Le In dans tous ses états avec Faustin LinyekulaPosté par Catherine le 15.07.07 à 20:12 | tags : festival d'avignon
A Avignon, de nombreux festivaliers ne jurent que par le Off, regrettant d'être trop souvent déçus par les propositions du In. Je ne reviendrai pas sur le cas Fiat dont Julie a clairement laissé entendre que je n'en pensais pas que du bien. En tout cas, je conçois très bien que des passionnés de théâtre ne trouvent pas toujours leur compte dans certains spectacles du In.Pourtant, en sortant du spectacle que propose Faustin Linyekula en cette édition 2007 du festival, ce n'est pas tant l'impression de "ne pas en avoir eu pour ses sous" qui peut saisir le spectateur. En effet, au bout de l'heure et demi extensible qu'a duré l'événement, le public repart chargé de suffisamment de souvenirs : tout d'abord, il y a l'image de ce jeune homme noir à la peau peinte en blanc qui salue personnellement le public à l'entrée et à la sortie, qui chante quand il en a envie, se présente comme grillot et se fait appeler Faustin par ses camarades de scène. Ses compagnons, ce sont six hommes noirs, à l'accoutrement si excessivement africain, culotte en peau de léopard et corps peints. Et puis il y a du mouvement, des textes, des vidéos, du chant lyrique, dans le désordre, sur le mode tantôt du solo de danse, tantôt de l'installation plastique, tantôt de la veillée commémorative à rebondissements... Avec Dinozord : The Dialogue Series III, Faustin Linyekula évoque son retour au pays natal (la République Démocratique du Congo, ex-Zaïre), après huit ans d'absence. Une vidéo présente Vumi, l'ami qui jadis lui fit découvrir la poésie, aujourd'hui en prison. Il témoigne de son expérience de la torture. Forcément poignant. D'autres films montrent les habitants de Kisangani, répondant à Faustin qui leur demande "quel est votre rêve?". Le spectacle est aussi le fruit de rencontres. Sur le plateau, donc, un contre-ténor de Lubumbashi qui a appris seul le chant lyrique, distille le Requiem de Mozart, étrange voix sortie d'un corps qu'on imaginait imprégné d'autres traditions. Dinozord, un danseur de hip-hop rencontré à Kinshasa explique avec beaucoup de poésie le pourquoi de son surnom. Papy Mbwiti, lui, recruté comme comédien, crie au scandale puisqu'on ne lui donne rien à jouer ! Faustin se dédouane en s'adressant au public : il a conscience de pouvoir lasser à force de ressasser sa mémoire. Alors, que doit faire le spectateur ? Pour peu qu'il accepte de ne pouvoir définir le moment qu'il est en train de vivre, il peut certainement apprécier la sincérité de l'artiste et attendre patiemment de voir quelles traces laissera en lui cette expérience. Telle une rencontre inattendue dont on devine qu'elle ne restera pas sans séquelles. Dinozord : The Dialogue Series III, Faustin Linyekula / Studios Kabako Commentaires
Pas encore de commentaire
Ajouter un commentaire |
Discussions en cours sur le forum théâtre :
|