
Il paraît que le public veut du comique, alors évidemment, il y a plus vendeur comme titre que Le suicidé. Il y a Le suicidé-comédie. Mais contrairement à ce que cette appendice accrocheuse pourrait laisser penser, ce n'est pas une version remaniée que propose Anouch Paré à l'Athénée, mais bien le texte original.
Dans une succession de scènes endiablées, Nicolaï Erdman inventait en 1928 le personnage du chômeur Podsekalnikov qui voit sa vie prendre un tour héroïque à l'annonce de son suicide prochain : il devient le martyr potentiel et, en tant que tel, choyé, de tous les grands mouvements anti-soviétiques ! Mais de la parole à l'acte, surtout ainsi récupéré, il y a un pas que le "suicidé" va franchir... à sa façon.
Le texte est drôle et la forme du vaudeville dissimule à peine la dimension politique - ce n'est pas pour rien que la pièce fut interdite pendant 50 ans en Russie. Beaucoup de bons mots et des tonnes de situations cocasses. Malheureusement, la mise en scène d'Anouch Paré ne fait qu'égrainer le texte, sans rien y apporter de particulier et surtout sans laisser éclater toute l'extravagance russe contenue dans le texte. Si on assiste à quelques bons numéros d'acteurs, on a du mal à se laisser emporter et à traverser sans peine les 2h45 de spectacle. A trop vouloir être drôle...
Le Suicidé-comédie de Nicolaï Erdman, mise en scène Anouch Paré
à l'Athénée Théâtre Louis-Jouvet (www)
du 8 mars au 7 avril 2007