Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.

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La tradition comme clé de la création (2)

Posté par Floriane le 28.02.06 à 15:45 | tags : lierre, théâtre
Les spectacles présentés dans le cadre du Festival de l’Imaginaire aident le spectateur hexagonal à relativiser sa vision des arts de la scène. Démarche apparentée, pourrait-on dire, à celle du Théâtre du Lierre où Farid Paya, avec patience et constance, a su créer un art du jeu et de la représentation en lien direct avec les formes les plus traditionnelles tout en les réinventant. A l’occasion de la reprise actuelle de Gilgamesh, on ne peut, une fois de plus, que se laisser prendre par la magie (il n’y a pas d’autre terme) d’une partition chorale extrêmement intelligente, rappelant (pour ceux qui l’auraient oublié) que la plupart des formes théâtrales, à l’origine, comme aujourd’hui dans certains coins du globe, mêlent intimement texte, musique et danse. L’épopée mésopotamienne se prête forcément à ce jeu d’évocation dont l’épure scénique : un plateau quasi nu, quelques accessoires, mais surtout des comédiens chanteurs polyvalents, rappelle que pour « faire théâtre », un rien suffit, pourvu qu’il y ait de l’inventivité et du talent.
A voir également, dans le foyer du théâtre, une très jolie exposition de calligraphies de Hassan Massoudy, illustrant les personnages de l’épopée représentée avec trois traits de plume mais quelle élégance ! Et là aussi, on se dit qu’il suffit d’un peu d’encre pour que se mettent à danser et à prendre chair les archétypes les plus fondamentaux, par la magie du calligraphe.
L'Epopée de Gigamesh, au Théâtre du Lierre (01 45 86 55 83), jusqu'au 26 mars.



La tradition comme clé de la création

Posté par Floriane le 28.02.06 à 15:22 | tags : festival, international
Les danseurs contemporains indonésiens apprennent les danses de cour de Solo (Indonésie), remontant pour les plus anciennes, au XVIIIe siècle. Ils y puisent ce que les danseurs occidentaux peuvent trouver dans la discipline du ballet classique. Hiératique, raffiné, symbolique ou métaphorique, ne sont que quelques uns des qualificatifs pouvant évoquer cet art ancestral, présenté lors du lancement du festival de l’Imaginaire à la Maison des Cultures du Monde. Exotique, étrange, dérangeant, diront certains autres, face à ces formes d’expression différentes par leur éloignement géographique. Ce qui fait la richesse de cet art traditionnel, c’est qu’il ne cesse de produire de nouvelles pièces, se maintenant vivant dans une société bien éloignée de celle qui l’a vu naître.
Jusqu’au 9 avril, le Festival de l’Imaginaire (01 45 44 72 30) offre aux Parisiens la chance unique de pouvoir « voyager dans un fauteuil » et de rencontrer ces cultures ancestrales et néanmoins toujours vivaces, venues des quatre coins du globe.







Collectif AOC : la maturité d’un bon cru

Posté par Floriane le 28.02.06 à 15:20 | tags : cirque, parc de la villette
En 2000, Vita Nova, le spectacle de sortie de la promotion du Centre National des Arts du Cirque dont sont issus les artistes du Collectif AOC, avait marqué surtout par son traitement scénographique des agrès. La Syncope du 7, le premier spectacle de la jeune troupe, avait ébloui par son intégration intelligente des disciplines circassiennes, mâtinées de percussion, au cœur d’un dispositif scénique original, comme déployant les possibles.
Leur nouvelle création, Question de directions, marque un retour à un plateau plus traditionnellement circulaire. Mais ses trappes et ses astuces permettent à la jeune compagnie de déjouer les attentes et de produire quelques très jolies images, à l’instar de cette pluie inversée de quilles dans une lumière bleutée. Pas d’énorme prouesse à la chinoise ou à la russe, certes, dans cette démonstration de « coolitude » teintée d’humour et d’une sacrée dose d’efficacité technique (quand même), qui a l’élégance de ne pas s’afficher triomphante. La collaboration chorégraphique de Rebecca Murgi n’y est sans doute pas étrangère, tout comme la pleine possession d’un programme créé l’an dernier déjà. Fluidité des mouvements libérés, humour sans lourdeur, au plus proche des interprètes, inventivité dans les postures, une fois passé le premier quart d’heure de chorus dansé presque obligatoire … Bref, une heureuse surprise, un pur plaisir partagé avec cette équipe (encore) jeune mais déjà tellement mûre !
Collectif AOC, Question de directions au Parc de la Villette, jusqu'au 9 avril 2006.
(illus. (c) Olivier Chambrial)



Un acteur, un piano : Le Naufragé de Thomas Bernhard

Posté par Floriane le 28.02.06 à 15:14 | tags : petit montparnasse, théâtre
Novecento ? Barrico ? L’océan ? Le tournant du siècle ? Eh bien, non. La ressemblance est tentante, peut-être même périlleuse, mais le Théâtre en partance a choisi le texte de Thomas Bernhard, Le Naufragé, et une scénographie a priori discrète pour évoquer la figure toujours énigmatique de Glenn Gould. L’équipe, il est vrai, semble experte en la matière ; un précédent spectacle s’intitulait Le Naufrage du Titanic. Prémonitoire ?
Toujours est-il que cette compagnie, qui réussit son implantation (souhaitée) en Basse-Normandie, a choisi Paris et le Petit Montparnasse pour présenter sa dernière création, à peine sortie de l’atelier. C’était risqué, sans doute, mais pas téméraire, vu le nombre de spectateurs présents chaque soir dans la salle. L’unique interprète, Samir Siad, ramait un peu, lors des premières, à contre-rythme des Variations Goldberg qui venaient ponctuer le récit de ce narrateur par trop énigmatique dont la seule survie dépendait, semble-t-il, du passage en force que tentait d’imposer l’acteur.
Au fil du temps, sans doute, le jeu s’affinera, le comédien prendra confiance et percera, souhaitons-le, le secret de l’équilibre, si particulier, que Glenn Gould, l’inoubliable interprète de Bach, avait su opérer entre une présence indiscutable et une délicatesse infinie.
Au Petit Montparnasse, jusqu'au 31 mars, du jeudi au samedi à 19 heures.



Bartleby ! Ah l’humanité !

Posté par JdF le 28.02.06 à 11:14 | tags : chaudron, théâtre
Singulier récit que Bartleby d’Herman Melville : un homme de loi du quartier des affaires de New York raconte l'arrivée dans son étude d'un clerc nommé Bartleby, son étrangeté, son refus obstiné de se livrer à certaines tâches, refus qui finit par s'étendre à toute l'action, y compris celle de vivre.
Se référant aux mots sur lesquels se clôt la nouvelle: « Ah Bartleby ! Ah l’humanité ! » Stéphanie Chévara constate : "Melville ne parle pas d’humanité. C’est pour cela que j’ai choisi d’adapter et de porter à la scène cette nouvelle aussi célèbre que sidérante". Son spectacle est repris pour quelques dates jusqu'à la fin du mois de mars. Occasion de se (re)plonger dans l'étrangeté melvillienne.
Bartleby le scribe d’Herman Melville, adaptation et mise en scène Stéphanie Chévara, le 28 février à 20h30 et le 4 mars à 18h30 au Centre des Bords de Marne, les dimanches 12, 19 et 26 mars à 15h30 au Théâtre du Chaudron.



Valère Novarina : L'Espace furieux à la Comédie Française

Posté par fluctuat.net le 27.02.06 à 16:17
Valère Novarina, on l'aime un peu, beaucoup, énormément. Depuis plus de 20 ans, on apprécie son oeuvre gloutonnement, passionnément. Pour qui a vu par exemple L'Opérette imaginaire, qui a tourné pendant près de 2 ans et a bénéficié d'une reprise exceptionnelle aux Bouffes du Nord, ses gestes verbales et gestuelles sont toujours un événement. Cette saison, l'auteur profite d'une double actualité avec à la fois une festival complet, les Nourritures Novarina au Lavoir moderne parisien, et une entrée au répertoire de la Comédie française.


Nous avons vu L'Espace furieux, interprété à la fois par ses fidèles comédiens (illus. ici Daniel Znyk et le musicien Christian Paccoud, à l'accordéon) et par des permanents du Français, et le moins que l'on puisse dire est que le verbe incantatoire de Novarina nous a essoufflé. Une structure narrative immuable, une source intarissable de mots et de noms, et une seconde partie qui paraît interminable au point de plonger nos deux critiques dans une profonde léthargie. Elles étaient volontaires et parfaitement néophytes de l’œuvre, si bien qu’elles ne peuvent même pas avoir comme prétexte d’« indigérer » ce qu’elles auraient trop goûté. Dès lors, il nous est apparu que la meilleure manière d’en rendre compte était le pastiche. Attention, pléthore, pythie, parole, pantomime, nom, prénom, et verbe à satiété. Et vous, qu’en avez-vous pensé ?
(photo courtesy Comédie française DR)




Italie chérie...

Posté par JdF le 25.02.06 à 22:11 | tags : athénée, théâtre
Le Théâtre de l'Athénée met l'Italie à l'honneur en présentant trois spectacles : une pièce italienne jouée par une troupe italienne (Sabato, domenica e lunedi), une pièce italienne jouée par une compagnie française (Filumena Marturano) et une pièce de Beckett mise en scène par Giorgio Strehler... Eh oui Strehler, vous avez bien lu. "Mais il est mort !" Telle est la première pensée qui vous a traversé l'esprit. Certes. Mais ses mises en scène lui survivent, telle celle-ci : Oh les beaux jours (en Italien, Giorni Felici), que Carlo Battistoni a repris.
Les deux premières pièces sont d'Eduardo de Fillipo, peintre de la vie populaire napolitaine. Sabato, domenica et lunedi est centrée sur une réunion de famille, au cours de laquelle le mari accuse sa femme (Anna Bonaiuto, photo) de le tromper avec son voisin. S'ensuivent moult explications au cours desquelles l'épouse (fidèle, en réalité) fait éclater la rage qui l'habite d'avoir sacrifié son existence à la tenue d'un foyer, sans en avoir retiré un gramme de reconnaissance. La réconciliation générale n'empêche pas de laisser tenace l'étouffement qu'induit le modèle familial traditionnel.
Dans Filumena Marturano aussi, ce sont les liens familiaux qui constituent l'enjeu principal, puisque Filumena révèle à celui qu'elle vient d'épouser qu'elle a trois enfants dont un est de lui. Lequel ? Elle n'entend pas le lui révéler.
De Filippo interroge les structures qui fondaient la société traditionnelle et pèsent encore sur l'Italie contemporaine. Cela, confronté à l'intemporalité recherchée par Beckett, forme un étrange contraste, mais un beau programme.



Benno Besson : passage du témoin

Posté par JdF le 24.02.06 à 12:21
Benno Besson est mort hier à Berlin, à l'âge de 83 ans. Acteur et
metteur en scène d'origine suisse, il avait commencé sa carrière en
France.

C'est, en effet, Jean-Marie Serreau qui, montant la première adaptation française d'une pièce de Brecht après-guerre, L'Exception et la règle,
en 1947, l'avait initié à l'œuvre et la pratique brechtienne. Besson
avait ensuite rejoint le Berliner Ensemble où il travaille jusqu'à la
mort de Brecht.

Il passe ensuite du Deutsche Theater à la Volsbühne, qu'il dirige en
s'entourant de Manfred Karge, Matthias Langhof et Heiner Müller.

Resté un proche de la famille Serreau au point d'épouser, dans les
années 1970, la jeune Coline qui joua dans les spectacles de son mari
(jusqu'au Cercle de craie caucasien en 2001) et devint par ailleurs la cinéaste que l'on sait.

C'est aussi le moment où Benno Besson quitte l'Allemagne de l'Est et
montre ses spectacles dans toutes les grandes villes européennes.
Spectacles empreints d'un brechtisme joyeux, satirique (mais n'est-ce
pas un pléonasme ?), voire burlesque, ils laissent un souvenir marquant. Il faut espérer que les vivants sauront s'en inspirer, comme lui même avait bâti son œuvre à partir de l'expérience brechtienne.



Katherine Barker : que faire du tragique ?

Posté par JdF le 23.02.06 à 13:00 | tags : la ville/abbesses, théâtre
"Katherine Barker a existé. Sous le nom de “Ma Kate Barker, la mère du crime”, elle fait partie des criminels célèbres du XXe siècle. Pour écrire sa pièce, Jean Audureau s’est inspiré du fait divers qu’il a découvert sous forme de bande dessinée dans France-Soir. Mais il prend ses distances avec la fable “policière” pour créer une tragédie contemporaine". Voilà ce que l'on peut lire sur certains programmes du spectacle. Après l'avoir vu, on se dit que l'auteur aurait sans doute mieux fait de s'en tenir à l'intrigue policière, car en fait de tragédie contemporaine, et comme c'est hélas souvent le cas dans ce type de procès, l'auteur convoque les poncifs et fait durer sa tragédie de longues heures (alors que, faut-il le rappeler ?, les tragédies classiques se jouaient en une heure trente et les auteurs antiques concentraient leur propos en ce qui tient aujourd'hui en quelques pages). Que passa ? Est-on aujourd'hui en mesure de redéfinir les mythes fondateurs de notre civilisation ? Ce disant, pose-t-on même une question pertinente ? Pas sûr... Finalement, c'est peut-être la dérision plus que la pesanteur, telle qu'on la voit à l'œuvre dans ce spectacle, qui serait mieux à même de représenter notre contemporanéité.
Katherine Barker, de Jean Audureau, mis en scène par Serge Tranvouez, au Théâtre de la Ville, à Paris, jusqu'au 12 mars.




Danse à la ferme

Posté par JdF le 22.02.06 à 15:08 | tags : danse, ferme du buisson
On danse ce week-end à La Ferme du Buisson : Mathilde Monnier et Philippe Katerine collaborent pour présenter un spectacle hybride où se mêlent leurs visions décalées du concert et de la danse. Le chorégraphe berlinois Felix Ruckert fait représenter par ses danseurs une histoire du Christ dans un "Messiah game" dont le programme promet qu'il ne sera pas mystique. Fabrice Lambert propose un "abécédaire" dansé, tandis que Dominique Boivin, Käfig (hip-hop) et la chorégraphe et danseuse brésilienne Lia Rodrigues adaptent des Fables de La Fontaine. En plus, on nous promet des chorégraphies électroluminescentes par la Compagnie Res publica - lab et bien d'autres joyeusetés.
Week-end danse à La Ferme du Buisson, les 24, 25 et 26 mars.



Centre Wallon-Bruxelles : nouveau site web

Posté par fluctuat.net le 22.02.06 à 11:29 | tags : théâtre, web

Bienvenue en wallonie bruxellesSitué juste en face du Centre Pompidou, en vis-à-vis du parvis de Beaubourg, le centre Wallonie Bruxelles jouit d'un emplacement idéal à Paris, et offre surtout aux Parisiens une vue imprenable  sur la vitalité de la scène artistique francophone. Je lisais d'ailleurs ce week-end un papier de l'Hebdo suisse (in le Courier international) qui recensait une liste impressionnante d'auteurs, d'acteurs et d'artistes fancophones belge, impressionnante ... pour un "petit pays". Citons pour aller vite Magritte, Jacques Brel, Arno, Natacha Régnier, Cécile de France, Benoit Poelvoorde, Jackie Berroyer (?), Jan Fabre...

Quel n'était pas mon plaisir alors d'apprendre que le centre Wallonie-Bruxelles annonçait cette semaine une nouvelle version de son site internet. O stupeur ! En flash, le site a été réalisé par l'agence watoo qui a déjà en Région parisienne conçu les sites du théâtre de la Bastille (www), du festivals Paris Quartiers d'été (www), ou plus récemment du Théâtre de la Cité Internationale (www) . Non que la qualité du graphisme ou des contenus soit en cause, mais ce nouveau site présente du coup comme un air de déjà vu.Vous voyez ce que je veux dire ? Qu'à cela ne tienne. Nouveau site, nouvelle newsletter, la communication web du centre artistique wallon à Paris prend un nouveau virage. Et c'est tant mieux.         




Alain Platel : Vsprs à Paris

Posté par fluctuat.net le 22.02.06 à 10:22 | tags : danse, la ville/châtelet

Photo DRVsprs, dernière création d’Alain Platel, réunit sur scène neuf musiciens, une chanteuse, et dix danseurs pour un opéra contemporain dansé sur une musique de Claudio Monteverdi. Le spectacle au théâtre de la Ville étant complet, c'est Marion qui nous a fait le plaisir de nous envoyer ce billet de spectatrice avertie. Compte-rendu :
"Les musiciens se sont emparés de ces partitions baroques pour les interpréter avec des accents tziganes et jazz, étonnant mélange d’influences qui insuffle au spectacle une énergie décalée. Tandis que la contrebasse, la batterie et le saxophone réinventent Les Vêpres de la vierge, les chants grégoriens s’élèvent. En solos, duos, voire duels, les danseurs, aux personnalités marquées (influences hip hop, tendances contorsionnistes), s’entrecroisent sur la scène, semblant parfois perdre le contrôle de leurs corps, avec tremblements et convulsions comme mouvements leitmotiv. Le chorégraphe s’est en effet inspiré de films de patients internés en hôpital psychiatrique.
Les gestes répétitifs propres à la folie rythment le spectacle et mènent les interprètes à une communion extatique. Parfois, ils se perchent et se pendent au décor, montagne de linges blancs, iceberg dont le sommet n’est autre qu’une seconde scène où se poursuit le spectacle des différences et le chemin vers la transe. Ces corps sont à la fois fascinants et épuisants : l’investissement intense des interprètes n’est pas sans retentissement sensible chez le spectateur. C’est donc aussi une expérience corporelle (celle de la « surdose » de mouvements convulsifs et d’images issues de l’aliénation) que Platel nous fait traverser. Avec la puissance qui le caractérise." (Vsprs, D'Alain Platel. Ballets C de la B. au théâtre de la Ville jusqu'au 25 février - illus. DR)

Merci Marion !



Jackie Berroyer : il est bête, il est méchant

Posté par JdF le 20.02.06 à 15:47 | tags : théâtre
Jackie Berroyer n'est pas un sex-symbol ? Voir... Dans Ma Vie de jolie fille, spectacle mi-parlé, mi-chanté (s'il chante mal, Berroyer se vante de savoir jouer du blues et il le prouve) il évoque, comme ce titre le suggère, ses succès auprès du sexe opposé et particulièrement auprès des jeunes personnes, émoustillées par la célébrité du bonhomme (deux ans de météo, ça compte !). Quand Berroyer parle des jeunes femmes, il ne parle pas des trentenaires (que des hommes de son âge sortent avec des femmes de trente, trente-deux ans, cela le sidère : "d'où leur vient tant de résignation ?").
Il relate quelques uns de ses ébats : le sexe, c'est toujours vendeur, thématique du Pornographe de Brassens qu'il développe à sa manière. En charentaises, devant une table de conférencier, avec une maladresse fort bien maîtrisée, Berroyer manie le calembour et le coq à l'âne. Il se juche sur un tabouret, guitare rock en mains, pour pousser la chansonnette. Comme le proclamait le slogan d'Hara Kiri, dont Berroyer fut un collaborateur assidu, le spectacle, il est bête, il est méchant, et c'est pour ça qu'on l'aime.
Ma Vie de jolie fille, de et par Jackie Berroyer, avec la collaboration de Brice Delage, au Théâtre le Temple, jusqu'au 26 mars.



Mozart et le modèle classique

Posté par Van le 20.02.06 à 13:32 | tags : mozart
La Cité de la musique propose un cycle de concerts, "Le modèle classique", réunissant des classiques du répertoire et des oeuvres d'aujourd'hui qui leur font écho. Parmi ces classiques, une oeuvre de Mozart, bien sûr, mais une oeuvre rare. Der Schauspieldirektor (Le Directeur de théâtre), une "comédie avec musique", commandée par l'empereur austro-hongrois Joseph II, qui a pour objet la pratique du théâtre lyrique. Une oeuvre qui s'interroge elle-même, donc, pour inaugurer ce cycle musical et de réflexion sur ce que l'on appelle aujourd'hui la musique classique, et son destin moderne.
Der Schauspieldirektor
, interprété par l'Orchestre du Conservatoire, sous la direction de Laurence Equilbey (directrice du choeur Accentus), mis en scène par Claude Buchvald, les 21, 23 et 25 février 2006.
(illus. Affiche de représentations de Der Schauspieldirektor à Berlin en 2000)



Après la catastrophe

Posté par JdF le 18.02.06 à 14:28 | tags : festival d'avignon 2005, théâtre
rambert.jpgAprès avoir suscité quelques remous lors de sa présentation au Festival d'Avignon, After/Before se joue actuellement au Théâtre de Gennevilliers. Le spectacle de Pascal Rambert, soutenu par les magazines, type Mouvement, villipendé sur le blog de Tadorne, utilise des extraits d'interwiews filmés dans les quels quelques quidam,
anonymes ou nommés Christine Angot ou Olivier Py, répondent à la
question de savoir ce qu'ils souhaiteraint conserver de ce monde-ci
après qu'une hypothétique catastrophe l'ait réduit à néant.

Jusqu'au 26 février au Théâtre de Gennevilliers, du 8 au 11 mars à la Comédie de Caen.



Les nourritures Novarina (3) : suite du menu

Posté par Catherine le 17.02.06 à 10:34 | tags : festival, lavoir moderne parisien, novarina, théâtre

Vous_qui_habitez_le_temps.jpgDémarré début janvier, le festival Les Nourritures Novarina n'a plus qu'une semaine à vivre. Le temps de goûter à Pour Louis de Funès (tout est dans le titre !) jusqu'à dimanche et de se laisser aller à un dernier Vous qui habitez le temps jusqu'au 24 février.
N'ayant pas peur de l'indigestion novarinenne, j'ai testé pour vous hier soir ce dernier spectacle. Nicolas Goussef a eu la belle idée, avec sa compagnie Théâtre Qui, de mettre à égalité sur le plateau des comédiens et des marionnettes à gaine. Les uns manipulent les autres autant que le contraire, selon l'idée du "corps castelet". Et la rencontre entre ce procédé et le texte Novarina est souvent troublante. Imaginez un petit être au visage creu au bout d'un bras dire à ses camarades "interrogeons nos corps et demandons-leur pendant qu'ils pensent s'ils sont bien ceux qui nous portent pour vivre". Waouh. Et le spectacle, dans un rythme agréablement lent, alterne les instants fabuleux comme celui-ci, avec d'autres moments moins captivants où la logorrhée de Novarina lasse tout simplement. Ou peut-être est-ce la langue de Novarina qui, accommodée à la sauce festival, finit par devenir parfois écoeurante...

Vous qui habitez le temps
Compagnie Théâtre Qui, mise en scène Nicolas Gousseff
au Lavoir Moderne Parisien jusqu'au 24 février à 21 h




British dance

Posté par Van le 16.02.06 à 13:38 | tags : danse

British Dance Edition, biennale de danse qui se tient chaque fois dans une ville anglaise différente, est l'occasion pour les compagnies de montrer leurs derniers travaux à des professionnels, parfois aussi au grand public, de se faire connaître ou reconnaître. L'édition 2006 s'est tenue à Leeds, dans le nord de l'Angleterre, du 9 au 11 février derniers. Il s'agit, en quelque sorte, d'un condensé du meilleur de la scène britannique : en trois jours, une trentaine de compagnies présentent leurs créations sur scène. Cette année, il y en avait pour tous les goûts, sauf peut-être pour les amateurs de ballet classique, presque inexistant dans la programmation.
(illus. balletLorent, la nuit intime ; Probe, Fever to tell ; Phoenix Dance Theatre, See blue through)



Un petit chaperon rouge à Torcy

Posté par JdF le 16.02.06 à 11:14 | tags : ferme du buisson, théâtre
chaperon_2.jpgLa Ferme du Buisson présente mardi 21 février, à 19h, à l'Espace Lino Ventura de Torcy, Le Petit Chaperon rouge, adapté et mis en scène par Joël Pommerat, qui donne du conte de Perrault une version contemporaine.
Son spectacle est nourri par une réflexion menée sur les relations filiales, liant trois générations de femmes : la mère, la mère-grand et le petit chaperon rouge. A partir de six ans.



Thatcher en chansons

Posté par Van le 15.02.06 à 12:54 | tags : comédie musicale, danse, musique sur scène, théâtre
Quinze ans après avoir disparu de la scène politique, la Dame de fer n'a pas fini de hanter l'imaginaire des Britanniques. La compagnie Foursight, en co-production avec le Warwick Arts Centre, a monté une comédie musicale sur la vie de Maggie. Thatcher, the musical est joué par 10 femmes, autant de Margaret déclinées sur scène, qui chantent et dansent l'ascension et la chute de l'ex premier ministre. L'occasion de se remettre en mémoire ses "bons" mots, et ces petits détails qui la caractérisaient. Comme son fameux sac à main, qu'elle ne quittait jamais, sur quoi s'ouvre le spectacle. Se voulant irrévérencieuse, cette création est surtout symptomatique des traces laissées par Mrs T. dans l'inconscient collectif outre-Manche.



Mozart se décline en Europe

Posté par Van le 15.02.06 à 10:47 | tags : mozart, opéra

Così fan tutte, c'était cette fois à l'Opéra de Montpellier, sous la direction de Dirk Kaftan (orchestre du Theater Dortmund).



Médée, les pierres et les astres

Posté par JdF le 14.02.06 à 12:29 | tags : des planches et des livres, théâtre
m__d__e_web2.jpgChacun connaît la très horrifique histoire de Médée qui avait trahi son père et les siens pour suivre Jason et le seconder dans l'accomplissement des épreuves que lui a imposées la conquête de la Toison d'or. Euripide, Corneille, puis, hélas Anouilh ont porté à la scène le moment tragique où Médée, par ruse, provoque la mort de Créuse, la nouvelle épouse de l'infidèle Jason, et assassine ses propres enfants.
Les éditions Warum publient ce mois ci Médée, de Mélanie Berger, un Médée nouveau, un Médée étonnant, un Médée illustré ; normal, me direz-vous puisque Warum est une édition de B.D.
Dans ce Médée-là donc, c'est l'image qui domine. Les dessins crayonnés composent des figures étranges qui évoquent un monde cauchemardesque et intergalactique, l'humanité est représentée par des figures humaines lilliputiennes qui sont comme écrasées par ces masses et emportées par ces flux. Le texte, c'est-à-dire les répliques que s'échangent Jason et Médée, font contrepoint à cet univers plastique : la folie meurtrière de Médée, comme tout topos tragique, est bien le point de contact entre une trajectoire individuelle et les forces qui parcourent le cosmos.

Médée de Mélanie Berger, éditions Warum, 12 euros.
Lire aussi le fil BD sur Mille feuilles.



Edouard Baer : Doudou et sa troupe à la Cigale

Posté par fluctuat.net le 13.02.06 à 17:03 | tags : cabaret musical, musique sur scène

Edouard baer et son double, Luigi

Entouré de 26 comédiens, circassiens, musiciens et un montreur d'ours (en peluche), celui que ses fans appelent du sympathique sobriquet de Doudou est à la Cigale jusqu'au 26 février. Le spectacle loufoque est intitulé La folle et véritable vie de Luigi Prizzoti. On n'en pense que du bien ..... Pom Pom Pidou. Compte-rendu détaillé et avis critique à lire ICI. (illus. Anne Rehbinder)      




Les psaumes selon Claude Régy

Posté par JdF le 13.02.06 à 11:02 | tags : colline, théâtre
Valérie Dréville dans Les Psaumes de David - courtesy Théâtre de la Colline
Comme tous les spectacles de Claude Régy, Comme un chant de David laisse perplexe un certain nombre de spectateurs. Il faut dire que celui-là est particulièrement "régien", si vous me permettez le néologisme : un espace quadrifrontal, un puit de pénombre au centre et Valérie Dréville (photo) qui scande, selon la diction propre à la poétique "régienne", les Psaumes de David, traduits par Henri Meschonnic. La particularité de cet espace et de la manière dont il est éclairé aboutit à ce phénomène paradoxal : plus l'actrice s'approche du spectateur, moins elle en est visible.
Métaphore du fidèle en quête de la présence insaisissable du divin, ce phénomène renvoie à l'étrange rapport que Claude Régy entretient avec la théâtralité, rapport qui induit cette capacité à donner un maximum d'effet (le metteur en scène n'apprécierait sans doute pas le terme) avec des moyens minima en apparence. Aucun metteur en scène ne partage avec lui cette haine iconoclaste de la théâtralité, et aucun, sans doute, n'a une telle conscience de ses potentialités sur le spectateur. Comme un chant de David marque le franchissement d'une étape dans l'entreprise menée par Claude Régy de sacralisation du verbe.



Pour les amateurs de trash chic

Posté par JdF le 12.02.06 à 12:08 | tags : danse, théâtre
jean_luc_verna.jpgToujours autour du spectacle de Gisèle Vienne (c'est promis, demain, j'arrête : je vous parlerai de Régy, ça changera), ceux qui ont aimé I apologize donc, ou dont les polémiques à ce propos ont titillé la curiosité, peuvent aller écouter Jean-Luc Verna, celui qui était tout nu dans le spectacle, avec des tatouages partout et un mini collier de chien - clouté of course - autour de la verge (vous pouvez l'admirer sur la photo) avec "quelques garçons en concert" ce soir à 23h, au Paris Paris, 5 avenue de l'Opéra (Paris 2e).
C'est un peu tard pour prévenir, je sais, mais ceux qui se désoleraient d'avoir raté Jean-Luc Verna en concert, peuvent aller le voir dans Body double X, un film de Brice Dellserger, le dimanche 26 février à 18h, au Centre culturel suisse, 38 rue des Francs-Bourgeois (Paris 4e), ou admirer ses œuvres, car notre ami a tous les talents, à la Galerie du jour (décidément, tout cela est très chic).



Un spectacle noir, sang, et sale

Posté par JdF le 10.02.06 à 16:40 | tags : bastille, danse, gisèle vienne
Hier au théâtre de la Bastille, second opus de Gisele Vienne : le feuilleton continue !
Eh bien, I apologize n'a pas le côté S.M. chic, l'esthétique de papier glacé qui édulcorait, à mon sens, le propos d'Une belle enfant blonde. Autant ce dernier était blanc, rose et lisse, autant I apologize est noir, sang et sale. Les textes de Dennis Copper donnent le ton : bruts, incisifs, ils évoquent sa (?) vie de prostituée, sa dépendance à la drogue, sa détresse affective. Autobiographie ou fiction, peu importe. Le malaise qui en exsude empoisse le spectacle. Il est parfois difficile de ne pas détourner le regard quand les acteurs et danseurs se vautrent dans l'hémoglobine ou se roulent de longs baisers. C'est justement l'inconfort dans lequel se trouve le spectateur qui fait la force de I apologize. Malgré quelques passages à vide, le spectacle touche son but : le mal-être est contagieux.



L'imaginaire au pouvoir

Posté par Floriane le 10.02.06 à 09:16 | tags : festival, international
Il est des pays où théâtre et danse sont indissociablement liés, voire synonymes ; où l'art se confond avec la vie ou avec le rituel. Souvent ignorées, un temps méprisées, certaines de ces formes relèvent de ce que l'Unesco appelle le "patrimoine culturel immatériel" ; d'autres connaissent un destin plus académique. Toutes, en tout cas, amènent à se reposer la question, incessante car fondamentale, de la nature de l'art et des disciplines que les définitions trop étriquées finissent par appauvrir.
Depuis plus de trente ans, Chérif Khaznadar œuvre à la découverte, en France, de cette palette chamarrée de déclinaisons des arts de la scène. Le Festival de l'imaginaire 2006 sera son dernier, annonce-t-il, mais l'événement poursuivra sa route, sous d'autres houlettes.
En tout cas, du 23 février au 9 avril, la Maison des Cultures du Monde ainsi que plusieurs autres structures culturelles, accueilleront une kyrielle de spectacles rares, dont l'évocation des seuls noms des pays d'origine fait déjà rêver : Indonésie, Corée, Ouganda, Iran, Syrie, Japon, Colombie, Turquie, Vanuatu, Vietnam, etc.

Renseignements auprès de la Maison des cultures du monde : 01 45 44 72 30




Grand magasin : soldes à Beaubourg

Posté par fluctuat.net le 09.02.06 à 13:01 | tags : audio, beaubourg, entretien, jérôme bel, musique sur scène


A l'écoute : "Millionnaire", une chanson de Grand magasin (inédite) :



(Merci à Grand magasin pour leur aimable autorisation)

Exclu : Grand Magasin revient à Paris à l'occasion du 5ème forum international du cinéma d'entreprise les 8, 9, 10 février 2006 à 20h30 et Voyez-vous ce que je vois ? avec la participation exceptionnelle de Jérôme Bel le 11 fevrier à 20h30 (le tout au centre Pompidou). Pour le coup, Fluctuat s'est offert une interview exclusive avec le collectif.
A lire ICI.




Denis Lavant lit La Vie devant soi

Posté par JdF le 09.02.06 à 11:25 | tags : lecture
Chacun connaît quelle supercherie est à l'origine de La Vie devant soi : Gary, dont la notoriété était due, pour partie, à sa personnalité extravagante, son mariage avec l'admirable Jean Seberg et toutes sortes de déclarations provocatrices, avait imaginé, pour faire taire ses détracteurs, de publier sous le pseudonyme d'Émile Ajar... La Vie devant soi qui obtint le prix Goncourt en 1975.
Les inconditionnels de l'auteur (dont je ne suis pas) ou de Denis Lavant (dont je suis), pourront aller écouter ce dernier lire des extraits de La vie devant soi, le 20 février, à 20h30, au Musée d'art et d'histoire du judaïsme.



Le Nozze di Figaro, variations

Posté par Van le 08.02.06 à 12:04 | tags : mozart, opéra

Année Mozart encore, année Mozart toujours, et déclinaison de ses oeuvres sur la plupart des scènes européennes. Ce mois de février, variations sur Le Nozze di Figaro, avec une production au Royal Opera House de Londres, et une autre à La Scala de Milan. A Londres, la mise en scène de David McVicar est saluée sans constituer réellement un événement, mais à Milan, Marina Bianchi reprend depuis hier la mise en scène de Giorgio Strehler. Le grand metteur en scène, mort voilà neuf ans, constitue la référence ; comme il est écrit sur le site de La Scala : "To judge the evolution of opera delivery and staging, it's necessary to go back to the big historical stagings like this, a legacy of dramaturgical history". Il fallait au moins ça pour célébrer le 250e anniversaire de la mort du compositeur.



80 ans de la vie d'une femme

Posté par JdF le 07.02.06 à 15:24 | tags : théâtre, vieux colombier

Ce que l'on peut lire sur La Maison des morts, mis en scène par Robert Cantarella au théâtre du Vieux Colombier, n'est pas vraiment enthousiasmant. Pourtant, l'écriture de Philippe Minyana est parfois âpre, ses personnages prégnants, mais la tradition maniériste d'écriture théâtrale française, qui a tendance à enjoliver le texte d'ornements stylistiques sans utilité dramaturgique, s'y fait malheureusement sentir aussi. Et Minyana ne se dépare quasiment jamais d'un esprit de sérieux qui, personnellement, me fatigue.
Mais, enfin, les acteurs semblent s'être investis dans le spectacle, qui contentera certainement une part de son public, touchée par la peinture qui y est faite de la dureté du temps présent.

La Maison des Morts de Philippe Minyana, mis en scène par Robert Cantarella, jusqu'au 11 mars, au Théâtre du Vieux Colombier.



Vous voyez ce que je vois ?

Posté par JdF le 06.02.06 à 11:44 | tags : festival, théâtre
objets quotidiens : matière première de Grand magasin "Avec 0 tâche(s) sur 1 ont été effectuée(s) correctement nous tentâmes de décrire tout ce qui se passait à un moment donné dans un endroit précis.
Tâche impossible, conclûmes-nous, car toute description est partielle. Chacun effectue de la réalité un découpage différent. Autrement dit : autant de personnes, autant de visions du monde.
Nous nous demandons maintenant en quoi ces visions hétéroclites peuvent être compatibles, s'il existe un territoire commun à ces multiples réalités. Et nous nous le demanderons en public à l'occasion d'un nouveau spectacle énigmatiquement intitulé :
5e forum international du cinéma d'entreprise."
Eh, oui, Grand magasin revient pour ce vrai faux forum international de cinéma d'entreprise au coeur d'une production performative conviviale.

Au Centre Georges Pompidou, du 8 au 10 février.



A. & C., affres et consternation !

Posté par JdF le 05.02.06 à 19:56 | tags : la ville/châtelet, musique sur scène, shakespeare, théâtre
Dèjà, les affiches étaient prometteuses, les initiales en guise de titre aussi. Ceux qui se sont risqués à aller voir Antoine et Cléopâtre adapté par Lewis Furey (voir quelques posts ci-dessous) risquaient gros. Eh bien, ils en ont eu pour leur argent : ambiance sonore et lumineuse du plus bel effet, chorégraphie pleine d'originalité, "genre star-ac en moins bien", ai-je entendu, adaptation du texte tout en finesse, ponctuée de trouvailles de génie!
Bref, on se demande quelle mouche a pu piquer Gérard Violette de présenter un tel spectacle au Théâtre de la Ville. Qu'attend-il pour programmer une nouvelle adaptation de Starmania ?

A. & C., d'après, William Shakespeare, livret, musique, mise en scène Lewis Furey d’après Antoine et Cléopâtre de Shakespeare, au Théâtre de la Ville.



Un livre pour se former au jeu d'acteur

Posté par JdF le 04.02.06 à 16:49 | tags : des planches et des livres, théâtre
Pierre Vial dans Ce mois-ci paraît chez Actes Sud, un livre de Pierre Vial et Danièle Girard. Pierre Vial, compagnon de route du Parti comuniste, a milité pour l'indépendance de l'Algérie, ce qui l'a conduit à être emprisonné comme d'autres "porteurs de valises". À ses débuts comme metteur en scène à Marseille, il a embauché comme acteur un certain Antoine Vitez, lequel le fera entrer à la Comédie Française, bien des années plus tard.
10 ans en compagnie de Pierre Vial n'est pas une simple méthode destinée aux apprentis comédiens, mais un parcours pratique jalonné d'extraits divers autour de Après ça ? (After Liverpool) de Saunders, Esther de Racine, Georges Dandin de Molière, Dans la solitude des champs de coton de Koltes. Sont abordés le jeu bouffon, le récitatif, le chant choral, le jeu réaliste, mais aussi le chœur festif et le chœur tragique. Un ouvrage qui associe la pratique du théâtre à la réflexion sur son usage.

10 ans en compagnie de Pierre Vial , Pierre Vial et Danièle Girard, collection "Les ateliers de théâtre, coédition ANRAT/ Actes Sud.



L'Histoire du Soldat, version anglo-irakienne

Posté par Van le 03.02.06 à 17:36 | tags : international, théâtre

Andrew Steggall, jeune metteur en scène britannique, est en ce moment à l'affiche du Old Vic Theater de Londres avec une production pour le moins originale. Il s'agit de la première mondiale de son adaptation de L'Histoire du soldat, de Stravinsky, fruit d'une collaboration entre des acteurs, metteurs en scène et musiciens européens et irakiens, ce qui constitue également une première. Ce Faust revisité, qui prenait place à l'origine pendant la Première Guerre Mondiale, est replacé dans l'Irak en guerre, les textes de Charles Ramuz sont dits en anglais et en arabe, et la partition de Stravinsky est entrecoupée de musique arabe traditionnelle. Sur scène, deux narrateurs, deux soldats, et deux diables, un pour chaque langue. Le spectacle a été très bien accueilli par le public, un peu moins par les critiques, qui ont plus salué l'idée que le résultat. Steggall espère monter sa production à Paris, nous l'espérons aussi.
The Soldier's Tale, à Londres, jusqu'au 4 février.



Gisèle Vienne sans latex : Sade édulcoré ?

Posté par JdF le 03.02.06 à 16:55 | tags : bastille, danse, gisèle vienne
Bon, ça y est, j'ai vu Une belle enfant blonde, ce spectacle de Gisèle Vienne qui me plongeait dans l'expectative il y a quelques jours... Eh bien, à vrai dire, je suis décontenancée, car, finalement, contrairement à notre ami blogueur - qui, à mon sens, use des termes de "cruauté" et de "dégoût" de manière exagérée - Une belle enfant blonde m'a paru un peu lisse... Et je ne me considère pas comme recelant en mon âme un abîme de perversité.
Les poupées sont bien là et sont très belles, rien à voir avec les poupées gonflables que j'avais imaginées, à la lecture de diverses présentations du spectacle. Une danseuse mime quelques postures évoquant les rites d'un univers sadien (très édulcoré) : bandeau sur les yeux, mains dans le dos, comme menottées. La danseuse, très belle, est glaçante. C'est étrange que le mythe sadien soit ainsi réinvesti d'un certain hygiénisme : blancheur immaculée du sol, corps fuselés : ici pas de chair à proprement parler, donc pas de mutilation (à peine une trace de sang), et pas d'excréments. Ce n'est pas que je le regrette, mais c'est simplement étonnant.
Un personnage masculin, juché sur des talons aiguille, puis Catherine Robbe-Grillet en personne, rejoignent la belle enfant sur le plateau. Lui est dans la soumission, elle dans la domination. Mais, pour les raisons exposées ci-dessus, leur petit jeu dans ce sens n'est pas convaincant. En revanche, le récit que Dennis Cooper a fait de ses jeunes années - dit par Catherine Robbe-Grillet - entremêlé d'épisodes de sa propre vie, introduit brutalement la violence réelle dans ce spectacle un peu aseptisé.



Année Mozart, année fric ?

Posté par Van le 02.02.06 à 12:29 | tags : mozart
"Festivités", "marque", "produits dérivés"... Un week end à Disneyland ? Non non, ces termes sont employés au sujet de l'année Mozart (notamment par Arthur Oberascher, directeur de l'Office de promotion de l'Autriche à l'étranger, dont Le Monde cite cette phrase : "La marque Mozart est l'une des plus connues au monde"). Juste hommage à un immense compositeur pour certains, outrage marketing pour d'autres, les célébrations autour du 250e anniversaire de la naissance du prodige autrichien n'ont pas fini de faire couler de l'encre. Pendant que Don Giovanni revu par le cinéaste Michael Haneke est hué par le public parisien, mais affiche néanmoins complet, et que l'Autriche respire au rythme des événements estampillés "année Mozart", quelques voix se font entendre pour dénoncer le filon. Ainsi, le grand chef d'orchestre Nikolaus Harnoncourt a vilipendé, au milieu d'un concert qu'il dirigeait à la Fondation Mozarteum, à Salzbourg, l'exploitation commerciale du nom de Mozart. Et déclaré que "nous devrions avoir honte plutôt qu'être gonflés d'orgueil". Est-il juste un trouble-fête, ou n'y aurait-il pas un peu de vrai dans cette critique amère ? La "marque" Mozart, qui a engendré toutes sortes de produits dérivés, est estimée par monsieur Oberascher à 5,4 milliards d'euros. On peut comprendre que le chef autrichien de 76 ans ne soit pas forcément à l'aise avec ce genre de calculs.



Bruno Schulz au Théâtre de la cité internationale

Posté par JdF le 01.02.06 à 14:44 | tags : cité internationale, théâtre
bd_boutiques04_1.jpg Le Musée d'art et d'histoire du judaïsme avait présenté une exposition retraçant la carrière de Bruno Schulz. Depuis deux semaine, au Théâtre de la Cité internationale se joue un spectacle qui, à vrai dire, laisse sur sa faim : musique entraînante, acteurs et actrices qui font les clowns (illus.), insouciance... certes, mais nous assistons à quelque chose qui ressemble à une comptine, charmante et gentillette, tellement éloignée de l'univers poisseux et accablant qui est celui de Schulz. Pour en savoir plus sur cet écrivain et dessinateur brillant, on pourra consulter avec profit le mini-site que lui a consacré la chaîne Arte.

Les Boutiques de cannelle, de Bruno Schulz, mise en scène et scénographie de Wladyslaw Znorko, jusqu'au 6 févirer au Théâtre de la cité internationnale.





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