avec les artistes, que l’on s’attend à tout moment à voir déborder de la scène trop petite. Là, on peut vraiment voir le plaisir qu’ils prennent dans ce spectacle et qu’ils ont eu à replonger dans des racines qui paradoxalement ne sont pas les leurs, car ils sont Viets et ont dû découvrir les minorités dont s’inspirent la plupart des jeux mis en scène.
A voir, en tournée, du 2 au 12 juillet au festival d’Anvers (Belgique), puis en novembre à Chambéry, Draguigan et Dôle, en décembre à Brest, La Rochelle, Senart, Bordeaux et Caen, et enfin en janver 2010 à Bayonne, Vienne (Autriche), Calais et Londres.



Pina Bausch et le Théâtre de la Ville : 30 ans d’amour

Posté par Nedjma le 02.07.09 à 09:56

« Cette immense artiste et ses fabuleux danseurs étaient chez eux au Théâtre de la ville (…). Il pleure aujourd’hui un membre de sa famille et une reine de l’art ». Ainsi Emmanuel Demarcy-Mota évoque-t-il la disparition brutale Pina Bausch, avant-hier, d’un cancer fulgurant.

Il faut dire que la chorégraphe et le Théâtre de la Ville entretenaient un lien privilégié, depuis trente ans tout juste et la venue du spectacle « Barbe-Bleue » à l’initiative de l’ancien directeur, Gérard Violette. Depuis lors, et jusqu’à « Sweet Mambo » cette année, en passant par « Bamboo Blues », « Nur Du » ou « Bandoneon », pas une saison sans que la chorégraphe allemande et sa troupe foulent le plateau de l’institution parisienne.

 

Du 11 au 28 novembre, le Tanztheater de Wuppertal maintiendra les répétitions prévues à Paris pour les spectacles « Vollmond » et « Masurca Fogo ». Ce sera l’occasion d’un mois tout entier d’hommage, intitulé « Trente d’amour ». Films, rencontres, expositions et interventions d’autres artistes l’émailleront…

Illus dr. 

 

 

Voir la rétrospective Pina Bausch en vidéos

 




4'sous d'cirq: trois artistes pour un spectacle

Posté par Floriane le 01.07.09 à 11:11 | tags : cirque, arts de la rue

4'sous d'cirqueUne fois de plus, un art dit mineur prouve, par son audace et son inventivité, que les marges du théâtre offrent une liberté enviable.

On l’avait déjà souligné lorsque le Théâtre de l’Unité avait sorti Oncle Vania des salles, pour le plonger à la campagne, dans le décor naturel dont il est question dans le texte. Une relecture intelligente de la pièce donnait tout son piquant au spectacle. Cette fois, le Cirque Baroque va plus loin : en confiant la mise en scène de L’Opéra des gueux de John Gay à trois artistes, c’est un triple éclairage qu’il permet de porter sur l’œuvre dont il s’inspire. Quasi jamais, en salle, on n’ose pareille approche. Et le plus fort, c’est que ça fonctionne !
4’ sous d’cirq … ou Le Cirque des gueux propose une progression vraiment éclairante, qu’un seul metteur en scène ne pourrait vraisemblablement réussir, tant elle repose sur la diversité des esthétiques. Ce qui aurait pu s’avérer une fausse bonne idée aboutit ici à un spectacle jouissif, festif, plein de rebondissements et de surprises. L’univers saltimbanque mis en œuvre par Kushida pour la première partie permet d’entrer en douceur dans la fable et de faire la découverte des personnages en même temps que des techniques circassiennes qu’ils déploient. Plus torturé, comme à son habitude, Celedon s’est emparé de la seconde partie et y met toute la rage dont il sait faire montre, dans un camaïeu de noir et blanc explosif. A cette révolte de la base, rappelant par certains côtés un expressionnisme à la Pabst, succède l’ambiance délétère de Karelle Prugnaud, la plus jeune du trio, qui tire le spectacle vers la boîte de nuit, le cabaret, le clinquant, l’interlope, autre vision du monde développé par Gay et repris ensuite par Brecht.
4’sous d’cirq …, conçu par Christian Taguet qui dirige le Cirque Baroque depuis vingt-cinq ans, met définitivement en joie ceux pour qui la création reste ludique et l’iconoclasme salvateur. Il fallait oser imposer trois signatures au sein d’une même œuvre. Et pourquoi pas, après tout ? Pourquoi ne pas emmener le public dans un univers inventif, qui met en valeur la pièce par ses éclairages inventifs ? Que les puristes grincheux aillent se coucher et laissent les spectateurs ne pas bouder leur plaisir !
A voir au Village de cirque de 2r2c, sur la pelouse de Reuilly, du 1er au 18 octobre 2009.

© C. Taguet (représentation en plein air, au festival Parade(s) à Nanterre)




Fête dans la ville d'Amiens

Posté par Floriane le 01.07.09 à 11:01 | tags : arts de la rue, festival
Studios de Cirque de MarseilleIncrevable, cette Fête dans la ville à Amiens ! 32 éditions et pas une seule ride, si l’on en croit l’engouement du public pour ces artistes du trottoir qui bousculent le centre ville, le troisième week-end de juin, comme un rituel attachant. Jean-Pierre Marcos, son fondateur, aujourd’hui directeur du Pôle régional des arts du cirque et de la rue, revendique haut et fort le genre « animation urbaine ». Et d’expliquer son plaisir à retrouver l’ambiance des origines quand, à Saint Maurice, un quartier peu favorisé, l’événement amène à barrer une rue pour une soirée et à y voir déambuler des spectateurs heureux qu’un changement intervienne dans leur ordinaire. Trente ans après les premières tentatives, rien ne semble avoir changé : les habitants ont toujours besoin que du lien se crée, fût-ce de manière éphémère, et les artistes sont toujours au rendez-vous.
Au centre ville, c’est une gigantesque explosion de plumes, place de la Gare, le samedi soir, qui ravit les badauds. Transformé en « place des anges », sous la houlette des Studios Cirque de Marseille, ce carrefour amiénois frémissait encore, le lendemain, de duvets égarés, s’accrochant au mobilier urbain comme autant de traces de la liesse populaire. Dans la rue piétonne et alentour, entre humanoïdes encagés (Les Squames) et sphère domotique (Bull), une trentaine de compagnies tentaient, tant bien que mal, de se frayer un périmètre. Mais le public, bon enfant, heureux d’être dehors par ce week-end ensoleillé de la fin juin, ne semblait pas souffrir outre mesure d’une visibilité parfois difficile, voire impossible. A dix mètres, une autre proposition s’offrait, puis une autre, et encore une autre. Pourquoi se prendre la tête ? Après tout, c’est la Fête dans la ville !
© Laurent Rousselin / Amiens Métropole



Pina Bausch, la rétrospective vidéo

Posté par Easywriter le 01.07.09 à 10:02 | tags : danse

Du Sacre du printemps (1975) où Pina Bausch entama magistralement l'exploration de l'un de ses  thèmes majeurs, les rapports hommes-femmes, embourbés dans le terreau fertile du sacrifice jusqu'à Sweet Mambo, en passant par le grand classique Orphée et Eurydice, Fluctuat vous propose une petite rétrospective vidéo de près de 35 ans de chorégraphies inspirées .

 


 

Voir la Pina Bausch en vidéos, la rétrospective. 




Marianne: deux caprices à l'affiche

Posté par Nedjma le 01.07.09 à 08:05 | tags : théâtre

Comédie? Tragédie? Les deux mon capitaine.

Magnifique, incandescente, cette oeuvre de jeunesse de Alfred de Musset. Il l'écrit à 23 ans, en 1833, pour dire les affres de l'amour. Deux versions de la pièce sont actuellement à l'affiche à Paris.

Celle de Sébastien Azzopardi, d'abord. Le jeune etteur en scène -qui signa l'hilarant "Tour du monde en 80 jours" et remet le couvert avec un autre spectacle dingue, "Mission Florimont" au Théâtre Tristan Bernard- opte pour une vision plutôt mélancolique. Fable musicale, tourbillon de masques et de notes, virevoltante, légère comme une bulle de champagne, et sombre à la fois.

Au Théâtre 14, Marcel Maréchal, directeur des Tréteaux de France s'offre le rôle de Claudio et se tient sur le fil entre drame et comédie, sans jamais choisir vraiment.
Dans les deux cas, on est moyennement convaincus par Marianne. La première manque de corps, la seconde de jeunesse. Dans les deux cas, on est séduits par Octave, le mauvais garçon, l'écorché vif, bohème. Magnifique Mathias Maréchal dans la mise en scène de son père, vibrant Christophe Mareuil chez Azzopardi. Sans doute certains costumes sont plus faciles à porter que d'autres...

Les caprices de Marianne, mis en scène par Sébastien Azzopardi au Lucernaire, par Marcel Maréchal au Théâtre 14, jusqu'au 11 juillet.




La chorégraphe Pina Bausch est morte : l'hommage de Carolyn Carlson

Posté par Magali le 30.06.09 à 17:13
 
Le Tanztheater Wuppertal l'a annoncé en début d'après-midi : l'immense chorégraphe allemande Pina Bausch est décédée aujourd'hui des suites d'un cancer diagnostiqué la semaine dernière seulement.

Si on avait été un poil déçu par Bamboo Blues l'année dernière, Sweet Mambo cette année au Théâtre de la Ville nous avait emballé. Aujourd'hui le monde de la danse perd l'une de ses plus grandes artistes. Retrouvez le portrait de Pina Bausch sur Fluctuat.
 
MàJ : en réaction à la mort de Pina Bausch, la chorégraphe américaine Carolyn Carlson a écrit un poème au sujet de l'artiste :
 
Shock
Something torn apart from our art
A missing dance
A missing piece of humanity
A stillness
A hole in the universe

Pina
Our greatest and most beloved choreographer of our times.
A poet of dreams ; the beautiful, the brutal.
A realist of confrontations between man and women,
The tragic, the joyful, the forlorn.
Her ironic humor, giving to us a perspective of our unsaid emotions…
Insights delving into the human mind of reason and the absurd.
A visionary, creating a unique language of dance-theatre, a revolution.
She created her art… for us to ponder, to laugh, to cry, to imagine.
Pina’s inspiration, her perseverance,
Her genius, her masterpieces : are our gifts of shared remembrance. Thank you Pina.
Flower flower on the hill
Petals strewn over days until…
“Masters don’t die, they’re just sleeping.”




Wajdi Mouawad primé par l’Académie française

Posté par Nedjma le 29.06.09 à 12:30 | tags : festival d'avignon, théâtre

À quelques jours de l'ouverture du Festival d'Avignon, dont il est cette année l'artiste associé, l’auteur, acteur, metteur en scène Wajdi Mouawad vient de voir son oeuvre saluée par l'Académie française.

Les membres de la Coupole du quai Conti lui ont décerné leur Grand Prix du théâtre pour l'ensemble de son oeuvre dramatique dans le cadre d’un palmarès qui comprend quelque 70 prix (de littérature, de la nouvelle, de l'essai, de la biographie).

 

Le Grand Prix du théâtre a été créé en 1980. Mouawad, qui succède à Jean Anouilh, Marguerite Duras, Roland Dubillard et Valère Novarina recevra sa récompense en décembre prochain.

En attendant, le créateur libano-québecois met la touche finale à son quatuor « Le sang des promesses », dont une partie (« Littoral, Incendies, Forêts ») sera présenté en intégrale dans la Cour d’honneur, lors d’une odyssée de onze heure. Le dernier volet, « Ciels » sera dévoilé dans la deuxième partie du festival…

Illus © Jean-Louis Fernandez






Les Orientales 2009: c'est parti !

Posté par Floriane le 26.06.09 à 08:52 | tags : festival, ici et là
Festival Les OrientalesComme chaque année, depuis onze éditions, le festival Les Orientales va enchanter, pour deux week-ends, Saint-Florent-le-Vieil, niché au creux de la Loire. C’est sous le signe de l’image que se place le cru 2009 : affiches et photos à profusion, réparties en plusieurs expositions, théâtre d’ombres et d’images indonésien, pléthore de films indiens … Mais le spectacle vivant n’est pas absent, loin de là. Comme toujours à l’honneur, l’Inde le dispute cette année au Tibet, auquel un focus est consacré, le premier week-end, le second étant placé sous le signe de Claude Lévi-Strauss qui a soufflé, au printemps dernier, ses cent bougies. Musique klezmer, chants sardes, rituels de Mayotte, danses hongroises …, l’Orient, à Saint Florent, est décliné du plus proche au plus lointain, dans le plaisir de la découverte de ces ailleurs qui sont parfois à notre porte. On ne redira jamais assez combien importants sont ces moments de contact avec les cultures autres, dont l’ignorance engendre encore trop de malentendus et de dérives.
Ce week-end et le week-end prochain ; renseignements au 02 41 72 62 02



Ils n'iront pas à Avignon...

Posté par Nedjma le 25.06.09 à 16:08 | tags : festival d'avignon, festival, danse, théâtre

Ils n'iront pas à Avignon? Nous, si. Mais on ira aussi à Ivry et à Vitry-sur-Seine. Car c'est là que, depuis plus de dix ans, se déploie un chouette festival, alternative au mastodonte vilarien. Pas ennemi, mais différent.

Pendant donc que la cité des Papes résonne des 40 spectacles du In et du petit millier du Off, entre cours et jardins, cloîtres et écoles, théâtres et rue, "Nous n'irons pas à Avignon" joue une autre musique, ça se passe cette année, du 1er au 26 juillet. L'affiche de la onzième édition montre un petit gars, jumelles à la main et titre "Vers l'infini et l'au delà". Voilà qui ouvre de larges horizons. Au menu, théâtre et danse, jeune public et jongle, cabaret et théâtre de rue. Des spectacles, et des débats, des reprises et des créations par des compagnies singulières, inventives, foisonnantes.

Demandez le programme...

Du 1er au 5 juillet: "Quanta ou la terrible histoire de Lulu Schrodinger", "Accroche-toi aux étourneaux", "Piano-Ball", "Les petites comédies de l'eau", "Oa", "Le cabaret historique de l'histoire de France"

Du 8 au 12 juillet: "Ah bon", "Contre-image"; "Le titanos débarque", "Gênes 01" (adapté du très bon texte de Fausto Paravidino), "ça va bien", "Macbeth", "Penetrator".

Du 15 au 19 juillet: "Fée fofolles", "Délivrez-nous du bien", "PP Pasolini: vif et conscience", "Conflits", "Délivrance publique", "La soeur de Marcel", des spectacles de la Fabrique Ephéméride, lieu de résidence et de création pour les compagnies.

Du 22 au 26 juillet: "L'enfant qui ne fermait pas les yeux", "Les failles", "Spectractes", "Pourquoi Parce que j'ai tué Mme Ivan: c'est pas notre maman", "Quelques certitudes", "Les étriqués", "Le trombinoscope du voyageur".

Festival "Nous n'irons pas à Avignon" à Ivry et Vitry-sur-Seine, du 1er au 26 juillet. Réservations 01 55 53 22 26. Plus d'infos ici.




Les journées de juin du Conservatoire

Posté par Nedjma le 23.06.09 à 17:43 | tags : théâtre
Chaque année à la même époque, le Conservatoire supérieur d’art dramatique ouvre ses portes au public pour dévoiler les travaux d’élèves emmenés par quelques prestigieux professeurs. Ce sont les « Journées de juin ». Après Philippe Torreton, Jean-Damien BarbinDominique Valadié, on découvrira ces vendredi et samedi la classe de Daniel Mesguich, directeur de la vénérable institution (illus dr)
Un répertoire qui mêle Calderon et Claudel, Tardieu et Tchekhov, WAjdi Mouawad et Musset
 
De son côté, la classe de Yann-Joël Collin livre un montage d’Henry VI et Richard III de Shakespeare. On sait que le metteur en scène est fin connaisseur de l’auteur…

Journées de juin: Classe de Daniel Mesguich, 26 juin à 20h30, 27 juin à 15h et 20h30. Classe de Yann-Joël Collin, les 27 et 29 juin à 28h, le 28 à 16h. Entrée libre, réservation au 01 53 24 90 16. Plus d'infos ici




De la téléréalité au Châtelet

Posté par Nedjma le 22.06.09 à 11:43 | tags : musique sur scène, opéra
« Pastorale ». Un opéra en quatre actes, et l’événement –controversé- du moment. En conviant des ex-postulantes starlettes et le chorégraphe-coach Kamel Ouali, ainsi que l’artiste contemporain Pierrick Sorin à la nouvelle création du haut lieu de l’art lyrique, le directeur du Châtelet, Jean-Luc Choplin, a frappé fort.  

Voilà donc, dans le rôle de Phillis, Hoda Sans (Star Ac’ promo 2004), dans celui de Diane, Raphaëlle Dess (Nouvelle Star promo 2007) qui partagent l’affiche avec des chanteurs classiques comme Judith Gauthier. Ouali lui, délaisse un temps les envolées égyptiennes de « Cléopâtre » pour un autre terrain. Enfin, Sorin signe la mise en scène.

Rencontre singulière entre l’opéra contemporain et la variétoche, en association avec le festival Agora et inspirée de « L’Astrée » d’Honoré d’Urfé, roman du XVIIe siècle. Pour Gérard Pesson, qui signe le livret,  « Pastorale évoque « les expériences de loft ou d'île de la tentation, qui font du désir d'autarcie une sorte de fantasme de réenchantement du monde ». Mmhh… A lire dans sa note d’intention…

Au menu, festival de voix, écrans vidéo, interprètes en jeans baskets, chef d’orchestre sur une chaise d’arbitre, et la phrase « Prochainement Pastorale saison 2 » qui s’affiche en baisser de rideau.  

Le spectacle a commencé voilà quelques jours, et se poursuit jusqu’à mercredi. Jusqu’ici, sans grande surprise, les puristes ont poussé des cris d’orfraie, les autres ont affiché une tiède indifférence. Véritable prise de risque artistique avec enjeux ou pure provoc ? L’avenir le dira…

« Pastorale », jusqu’au 24 juin, Théâtre du Châtelet.






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