
Ersilia veut mourir. Elle tente de se suicider dans un jardin public mais elle est secourue à temps. A un journaliste qui lui demande de raconter les raisons de son geste, elle livre une vérité enjolivée. Puisqu'elle veut mourir, autant envelopper sa mort d'un linceul immaculé. Or la compassion qu'éprouve le public à la lecture de son histoire l'enferme dans une spirale où son statut de victime est de plus en plus remis en cause et dont elle ne pourra s'échapper qu'en mourrant pour de bon. Une intrigue parfaitement menée où le combat d'idées tient lieu d'action, des mises en abîmes à l'infini : du pur Pirandello. Stéphane Braunschweig sait nous tenir en haleine en dirigeant avec beaucoup de finesse ses comédiens dans les méandres de ce texte si dense et si complexe. Dommage qu'il ait jugé utile d'en rajouter une couche sur le processus de victimisation engendré par les médias, cherchant à nous faire emprunter un seul chemin là où Pirandello en ouvre d'innombrables...
A lire côté mag : la chronique de Julie de Faramond
Vêtir ceux qui sont nus de Luigi Pirandello
Création de la troupe du TNS, mise en scène et scénographie Stéphane Braunschweig
jusqu'au 24 novembre 2006 au Théâtre de Gennevilliers (www)