Robert Cantarella sera le co-directeur du 104 parisien, aux côtés de
Frédéric Fisbach, artiste associé du festival 2007. Ici le metteur en scène délaisse les auteurs contemporains pour aller chercher un texte du 16e siècle signé Robert Garnier.
Hippolyte est écrit un siècle avant la
Phèdre de Racine. La langue est lyrique, ancienne mais les sonorités actuelles. Dans le gymnase du lycée Mistral, une jauge réduite et un espace contemporain. Blanc éclatant sur le sol, sur les murs. Meubles à mi-chemin entre design et Ikea. On s'asseoit aux côtés des acteurs, sans le savoir. Leur diction est claire, mais ils annonent les vers d'un ton souvent monocorde. Hippolyte est flanqué d'un chien sur un tapis. Phèdre, accent hollandais à couper au couteau, allure ado, est en robe à franges et sandalettes. La suivante de Phèdre fait des tartes aux pommes, assise à une table. La tarte cuira pendant toute la durée de la représentation dégageant une odeur savoureuse, mêlée de pommes et de cannelle, et la seule saveur qui nous touche dans ce spectacle bien fade. On ne croit pas à l'amour, aux doutes et au désespoir qui assaillent les héros. Seul Fisbach, qu'on découvre ici en acteur habite son personnage, celui du messager.
Hippolyte, mis en scène par Robert Cantarella. Festival In d'Avignon jusqu'au 26 juillet, gymnase du lycée Mistral. Photo : © Christophe Raynaud de Lage.