 Le n°5 de la Revue électronique Colline vient de paraître. Normalement, il devrait être passionnant puisque multimédia ... et consacré à Edward Bond. Je viens de changer d'ordinateur et même sous Internet Explorer je n'arrive malheusement pas à accèder au site. En cause ? Les killers de pop up installés par défaut sur tous les navigateurs pour faire la chasse aux "publicités intempestives".... Ou le choix des webdesigners (en l'occurence, une super agence qui a fait aussi le nouveau site d'Arte Radio) d'utiliser une cascade de pop up modulaires pour exp(l)oser le sommaire ? A vous de tester.

Organisé par le Théâtre 71 Malakoff, qui présente parallèlement Daewoo de François Bon (mes de Charles Todjman - on en reparle très prochainement sur flu), le festival de marionnettes MA.R.T.O. se poursuit jusqu'au 4 décembre dans six villes des Hauts de Seine (Malakoff, Vanves, Fontenay-aux-roses, Bagneux, Antony, Clamart). Il propose dix spectacles de tout format (de 10mn à ... il n'y a pas d'heure pour battre le rappel) avant de partir en tournée dans plusieurs villes de province. A signaler : la thématique manifestement politique de la saison 2005/2006 du théâtre 71, qui pose de façon ludique la question "Mais qu'est que tu fabriques ?" dès sa page d'accueil. Réponses envisagées à brûle pourpoint : de l'émotion, du lien social, des échanges, de la citoyenneté, de la pensée en réseau ? Autres réponses possibles (et non exclusives) : des spectacles péchus, des spectacles intelligents, et toujours des spectacles qui interpellent les gens ? Comme en écho, d'une banlieue l'autre mais toujours de l'autre côté du périph', se joue actuellement Faut pas payer ! de Dario Fo au théâtre des Amandiers. Week-end militant en vue ? Voilà en tout cas un post diligent et j'espère bien frappé.
+ lire la chronique de Faut pas payer ! de Dario Fo (Amandiers) sur Flu.

Télex : une place achetée = une place offerte Avertissement : Un bon Plan Théâtre ? Nous n'avons pas vu ce spectacle et ne pouvons que vous renvoyer aux rares ressources (institutionnelles pour l'instant) diffusées en ligne. A vous de voir donc. Merci pour ceux d'entre vous qui aurez souhaiter en profiter de nous faire un retour.
Ce week-end, le Théâtre de la cité internationale propose des invitations pour le spectacle Labo Lubbe, de Yves Pagès, mise en scène François Wastiaux, soit jusqu'au 20 novembre 2005 *. Réservation au 01 43 13 50 50. Plus d'info ici. * Le spectacle se joue jusqu'au 11 décembre, le lundi, mardi, vendredi et samedi à 20h. Le jeudi à 19h, et le dimanche à 17h. Relâche mercredi. Théâtre de la cité internationale, 17 bvd Jourdan, 75014 Paris

 
En ces fraîches soirées de fin d’automne, qu’il est doux de s’aller calfeutrer en le joli théâtre de l’Athénée et de se laisser conter les amours contrariés de la Princesse et du porcher... Quelle chance, un conte pour adultes ! Non qu’il y ait des scènes cochonnes - juste quelques cochons sur scène - et, bien sûr, un monsieur tout nu, titre oblige. « Pour adultes » donc, à cause du langage moins évident que celui des livres d’enfants et de la portée politique clairement affirmée de la pièce. Ceci dit, pas de crainte à avoir : le message politique du Roi nu, pour subtil qu’il soit, n’est ni pesant ni compliqué, ni même sujet à débat. Evguéni Schwartz, auteur Russe mort en 1958 et que la France découvre depuis quelques années, aimait à utiliser la forme du conte, allant même jusqu’à reprendre les thèmes et les personnages des contes classiques pour les retraiter de sa plume énergique et acérée. Ici, sur la trame traditionnelle du mariage impossible, Schwartz greffe trois contes empruntés à Andersen, et en fait éclore une critique du pouvoir et de la bêtise qu’il engendre. Le roi nu, c’est le souverain des Habits neufs de l’empereur. Il paraît que Schwartz écrivit cette pièce en pensant à Hitler. Il n’allait pas dire qu’il pensait à Staline. La censure soviétique interdit malgré tout la pièce. L’hypocrisie, le manque de courage politique que dénonce ce conte sont, hélas, toujours d’actualité. Trois contes pour une seule et même pièce, l’histoire ouvre forcément des chemins qu’elle abandonne ensuite : le chaudron magique du porcher laisse place au Petit pois de la princesse, qui est lui-même évacué au profit des habits neufs de l’empereur. Cette pièce écrite en 1934 n’a pas l’étoffe du Dragon que Schwartz livrera dix ans plus tard. Mais quel émerveillement que de découvrir enfin à quoi ressemble l’amoncellement de matelas sur lesquels dorment les princesses et les rois. Maintenant qu’on est grand, on réalise qu’il faut une corde pour descendre d’une telle couche ! Attention cependant, si c’est un ravissement de voir se matérialiser les objets et personnages des contes de notre enfance, surtout tels qu’imaginés et agencés par Laurent Pelly, l’opération n’est pas sans risques. Pour ma part, j’ai été très déçue par les allures de vieille lessiveuse du chaudron magique.
Le roi nu d'Evguéni Schwartz, mise en scène Laurent Pelly Au théâtre Athénée-Louis Jouvet, jusqu'au 3 décembre 2005 Lire l'interview de Laurent Pelly pour La Terrasse


Ce fut l’un des événements marquants de la rentrée théâtrale. Ceux qui n’ont pas encore vu la pièce (attention, il ne reste plus que quelques jours !) auront certainement entendu parlé des images fortes que constituent notamment une scène de viol dans toute sa durée et surtout, la figure, émergeant d’une poubelle, de la victime, nue, ensanglantée, choquée, mutilée. Images insupportables pour certains qui quittent la salle. Est-ce parce que j’étais placée très loin du plateau ? Est-ce parce qu’on m’avait déjà raconté la scène auparavant ? Parce que je suis d’une génération qui n’a plus peur des images ? Insensibilité ? En tout cas, je suis restée et ai assisté aux trois heures vingt de représentation sans dommage (apparent). Je ne sais pas si j’ai avancé sur la question de la représentation de la violence, mais en tout cas, c’est bien à une réflexion sur ce thème que nous invitent Botho Strauss et son fidèle serviteur, Luc Bondy. Strauss part du Titus Andronicus de Shakespeare, mais il en déplace le point de vue : le général Titus n’est plus l'élément central de la pièce. Strauss donne une importance beaucoup plus grande à Lavinia, la fille de Titus, notamment en lui octroyant une « voix », une jeune femme embauchée pour traduire ses cris après sa mutilation ; privée de langue, elle ne s’exprimait plus dans la pièce originelle. Toutefois, Strauss a intitulé sa pièce Schändung, titre traduit par Michel Vinaver par « viol », traduction forcément réductrice du terme allemand qui signifie à la fois le viol, la mutilation, la pollution...
Car c’est bien l’acte violent qui intéresse l’auteur. Et il ne se contente pas de représenter cet acte, il l’expérimente, le teste, le questionne. Parfois, sa pièce suit l’intrigue shakespearienne. Parfois, elle la dépasse : Lavinia s’exprime après le viol et la mutilation et veut continuer à vivre. Parfois, le dépassement va très loin : Lavinia en arrive à désirer son violeur et à tenter de faire l’amour avec lui. Constamment, la pièce invite le spectateur à questionner ce qu’il voit : dès le tableau n°2 : les comédiens, dans une fausse "rencontre avec le public", viennent parler de leur façon d'aborder leur personnage. Et pendant toute la durée de la pièce, Lukas, un enfant laissé là par sa mère avec pour recommandation de rester tranquille, assiste à une débauche de barbarie. Mise en abyme aux contours flous puisque le gamin prend régulièrement part à l’action, d’abord fils cadet de Titus puis compagnon de jeu de Lavinia. Et Luc Bondy de prendre parti dans le débat engagé par Botho Strauss sur les effets de la représentation de la violence, en ajoutant une prise de pouvoir finale par l’enfant-spectateur.
Viol de Botho Strauss, d'après Titus Andronicus de William Shakespeare
Mise en scène Luc Bondy, traduction Michel Vinaver et Barbara Grinberg
Théâtre de l'Odéon, Ateliers Berthier, jusqu'au 19 novembre 2005

Du 3 au 6 novembre a eu lieu en Macédoine le 3e Balkan Dance Plateforme 2005 (illus.). En marge de ce rendez-vous, j'en profite pour vous parler du programme Balkan Express à vocation tout aussi est-européenne. Du nouveau à l'est pour les arts de la scène ?
Si la chute du mur a eu une influence bénéfique sur certains pays de l'ex-bloc de l'Est, il n'en a pas été de même partout. De même que les pays d'Asie centrale se retrouvent aujourd'hui isolés, alors que des circuits d'informations et de tournées existaient dans l'ancienne Union, de même les pays d'ex-Yougoslavie et leurs voisins (Bulgarie, Roumanie, Albanie, Grèce, Turquie) se trouvent aujourd'hui orphelins les uns des autres. C'est pour pallier cette absence de communication que Balkan Express est né, au sein d'IETM (Informal European Theatre Meeting) *. En l'absence de politique culturelle, voire en se heurtant à des pratiques héritées de l'ancien régime (comme ce concours pour la direction du Centre national de la danse à Bucarest annulé la veille de l'annonce des résultats), les artistes se mobilisent et inventent des formules nouvelles. Pas de formation organisée ? On met sur pied des conservatoires itinérants (en danse, en dramaturgie, etc). Pas de lieux dédiés à la création contemporaine ? (les plus belles structures étant souvent confiées aux organismes d'Etat, comme cette "Petite station" à Skopje, offerte à la galerie nationale, qui dispose déjà dans la ville de plusieurs lieux magnifiques, comme les anciens bains turcs). On occupe alors un ancien cinéma délabré à Sarajevo, on mobilise les fonds privés étrangers pour louer un local ou on essaie de travailler avec les structures officielles, en leur faisant partager l'expérience acquise ces dernières années par les structures indépendantes en matière de management. Ou bien on rassemble les bonnes volontés et on monte une plate-forme en danse, aux critères de sélection peu définis, mais qui a le mérite de mettre en présence, de façon tout à fait exceptionnelle, de jeunes artistes issus de tous ces pays. Même si la plupart n'y résident plus aujourd'hui, partis se former puis mener leur carrière sensiblement plus à l'Ouest... On serait bien en peine, dès lors, de dégager une véritable identité "balkanique", au-delà de la géographie. Mais n'est-ce pas le lot de la plupart des créateurs aujourd'hui, gagnés par la mondialisation, lorsqu'ils ne souhaitent pas mettre en exergue leurs racines ? Le vrai drame cependant reste que, dans ces pays relativement pacifiés aujourd'hui, des années de "transition" beaucoup trop longues n'ont pas permis de créer les structures de formation et de diffusion nécessaires à la constitution d'un véritable public, local, ni régional. Ne reste dès lors que l'international, mais à quel prix ?
Note de la rédaction * : Au sujet d'IETM (Informal European Theatre Meeting), voir ausi le site On the Move, une base de données consacrée aux réseaux européens d'échanges dans le domaine du spectacle vivant (site bilingue angl/all) (ndlr).

 Vous le saviez, vous, que le Théâtre du Soleil était au programme du baccalauréat ? Trouvé au hasard d'une recherche (en éditant le post précédent), ce site n'est sans doute pas récent. N'empêche : le Bac au Soleil ? un bien belle façon de réviser ses examens...

Egonia nous écrit à propos du spectacle Il y a mille ans aujourd'hui crée par le Théâtre des Valises : "Ce spectacle a été créé à Salins les Bains, modifié à chaque fois en fonction des réactions des spectateurs. Utilisation de masques balinais. Je suis allé le voir trois fois (en un an). C'est très beau même si le propos se disperse quelque fois, ce qui ne m'a pas du tout gêné. Les acteurs sont surprenants : c'est presque autant de la danse que du théâtre. Je sais qu' ils jouent au Théâtre du Soleil les 10, 11, 12, 13 novembre . Si je peux donner l'envie à des gens de Paris de voir ce spectacle, j'en serais ravi, ce serait ma façon de remercier cette jeune troupe (ils tiennent à ce qualificatif) du plaisir qu'ils m'ont donné". Merci Egonia, nous espérons que vous serez entendu !
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