Archives > Septembre 2005« Caravan » au Tadjikistan L’Asie centrale vue du ciel est d’une incroyable beauté, succession étourdissante de montagnes crénelées et de déserts valonnés, arides ou piqués d’improbables lacs. Après Tachkent (Ouzbékistan) en 2004, c’est Dushanbe (Tadjikistan) qui accueillait cette année le Forum international de théâtre rassemblant des troupes et des artistes tadjikes, afghans, ouzbèques, kirghizes et quelques Européens spectateurs. Discussions, spectacles, visionnages de cassettes, rencontres informelles : autant de ponts jetés entre les cultures, de mailles patiemment retissées entre ces républiques autrefois membres de l’Union soviétique et qui, à cette époque, se connaissaient davantage.
La mobilité semble aujourd’hui poser davantage de problèmes et la nécessité d’un réseau se fait sentir, pour rendre possibles les échanges d’artistes, d’enseignants, de critiques, en vue d’un enrichissement mutuel. IETM (Informal European Theatre Meeting), OSI (Open Society Institute) et Bactria (centre culturel à Dushanbe) ont donc décidé de mettre en commun leurs compétences et leurs moyens pour relancer cette dynamique. Parmi tous les spectacles présentés lors du Forum, où se détache clairement le recours aux racines de la culture traditionnelle (littérature, formes théâtrales popuplaires, rites, etc.) pour affirmer une identité, une expérience diffère. Elle est le fruit de la collaboration entre un groupe d’étudiants afghans et des artistes français. Après un stage de masques donné par Ariane Mnouchkine, Maurice Durozier est revenu à Kaboul monter une adaptation de Roméo et Juliette. Si, au début du spectacle, les jeunes émules éprouvent quelque difficulté à se couler dans l’exercice de style demandé, dans la deuxième partie, l’appropriation est totale et le talent de chacun explose littéralement en un ballet d'énergie, de drôlerie et d’émotion. Les classiques ne connaissent pas les frontières, la qualité et la volonté non plus. Roméo et Juliette par le Théâtre Aftab de Kaboul Mauvais trip aux Abbesses
Petit rappel : William Burroughs (1914-1997), romancier américain, l’un des chefs de file de la Beat Generation. Samuel Taylor Coleridge (1772-1834), poète romantique anglais. Johny Brown (1961), chanteur rock et auteur dramatique anglais.
Johny Brown, en fervent admirateur de ces deux auteurs dont le point commun est un goût immodéré pour les drogues, invente un récit où Burroughs embarque en compagnie de Jean-Michel Basquiat, Johnny Thunders et Kathy Acker, pour une traversée dont la seule direction est le poème de Coleridge.
Dan Jemmett (1967), metteur en scène anglais, transforme le bateau de son pote Brown en station-essence, offre le rôle de Burroughs à Denis Lavant et présente la pièce au théâtre des Abbesses.
Des noms, des noms, des références et des artistes qui s’entre-admirent. C'est sympa mais le public a bien du mal à se sentir concerné : pas d’histoire, pas de but, même pas de rencontre entre les personnages. Les quatre grandes figures de la peinture, du rock ou de la littérature ne sont réunies que pour vénérer le poème de Coleridge en le déclamant avec emphase, tournés vers la mer… Bien sûr, Denis Lavant fait des efforts et interprète de tout son cœur son numéro de grand acteur et c’est parfois beau. Sauf qu’on imaginait William Burroughs plus terminalement camé, moins pétillant. On rigole un peu aussi de le voir n’offrir qu’une simple petite fumette à ses amis. On rêvait d’un shoot théâtral rock n’roll et halluciné, on assiste à un hommage révérencieux et appuyé. Ceci n'est pas le trip théâtral de la rentrée.
William Burroughs surpris en possession du chant du vieux marin de Samuel Taylor Coleridge , de Johny Brown Théâtre des Abbesses, 21 septembre - 8 octobre à 20h30, dimanche 2 octobre à 15h Danse : Déshabillage de saison(s)
Rentrée : 2r2c réanime la rue à Paris Il y a des territoires réputés imprenables, des espaces soi-disant publics en fait terriblement policés. Les villes en font partie et plus que tout autre peut-être, Paris : même le Géant de Royal de luxe s'y est cassé les dents ! Pourtant, une bande d'irréductibles persiste à tenter la percée, sans violence, sans anarchie, mais en occupant le terrain qu'il connaît bien, pour l'avoir patiement labouré ces dernières années. Rémy Bovis, le directeur de la coopérative De rue et de cirque (2r2c), a lancé et supporté des initiatives innovatrices en matière de spectacles dans les espaces urbains, depuis son poste à la mairie (quitté entretemps). C'est dire s'il connaît la question, les obstacles, mais surtout les solutions et les relais qui, dans les arrondissements peuvent rendre les choses possibles. Mais il connaît aussi les artistes, leurs besoins, et il a su s'entourer d'une équipe de professionnels patentés, qui totalisent à eux tous un sacré nombre d'heures de vol ! Ce n'est donc pas seulement d'une programmation événementielle de spectacles de rue et de cirque (programme complet au format PDF) qu'il s'agit, mais d'un projet pensé en fonction des lieux, des publics et de la profession. Onze compagnies, cinq arrondissements, un Village de cirque à la Pelouse de Reuilly (programme au format PDF), le fil rouge d'un « cabaret philosophique », des rencontres, des ateliers, des apéros, des afters ... Plus besoin d'attendre l'été et sa clique de festivals ! Le site de la coopérative 2r2c : De rue et de cirque, et c'est ... à Paris ! Entretien Alain Crombecque
Il y avait deux façons de présenter le 34e festival d'Automne à Paris, qui débute aujourd'hui à Paris : en faisant un post lors de la mise en ligne du site (comme l'avait fait en fr/en engl. le blog aeiou), ou en donnant la parole à l'un de ses plus fervents protagonistes. C'est la seconde que nous avons choisie sur Saisons, avec un entretien avec le directeur du festival Alain Crombecque. Bonne rentrée !
Tarrega, c'est la foire La boule s'élève au-dessus de la foule ; les acrobates enchaînent les chorégraphies aériennes. Est-ce eux qui développent leurs figures à plusieurs dizaines de mètres ou nous qui les accompagnons dans les airs, parachute absent mais cœur bien accroché ? Le Grupo Puja (illus.) réussit le pari d'un spectacle bien ficelé, à base pourtant d'une technique archi-connue, vue et revue en cirque. Comme quoi, il reste toujours à inventer ! Mais c'est d'autant plus efficace lorsque les artistes maîtrisent parfaitement leur métier et surtout les lois du genre. Composer pour la rue diffère, en effet, du même exercice en salle, ne fût-ce qu'en termes de sécurité et de visibilité lorsque cinq mille personnes se pressent sur une place ou sur un terrain découvert. En optant pour les marionnettes géantes, Voltaires et Artistras font preuve d'expérience, sinon d'une inventivité délirante. Origami taille super L, éclairés de l'intérieur et fable écologiste pour les premiers ; remake de Pandore ouvrant sa boîte pour les seconds : cela fonctionne, cela fleure le savoir-faire mûri, l'expérience du terrain, le rapport au lieu et au public parfaitement intégré. Quant à l'écriture proprement dite, cela reste (comme souvent) une autre histoire... L'essentiel pour la Fira de Tarrega (25 ans cette année) est de présenter des produits sûrs (il s'agit avant tout d'une foire !), qui se fraieront un marché. Pas de place pour l'approximation dans ce royaume de la « compétitivité maximale ». Vus à la Fira de Teatre al Carrar de Tarrega (Espagne), du 8 au 11 septembre 2005 « Kaosmos » du Grupo Puja « Pandora » de Artistras Musiques en boîte à Cognac![]() Coup de chauffe fête ses onze ans et, comme cadeau d'anniversaire, la région Poitou-Charentes annonce des mesures financières de taille, histoire d'arroser le Temps des arts de la rue (lire le dossier sur Flu). « 900 000 euros par an pendant trois ans ! » : le landernau n'en revient pas ; la somme se chuchote à tous les coins de terrasse. « Pourvu que les autres régions suivent », espère-t-on, en s'extasiant devant le lobbiyng intelligent mené auprès de la Présidente par une poignée d'irréductibles. Scènes à l'écran (2) : ImpusleTanz![]() Notre série sur les ressources web & multimédia, entamée cet été avec la présentation de Nadine, se poursuit sur Saisons. Danse à l'honneur aujourd'hui, avec le centre de ressources vidéo de ImpulseTanz, le festival autrichien de la danse contemporaine et des arts de la performance (Vienne, de juillet à août). Théâtres : fermés pour travauxPosté par fluctuat.net le 05.09.05 à 19:09 | tags : odéon
Avant de reprendre l'actualité des spectacles vus ou à venir, commençons cette rentrée par les salles de théâtre ... en travaux. Tandis qu'il est prévu que ceux de l'Odéon-théâtre de l'Europe s'achêvent cet automne (illus.), signalons ici la fermeture importante de l'année : Le Théâtre des Bouffes du Nord, pour réfection complète de ses équipements techniques et électriques, n'accueillera aucune de ses superbes créations cette saison. Ses portes rouvriront à la rentrée de septembre 2006, comme le signale l'avertissement de page d'accueil. |
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