Quatre femmes et le soleil : temps de chien pour les dames![]() Quatre femmes dans les montagne catalanes. Deux jeunes, deux vieilles. Quatre situations maritales différentes : une vieille mariée, une vieille célibataire, une jeune mariée, et une jeune en âge de se marier. Les hommes sont absents - à la guerre ou aux champs. Ou morts. C’est Margarida, la mère, qui commande à tous. C’est surtout elle la gardienne de la vie dure et dépourvue de plaisir : interdiction d’aller au-delà du col, là où il fait soleil, interdiction de rêver, obligation de cacher ses joies et ses peines. « La vie est faite de résignation », « l’homme est une illusion », « une femme qui ne sait pas tuer le mâle dans son coeur est une femme perdue », tels sont ses principes... Et naturellement, à force de tant de refoulement imposé, ces femmes ont le désir à fleur de peau et l’homme est au centre de toutes leurs conversations : celui qui est la cause d’un drame survenu il y a vingt-cinq ans, celui qui pourrait bien causer le même genre de drame aujourd’hui, le bel ouvrier étranger, jeune et vigoureux. La pièce de Jordi Pere Cerdà, auteur catalan né en 1920, n’est pas sans rappeler les textes du grand auteur espagnol de la génération précédente, Federico García Lorca . Dans Quatre femmes et le soleil, publiée en catalan en 1955, représentée pour la première fois en 1964 et présentée pour la première fois en France, on retrouve l’ambiance lourde de tabous de Yerma, Noces de Sang ou encore Dona Rosita. Mais ici les femmes parlent beaucoup. Leurs conversations tournent d'ailleurs souvent à la jacasserie. Elles expriment leurs désirs et leurs frustrations, cherchent à comprendre le passé et à imaginer l’avenir. Cette parole finalement assez libre constitue peut-être un espoir pour la condition féminine...
En tout cas, la mise en scène très sobre permet au spectateur d'entendre pleinement ce texte qui tend à montrer que la femme est un loup pour la femme et que sa libération ne pourra venir que d’elle-même...
Quatre femmes et le soleil de Jordi Pere Cerdà
Mise en scène de Neus Vila, Compagnie du Sarment au théâtre de l’Opprimé jusqu’au 27 janvier 2007, du mercredi au samedi à 20h30, le dimanche à 17 heures.
A noter, samedi 13 janvier 2007 à 18 heures au Théâtre de l’Opprimé : rencontre autour de l’oeuvre de Jordi Pere Cerdà avec l'auteur, Jean-Baptiste Para (poète, rédacteur en chef de la revue Europe) et Lionel Richard (poète, essayiste, collaborateur au Magazine Littéraire et au Monde Diplomatique)
[photo Jean-Paul Lozouet] Commentaires
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