Archives > Avril 2006Jerôme Bel : Pichet Klunchun and myselfCe spectacle se présente comme un dialogue entre lui même (Jérôme Bel) et Pichet Klunchun, jeune danseur thaïlandais originaire de Bangkok et qui pratique depuis son plus jeune âge la danse traditionnelle Khôn. Tour à tour, les deux artistes s’interrogent, échange simple et banal, depuis une sommaire prise de connaissance (comment t’appelles tu, où vis-tu, quel âge a tu) à une démonstration de leur travail. Deux portraits se dessinent. La simplicité de la conversation met cependant à jour les différences radicales entre les deux hommes, qui pourtant sont tous les deux danseurs professionnels. L’Orient s’oppose à l’Occident, la tradition au contemporain, la virtuosité technique alliée à la maîtrise d’un langage codé à une approche conceptuelle de la danse qui peut exclure le fait même de danser, ou qui le remet complètement en question. Et, au delà d’une réflexion sur la danse, c’est le fossé qui sépare deux cultures qui est mis à jour, les divergences menant à des quiproquos toujours accueillis avec humour. Au Centre Pompidou, 4 au 6 mai 2006 Les mathématiques à la scène Jean-François Peyret, qu'on a l'habitude de trouver là où l'on ne l'y attend pas, consacre cette fois un spectacle à la mathématicienne russe Sophia Kovalevskaïa. C'est lorsque Une Nihiliste, le roman de notre mathématicienne parait en français, qu'il remarque, sur la quatrième de couverture, qu’elle avait épousé le traducteur russe de Darwin et qu’elle avait rencontré l’auteur de L’Origine des espèces. Au moment où précisément, Peyret préparait Les Variations Darwin. Coïncidence fructueuse. Il s'agit, selon le metteur en scène, d'un "travail d’approche par les moyens propres du théâtre (Les mathématiques à la scènetrois comédiennes et un comédien en quête de Sophie K) prolongés par l’apport d’autres pratiques artistiques, comme ceux de la vidéo, de la musique électro-acoustique ou internet". Trois comédiennes, Olga Kokorina, Elina Löwenshon et Nathalie Richard, seront donc confrontées à Sophia Kovalevskaïa; mathématicienne russe de la fin du XIXème siècle, première femme à obtenir une chaire de mathématiques à l’Université; romancière aussi. Et peut-être plus particulièrement à son cerveau : imagination mathématique, imagination poétique. Voir le site de la Compagnie TF2. Une rencontre avec Jean-François Peyret est prévue le mercredi 3 mai, à 18H30, à la B.N.F., petit auditorium, site François Mitterand. L'entrée est libre. Le Cas de Sophie K., jusqu'au 27 mai 2006 au Théâtre national de Chaillot Folie ambulante On les a connus plus inspirés, ces baladins du Cinerama, en fait compagnie Le Quarantième Rugissant qui « pour des raisons affectives et pratiques » ont d’abord joué sous l’égide la compagnie Babylone, mais sont aujourd’hui acoquinés avec Les Chiffonnières … Faut suivre !En bref, le Cinerama, c’est le lieu, une roulotte à l’origine, transformée en théâtre ambulant, et dont le concept aujourd’hui s’est élargi jusqu’à prendre les formes d’un habitacle forain posé sur un camion déployé. Sympa, la déco, rétro juste ce qu’il faut. Mais là où, par la force et l’inventivité scéniques de la bande de Babylone, à l’époque le lieu prenait tout son sens de théâtre itinérant et terriblement inventif, les Chiffonnières aujourd’hui ont du mal à relever le défi. Le Bal des fous reste un joli petit spectacle pour enfants (mention spéciale aux écoliers d’Aubervilliers, remarquablement sages et attentifs en matinée), dont on a de la peine à comprendre l’enchaînement des séquences : Le Crocodile de Dostoievski succède à une version de Moby Dick de Melville se terminant en queue de poisson … On a vu mieux comme adaptations, mais le lieu reste le principal attrait de cette proposition, à Aubervillers, derrière le Théâtre de la Commune, jusqu’au 20 mai. Roman photo ressuscite à la Villette![]() Roman Photo devient Foto Novela. Il raconte le tournage d'un roman-photo sur une petite place, avec son scénario débile, ses acteurs aux costumes kitchs et ses poses ridicules, qui tourne au bain de sang. La compagnie chilienne en livre apparemment une version encore plus déjantée. Après une tournée en Amérique Latine, la Gran Reynata débarque en Europe, et sera de passage à Paris, à la Villette, du 31 mai au 5 juin prochains. Le spectacle est gratuit mais les places sont limitées ! ça à la villette : 15 invitations à gagner (concours)Posté par fluctuat.net le 26.04.06 à 15:39 | tags : invitation, parc de la villette, performance, théâtre
Partenaire de la Villette, Fluctuat propose à ses lecteurs 15 invitations personnelles pour la représentation du 06 mai qui leur seront envoyées à domicile. Une condition : un concours de création ludique sur le thème du voyeurisme vous est proposé par Maïa. Toutes les infos ici. Participez. Pour + d'info sur le spectacle, direction le site de la villette. Présentation du spectale ça :
Istanbul : capitale européenne de la culture en 2010Istanbul a été choisie comme capitale européenne de la culture en 2010, tout comme Essen (Allemagne) et Pecs (Hongrie) (plus d'info sur le site europa.eu). Selon le Routard.com, "ce statut est très intéressant pour les villes retenues, car il attire les touristes et s’accompagne d’un soutien financier de l’Union européenne aux projets culturels des municipalités. La métropole turque, qui espère accueillir 10 millions de touristes étrangers en 2010, a annoncé divers chantiers de mise en valeur de son patrimoine historique." Le choix de la ville lauréate sera connu en novembre 2006, après décision des ministres de la Culture des pays membres de l’UE.
Nuit des Molières : palmarès La XXe Nuit des Molières a eu lieu hier 24 avril au Théâtre Mogador, à Paris. And the winner is...Eh bien, le palmarès a surpris, les grands favoris ayant été moins récompensés que prévu. Le grand gagnant, avec 4 prix (celui du spectacle du théâtre public, de la mise en scène, de la révélation théâtrale et des costumes), est La Symphonie du hanneton, de James Thiérrée (accessoirement petit-fils de Charlie Chaplin). Le Molière du meilleur auteur a été descerné à Stéphan Wojtowicz pour La Sainte Catherine, qui ne reçoit qu'un prix sur ses huit nominations. Et pour le meilleur comédien, les 1500 votants de l'Académie ont salué Jacques Seyres (Du côté de chez Proust), au détriment de Michel Piccoli ou Claude Rich. La "fête du théâtre à la télé" a été à peine perturbée par le conflit sur les intermittents, qui avait été appelés à des actions à l'occasion de cette soirée. Leur cause a été plaidée par l'acteur Nicolas Bouchaud, venu recevoir le grand prix spécial du jury "théâtre public en région" pour La mort de Danton. Le palmarès complet est disponible sur le site de France 2, qui a retransmis en direct la cérémonie à 2,41 millions de téléspectateurs. Le Viol de Lucrèce : comment représenter les violences sexuelles au théâtre ?![]() (illus. © Pascal Victor) Anne Franck au musée Comme tous les mois, le Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme organise une lecture en ses murs. Le 27 avril, à 20h30, Keren Marciano (photo) et Simon Eine liront Le Journal d'Anne Franck. Chacun connaît bien sûr le tragique destin de la jeune fille qui finit sa vie à Bergen Belsen, quelques jours avant la libération du camp. On connaît l'histoire, mais les mots d'Anne Franck, qui nous avaient généralement marqué à un âge tendre, doivent résonner autrement, lus ainsi à haute voix, lorsqu'on est devenu adulte.Cet enfant - Un grand cru coupé à l'eau
Depuis quelques années, le théâtre Paris-Villette programme fidèlement, saison après saison, un spectacle de Joël Pommerat. Ce dernier travaille lui-même fidèlement avec la même équipe. C'est donc comme on retrouve un vieil ami que le public vient apprécier chaque nouveau cru. Chaque pièce pourrait d'ailleurs être l'épisode, ou la réécriture, d'une même histoire, en tout cas une variation sur le même thème, celui de la filiation. A force d'explorer ce thème, Joël Pommerat a fini par l'aborder de front: suite à un projet organisé par la CAF du Calvados au cours duquel lui et son équipe ont rencontré des femmes autour de la question de la parentalité, voici qu'il présente Cet enfant, succession de saynètes mettant en scène chacune un aspect, déviant le plus souvent, de la relation parent/enfant. La plupart des situations choisies sont des plus intéressantes (par exemple cette mère qui n'ose lever le drap à la morgue de peur de reconnaître son fils), et comme d'habitude, les lumières, toutes en ombres, le son, chuchoté au travers de micros HF, les placements, fort subtils, créent un univers sublime. Le texte aussi est sublime. Sur chaque début. Dommage, quel dommage, que passées les quelques premières minutes, extraordinaires, de chaque scène, l'action parte en dites et redites inutiles. Le grand cru est malheureusement coupé à l'eau. Sasha Walz is back La chorégraphe Sasha Walz qui codirige avec Thomas Ostermeier la Schaubühne de Berlin, présente au Théâtre de la Ville un spectacle intitulé Gezeiten. Ce dont je me souviens, pour avoir vu un de ses spectacles, il y déjà quelques années de cela, c'est que Sasha Walz y insuffle une grande énergie : les acteurs se heurtent, s'entremêlent, et la chorégraphe sait aussi provoquer des effets de surprise (je me rappelle la chute brutale d'un mur), laissant le spectateur tout ébaudi en fin de parcours. Cela vaut donc la peine d'y aller, soit pour la découvrir, soit pour la retrouver. En tout état de cause, ce sera du 10 au 20 mai et la réservation est ouverte. Doute, de Roman Polanski "J'ai des doutes ! J'ai d'énormes doutes !" Lorsque la mère supérieure s'effondre, avec un dernier hoquet théâtral, dans les bras de la novice, nous aussi dans la salle, ne pouvons que nous joindre à son cri. Nous doutons, en effet, de la pertinence de monter une telle pièce aujourd'hui, à Paris ; de la monter ainsi ; de la montrer au théâtre ...Un curé s'isole avec un jeune garçon, lequel revient en classe apparemment "troublé" et la machine s'emballe. De quand date le film "Les risques du métier" ? Vieux comme le monde, les thèmes du doute, de la rumeur, corsés par la couleur de peau du jeune élève, admis dans une école privée, au milieu des années 60, aux Etats-Unis. Les dramaturges américains, nourris de séries télé aux musiques de fond soulignant le moindre regard, ont du mal à produire autre chose que des partitions schématiques. Quand les acteurs ont le souci d'en "remettre" (jeux de voix, attitudes convenues), cela peut peser et paraître long à mourir, tant le propos est attendu, archi-connu, et la fin sans rebondissement. Mais c'est (quand même) Roman Polanski qui signe la mise en scène ... So what ? Le voyeurisme hexagonal a certainement de beaux jours devant lui, en cette période maudite "d'après Outreau", qui suivit elle-même l'ère des "prêtres pédophiles". A chaque saison ses scoops malsains. Seul finalement Thierry Frémont, malgré quelques finales sonnant étonnamment faux, parvient à se sortir de ce guêpier de bonnes intentions, sincère mais pas trop, avec juste ce qu'il faut de lueur maligne dans le regard pour que la pièce ne porte pas trop mal ce titre, Doute. Au théâtre Hebertot.20e Nuit des Molières : rendez-vous le 24 avril La XXe Nuit des Molières aura lieu le 24 avril 2006, au Théâtre Mogador à Paris. La liste complète des nominés est consultable sur le site de France 2, qui retransmettra la cérémonie en direct. Les grands favoris sont Le Roi Lear, Pygmalion et La Sainte Catherine, avec chacune huit nominations. Ce rendez-vous du monde théâtral français risque d'être perturbé par le conflit sur le statut des intermittents du spectacle, aucun accord n'ayant été trouvé à ce jour. La CGT a en effet appelé à une mobilisation à l'occasion de cette cérémonie. Intermittents : impasse toujoursPosté par Van le 19.04.06 à 13:31
Le contentieux sur le statut des intermittents du spectacle, qui dure depuis trois ans, n'est pas près d'être réglé. Les syndicats se réunissaient hier, mardi 18 avril, au siège du Medef pour une dernière réunion de négociation sur une nouvelle version de protocole d'accord. En fait de nouvelle version, les principaux syndicats, notamment la CGT, dénoncent la surdité de l'organisation patronale, qui n'aurait bougé sur aucun des points faisant litige. "Le protocole du Medef est inacceptable".Aucune des propositions émanant des professionnels et élaborées durant ces trois années de crise, n'a été retenue : une date anniversaire fixe de réévaluation par l'Unedic de la situation de chaque allocataire, le retour à une période de référence pour l'ouverture des droits de 12 mois (contre 10 actuellement). Le Medef n'a pas bougé non plus sur la durée de la période indemnisée, qui a été réduite. Le nouveau statut des intermittents du spectacle est censé améliorer les conditions d'indemnisation sans creuser le déficit de l'Unedic. A l'approche de la période des festivals, un nouveau cycle de tensions se profile. La CGT appelle pour l'instant à une mobilisation le 24 avril à l'occasion de la cérémonie des Molières, et le 28, lors du 30e Printemps de Bourges. Le patronat a donné aux organisations syndicales jusqu'au 15 mai pour se prononcer sur la signature d'un accord, en précisant que les négociations étaient terminées. C'est mal parti. Woman of mystery au Vingtième Théâtre![]() Sur sa route cabossée, dans une ville grouillante, une multitude de rencontres, parfois folles, ou belles, souvent improbables. Myriam Boyer prête ses traits et sa voix gouailleuse à cette femme de mystère, mise en scène par Marc Goldberg, tandis que quatre comédiens interprètent tous les autres personnages –avec un talent très inégal-
C’est la première fois que Woman of mystery, pièce originale de Cassavetes est adaptée en France. Malgré des longueurs, l’ensemble affiche quelques fulgurances et on est bien là chez le génial créateur de Faces et Love streams. Ses paumés sublimes, un univers sur le fil entre rêve et réalité, et une grande humanité dans la désespérance.
Woman of mystery de John Cassavetes, jusqu’au 7 mai, Vingtième Théâtre (www). Sarah Kane : 4.48 Psychose Derniers jours pour voir 4.48 Psychose, cinquième et dernière pièce de Sarah Kane, suicidée dans un hôpital psychiatrique de Londres en 1999 ; elle avait 28 ans. Son ultime pièce, un "cri d'agonie", raconte les dernières heures d'une femme qui a décidé de se donner la mort. "Lorsque tout se confond, vie éveillée et vie rêvée, lorsque les frontières s'effondrent et que la psychose est totale, il est incandescent d'être au monde, et cette incandescence est la lucidité à l'état brut". Pour ceux en manque d'émotions...4.48 Psychose, montée par Telmo Herrera, avec Gwendale Rizat-Sibourd. Au Theâtre de Nesle jusqu'au 30 avril. Retour sur Foucault Foucault 71, c'est un projet mené par une bande de filles qui s'appellent Sabrina Baldassarra, Stéphanie Farison, Emmanuelle Lafon, Sara Louis et Lucie Nicolas.Elles ont fondé un collectif, empruntant le terme aux mouvements politiques, syndicaux et associatifs, et c'est justement pour parler d'un mouvement de lutte, celui que Michel Foucault mena à l'Observatoire International des Prisons, au débuts des années 1970, qu'elles travaillent à ce "spectacle évolutif à installer partout" qui, en l'occurrence, s'installera du 24 au 29 avril 2006, au Petit-Studio à Alfortville. Vers l'Orient En attendant de voir en juillet prochain, lors du Festival d'Avignon les deux spectacles d'inspiration extrême-orientale, la performance du plasticien Hiroyuki Nakajima et Gens de Séoul, d'Horiza Hirata, mis en scène par Frédéric Fisbach, l'on peut se rendre dès maintenant au Studio-Théâtre de Vitry où ce dernier officie, afin de voir (et de participer) au Projet Shonagon, initié par sophie-Pulchérie Gadmer.Comme son nom l'indique le Projet Shonagon est parti du Livre de chevet de Sei Shonagon, dont le titre est une traduction approximative de la notion de zuihitsu (écrits au fil du pinceau). Ce n’est pas un journal intime organisé de manière chronologique, mais une suite de quelque trois cents notes décousues, émergées au gré des associations de leur auteur, un mélange d’anecdotes, de pensées, d’images et de réflexions. L'auteure était une dame de la cour de l’empereur Ichijo, et servait l’impératrice Sadako, dans le Japon du début du XIe siècle. Greenaway en a tiré son film, The Pillow Book. A ce Projet Shonagon, commencé en janvier, s'associent les amateurs à qui le Studio-théâtre propose des ateliers hebdomadaires. Ces ateliers ont lieu le jeudi soir et les dernières représentations, les 22 et 23 avril. Un mariage improbable, mais une description prometteuse![]() Deux tribus tentent l’union par la glaire cervicale et par le sperme, par le sang et par la peau, par la salive et les vocables surgis de la profondeur des ventres contenant les mêmes ferments. Cette nuit-là est tentée l’union du ciel et de la terre, du vide et du plein, de la matière et de l’inconsistance. Mais toute fête réussie est une fête menée jusqu’aux pires excès, toute parole née du chaos retourne au chaos. Bon, ben cela me semble prometteur, cela se joue du 20 avril au 6 mai (les dates de réprésentations sont à confirmer), à l'Échangeur, 59, avenue du Général de Gaulle - 93170 Bagnolet - Location : 01 43 62 71 20 (illus. © Hélène Micou d'après un vase péruvien Mochicas) Une étoile pour Noël : l'épopée de NabilUne étoile pour Noël : c'est une pièce qui vient de paraître aux éditions Actes Sud, qui est jouée en ce moment en tournée (les 11, 12 et 13 avril, elle se donne à la scène nationale de Poitiers) et sera reprise du 10 au 20 mai, au Théâtre 71, à Malakoff. La pièce raconte l’histoire du petit Nabil farouchement décidé à devenir premier ministre comme le lui a secrètement demandé son père. Entre les mines de ciment où travaille ce dernier et le ministère, il n’y a qu’un pas à franchir… Nabil en est convaincu, happé par la grande machine à laver d’une petite société où chacun s’emploie à lui inculquer les recettes de la réussite. C'est l'auteur qui se charge de transformer le contenu de son livre en one-man-show : Nabil veut bien devenir « primié ministre » comme le souhaite son papa mais est-il prêt à prendre un prénom qui aurait les « bonnes » sonorités et à surtout ne pas ressembler à son père ? Avec un humour délicieux et un sacré talent de comédien, Nasser Djemaï nous fait plonger dans les affres, grandes et petites, de la condition de l’émigré dans la France d’aujourd’hui, émigrés auxquels tout le monde veut du bien, c’est bien connu. Divina Giulia Quelle chance que le Théâtre de l'Athénée programme Giorni Felici (Oh les beaux jours) de Samuel Beckett, dans une mise en scène de feu Giorgio Strehler ! Strehler qui a créé le spectacle en 1982 se confrontait pour la première (et dernière ?) fois avec Beckett dont la noirceur et le pessimisme foncier était fort éloigné de son univers. Qu'a-t-il fait alors ? Il a modifié les indications données par Beckett : le trou d'où Winnie émerge à moitié n'est pas creusé dans un petit talus à l'herbe pelé, mais dans une surface blanche sablonneuse, le fond de scène est couvert de miroirs dans lesquels le dos de Winnie se reflète. Il a demandé à son actrice, la grande Giulia Lazzarini, de donner à son rôle une sorte de gaieté forcée et sincère tout à la fois. Sans respecter les pauses indiquées dans le texte de Beckett, Giulia Lazzarini parle de façon continue, de cette journée qui commence, des rituels à respecter, le brossage des dents, le maquillage, la pose du chapeau, de la journée qui s'achève, ah, c'était encore un beau jour... Dans le second acte, lorsque seule sa tête émerge, elle est encore pleine de vie et d'ardeur à l'être encore. Giulia Lazzarini tient le spectacle de bout en bout. Les non italienophones sont gênés par le fait que les titres ne suivent pas le débit de ses paroles, titres qui sont par ailleurs peu visibles des étages supérieurs du théâtre. Mais qu'importe, les spectateurs ravis ont applaudi à tout rompre la divine Giulia.Jérôme Savary quitte l'Opéra comiquePosté par fluctuat.net le 07.04.06 à 19:06 | tags : musique sur scène
![]() Telex : Jérome Savary (photo de gauche), à la tête de l'Opéra comique depuis 7 ans, en quittera la direction à l'été 2007. Il sera remplacé par Jérôme Deschamps (photo de droite). Nota (de jdf) : Les Étourdis, mis en scène par Deschamps et Makéieff, qui tourne dans toutes les villes de France et de Navarre (cela fera plaisir à Troudair) avait été chroniqué dans le mag ! alors que le spectacle se donnait au théâtre de Chaillot, anciennement dirigé par... Savary et aujourd'hui par Ariel Goldenberg, mais ceci est une autre histoire... Elle est noire, elle est belle, elle s'appelle Bambi
Nous vous l'annoncions au moment des premières dates, nous avons maintenant vu le spectacle, alors nous revoici. "Elle est noire mais elle est belle", c'est ainsi que la belle-mère auvergnate présente sa bru sénégalaise. Bambi (c'est son prénom : ses parents aimaient le faon de Walt Disney) a beau faire ses pires efforts pour s'intégrer, manger du fromage avec des petits vers dedans par exemple, sa belle-famille reste persuadée qu'elle se nourrit uniquement de bananes. Et quand un jour elle n'en peut plus du regard qu'on porte sur sa couleur, elle décide de manger avec ses doigts. Ils avaient donc raison de craindre que le repas familial dégénère en orgie tribale.
Après un premier spectacle, les souvenirs de la dame en noir, qui parlait de la vie en Afrique, Maïmouna Gueye, auteur et interprète de ce texte, livre une suite sur le thème de l'intégration, concept qu'elle interroge sans tabou et avec une bonne dose d'auto-dérision. C'est vrai qu'elle est belle, Maïmouna Gueye, dans le rôle de Bambi-la-déracinée qui nous conte ses mésaventures. Mais elle est aussi très rigolote quand elle imite les différents personnages qui défilent dans la vie de Bambi : la guérisseuse, les commères du village, sa belle-mère... Parfois le ton se fait plus grave et des chants viennent adoucir les évocations trop sombres. Un spectacle très proche du café-théâtre, puisque le personnage s'adresse directement au public, et même, le fait beaucoup rire. En tout cas, un joli playdoyer pour plus de tolérance. "Si tu vas te réchauffer au feu du voisin et que tu te brûles, ne viens pas te plaindre !" dixit Bambi. Bambi, elle est noire mais elle est belle, de et avec Maïmouna Gueye, au Tarmac de la Villette, jusqu'au 22 avril 2006 Les enfants à l'honneur à Saint-Denis Du 6 avril a 13 mai un festival multiforme est dédié au jeune public. au programme: Dégage petit, théâtre d'objets, Le Mioche et Les anges (photo) marionnettes, Eniki Beniki, théâtre d'ombres, Issea, longues jambes, un conte sénégalais, musical et dansé, Récréation primitive, spectacle dansé par une compagnie camerounaise, L'assassin sans scrupules, une adaptation d'un roman policier suédois. Autant à voir qu'à entendre, autant d'horizons à découvrir au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis. Illusions comiques d'Olivier Py Aux éditions Actes Sud, vient de paraître Les Illusions comiques, pièce d'Olivier Py créée au CDN d'Orléans et qui sera reprise en juin au Théâtre du Rond-Point, dans le cadre d'une programmation Olivier Py dont nous aurons l'occasion de reparler. "Nous vivons trop dans l'actualité et pas assez dans le présent. Tout comique est au fond, un moraliste, mais un moraliste qui a l'honnêteté de dire" Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais". Ou pour dire autrement, il y a deux sorte de comiques, ceux qui rient des autres et ceux qui rient d'eux mêmes." Le mythe fantastique du Golem C'est à une bien curieuse et passionnante expérience que nous convie la compagnie Pseudonymo au Théâtre Gérard Philippe avec la mise en scène du Golem, d'après le roman de Gustav Meyrink. Meyrink avait composé un roman expressionniste d'une légende née au XVIe siècle dans le labyrinthe obscur du ghetto juif de Prague. De la légende au roman et du roman à la scène, c'est toujours le même univers d'ombres, de brouillards et de méandres qui sert de cadre à cette histoire étrange. Athanasius Pernath, le tailleur de pierres, part en quête du Golem, cette créature artificielle qui s'est mise à vivre, dangereuse parce qu'à chacune de ses apparitions, dit-on, elle court dans les rues du ghetto en tuant sur son passage. Mais le Golem, c'est surtout le double d'Athanasius, la rumeur de son inconscient, son double fantomatique. La compagnie nous offre un spectacle plus visuel que narratif - au risque assumé de nous décontenancer - où la scène est un lieu de trappes et d'illusions lumineuses. Formés à l'art des marionnettes, les comédiens mêlent avec grand bonheur, et dans une pièce on ne peut plus appropriée, le jeu humain, les masques de chiffons et pantins animés. La scène est un lieu de métamorphoses : les objets se mettent à vivre, les grimoires deviennent des portes ouvertes sur d'autres univers, les personnages parlent avec leurs doubles. Entre Lewis Carroll, la Kabbale et le Horla : on reste habité par quelques séquences oniriques mémorables, comme celle du rabbin qui fait danser dans le silence de la nuit trois lettres hébraïques au-dessus de sa tête. Le Golem, au TGP jusqu'au 9 avril Beckett a 100 ansPosté par Van le 03.04.06 à 14:07 | tags : arts visuels, beckett, festival, international, religion, théâtre
![]() >> Lire la chronique du festival Paris Beckett >> Entretien avec Tom Bishop, co-directeur du festival L'Odéon réouvre... une histoire à recommencer ?![]() |
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