Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.

Brecht pulvérisé par Castorf

Posté par Catherine le 21.02.07 à 18:03 | tags : mc93, standard idéal

Je me souviens d'un voyage scolaire en Allemagne au cours duquel nos correspondants nous avaient présenté un spectacle de leur composition : Blanche-neige et les sept nains version déjantée, avec des filles en mini-jupes, des hommes à perruques, des hurlements, de la grosse musique, du ketchup qui gicle... Depuis, j'ai eu l'occasion de voir Outre-Rhin de nombreuses productions dont j'ai souvent apprécié la qualité, et notamment la maîtrise exceptionnelle du jeu des comédiens - un superbe exemple de ce dernier point étant le fantatisque Ivanov qu'a présenté Dimiter Gotscheff au Standard Idéal. Mais je n'ai jamais oublié le vent de subversion toute teutonne que ce Blanche-Neige de lycée avait soufflé sur mes jeunes années.
Et je dois dire que j'y ai beaucoup pensé en voyant le spectacle que Frank Castorf présentait cette année à Bobigny : même énergie provocatrice, même veine pseudo-subversive. Que j'essaie de vous raconter : un grand lit où se vautrent les personnages, un porte qui s'ouvre sur un vacarme infernal, des pastèques qui éclatent, des vêtements qui s'amoncèlent, des guitares électriques, des lumières rouges, des cris, vous voyez le genre ? Disons un joyeux bazar, une épopée folle et furieuse sur un texte en allemand qui, bien que surtitré, ne finit jamais par raconter quoi que ce soit. Qui est qui, qu'est-ce qui passe ? Impossible à dire.

La seule question que se pose le spectateur est : "mais qu'est-ce qu'ils vont nous inventer maintenant ?" Entrer avec un carton sur la tête ? Faire des claquettes ? Jeter les papiers qui jonchent le plateau sur les spectateurs qui quittent la salle ? Ah oui, car nombreux sont ceux qui estiment avant la fin des 2h45 de ce délire foutraque qu'ils en ont assez vu et qu'une heure de plus ou de moins ne changera pas grand-chose. Cette réaction bien compréhensible et même, on n'en doute pas, attendue par le metteur en scène, ne perturbe aucunement les comédiens : très à l'aise, ils s'amusent comme des petits fous sur le plateau, ils improvisent en allemand et en rigolent, Bref, encore une fois, ils prouvent qu'ils savent comme personne illuminer les scènes de théâtre, même les plus barrées...

Im Dickicht der Städte / Dans la jungle des villes de Bertolt Brecht dans une mise en scène de Frank Castorf (www).
Dans le cadre du Standard Idéal, sur trois jours seulement (© Thomas Aurin). Mais le Standard Idéal, c'est pas fini. Encore un Macbeth euh... prometteur ?

Côté mag : hamlet ws d'Arpad Shilling + Vie et destin de Vassili Grossman (dans le cadre du Standard idéal)





Commentaires

De loquette, posté le 23.02.07 à 14:20 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Texte bien structure

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