Marivaudages en série
Quatre pièces de Marivaux sont à l'affiche en ce moment en région parisienne. Faux semblants et travestissements, jeux de l'amour et du hasard, légèreté plus profonde qu'il n'y paraît sont autant de constantes dans sa belle écriture. Dans La double inconstance, présentée à Chaillot, Silvia, jeune paysanne est arrachée à son amoureux, Arlequin, par le prince épris d'elle, tandis que Flaminia, complice du prince tente de se faire aimer d'Arlequin. Oubliable, et évitable, cette version portée à la scène par Christian Colin dont on ne comprend pas la volonté de mise en scène. Dans un quatuor d'acteurs maladroits, la palme revient à Isild le Besco, insupportable de mièvrerie, dont ce sont ici les premiers pas sur une scène. Mieux vaut filer à Ivry voir La fausse suivante. Une femme travestie en chevalier pour mieux percer le mystère de l'époux qu'on lui destine. Truculent jeu de rôles, où l'envers du décor dévoile les hommes dans toute leur cruauté et leur imposture. Mise en scène par Elisabeth Chailloux, une comédie rondement menée qui fait la part belle aux comédiens. Et si Natalie Royer force un peu trop le trait en fausse suivante, Charlie Windelshmidt campe un sous-Don Juan habile et convaincant, et Adel Hakim un Trivelin réjouissant. La double inconstance, Théâtre national de Chaillot, mis en scène par Christian Colin (à droite, photo Brigitte Enguerand) jusqu'au 4 février. CommentairesAjouter un commentaire |
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