Victor, ou le théâtre de la (savoureuse) cruautéVictor, 1 mètre 80, culotte courte et veste étroite, fête ses 9 ans. Totor, comme l'appelle affectueusement la bonne, mène son monde par le bout du nez et porte sur les adultes qui l'entourent un regard sans concession. La fête commence dans le champagne, et se termine dans le sang. Dans un décor design blanc immaculé, mobilier blanc, piano blanc, ballons bleus et blancs qui tranchent singulièrement avec la vision très noire bien que drolatique de l'auteur. La pièce, écrite par Roger Vitrac et montée en 1928 par Artaud et son Théâtre Alfred-Jarry, puis en 1962 par Anouilh, est d'une modernité saisissante, d'une cruauté savoureuse, d'une subversion joyeusement déjantée. En cuisinant inceste, adultère, scatologie et mort à la sauce burlesque, elle déboulonne allègrement tous les symboles, de la famille petite-bourgeoise à la patrie en passant par l'armée. Et Gilles Bouillon, son metteur en scène - et directeur du CDR de Tours- la sert admirablement, avec une équipe de comédiens excellents qui s'en donnent à cœur joie, l'étonnant Gaëtan Guerin (Victor) en tête. Victor ou les enfants au pouvoir de Roger Vitrac, mis en scène par Gilles Bouillon, jusqu'au 24 mars, 20h30, au Théâtre de Châtillon. Commentaires
De jean michel, posté le 20.05.07 à 21:59
![]() Une pièce qui fait plaisir à voir mais peut etre pas autant que le comédien Guaetan Guérin qui est un vrai "miracle" du théâtre Ajouter un commentaire |
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