Archives > Mai 2006Berthier'06, un festival pour les jeunes acteurs Cette année encore, le Théâtre de l'Odéon, en partenariat avec le Jeune Théâtre National, présente une sélection de spectacles, montés avec de jeunes acteurs. Le metteur en scène est le plus souvent issu de leurs rangs, à l'exception de Stuart Seide qui monte Paysage Pinter. Au programme : des classiques, parfois revisités (une adaptation de Romeo et Juliette), des textes contemporains (Laurent Gaudé, Jon Fosse), des écrits collectifs. Personnellement, ma préférence va à Robert Walser, écrivain suisse génial, contemporain de Kafka et bien trop méconnu, dont Émilie Rousset met en scène L'Étang.Du 9 au 18 juin à l'Odéon - ateliers Berthier. Olivier Py : entretien exclusif
Namur en mai : histoires de femmes et de vieux Namur en ami, Festival des arts forains, se targue d’être différent des autres rassemblements de spectacles de rue. Les propositions, en effet, sont de format réduit (en termes de durée ou de participants, acteurs et spectateurs). Trois spectacles, cette année, ont retenu l’attention (de certains du moins, les goûts et les couleurs …) : deux histoires de femmes et une histoire de vieux, pas franchement en rue, pas dans la lignée traditionnelle des entresorts ; bref, des « petites formes » à découvrir et que le festival a eu le flair et le courage d’inviter.« La toute vieille et le si peu » … Tout un programme pour cette fresque muette, cette « danse de table » accompagnée à la guimbarde, où vieillesse et désir se posent vaillamment sur la scène. « Des vers … des vers » : non, il ne s’agit pas de poésie (quoique), mais de ces bestioles qui bouffent le ventre puis les corps ensevelis. Des vers métaphoriques, ici, de tous les complexes qui empêchent de vivre autrement que derrière une chevelure-buste à la Magritte, ou sous le masque d’un cri à la Egon Schiele. Vieillesse encore et finesse de manipulation pour Les Bénévoles du Tof Théâtre qui, avec « Mikado », montrent une fois de plus qu’il est possible de figurer avec rien : quelques bouts de bois maniés avec dextérité, et de rendre vivantes des poupées, quasi grandeur nature, par la magie d’un geste bien accompagné. Et puis, pour terminer : deux cerises sur le gâteau : le Grand Théâtre mécanique de Nino, merveille de construction miniature d’un théâtre à l’italienne, et le Teatrino di piedi, où toute une galerie de personnages défile aux pieds, aux genoux et aux mollets musclés de l’actrice à moitié renversée sur le dos … Deux textes de Jan Lauwers chez Actes Sud Parmi leurs nouvautés du mois de mai, les éditions Actes Sud publient deux textes de Jan Lauwers, le premier, La chambre d'Isabella, avait donné lieu à un spectacle très remarqué à l'édition 2004 du festival d'Avignon. Le second, Le Bazar du Homard, sera présenté à Avignon encore, cet été. Isabella était le sujet d’une expérience scientifique censée rendre la vue aux aveugles : cobaye humain, devenu centre d’intérêt d’un colloque de scientifiques. Flash-back, tout à la fois narratif et épique, sur les traces du père, dont l'héroïne a hérité la chambre, emplie d’objets ethnologiques, . Le siècle dernier est revisité comme au musée, justement : guerres mondiales, Hiroshima, l’Afrique. Le Bazar du Homard repose encore sur une situation de deuil : fatigué de la vie, Axel, qui vient de perdre son fils et que sa femme a abandonné, décide de fêter son dernier jour sur terre avant de disparaître. Cérémonie ultime qu’il choisit de célébrer en dégustant un homard à l’armoricaine dans son restaurant favori, justement nommé Le Bazar du Homard. Mais rien ne se passe comme prévu. Explosive, l’actualité, celle des autres et du monde, fait éclater l’action en une succession de dérapages intempestifs.Du Tango au Théâtre de l'Ouest parisenPosté par JdF le 26.05.06 à 10:58 | tags : musique sur scène
Fleurs noires présente mardi 30 mai à 20h30, au Théâtre de l'Ouest parisien, un spectacle de tango. L'orchestre, exclusivement féminin, comprend dix musiciennes qui apportent chacune leur expérience et leur culture musicale. Théâtre de l’Ouest Parisien 1, place Bernard Palissy (avenue J.B. Clément) 92100 Boulogne-Billancourt Informations/Réservations : 01 46 03 60 44 Lars Noren à Marseille![]() Malgré son titre, la pièce racont une histoire de famille, comme toujours chez Noren et, comme toujours, cette famille est à la fois en butte à la dureté du monde et minée de l'intérieur. "Le père, chef d’entreprise soumis à la concurrence internationale, voit pour la première fois son emploi menacé. La mère, ancienne comédienne, domine la sphère familiale. La fille, Ellen, ne se remet pas de la mort de son enfant. Le frère sort juste d’une période d’autisme". Pourquoi Bobby Fischer direz-vous ? Eh bien parce que la pièce est construite comme une partie d’échecs, avec son ouverture, son milieu et sa fin. Trois actes pour trois moments d’une partie. Bobby Fischer vit à Pasadena, de Lars Norén Mise en scène : Renaud Marie Leblanc
Avec Francine Bergé, Roxane Borgna, Thierry Bosc et Julien Silvéréano
La maladie de la mort : Duras au Théâtre de la MadeleineJe cite le dossier du spectacle: "Ils sont trois, comme toujours lorsqu’il s’agit d’amour chez Duras : l’homme qui cherche à aimer et paye une femme pour plusieurs nuits ; la jeune femme qui s’ouvre à lui, pour de l’argent mais aussi par plaisir de la jouissance, et parce qu’elle veut identifier cette maladie dont il est atteint et qui, en retour, ne la laisse pas indemne ; et une troisième personne, qui énonce le texte, qui raconte, en s’appropriant parfois la situation par l’emploi du « je» et qui regarde". Incommunicabilté entre les sexes, étroite relation entre plaisir, cruauté et voyeurisme, ainsi que cette transaction qui préside à la circulation du désir : l'argent est là pour refouler le sentiment et rappeller qu'un être ne se donne que pour prendre quelque chose de l'autre. On peut aussi y aller parce qu'on aime Fanny Ardant, belle toujours et toujours envoûtante. Encéphaline : une installation accoustique Demain à Pau, dans le cadre de la manifestation "La plupart du temps la danse contemporaine m'ennuie" à l'École Supérieure des Arts et de la Communication, la Compagnie Enfin le jour présente des Installations pour voix. Vous aurez droit à trois séances : 18h30, 19h15 et 20h, au choix. C'est à l'ESAC et c'est gratuit, mais la réservation est obligatoire au 05 59 84 19 87.Encéphaline / 23 Mai 2006 / 18h30 / Entrée Gratuite Une installation pour un lecteur, un corps, six cordes, plus d'une image, 4 enceintes, 30 casques et vous... - Interprétation : Gilbert Traïna et Guillaume Pons - Musique : Ryan Kernoa - Vidéo : Médéric Grandet - Texte : Thierry Escarmant - Régie son : Thierry Hausseguy Veillée par Guy Alloucherie ou la mémoire des quartiers ouvriers
Enfance : lecture au MAHJPosté par JdF le 18.05.06 à 14:13 | tags : des planches et des livres
Lundi 22 mai, au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme, Sabine Haudepin lit des extraits d' Enfance, de Nathalie Sarraute. Un récit qui, sous forme de dialogue, évoque les premières années de l'écrivain : des mots qui se disent, un récit qui se défait, un sujet qui se déconstruit pour mieux accéder à la conscience d'être (enfin) au monde. Une belle soirée en perspective. Olivier Py au Rond-Point : à vaincre sans péril ...
Maj : lire aussi notre entretien avec Olivier Py Jan Fabre à Anvers Revenue de Bruxelles, je lis sur de visu que notre cher Jan Fabre (vous vous souvenez : celui qui avait fait couler beaucoup d'encre, l'été passé à Avignon) expose à Anvers. La Manifestation a pour nom "Homo Faber". Rien que ça. Il faut dire que le personnage n'est pas à une infatuation près. Car notre ami, qui avait créé une Histoire des larmes controversée, est aussi plasticien. Une exposition lui rendait alors hommage, mais je dois dire que la vision du spectacle et surtout le souvenir de son éloquence répétitive et complaisante m'avait arrêté sur le seuil de la Maison Jean Vilar.Selon le quotitien Le Soir, "Homo Faber n'est rien d'autre qu'une performance géante et passionnante", bien. Attendons les commentaires de ceux qui se trouvent encore du côté du Kunsten Festivales des Arts et feront le déplacement pour en juger. Rue, cirque et fric Le beau temps tarde à revenir, mais les artistes n’en ont cure. Dans quelques jours, ils auront réinvesti les trottoirs de Paris, grâce à De rue et de cirque (www - lire l'entretien avec son gérant Rémy Bovis). c'est l'occasion d'ouvrir le débat sur le financement de la politique culturelle qui a fait l’exception française et qui a bien du mal, en ce moment ; les fonds publics s’étiolent et ce qui était jusqu’à présent considéré par certains comme un dû se révèle tout simplement ce qu’il est : une aubaine qui ne saurait (plus) suffire. C’est donc tout le paysage qui est en train de bouger, mais les mentalités peinent encore à suivre. « L’argent du privé ? Vous n’y pensez pas ! », et par ailleurs : « Investir dans la culture ? La rue ? Le cirque ? C’est une plaisanterie ? ». Pas du tout. C’est un dialogue à instaurer, en bons professionnels qui se respectent. La présentation du Roman fleuve de la compagnie KMK fait l’objet, ce printemps, d’un partenariat éclairé avec Eco Emballages. Mais ce sont aussi les Chèques lire qui ont permis, cette année, au public défavorisé d’avoir accès à des spectacles pour un prix réduit, et on dit que le Chèques déjeuner seront bientôt de la partie. Pas bête, pour assurer l’indispensable nourriture spirituelle.A voir : Bambous de souffle (photo) de la compagnie Arts des airs, entre le 17 et le 27 mai Roman fleuve de la compagnie KMK, du 22 mai au 4 juin Kiosque nègre de la compagnie Migrateurs-Transatlantique, les 3 et 4 juin Pari passu du 14 juin au 16 juillet Le Bagne à l’Athénée Il aura fallu attendre longtemps pour découvrir enfin ce texte de Jean Genet lié à son obsession de l’univers carcéral, et son désir secret de vivre cette punition suprême, lui qui n’avait fréquenté « que de simples prisons ». Le bagne, retravaillé sans relâche pendant près de 20 ans, paraît dans la Pléiade, en 1994 et Antoine Bourseiller – qui fut un proche de Genet - le porte à la scène voilà deux ans, au théâtre de Nice. Depuis le 26 avril dernier, on peut enfin le voir à l’Athénée. Un décor tournant imposant, signé Alexandre de Dardel, figure un mur à double face, parsemé de meurtrières. D’un côté, le noir, le bagne, de l’autre le blanc, le monde extérieur ou ce qu’il en reste. L’éclat d’un soleil aveuglant tranche avec la nuit sans fin des géôles. Au centre, trône la guillotine, rouge. Si le jeu des sentinelles noires, lestées de fausses armes est un peu caricatural au début de la pièce, toute la puissance dramatique du texte s’installe peu à peu, glaçante et brute, abordant de front plusieurs thèmes : érotisme, culpabilité, pouvoir, religion, homosexualité. Parmi les 18 acteurs qui occupent le devant de la scène, on retiendra les caïds du bagne : Ferrand (Hervé Sogne) et Rocky (Marc Olinger), Forlano (Alexandre Ruby) dont la présence arrogante et silencieuse fera basculer la pièce et surtout le directeur du bagne, cynique et troublant (Désiré Saorin).
Le Bagne de Jean Genet jusqu’au 20 mai au Théâtre de l’Athénée (www). Censurer Handke ? Le révisionnisme en question La question de savoir si Marcel Bozonnet, administrateur général de la Comédie Française a eu raison d'écarter la pièce de Handke, Voyage au pays sonore ou l'Art de la question, qui devait être créée en janvier 2007 au Théâtre du Vieux-Colombier, fait rage dans les pages de journaux et sur notre forum. Comme le soulignent certains, Marcel Bozonnet, n'ignorait pas les positions proserbes de Peter Handke, connues de longue date, quand il confia la création de cette pièce à Bruno Bayen. Mais la présence de l'écrivain aux obsèques de l'ancien chef d'état Slobodan Milosevic a été la goutte d'eau qui aurait fait déborder le vase.Voici ce qu'a alors déclaré Peter Handke «Le monde, le soi-disant monde, sait tout sur la Yougoslavie, la Serbie. Le monde, le soi-disant monde, sait tout sur Slobodan Milosevic. Le soi-disant monde sait la vérité. Pour cela, le soi-disant monde est aujourd'hui absent, et pas seulement aujourd'hui, et pas seulement ici. Je sais que je ne sais pas. Je ne sais pas la vérité. Mais je regarde. J'écoute. Je ressens. Je me souviens. Pour cela je suis aujourd'hui présent, près de la Yougoslavie, près de la Serbie, près de Slobodan Milosevic.» On peut donc considérer cette position comme tendantiellement révisionniste. A dessein, Handke ne réfute pas formellement les accusations dont Milosevic faisait l'objet de son vivant, ni le jugement que les faits font porter sur la politique menée en Serbie par le dictateur. Mais cette manière de contester un faisceau convergent de témoignages et de preuves, sous prétexte qu'il participerait d'une pensée unique, est précisément une stratégie propre aux révisionnistes. A signaler : pour Olivier Py, qui s'exprime dans les pages "Débats" du Monde, Handke fait ici preuve de révisionnisme avéré, et le maintien de la programmation de sa pièce serait faire insulte aux victimes. Artaud aujourd'hui Contrairement à une image qui lui colle, pour ainsi dire à la peau, Antonin Artaud, et son génie fulgurant, n'est pas le fruit d'une génération spontanée. Electron libre du mouvement surréaliste, puis devenu post mortem le fer de lance de la mystique iconoclaste des années 60 et 70, celle qui voulait faire coïncider le théâtre et la vie, Artaud (réel ou mythique) s'inscrit dans une historicité que l'ouvrage collectif, Artaud et les avant-gardes théâtrales, tente de cerner.Voici donc un livre qui interroge les liens entre Artaud et les avant-gardes des années 20 à aujourd'hui. On y parle du Théâtre Alfred Jarry, qu' Artaud fonda avec Georges Roger Vitrac, mais aussi de son influence au Mexique, au Japon ou de ce qui se pratique aujourd'hui en Slovènie. Décidément, le mort bouge encore.... Antonin Artaud 2, Artaud et les avant-gardes théâtrales, Sous la direction d'Olivier Penot-Lacassagne, ed. Paris-Caen, Lattres modernes Minard, 2005. 196 p., 20 euros. Alice au pays de l'inutilité de bien des spectacles Eh, oui, ce titre désenchanté, exprime parfaitement le sentiment qui m'a saisi durant la représentation (heureusement courte) d'Alice Bell, du Lone Twin Theater. La troupe, venue de Brighton à Bruxelles pour le Kunsten Festival des Arts, aurait pu, à mon sens s'épargner le déplacement. Sur une scène en longueur que les spectateurs dominent depuis des gradins installés selon un dipositif bi-frontal, cinq comédiens se présentent : une femme d'une cinquantaine d'années, visiblement le mentor du groupe, deux jeunes femmes et deux garçons, dont l'un porte un masque, genre Goldorak. Il ont chacun un ukulele - vous savez, la petite guitare de Marilyn dans Certains l'aime chaud. Ils en jouent, chantent parfois un petit air country : le public est convié à les accompagner, chaque spectateur ayant trouvé sur son siège une feuille indiquant les paroles, un peu comme à l'église, lors de la communion de la petite cousine. Bref, ils racontent aussi une histoire et en miment , sans grande conviction, quelques scènes. L'histoire, pour ce que j'en ai compris, raconte l'histoire d'une jeune femme, qui est sauvée d'un attentat par celui-là même qui l'a commis. Voilà l'élément central. Mais il est question d'une foultitude de choses : de ses parents, de la "room mate" qui a partagé la chambre de l'héroïne (logique, puisque c'est sa room mate) lors de son séjour à l'université et qui lui a appris des jeux bizarres, mais rien de tout cela n'est vraiment rendu captivant. Selon, le programme, les Lone Twin "ont patiemment aimanté sa limaille, éparpillée dans le roman cubiste de Michael Ondaatje, In the Skin of a Lion". Alors, moi qui adore Michael Ondaatje (auteur du Patient anglais et du Fantôme d'Anil), mais qui n'est pas lu cet ouvrage, je doute qu'il gagne quelque chose à être réduit à ces quelques anecdotes dont le spectacle est parsemé. Moi, aussi je suis Catherine Deneuve au Pépinière Opéra On ne reviendra pas sur la morne soirée 2006 des Molière et son manque d’intérêt. La bonne nouvelle, c’est qu’elle a quand même consacré deux spectacles de qualité : La Symphonie du Hanneton au chapitre théâtre public et Moi aussi je suis Catherine Deneuve pour le théâtre privé. Si par hasard vous l’aviez raté lors de sa première escale au Théâtre Pépinière Opéra, entre septembre et décembre dernier, courez-y pour la reprise. Derrière ce titre singulier, un bijou déjanté d’humour et de cruauté. Pierre Notte, l’auteur – qu’on avait découvert au festival d’Avignon avec son texte Clémence à mon bras - dissèque la famille avec dérision et mordant, et glisse, entre des tirades d’anthologie, des chansons très Legrand-Demy. Jean-Pierre Cotillard signe une mise en scène faite de tableaux tournants et percutants. Enfin, la mère de famille et ses trois rejetons nevrosés ont trouvé quatre interprètes talentueux en Zazie Delem, Juliette Coulon, Charlotte Laemmel et Romain Apelbaum. Courez-y, on vous dit !
Moi aussi je suis Catherine au Théâtre Pépinière Opéra, rue Louis Le Grand. Jusqu’au 1er juillet. Tél. 01 42 61 42 53. À Bruxelles, bruxellisons !Posté par JdF le 08.05.06 à 21:20 | tags : kunstenfestival
Nous voici donc à Bruxelles, à l'occasion du Kunsten Festival des Arts. Et depuis que je sillone la ville de part en part (c'est la première fois que je foule le sol bruxellois), je comprends la raison de ce nom étrange : c'est en biligue compressé. C'est comme les noms de rue ou de station de métro : les panneaux indiquent le quidam ou la chose qui a donné son nom à la rue précédé de "rue de" et suivi de "straat". Eh oui, puisque les génitifs latin et saxons se placent de part et d'autre du nom, cela donne une certaine symétrie à la chose. Et si le nom est le même dans les deux langues, on compresse le tout. Ainsi, "Kunsten Festival", c'est du flammand, et "Festival des Arts", c'est, pour ceux qui ne l'avaient pas remarqué, du français. Ingénieux, non ?Bref, Julien avait bien raison de placer au cœur de l'entretien qu'il a mené avec la directrice du festival la question de la coexistence des deux communautés linguistiques. Dans le spectacle auquel nous avons assisté hier au soir, Walking Oscar, (billet à suivre), je n'ai pas compris un mot aux surtitres. Pourquoi ? Ils étaient projetés (dans une semi-obscurité, il est vrai) sur un écran séparé en deux, la partie droite était dévolue au français, et l'autre au flamand. Pas de chance, j'étais situé tout à gauche de la salle. J'ai donc dû mobiliser mes faibles ressources d'anglais et, en fin de compte, renoncer et me laisser porter par la matière plastique et sonore du spectacle, très appéciable au demeurant. Un avant-goût d'Avignon Marcial di Fonzo Bo (qui nous avait accordé un entretien lors du passage d'Eva Peron au Théâtre de la Bastille) et Élise Vigier présentent les samedi 13 et dimanche 14 mai à la Ferme du Buisson deux spectacles qui seront joués en juillet prochain lors du festival d'Avignon.Sale crise pour les putes et Loretta Strong. Le second spectacle se passe dans une navette spatiale, où Loretta Strong, cosmonaute, est assise à côté du corps de Steve Morton, qui vient de mourir. Elle essaie de joindre la Terre par téléphone et une mystérieuse Linda fait irruption dans la communication, lui apprenant que la planète, envahie par les hommes-singes, vient d’exploser. Des rats gagnent alors la cabine par la tuyauterie et fécondent Loretta qui accouche de jolis ratons aux yeux de saphir. Du Copi tout craché, quoi. KunstenFestivaldesArts de Bruxelles : Rebelote À Bruxelles, le KunstenFestivaldesArts, est reparti pour un tour !Durant le moi de mai, la ville sera la proie aux expérimentations artistiques, qu'on espère audacieuses, selon les modes les plus variés : théâtre, danse, films, sont programmés dans différents lieux. L'an passé nous avions publié une interview de la directrice Frie Leysen. Le Tadorne, dans son blog consacré aux festivals donne quelques unes des impressions que la programmation lui inspire. Quant à moi qui me desespère à l'idée que je manquerai la nouvelle création de Marthaler, et sans connaître encore les autres artistes invités, je m'apprête à aller un peu à l'aveuglette. Ce qui est assez excitant finalement... À suivre toute la semaine, en direct, sur le blog Saisons. Brecht en créole : les petits bourgeois sont potachesMais quelle déception à l'arrivée ! Cette Noce en version créole ne lui réussit pas : mauvais champagne et gueule de bois garantie en fin de parcours. La mise en scène enchaîne les gags triviaux et les acteurs s'accrochent aux aspects les plus caricaturaux de leur personnage. Certes, la pièce a quelque chose d'une farce. Mais est-il besoin d'en faire une pochade ? O mayé ozabwa, La Noce chez les petits-bourgeois… créoles, jusqu'au 21 mai, au Théâtre de la tempête (www). + Biographie de Bertolt Brecht Pari passu : kesaco ?!? Pari passu : locution latine signifiant : d’un même pas. Et toc ! La coopérative De rue et de cirque (www - lire l'entretien avec son gérant Rémy Bovis) propose, du 14 juin au 16 juillet, puis en septembre, l’exploration par des artistes de rue et un collectif d’architectes d’un quartier du XIIIe (secteur Villa d’Este – Place de Vénétie). Dans un premier temps, les artistes vont « s’immerger » dans ce haut lieu asiatique dont ils proposeront leur vision à travers des contre-visites, une collecte de sons, un cabaret d’actualité, une conférence-enquête … Pendant ce temps, les architectes de Tabula rosa mèneront un jeu urbain interactif visant à « tisser une véritable histoire collective pour la ville de demain ». En septembre, tout ce beau monde se retrouvera pour de nouvelles interventions et des spectacles inspirés de la première phase de découverte. C’est Maud le Floc’h qui a écrit ce projet. Co-directrice de la compagnie Off, on la connaît surtout pour les Missions Repérage qu’elle a contribué à mettre en œuvre, ouvrant le dialogue entre artistes et élus. Pari tenu ! Les acteurs de Pari passu : Le Labau /les ouvreurs de promenade (photo) ; ArchimêmeStudio.Architecture ; Théâtre de l’Unité ; Compagnie Joseph K ; Décor sonore ; Tabla rosa. Objet perdu au Théâtre de la Commune À partir d'aujourd'hui, le Théâtre de la Commune d'Aubervilliers présente Objet perdu de Daniel Keene (photo) dans une mise en scène de Didier Bezace. En mars 200, le théâtre avait présenté la première pièce de l'auteur australien qui fut créée en France, Silence complice, mise en scène par Jacques Nichet, puis, la saison passée, avis aux intéressés, pièce courte mise en scène par Didier Bezace, et Paradise, pièce écrite à la demande de Laurent Laffargue.Objet perdu se passe dans un bar où, à l’heure de la fermeture, sous les traits énigmatiques d’un étranger, la mémoire vient se glisser insidieusement près de M. Skelton. Elle ne le lâchera plus et l’entraînera malgré lui vers la reconnaissance de son histoire. Au Théâtre de la Commune d'Aubervilliers (www), jusqu'au 16 juin. Béjart à la cinémathèque de la dansePosté par Marie Glon le 03.05.06 à 10:15 | tags : danse
Quand on vous dit « Béjart », vous pensez à une esthétique néo-classique surannée et aux shows médiatiques que sont les représentations au Zénith ? La cinémathèque de la danse vous invite à aller voir un peu plus loin. Béjart est celui qui a offert à la danse une visibilité pour le grand public, qui a contribué à faire du XXe « le siècle de la danse ». Il est aussi le fondateur d’une école dont le rôle a été déterminant pour la génération suivante. Enfin, il entretient depuis longtemps un rapport complice avec l’image filmée. Le programme des 6 et 7 mai, à la cinémathèque française, propose un panorama complet pour découvrir ses œuvres les plus marquantes comme les moins connues, son rapport à la musique contemporaine, à l’enseignement, ou le film Le danseur (hommage à Jorge Donn, 1968), signé Maurice Béjart lui-même . Istanbul 2010 : le garage des arts (2) L'endroit est halluciné : pas de porte, l’architecture de ce qu’on devine être le sous-sol d’un parking collectif, aperçu de l’autre côté du bloc, des centaines de petites bougies parfumées, un minuscule gradin. Des bouteilles de verre transparentes, encapuchonnées de foulards rouges (qui rappellent la couleur du drapeau turc) tracent au sol des parcours aléatoires, comme ceux de ces populations perpétuellement en fuite, dont la langue et la présence par vagues régulières ont été interdites sur le territoire. Et pourtant, quand la litanie des cultures qui ont façonné la Turquie (kurde, arménienne, kopte, juive, etc) s’égrenne, faisant écho aux chants d’amour et de douleur, de séparation, on se dit qu’une telle richesse humaine ne peut se laisser perdre. Avec Ashura (illus.), c’est précisément cela que vise 5. Sokak Tiyatrosu (le Théâtre du 5e jour), issu d’Antalya et installé dans ce Garaj, au cœur de Beyoglu, avec l’espoir et la ferme intention d’en faire un centre d’art contemporain, et un plateau permanent pour les artistes chorégraphiques. La foi soulève les montagnes. Mustafa Avkiran et son équipe y arriveront certainement. En attendant, ils préparent leur prochaine création qui sera présentée dans le cadre du Festival international de théâtre et traitera des violences contre les femmes, encore trop répandues dans cette région du monde. Istanbul 2010 : les coulisses artistiques (1)tle="Istambul : un atelier Mouvement" height="100" alt="" width="100" align="left" src="http://files.fluctuat.net/images/i/s/istambul-atelier-mouvement.jpg" />Le Bosphore, la mosquée bleue, Sainte Sophie ! Ces noms évocateurs servent d’écran à la réalité extrêmement vivante et fertile d’une cité aux coulisses impensables pour qui n’ose affronter les escaliers louches des palais de l’ancienne Pera. La rue Istiklal, regorgeant de boutiques et de banques qui financent et abritent des galeries d’art contemporain, on la vit jour et nuit, aux rythmes des boîtes et du tramway ancestral. Mais qui pourrait imaginer qu’Estima, dans un bâtiment truffé de dance floors, est aussi l’adresse d’une salle de théâtre ? Petite, coquette, une grande loge, un plateau honorable pour les petites formes. Le patron, acteur, la fait survivre grâce aux revenus du bar-boîte Estima. C’est « l’esprit d’entreprise » tel qu’il se définit à Istanbul.
Et la ville est littéralement truffée de ce genre d’endroits comme Maya Sahnesi où l’on peut écouter le chanteur classique Ahmet Ortaçdag dans le foyer d’une petite salle de spectacle ; ou l’ improbable Nnaco, 5ème étage du Rumeli Han, galerie, lieu d’expérimentation, où se produisent les femmes si touchantes de Hareket Atölyesi, atelier du mouvement mené vaillamment par Zeynep Günsür (illus.). Un peu plus loin, c'est l'agence artistique Bimeras qui organise une grande soirée chorégraphique, Istanbul REconnects, où se produisent des artistes de toute la région. Istanbul, capitale européenne de la culture en 2010, est dores et déjà une destination à ne pas Olivier Py : La Jeune Fille, le diable et le moulin
Maj : lire aussi notre entretien avec Olivier Py La jeune fille, le diable et le moulin, d'après les frères Grimm, mise en scène Olivier Py, dans le cadre de la Grande Parade de Py, jusqu'au 26 mai 2006, au théâtre du Rond-Point (www) |
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