Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.

Novarina dans la cour d'honneur

Posté par JdF le 13.07.07 à 19:16 | tags : festival d'avignon

Hier avait lieu la dernière de L'Acte inconnu, de et mis en scène par Valère Novarina. On se souvient qu'il y a un an, le même auteur avait mis en scène son Espace furieux, à la Comédie française, que Catherine avait décliné sous forme de pastiche. Moi, je ne l'avais pas vu, mais j'étais sceptique. Alors là, je me suis lancée : "Novarina dans la cours d'honneur, j'y vais !". Eh bien, j'ai été à peu près convaincue. Pourtant, sa fascination pour la langue, qui serait comme une entité organique autonome que nous croyons posséder, mais qui, en réalité, nous posséderait, je n'y adhère pas totalement. Bon, je sais que c'est métaphorique et que cela rejoint le "ça parle" de Lacan. Mais, les pièces de Novarina que j'avais vues ne m'avaient pas enthousiasmée comme elle enthousiasment certains. Je trouvais son écriture virtuose, mais je n'arrivais pas à en tirer grand-chose. C'est donc sur ces présupposés que je me dirigeais hier vers le Palais des Papes.

Eh bien, deux bonnes heures et demie sous le mistral plus tard (il ne fallait pas se fier au programme, qui indiquait 2H12 - il faut dire que ce 12 avait l'air d'un canular), je me disais que Novarina avait quand même réussi son coup : il a investi ce lieu non seulement d'une parole qui lui est propre, mais aussi de sons. Les accordéons, je sais qu'ils apparaissent souvent dans ses spectacles, mais, en l'occurrence, il trouvaient leur place, on pouvait même regretter qu'ils ne soient pas plus présents, surtout qu'à un moment 22 accordéonistes arrivent, jouent une ritournelle et repartent pour ne revenir qu'au salut, c'est pas du gâchis, ça ? Mais je reprends : de sons, et puis surtout d'images qui demeurent rtrès fortes une fois le spectacle terminé. Ainsi Novarina utilise le mur du Palais en plaçant ses personnages au fenêtre et sur le toît. C'est très beau, et on peut regretter qu'il ne l'utilise pas plus. Là encore, je sais bien qu'il n'est pas le premier, que ces fenêtres servent sans doute depuis le permier festival, mais en ce qui concerne L'Acte inconnu, cela s'intègre dans cette grande cosmogonie de l'humanité, parlante, souffrante et riante aussi : le spectacle a cela de bienvenu qu'il se situe du côté de l'autodérision (c'est du moins comme ça que je l'ai perçu) et que tous ces acteurs semblent heureux d'être là. Qu'ils jouent des animaux, des hommes/femmes politiques, qu'ils chantent, se lamentent, ils jouent à "hommer".

Crédit photo : © Christophe Raynaud de Lage 





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