Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.

Archives > Juin 2007

Les Orientales : du rêve à portée de TGV

Posté par Floriane le 20.06.07 à 18:37 | tags : festival, ici et là
Rien qu’à lire le programme, on voyage : Serbie, Bulgarie, Maroc, Tunisie, Rajasthan … réunis pour la neuvième édition de ce festival intègre s’il en est. Alain Weber, le directeur artistique, vieux routard des expressions culturelles populaires authentiques (lire son portrait sur Flu), a concocté cette année un programme faisant la part belle au lien avec la nature. Pas d’opportunisme dans ce choix, pas de récupération politique ; simplement la conscience d’une nécessité intrinsèque de respecter les forces qui nous entourent et dont les musiciens et poètes, de tous temps, se sont fait les truchements. Plus qu’aucun autre sans doute, les artistes issus des villages, enracinés dans des traditions ancestrales, savent transmettre cette sensibilité et la transformer en émotion esthétique. Une fois de plus, pour deux week-ends (du 22 au 24 juin et du 29 juin au 1er juillet), Saint Florent Le Vieil accueillera ces cultures venues d’ailleurs mais qui nous rapprochent tellement de nous, pour peu que nous leur prêtions l’attention intime qu’elles requièrent.
Programme complet sur le site Les Orientales.



Marseille danse

Posté par Floriane le 18.06.07 à 17:14 | tags : danse, festival
Comme à son habitude, le Festival de Marseille, qui en est à sa douzième édition, reste fidèle à son exigence d’intégrité et de découverte. Un vrai régal pour les aficionados de danse et de propositions artistiques « aux limites ». On flirtera pas mal avec les nouvelles technologies, époque oblige ; on retrouvera des grands noms incontournables mais intransigeants (Larrieu, Chouinard) ; on ira frayer avec le « in situ » (à la piscine, au parc) ; avec la musique aussi. Bref, c’est un programme éclectique à dessein qu’a concocté cette année Apolline Quintrand.
Un mois (du 19 juin au 13 juillet) pour découvrir la ville à l’aune des créateurs internationaux, triés sur le volet, qui partagent l’affiche avec les pointures hexagonales.
Photo : Ballet en deux actes de Marie Chouinard.






Le chien de la gardienne

Posté par Floriane le 15.06.07 à 16:17 | tags : théâtre de rue
Décor sonore sait, mieux que tout autre compagnie de rue, sans doute, faire percevoir les mystères qui se sachent sous le quotidien. Certains utilisent le texte ou la chorégraphie, eux s’emploient à faire entendre des sons, vestiges d’une histoire révolue, qu’ils intègrent parfois dans une composition musicale ou qu’ils laissent aux spectateurs le loisir de découvrir par le truchement de stétoscopes …
C’est au 104 rue d’Aubervilliers toujours en travaux et en préfiguration, que la compagnie Décor sonore est résidente en ce moment et a convié, ce week-end, quelques poignées de spectateurs à découvrir « l’écologie sonore » du pâté de maisons. L’influence de troupes comme OPUS, Joseph K ou encore Délices dada est flagrante, mais il est toujours agréable de se laisser raconter des histoires à partir d’un arbre, d’un parking ou d’une grille d’immeuble.
Tout y passe et est prétexte à musique : la boîte de t(h)on(s), propriété supposée de la gardienne du 104, (réel) ancien entrepôt de corbillards ; les jouets qu’elle proposait aux enfants pendant que les parents éplorés faisaient leur choix ; son fouet, accessoire de cuisine. Mais du chien de la gardienne, qu’a-t-on retrouvé ? pas le moindre jappement, pas le plus petit grelot ? Une gamelle ?
Les explorations de Décor sonore sont infinies et elles tiennent leurs promesses parce qu’elles s’appuient sur un solide équipement électronique, une belle inventivité de la part des interprètes et une participation bon enfant des spectateurs, ravis de retomber en culottes courtes, quand le bruit du vent dans les rideaux était le prétexte à toutes les histoires.



Égarés à la Bastille

Posté par JdF le 12.06.07 à 14:01 | tags : bastille, théâtre
Pierre Meunier est de retour : il investit le plateau du Théâtre de la Bastille, non pas en personne (on ne le voit pas), mais par sa voix qui reste off. Les énergumènes qu'il a rassemblés se livrent à des variations sur son sujet de prédilection : le rapport de l'humain à la matière. Pierre meunier explique que ce spectacle est né d'un travail mené en 1997 avec les patients d'un hôpital psychiatrique. La forme kaleïdoscopique de l'ensemble, les épisodes qui se suivent selon une logique qui nous échappe parfois mais qui laissent un souvenir prégnant.
Jean-Louis Coullo'ch (qui fut l'amant de Lady Chatterley dans le film de Pascale Ferran) commence très fort en infligeant à sa veste fourrée une tentative d'immolation par le feu. La suite montre des êtres qui affrontent un univers hostile, faits d'objets qui les emprisonnent ou les entravent. Lutte constante, rythmée par des moments d'un lyrisme poignant, tempérée par une bonne dose d'auto-dérision. Sans complaisance aucune, Meunier dresse un état des lieux des souffrances de nos contemporains.
Les Égarés, de Pierre Meunier avec Jean-Louis Coullo'ch, Frédéric Kunze, Valérie Laroque, François Tizon, Isabelle Védie. Jusqu'au 1er juillet au Théâtre de la Bastille (www).
Sur le mag : Lire la chronique de Floriane Gaber.



Emma Dante - nouveau théâtre italien au Rond-Point

Posté par Catherine le 08.06.07 à 09:20 | tags : théâtre du rond-point


Sicilienne d'à peine quarante ans, Emma Dante avait commencé par aller chercher le bonheur à la capitale. Après un passage obligé au conservatoire de Rome, elle avait mené sans grande conviction une vie de comédienne pendant une dizaine d'années. De retour au pays en 1999, pas totalement certaine de vouloir poursuivre avec le théâtre, elle fonde malgré tout la compagnie Sud Costa Occidentale avec des comédiens formés sur place. Elle fait jouer ses pièces en dialecte local et ô miracle, ça marche. Ses pièces sont remarquées, les prix tombent et des tournées italiennes, européennes et même mondiales sont négociées. C'est comme ça que les Parisiens ont l'occasion d'entendre du palermitain au théâtre...
Deux pièces d'Emma Dante sont donc proposées jusqu'au 17 juin encore au théâtre du Rond-Point. D'une simplicité apparente, toutes deux font appel au potentiel tragique des rapports familiaux. L'une, Vita Mia, questionne les liens entre une mère et ses trois fils, à l'ombre de la mort qui rôde. L'autre, Mishelle di Sant'Oliva, évoque crûment le combat quotidien d'un père et de son fils, prisonniers du souvenir tronqué de celle qui les a jadis abandonnés.
Aucun souci, le dialecte de Palerme n'est pas si difficile à saisir pour des oreilles françaises. Mais ce qui fascine surtout, c'est la hargne, parfois proche de l'hystérie, avec laquelle les comédiens incarnent leur personnage. Un jeu de comédien virulent et d'étranges moments de grâce qui laissent au corps toute latitude pour s'exprimer - comme cette étonnante danse du ventre du père dans Mishelle di Sant'Oliva - le théâtre d'Emma Dante n'est pas sans rappeler l'approche frontale d'un autre italien, Pipo Delbono. On ne connaît guère une telle frénésie sur les scènes françaises. A découvrir.

Deux spectacles de Emma Dante
Vita Mia et Mishelle di Sant'Oliva, jusqu'au 17 juin 2007 au Théâtre du Rond-Point
(photos @Philippe Delacroix)




Semianyki - la famille en russe et en clown

Posté par Catherine le 03.06.07 à 09:55 | tags : cirque, théâtre du rond point
Il ne fait pas beau en ce printemps bien avancé et il devient bien difficile de garder le moral au beau fixe... Heureusement, le théâtre du Rond-Point avait prévu le coup et est allé dénicher une compagnie de clown paraît-il très célèbre en Russie, le Teatr Licedei. Et voilà que ça déménage à fond les gamelles au Rond-Point des Champs Elysées! Ah oui, des gamelles, des vieilles photos, des poupées décapitées, des trucs, des machins et des bidules, la scène du théâtre en regorge. C'est qu'une drôle de famille y a élu domicile, et pour plus d'un mois. Un père, gentil moustachu alcoolique, prompt à la menace d'abandon de famille. Trois enfants et un bébé, soudés comme les doigts d'une main, bien que toujours prêts à s'entretuer. Et une mère, enceinte à ras-bord, amoureuse de son mari et jamais en reste d'une bonne blague. Car n'oublions pas que cette petite famille ("Semianyki" en russe, le titre du spectacle) a ceci de particulier qu'elle habite la planète clown. Et que donc tout est permis. Même de tenter d'étouffer le père, même de s'embrasser goulument à pleine bouche devant tout le monde, même d'attaquer le public à coup de polochons... Succession d'instants de la vie de cette famille bizarroïde, Semianyki ravit du début à la fin, au gré d'une bande-son (peut-être un peu trop présente) qui distille des vieux standards... d'Europe de l'Ouest. De gros éclats de rire, beaucoup de poésie, et un final explosif qu'on n'est pas prêt d'oublier. N'attendez pas : courez-y.

(La famille) Semianyki, création collective du Teatr Licedei
Théâtre du Rond-Point (www), du 10 mai au 8 juillet 2007
Photo : Philippe Delacroix.




Sur les trottoirs

Posté par Floriane le 01.06.07 à 09:09 | tags : festival, théâtre de rue
Ça y est, c’est la saison ! Les trottoirs vont refleurir de « propositions artistiques » comme on les appelle dans le sérail. Si, si, il s’agit bien de spectacles, mais avec un nom pareil, on peut se permettre de se planter. Ça a l’air méchant, dit comme ça, mais ça correspond plutôt à la réalité des arts de la rue : difficile de répéter efficacement dans sa cuisine ce qui ne prendra tout son sens que dans l’espace public. Du coup, les premières sont souvent chaotiques …
Trois événements, parmi des dizaines d’autres (l’hexagone en compte plus de 200 !), feront la part belle aux arts de la rue, dans les semaines à suivre. Des manifestation costaudes, ayant suffisamment de bouteille mais aussi de curiosité pour savoir panacher les « valeurs sûres » et les découvertes. Impossible (et inutile) de citer les compagnies qui y passeront : d’une part parce qu’il y en a trop, d’autre part parce qu’elles ne sont pas connues du grand public. Et pourtant, certaines d’entre elles ont plus de vingt ans d’existence (et de résistance) et ont fait plus que leurs preuves !
Bref, à Nanterre les 1,2 et 3 juin (festival Parades), à Villeurbanne les 21,22 et 23 juin (Les Invites), à Chalon Sur Saône, du 19 au 22 juillet (Chalon dans la rue) et à Aurillac, du 22 5 août, les artistes et les spectateurs feront le trottoir. Un peu de fantaisie dans ce monde sécuritaire ne fera certainement de mal à personne.
Illus. : Tout va bien, compagnie Kumulus, DR.





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