Gisèle Vienne sans latex : Sade édulcoré ? Bon, ça y est, j'ai vu Une belle enfant blonde, ce spectacle de Gisèle Vienne qui me plongeait dans l'expectative il y a quelques jours... Eh bien, à vrai dire, je suis décontenancée, car, finalement, contrairement à notre ami blogueur - qui, à mon sens, use des termes de "cruauté" et de "dégoût" de manière exagérée - Une belle enfant blonde m'a paru un peu lisse... Et je ne me considère pas comme recelant en mon âme un abîme de perversité.Les poupées sont bien là et sont très belles, rien à voir avec les poupées gonflables que j'avais imaginées, à la lecture de diverses présentations du spectacle. Une danseuse mime quelques postures évoquant les rites d'un univers sadien (très édulcoré) : bandeau sur les yeux, mains dans le dos, comme menottées. La danseuse, très belle, est glaçante. C'est étrange que le mythe sadien soit ainsi réinvesti d'un certain hygiénisme : blancheur immaculée du sol, corps fuselés : ici pas de chair à proprement parler, donc pas de mutilation (à peine une trace de sang), et pas d'excréments. Ce n'est pas que je le regrette, mais c'est simplement étonnant. Un personnage masculin, juché sur des talons aiguille, puis Catherine Robbe-Grillet en personne, rejoignent la belle enfant sur le plateau. Lui est dans la soumission, elle dans la domination. Mais, pour les raisons exposées ci-dessus, leur petit jeu dans ce sens n'est pas convaincant. En revanche, le récit que Dennis Cooper a fait de ses jeunes années - dit par Catherine Robbe-Grillet - entremêlé d'épisodes de sa propre vie, introduit brutalement la violence réelle dans ce spectacle un peu aseptisé. Commentaires
De Le tadorne, posté le 04.02.06 à 00:02
![]() L'ami blogueur se doit de réagir! Ma sévère critique reliait les deux spectacles de Gisèle Vienne ("Une belle enfant blonde" et "I Apologyse"). En outre, il faut replacer les créations de Vienne dans le climat difficile d'Avignon. Cela dit, je persiste et je signe: ces deux spectacles ont le mérite de porter un regard sur les serieux troubles psychiques de Gisèle Vienne. Elle aurait pu s'en servir pour être une artiste géniale. Elle n'est que "tendance". C'est pire. De Puck, posté le 04.02.06 à 14:01 ![]() Julie, Tadorne, merci tout d'abord de vos regards complémentaires. Cette conservation croisée d'un spectateur, d'un blog l'autre, montre combien la critique du spectacle vivant se prête bien au média web. A vous deux, comme cela se fit d'ailleurs sur des sites avec des avis de spectateurs, on a un bonne idée - et douloureuse aussi - du travail psycho-chorégraphique de Gisèle Vienne. Plus juste que ne le seront souvent les présentations des sites des lieux de diffusion, qui relèvent d'un parfait registre critique de communication. Là, cependant, votre jugement est sans appel : le verdict "tendance" est je crois le plus dure jugement que l'on puisse produire à l'encontre d'un spectacle. Plus dur que les avis "Nul", "lamentable", "complaisant", subjectifs ou lancés à l'emporte pièce, par ce qu'il est précisément émis par un spectateur exigent... Ajouter un commentaire |
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