Archives > Août 2006Bucarest à Paris Bucuresti, le « Paris de l'Est » des années 30, a produit l'une des voix et des personnalités les plus attachantes du XXè siècle, Maria Tanase. Les Roumains, lorsqu'ils en parlent, ont le poil qui se hérisse, même s'ils n'ont entendu que des enregistrements de cette chanteuse hors du commun, à la fois poétique et engagée.On avait découvert (trop tard) Nathalie Joly dans le « Cabaret de l'exil » où elle égrenait avec chien et humour les airs les plus connus de Kurt Weill. On la découvrira cette fois dans « Paris-Bukarest », créé lors d'une résidence à l'Institut Français de Casablanca au Maroc dans le cadre de la francophonie. Ce sera au Passage vers les étoiles, 17, cité Joly dans le 11è (01 43 38 83 45), du jeudi au dimanche, entre le 14 et le 24 septembre. Les murs de ce théâtre si joliment nommé frémiront à leur tour, pour sûr, à l'évocation de cette passionara des années 30, trop injustement méconnue dans l'hexagone, que la voix de Nathalie Joly fera revivre, accompagnée à l'accordéon par Thierry Roques, dans une mise en scène de Maurice Durozier. L'Orient en scène La rentrée parisienne s'annonce pimentée de toutes les saveurs de l'Orient. Celles de la Route de la Soie, de l'Asie Centrale au Caucase, grâce au Festival d'Ile de France ; celles de la Thaïlande, à laquelle Cultures France consacre une programmation choisie ; celles enfin de l'Inde à travers trois versions du Mahabharata au Théâtre Claude Lévi-Strauss, quai Branly.Le coup d'envoi de cette Route de la soie francilienne sera donné le dimanche 3 septembre, au Château de Villarceaux (95), sous le titre prometteur « Un caravansérail à Samarkand », pour se terminer le 15 octobre avec « Les voix de la méditerranée ». Entre temps, la Danse des derviches, l'Orient russe, les Nuits d'Istanbul, la Légende de Rama auront été évoqués par des artistes d'horizons divers, musiciens pour la plusieurs, mais aussi récitants. La Maison des cultures du monde accueillera, elle, du 15 au 17 septembre, la compagnie Joe Louis, l'une des rares compagnies de théâtre de marionnettes traditionnelles de Thaïlande. Chacune des poupées, manipulée par trois marionnettistes, représente l'une des figure du khon, ce théâtre traditionnel masqué et dansé que les Parisiens auront l'occasion de découvrir, dans le cadre du festival Tout à fait thai, à l'Opéra de Massy, les 29 et 30 septembre, joué par des acteurs en chair et en os, cette fois. Enfin, entre le 29 septembre et le 8 octobre, le quai Branly présentera, dans son Théâtre Claude Lévi-Strauss tout neuf, trois versions du Mahabharata, retraversé par des compagnies d'Inde, du Japon et d'Italie. Un mélange détonnant, à coup sûr ! (Crédit photo : © Alice Pitoëff) Quartett : Matthias Langhoff au Théâtre de la Ville![]() Du 15 au 30 septembre, le Théâtre de la Ville présente au Conservatoire Quartett de Heiner Müller, dans une mise en scène de Matthias Langhoff. Imaginant le Vicomte de Valmont et la Marquise de Merteuil dans un bunker d'après la troisième guerre mondiale, Heiner Müller a signé avec Quartett celle de ses pièces qui a aujourd'hui la plus grande postérité. Guerre des sexes sur fond d'histoire des catastrophes du XXe siècle, la pièce devrait donner l'occasion à ses interprètes (en l'occurrence, François Chattot et Muriel Mayette) de donner la mesure de leur talent. Bérénice à Nanterre-AmandiersDu 13 septembre au 29 octobre, le théâtre de Nanterre-Amandiers présente la Bérénice de Racine dans une mise en scène de Jean-Louis Martinnelli. Bérénice, vous savez, c'est la reine de Judée que Titus, empereur romain, renvoya, "invitus, invitam", ce qui veut dire : "malgré lui, malgré elle", pour des raisons politiques. Bon. Quand on y réfléchit, cela a tout d'une tragédie racinienne, celle de l'amour confronté au devoir et pourtant... pas de morts, si peu de larmes... À l'époque de sa création, la pièce avait même été considérée comme une pastorale héroïque (genre apprécié alors) et peu appréciée par les doctes. Aujourd'hui, c'est le contraire, et Bérénice est appréciée comme l'aboutissement ultime de la logique racinienne en tant que le tragique résulte du fait que l'amour ne peut s'accomoder d'aucun compromis (avec le politique notamment), ni d'aucune souillure (que constiturait la mort d'un ou de plusieurs des personnages).
La Périchole à l'Aquarium![]() Julie Brochen s'est intéressée au personnage historique qui a inspiré Offenbach. Et voilà ce qu'elle en écrit : " Micaela de Villegas est née à Lima quelques années après l'écrasement tragique d'une révolte indienne, elle meurt deux ans avant la proclamation de l'indépendance du Pérou". Il s'agit donc de s'éloigner de l'univers frivole associé à l'opérette et considérer le personnage de la Périchole, qui en était le prétexte comme le sujet à part entière du spectacle. Jeanne Balibar, qui jouait Eléna dans Oncle Vania en est le rôle titre. La perspective de l'entendre chanter peut faire hésiter quand on apprécie peu la préciosité vocale dont elle s'est fait une spécialité, mais bon, il y a des amateurs... Peter Brook et Yoshi Oïda proposent deux formes simples![]() Pour sa rentrée, le théâtre des Bouffes du Nord programme deux spectacles qui sont des épures. Peter Brook qui ne fait pas, en général, dans la profusion, avait déjà présenté une lecture d'extraits des Frères Karamazov de Dostoievski sous le titre du Grand Inquisiteur. Mais alors, Paul Maurice Bénichou était seul en scène. Lors de la reprise, l'acteur se trouvera face à Ken Higelin. Le spectacle évoque un Christ qui, redescendu ici-bas, se trouve dans l'Espagne du XVIe siècle confronté au grand Inquisiteur. Dans une autre tradition religieuse, Interrogations, conçu par Yoshi Oïda, présente un maître zen et son élèves à qui il pose des questions qui doivent l'amener à trouver des vérités essentielles. Le théâtre qui, depuis que Peter Brook en a pris la direction fait volontiers se rencontrer plusieurs cultures. Comme l'avait tenté La Mort de Krishna avec Paul Bénichou (photo) et ces deux spectacle continuent ainsi une suite de formes simples cherchant chaque fois à rendre palpable une forme de mystique. A Love Supreme - in memoriam John Coltrane
Installés dans le bar du théâtre pour l'ambiance boîte de jazz, les spectateurs sont attablés autour d'une bière - ou bien, plutôt, serrés les uns contre les autres pour cause d'affluence. Le barman raconte comment il vécut ce jour terrible où il apprit la mort de JC, le 17 juillet 1967 à New York. JC, John Coltrane... Et comme rien mieux que la musique ne sait parler d'un musicien, un trio de jazz accompagne, illustre, répond au monologue. Si l'oreille tique sur le passé simple du récit, le texte saura sans doute captiver les inconditionnels de Coltrane qui pourront ici communier au culte de leur idole. Les plus ou moins néophytes en free jazz prendront la chose comme une initiation en douceur à cette musique pas immédiatement accessible. Pour ma part, j'avoue avoir préféré aux volutes du saxophone, la rigueur folle de la batterie. A Love Supreme D'après une nouvelle d'Emmanuel Dongala Mise en scène Luc Clémentin du 8 août au 9 septembre 2006 au Tarmac de la Villette Photo @Eric Legrand Reprise de Dons, mécènes et adorateurs à Gennevilliers Dernière mise en scène de Bernard Sobel au théâtre de Gennevilliers, Dons, mécènes et adorateurs a été salué lors de sa création, la saison passée comme une pleine réussite. Vous qui avez, comme moi, manqué ce spectacle, réjouissez vous ! Il sera repris à la rentrée, du 22 au 29 septembre.Théâtre de Gennevilliers
41, Avenue des Grésillons 92230 Gennevilliers
Plan d'accès Réservations : 01 41 32 26 26 Kristin, 52 ans Jusqu'où une femme de 52 ans, qui cherche du travail, peut-elle aller pour se faire remarquer ?, pour que l’un de ses talents, dont beaucoup prétenduement inutiles ou futiles, soit repéré ? Twirling baton en piétinant le drapeau français dans des grands jets de Coca Cola ; poses désespérées de femme mûre racolant dans une encadrure de porte, sur les paroles d’une chanson parlant de gamine et de viol ; jeu absurde dans une piscine improvisée où les emballages et les aliments, à peine consommés déjà jetés, flottent ou dérivent … Elle sait tout faire Kristin, ou presque, pour dénoncer ce qui la dérange dans ce monde qui, décidément, à bien du mal à tourner rond, sous le vol évocateur d'un hélicoptère jouet et le fracas des pétards qui rappellent trop justement une certaine guerre pas si lointaine. Car ce qu’elle veut, c’est du travail, non pour une compétence technique, mais pour une valeur humaine, la sienne, écorchée, révoltée.L‘une des images les plus fortes de cette performance est l’entraînement au paint ball sur nounours en peluche. Satisfaite, Kristin : elle a presque fait un carton plein ! Mais est-ce pour autant que quelqu’un lui donnera un emploi, à elle qui le réclame à longueur de trottoir, à longueur d’écritures sur sol dénonçant la précarité ? Une fois de plus, Princesses Peluches fait fort, tape juste, parce que, depuis qu’elle vole en solo, entourée de complicités artistiques choisies, l’interprète et conceptrice se sort les tripes à chaque proposition, tout en sachant garder l’élégance de la métaphore, du ludique et d’un regard plein de tendresse pour son personnage. L’une des créations les plus fortes vues au festival Fest’Arts de Libourne. Femmes de rue Contre vents et marées, elles se sont accrochées, au milieu de la foule et des voitures, et ça a marché ! Le public de Fest'Arts les a suivies dans leurs propositions d’univers, de parcours et a pleinement pu goûter leur talent, malgré un environnement peu propice. « Malgré », non dans le sens où une lutte sans merci aurait dû s’engager entre l’artiste, les spectateurs et ce qui les entouraient, mais tout bonnement parce que la magie de l’art et la puissance des interprètes ont eu raison des difficultés.Kristin, la dernière en date des Princesses Peluches, a râlé les premiers jours d’être placée en pleine circulation. Son interprète n’était pas encore assez sûre d’elle, la création étant encore « en cours ». Au final, ce sont ces conditions délicates et la bonne volonté des organisateurs, qui ont permis à Kristin de s’imposer et Caroline (l'interprète) a fini par reconnaître que la difficulté n’a pas que de mauvais côtés, en l’occurrence. Claudia N, elle aussi, a souffert lors de la première représentation de son solo. Crispée, malheureuse, elle a quitté la « scène », désolée d’avoir vu son parterre s’éclaircir. Et pourtant, les valeureux restants avaient été littéralement subjugués par sa force, son personnage et son histoire, au point d’en oublier littéralement ce qui les entouraient, tant l’interprète avait su intégrer habilement les aléas. Le lendemain, plus sûre d’elle, Claudia N ne faisait pas plus de public mais se faisait moins violence, et la magie d’opérer également. Deux grands moments, deux grands spectacles, parmi d’autres, vécus lors de cette quinzième édition de Fest’Arts, un festival qui tient le cap et sait composer une programmation variée, en pleine connaissance des artistes, de la ville et de son public. Des artistes … de rue ? Le festival Fest’Arts de Libourne organisait, pour la première fois cette année, des rencontres publiques où quelques compagnies, choisies parmi la programmation officielle, pouvaient échanger à propos de leurs spectacles et de leur métier. Ce qui en ressort principalement, c’est la notion, qui pourrait paraître étrange à certains, de « protection nécessaire » : pas de bruit, pas de foule sont les maîtres mots de ces artistes qui pourtant ont choisi de se produire en dehors des institutions et d’aller à la rencontre du public là où il se trouve. L’attrait d’une rencontre en dehors des sentiers battus, qui permet davantage de spontanéité dans les réactions, semble la principale cause de cet engouement pour le plein air, mais pas dans n’importe quelles conditions ! Ainsi, les jauges trop élevées, les perturbations sonores (circulation, buvette, beuglements de certains passants plus ou moins éméchés etc) sont les bêtes noires de ces artistes qui, paradoxalement, recherchent l’intime dans les espaces publics … La quadrature du cercle ? Pas tellement, si l’on en croit les compagnies invitées à Fest’Arts dont la plupart réussissent à préserver la qualité de leur travail en adaptant leur écriture à la rue et en choisissant soigneusement leur environnement. Encore faut-il que les organisateurs les respectent, ce qui peut être le cas si un dialogue s’instaure. Car ce que les artistes voient et vivent de l’intérieur n’est toujours pas ce que le public vit lui-même, et la confiance dans le professionnalisme des programmateurs est sans doute une base indispensable pour la compréhension mutuelle. Qui a dit que jouer dans la rue était une synécure ?Ben Hur, plus grand que la légende ? à voir...![]() Passé le 15 août, tout prend des allures de rentrée. Depuis les affiches publicitaires qui nous la vantent, jusqu'à la météo qui nous en donne un avant-goût, il faut bien s'y mettre aussi et envisager ce qu'on nous prépare pour cette rentrée théâtrale. Alors, commençons par un événement dont l'imminence n'a pas dû vous échapper : il s'agit du grand spectacle de Robert Hossein et Alain Decaux : Ben Hur, sous titré "Plus grand que la légende". Bien. Des infos sur le spectacle, on en trouve partout, ici par exemple. Mais ce qui a piqué ma curiosité, c'est l'origine de cette histoire de course de chars. Eh bien, il s'agit d'un roman écrit en 1880 par le Général Lee Wallace qui dirigeait une unité nordiste durant la guerre de Sécession et avait réussi à empêcher les troupes confédérées de marcher sur Washington. Déçu par la suite de sa carrière, durant laquelle il ne reçut ni les responsabilités, ni les distinctions auxquelles il estimait avoir droit, il écrivit plusieurs romans dont un qui eu la destinée que l'on sait. Précisons que le roman d'origine n'avait pas, vous vous en doutez, comme sous-titre "Plus grand que la légende", mais "A tale of the Christ". Alors Ben Hur, transposition des aventures de notre général écrivain sur fond biblique ? En tout cas, le fait est que son expérience militaire l'a certainement servi dans sa description de la course de chars. Course de chars qui n'est pas, du reste, la scène apologétique du roman, laquelle serait plutôt celle où la mère et la sœur du héros se voient guéries de la lêpre par l'onction miraculeuse du sang du Christ dégouttant de la croix... On imagine quelque chose à mi chemin entre L'Annonce faîte à Marie de Claudel et La passion du Christ de Mel Gibson. Quant à savoir si la scène apparaîtra dans le spectacle d'Hossein, mystère... et personnellement, j'en doute. Ben Hur, plus grand que la légende De Robert Hossein et Alain Décaux. Au Stade de France, du 22 au 30 septembre 2006 + dans les forums Théâtre : qui ira voir Ben Hur au stade de France ? + Lire la chronique de Ben Hur, Plus grand que la légende dans le mag La Route du cirque à Nexon![]() À Nexon, dans le Limousin, les amateurs des arts de la piste pourront suivre la Route du Cirque. Du 18 au 26 août, se réunissent 50 artistes qui proposent 16 représentations et 7 propositions dont une création nationale. La programmation donne envie avec des incroyables numéro d'équilibre (comme sur la photo), de jongleries, de clowns et d'autres réjouissances... Les Arts à la Rencontre du Cirque Tél : 05 55 58 34 71 / Fax : 05 55 58 34 43 Les Arts de la rue à Aurillac![]() Bientôt commence la nouvelle édition du Festival des Arts de la rue d'Aurillac. Déjà et jusqu'au 15 août, se déroulent les préalables, durant lesquelles huit des compagnies invitées donnent un avant-goût du festival qui aura lieu du 16 au 19 août. Aurillac sera alors investi par des centaines de compagnies et des dizaines de milliers de festivaliers. Beaucoup de spectacles sont gratuits et il ne restent au spectateurs qu'à se laisser porter de découvertes en découvertes selon ses envies et ses coups de cœur. Le triomphe durable d'Italienne, scène et orchestre Créé, il y a dix ans, Italienne avec orchestre de Jean-François Sivadier a été reprise et développée sous le titre d'Italienne, scène et orchestre et se joue jusqu'au 12 août à l'Opéra-comique dans le cadre du festival Paris quartier d'été. Le spectacle fait salle comble et les spectateurs se régalent. Il faut dire qu'intégrés de gré ou de force dans la dramaturgie, ces derniers sont tour à tour le choeur et les musiciens. Pris à parti par le metteur en scène puis par le chef, ils deviennent les confidents des solistes et les complices de la prima donna. Inclassable, le spectacle emprunte et déroge à tous les genres. Se jouant des clichés associés à l'Opéra, talienne, scène et orchestre ne tombe jamais dans la caricature. Pourtant, tous les moyens sont bons au metteur en scène pour défendre sa place face au chef qui, lui-même a fort à faire avec les exigences de la diva. La jeune première est à un tournant de sa carrière tandis que, de ridicule le ténor devient désarmant, en proie à une volubilité incontrôlable. Tous les interprètes s'en donnent à cour joie: Jean-François Sivadier incarne le chef d'orchestre avec brio, Nicolas Bouchaud est un metteur en scène au bord de la crise de nerf, Marie Cariès en jeune chanteuse électrisée par la présence de la diva est poignante tandis que Vincent Guédon est l'inénarrable ténor. On espère encore une suite ! La Strada de Graz : un festival en actionsPosté par Floriane le 10.08.06 à 11:58 | tags : arts de la rue, festival, international, sur la route
![]() Pascal et et Josy se baladent, en plein centre ville, vêtus de leurs seuls sous-vêtements. Aux terrasses, on les regarde à peine, deux policiers suivent à distance respectable et rassurent ceux qui s’interrogeraient, même pas interloqués : « C’est Strada ! », et les sourires de s’installer sur les faces, avant de replonger qui dans le journal, qui dans la conversation entre amis. Strada fêtera l’an prochain ses dix ans, c’est beaucoup pour un festival, le seul du genre, dédié aux arts de la rue et à la marionnette, en cette Styrie verdoyante. Assez, en tout cas, pour que la population y soit habituée et considère comme acquis ces « légers décalages dans les rouages du quotidien » qu’affectionnent particulièrement la compagnie Cacahuète. Polis, les Autrichiens, policés même, voire indifférents (ce qui pourrait s’avérer pire, vu les scores d’un certain parti, pas tout à fait à gauche, il y a quelques années). Les compagnies françaises étaient à l’honneur cette année : Jo Bithume qui signait l’inauguration, et le final (avec son spectacle sur Frankenstein), Tango Sumo, toujours vifs et courageux malgré les intempéries, les Alama’s givrés, fidèles au festival au point d’avoir traduit une partie du texte en allemand, pour la plus grande joie des spectateurs.De production locale ? Point, pas dans la rue en tout cas, ou pas encore, car les stagiaires de Cacahuète, qui ont appris en une petite semaine les principes rouages de l’intervention, pourraient bien, si on leur donne la chance de persévérer, s’inscrire dans la filière de ce qui, il n’y a pas si longtemps, s’affichait sous le nom d’actionnisme (viennois) dont l’un des fers de lance était précisément de Graz ! Et ça tomberait particulièrement bien puisque sa fille, Diana, n’est autre que la co-directrice du festival. Pas morte, la relève ! La Strada Du 25 juillet au 5 août 2006 à Graz (Autriche) Site officiel Les arts de la rue à Libourne À Libourne, en Gironde, les 10, 11 et 12 août seront consacrés aux arts de la rue. Le Festival Fest'Arts fait venir une vingtaine de compagnies qui proposent des spectacles de théâtre, de cirque, de clown... Quelque trente spectacle sont programmés chque jours, de 11h à 1h du matin : autant dire que les rues vont âtre animées... Renseignements à l'Office du tourisme Allées Robert Boulin Horaires d’ouverture : 10h à 21h Tèl : 05.57.51.15.04 fax : 05.57.25.00.58 Bureau du de Fest'Arts : «LA CENTRALE» Située à l’Ecole Jean Jaurès (rue perpendiculaire à la rue Gambetta). Horaires d’ouverture : 10h00 à 2h00 (du jeudi 10 au samedi 12 août 06) . Accueil des compagnies, des professionnels, de la presse et du public, . Programme du festival (gratuit), . Espace bar et restauration La footsbarn fait son festival !Du 9 au 13 août, se réuniront donc quarante compagnies qui joueront en plein air ou sous chapiteau. Il y flottera une petite atmosphère seventies pas désagréable : d'une part parce que le Footsbarn lui-même fête sont trente cinquième anniversaire et s'est donc constitué en 1971 et d'autre part, parce que le site fait aussi terrain de camping, qu'on s'y restaure sur des grandes tablées dans un esprit communaurtaire qui n'est pas sans rappeler ces glorieuses années... Footsbarn Travelling Theatre tel : + 33 (0)4 70 06 84 84 Le Far de Morlaix Jusqu'au 9 août, les arts de la rue se donnent rendez-vous à Morlaix. Le Royal de Luxe y retourne (il y a vingt ans, il avait montré à Morlaix sa première création) avec Soldes, deux spectacles pour le prix d'un qui raconte la tentative désespérée d’une compagnie théâtrale en fin d’existence de lier finance, culture, passion et reconnaissance perdue d’une vie partagée entre famille, public, théâtre, critiques et compagnons de route. Mais Le Far de Morlaix accueille aussi plus de vingt compagnies qui joueront sur les places, les parvis et sous quelques chapiteaux placés ça et là dans la ville. Renseignements : MJC 7 place du Dossen 29600 Morlaix tel : 02 98 46 19 46 Vite à Noirmoutiers !![]() Alors en ce moment, été oblige, je me balade depuis mon poste d'ordinateur : de festival en festival, je sillonne les routes de France en imagination. Et voici que je vois que Noirmoutiers accueuille un festival du 5 au 19 août. Or il se trouve que je garde un souvenir enchanteur de la presqu'île de Noirmoutiers où je suis allée il y a seize ans (la moitié de ma vie, déjà : horreur !) Bref, c'est un site préservé de cet urbanisme vacancier qui enlaidit tant de littoraux, c'est calme, sauf peut-être durant les jours qui viennent au moment où les artistes et festivaliers vont se rassembler sur les trois lieux dévolus aux représentations (le programme affirme accueillir en tre 5000 et 6000 spectateurs chaque année). En tous cas, j'en arrive au fait : en consultant la programmation, je vois que lundi 7 août (c'est-à-dire lundi qui vient) sera joué Peepshow dans les Alpes, un pièce de Markus Kobëli, dans une mise en scène que Catherine avait eu la chance de découvrir en Avignon et dont alle n'avait pas tari d'éloges. Alors, une chose à faire : se précipiter à Noirmoutiers ! Maison du Festival - Centre Culturel des Salorges Quai Jean Bart 85330 NOIRMOUTIER-EN-L’ILE Tél : 02.51.35.87.24 - de 10h00 à 12h30 et de 15h00 à 18h30 Marionnettes en pays Cathare Après les arts de la rue en tous genre, une incursion mimesque, tout est bon en ce début août pour crapahuter sur les routes de notre beau pays : voici jusqu'au 6 août, la marionnette à l'honneur à Mirepoix.Chacun sait que la marionnette s'évade depuis quelque temps déjà des formes où elle avait longtemps été cantonnée : elle s'inspire de traditions lointaines, accueille les objets et d'autres matériaux qui s'animent aussi, font surgir des univers insoupçonnables. Quant à Mirepoix, c'est une cité médiévale de l'Ariège, au pieds des Pyrennées, en plein pays Cathare. Le festival, dont le programme est consultable sur le site se déroule aussi dans les villages alentours, ce qui constitue une belle occasion de les découvrir. Assoc. Fil en Trope 6, rue Vigarozy 09500 Mirepoix Tél : 05 61 68 20 72 Les Fondus du macadam à Thonon les bains Théâtre, musique, cirque se déploient dans les rues de Thonon-les bains du 3 au 6 août (eh oui, c'est court, trois jours) pour la dixiéme édition des Fondus du Macadam. De la grand place à la petite épicerie de quartier, de la cour d'école aux marches de la basilique, tout est bon pour être investi par les artistes.Alors pour les vacanciers en Haute-Savoie, entre deux randonnées, voilà une halte toute trouvée ! Office du Tourisme Place du Marché tel : 04 50 26 21 07 Mimos : un festival de mime à PérigueuxMimos, c'est un festival qui présente des spectacles mais qui donne aussi l'occasion à tous de s'initier au mime. Les spectacle se jouent dans la rue et sur des scènes. Certains intègrent la video, comme quoi, le mime s'adapte à toutes les techniques et les esthétiques contemporaines. Bureau du festival Festival Mimos, "L'Odyssée", Scène conventionnée de Périgueux Esplanade du Théâtre 24000 Périgueux Tél : 05 53 53 18 71 Fax : 05 53 35 08 57 L'énigme Vilar par Olivier PyAvignon a retrouvé son calme. Les affiches ont disparu, les festivaliers aussi. Triste mois d'août... Histoire de retrouver un peu de la flamme qui a animé la ville trois semaines durant, un mot, pour terminer, du spectacle de clôture du In, jeudi dernier. Le programme annonçait "Ecrits de Jean Vilar", lecture d'une heure trente mise en espace par Olivier Py. A l'arrivée, nous voilà face à "L'énigme Jean Vilar", deux heures trente d'un spectacle tout feu tout flamme, une véritable épopée, comme les affectionne l'auteur-poète-metteur en scène. Pour orchestrer une fresque aux allures de final en apothéose de ce soixantième festival d'Avignon, Olivier Py a plongé dans la dense masse écrite par Vilar. Plus de 20 ans de textes théoriques, notes informelles à ses acteurs, correspondance. Il y est question du public, beaucoup (point central de la réflexion de Vilar), du texte ("du théâtre sans texte, c'est seulement du spectacle" disait-il), du théâtre en général et de sa fonction première: "Le théâtre, c'est un service public au même titre que l'eau et l'électricité".Un demi-siècle plus tard, à l'heure de la privatisation tous azimuts, la phrase résonne étrangement... Poète, penseur, imprécateur, homme de troupe: le spectacle retrace donc la vie et l'oeuvre du fondateur du festival, ses doutes et ses forces, sa nomination au TNP et ses belles heures de partage, tout autant que sa chute en désamour et sa mise au pilori par les jeunes générations. "Béjart, Vilar, Salazar", restant le cri de ralliement des rebelles de 68. Philippe Girard, poète des Illusions comiques prête sa silhouette longiligne et sa voix profonde à Vilar, tandis que les fidèles de Py, Nazim Boujenah, Olivier Balaruc, incarnent tour à tour Maria Casarès et Gérard Philipe, Anouilh, Julian Beck, Malraux ou Genet (Michel Fau, comme toujours génial). L'épopée jubilatoire donne l'occasion de réentendre des textes d'une incroyable actualité -universels, disent-ils- sous les épaisses murailles peuplées de fantômes. C'est magnifique. Le Paradoxe du comédien exposé en Avignon Dans le cadre de la 60e édition du festival, le Musée Lambert présente jusqu'au 1er octobre une exposition consacrée aux "Figures de l'acteur". Obéïssant à un principe thématique plus que chronologique, l'exposition explore les différents imaginaires liés à la figure de l'acteur : le/la tragédien/ne, les comédiens forains, la diva... Sont ainsi exposés des portraits des actrices qui se sont illustrées dans la tragédie aux XVIIIe et XIXe siècles, poses hiératiques, yeux levés au ciel... On peut aussi voir des documents retaçant le parcours des acteurs franaçais des années 30 et de la décentralisation : Jouvet, Vilar... Au rez-de-chaussée, des œuvres d'artistes contemporains interrogent la figure de la star : son image médiatique, l'impact qu'elle a chacun de nous, et la manière dont elle s'insinue, par le phénomène d'identification, dans le rapport que chacun entretient avec sa propre identité. Musée d'art contemporain - 5 rue violette - Avignon T. 0490.165.620 - F. 0490.165.621 |
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