Il faut dire... je me méfiais un peu. J'avais tenu un quart d'heure à Oncle Vania par Julie Brochen, quart d'heure qui m'avait déjà paru bien long et bien compassé avec ses Russes barbus à l'âme toute slave et ses samovars fumants. Mais, bon, je ne pensais pas qu'elle referrai le même coup avec Claudel, parce que Tchekhov, d'accord, ça peut encore passer au premier degré (l'échec personnel, la désillusion, le désastre des vies gâchés et tutti quanti), et on peut toujours justifier (par des arguments que je ne partage pas) de monter Tchékhov en habillant ses acteurs de costumes belle époque, et les faire contempler le lointain, le regard perdu dans le vague, en tournant leur cuillère dans une éternelle tasse de thé brûlant. D'accord pour Tchekhov, Mais pour ce qui est de Claudel et de son Échange, alors là je m'insurge contre le choix de livrer en pâture au spectateur une œuvre dégoulinante de morale, d'un sexisme éhontée et foncièrement réactionaire, sans la probématiser aucunement. Bien que cela n'ait semblé poser problème à personne, j'ai médité sur cette affaire et vous aurez très bientôt mon point de vue circonstancié.