Archives > Janvier 2007Faire l'amour / Paris-Tokyo à Mains d'Oeuvres![]() Faire l'amour, spectacle de Véronique Caye D'après le texte de Jean-Philippe Toussaint (Editions de Minuit) les 25, 26, 27 janvier 2007 à 20 h à Mains d'Oeuvres (Saint-Ouen) les 9, 10, 11 février 2007 au Red Brick warehouse Number 1 (Yokohama) Timon d'Athènes - Denis Lavant fait son show Evoquez le nom de Denis Lavant et tout le monde vous dira « ah, quel merveilleux acteur ! ». Le problème, c'est que les projets que rejoint le comédien sont assez inégaux. Nous en avions d'ailleurs déjà parlé... Un peu drogué des planches, le comédien est toujours plus ou moins en train de jouer quelque-part. En ce moment, c'est au théâtre de la Boutonnière que vous le trouverez. Il y interprète le rôle titre dans Timon d'Athènes de Shakespeare. Cette pièce, l'une des dernières écrites par le grand William, est assez étrange dans sa forme puisque, après quelques scènes d'exposition assez traditionnelles, le texte vire quasiment au monologue... L'occasion rêvée pour Denis Lavant de mettre toutes ses tripes dans la désolation et de la souffrance du personnage, et l'occasion pour les spectateurs de voir l'animal de très près. Mise en scène minimaliste, où, on l'a compris, tout repose sur le jeu de l'acteur et en particulier sur le charisme d'un Denis Lavant en roue libre. Mais malheureusement aucun éclairage sur le texte : pourquoi Timon reste-t-il si désespérement aveugle face à la banqueroute qui le guette, pourquoi ne comprend-il pas que ses prétendus amis ne sont que des profiteurs ? Mystère et boule de gomme.Timon d'Athènes, de William Shakespeare, jusqu'au 3 février 2007 au Théâtre de la Boutonnière (www). Marivaudages en série
Quatre pièces de Marivaux sont à l'affiche en ce moment en région parisienne. Faux semblants et travestissements, jeux de l'amour et du hasard, légèreté plus profonde qu'il n'y paraît sont autant de constantes dans sa belle écriture. Dans La double inconstance, présentée à Chaillot, Silvia, jeune paysanne est arrachée à son amoureux, Arlequin, par le prince épris d'elle, tandis que Flaminia, complice du prince tente de se faire aimer d'Arlequin. Oubliable, et évitable, cette version portée à la scène par Christian Colin dont on ne comprend pas la volonté de mise en scène. Dans un quatuor d'acteurs maladroits, la palme revient à Isild le Besco, insupportable de mièvrerie, dont ce sont ici les premiers pas sur une scène. Mieux vaut filer à Ivry voir La fausse suivante. Une femme travestie en chevalier pour mieux percer le mystère de l'époux qu'on lui destine. Truculent jeu de rôles, où l'envers du décor dévoile les hommes dans toute leur cruauté et leur imposture. Mise en scène par Elisabeth Chailloux, une comédie rondement menée qui fait la part belle aux comédiens. Et si Natalie Royer force un peu trop le trait en fausse suivante, Charlie Windelshmidt campe un sous-Don Juan habile et convaincant, et Adel Hakim un Trivelin réjouissant. La double inconstance, Théâtre national de Chaillot, mis en scène par Christian Colin (à droite, photo Brigitte Enguerand) jusqu'au 4 février. Un froid de Kronos - spectacle pour jeune public averti
Un Froid de Kronos, au Théâtre de la Commune d'Aubervilliers Profitons-en pour mentionner le très beau spectacle d'Ilka Schönbein, Chair de ma Chair, où l'on retrouve la même lenteur mais sur des images tout à fait splendides. Lire la chronique du spectacle et l'interview d'Ilka Schönbein dans le magazine. L'Autre : Enzo Cormann à la Colline
L'Autre, texte et mise en scène Enzo Cormann (présentation de la pièce sur le site du théâtre : www), jusqu'au 4 février au Théâtre National de la Colline Le regard de l'anatomiste : l'Ignorant et le Fou de Thomas Bernhard
La mise en scène de Célie Pauthe choisit de forcer l'effet de réel : décor où le réalisme est soigné, mur, portes, moulures sombres, tout reproduit l'univers oppressant de cette action qui peut aussi bien se passer dans l'Autriche d'aujourd'hui que dans un XIXe siècle qui n'en finit pas de finir : l'opéra comme art suprême, l'anatomie comme science de l'homme, renvoient toutes deux à une Histoire déjà lointaine et encore présente. Le médecin, joué par Pierre Baux, dont le rôle est incertain dans l'économie de la pièce est pourtant celui qui parle (de dissection) et qui, par la même occasion, dissèque les hantises et les obsessions des deux autres. Mais Pierre Baux le donne superbement à comprendre : perdu dans le vertige de sa propre discusivité, le regard de l'anatomiste, loin dêtre neutre, est intimement lié au type d'humanité qu'elle s'attache à disséquer. L'Ignorant et le Fou, de Thomas Bernard, mise en scène de Célie Pauthe au Théâtre Gérad Philipe de Saint-Denis, jusqu'au 4 février. Entretien avec Eric Lacascade![]() " Mais qui sont les barbares, en fait ? " Comme son adapation des Barbares de Gorki est programmée cette semaine à Paris (au théâtre de la Colline), j'en profite pour vous signaler la parution d'un entretien original avec le metteur en scène Eric Lacascade sur le mag Scènes. Celui-ci avait été réalisé par Nedjma cet été, lors de la création du spectacle en Avignon. Où il est question d'adaption ( et de vie et mort) au théâtre, d'horizontalité de la mise en scène et d'étrangeté. (Réjouissez-vous, c'est bientôt le festival d'Avignon 2007). Bon week end ! Quatre femmes et le soleil : temps de chien pour les dames![]() Quatre femmes dans les montagne catalanes. Deux jeunes, deux vieilles. Quatre situations maritales différentes : une vieille mariée, une vieille célibataire, une jeune mariée, et une jeune en âge de se marier. Les hommes sont absents - à la guerre ou aux champs. Ou morts. C’est Margarida, la mère, qui commande à tous. C’est surtout elle la gardienne de la vie dure et dépourvue de plaisir : interdiction d’aller au-delà du col, là où il fait soleil, interdiction de rêver, obligation de cacher ses joies et ses peines. « La vie est faite de résignation », « l’homme est une illusion », « une femme qui ne sait pas tuer le mâle dans son coeur est une femme perdue », tels sont ses principes... Et naturellement, à force de tant de refoulement imposé, ces femmes ont le désir à fleur de peau et l’homme est au centre de toutes leurs conversations : celui qui est la cause d’un drame survenu il y a vingt-cinq ans, celui qui pourrait bien causer le même genre de drame aujourd’hui, le bel ouvrier étranger, jeune et vigoureux. La pièce de Jordi Pere Cerdà, auteur catalan né en 1920, n’est pas sans rappeler les textes du grand auteur espagnol de la génération précédente, Federico Garcia Lorca. Dans Quatre femmes et le soleil, publiée en catalan en 1955, représentée pour la première fois en 1964 et présentée pour la première fois en France, on retrouve l’ambiance lourde de tabous de Yerma, Noces de Sang ou encore Dona Rosita. Mais ici les femmes parlent beaucoup. Leurs conversations tournent d'ailleurs souvent à la jacasserie. Elles expriment leurs désirs et leurs frustrations, cherchent à comprendre le passé et à imaginer l’avenir. Cette parole finalement assez libre constitue peut-être un espoir pour la condition féminine...
En tout cas, la mise en scène très sobre permet au spectateur d'entendre pleinement ce texte qui tend à montrer que la femme est un loup pour la femme et que sa libération ne pourra venir que d’elle-même...
Quatre femmes et le soleil de Jordi Pere Cerdà
Mise en scène de Neus Vila, Compagnie du Sarment au théâtre de l’Opprimé jusqu’au 27 janvier 2007, du mercredi au samedi à 20h30, le dimanche à 17 heures.
A noter, samedi 13 janvier 2007 à 18 heures au Théâtre de l’Opprimé : rencontre autour de l’oeuvre de Jordi Pere Cerdà avec l'auteur, Jean-Baptiste Para (poète, rédacteur en chef de la revue Europe) et Lionel Richard (poète, essayiste, collaborateur au Magazine Littéraire et au Monde Diplomatique)
Campagne de buzzPosté par Puck le 10.01.07 à 12:21 | tags : videos en scènes
Le théâtre à la télé : une bonne idée ?
Le théâtre à la télé, comme aux grandes heures de nos parents et grands-parents? Le service public s'est pris à rêver de succès d'audience en transposant les planches au petit écran. Voilà quelques mois, France 2 avait diffusé "Cyrano de Bergerac", pièce multi-moliérisée - et très réussie - de la Comédie Française, dans une mise en scène de Denis Podalydès. Las, l'initiative avait fait flop, du coup France 2 semblait traîner un peu plus des pieds. Mais Sacha Guitry est passé par là. En plein cinquantenaire de la disparition du grand maître de théâtre, le 3 novembre dernier voyait la diffusion de "Faisons un rêve", avec Pierre Arditi, Michèle Laroque et François Berléand, dans une mise en scène de Bernard Murat. Résultat : 5,4 millions de personnes ont répondu présent et la chaîne promet un Feydeau d'ici à la fin 2008. En outre, le 5 janvier prochain, rebelote avec la retransmission, en direct de "Fugueuses", dernière représentation de la comédie-grosse cavalerie qui réunit Muriel Robin et Line Renaud. Aura-t-elle le même succès ? Et à quand un retour au théâtre... public sur les chaînes... publiques ? Encore faut-il de bons réalisateurs dans le genre - car les spectacles retransmis ne souffrent pas la médiocrité -, pour espérer, pourquoi pas faire (re)trouver le chemin des théâtres aux télévores... |
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