Le soixantième anniversaire du festival d'Avignon a donné lieu à une série de publications, exposés historiques ou témoignages. Il est aussi l'occasion de plusieurs expositions, qui invitent à se retourner sur les grandes heures de l'événement en se baladant dans la ville (lire sur Flu l'histoire du Festival d'Avignon et l'entretien avec Agnès Varda). A la maison Jean Vilar, haut lieu de mémoire, 60 portraits. Ceux qui ont fait l'Avignon d'hier (de Char à Yvonne Zervos), ceux qui font l'Avignon d'aujourd'hui (petits et grands héros, chauffeurs de taxis et régisseurs...). A quelques rues de là, Agnès Varda nous convie à un riche parcours au cœur de l'équipe Vilar, qui « savait la gloire de la scène et la modestie des coulisses ». Dans une chapelle Saint-Charles restaurée, des grands formats et des détails, photos prises entre 1949 et 1955. Vilar et sa bicyclette, Vilar et sa clarinette, Vilar dans sa ville de Sète et surtout à Avignon. Attentif à ses acteurs, flanqué de ses célèbres chapeau et salopette, au travail, ou sur scène, en costume. L'ambiance semble studieuse et complice à la fois. On est au théâtre et dans la vie. Autour du maître, Jeanne Moreau, Philippe Noiret, Michel Bouquet et Gérard Philipe. Pour la photographe, « Jean Vilar était le roi, Gérard Philipe le prince ». Au fond de la grande salle de la chapelle, dans son costume blanc de prince de Hombourg, sous un astre d'or, le prince irradie. C'est très beau.
60 ans, 60 portraits, Maison Jean Vilar.
Je me souviens de Vilar en Avignon, chapelle Saint-Charles. Photo : Vilar dans sa loge, photos d'Agnès Varda. Lire aussi l'entretien avec Agnès Varda.