Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.

Archives > Août 2005

Aurillac 2005 : un aller-retour par le Chili

Posté par Floriane le 30.08.05 à 11:15 | tags : arts de la rue

La Compania Gran Reynata20 ans et toutes ses plumes ! Les anniversaires coïncident mais ne se ressemblent pas. Toujours foisonnant mais le propos parfois émoussé, le festival d'Aurillac vient de souffler dignement ses bougies. Dans le même temps, des acteurs venus de l'autre bout du globe présentaient une reprise d'un spectacle fondateur, le Roman photo du mythique Royal de Luxe, 20 ans tout juste. Et là, pas une ride à déplorer, preuve que le talent (d'écriture, d'invention) est le terreau de ce qu'on peut appeler « les grands classiques » et que la rue n'en est pas totalement dépourvue.

La Compania Gran Reyneta, groupe d'artistes chiliens formés par le Maître (Jean-Luc Courcoult) relève le défi avec maestria et a su pleinement profiter de cette passation exceptionnelle. Casting serré mais chaleureux, travail intensif de recréation du spectacle mais aussi de formation pluridisciplinaire (jeu, scénographie, costumes, effets spéciaux) pour les heureux élus, succès (prévisible) dans la capitale chilienne, et maintenant une tournée régionale (tout un sous-continent !).

Mais le Chili a également réservé des surprises à la troupe pionnière : ses Tréteaux des Ménestrels ou "deux spectacles pour le prix d'un" se sont vu réserver un accueil aussi chaleureux qu'inattendu dans les contrées les plus éloignées du pays : là où le théâtre n'existe pas dans le vocabulaire et dans les habitudes mais où, une fois encore, la rue, son esthétique populaire et sa générosité ont fait merveille.

Le Roman photo de Royal de Luxe par la Compania Gran Reyneta
Vu au 20e
festival d'Aurillac, août 2005. Informations sur la compagnie chilienne.




Aurillac 2005 : le festival Eclat rentre les crocs

Posté par Floriane le 26.08.05 à 12:23 | tags : arts de la rue
Léo Bassi, en personne

Aurillac a 20 ans ... mais plus toutes ses dents. Rangés, les coups de gueule de rage ou de désespoir. Calmés, les artistes qui ont aujourd'hui appris à traiter avec les puissants. Des rencontres professionnelles la teinte parfois bien hexagonale la « nuit du 20e » plutôt familiale, il faisait bon de se retrouver « entre soi », jeunes, festivaliers, professionnels, artistes. Tout baigne, tout ronronne (sous la pluie), deux ans seulement après les « grandes manoeuvres » de l'été 2003, quand la question des intermittents échauffait les esprits.

Seul Leo Bassi (illus.), finalement, semble ne rien avoir perdu de son sens critique. Moins physique (eh ! trente ans de rue), plus philosophe, il n'en perpétue pas moins ses actes contre les bien pensants, dénonçant à tout va, devant une foule qui (parfois) le découvre avec ébahissement. « Chtarbé ! Ouf ! Puissant ! », les qualificatifs se multiplient, au fil des melons explosés, du fumier propulsé, du pape mimé. Du rire, mais au service d'une conscience politique, sociale, et psychologique aussi, car l'animal connaît parfaitement les ressorts d'une audience, et en joue avec virtuosité.

Autre registre, plus discret mais non moins essentiel : le « théâtre action » de l'Eléphant vert avec qui le MRAP a coproduit La Maison Caméléon, courte décharge contre la nécessité qu'ont les étrangers de se fondre dans la masse pour espérer s'intégrer. Autre style encore, mais thème proche car sensible à l'humain dans une situation de déchirure migratoire et de souffrance psychologique : Flesh de la compagnie Osmosis. Un danseur, solitude vibrionnante, entre les parois blanches d'un camion ; un chanteur, mélopées maghrébines, lui tournant le dos mais faisant face à son image projetée sur une façade, marquant le quotidien. Tout, ici, est à la hauteur : le propos, les interprètes, la technique ; et c'est suffisamment rare, en rue, pour le souligner.

Rare aussi, mais combien précieux, l'art du comédien, et là, avec Jean-Georges (Agence Tartare) sous son séquoia et l'aide attentive de Bernard Colin, on est plus que servi ! Dans Conakry et chuchotements, l'acteur, également auteur de talent, rapporte son passage du millénaire aux confins de la Guinée. Humain, conscient, drôle, imbibé à l'époque, ce Jean-Georges-là est l'un des meilleurs crus d'Aurillac 2005 qui reste, malgré tout, l'endroit le plus foisonnant en matière de spectacles de rue.

Vus au 20e festival Eclat d'Aurillac, du 17 au 20 août 2005 
 Le Site de L'Eléphant vert
Le Site de la cie Osmosis







Rêveries de promeneurs solitaires : Paris Quartier d'été

Posté par Hélène Fectay le 22.08.05 à 20:10
Ozland, d'Olivia Grandville Du 14 juillet au 14 août, le festival Paris Quartier d’Eté a été l’occasion pour les promeneurs parisiens de retrouver danseurs, comédiens et musiciens lors de parcours ludiques à travers la ville. La danse a pris le chemin des écoliers en proposant une flânerie à travers les parcs des Buttes Chaumont et Montsouris lors des présentations de Marche, danses de verdure de Daniel Larrieu et Ozland d’Olivia Grandville (illus.) . 
La présence de ces deux chorégraphes magiciens a transformé le parc. Les bruits de la ville s’apaisent. Calme, silence. Une escale, un îlot où le temps semble ralentir, s’étirer. Bruissement d’herbe, son du vent dans les branches, un corps apparaît. Ses mouvements, fluides et légers, dessinent des lignes invisibles, esquisses de pièces du répertoire de Daniel Larrieu. La danse a surgi comme si elle avait toujours été là, sous nos yeux. Les corps se déposent au sol, lentement, glissent, roulent, froissent et défroissent l’herbe, puis disparaissent au détour d’un chemin. Il ne reste plus que la trace de ces corps qui ont occupé le lieu et s’y sont fondus, laissant fleurir une friche de mots çà et là.
Même lieu, même paysage, mais un autre voyage. Olivia Grandville entraîne le spectateur dans un jeu de cache-cache. Ses sens sont en éveil, interpellés par un son étrange ou par la vision furtive d’un corps en mouvement derrière un arbre. Jeux de miroirs, danseurs invisibles derrière des vitres sans tain. Chrysalides et cocons. La nature est ici un paysage mouvant qui se transforme sous notre regard attentif mais quelque peu dérouté. Où sommes-nous ? Qui y a-t-il derrière le miroir d’Alice ? Un pays imaginaire où les corps se métamorphosent, revêtent une seconde peau, où les voix se mêlent et se démêlent, égarant ainsi le spectateur au milieu de ce paysage. Mais peut-être que tout ceci n’était-il que le rêve d’un flâneur endormi...

Marche, danses de verdure de Daniel Larrieu et Ozland d’Olivia Grandville
Vu au festival
Paris Quartier d’Eté, août 2005



Petit fest' ne veut pas devenir grand - Festival Malgré Tout à Brainans

Posté par Catherine le 17.08.05 à 11:26 | tags : arts de la rue, festival, musique sur scène
Le Van de Brainans par pp&musicParmi les festivals de théâtre de rue (voir le dossier Arts de la rue 2005), arrêtons-nous sur le festival Malgré Tout, qui a eu lieu du 12 au 14 août au Moulin de Brainans, dans le Jura. Né il y a neuf ans "malgré lui" (son nom de l'époque), de par la présence au moulin de compagnies venues travailler et se retrouver après le off de Chalon-dans-la-rue, ce festival arts de la rue et musique a continué "malgré tout" (son nom actuel), c'est-à-dire malgré un budget minuscule et une envie déclarée de garder son âme en restant toujours petit. Après s'être d'abord étalé sur plusieurs semaines, le festival s'est ensuite concentré sur quatre jours pour devenir cette année trois journées à la programmation intense. Le Moulin de Brainans, c'est d'abord un lieu plein de charme : à quelques kilomètres de Poligny (capitale du comté, rappelons-le), un ancien moulin avec petite rivière et petits ponts, au beau milieu de vastes prairies verdoyantes et fleuries...
Pour le festival, les lieux se démultiplient. En plus de la salle de spectacles - où sont programmés des concerts tout au long de l'année -, on joue dans le resto adjacent, devant les toilettes, sous un hangar bâché appelé guinguette, sur les parkings herbeux, dans un pré aménagé en théâtre de verdure... Une vingtaine de compagnies sont présentes.

Le détail de la programmation est décidé chaque matin en fonction de l'humeur et surtout, du temps (il a fait beau cette année, malgré une belle averse le dimanche matin qui a fait bien peur à tout le monde). Les compagnies sont issues du off de Châlon (même programmateur pour les deux festivals), les créations présentées ici sont donc du même acabit que celles qu'on peut voir là-bas, c'est-à-dire, bien sûr, de qualité inégale. Mais parmi ce festival de petites productions, dont certaines aux défauts évidents, même aux yeux d'un public non averti (c'est trop long, l'humour tombe à plat, les comédiens savent mal établir une distance avec le public et sont un peu trop agressifs), on déniche quelques petites merveilles, et c'est ça qui est super !

Citons les Marjorettes de Billy-sur-Yvette, menées par leur chef tout en rondeurs Marie-No, qui nous explique de façon très imagée la différence fondamentale entre la majorette et la maRjorette. Avec leurs costumes incroyables, leurs lignes atypiques, leur QI tout petit et leur générosité débordante, les Marjorettes de Billy-sur-Yvette de la compagnie Double Je remportent l'adhésion unanime du public, qui leur offre chaque jour une ovation debout. Ambiance parfois très chaude au Moulin de Brainans, en tout cas toujours très sympathique, tranquille et familiale. Beaucoup, beaucoup d'enfants, qui enchaînent sans se lasser "pestacle" sur "pestacle". Le public éclairé de demain ?

Festival Malgré Tout au Moulin de Brainans (Jura) du 12 au 14 août 2005



Des clowns salutaires ! Le Tony Clifton Circus

Posté par Floriane le 14.08.05 à 11:03 | tags : cirque
Performance circassienne ? Absurde, démesure, provocation, jouissance : Tony Clifton Circus offre, avec son Rubbish Rabbit, une palette élargie de l’art du clown, celui des grands, dans la lignée du génial Leo Bassi. Cette lignée, ils la revendiquent, par respect. Et du respect, ils en ont à revendre, pour les spectateurs, d’abord, même s’ils les entartent et leur envoient des éclats de melon à la figure. Mais c’est au nom de la démocratie et de la liberté qu’ils vont dans les extrêmes, évoquant les crises économiques et sociales, les misères affectives dont leurs pirouettes gaguesques désamorcent la lourdeur supposée. Car il s’agit ici de profondeur, celle où peuvent aller les clowns lorsqu’ils sont cyniques et pointent les troubles sous les éclats de rire dont ils abreuvent la salle. Salutaire, ce Tony Clifton Circus venu d’Italie, la patrie des paillasses qui savent renouveler leur genre en creusant profond leurs racines ! Car on rit, on rit, ravis par ces adultes qui se comportent comme des enfants, sans limite, sans interdit.

Rubbish Rabbit de la compagnie Tony Clifton Circus
Vu au SIRF à Stockton-on-Tees en août 2005.
A voir au festival de Chassepierre (B) les 20 et 21 août. Et au festival Au bonheur des mômes (le Grand Bornand) le 23 août 2005.

Extrait Vidéo de Rubbish Rabbit sur le site.



Scènes à l'écran (1) : Nadine

Posté par fluctuat.net le 05.08.05 à 15:12 | tags : videos en scènes, web

 

Nadine : Attention, Plateau !

Saisons commence une mini série sur les ressources Vidéo & Multimédia disponibles sur le web. On croyait les arts du spectacle le parent pauvre du réseau. Désintérêt pour le média, voir incompréhension des enjeux de diffusion. Inadéquation enfin entre le support (média de flux ou contenus froids) vs immédiateté de la scène et participation totale des spectateurs. Balivernes.. 

Nadine, une centre de production basé à Bruxelles, prouve le contraire. Interface low-tech, esthétique 100% réseau, le site est un laboratoire expérimental des nouvelles technologies appliquées aux chorégraphes et metteurs en scène. A ceux du moins qui viennent y travailler ou y présenter une création. Parmi les formats disponibles : webcamRSS, sans compter le Wiki des créateurs (work in progess). Moult vidéos, diaporamas documentent chacune des créations hébergées en résidence (exemple), et si vous êtes perdu, retournez à la page Projet Store, soit l'accueil de présentation des spectacles. A voir : découvrez semaine après semaine la vie du plateau.  




Actu Flu 03.08 : Arts de la rue 2005

Posté par fluctuat.net le 03.08.05 à 13:30 | tags : arts de la rue
Transit par la Cie Osmosis - Photo Vincent LucaS

On the road again ! Tandis que Floriane couvre tout l'été les festivals européens sur le blog Saisons (rubrique Sur la route), entre Chalon dans la rue qui s'achève et demain le Festival Eclat à Aurillac, laissez-moi vous inviter à lire un dossier complet en rubrique Scènes du magazine : Arts de la rue : la consécration 2005.  

Sommaire du dossier Arts de la rue :
- Introduction : la consécration 2005
- Le temps fort des arts de la rue
- Europe : Enquête sur les publics
- Chronique : Branlo et Nigloo
- Portrait : Ali Salmi, un artiste en transit
- Sélection de sites web (Fourneau, HLM, festivals)




La Marionette selon Toggle

Posté par fluctuat.net le 02.08.05 à 17:38 | tags : illustration, revue, web

La marionette selon Toggle

Toggle Magazine est un excellent scratch book de designers et d'illustrateurs, comme le web en regorge par centaines. Sa troisième livraison est entièrement consacrée au thème de la marionette. Issue PDF à télécharger ici




Avignon en sTOCk

Posté par fluctuat.net le 02.08.05 à 10:04 | tags : blogs et spectacles, festival d'avignon 2005

Christian Rizzo Rock'n'Roll Circus

Un dessinateur, un chroniqueur. TOC Magazine a édité un blog d'actu en direct du 59e festival d'Avignon. Chroniques du In en texte, croquis du in en off et en images, Francois Olislaeger (dessin) et Laurent Geffroy (texte) ont passé un magnifique été à buller. Vivement la rentrée. A retrouver ici.     

 

 




Chalon 2005 : « un pas d’avance »

Posté par Floriane le 01.08.05 à 12:29 | tags : chalon dans la rue
Génération par la cie Mossoux Bonté Résolu, le directeur de Chalon dans la rue, Pedro Garcia : « ce qui fonde le festival, c’est l’invention. (…) nous devons avoir la sagesse que le déplaisir soit dans le In et offrir des spectacles plus divertissants en Off. (…) les artistes qui marquent leur siècle sont dans ce que l’on ne reconnaît pas encore. » (extraits du Journal de Saône et Loire daté du 22 juillet).
Très lucide, très serein, solide et affuté : Pedro Garcia a su, en à peine deux éditions, se montrer plus que digne de la relève des deux créateurs historiques de l’un des plus importants festivals de rue de l’Hexagone. Et l’on doit avouer que la récente enquête sur les publics européens ne peut que le conforter : les festivaliers sont, en majorité, composés de personnes ayant de fortes pratiques culturelles. Leur proposer, en In, les étrangetés chorégraphiques de Mossoux-Bonté, des conférences rassemblant des intellectuels de pointe (on se croirait au Verger, à Avignon) ou les délires urbanistico-plastiques de Juillot n’est pas pour les défriser et permet aux artistes d’expérimenter leur rapport à l’espace public. Pour la foule, un bon gros spectacle de masse, style Pan Optikum, aériens et feux d’artifice en prime, à défaut de pouvoir véritablement saisir le texte de Neruda crachouillé par les hauts parleurs.
Mais sans oublier que la rue reste, c’est évident, un art qui attire de nombreux jeunes. Pour eux, les Folles nuits de l’Abattoir, programmées par Smooz : enfin une proposition cohérente et de qualité qui tient, autour de propositions artistiques (musique, projection, graff') et pas uniquement de l’alcool et d’autres substances en leur temps farouchement combattues, des centaines de jeunes que l’on accueille au lieu de les parquer. Bref, une édition intelligente, qui fait le pari de l’audace et n’a qu’un seul mot d’ordre : « Qui m’aime me suive » ! »

Voir la galerie photo de l'édition 2005

Compte rendu de la 19e édition de Chalon dans la rue, été 2005



Deux perles à Chalon - Braakland et Note à vacarme

Posté par Floriane le 01.08.05 à 12:03 | tags : chalon dans la rue, festival
Braakland par la Cie DakarLa programmation de Chalon dans la rue se voulait ouverte à la nouveauté, à l’innovation. Avec la compagnie hollandaise Dakar, c’est chose faite : jamais encore ces dernières années, dans l’Hexagone du moins, une troupe n’avait pensé son théâtre à tel point en relation avec le paysage. Lotte van den Berg, la metteur en scène de Braakland a beau se défendre de faire du « land art », c’est avec un œil véritablement exercé qu’elle a choisi le terrain vague au bout de rien, écrin à sa dramaturgie très cinématographique ou digne d’une installation vidéo, inspirée des textes du Sud africain Coetzee. C’est sur l’île de Terschelling qu’elle a pris conscience de la vertu du « théâtre in situ », dont le festival Oerol a fait sa spécialité et son terrain d’expérimentation. Braakland est un produit des plus convaincants, à la pointe de ces spectacles de territoire. A suivre.

Note à vacarme par le Cyrk KlotzA l’opposé, confinés sous la toile d’un chapiteau moyen format, les spectateurs de Note à vacarme du Cyrk Klotz assistent à un ballet expressionniste pour pianos, acteurs et acrobates. Quelle poésie dans ces évolutions aréiennes de clowns blancs au nez et chapeau noirs ! Des personnages d’affiches polonaises dans les airs ! Peu à peu, à force d’harmonies contradictoires à coups de savates sur les claviers, et au hasard d’un tour de chant de beuglant, on assiste à la naissance du cinématographe, des enregistrements et des communications à longue distance … Le tout dans une ambiance irréelle, suspendue, où l’homme, après avoir fait un petit tour sur la terre, décide bien vite de retourner là haut, sur la lune de Méliès peut-être ? 

Braakland de la Cie Dakar, mes Lotte van den Berg. 
Note à vacarme du Cyrk Klotz
Vus au Festival de
Chalon dans la rue (in), été 2005



20 ans de rue en 2 livres

Posté par Floriane le 01.08.05 à 11:39 | tags : arts de la rue, des planches et des livres

Mon deuxième est un traiteurOn ne peut pas imaginer deux livres plus différents que ceux qui marquent les vingt ans du festival d’Aurillac et de la compagnie Turbo Cacahuète ! Deux livres d’images pourtant ; mais si l’un se feuillette avec le regard amusé, prêt à chercher la frimousse de l’un ou l’autre ami (artiste, professionnel …), l’autre offre plutôt un regard analytique ou d’ambiance, « chronique de la rue aujourd’hui ». Le premier est signé Turbo Cacahuète (.illus), vingt ans de trottoir et toujours aussi anar ! Le second marque l’anniversaire de l’un des plus importants festivals de rue de l’Hexagone, Eclat à Aurillac, mais la couverture gris métallisé et le titre fondu dans la matière cartonnée (Aurillac aux limites) viennent faire mentir le nom historique de ce rassemblement aoutien. Et il n’y a pas que les images qui distinguent ces deux ouvrages ; les textes eux-mêmes sont diamétralement opposés. De larges extraits du mémoire de sociologie d’Elisa Dumey sont convoqués chez Turbo Cacahuète, aux côtés de commentaires attestant du vécu de la compagnie ou des réflexions de son leader, Pascal Larderet. Sur Aurillac, un court texte a été commandé à Denis Guenoun, ex-metteur en scène, enseignant aujourd’hui, qui se livre là à un monologue à partir des images proposées. Très personnel, jouant sur le sensible, même si les références ne sont pas absentes, cet exercice fait la part belle aux lieux et au public, mais des spectacles, il n’en est quasi pas question, si ce n’est pour supposer que l’expérimental des années 70 se retrouve aujourd’hui sur le bitume, chassé qu’il a (plus ou moins) été des salles. Et c’est là finalement que l’ouvrage publié chez Actes Sud rejoint l’auto-publication arachidienne, car celle-ci démontre, à longueur de pages colorées, son attachement aux pratiques « actionnistes » et leur survivance, aujourd’hui, dans la rue.

Turbo Cacahuète, l’aventure scandaleuse, Les Editions à Rachid, 2005. 43 €
Aurillac aux limites, Actes Sud, juillet 2005. 27 €






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