Après tout, le théâtre a bien le droit d'avoir son strass et ses paillettes, ses stars qui se font photographier sur un tapis rouge, ses récompenses aléatoires, ses larmes, ses "merci à toute l'équipe, merci à la production, merci papa". Et puisque l'ambition affichée de la dernière cérémonie des Molières, retransmise en direct sur France 2 lundi dernier, était de ramener le public au théâtre, pourquoi ne pas s'en réjouir ? Au moins, quelques (petits) millions de téléspectateurs auront dédié une de leur soirée à la cause théâtrale ! Les personnalités du théâtre ne sont pas forcément connues du grand public - remarquez, Jérome Savary lui-même n'a pas fait tout de suite la différence entre Muriel Mayette, montée chercher la récompense, et Catherine Hiegel, molière de la comédienne dans un second rôle et qui n'avait pas pu se déplacer.
Ce que le public (télévisuel) attendait, de toute façon, c'était des extraits de pièces. Du théâtre quoi ! De nombreux extraits de Cyrano, mis en scène par Denis Podalydès à la Comédie Française et six fois primé sont projetés / diffusés. Ce qui tombe plutôt bien d'ailleurs, puisque la pièce passera prochainement sur France 2.
Sur le plateau, les quelques extraits des comédies musicales données en live (Cabaret pour commencer, grand perdant de la soirée, Joséphine de Jérôme Savary), passent assez bien : c'est enlevé et surtout, c'est réglé comme du papier à musique. Les petits interludes avec textes, joués par les personnalités en charge de la remise des prix, sont en revanche moins maîtrisés. Parfois même on se dit que ces comédiens professionnels auraient pu travailler un peu plus leur prestation pour l'occasion. Juste histoire que les téléspectateurs n'aillent pas penser que le théâtre, c'est moins bien que les comiques de la télé...
Peu de polémique. Seulement quelques piques au nouveau président de la république, histoire de dire (aucun ministre de la culture dans la salle bien entendu). Quelques discours de théâtreux assez inadaptés au format télé. Un prix ADAMI d'un montant assez faramineux (50.000 Euros !) attribué sans explication à un chef de troupe plus tout jeune (Laurent Terzieff). Une soirée sans grande importance finalement. "S'il n'y avait pas eu Molière, cette cérémonie n'existerait pas, et alors, qu'auriez vous fait ce soir ?" introduisait Karine Le Marchand, au Théâtre de Paris où se déroulait la soirée. Euh... on aurait regardé la télé ?
Les Molières, 21ème cérémonie
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