
Un jeune homme blond à grande collerette et à la mine mélancolique est traîné hardiment sur le sable par une silhouette blanche et alerte: au détour des couloirs de métro, l'affiche du spectacle accroche le regard. D'autres très belles photos du spectacle laissent présager du meilleur. En effet, ces personnages qui portent de larges fraises, en réalité des marionnettes, sont très photogéniques. Les visages semblent tellement humains que leur expression grave et figée fascine, tout comme la disproportion de leurs corps.
Dominique Pitoiset a créé cette Tempête à Bordeaux en janvier 2006. La pièce est reprise. Certainement un succès à ne pas manquer. Le metteur en scène explique en détail ses partis pris dans le livret du spectacle. De belles idées, pleines d'intelligence et de références.
Un gros coup de tonnerre, un petit bateau en bois verni qui traverse le plateau, tiré par une ficelle. Magnifique. Le spectateur est transporté. Stop. La magie aura été de courte durée. Prospero apparaît, interprété par Dominique Pitoiset lui-même, en vieil homme aveugle et tout absorbé par ses pensées. Sur un ton très naturaliste, tendance théâtre de l'absurde, il égraine ses longues tirades et plombe instantanément l'atmosphère. Rien ne réussira plus à sortir le public de sa torpeur. Ni les fameuses marionnettes, qui s'avèrent parler allemand (comment apprécier la poésie de leurs mouvements quand on a l'oeil rivé sur les surtitres?). Ni le duo Trinculo et Stefano : sensés évoquer la commedia dell'arte, ils s'expriment en italien et tentent d'adopter le dynamisme outrancier inhérent au genre - sans jamais parvenir à faire rire. Seule Ariel, interprétée par la superbe Houda Ben Kamia, se démène avec une belle énergie pour insuffler un peu de vie à toute cette confusion. Elle s'exprime parfois en arabe... Mélange des langues, mélange des styles de jeu. Les justifications intellectuelles à une telle démarche ne suffisent pas. La somme de tous les éléments ne parvient pas à faire un tout. L'île enchantée de Prospero, pleine de belles promesses, n'est qu'un archipel d'ennui.
La Tempête de William Shakespeare, mise en scène et scénographie Dominique Pitoiset
Du vendredi 27 avril au samedi 2 juin 2007, aux Ateliers Berthier
De mmmmayou, posté le 30.05.07 à 14:52
très "bof"
compliqué à comprendre et les différentes langues ne facilitent pas la compréenssion ... personellement, je n'ai pas aimé
De yulia, posté le 03.06.07 à 23:47
j'ai trouvé ça vraiment très bien, belle prestation!
c'est vrai que les langues ne facilitent pas la compréhension, mais c'est intéressant et tant pis si on ne comprend pas tout!
non, vraiment