Candide au Nouveau Théâtre de MontreuilPosté par JdF le 20.11.09 à 18:24
Réserver ? c'est ici Illus. © M.Vanappelghem Les Possédés dans un conte théâtral de Tankred Dorst
On aime beaucoup le collectif les Possédés. Emmené par Rodolphe Dana, et réunissant une fine troupe de comédiens, de Simon Bakhouche à Katja Hunsinger, de Nadir Legrand à Marie-Hélène Roig. On les a vus -et applaudis-, récemment dans « Le pays lointain » de Jean-Luc Lagarce ou dans « Oncle Vania » de Tchekhov. Changement de cap, la compagnie s'attèle à un vaste conte théâtral signé Tankred Dorst, « Merlin ou la terre dévastée », riche d'influences (Dana évoque à la fois Shakespeare et les Monty Python) et passe ainsi de l'intime à l'épopée. "Chaque époque connaît ses crises politiques, humaines et économiques qui nous amènent à construire « un monde meilleur », croire en une nouvelle utopie.Refaire l'Eden : tel est l'enjeu à chaque fois. Car ce que reconstruit l'homme de l'utopie rappelle le lieu dont son ancêtre fut chassé, l'espace clos du bonheur inaltérable : le paradis. Dans l'histoire de Merlin, nous avons pensé que cette bande de chevaliers, ce pouvait être nous », clame le metteur en scène. On le croit et on a envie de les suivre. La pièce vient d'être créée à la Ferme du Buisson, avec qui les Possédés ont entamé un compagnonnage au long cours, et sera présentée à la Colline, dès mardi. "Merlin ou la terre dévastée", par le collectif les Possédés. Du 20 novembre au 19 décembre, Théâtre national de la Colline. 01.44.62.52.52.
La Ménagerie de verre au Théâtre de la Commune d'AubervilliersPosté par JdF le 20.11.09 à 15:19
Jacques Nichet a choisi, pour questionner l’état de notre société, de monter La Ménagerie de verre de Tennessee Williams, pièce qui raconte la crise que subit l’Amérique des années 30 à travers trois personnages maltraités par la vie. Dans le Sud des Etats-Unis, Amanda, une mère qui a été belle et courtisée, dont le mari est parti bien des années auparavant, a un fils, Tom, pas assez ambitieux à son goût et surtout trop porté à fuir l’atmosphère étouffante de la maison familiale pour rêver, dans les salles obscures, d’aventures, que sa triste vie d’employé à l’entrepôt ne peut lui offrir. Sa sœur, Laura, d’une timidité maladive, handicapée par une jambe qui la fait boiter, n’arrive pas à mener une vie sociale. Elle a abandonné ses études à cause de l’angoisse que lui causaient les examens et sa mère tente désespérément de lui trouver un mari. Jusqu'au 6 décembre au Théâtre de la Commune d'Aubervilliers (www)
les 9 et 10 décembre 2009, L’Hippodrome, Scène nationale de Douai Illus. © Brigitte Enguérand Observer au Théâtre de GennevilliersPosté par JdF le 19.11.09 à 14:52
Observer, comme toute l’œuvre de Bruno Meyssat, est un spectacle étonnant. Dans la pénombre, environnés d’objets venus d’horizons divers, pour la plupart construit de matériaux bruts (bois, paille), les acteurs, dans des costumes et des poses qui citent le No japonais, sans chercher à réellement l’imiter, se livrent à d’étranges rituels. Lentement, dans une extrême concentration, leurs gestes forment le contrepoint d’une bande-son qui évoque, par intermittence (les autres moments sont muets) la catastrophe et l’horreur survenue à Hiroshima. Des bribes de récits faits par des témoins, les voix de Truman, de Hiro-Hito, convergent à nous emmener dans le non-sens et à dire ce qui est impossible de se représenter : corps partiellement calcinés, mais vivants encore, yeux fondus par l’éclair de la bombe, douleurs inouïes et paysage dévasté. Spectacle qui s’imprime sur la rétine comme un rêve cauchemardesque, mais dont la beauté, paradoxalement, engendre le calme et l’apaisement.Observer de Bruno Meyssat, avec Gaël Baron, Elisabeth Doll, Marion Casabianca, Frédéric Leidgens, Jean-Christophe Vermot-Gauchy, Pierre-Yves Boutrand. Jusqu’au 29 novembre au Théâtre de Gennevilliers (www). Hamlet aux Labos d'Aubervilliers - géant
Une chose est certaine : la matière shakespearienne colle parfaitement au théâtre brut de Gwenaël Morin. Le Hamlet, d'après Hamlet de Shakespeare que la troupe du Théâtre Permanent présente depuis début octobre et encore jusqu'au 24 novembre, est une vraie réussite. Nous vous en avions déjà parlé au vu des deux premiers actes, mi-octobre (www). Depuis, les trois derniers actes ont été ajoutés et l'ensemble du spectacle a pris de la bouteille. Et quelle bonne bouteille ! Gwenaël Morin taille ses mises en scène à la hache : "tu entres en courant, tu montes sur la table, tu pleures très fort, tu te jettes par terre..." Aucune psychologie. Surtout pas. Pourquoi en rajouter : tout est dans le texte ! Sur les premières représentations, l'attaque au premier degré des actions et des dialogues fonctionne déjà parfaitement, dans un rythme efficace. Avec le temps, les comédiens habitent leur partition avec de plus en plus de liberté et de force. Car à force de "jouer à jouer", ils jouent vraiment, ils sont vraiment leurs personnages... Cela donne un jeu de comédien époustouflant que le public apprécie d'autant mieux que le Théâtre Permanent est revenu à une disposition en rond - très à propos pour une oeuvre shakespearienne. La folie de Hamlet, la souffrance d'Ophélie : le spectacle pousse très loin toute la violence du texte de Shakespeare. Le public, constamment sollicité et complètement intégré au spectacle, vit la tragédie de l'intérieur. Comment ne pas en ressortir parfaitement bouleversé ?
Hamlet, d'après Hamlet de William Shakespeare, mise en scène Gwenaël Morin Avec Renaud Béchet (Hamlet), Virginie Colemyn (Ophélie), Julian Eggerickx (Laerte, Rosencrantz et Bernardo), Barbara Jung (Gertrude, comédien et fossoyeur), Grégoire Monsaingeon (Polonius, Horatio), Gwénaël Morin (Claudius), Ulysse Pujo (Guildenstern et Marcellus) Jusqu'au samedi 24 novembre, à 20 heures, aux Laboratoires d'Aubervilliers (41 rue Lécuyer à Aubervilliers, M° Pantin quatre chemins, ligne 7). n.b. Pour en savoir plus sur le Théâtre Permanent, n'hésitez pas à relire notre papier de mai dernier : www Illus ©Julie Pagnier
Qui pour prendre les rênes du 104?
Théâtre et astronomie - la voix de Giordano Bruno
En ce moment, à l'Observatoire de Paris, la voix de Giordano Bruno est ressuscitée par l'intercession de trois hommes : Benoît Di Marco, Laurent Lévy et Pierre Hiessler incarnent la personnalité plus que trinitaire de celui qui fut tour à tour prêtre catholique, calviniste, philosophe, sans jamais se départir d'un amour des plaisirs de la vie les plus concrets. L'occasion pour les théâtreux invétérés que nous sommes d'aller traîner nos guêtres ailleurs que dans nos salles habituelles - même si, justement, pour entendre raisonner la voix de Giordano Bruno, on aurait rêvé d'une déambulation plus audacieuse dans ce superbe lieu qu'est l'Observatoire de Paris.
Giordano Bruno - des signes des temps, un spectacle de Laurent Vacher A l'Observatoire de Paris, jusqu'au 12 décembre 2009 Illus © Christophe Raynaud de Lage La guerre des poupées d’Ibsen
Illus mise en scène de Stéphane Braunschweig, Théâtre de la Colline. © Elisabeth Carecchi
Un Cabaret HamletPosté par JdF le 13.11.09 à 09:37
![]() François Chattot joue Hamlet : n’ayant pas l’âge du rôle (c’est un euphémisme), il agit à l’encontre de la tradition d’un Hamlet pâle et mélancolique. Bourru, goguenard, il ne joue pas Hamlet, il le cite dans un souci antinaturaliste en phase avec une distribution où tout va queue par-dessus tête : Horatio est jouée par Agnes Dewitte et s’appelle donc Horacia, Gertrude par Emmanuelle Wion qui pourrait être la fille de François Chattot qui joue pourtant son fils, des deux frères Hamlet père et Claudius, l’un est blanc, l’autre noir - seul conformisme : c’est le Noir le méchant, alors qu’on aurait pu s’attendre à plus de fantaisie… Tout se monde va et vient dans un dispositif scénique bien dans la tradition du cabaret : sur des pontons de bois, les acteurs chanteurs font leur numéro, on sert de la Carlsberg aux quelques spectateurs sont attablés au milieu des acteurs et un cheval gris pommelé reste très calme dans le tumulte ambiant, broutant l’air de rien quelques dentelles dépassant des costumes féminins.
illus. © V. Arbelet Le Cerceau par Laurent GutmannPosté par JdF le 12.11.09 à 17:26
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Laurent Gutman, qui a déjà mis en scène Ödön von Horvath, Jean Genet, Oriza Hirata (voir sur Flu ici, ça et là), nous fait à présent découvrir une pièce russe, écrite dans les années 1980, Le Cerceau. Petouchok ne veut pas fêter seul ses quarante ans. Il a donc réuni ses cinq amis sous les prétextes fallacieux et les a entraînés dans une datcha qu’il a hérité de sa grand-mère. Il a bien du mal à les faire rester et une fois qu’ils sont installés, arrive un vieil homme qui fut marié à la grand-mère défunte et peut donc aussi prétendre à l’héritage. En réalité, l’action ne se joue pas là, mais dans la bordée de souvenir que le cadre et les circonstances font revenir à la mémoire de chacun des personnages. Certains se sont aimés, d’autres lisent des lettres qu’ils ont reçues dans le passé, d’autres encore rêvent de repartir vers d’autres contrées. Au fond de ce décor recouvert de terre qui figure un hangar abandonné, avec, suspendu au plafond, un décor de salle à manger, la paroi est abattue à grands coups de masse. Les personnages apparaissent alors dans la pénombre et le spectacle peut commencer. L’action de la pièce est un peu décousue,mais malgré quelques temps morts, l’on garde de ce spectacle le souvenir d’un rêve mélancolique.
Les 14 et 15 novembre au Studio théâtre de Vitry (www) Le 27 janvier, à Vannes, Théâtre Anne de Bretagne, le 11 février à Saint-Brieuc, La Passerelle, le 24 mars, à Chateauroux, l'Équinoxe, le 30 mars à Sainte, Gallia théâtre. L'homme à tête de chou revisité par GallottaC'est un événement à plus d'un titre. L'album phare, l'album maudit de Serge Gainsbourg, « L'homme à tête de chou », né en 1976, revit désormais sur scène. L'initiateur du projet, c'est le chorégraphe Jean-Claude Gallotta. Enfin, c'est cette fois Alain Bashung qui se fait l'interprète du destin de Marilou, shampoineuse fatale au regard absent et à l'iris absinthe. « Il lui fallait les discothèques et bouffer au Kangourou Club alors je signais des chèques Sans provision j'étais fou. Je suis l'homme à tête de chou moitié légume moitié mec ». Un héros singulier, fou d'un amour dévastateur. Deux défunts mythiques, deux génies sombres donc, dont les ombres planent sur l'oeuvre, et un vivant très vivant pour ce projet. Le projet voit le jour voilà trois ans et devait, à l'origine, intégrer Bashung à part entière au milieu des quatorze danseurs. Aujourd'hui, reste sa voix. Et la chaise qui devait l'accueillir, renversée sur une scène sans décor. Les 32 minutes originelles de l'album de Gainsbourg ont été prolongées par des parties musicales qui lieront les tableaux entre eux, pour en faire une œuvre d'une heure dix. Première du spectacle, que Gallotta promet « music-hall sans les paillettes », ce soir à Grenoble et longue escale parisienne à la fin du mois. L'homme à tête de chou, pièce pour 14 danseurs mise en scène et chorégraphiée par Jean-Claude Gallotta à la MC2 de Grenoble à partir du 12 novembre. Du 27 novembre au 19 décembre 2009 au théâtre du Rond-Point à Paris, puis en tournée jusqu'en juin 2010. sexAmor au théâtre de la Bastille
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Décousu, paraissant construit par impulsions, le spectacle est une suite de moments superbes et poignants, parsemée de baisses de tension, à l’image d’un ballet érotique où le désir doit reprendre haleine avant de renaître. À l’instar du discours amoureux, le texte, écrit par Pierre Meunier et Nadège Prugnard, fait entendre alternativement lyrisme et de trivialité en adéquation avec cette mise en scène fantasque et burlesque de la sexualité et du sentiment. sexAmor de Pierre Meunier et Nadège Prugnard, jusqu'au 28 octobre au Théâtre de la Bastille (www) Illus. © Jean-Pierre Estournet La dernière nuit du Che D'Ernesto Guevara, alias le Che, il y a l'image. Celle du beau brun révolutionnaire au béret étoilé. Celle immortalisée par Korda et qui se décline en milliers de millions d'exemplaires sur des tee-shirts et produits dérivés des quatre coins du monde. Il y a la légende. Il y a l'histoire. 8 octobre 1967. La petite école du village La Higuera en Bolivie... Le Che, prisonnier, s'apprête à y vivre sa dernière nuit. Quelques heures avant son exécution, « El Commandante » va faire une étrange rencontre : un professeur d'université d'aujourd'hui venu interroger cette personnalité hors normes. Au fur et à mesure de leur brûlant entretien se dessine une figure différente: celle d'un homme complexe, ni monstre sanguinaire ni surhomme romantique.L'auteur argentin José Pablo Feinmann signe le texte Ernesto Che Guevara, la dernière nuit. Gérard Gélas, directeur du théâtre avignonnais du Chêne noir le met en scène. Aux côtés de Laure Vallès et Guillaume Lanson, des fidèles du metteur en scène, Jacques Frantz et Olivier Sitruk.
Que d'espoir ! Humanité en déroute
Souvenez-vous : en 2004 nous vous annoncions l'avènement de l'ère Levin dans notre beau pays, eh bien ça n'a pas loupé. Youpi ! Hanokh Levin est désormais un auteur de choix pour nos metteurs en scène qui s'en donnent à coeur joie avec l'humour ô combien corrosif du trublion israélien décédé il y a maintenant dix ans. Auteur prolixe, Levin a beaucoup écrit. Il montait lui-même ses textes et le cabaret politique a été l'un de ses premiers terrains d'action. Laurence Sendrowicz, traductrice de l'auteur, avait elle-même proposé une version cabaret des sketches de Levin en 2005 (www). Rien n'empêche d'assembler les courtes scènes, chansons ou harangues d'autres façons. C'est ce qu'avait fait Galin Stoev au Studio Théâtre de la Comédie-Française en 2008 (www - les lecteurs comprendront qu'ici, on ADORE Hanokh Levin et on le prouve !). Aujourd'hui, Serge Lipszyc et sa compagnie du Matamore, proposent un nouveau montage de textes tirés de Que d'espoir! et Douce Vengeance. Le metteur en scène a choisi de placer les comédiens dans un dispositif tournant, encombré d'objets. Ici une roue, là un tuyau, en haut une cuvette-WC, en bas une douche /cabine téléphonique, partout des trucs et des bidules. Plusieurs hommes et femmes errent sur ce plateau à deux niveaux. L'atmosphère est saturée de bourdonnements étranges, un vieil ordinateur ne compute plus rien, un militaire rode, les cheveux sont blancs. Un ours en peluche fait tourner tout ce monde, attaché sur un petit vélo... L'humanité n'est plus seulement en déroute : elle est bel et bien perdue. Or voici qu'on constate qu'après l'apocalypse, l'humour au vitriol d'Hanokh Levin agit toujours. Quelle fichue bonne nouvelle ! Que d'espoir ! Que d'espoir ! textes de Hanokh Levin, mise en scène Serge Lipszyc Cocktail théatro-musical corrosif Jusqu'au 21 novembre à l'Etoile du Nord, du mardi au samedi à 21 heures Berlin, capitale théâtrale
Pour en savoir plus sur la scène berlinoise, lire et relire encore le passionnant numéro d’Alternatives théârales, publié en 2004 en collaboration avec le festival d’Avignon et dirigé par Barbara Engelhardt. Castorf, Ostermeier , Marthaler mais aussi René Pollesch y sont notamment évoqués comme autant d'acteurs majeurs. Théâtre à Berlin, l'engagement dans le réel. 2e trimestre 2004. 104 pages 17 euros. Lire aussi Fluctuat twitte à Berlin Voir Diaporama / Berlin-Est, la rebelle
Des anges comédiens sur les toits de Berlin
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Lire aussi Fluctuat twitte à Berlin Voir Diaporama / Berlin-Est, la rebelle
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