Archives > Juillet 2006Les fêtes nocturnes au chateau de Grignan Grignan, c'est là où se trouve le chateau de la Marquise de Sévigné et si vous l'allez visiter, vous pourrez, par la même occasion, assister à une des Fêtes nocturnes qui y est organisée jusqu'au 2 septembre et voir Zelida et Lindoro de Carlo Goldoni.Renseignements et réservation : 04 75 91 83 65 du lundi au vendredi de 11h à 12h30 et de 14h à 18h, le samedi en juillet et août de 14h à 18h. Château de Grignan 26230 GRIGNAN À Sarlat : le Festival des jeux du théâtre Le Sud Ouest a aussi son festival de théâtre : à Sarlat, dans cette province cossue qu'est la Dordogne, chérie par les amateurs de ripailles, a lieu jusqu'au 4 août, le Festival des jeux du théâtre. La présentation promet "une programmation riche, éclectique, diversifiée". En effet : de Samuel Benchétrit à Danielle Sallenave, en passant par William Mesguich, toutes les tendances du théâtre français sont représentées. Un spectacle différent chaque soir, quelques uns destinés au jeune public. FESTIVAL DES JEUX DU THEATRE DE SARLAT Tél. 05-53-31-10-83 Fax : 05-53-30-25-31 Avignon : l'heure des bilans Traditionnel exercice du bilan, mardi matin, au Cloître Saint-Louis. Le festival n'était pas encore terminé, mais déjà, les directeurs du In dressaient quelques lignes fortes d'une édition très attendue après les polémiques qui ont secoué Avignon l'an dernier.Donc, côté comptable d'abord: 152 000 places à la location, 134 000 vendues. Soit un taux d'occupation de 88%, satisfaisant. Et des jeunes spectateurs présents en nombre: 12% du public. De quoi rendre les directeurs "heureux d'une participation fidèle et active du public". Côté artistique, Vincent Baudriller évoquait "la maîtrise du geste, la puissance créatrice des artistes invités et le dialogue". Dialogue entre les arts, dont Paso Doble, création signée Nadj et Barcelo, est le témoignage le plus marquant, dialogue entre les cultures aussi. On retiendra aussi l'émotion de Josef Nadj, son coup de bec amusant contre la presse féminine (!), son coup de colère contre certains medias, qui a donné lieu à un règlement de comptes un peu mesquin entre artistes, spectateurs et plumes critiques, comme Armelle Heliot - du Figaro - ou Jean-Pierre Léonardini -de l'Huma-. Enfin, cette jolie phrase de Georges Banu, qui l'aura lui-même empruntée à Jean Vilar - à l'honneur dans la cour avec Olivier Py en clôture : "Si on a réussi quelque chose, on a réussi le public". D'ailleurs, il reste quelques heures pour découvrir l'exposition de la Maison Jean Vilar qui rend précisément hommage au public. Un hommage intelligent, acéré, drolatique aussi parfois. Si ce n'est toi... Alain Françon / Edward Bond Trois pièces de Bond mises en scène par Françon sont à l'affiche cette année. On n'a vu ni Naître, dont l'écho critique et public a été franchement sévère, ni Chaise, qui a davantage enthousiasmé les foules.Pour ce qui est de Si ce n'est toi, on est un peu... perplexe. Dispositif scénique vu, et revu. La boite de théâtre. Noire. Les murs, gris. Les chaises, grises. Les costumes gris.On serait le 18 juillet 2077. Une femme assise. Silence interminable. On cogne à la porte. Re-silence interminable, et l'arrivée du mari, obscur militaire. L'intrus de la porte, qui se présente, se prétend le frère de la femme. Attention, chamboulement en perspective. Il y a là quelque chose d'un questionnement sur l'espace public et l'espace privé, et ce qui advient quand l'un s'immisce trop dans l'autre. Par surprise. Insidieusement. Edward Bond, l'auteur, qualifie l'oeuvre d'un "mélange de farce et d'autre chose, quelque chose d'étrange". Il y a effectivement de la farce dans la façon dont les dialogues s'emballent, et les personnages sont poussés dans leurs extrêmes retranchements, dont la relation dérape, sur un petit rien. Incompréhensible. Mais aussi de la tragédie dans l'issue du récit. De très bons comédiens (Luc-Antoine Diquéro, Dominique Valadié, Abbès Zahmani), une petite forme, efficace. Il y a pourtant quelque chose de daté dans cette pièce du futur et d'un peu convenu sur le mode du grain-de-sable-et-ses-dégats-irréparables. À Bussang, le théâtre du peuple Le Théâtre du Peuple, c'est un festival qui a lieu chaque année à Bussang, en Lorraine, et ce, depuis 1895. Cet ancêtre des festivals destiné à donner accès au théâtre à un public populaire est né de la volonté de Maurice Pottecher de démocratiser la culture bourgeoise. Humaniste, sa devise "Par l'Art, pour l'Humanité" reflétait l'espoir d'une harmonisation progressive de la société, par le biais des grandes et belles œuvres théâtrales, classiques et contemporaines.Aujourd'hui, le Théâtre du Peuple a laissé de côté la vieille défroque un tantinet paternaliste qui était celle de son fondateur. Son directeur actuel, Christophe Rauck, qui avait présenté à la Cité Internationale, un Dragon tout à fait réjouissant, est un jeune metteur en scène dont les spectacles sont plein d'humour, de trouvailles et d'inventions de toutes sortes. Cet été, le festival programme trois spectacles : Tous les jours à 15 h, Ubu Roi d'Alfred Jarry, mis en scène par Pierre Guillois et à 20h, Kroum l'Ectoplasme, d'Hanock Levin, mis en scène par Jean-Yves Ruf. J'avais dit le plus grand mal de Silures, son précédent spectacle, alors si vous n'avez pas confiance, vous pouvez voir, jusqu'à fin juillet, un spectacle invité : La Porte, un solo de Gilles Ostrowsky, , mi-clown/mi-acteur qui se joue encore vendredi 28 et dimanche 30. Gens de Séoul, un autre Fisbach Pas grand chose de commun entre le Bérénice qu'il présentait à Avignon avec Bernardo Montet (2001), son Illusion comique, toujours à Avignon (2004), et ce Gens de Séoul, également mis en scène par Frédéric Fisbach. Cette fois, celui qui sera artiste associé du festival pour l'édition 2007 explore un texte contemporain de l'auteur japonais Oriza Hirata. Le spectacle, créé au Setagaya Public Theatre de Tokyo en 2005 était présenté à Avignon pour la première fois, dans un nouveau lieu, le Gymnase du lycée Mistral. Un dispositif bi-frontal et un petit plateau de bois avec une deux entrées en pente, à cour, et à jardin. Sur les murs des côtés, des larges écrans accueillant des projections et des calligraphies dont on n'a saisi ni le sens, ni l'intérêt. Pas de véritables coulisses: entre leurs scènes, les acteurs patientent, observent, assis sur les premiers rangs des gradins. Leurs entrées et sorties forment presque un ballet harmonieux. Voilà donc, face à nous, une famille. On traverse leur histoire, sur fond d'Histoire. Des instantanés se sucèdent sous nos yeux, des discussions apparemment anecdotiques évoquent le thé, mais aussi les pieuvres, le mariage, la magie, ou encore la guerre. Le texte historique et politique, en même temps humaniste et drôle, souvent décalé, aborde les relations entre Corée et Japon un an avant l'annexion du premier par le second. Il est servi par des acteurs à la forte présence. Fisbach avoue vouloir "contribuer à l'exercice du regard des spectateurs sur ce phénomène culturel majeur qu'a été la colonisation et ses conséquences sur les mentalités". Son parti-pris est éminemment stylisé, esthétique, mais la profondeur du texte ne nous parvient que par bribes. Difficile de plonger dans une culture qui nous est totalement étrangère avec la barrière de la langue qui nous garde, deux heures durant, le nez plongé dans les surtitres. Dommage. ![]() Crédit photo : Christophe Raynaud de Lage Rebondissement dans l'affaire Handke Occupée comme je l'étais par Avignon, je n'avais fait que parcourir distraitement le communiqué arrivé il y a une semaine, dans lequel le service de presse du ministère de la culture et de la communication indiquait que Renaud Donneieu de Vabres poroposait Muriel Mayette au poste d'"Administrateur Général de la Comédie Française". Maintenant, que j'ai le loisir d'y revenir et après avoir ouï différents sons de cloche, je m'interroge : Marcel Bozonnet qui occupait le poste était prêt à demeurer en place... L'affaire Handke y serait-elle pour quelque chose ? Les propos de Bozonnet au sujet de son éviction vont, en tous cas, dans ce sens...Les Barbares de Gorki / Eric Lacascade La Cour d'honneur vendredi soir, trois jours après une première où les interluttants se sont invités sur scène, histoire de dire que non, non, rien n'a changé.
Il fait son entrée sur scène, le cheveu en bataille, la barbe grisonnante, l'habit usé. Jeune et pourtant déjà vieux, gratte sèche en bandoulière, il chante - faux - des chansons folk. Dylan, Noir Désir en anglais dans le texte. Le paumé du village, à la marge, qu'on retrouvera, quelque temps après, attaché à une chaîne tel un chien. Imaginé par Gorki voilà tout juste un siècle, celui-là nous en rappelle tant d'autres, qu'on croise matin et soir dans les métros parisiens. Mais ici on est dans une petite ville russe, oubliée, figée dans la médiocrité depuis longtemps. Rien ne s'y passe, rien ne peut s'y passer jusqu'à l'arrivée de deux ingénieurs, deux bâtisseurs. "On va construire une voie ferrée et on va vous la démolir votre petite vie, bourgeoise, patriarcale et arriérée", lance l'un d'entre eux. Trois heures plus tard, c'est vrai, la vie est démolie, l'équilibre précaire a volé en éclats. Qui sont-ils, les Barbares : les petits-bourgeois au quotidien étriqué ou les semeurs d'illusions ? les étudiants et penseurs sans cause ou les manipulateurs ? les sans grades, ou les politiques cyniques, les quêteurs de pouvoir ? Gorki ne donne pas de réponse, Eric Lacascade non plus.
Après des années d'un sillon profond creusé dans l'oeuvre de Tchekhov, le directeur du CDN de Normandie se penche sur Gorki, comme une forme de prolongement. On est loin des portraits au cordeau, de l'écriture ciselée de Tchekhov. Celle de Gorki est plus directe, plus rapide, plus brute. Ici, pas de personnage principal, mais une multitude de destins qui, entre social et intime, s'entrecroisent et s'influencent l'un l'autre, jusqu'au drame final. Pas de longs monologues à l'adresse du public ou de face-à-face qui s'installent, mais un foisonnement, un mouvement quasi-permanent. Pas possible de résumer l'intrigue à "une tentative d'assassinat, trois hommes désespérés, du sang et au milieu de tout cela l'amour triomphant", comme le fait l'un des deux ingénieurs. C'est bien plus complexe, même si le texte nous a semblé manquer d'intensité. De compréhension parfois. Peut-être à cause de l'adaptation de Lacascade qui a opéré quelques coupes franches et touches modernes dispensables dans la traduction d'André Markovicz. Mais Eric Lacascade est un artisan de la matière, un magicien. Après Platonov voilà quatre ans, l'homme investit, de nouveau, la Cour, en maîtrise l'espace, comme personne. Sur scène, une vingtaine de comédiens d'une grande vivacité -dont Christophe Grégoire, toujours très bon, impossible de les citer tous-. Et ça donne quelques images mémorables.
Des corps en ombres chinoises sous les voûtes, des guirlandes de loupiotes qui s'envolent vers le ciel, une fanfare pétaradante qui surgit de nulle part pour rythmer un bal populaire et mélancolique, une boule à facettes sur les épaisses murailles, un banquet scénographié comme un ballet... Eric Lacascade, qui se réserve aussi le rôle de Pritykine, est un meneur de troupe tout autant qu'un grand metteur en scène, épaulé par le talent très sûr du scénographe Philippe Marioge. La fresque qu'il dessine à petites touches est généreuse, belle, même avec ses failles, et ses longueurs. Et vous embarque durablement. Jusqu'au 25 juillet, 22 h, Cour d'honneur. ![]() Crédits photo : Christophe Raynaud de Lage Spectacle des grands chemins dans la vallée d'AxPosté par JdF le 25.07.06 à 12:51
Ceux qui, randonnant dans les Pyrennés, ne s'étonneront pas de croiser à partir de demain quelques troupes ambulantes. En effet, la ville d'Ax et la Région Midi-Pyrénnées, organisent une neuvième édition de "Spectacles de grands chemins". Il s'agit de spectacles que l'on ne dira pas "de rue", mais "d'alpages" ou "de pâturages" dans lesquels les artites s'adaptent à la topographie, aux coutumes et traditions locales, à la faune et la flore qu'ils croisent dans leur périple...Le théâtre des champs, si vous préférez : VALLÉE D'AX Arts de la rue 26 JUILLET 2006 AU 29 JUILLET 2006 Ax Animation « La Résidence » 6 avenue Delcassé 09110 Ax-les-Thermes 05 61 64 60 60 (office de tourisme) Programmation (en cours ): Agence Tartar(e), La Compania Gran Reyneta, Le Petit Théâtre de Pain, Senza Tempo, Ronan Tablantec, Jacky Star, No Tunes International, Fred Tousch, 12 Balles dans la peau… Les Marchands de Joël Pommerat Joël Pommerat, invité d'Avignon pour la première fois, avec trois pièces, en est l'une des grandes révélations. Pour Les Marchands, la beauté glacée d'une installation scénique audacieuse, tranche avec les rouges et ors du théâtre municipal, modèle de cocon feutré à l'italienne. Murs très noirs, rideau très blanc, personnages évoluant entre ombres et lumières. Sur le plateau, une femme, employée corsetée - au sens propre et figuré - d'une entreprise gigantesque qui pourrait être AZF, au hasard... Elle raconte son amitié avec une autre femme, orpheline et mère, qui vit seule dans un grand appartement vide, ou presque. En fait peuplé de fantômes. Ce n'est pas seulement le pouvoir aliénant et structurant du travail que Pommerat l'auteur décortique, mais plutôt tout ce qui se passe autour. La télé omniprésente qui meuble la vacuité du quotidien, un être à la marge qui va jouer les héroïnes antiques pour sauver tous ceux qu'elle aime en leur redonnant un travail qu'elle-même a perdu, un politique qui joue les animateurs de salle des fêtes en chantant du Luis Mariano pour se faire aimer donc élire (à moins que ce ne soit l'inverse). Ici, le texte n'est pas grand premier, mais élément parmi tant d'autres de l'oeuvre. Le récit des Marchands nous parviendra, deux heures durant par une voix off. Un procédé vraiment déconcertant et, au final, passionnant. Les comédiens, tout sauf figurants, ne parleront donc jamais. Et pourtant, ils incarnent leurs personnages avec une incroyable force. Des êtres à la dérive, pantins désarticulés sans noms dans un monde qui les broie. Les choix de mise en scène et l'intérêt de Pommerat pour l'intime tout autant que pour le social concourrent à dire l'étrangeté de ce monde. Elle nous poursuivra longtemps, cette femme maigre et sans âge à la voix irréelle, au corps entravé, aux gestes mécaniques sur une table d'usine. Ils nous poursuivront longtemps, ces Marchands... Marchands de leur temps et de leur vie vouée au Dieu travail. Quêteurs de bonheur, petits ou grands, d'amour, d'union, moments volés à une vie pas totalement réelle, dans un monde où seule la mort l'est. Théâtre municipal jusqu'au 25 juillet. Puis au Théâtre Paris-Villette en octobre. ![]() Crédits photos : Christophe Raynaud de Lage Avignon, sa rumeur, son bar-barPosté par Nedjma le 24.07.06 à 16:41 | tags : avignon off
"- Tu trouves pas qu'il y a moins de monde que d'habitude ?
- Ah non au contraire... - Moi je crois que les gens sont pas venus parce qu'ils croyaient qu'il y aurait des grèves...
- Non, c'est à cause de la crise dans le Off... - Ouais ou plutôt du programme... - J'ai entendu dire qu'un tiers des compagnies étaient déjà parties" Ainsi va Avignon. Ainsi va son festival. Ainsi vont les discussions du type café du commerce. Ce genre de phrases, on les entend à peu près chaque année, à peu près partout... Au bistrot, dans les files d'attente, dans les allées du Cloître Saint-louis ou chez la boulangère du coin. L'édition 2006, soixantième du nom, ne déroge donc pas à la règle.
Quoi qu'il en soit, quinze jours après le lever de rideau, cinq jours avant la fin du In, une semaine avant celle du Off, le public est là - il faudra attendre un peu pour les bilans -, les comédiens jouent, les tracteurs tractent, les commerçants commercent, et les intermittents luttent encore. Et c'est normal, et ça n'est pas gagné... Quant à moi, qui ai pris le relais de Julie, Catherine et Julien, j'arrive... Le temps de goûter à l'ambiance d'un festival presque en touriste - ce qui me change -, et aux rhums coca du Bar-Bar. Le lieu de rencontre, et plus si affinités, des équipes du In - dont Catherine a dit le plus grand bien après une soirée de fête - est cette année plus convivial. Scénographié par Camille Perreau, il joue la carte de la couleur, du bois, et de la bonne musique. Le temps de goûter, aussi et surtout, aux spectacles, je vous rassure.
On y revient... très vite. L'Iliade par Vassiliev Les deux spectacles que Vassiliev a présenté cette année en Avignon a suscité la perplexité. En particulier, son adaptation du chant XIII de l'Iliade qui a suscité nombre de commentaires mitigés. Donné dans la carrière de Boulbon, il rassemblait une vingtaine de participants pour un spectacle choral où les acteur/chanteurs/danseurs/ lutteurs psalmodiaient, proféraient le texte d'Homère (en russe) avec une violence tout à fait en accord avec le propos, se battaient à coup d'épées et de lances ou composaient une chorégraphie étrange qui évoquaient des danses guerrières venues d'Asie. Alors évidemment ceux qui étaient venus avec leurs bambins, pensant assister à une sorte d'Iliade illustrée, ont été sûrement déçus : mais pour moi, une fois l'effet déstabilisant des premières scènes passé, le spectacle m'a pour ainsi dire aspiré dans cet univers à la fois violent et ritualisé où le plateau semblait une toile et les acteurs des tâches de couleur mouvantes. Un tableau animé et sonore, en quelque sorte, où le récit (c'est un peu répétitif l'Iliade, certains doivent s'en souvenir) s'évanouit au profit d'une action parfaitement dessinée et rythmée. Alors c'est long (trois heure quasi) trop long sans doute, surtout pour ceux qui, comme moi, avaient attendu presque minuit avant que la pièce commence parce que la scène avait été détrempée par une de ces pluies intempestives qui a donné tant de serpillères à retordre aux organisateurs du festival. Mais l'impression qu'on en garde est marquante. La Poursuite du vent : grâce à Viviane de Muynck, Jan Lauwers se rachète Après le décevant Bazar du Homard, je me suis quand même rendue au Théâtre municipal pour assister à la Poursuite du vent, un texte autobiographique de la poètesse Claire Goll, interprétée magistralement par Viviane de Muynck. Seule en scène, sur un plateau nu, sur lequel descendent des spots dont l'intensité lumineuse varie au cours du spectacle, l'actrice campe une Claire Goll sur la fin de sa vie qui raconte ses jeunes années, sa relation avec Yvan Goll et ses autres amants, les femmes et les hommes qui l'ont marqué et qui ne sont autres que Dali, sa femme Gala, Malraux, Brecht ou Helena Rubinstein.D'une simplicité sans rature, le spectacle se met au service du texte et d'une actrice qui s'allient formidablement l'un à l'autre. La théâtralité dicrète et fait sûrement regretter à ceux qui avait vu la Chambre d'Isabella une scénographie plus foisonnante. Mais que voulez-vous ? Jan Lauwers s'en est donné à cœur joie avec son homard, et sans trop de discernement. Ici, il se fait un peu oublier... Rats et poulets : le bestiaire de Copi par le Théâtre des Luciole Cette année, au Festival d'Avignon, le Théâtre des Lucioles présentaient deux spectacles. J'ai déjà donné mon avis sur le premier, la Tour de la Défense, c'est à présent au tour du second qui en regroupe en fait deux : Les Poulets n'ont pas de chaises et Loretta Strong. Loin du clinquant de la Tour de la Défense, ce double spectacle est servi par un dispositif scénique circulaire qui tient du cabaret (sauf que les spectateurs ne sont pas attablés). Et c'est en effet à une revue que nous convie d'abord la troupe des Lucioles : le spectacle commence par une projection animée des dessins de Copi. Puis les acteurs viennent à leur tour jouer des sketches en intégrant les dessins dans leur jeu : le femme sur la chaise est flanquée de son poulet et ses filles faussement niaises ne perdent pas d'occasion d'écraser un escargot, pourtant fort sympathique au deumeurant ... Dans une seconde partie, Marcial di Fonzo Bo est seul en scène ...si l'on peut dire... car il n'y a bientôt plus de scène. L'action de Loretta Strong commence sur le plateau circulaire qui entoure le public, mais se continue au milieu des spectateurs. Loretta Strong, depuis sa navette spatiale où elle est supposée se faire féconder par des rats, est en communication téléphonique avec une certaine Linda qui, depuis la base, est en plein émoi érotique, mais Loretta a déjà fort à faire avec ses rats. L'acteur, suspendu par un filin, va et vient au dessus des têtes des spectateurs, en se débattant avec un énorme rat (en peluche) et débite à toute vitesse ce monologue insensé ... en totale empathie avec l'imaginaire délirant de Copi. ![]() La Tour de la Défense par le théâtre des Lucioles Marcial di Fonzo Bo et sa troupe ont effectué une tournée triomphale avec La Tour de la Défense de Copi. Bon, c'est sûr qu'il y a du spectacle. Le décor est somptueux : une boîte de verre qui figure un appartement high-tech avec sa cuisine salle à manger modern style, sa salle de bain et sa chambre. Les parois permettent de faire des projections : des nageurs aux corps atléthiques, filmés sous l'eau et Paris by night, vu de la Défense. D'emblée le ton est donné : nous sommes chez des jeunes bourgeois très hype et très en crise.Deux hommes qui s'aiment , mais se déchirent, une voisine sous acide qui ne veut pas rentrer chez elle, un travelo qui s'invite et le gigolo de la voisine, tout cela réveillonera de conserve, d'un gigot brûlé et d'un serpent extrait des canalisations de l'immeuble. La farce tourne au tragique lorsqu'il apparaît que la voisine s'apprète à s'envoler pour les États-Unis avec le cadavre de son enfant dans une valise... L'affaire tourne mal, donc, mais finalement, elle nous intéresse assez peu. Alors évidemment, la pièce se veut satirique, parodiant le boulevard en en reproduisant une situation de base (un réveillon, un couple au bord de la rupture, l'irruption d'éléments extérieurs) et en y introduisant à chaque étape un effet de décalage qui fait glisser le propos vers un burlesque totalement déjanté. Mais... cela demeure du boulevard et, au contraire d'autres pièces de Copi, l'auteur en semble curieusement absent. Les pérégrination mentales de Joseph Nadj - Deuxième partie Après avoir laissé derrière moi la Place des corps Saints et l'Église des Célestins, c'est vers l'École d'Art que mes pas me dirigent. Sise boulevard Raspail, dans un ancien hôtel, bâti au XVIIe siècle, l'école abrite trois expositions.Entrant dans l'école, par la rue adjacente, on peut voir les "Miniatures", les dessins de Joseph Nadj : hommes occuper à des rituels étranges, accompagnés ou nom d'animaux, souvent enfermés dans d'étroites pièces. Le dessin est précis, le fond est crayonné de façon à donner un relief à l'espace de la feuille, qui s'il est réduit, n'en est pas moins très élaboré : le cadre de la scène, la disposition des êtres et des objets font que ces miniatures sont des lucarnes ouvertes sur un univers où il se passe des choses extraordinaires. Entrant par le jardin, on accède à "La maison du petit-sable" qui regroupe les photographies que Joseph Nadj a prises d'une maison occupée et décorée par des Roms, puis délabrée par le temps. Superpositions de tentes : peinture, papier peint, fissures, orifices, Nadj cadre un détail et l'image qui en surgit raconte cette histoire à travers les states et les sédiments qui s'y sont déposés. Dans les pièces suivantes, "Le Chemin des arbres" rassemble des dessins, des fusains, des encres d'Alexandre Holan dont l'œuvre a marqué Nadj : troncs massifs, feuillage qu’on imagine bruissant, à mi-chemin entre le ciel et la terre, l’arbre fascine ceux qui voient en lui une métaphore, voire un modèle de l’humaine condition. Or, contrairement à Alexandre Hollan qui a quitté la Hongrie en 1956, ou à Joseph Nadj qui, vivant en France depuis 1980, retourne fréquemment dans sa ville natale Kanizsa, en Voïvodine, l’arbre, en principe, est lié à la terre qui l'a vu naître. Les deux parties de l’exposition renvoient donc à un sème commun : attachées au sol comme l’est l’arbre, ou en constante migration comme le sont les Roms du Petit-Sable, les photographies de Joseph Nadj et les dessins d’Alexandre Hollan racontent le rapport problématique de l’artiste à une origine. L’origine, qu'elle soit réelle ou mythique, est aussi au cœur de « Dernier paysage », film dans lequel Nadj esquisse un traité de géographie personnelle : en son centre Kanizsa, autour, des tumuli, érigés par ses occupants il y a quelques millénaires, qui fascinent Nadj, un ruisseau d’argile dans lequel il s’immerge, s’en couvre le corps, se transformant ainsi en sculpture vivante. Et des prairies, aux herbes mollement couchées par le vent, qui plongent, durant un instant, le paysage dans un état de grâce. Ainsi, pour Nadj, le sol n’est pas inerte : il est meuble, il est fluide, il est vivant. Alis, la langue coupée en 2Posté par Julien le 18.07.06 à 18:25 | tags : avignon off
![]() Petite entreprise onirique depuis près de 20 ans, Alis officie aux frontières du spectacle vivant, de l’édition, des arts plastiques et des arts numériques. Essentiellement visuels, ses spectacles procèdent d’une étonnante découverte : chaque mot de la langue française, écrit, peut être sectionné « d’un gigantesque coup de bistouri horizontal », puis chacune des moitiés célibataires recollées à une autre selon un nombre conséquent de possibilités. Par ce procédé que les surréalistes n’auraient pas renié, on découvre que des mots qu’on croyait familiers recèlent tous des moitiés insoupçonnées et parfois cocasses. Voici la poésie à 2 mi-mots. Montée comme une conférence et une pseudo-enquête historique, à la fois très docte et complètement branque, La langue coupée en deux est le genre de spectacle qui vous décroche lentement la mâchoire inférieure et vous fait lâcher des « ooh » béats.La langue coupée en 2 de Pierre Fourny, Cie ALIS / Picardie à 14h00 | du lundi 10 au 21 juillet, sans relâches. Durée : 1h10 au Palace Théâtre 38, cours Jean-Jaurès, Avignon La tête du public
Bartabas pédagogue![]() Il faut dire que la seule fois où je l’avais entendu parler, c’était il y a plusieurs années, à la radio et j’avais relevé un lapsus qui m’avait semblé résumer le personnage. Bartabas avait prononcé une phrase qui commençait par : « Le cheval, comme les autres êtres humains… ». Je dois dire que cela m’avait durablement marqué et que j’avais depuis considéré Bartabas comme un personnage dont le discours devait être pris avec circonspection. Pour résumer, je dirai qu’il a parlé de son travail de dressage, de son rapport avec ses partenaires (les chevaux, bien sûr), qu’il évoque comme des « instruments vivants ». Et de comparer le rapport qu’il entretient avec cet animal à celui que le musicien entretient avec son instrument. Aucune mystique là-dedans, il n’a même pas développé sur le thème de la fusion homme-cheval. Certes, il a déclaré qu’il se voyait formant avec sa bête une figure de centaure et qu’il a appris à ses chevaux à réfléchir. Pour moi, cela renvoyait plus à son imaginaire et à l’expérience concrète du dressage qu’à une quelconque vue théorique sur le rapport de l’humanité avec les autres espèces. Sur la parole, Bartabas a beaucoup à dire : il la considère comme inadaptée à la communication entre les êtres. La preuve : il parle toujours trop ou pas assez, dit-il. Sauf avec son cheval grâce à qui, dit-il, il a su développer d’autres formes de communication. N'étant pas cheval moi-même, je ne saurais dire lesquelles, mais en tout cas, avec le public réuni ce jour dans l'amphi 2 de l'Université d'Avignon, il a réussi sa leçon. Une laborieuse entreprise - H. Levin à AvignonPosté par Catherine le 17.07.06 à 12:34 | tags : arts visuels, avignon off, festival d'avignon 2006, théâtre
Un riche, trois pauvres de Louis Calaferte
"C’est toujours toujours la vie et l’amour, c’est encore encore la vie et la mort." Un riche, trois pauvres, de Louis Calaferte, par la Compagnie Les Crieurs de Nuit Koffi Kwahulé - reproduire l'émotion de l'improvisationPosté par Catherine le 16.07.06 à 08:17 | tags : avignon off, entretien, festival d'avignon 2006, théâtre
Est-ce la première fois que vous mettez en scène vos pièces ? Blue-S-cat / le temps suspendu
Peepshow dans les Alpes / théâtre-réalité
Battuta de Bartabas : un spectacle viril
Joël Pommerat - la consécration à Avignon
Joël Pommerat au Festival d'Avignon In 2006 : Mnemopark - un monde de train en miniature
Prenez Mnemopark, spectacle importé de Suisse : sur le plateau, tout un monde de train miniature. Un parcours à travers la Suisse en modèle réduit, avec ses maisons de montagne robustes, ses pâturages, ses quais de gare et ses ponts, mais également sa part d'inattendu et de farfelu : une traversée d'aquarium ou une montagne de viande par exemple. Des comédiens, des acteurs ? Non. Pour présenter et faire vivre ce décor, qu'ils ont d'ailleurs fabriqué eux-mêmes, une poignée de modélistes passionnés. Ces derniers se présentent au public : à quand remonte leur passion, la date de leur première loco, la taille de leur flotte actuelle, l'activité professionnelle qu'ils ont mené en parallèle... Quatre hommes et une femme d'une soixantaine d'années, dans leurs vêtements de tous les jours. Pour les accompagner, et dans le rôle du meneur, une comédienne. Mais elle aussi se présente sous son vrai nom et partage avec le public sa propre expérience de jeune fille de la campagne. Le tout en allemand surtitré ou bien en français avec fort accent et même quelques fautes de prononciation sympathiques. Mnemopark, par le Riminiprotokoll, mise en scène Stefan Kaegi, festival Avignon In Stefan Kaegi présente également à Avignon Cargo Sofia-Avignon, un voyage en camion bulgare Les pérégrinations mentales de Joseph Nadj - Première partiePosté par JdF le 14.07.06 à 12:26 | tags : danse, festival d'avignon 2006, josef nadj, loufoque, pâques, théâtre
Pas plus tard qu'hier, j'écrivais tout le bien que je pensais d'Asobu, de Joseph Nadj. Il est temps, aujourd'hui de décrire le parcours que, de l'église des Célestins, à l'Ecole d'Art, jusqu'à la Maison Jean Vilar, j'ai effectué afin de m'immerger dans l'univers mental de ma nouvelle idole. Commençons par l'église des Célestins, où sont disposées quelques sculptures et céramiques de Miquel Barcelò. Le lieu est impresionnant et donne aux pièces exposées un petit quelque chose d'archaïque, comme si elles avaient été exhumées de fonds marins ou de sépultures millénaires. L'église, quelque peu délabrée, est plongée dans la pénombre, le sol est poussiéreux, la présence d'un moniteur video, devant lequel personne, du reste, n'a pensé à disposer des sièges, est parfaitement incongrue. Voilà une première étape qui commence déjà à faire vaciller mes repères spacio-temporels : un lieu d'expostition ou une crypte ? Des œuvres d'un artiste vivant ou des vestiges d'époques disparues ? Vases ornés de poisson en bas-relief, tête de cheval dit "crucifié". Tout se passe comme si j'étais confrontée à une représentation du monde originelle. C'est pourquoi, je ne fus pas dépaysée, lorsqu'au Musée Calvet, visitant l'exposition, "Figures de l'acteur, la paradoxe du comédien", je fus frappée par deux toiles grand format du même Barcelò. L'une "papier journal" est une tranformation de ce matériau par le plissage, le grattage, la peinture que Barcelò lui a appliquée. L'autre "fond marin", évoque tout à fait un sol sablonneux couvert d'algues. Dans les deux cas, la toile sert à matérialiser un imaginaire : l'inconnu des profondeurs marines à l'artefact de notre banalité quotidienne. Cela ira pour ce matin, ce soir, je vous raconte la suite... Église des Célestins Place des Corps Saints Ouverte tous les jours de 11h à 16h Le musée Calvet Hôtel Villeneuve-Martignan 65, rue Joseph Vernet T. 04 90 86 33 84 Mail : musee.calvet@mairie-avignon.com Ouvert tous les jours sauf mardi de 10h à 13h et de 14h à 18h Avignon - le temps qu'il fait et autres considérations
Black Battles with Dogs in Avignon
Black Battles with Dogs de Bernard-Marie Koltès Tenue de Soirée : Demain j'arrête
Jan Lauwers : Un homard qui ne passe pas... Quelle déception : après les descriptions alléchantes que j'avais lues sur La Chambre d'Isabella, je me réjouissais tant à l'idée d'aller pour le première fois voir un spectacle de Jan Lauwers ... Et de me retrouver à l'arrivée devant un Bazar du Homard bâclé et totalement indigne de ce que Jan Lauwers a, semble-t-il, fait dans le passé. L'installation scénographique elle-même (faut-il rappeler que Lauwers est d'abord un plasticien ?) témoigne d'un effort d'imagination minimal : pour un homme qui est supposé savoir créer un univers mental sur une scène, Jan Lauwers ne s'est pas fatigué dans la préparation du Bazar : une scène vide ornée de quelques sculptures, genre totems indiens, le tout blanc comme neige, et des buches installées au pied d'un arbre attendant sagement l'évocation de l'incendie pour rougeoyer. Car il y a un incendie, un enfant mort qui ne l'est peut-être pas, un couple qui se déchire à ce sujet, une femme qui disparaît (noyée ? peut-être), un homme qui tente de se noyer à son tour (dans le film, il n'a pas l'air d'y parvenir, mais bon...). Parce qu'il y a des films aussi. Trois. Le premier est une mise en bouche, en quelque sorte : un homme (c'est un réfugié nommé Mo, on l'apprendra plus tard) navigue tranquillement sur un canot pneumatique, dans une sérénité tout à fait inhabituelle pour quelqu'un en train d'aborder un rivage étranger en toute illégalité. Un deuxième film évoque la mort de l'enfant, terrassé par les coups d'un autre garçon, sans que ces coups aient l'air d'inquiéter plus que ça ni le père, ni l'autre adulte présent. La violence du film s'en voit d'ailleurs renforcée et c'est peut-être le seul moment où il se passe quelque chose de prenant durant l'ensemble du spectacle. Le dernier film montre le père essayant d'être submergé par les vagues : étant donné que l'eau ne le recouvre que de quelques centimètres, son entreprise semble bel et bien vouée à l'échec. Bref, il se passe à la fois tout et rien dans ce bien nommé Bazar : l'affaire commence par un homard renversé sur un pantalon blanc et se termine par l'histoire d'une jeune prostituée devenue elle aussi réfugiée, histoire dont nous ne saurons pas grand chose. Le spectacle lance mille idées et n'en développe aucune, les acteurs n'ont pas vraiment l'air de croire en leurs personnages, le tout évoque une soirée chic où les invités se livrent à des jeux de rôle et à quelques numéros de karaoké : une amusante soirée entre amis, où le spectateur fait antichambre. Avignon - c'est parti !Posté par Catherine le 11.07.06 à 10:14 | tags : festival d'avignon 2006
Personnalités des arts de la scèneFluctuat.net inaugure une collection de fiches biographiques consacrées aux grandes personnalités des Arts (Artistes et peintres en Arts, Acteurs et réalisateurs en Cinéma, Ecrivains en Littérature..). Pour ce qui concerne les arts de la scène, nous nous sommes intéressés aux personnalités du théâtre et de la danse. Jugez plutôt :
- Dramaturges et théoriciens :Antonin Artaud Bertolt Brecht Copi Dario Fo Eugène Ionesco Jean Genet Tadeusz Kantor Arthur Miller Molière Jean Racine Giorgio Strehler William Shakespeare Antoine Vitez Jean Vilar - Chorégraphes : Jérôme Bel Pina Bausch Boris Charmatz Merce Cunningham Régine Chopinot Romeo Castellucci Mathilde Monnier Matthias Langhoff Alain Platel Angelin Preljocaj François Verret Robert Wilson - Metteurs en scène : Peter Brook Patrice Chéreau Daniel Mesguich Ariane MnouchkineJosef Nadj Stanislas Nordey Roger Planchon Jean-Michel Ribes Bernard Sobel Jérôme Savary Work in progress bien sûr. Pour toute remarque ou suggestion, utilisez le formulaire de soumission du blog. L'ADAMI en AvignonPosté par JdF le 10.07.06 à 09:57 | tags : arts visuels, avignon off, festival d'avignon 2006, théâtre
Le programme est disponible sur le site de l'Adami. Des pieds et des mains à Lons-le -Saunier Lons-le Saunier, c'est dans le Jura et c'est une ville pleine d'arcades, un peu comme Bologne, en moins grand, mais très charmant. Eh bien, à Lons-le Saunier, se déroule ce week-end, le Festival de danse, de théâtre d'objets et de marionnettes à l'intention du jeune public. Chapiteau, roulottes et ambiance foraine garantie ! Un concert Tzigane est prévu samedi soir. Les spectacles se dérouleront au Parc des bains et les rues de la ville accueilleront des concerts-conférences et des percussions. Du 7 au 9 juillet 2006. à Lons-le-Saunier (39), le Festival des Pieds et des Mains Organisé par l’association Les piments givrés Donnedieu de Vabres en AvignonPosté par JdF le 06.07.06 à 15:02 | tags : festival d'avignon 2006
Je reçois à l'instant un communiqué du ministère de la culture et de la communication, dont je m'empresse de vous faire part : "Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture et de la communication, se rend au 60e Festival d’Avignon les 7 et 8 juillet".Avouez que vous auriez regretté de ne pas le savoir à temps. Car le 7 et le 8 juillet, si je ne me trompe, c'est demain et après-demain, donc vite, vite, préparez vos suppliques, mesdames et messieurs les intermittents, ou vos tomates (ça c'est pour les interluttants, tendance radicale), vos rond-de-jambes ou vos imprécations, mesdames et messieurs les directeurs/rices de lieux culturels qui espèrent voir augmenter (ou ne pas voir diminuer) leurs subventions. Allez : je vous donne même son emploi du temps : demain, vendredi 7 juillet, il inaugurera l'exposition, "Figure de l'acteur - le paradoxe du comédien", présentée au musée d'art contemporain. ensuite, à 18h30, il se rendra au Couvent des Célestins, à une autre exposition, celle de Miquel Barcelo. Ensuite, il assistera à la première d'"Asobu" de Josph Nadj, au Palais des Papes. Assez pour demain. Après-demain : à 10h30, il présentera, dans le Cloître Saint-Louis ce que le ministère a organisé sous le nom de : "Une journée particulière : 24 heures pour célébrer 60 années de décentralisation théâtrale", qui aura lieu en deux temps. Puis, à 13h30, il déjeunera avec des artistes, ce qui donnera l'occasion à Joseph Nadj et à Olivier Py de lui demander des compte au sujet de la diminution de leur subventions. Voilà ce que c'est qu'un agenda de ministre ! Montpellier danse regarde vers le large Mais oui, bon sang ! Comme l'avait fait justement remarqué une de nos lectrice à propos de mon encart sur le Printemps de la Danse en Charente, Montpellier Danse c'est en ce moment et nous sommes même dans les derniers jours. C'est sans doute le rendez-vous danse le plus couru et le plus couvert (médiatique mnt, s'entend, de l'hexagone), les férus de danse savent donc bien de quoi il retourne. Mais il n'est pas imortun de rappeler ici que, situation géographique oblige, Montpellier danse se veut tourné vers les autres rivages de la Méditerrannée : «L'idée de cette édition est de faire contrepoint ou contrepoids avec le triangle Paris, Berlin, Bruxelles, confie Jean-Paul Montanari, directeur du Festival. Ainsi, ont été conviés des chorégraphes venus de Turquie, de Tunisie, d'Espagne, d'Algérie, d'Italie ou encore d'Israël... ainsi, les spectacles de la Batsheva Dance Company, de Sara Baras avec son flamenco époustouflant et la compagnie Anania de Marrakech, animée par et son compatriote Taoufiq Izeddiou qui ont donné en création "Déserts, désirs", une pièce sur la séparation et le rapprochement des sexes. Par ailleurs, étaient attendus Anne Teresa De Keersmaeker et l'Orchestre national de Montpellier pour une création sur des musiques de George Benjamin et Claude Debussy, ainsi que William Forsythe dans une recréation d'un spectacle de 1988 conçu pour le Ballet de Flandre, Mathilde Monnier, Maguy Marin, Bernardo Montet, Gilles Jobin et Boris Charmatz. Vive le foot
Banc de touche Tragédie des enfants-soldats dans le offPosté par JdF le 04.07.06 à 10:27 | tags : arts visuels, avignon off, cinéma, des planches et des livres, théâtre
Charivarue à Cherbourg Avec cette grosse chaleur qui nous accable, on rêve d'horizons marins et on envie ceux qui sont . . . Tiens, à Cherbourg, sur les bord de la Manche, où se déroule, comme chaque année au début du mois de juillet, un festival des Arts de la Rue. Une trentaine représentations sont prévues en différents lieux de Cherbourg-Octeville. Grâce au Centre des Arts du cirque de Basse Normandie, le théâtre, le cirque et des spectacles de formes diverses viennet ainsi à la rencontre des spectateurs.CHARIVARUE Du 1 au 8 juillet 2006 Cherbourg-Octeville / Tourlaville Les Orientales : élitaires pour tous. Pas de temps pour un interview, je pars immédiatement à Saint Florent Le Vieil » Un rapide www.festival-les-orientales.com griffonné sur un bout de papier, et Alain Weber, le directeur artistique polyvalent, en charge des spectacles au Musée du Qaui Branly, s’était déjà éclipsé. Ne restait plus qu’à prendre le train et à débouler, en pleine campagne angevine, yeux et oreilles en alerte, car le week-end promettait d’être surprenant. Ce festival, en effet, est le meilleur qui puisse faire mentir ceux qui croient encore à une logique « d’audience » dépassée depuis belle lurette, selon laquelle il faudrait offrir au public ce que l’on croit qu’il aime et attend. C’est oublier que l’offre crée la demande et que la qualité finit toujours par rencontrer ceux qui se donnent les moyens de la reconnaître. Spectacle étonnant que trois cents personnes, massées sous un chapiteau piqué d’étoiles, applaudissant à tout rompre une chanteuse kalmouke ou des psalmodies soufies d’Ouzbékistan. D’autant plus étonnant que ces perles, dignes d’intéresser les musicologues les plus pointus, n’ont pas attiré pour l’heure que des têtes chenues et lunettées, bien au contraire. Le public est régional, bon enfant, et il applaudira avec le même enthousiasme le magicien indien, les danses khmères, le clarinettiste rom d’Istanbul et les chants syriaques dans l’Abbatiale. Une « culture musicale ouverte » est leur secret ; la curiosité, comme le désir de voyager « sur place » est celui d’autres spectateurs qui n’ont pas forcément les moyens de se rendre « là-bas » mais découvrent, attentifs et respectueux, les cultures différentes. Y a-t-il meilleur exemple de tolérance, et l’apprentissage des autres ne mène-t-il pas forcément à l’amour d’un soi élargi à l’humanité ? C’est cela, entre autres, qui flotte dans la douceur de ce début d’été aux couleurs de l’Orient, par la magie de la musique et des spectacles aux accents d'ailleurs. |
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