Archives > Janvier 2006Mademoiselle Berta Premier volet du tryptique Roberto et Roberta, c’est une histoire d’amour, Berta est le portrait fragmenté de « Julie, la femme du directeur », une sorte d’équation schyzo à trois inconnues : une danseuse et ses deux avatars sur moniteur. « J’utilise l’image de manière très artisanale, ce n’est pas de tout un travail vidéo en soi » confie miss Bougard, laconique sur ce point, à l’instar de sa page web. C’est sa danse qui a la tchatche : « j’ai besoin des affects du théâtre, la jalousie, la peur, la trahison, les rapports de pouvoir ».Vite, vite, c'est une des dernières occasions de voir ce travail, avant de découvrir fin mai à Bruxelles son prochain projet Ladycraker, spectacle «sur les crises de nerfs féminines, et les postures attendues d'une féminité maternelle, futile, sexy, et surtout available » Berta de et par Julie Bougard, samedi 4 février à la maison folie de Villeneuve d’Ascq, dans le cadre des Folies en Danse, série de spectacles proposée par Danse à Lille dans différentes Maisons Folies de la métropole lilloise du 2 au 4 février. Et au fait Vidéodanse ? A. & C., Shakespeare revisité
"Lewis Furey, chanteur culte à la touche underground raffinée, passe à la mise en scène musicale. Il crée A. & C., variation shakespearienne de la plus haute modernité autour du thème de l’amour maudit et sacrifié. Sur fond de fracture béante entre un empire romain arrogant et une Égypte ancrée dans sa résistance, Antoine et Cléopâtre incarnent l’impossible tentative de conciliation entre deux cultures. Ils en mouront mais inscriront leurs noms dans la légende. Lewis Furey, en adaptant pour la scène la tragédie de Shakespeare, fait d’eux les figures de proue d’un spectacle où s’articulent à flux tendu les images, la musique et la danse".
A. & C., livret, musique et mise en scène de Lewis Furey, d'après Antoine et Cléopâtre de Shakespeare, au Théâtre de la Ville, du 31 janvier au 4 février. (illus. photo de la production) Faustin Linyekula danse son pays à La Villette "J'aimerais simplement inviter les spectateurs à entendre des histoires, des petites histoires glanées sur le quotidien, mais aussi la grande histoire d'un pays sans cesse réécrite au fil des noms (République démocratique du Congo, ex-Zaïre, ex-Congo belge, ex-Etat indépendant du Congo...) et des règnes. Changer de nom comme pour parier sur un avenir meilleur". Ecouter et voir la petite et la grande histoire d'un pays, le Congo, en compagnie du danseur-chorégraphe Faustin Linyekula et des Studios Kabako, qui nous plongent dans Le Festival des mensonges. Crée en 2004 à la Fondation Cartier à Paris, cette oeuvre fait l'objet d'une nouvelle période de travail et de recherche et sera présentée lors d'une répétition publique, avant la première au KVS Theater de Bruxelles. Voyage au coeur du Congo, le temps d'une soirée, le vendredi 3 février à la Maison de la Villette (Paris).(illus. Faustin par Antoine Tempe) Lire sur Flu, le mag, notre entretien avec Faustin Linyekula. Gisèle Vienne : latex et poupées gonflables Le Théâtre de la Bastille présente deux spectacles de Gisele Vienne : Une belle enfant blonde et I Apologize. Tous deux avaient été joués lors du Festival d'Avignon 2005 et faisaient partie des productions qui avaient donné lieu à toutes sortes de controverses. A la Bastille, les premières étaient déjà complètes, tout ça pour dire que l'engouement que suscitent ces deux spectacles a fini par piquer ma curiosité. Bon, c'est sûr que l'on trouve beaucoup d'avis très négatifs sur le net et je parle uniquement de critiques glanées ça et là sur les blogs persos ou semi-persos et non de la presse "institutionnelle" (celle dont la revue de presse du théâtre propose des extraits) qui, pour des raisons d'ordre diplomatique, la crainte de passer pour ringard en ne criant pas au chef-d'œuvre devant toute tentative un brin provocatrice, admiration peut-être sincère, que sais-je encore ?, encensent Gisèle Vienne.Apparemment, son univers est plein de personnages en latex et de poupées (genre gonflables) et les uns font des misères aux autres. Pour ceux que cela intéresse, il y a Catherine Robbe-Grillet dans l'affaire. Bon, nous verrons bien, à suivre, donc. Une belle enfant blonde, du 1er au 5 février, et I Apologize, du 8 au 12 février, conception Gisèle Vienne, au Théâtre de la Bastille (Paris 11e) Mulleras : danse sur tous supports Etrange univers que Le Cube, espace de création numérique (Issy-les Moulineaux), nous propose d'approcher le week end du 11 février, en invitant la compagnie de danse multimédia Mulleras. Avec, le samedi, une rencontre autour de l'équipe artistique et de son travail. Et le dimanche, deux représentations de "Invisible", création qui mêle danse, son, image, sur différents supports : film, scène, Internet, espaces d'installation et de performance. Oeuvre pour le moins énigmatique, que les auteurs eux-mêmes rapprochent des travaux les plus décalés de David Lynch, à juste titre. Pour une première approche, "Invisible" est visible sur le site de la compagnie dans sa version conçue pour le Web.(illus. Velours, extrait de "Invisible", compagnie Mulleras) Heiner Müller : dix ans aprèsPosté par JdF le 27.01.06 à 15:57
Il y a dix ans, disparaissait l'auteur emblématique du théâtre de la R.D.A., Heiner Müller. France Culture lui rend hommage dans un cycle de quatre émissions conçues par Jean Jourdheuil qui avait présenté, la saison dernière, un spectacle à Bastille autour de la figure de Michel Foucault. Le théâtre de Heiner Müller est hanté par les tragédies qui ont marqué l'Allemagne au XXe siècle. Revisitant le théâtre grec et les drames de Shakespeare, Heiner Müller donne corps et voix à des personnages qui - comme Quartett l'a explicité en quelque sorte - sont des survivants d'une humanité depuis longtemps déchue et bientôt disparue.Hamlet-Machine, La Mission, Matériau-Médée, Anatomie-Titus, Fall of Rome, diffusées les dimanches 29 janvier, 5, 12 et 19 février sur France Culture. Mozart, opéra de jeunesse
Il Re Pastore sera à l'affiche du théâtre de La Monnaie, à Bruxelles, du 28 janvier au 8 février prochains. Un opéra de Mozart peu connu, composé à 19 ans selon les codes du dramma per musica baroque et classique. Un tyran usurpateur, un roi élevé en berger, des amours improbables et Alexandre le Grand qui rétablit justice et permet les unions désirées. L'Orchestre symphonique de La Monnaie sera placé sous la direction de Enrique Mazzola. La mise en scène, de Vincent Broussard, qui dirigera également celle de Così Fan Tutte, programmé, toujours à La Monnaie, du 24 janvier au 14 février. Les costumes de Christian Lacroix habilleront les deux opéras.
(illus. photo de la production, (c) Johan Jacobs) Le Roi-grenouille : les métamorphoses d'Ilka Schönbein Ilka Schönbein se métamorphose en crapaud, sorcière, princesse, à l’aide de masques, accessoires et marionnettes en tous genres. Elle grimace, se contorsionne, confectionne des mixtures dégoûtantes à souhait. Elle est secondée par des partenaires grimés et costumés comme elle dans les tons verdâtres de la vase qui croupie dans la fontaine ensorcellée. Entre chaque étape du récit, l’un d’eux chante des Lied, rattachant judicieusement l’univers grimmesque au romantisme allemand qui en fut la matrice. Le tout est affreux et sublime à la fois. Les enfants, manifestement, adorent, les adultes aussi.Le Roi grenouille, d'après les frères Grimm, avec Ilka Schönbein, Simone Decloedt, Brita Arste, Rainer Philipp Kais, Rudi Meier. Jusqu'au 29 janvier 2006 au Théâtre de la Commune d'Aubervilliers. Skappa ! : spectacle mouvant![]() Dans le cadre des programmations de Marseille Objectif Danse, la compagnie Skappa ! a proposé la semaine dernière Et à part ça tu fais quoi pour vivre ?, spectacle-déambulation sur le thème de l'artiste au travail. Six tableaux de 15 minutes chacun construisent une réflexion sur la précarité des artistes, leurs relations au travail, sa nature, ses possibles. Cette création a été élaborée pour un public de 60 personnes maximum, car les spectateurs sont conduits tous les quarts d'heure d'un espace à un autre, d'un comédien à un danseur ou un musicien. Un propos morcellé qui, à chaque solo, amène le public dans l'espace intime d'un personnage face à ses interrogations. Le seul fil conducteur est un autoportrait de Francis Bacon (illus.), support sur lequel les six artistes s'appuient pour se mettre à nu.Via Tadorne. (illus. Francis Bacon, Autoportrait; Skappa, (c) C. Loiseau) Quichotte : triste figure libre
Quichotte, texte Miguel de Cervantès, traduction Aline Schulman, conception Didier Galas Michael Haneke et Mozart
Michael Haneke, le cinéaste autrichien qui a signé notamment La Pianiste, Code inconnu et Caché, s'attaque pour la première fois à une mise en scène d'opéra. Et non des moindres : Don Giovanni, de son compatriote Mozart (illus.). Pour l'instant, très peu de choses ont filtré : aucune photo de répétition sur le site de l'Opéra de Paris, mais il paraît que Haneke situe son propos dans une tour de la Défense, où Zerline et Masetto viennent faire le ménage et vident les poubelles des puissants (Don Juan, Donna Anna, Don Ottavio). Certains sont déjà perplexes. Venir voir pour se faire son propre avis, en tout cas, dès vendredi 27 janvier au soir, à l'Opéra Garnier.
Identités culturelles à PantinPosté par Floriane le 23.01.06 à 18:12 | tags : international
On connaît les colloques rasoir, où ces questions sont posées, sans être vraiment débattues, ou seulement d'un point de vue théorique. Le Centre national de la danse a réussi le véritable tour de force de les évoquer de façon précise et illustrée par des contributions nombreuses et extrêmement variées. Issus de pays, de champs disciplinaires, de générations différents, une quinzaine d'intervenants, "de Bombay à Tokyo", se sont relayés, documents d'archives ou contemporains à l'appui, en évoquant, chacun à leur manière, la façon dont ils envisagent la question de l'identité culturelle et artistique. C'est l'une des rencontres les plus passionnantes mises en œuvre depuis longtemps dans le domaine et qui se prolongera, dans le cadre des activités du CND, jusqu'en fin de saison, avec un focus sur l'Inde en mars et une série de conférences en partenariat avec le Collège international de philosophie. Inde. Traditions et créations : un subtil mélange d'emprunt et de réinvention : projections, conférences, conférences dansées, spectacles, du 1er au 5 mars, au CND. Les danses des autres. De l'inquiétante étrangeté à l'étrangement familier. Lectures d'Antonin Artaud : séminaires organisés par le CND au CIPH, le lundi, du 20 février au 29 mai. A voir à Paris : une expérience de dialogue interculturel : le spectacle Eurydice, de la compagnie Unikaji (illus.), qui rassemble des acteurs et danseurs de différentes nationalités, formés entre autres au kabuki et à l'opéra taiwanais, et accompagnés par un musicien coréen. Tous les lundis à 20h30, au théâtre Le Mery (7 place de Clichy), réservation : 01 45 22 03 06. Pietragalla à Mogador Marie-Claude Pietragalla revient sur scène avec sa propre compagnie, nouvellement fondée, et présente une création intimiste, Souviens-toi, en duo avec Julien Derouault, son compagnon et assistant chorégraphe. Après les polémiques liées à son travail en tant que directrice artistique du Ballet national de Marseille - où plus de 80% des danseurs ont souhaité sa démission, pointant une gestion trop solitaire - la chorégraphe désormais indépendante peut donc présenter une création très personnelle. Souviens-toi, comme un album photo : l'enfance, le couple, les souvenirs sont mis en scène en une succession de tableaux, relayés par des écrans géants qui diffusent parfois des films amateurs montrant les danseurs enfants. Deux êtres qui dansent devant des morceaux de souvenirs, sur une musique de Yann Tiersen et Armand Amar.Au théâtre Mogador, à Paris, du 23 au 27 janvier 2006. (illus. pietragalla.com) Ouramdane à Beaubourg Rachid Ouramdane, un habitué du Centre Pompidou, y présente sa dernière création, Cover, du 25 au 29 janvier. Il a élaboré cette pièce lors de voyages au Brésil, notamment dans le Nordeste, parti pour s'imprégner de la diversité des paysages et des gens rencontrés. Parti aussi pour réfléchir "la figure du "métisse contemporain" non pas comme porteur d'une forme de différence et d'exotisme mais dans sa capacité à créer du lien là où il semble y avoir de la différence". De cette réflexion est né Cover, où les corps peints, leurs mouvements parfois spasmodiques évoquent les racines africaines, les transes des pratiques religieuses. Quand la musique est composée de références à des classiques occidentaux, contribuant à construire cette idée de brassage, à révéler l'approche de métissage culturel tel que Rachid Ouramdane l'a perçu et rapporté du Brésil. (illus. Centre Pompidou, (c) Patrick Imbert) Les Nourritures Novarina (2) : suite du menuPosté par Catherine le 21.01.06 à 10:04 | tags : festival, lavoir moderne parisien, novarina, théâtre
Les Arts Sauts voltigent en Océanie A l'autre bout du globe, c'est l'été, saison des grands festivals australiens et néo-zélandais. Connus pour leur démesure (ils fonctionnent avec de gros budgets), ils proposent des programmations impressionnantes - opéra, théâtre, danse, arts du cirque, musique, littérature, arts visuels -, et c'est tant mieux pour les artistes français. Les Arts Sauts - emblématiques du dynamisme, et du succès, du cirque poétique à la française - en profitent, et s'invitent dans les deux îles : après une résidence à l'Entertainment Centre de Sydney jusqu'au 5 février, ils vont élire domicile à Wellington à l'occasion du New Zealand International Arts Festival. Les virtuoses de la voltige, déjà connus et reconnus aux quatre coins de la planète, y présenteront leur dernière création, Ola Kala ("tout va bien" en grec), du 18 février au 23 mars. Spectacle de trapèze acrobatique, dans lequel même les musiciens sont en l'air, et où le public se donne le vertige allongé dans des transats, sous une bulle blanche géante. De retour dans nos contrées au printemps.(illus. www.sztukaulicy.pl) Ballet Biarritz : au commencement était la danse
Thierry Malandain et sa troupe du Ballet Biarritz font escale outre-Atlantique cet hiver pour sept représentations du spectacle Les Créatures au Joyce Theater de New York. Créé en 2003 à Biarritz, il est né d'un texte de Malandain intitulé Le Chant de étoiles, dans lequel les premiers pas de l'humanité sont guidés par la danse. "Il y eut plusieurs soirs, plusieurs matins, puis un jour, le premier homme naquit danseur. Seul, il tournait sur lui-même, ses bras se tendaient vers nul autre, alors il reçut la femme pour partenaire". Ainsi débutent Les Créatures, sur la musique des Créatures de Prométhée de Beethoven. Le Ballet Biarritz se produit du 31 janvier au 5 février à New York, avant de revenir proposer cette réinterprétation dansée de la Genèse en France à partir du mois d'avril.
(illus. Les Créatures, Ballet Biarritz) Psaumes à la Colline : théâtre et poésie Une comédienne seule sur la scène, seule face à quatorze psaumes attribués à David : c'était hier au Théâtre de la Colline. Comme un chant de David, mis en scène par Claude Régy - qui s'était déjà attaqué à des fragments de la Bible dans Paroles du Sage - est une lecture des psaumes de David, traduits par le poète, linguiste, exégète des écritures sacrées juives Henri Meschonnic. Les psaumes sont lus comme des poèmes, "parce que les traduire a été avant tout un problème poétique". Vieux de 3000 ans, les textes résonnent d'une façon particulière aujourd'hui. On les entend évidemment avec, en tête, les horreurs de l'histoire moderne, et les invocations de David ne trouvent pas de réponse. Pour Claude Régy "l'absence de réponse fait entendre les poèmes de David comme éventrés, entrouverts, rendus à eux-mêmes, écorchés dans le temps d'aujourd'hui". A voir jusqu'au 23 février.(illus. Théâtre de la Colline) Lire aussi notre compte-rendu du spectacle Villette : scènes du dimanche Pour réchauffer l'ambiance des tristes dimanches d'hiver, et sortir la tête de sous la couette, direction la Villette. La cinquième édition de Scènes d'hiver au Cabaret Sauvage s'ouvre ce dimanche 22 janvier dans une atmosphère andalouse. A partir de 15h, petite histoire du flamenco, en musique, et initiation du public aux premiers pas de danse, par une troupe de professionnels. Et à 19h, flamenco côté chant avec un concert de Esperanza Fernandez, interprète charismatique, considérée comme l'une des plus grandes de la nouvelle génération. Le prochain rendez-vous dominical de Scènes d'hiver aura lieu le 12 février, pour un voyage entre l'Afrique et le Brésil. (illus. courtesy esflamenco.com) Orange Mécanique bientôt sur les planches![]() Orange Mécanique, mis en scène par Thierry Harcourt. En première mondiale, au Cirque d'Hiver, à partir du 7 février 2006. MAJ (10/03/06) : Lire notre chronique de Orange mécanique (théâtre) et notre interview de Sagamore Stévenin Les Présidentes : ça bouge au Standard Idéal ! Le Standard idéal, festival européen de la MC 93, a très bien débuté le week-end dernier avec le texte de Werner Schwab Les Présidentes, monté par le jeune metteur en scène allemand Jon Bosse, dont on pouvait apprécier pour la première fois le travail en France. On risque toujours le pire avec les mises en scène de Schwab. Ses textes trouvent leur matériau dans toutes les bassesses, grossièretés et déjections humaines, sur fond d’une histoire autrichienne aux relents nazis non digérés, engoncée dans son hypocrisie catholique. Evidemment, cette plongée par les mots dans les bas-fonds n’a pas forcément besoin d’être redoublée par un jeu outrancier, où se succèdent provocations et transgressions - ce que Jon Bosse a parfaitement compris.Les Présidentes, c’est d’abord l’histoire de trois femmes, Erna, Grete et Marie, la demeurée. Trois femmes paumées, parfois ignobles, souvent stupides. Jon Bosse refuse d’en faire des caricatures, des pantins grossiers que le spectateur laisserait bien aisément à distance. Et elles sont terriblement convaincantes, ces trois comédiennes, dans leur personnage ! Erna, obsédée par son charcutier polonais Wottila et désespérée par son alcoolique de fils ; Grete, que sa fille a fuie, et qui se retrouve seule avec ses rêves de nymphomane ; enfin la petite Marie spécialisée dans le débouchage manuel des toilettes (sans utiliser de gants !). Alors, vous me direz, difficile de ne pas sombrer dans la caricature à partir d’un tel tableau ! Mais justement, toutes trois, pétries de frustrations, à la vie ratée, dégagent une énergie inouïe et ne renoncent jamais à leur increvable désir. La deuxième partie du spectacle est la mise en scène de ces machines à fantasmer qui, envers et contre tout, continuent à produire des rêves et des histoires. C’est troublant et entraînant. Le programme complet du Standard Idéal, c’est ici. Jusqu’à ce soir, on peut voir Drames de Princesses d’Elfriede Jelinek, m.e.s. par Michael Simon. Encore des histoires de femmes… On vous en reparle bientôt ! Dona Rosita : Mignonne, allons voir si la rose...
Spectacle déroutant que cette oeuvre de Fédérico Garcia Lorca mise en scène par Matthias Langhoff aux Amandiers de Nanterre. Démarrage en fanfare pour un premier acte plein d'entrain, de rire, de musique, de jeunesse et de robes froufroutantes, puis un temps qui patine au deuxième acte - le pétard était mouillé -, tandis que le troisième acte n'est que feu, mort et désolation. Le Lavoir Moderne Parisien fête ses 20 ansPosté par Catherine le 13.01.06 à 11:53 | tags : festival, lavoir moderne parisien, novarina, théâtre
La danse bien logée à New York
La danse new-yorkaise se porte bien. En apparence du moins. A New York, les bâtiments abritant des compagnies de danse poussent comme des champignons. C'est ce que constate John Rockwell dans le Herald Tribune, se demandant pourquoi tant de centres se construisent quand la scène new-yorkaise est réputée pauvre. La contradiction semble avoir une explication. Les bâtiments se construisent le plus souvent grâce aux dons de généreux mécènes (plus enclins aux largesses en ces temps d'embellie économique outre-Atlantique), qui préfèrent souvent payer pour de la construction, du concret, du marbre dans lequel ils pourront graver leur nom, plutôt que de laisser des enveloppes à des compagnies qui, de leur point de vue, n'en feraient pas forcément bon usage. C'est comme ça que certaines se retrouvent sans le sou dans de somptueux bâtiments. La scène new-yorkaise n'a pas retrouvé son dynamisme des années 1950-60 du point de vue de la créativité mais, au moins, elle est bien logée. (illus. façade du Alvin Ailey American Dance Theater) Du Rohmer sur les planches On dit souvent de Rohmer qu'il fait du théâtre filmé. Cette fois, il fait du théâtre, tout court.Le Trio en mi bémol, l'unique pièce d'Eric Rohmer, se jouera au Théâtre du Renard, à Paris, à partir du 31 janvier. A lire le thème de la pièce, on soupçonne certaines similitudes avec son oeuvre cinématographique. Deux personnes qui se sont aimées se retrouvent un an après leur séparation. Une peinture des relations homme-femme, où chacun parle beaucoup de soi, pour mieux masquer sa profonde solitude. Un trait d'union entre les deux êtres : la musique, Le trio en mi bémol de Mozart. (illus. courtesy dvdtoile.com) Le Petit Théâtre Baraque à la Fondation Cartier Reçu hier soir ce communiqué sur les Soirées nomades de la Fondation Cartier, au sujet du spectacle Une case provisoire (illus. - je me suis permis de couper) : "Dans un petit chapiteau en forme de tonneau, trente-deux spectateurs surplombent la scène. Pendant 1h15, il se déroule en contrebas un spectacle de chimères, poétique et halluciné. Créé par Branlo et Nigloo, co-fondateurs de Zingaro, Le Petit Théâtre Baraque est à la fois une compagnie et le nom d’un dispositif scénique inédit. Ce chapiteau miniature, cylindrique et vertical, accueille le spectateur dans une petite galerie suspendue au-dessus de l’arène. Il découvre en contrebas un spectacle dans lequel les deux interprètes, accompagnés de leur petite ménagerie, tiennent tous les rôles. Dans un temps distendu, une machine visuelle se met en marche. Corps en anamorphose, pierrots solitaires, bribes de textes interrompus et fragments de musiques composent un tout onirique." Original comme dispositif, non ? Je pense que j'irai... (du 17 au 22 janvier, 20 h, Fondation Cartier) Dostoïevski + Castorf à Chaillot Crime et châtiment de Fédor Dostoïevski (remember? L'étudiant Raskolnikov qui tue sa logeuse à Saint-Pétersbourg, car il n'est pas juste qu'une vieille ratatinée garde tant d'argent alors que la Russie croupit dans la pauvreté - et la confrontation métaphysique qui s'ensuit avec le commissaire Porfire Petrovitch).Adaptation théâtrale par Frank Castorf, le directeur de la Volksbühne de Berlin... C'est à Chaillot, pour trois soirs, à partir d'après-demain. (illus. Crime et Châtiment - photo © Thomas Aurin) Faits d'hiver, danses d'auteur Du 12 janvier au 2 février, c’est l’un des plus sympathiques festivals de danse de Paris, Faits d’hiver - danses d’auteur, qui présente de jeunes chorégraphes et de moins jeunes à redécouvrir, en dépit des modes qui les ont éclipsés. Le caractère enthousiaste et accessible de la manifestation n’empêche évidemment pas la qualité, et chaque édition est l’occasion de belles découvertes. Cette année, quinze compagnies se succèdent sur neuf lieux différents. Les festivités commencent au Regard du Cygne (Paris 20e) avec une création de Fabrice Dugied, au titre alléchant : La déconstruction du LegoTM (du 12 au 14 janvier). Un peu plus tard, on verra l’inénarrable Rosalind Crisp (illus.) et ses « débuts de mouvements » vertigineux (Une pièce de danse, les 27 et 28 janvier au Théâtre du Lierre). Pour finir, ceux qui l’ont manqué jusqu’à présent pourront découvrir le solo chorégraphié par Xavier Lot pour le danseur burkinabé Bienvenue Bazié, qui évoque avec sobriété la rencontre de deux hommes, de deux artistes en recherche, et peut-être de deux continents (Welcome to Bienvenue, les 1er et 2 février à Micadanses). Ne pas manquer également l'atelier et la création de Carlotta Ikeda. Toutes infos et programme complet sur le site du festival.Le 3e Festival Standard idéal, c'est parti ! La 3e édition du Festival Le Standard idéal débute dès ce soir à la MC93, avec trois représentations de Die Präsidentinnen de Werner Schab mis en scène par Jan Bosse. Cette année encore, ce festival volontiers est-européen (il donne l'occasion de voir en France les créations de la Volskbühne de Berlin ou de la cie Krétakör du metteur en scène hongrois Arpad Schilling) s'intéresse aux multiples formes de l'expression théatrale en Europe."Tchekhov, Shakespeare, Pirandello, Strindberg, Brecht, Ibsen, Molnár, Molière, Büchner, Horváth, Lorca, le théâtre est une culture commune." En affichant un crédo à la fois historique et résolument contemporain. Deux jeunes metteurs en scène - dont Michael Simon qui monte une pièce d'Elfriede Jelinek du 14 et 16 - remplacent Franck Castrof (itw, 2004) qui présentera Crimes et Châtiments aux mêmes dates à Chaillot. On retrouvera cependant avec plaisir le tour de cabaret poétique de Meret Becker, et surtout la troupe de comédiens d'Arpad Shilling qui cette année jouent La Mouette du 20 au 29 janvier (illus. © Matyas Erdély). Programme complet ici. Nota : Fluctuat.net avait été partenaire de la première édition (voir le mini-site ; lire les chroniques). Qui organisera le festival d'Avignon off en 2006 ?Haro sur la refondation ? On avait vu apparaître l'Alfa (association des lieux et festival d'Avignon) l'été dernier en ligne, sans trop comprendre la portée de cette nouvelle asssociation dans la géographie festivalière du Avignon Off. Le festival était organisé depuis sa céation par l'asssociation APO, pour Avignon Public OFF, dirigée par Alain Léonard. Depuis qu'il en a quitté la direction, les acronymes et les stuctures se sont multipliés. APO donc, ALFA, et plus récemment ARTO. Comment ça, des guerres pycrocolynes dans l'enceinte de la cité des Papes ? APO en a quand même déménagé cet hiver (depuis le 28 décembre dernier, l'association siège en effet à l'année en Avignon). Bref, c'était à y perdre son latin de festivaliers. Question donc : qui organise le festival d'Avignon off en 2006 ? A qui s'adresser demain pour avoir le programme ou réserver des places ? Heureusement, un papier dans Libé fait le point. Hip Hop à Suresnes
Du 6 au 31 janvier 2006 se tient la 14e édition du festival Suresnes Cités Danse, au Théâtre Jean Vilar. Au programme cette année : 9 chorégraphes, 50 danseurs, 4 créations, 30 représentations, avec une place particulière pour les artistes issus du hip hop. Avec, notamment, les compagnies Accrorap et Trafic de Styles, les chorégraphes Gang Peng, Georges Momboye, Storm, ou les Pokemon Crew. Des danseurs virtuoses s'affrontent, abordent toutes les facettes du genre hip hop (smurf, lokin', break, pass-pass...), et explorent parfois le mélange des genres. Gang Peng, par exemple, présente une création de danse hip hop sur des suites de Bach. "Comment le caractère intemporel de cette musique mettra-t-il en jeu et en lumière une danse de notre temps, jeune et dynamique ?" La question est posée...
Paco Dècina au Théâtre de la Cité Internationale (illus. Neti Neti, 2000) Chaleur et poésie à Calais Pour leur quatrième édition, les Feux d'hiver mis en oeuvre par Le Channel à Calais, avaient résolument opté pour la poésie et la chaleur, sous les flocons qui saluaient la fin de l'année 2005.Les Abattoirs, où la scène nationale a élu domicile, vivaient leurs dernières heures d'activité avant le grand relookage qui verra leur transformation (réouverture prévue mi 2007), mais c'est la joie d'être ensemble qui prévalait . Une fois encore, la compagnie Carabosse embrasait l'atmosphère grâce à ses drôles de machines chauffantes (braseros sculptés, bancs métalliques tiédis par système hydraulique, ampoules et pots à feu scintillants). Un peu plus loin, c'est sous des tentes décorées que se déployaient les Pavillons des merveilles et le manège de la Bible des simples de l'artiste italien Antonio Catalano. Ses Univers sensibles, il les dévoile depuis plusieurs années, au sein d'un bric-à-brac poétique proche de l'art brut : lucioles au cœur battant, lits songeurs, musée des nuages ou des flocons … Un univers de rêve et de douceur pour les grands comme pour les petits. Même public large et même émerveillement face à Ambrossia, prouesses amusées de Pep Bou, le sculpteur de bulles de savon dont l'inventivité ne tarit décidément pas. Pèche enflammée, enfin, avec La Panika, orchestre hybride, composé de Belges, de Français et de Bulgares "pur jus", qui flirtent avec les musiques "de là-bas" et savent, avec énergie et respect profond pour cette musique populaire, mettre une ambiance toute en nuances. Une belle fin d'année, vraiment, à Calais, aux Abattoirs du moins, car dans le reste de la ville, il faisait froid, très froid pour les sans papiers en exil. Regarder des photos des Feux d'hiver sur le site de Dragos Spiteru Ecouter La Panika sur le site Tire-Laine/spectacles/La fanfare Panika Pascal Dusapin à Berlin![]() Faustus, the last night, le dernier opéra du compositeur contemporain français Pascal Dusapin, se jouera en première mondiale au Staatsoper de Berlin, l'opéra mythique de l'ancienne RDA, le 21 janvier prochain. (illus. photo de répétition, courtesy (c) Bettina Latscha) Act French : la France joue à New York C'est déjà fini, mais ça vaut le coup d'être mentionné, même a posteriori. "Act French : a season of new theatre from France" est un festival de théâtre contemporain français qui s'est tenu à New York du 15 juillet au 15 décembre dernier. Impulsé par les services culturels de l'ambassade de France à New York et par l'AFAA, l'événement avait des visées promotionnelles bien sûr, ce qui ne peut pas nuire, et des intentionsdu point de vue du dialogue entre les cultures. Il s'agissait en gros de faire découvrir aux Américains cette tradition française qui "interroge le politique, le social, le psychologique à travers l'art", en condensant plusieurs saisons parisiennes en quelques mois. Des dizaines de représentations, de lectures, du Dernier Caravansérail (Le Théâtre du Soleil, Ariane Mnouchkine) à des oeuvres plus confidentielles, ont été offertes en pâture aux New Yorkais. Le site, toujours en ligne, est très bien fait ; on y trouve plein d'infos sur les oeuvres, les auteurs, les metteurs en scène, les comédiens. A croire qu'il fallait tomber là-dessus pour mieux faire connaissance avec la scène théâtrale française... qui, semble-t-il, au vu de ce panorama, se porte bien. (illus. La démangeaison des ailes, de Philippe Quesne) Jan Fabre : vu à la webtvLe spectateur payant peut-il avoir raison contre l'intention artistique d'un metteur en scène ? Troudair en avait émis l'idée - pour la réfuter - sur le blog Aeiou, en réponse à la "déception" publique qui s'est exprimée ici suite à la comédie musicale Voyage au centre de la terre. La "colère" des spectateurs du stade de France peut-elle être préjudiciable à la prise de risque que représente toute création contemporaine ? Or, voici peut-être l'occasion de revenir sur le débat avignonnais qui avait problématisé cet été la question du spectacle contemporain et de son (ses) public(s)... L'oc.tv.net consacre en décembre un reportage-entretien de 11 minutes à Jan Fabre (réalisation : Laetitia Martinez et Cédric Batifoulier), qui évoque L'histoire des larmes à l'occasion de sa présentation au TNT de Toulouse. La pièce avait été accueillie avec beaucoup de réserve par de nombreux spectateurs et critiques présents lors de sa création au dernier festival d'Avignon (le blog Saisons compris). Ce que ne manque pas de rappeler OC-TV : "Pour ceux qui ont entendus parler de l’affaire du scandale du festival d’Avignon avec le lynchage de la pièce de jan Fabre L’histoire des larmes, vous aurez après ce reportage un bel exemple du ridicule et du manque de véritable sens critique dont peuvent parfois faire preuve les médias parisiens." Un entretien pour mettre fin à la polémique ? Pas sûr... Le fait est que la pièce, présentée les 1, 2 et 3 décembre au TNT, avait continué à recevoir des avis mitigés, notamment sur Saisons. Allez, critiques et spectacteurs, encore un effort...
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