Archives > Juillet 2007Castellucci et Dreville artistes associés en 2008Posté par Nedjma le 26.07.07 à 15:20 | tags : festival d'avignon
Sans noms ou sans raisons : le cirque On les a connus plus nombreux, une vraie petite tribu qui, après des formations diverses en arts de la piste, avait fait l’effort d’acquérir un chapiteau, des camions, et de vivre la « vraie vie » des nomades. On les retrouve allégés d’une bonne partie de la distribution, égayée en quête d’autres aventures circassiennes. N’est resté que le noyau : un acrobate, un clown et un musicien. A eux trois, ils tentent de faire tenir une heure de spectacle, multipliant les apparitions, les techniques, les gags. L’écriture s’essouffle un peu, vers la fin ; on aimerait juste que la magie des premières apparitions se prolonge, que certaines trouvailles se développent. Mais on aime, malgré tout, l’atmosphère si particulière qui se dégage de l’ensemble, ce chapiteau-bar-brocante qu’ils ont aménagé comme ils vivent : avec simplicité et honnêteté. On aime la juste place laissée aux trois interprètes principaux, leurs rôles dans la petite musique qui s’égrène. Mention spéciale, et sans conteste, à cette incroyable figure de clown impassible née de la personnalité d’Amandine. C’est cela, le Cirque sans noms : un morceau de vie, en forme de spectacle.Fade HippolytePosté par Nedjma le 24.07.07 à 12:24 | tags : festival d'avignon
![]() Hippolyte, mis en scène par Robert Cantarella. Festival In d'Avignon jusqu'au 26 juillet, gymnase du lycée Mistral. Photo : © Christophe Raynaud de Lage. Lear / Sivadier : La machine théâtre s'active à vuePosté par Gflu le 24.07.07 à 12:00 | tags : festival d'avignon
![]() "On est là dans la tradition d'un théâtre de tréteaux sans esbrouffe qui existe surtout par l'incroyable investissement de ses acteurs - Sivadier se donne le rôle discret du roi de France. Des acteurs virevoltants, généreux dans une perpétuelle adresse au public" Lire la chronique du Roi Lear mis en scène par Jean-François Sivadier. Attention! Ububerlus...Posté par Nedjma le 23.07.07 à 21:21 | tags : festival d'avignon
Ubu Roi d'Alfred Jarry mis en scène par Alain Timar. Festival Off d'Avignon au Théâtre des Halles (17h30). La cartoon attitude d'Housch-ma-Housch
Kaput par Housch-ma-Housch à la Luna, Festival Off d'Avignon jusqu'au 28 juillet. Le monde à l'envers des Epis noirsPosté par Nedjma le 22.07.07 à 10:03 | tags : festival d'avignon
Le monde à l'envers par les Epis Noirs, Festival Off d'Avignon, au Paris (10h30). 60 ans en imagesPosté par Nedjma le 21.07.07 à 11:09 | tags : festival d'avignon
60 ans, 60 portraits, Maison Jean Vilar. Je me souviens de Vilar en Avignon, chapelle Saint-Charles. Photo : Vilar dans sa loge, photos d'Agnès Varda. Lire aussi l'entretien avec Agnès Varda. Cher Vincent ReitzPosté par Nedjma le 20.07.07 à 18:32 | tags : festival d'avignon
Parmi les nouveaux lieux mis en place par le festival cette année, le foyer des spectateurs et des artistes. Installé dans l'école d'art de la ville, un cocon tranquille où il fait bon se poser pour fuir la frénésie des rues chaudes et débordantes de musiques, de cris et de tracts. Dans le jardin, des transats multicolores et des tables basses. Une cour accueille les rencontres quotidiennes entre artistes et public. A l'intérieur, musique jazz, bar, revue de presse et plusieurs expositions consacrées à Novarina, Castorf et Dieudonné Niangouna (très beaux portraits de l'artiste dans les rues de Brazzaville). Mais aussi, et surtout, les mots des spectateurs. Les CEMEA animent des ateliers d'écritures de critiques de spectacles et leurs résultats se découvrent sur les murs. Amin, Marianne et les autres y disent tout le bien ou le mal qu'ils ont pensé des œuvres de Rodrigo Garcia, Frédéric Fisbach, entre autres artistes invités de l'édition 2007. Parmi eux, une lettre à Valère Novarina signée Vincent Reitz et titrée le plus simplement du monde : « Cher Valère Novarina ». Trois lignes et une multitude de post-scriptums pour évoquer L'acte inconnu, Dieu, la langue française et la voiture de tonton! C'est drôle et intelligent, loufoque et inattendu. Cher Vincent Reitz, merci... PS : où avez-vous trouvé tout ça ? Foyer du public, Ecole d'art, 15 bd Raspail, tlj 11h-18h. Richard III, entre farce et film de genrePosté par Nedjma le 20.07.07 à 15:13 | tags : festival d'avignon
Richard III par la compagnie Ludovic Lagarde, Festival In d'Avignon, Cloître des Carmes, 22 heures jusqu'au 26 juillet. J'ai mis une jupe - solo de clown au féminin
J'ai mis une jupe, Compagnie Claudia N. A noter: après Avignon, Claudia Nottale sera à Châlon dans la rue où elle présentera une nouvelle création, Mariage(s), du 19 au 22 juillet à 16 heures dans la cour de l'école maternelle Louis Lechère Les potes potaches de Superamas Une bande de potes à l'humour potache. Les garçons, torse nu, jouent de la guitare en buvant de la bière, les filles, dents blanches et corps de rêve se la racontent en salle de gym et rêvent de Mitch, Carlos, Bruce tout en dissertant sur les mérites du body-danza pour l'entretien des fessiers ! Bienvenue chez Superamas. Collectif de créateurs franco-autrichien estampillé danse-théâtre. Ils ont créé une série intitulée Big dont ils présentent le troisième épisode, sous-titré Happy end à Avignon. Ça commence comme une fête du patronage et se poursuit, entre extraits de films empruntés au répertoire, documentaire plutôt hilarant sur leur prétendue conquête de New-York, et répétition inlassable de dialogues de Sex and the City. Les créateurs affichent leur objectif : « ne pas laisser à Walt Disney le monopole de l'amusement ». Et c'est vrai qu'on s'amuse franchement, par moments. Mais ils assurent aussi qu'il ne s'agit pas de faire seulement des œuvres faciles et séduisantes ou tout simplement belles, mais de rendre compte de la réalité contemporaine, et « allier légèreté et complexité ». Pour être francs, on n'a jamais trouvé la complexité sous la légèreté et on a oublié cette pièce, quelques minutes seulement après le baisser de rideau. Big 3nd Episode par le collectif Superamas au Festival In d'Avignon, Gymnase Aubanel jusqu'au 21 juillet à 18h. Du pain plein les poches - romaneste fara efort*Posté par Catherine le 19.07.07 à 13:14 | tags : festival d'avignon
(*le roumain sans effort) Avignon Festival Off La claque Angels in AmericaUne plongée remuante et foisonnante dans l'Amérique reaganienne hantée par le sida. Le texte de Tony Kushner (en polonais sous-titré), l'incroyable équipe d'acteurs et la mise en scène de Krzysztof Warlikovski au lycée Saint-Joseph valent vraiment le voyage. On sort fourbu, mais heureux d'en avoir été. A voir à Avignon, ou ailleurs, plus tard. Pour lire la chronique dans le mag, c'est ici.
Les petites perles du Off : Urgences ! au RingPosté par Nedjma le 18.07.07 à 18:11 | tags : festival d'avignon
Urgences ! Par la compagnie Marie Pagès. Festival Off d'Avignon, 15h au Ring. Puis à la Maison des Métallos, Paris, en février 2008. Photo : DR. Le soleil, l'entretien et l'échangePosté par Nedjma le 17.07.07 à 12:48 | tags : festival d'avignon
Me voilà à Avignon. Passage de relais effectué. Je ne m'éterniserai pas sur la différence thermique entre Paris et ici, mais quand même... c'est bon d'avoir chaud ! Pour ce qui est de l'ambiance, on entre dans la deuxième partie du marathon. La fatigue commence donc à pointer le bout de son nez, la tension aussi, mais apparemment les salles font le plein. Premiers spectacles, premières déceptions. Côté Off, la rencontre au sommet entre les Mesguich père et fils au Théâtre du Chêne noir est un magnifique duo de comédiens entravé par un texte décevant (L'entretien de M.Descartes et M.Pascal le jeune par Brisville, à 16h au Chêne noir). Côté In, je n'ai pas résisté à l'envie d'aller voir l'Echange, malgré tout le mal qu'en a pensé Julie, dont j'attends avec impatience le « point de vue circonstancié ». Le texte est sublime, le lieu aussi... mais les deux tapis pendant à la corde à linge et le polyinstrumentiste Frédéric Le Junter sont à mille lieux de figurer l'immensité peinte par Claudel. Julie Brochen ne convainc pas dans le rôle de Marthe. Dommage.
La compagnie Joker et le baron de MünchhausenPosté par Catherine le 17.07.07 à 11:09
Puisque tout le théâtre français est réuni à Avignon, c'est l'occasion de suivre le travail de compagnies qu'on ne verra pas forcément jouer à Paris. J'avais été marquée en 2004 par le Cid all'improviso de la Compagnie Joker, venue du Nord Pas de Calais. La pièce m'avait particulièrement éblouie par sa virtuosité et la fusion réussie entre les techniques du clown et celles de la commedia dell'arte. Je me suis donc précipitée cette année pour aller découvrir la nouvelle création de la compagnie : les aventures extraordinaires du Baron de Münchhausen.Encore une fois, la compagnie Joker frappe fort : dès l'entrée, une charrette tirée sur le plateau est complètement dépecée et transformée en deux temps trois mouvements en un petit théâtre de tréteaux, puis le palais du Grand Turc et ses plus beaux tapis surgit de nulle part ; plus tard, un paravent se transforme en baleine goulue... Le dispositif déployé pour cette version très personnelle des aventures du Baron de Münchhausen est proprement impressionnant. Les quatre amuseurs au langage incompréhensible embauchés à bas prix par le Baron pour figurer ses aventures réussissent à s'attirer la sympathie du public et à les faire beaucoup rire. Finalement, le personnage qui séduit le moins est le Baron de Münchhausen lui-même : il est plus réjouissant de voir ses aventures se matérialiser sur le plateau, surtout si joliment, plutôt que d'entendre le récit du vieux monsieur, lesté de force passés simples et mots compliqués. Un nouveau spectacle moins percutant que le Cid all'improviso, mais malgré tout emprunt de la même générosité. Les prochaines années, à Avignon, je continuerai à guetter les créations de la Compagnie Joker. Les aventures extraordinaires du Baron de Münchhausen Les petites perles du Off : Groupe TOCPosté par Catherine le 17.07.07 à 00:13 | tags : festival d'avignon
Moi, Michèle Mercier, 52 ans, Morte création du groupe TOC, collectif artistique bruxellois Le prix de la viande à AvignonPosté par Catherine le 16.07.07 à 18:02 | tags : festival d'avignon
Le prix de la viande, compagnie du Vieux Balancier Attitude clando : la voix de l'autrePosté par JdF le 16.07.07 à 15:52 | tags : festival d'avignon
Il a capté cette parole tue ou déballée en vrac. Le clando, c'est le clandestin, celui qui ne va ni à la Poste, ni nulle part de peur d'être dévisagé, contrôlé, arrêté, renvoyé. Il s'est construit un univers dont il ne peut pas vraiment sortir. Les autres, ceux du dehors, il les insulte, il les envie. Attitude Clando, c'est ça. De la souffrance brute et de la violence rentrée. La fiche du spectacle sur le site du Festival d'Avigon. Insideout : danse, performance, installation ?Posté par JdF le 16.07.07 à 15:12 | tags : festival d'avignon
Résultat : les spectateurs (ou plutôt les visiteurs/voyeurs) s'agglutinent aux porte et aux ouvertures (certaines ne sont que des fentes) pour tenter de distinguer quelque chose à ce qui se passe dans les boîtes. Certains n'y parviennent pas et vont voir ailleurs, d'autres jettent carrément l'éponge et s'assoient à l'extérieur, là où il ne se passe rien et contemple tout cela d'un air morne. Ont-ils déjà trop marché ? Sont-ils sceptique quant à l'intérêt d'un tel disposotif ? Je serais tenté de le croire. Car, au fond, pourquoi donner les apparances d'une représentation (places à 30 euros, entrée et sortie des spectateurs à une heure donnée) à quelque chose qui devrait être un déambulatoire où les visiteurs entrent, se promènent, observent selon un flux qui pourrait s'étaler sur une grande partie de la journée. Eh puisque Sasha Waltz cherche à faire intéragir acteurs et spectateurs (sans grand succès, il faut le dire), pourquoi ne pas organiser des ateliers préparatoires pour les plus motivés qui pourraient ensuite réellement intégrer le dispositif et réagir aux injonctions des actants ? Bref, plein de possibilités qui surgissent au sortir d'une proposition qui ne tient pas vraiment ses promesses. La fiche du spectacle sur le site du Festival d'Avigon. Melopeya Tanguera - tango paisible au Rouge-GorgePosté par Catherine le 16.07.07 à 12:31 | tags : festival d'avignon
Il fait si beau à Avignon qu'on a parfois envie d'un petit plaisir simple. Tiens, un spectacle de tango argentin, de la musique, de la danse, en fin de soirée, ça pourrait faire l'affaire. C'est l'occasion de découvrir le Rouge-Gorge, espace étonnant à deux pas du Palais des Papes, plus saloon que salle de théâtre. Le public est nombreux à venir applaudir Melopeya Tanguera, l'ambiance dans la salle est chaude et tendue comme un tango endiablé. Mince, le livret distribué à l'entrée indique que le quartet Melopeya, qui accompagne sur scène les danseurs, se distingue par sa composition (clarinette, alto, guitare, contrebasse). C'est-à-dire que... nous n'entendrons pas de bandonéon ! La troupe poussera même le vice jusqu'à en apporter un sur scène, le laisser se morfondre sur un tabouret, et même le manipuler sans en sortir aucun son. Torture! La musique est malgré tout bien agréable. Le couple de danseurs est charmant comme il se doit. Les jeux de jambe semblent être leur fort. Le tout manque un peu de souplesse et de fougue (que voulez-vous, sans bandonéon...), mais pas de charme. Melopeya Tanguera, une façon paisible de clore une dure journée de festival. Melopeya Tanguera, spectacle de tango argentin, musique et danse Christophe Fiat : l'interviewPosté par JdF le 15.07.07 à 22:22 | tags : festival d'avignon
Dans mon précédent billet, je disais tout le bien que je pensais des performances que Christophe Fiat a présenté durant le festival. Voici donc l'interview promis : Fluctuat : Vous avez instauré un dispositif déroutant pour le public : les lecteurs/acteurs se présentent dos au public, cherchez-vous par là à casser l'accès direct à la fiction ? Christophe Fiat : Je ne veux rien casser du tout, ce qui m'intéresse, c'est le dispositif de la scène rock : des individus postés devant des pieds de micro pour faire une lecture amplifiée. Les punks chantent de dos : les clash, le velvet. Ce qui fait partie de la scène rock, c'est jouer sa vie comme si on était toujours filmé. Les majors du rock des années 50 se sont inspirés des studios de cinéma hollywoodiens. À partir du moment où il y avait une caméra sur scène qui symbolisait la société de contrôle et que je travaille sur un dispositif rock, il fallait, pour que cela fonctionne, non pas tourner le dos au public, mais que la camera filme quelque chose qui se passe sur scène que le public ne voit pas. Cela peut-être interprété comme une provocation ou une rupture avec le représentation traditionnelle de la fiction, mais ce n'est pas mon problème. Je ne vois aucun intérêt à faire jouer des acteurs qui connaîtraient mon texte par cœur et qui font croire que c'est une histoire. J'aime bien aller au théâtre, mais quand je vois des comédiens qui récitent un texte par cœur, je n'y crois pas. Cela ne correspond à rien de ce qui est dans la vie, je préfère le cinéma. Flu : La figure de Stephen King, qui est au cœur de la performance que vous intitulez précisément Strepehn King's stories, est aussi présente dans La jeune fille à la bombe. Vous voyez en lui un "mythe contemporain". Vous lui rendez un hommage qui, me semble-t-il est aussi un hommage à la culture populaire. C. F. : Pas à la culture populaire "en général", je rends hommage à un écrivain dont il n'y a pas d'équivalent en France. Donnez-moi un exemple d'un écrivain qui raconte des histoire intéressantes et qui vend beaucoup d'exemplaires... Il n'y en a pas, voilà. Ce qui est intéressant avec Stephen King, c'est que c'est un vrai écrivain pour adolescents. En France, on prend les adolescents pour des cons. Peut-être, si, il y aurait l'équivalent de ce point de vu là, même s'il n'a pas publié de best-sellers, c'est Boris Vian. C'est un des rares écrivains à s'adresser aux adolescents. sinon, il y a une rupture en France entre la littérature pour enfants et la littérature pour adultes. Les nouveaux auteurs de best-sellers français n'arrivent pas à la cheville de Stephen King en terme d'œuvre et de proposition d'imaginaire. Carrie, c'est un libre sublime. En France, il y a une sorte de tabou : il faut être désintéressé pour faire de la bonne littérature. Ce qui est aberrant : depuis quand doit-on être désintéressé pour faire de l'art ? On peut être intéressé et être un bon artiste. Flu : Vous n'hésitez ni à rendre hommage à Stephen King, ni à emprunter à la série b, aux films de Fung fu ou au cinéma fantastique, pour tirer la matière de vos spectaclese. Vous contester la hierarchie entre les genres ou plutôt, vous ne la considérez pas comme donnée. C. F. : Pourtant elle existe, cette hiérarchie, mais c'est de l'idéologie, c'est une fabrication : J'aime beaucoup le livre d'Adorno et Horkeimer, La Dialectique de la raison, dans lequel ils expliquent que cette hiérarchie a été construite de toutes pièces. Lorsque Adorno et Horkeimer se demandent comment cela se fait que le cinéma abrutisse les gens, Pour eux, l'art doit être populaire, mais dans un système qui ne soit pas capitaliste, ni bourgeois. Ils se demandent comment l'art a raté le courant du divertissemnt : pas le divertissemnt, dans son sens pascalien, divertissemnt qui permet à l'esprit de se reposer pour ensuite être plus productif au boulot, l'art doit devenir un art de vivre. Selon Hannah Arendt le fait qu'il n'y ait pas de culture populaire intéressante, c'est quand elle est un instument de domination. Cela s'appelle le philistinisme, c'est-à-dire quand le bourgois ont intérêt à faire croire aux artistes et aux masses populaires que tout cela c'est du fun. Moi, je ne crais pas non plus à un art populaire, mais ce que je fais dans La jeune fille à la bombe et dans Stepehn King's story, c'est attaquer la culture d'élite. Ce qui est paradoxal de s'y attaquer dans le cadre du Festival d'Avignon. Mais si je veux m'adresser à beaucoup de monde, il faut bien être invité dans des lieux comme celui-là. N'allez pas croire que je suis dans le relativisme: que Wagner vaut Stephen King, ou que Nijinsky vaut Courtney Love ou Sissi. Quand on lit les portraits que je leur ai consacrés, on voit bien que je n'en parle pas dans la même manière. Ce que je traque, dans ces figures de la culture populaire, c'est le moyen de démystifier la culture d'élite. Le site de Christophe Fiat : www Le In dans tous ses états avec Faustin LinyekulaPosté par Catherine le 15.07.07 à 20:12 | tags : festival d'avignon
A Avignon, de nombreux festivaliers ne jurent que par le Off, regrettant d'être trop souvent déçus par les propositions du In. Je ne reviendrai pas sur le cas Fiat dont Julie a clairement laissé entendre que je n'en pensais pas que du bien. En tout cas, je conçois très bien que des passionnés de théâtre ne trouvent pas toujours leur compte dans certains spectacles du In.Pourtant, en sortant du spectacle que propose Faustin Linyekula en cette édition 2007 du festival, ce n'est pas tant l'impression de "ne pas en avoir eu pour ses sous" qui peut saisir le spectateur. En effet, au bout de l'heure et demi extensible qu'a duré l'événement, le public repart chargé de suffisamment de souvenirs : tout d'abord, il y a l'image de ce jeune homme noir à la peau peinte en blanc qui salue personnellement le public à l'entrée et à la sortie, qui chante quand il en a envie, se présente comme grillot et se fait appeler Faustin par ses camarades de scène. Ses compagnons, ce sont six hommes noirs, à l'accoutrement si excessivement africain, culotte en peau de léopard et corps peints. Et puis il y a du mouvement, des textes, des vidéos, du chant lyrique, dans le désordre, sur le mode tantôt du solo de danse, tantôt de l'installation plastique, tantôt de la veillée commémorative à rebondissements... Avec Dinozord : The Dialogue Series III, Faustin Linyekula évoque son retour au pays natal (la République Démocratique du Congo, ex-Zaïre), après huit ans d'absence. Une vidéo présente Vumi, l'ami qui jadis lui fit découvrir la poésie, aujourd'hui en prison. Il témoigne de son expérience de la torture. Forcément poignant. D'autres films montrent les habitants de Kisangani, répondant à Faustin qui leur demande "quel est votre rêve?". Le spectacle est aussi le fruit de rencontres. Sur le plateau, donc, un contre-ténor de Lubumbashi qui a appris seul le chant lyrique, distille le Requiem de Mozart, étrange voix sortie d'un corps qu'on imaginait imprégné d'autres traditions. Dinozord, un danseur de hip-hop rencontré à Kinshasa explique avec beaucoup de poésie le pourquoi de son surnom. Papy Mbwiti, lui, recruté comme comédien, crie au scandale puisqu'on ne lui donne rien à jouer ! Faustin se dédouane en s'adressant au public : il a conscience de pouvoir lasser à force de ressasser sa mémoire. Alors, que doit faire le spectateur ? Pour peu qu'il accepte de ne pouvoir définir le moment qu'il est en train de vivre, il peut certainement apprécier la sincérité de l'artiste et attendre patiemment de voir quelles traces laissera en lui cette expérience. Telle une rencontre inattendue dont on devine qu'elle ne restera pas sans séquelles. Dinozord : The Dialogue Series III, Faustin Linyekula / Studios Kabako Les petites perles du Off - Système CastafiorePosté par Catherine le 14.07.07 à 16:16 | tags : festival d'avignon
Encyclopédie des tendances souterraines par Système Castafiore (compagnie conventionnée, Provence-Alpes-Côte d'Azur) Etat de marche - balade franco-belgePosté par Catherine le 14.07.07 à 15:38 | tags : festival d'avignon
A Avignon, le théâtre des Doms est un lieu à fréquenter, et pas seulement pour son si agréable jardin à brumisateurs intégrés, ni seulement pour ses bières belges ou sa limonade / sirop de gambetta, boisson excellemment rafraîchissante. Non bien sûr, ce qui nous intéresse, c'est ce qu'on peut y voir (si si, je vous assure). Et si les bières sont belges, c'est que la programmation l'est également. Et les Belges sont sympas, c'est bien connu. Bref. Très sympa, la proposition de Laurence Vielle et Jean-Michel Agius l'est assurément. Elle habite à Bruxelles, lui à Paris. Elle a le goût des mots, il a le goût du mouvement et des images. Las du TGV, ils ont décidé de relier leurs deux lieux de vie à pied via Boulogne-sur-mer. Soit 600 kilomètres de marche. Leur périple s'est terminé en juillet 2006 et tout naturellement, ils en ont fait un spectacle. Aussi concrets que poétiques, les mots de Laurence Vielle touchent, amusent, captivent. Faussement naïfs, ils nous emmènent directement de la sandale de marche à la lune mais racontent sans candeur les rencontres nouées au fil du voyages. Même les moins agréables, comme ce soldat qui explique pourquoi il est préférable de tirer sur les civils. Jean-Michel Agius, quant à lui, propose des images captées lors de leur périple franco-belge et une évocation dansée de leur expérience. Le couple de marcheurs est accompagné d'Elie Rabinovitch à la batterie, toute en délicatesse, et de Catherine Graindorge au violon, dans une utilisation aussi personnelle qu'envoûtante de l'instrument. Bien sûr, le tout n'est qu'échange et interactivité, dans une constante bonne humeur et dans un rythme aussi tranquille que celui d'une promenade. Le randonneur trouvera dans Etat de marche son saoul de détails relatifs à la pratique de la marche, le Parisien son lot de références bobos, et le Bruxellois se retrouvera sur la carte de la Belgique dépliée sur le plateau. Et pour poursuivre la rencontre avec ce couple si attachant, on peut encore consulter leur blog : http://www.etatdemarche.net/ Etat de marche, de Laurence Vielle et Jean-Michel Agius, au théâtre des Doms, tous les jours à 16 heures Les Murgeros déconcertent le public du InPosté par JdF le 14.07.07 à 13:41 | tags : festival d'avignon
Alors quoi ? Ils emploient des codes que l'on retrouve dans toutes les cités des pays riches, dans tous les bidonsvilles des pays pauvres : une gestuelle expressive et très tactile, des interjections, une manière d'occuper l'espace par leur corps et par leur voix qui témoigne que sa possession est crucial pour ceux qui n'ont pas de refuge hors de la rue. Ces codes culturels internes sont internes à chaque communauté de Murgeros, mais renvoient tous à un modèle dominant : une culture transmise par la télé, consumériste, celle dont toutes les sociétés du monde abreuvent leurs pauvres. Eh pourtant, s'y greffe une autre forme de culture populaire : celle du carnaval, de la fête durant laquellela collectivité se réappropprie la rue, qui, pendant quelques heures, n'est plus le théâtre et l'enjeux d'affrontements entre des groupes d'enfants, de traficants, de policiers, mais est rendue à sa vocation d'espace communautaire. La seconde partie aborde l'idée d'un lien problématique entre la mémoire et le langage. Déjà, au début du spectacle, l'écran avait présenté l'assertion suivante : "L'histoire est une répétition qui a juste à voir avec les hormones". Bon, à méditer... Ensuite, l'acteur Juan Loriente raconte l'histoire d'une vache rendue folle par la disparition de son veau qui se conduit comme une enragée, démolit la porte de son étable ("comme Tex Avery lorsqu'il laisse sa silhouette parfaite dans un mur de brique au travers duquel il est passé"), et terrorrise le village. À la question de savoir combien de temps dure un tel état,la fermière répond "Deux jours"; Et à Loriente de se demander si une telle propension à se remettre d'un désespoir aussi violent ne pouvait être appliquer à l'homme. Est-ce une question d'hormones comme le suggère la phrase citée plus haut, et que le stimuli chimique de la sensation de perte peut être maîtrisé ? Sauf qu'il y a le langage, dont Garcia dit que ce n'est pas nous qui l'avons en nous, mais lui qui nous a en lui. Novarina dit aussi cela mais en tire d'autres conclusions. Car si la vache se souvient durant deux jours et nous, durant toute notre vie, c'est peut-être parce que nous verbalisons et donc archivons nos affects. Et si c'est ainsi, où est le remède ? Crédit photo : © Christophe Raynaud de Lage Le monde enchanté d'Éléonore WeberPosté par JdF le 14.07.07 à 10:53 | tags : festival d'avignon
Il est d'ailleurs curieux que dans ce spectacle qui pose d'emblée la sexualité comme centrale dans la construction de l'individu, ce soit les passages consacrés à l'asexualité qui sont empreints de la plus grande sensualité. Alors que le discours d'ouverture sur l'orgasme ou le rapport sexuel mimé de manière parodique sont glacés, déreangeants et même franchement exaspérants, les acteurs torses nus, qui s'effleurent et exposent les raisons et les modalités de laur asexualité offrent les moments les plus incarnés du spectacle. Crédit photo : © Christophe Raynaud de Lage Ma passion naissante pour Josef NadjPosté par JdF le 13.07.07 à 20:57
D'une échappée vers l'Orient-Extrême sur les traces de Michaux et du Barbare en Asie, Nadj nourrit son imaginaire, riche déjà toute sortes d'univers. Les fragments filmés de ses précédents spectacles, présentés à la maison Jean Vilar en attestent : une mittel-europa peuplé d'hommes en costume sombres de Comedia Tempo, des faces terreuses et les décors ocres de Woyzeck ou l'ébauche du vertige, les fantaisies acrobatiuqes du Cri du Caméléon ou le mystérieux cérémonail de Petit Psaume du matin. Asobu mêle à des images qui lui sont chères (des hommes en noir, assis, immobiles face au public, devant une longue table), d'autres d'inspiration nippones (des costumes qui évoquent ceux des samouraïs, des faux rituels de décapitation font voler les hautes coiffes des danseurs). Il fait aussi la part belle à ses danseuses, dont une, japonaise, offre un solo d'une éblouissante beauté, tandis qu'une autre se livre avec Nadj à un corps à corps très érotisé, tout à fait surprenant de la part d'un être qui me semblait, de prime abord, descendre tout droit des sphères célestes. Joseph Nadj - Exposition Novarina dans la cour d'honneurPosté par JdF le 13.07.07 à 19:16 | tags : festival d'avignon
Eh bien, deux bonnes heures et demie sous le mistral plus tard (il ne fallait pas se fier au programme, qui indiquait 2H12 - il faut dire que ce 12 avait l'air d'un canular), je me disais que Novarina avait quand même réussi son coup : il a investi ce lieu non seulement d'une parole qui lui est propre, mais aussi de sons. Les accordéons, je sais qu'ils apparaissent souvent dans ses spectacles, mais, en l'occurrence, il trouvaient leur place, on pouvait même regretter qu'ils ne soient pas plus présents, surtout qu'à un moment 22 accordéonistes arrivent, jouent une ritournelle et repartent pour ne revenir qu'au salut, c'est pas du gâchis, ça ? Mais je reprends : de sons, et puis surtout d'images qui demeurent rtrès fortes une fois le spectacle terminé. Ainsi Novarina utilise le mur du Palais en plaçant ses personnages au fenêtre et sur le toît. C'est très beau, et on peut regretter qu'il ne l'utilise pas plus. Là encore, je sais bien qu'il n'est pas le premier, que ces fenêtres servent sans doute depuis le permier festival, mais en ce qui concerne L'Acte inconnu, cela s'intègre dans cette grande cosmogonie de l'humanité, parlante, souffrante et riante aussi : le spectacle a cela de bienvenu qu'il se situe du côté de l'autodérision (c'est du moins comme ça que je l'ai perçu) et que tous ces acteurs semblent heureux d'être là. Qu'ils jouent des animaux, des hommes/femmes politiques, qu'ils chantent, se lamentent, ils jouent à "hommer". Crédit photo : © Christophe Raynaud de Lage Christophe Fiat, j'adore !Posté par JdF le 13.07.07 à 18:37 | tags : festival d'avignon
Bon, je sais, tout le monde n'avait pas l'air de mon avis dans le public rassemblé salle Benoît XII, pour voir La jeune fille à la bombe. Il faut dire que Fiat et sa bande ânonaient leur texte dos aux spectateurs, chacun devant son micro, avec à certains moments, Christophe Fiat qui s'empare de sa guitare pour jouer un truc, une phrase, toutjours la même (Catherine m'a dit que ça s'appellait une boucle et qu'il y avait des machine pour les répéter automatiquement, mais bon, apparemment Fiat, il préfère l'artisanat), une boucle, donc, et puis les danseurs qui se contorsionnent quelque peu et la soprano, tournée cette fois vers le public qui chante un morceau de musqiue baroque. Je comprend les critiques qu'on peut faire à cette mise en scène ou mise en espace. C'est vrai que les chanteurs-danseurs-acteurs ne bougent pas beaucoup, qu'ils lisent avec l'application d'élèves de CE1 qui récitent leur leçon. Bon, à l'argument : "mais c'est exprès", je comprends que d'aucun réponde " Et alors ?", mais moi, cela ne m'a pas gênée. Pourquoi ? Parce que Christophe Fiat, j'adore ! Eh oui, c'est aussi simple que cela. D'abord, il est beau. Alors, pour ça, Catherine n'est pas d'accord. Mais elle n'y comprend rien. Bon, et puis quoi encore ? Eh bien, j'ai été captivée par son histoire : il s'agit d'une mère et sa petite fille en vacances en Franche-Comté (d'ailleurs, la Franche-Comté, j'adore aussi, mais je ne vous en parlerai pas cette fois-ci,ça serait trop long). Et l'on passe à un récit fantastique : la voiture se transforme (sans que cela ne gêne vraiment les personnages), devient une Buick (hommage au cinéma hollywoodien), et puis, on explique à Nathalie l'héroïne, qu'a cause de Tchernobyl, les alarmes des voitures se déclenchent tout seules, qu'on entend parfois des explosions etc. Nathalie au début n'y fait pas attention, surtout que son problème n°1, c'est sa sœur, Louise, qui a disparu en Afghanistan. Et puis l'hitoire se complique, je vous passe les détails, mais sachez que l'affaire se termine par un combat sanguinaire qui laisssera un survivant, mais aucune survivante. Car l'histoire imaginée par Christophe Fiat mêle les événement de notre histoire récente à tout un univers qui le hante, un univers qu'on ne sait pas bien comment nommer sans employer une appellation péjorative telle que "culture populaire", "culture de masse", voire "sous-culture". Pour Fiat, je pense que cette culture n'a pas de nom en particulier, que les films de série B, que les best-sellers de Stephen King font partie de la culture. Un point, c'est tout. D'ailleurs, je lui poserai la question cet après-midi, puisque je dois le voir. Je vous retranscrirai l'interview dans un prochain billet. D'ailleurs Stephen King, il lui a consacré une performance, appellée "Stephen King's stories" durant laquelle il évoquait le processus qui avait conduit S.K. à devenir écrivain, ainsi que les éléments récurrents de son œuvre. Vêtu d'une veste blanche flashy (que j'ai adorée aussi), avec sa guitare sur laquelle il jouait ce que Catherine appelle donc "une boucle". Et il s'arrêtait de jouer, à chaque fois qu'il devait tourner une page de son texte, autant dire souvent, Et puis ça reprenait ainsi que la lescture, qu'il faisait avec cette même application d'élève de CE1. J'en ai déjà parlé. Mais là, le public suivait plus. Je pense que c'est parce qu'il avait une telle conviction Fiat dans sa défense et illustration de Stéphen King, et qu'au fond, l'effet répétitif, la boucle, la page qu'on tourne, l'inexpressivité volontaire de l'élocution, renforce la sensation que Fiat rend un vrai hommage à l'écrivain américain. Il reste en retrait et pourtant touche le public. Et sa performance atteind son but. Crédit photo : © Christophe Raynaud de Lage Avignon - considérations pratiquesPosté par Catherine le 13.07.07 à 11:53 | tags : festival d'avignon
Site internet d'Avignon Festival & Cies: www Les Paravents - dialogue avec Frédéric FisbachPosté par Catherine le 13.07.07 à 10:36 | tags : festival d'avignon
La magie d'Avignon, c'est aussi d'être au plus proche des artistes : non seulement il est très facile de les croiser dans la rue ou à la terrasse des cafés, mais en plus, pour peu qu'on suive attentivement le programme des événements, il est possible d'assister à toute une ribambelle de rencontres, d'échanges, de dialogues, de conférences... C'est ainsi que les spectateurs des Paravents de Jean Genet (lire notre billet), ont pu rencontrer le 11 juillet, dans la cour de l'école d'Art d'Avignon le metteur en scène, Frédéric Fisbach, accompagné d'une partie de son équipe. Pour une fois, le public était invité à s'exprimer sur le mode du "moi je". Photo @Christophe Raynaud de Lage Un Échange bien décevantPosté par JdF le 12.07.07 à 16:34 | tags : festival d'avignon
Les paravents - Genet par FisbachPosté par Catherine le 12.07.07 à 14:41 | tags : festival d'avignon
Nous revoici en AvignonPosté par JdF le 11.07.07 à 10:05 | tags : festival d'avignon
A y est ! Nous voici de nouveau en Avignon. Un petit point sur les conditions climatiques : temps frais par rapport aux dernières années, et hier soir, devant L'Échange mis en scène par Julie Brochen, après avoir craint de devoir y assiter sous la pluie, je me suis littéralement gelée. Et aujourd'hui, rhume, naturellement. Le séjour s'annonce donc bien, surtout que l'Échange, à mon sens, cela ne valait pas la peine qu'on attrappe la crève pour le voir, mais j'en parlerai dans un futur billet. En attendant, je précise que Catherine, cette petite maline, elle était bien au chaud au théâtre municipal devant Les Paravents, mis en scène par Frédéric Fisbach, (patience, elle vous en parlera le moment venu...). Enfin, nous n'étions pas encore arrivées quand Jeanne Moreau et Samy Frey ont fait, dans la Cour d'Honneur, leur lecture de Quartett de Heiner Müller. Nous n'avons donc pas eu la chance de d'entendre ce texte que j'adore (voir les chroniques à ce sujet), mais j'ai su que ceux qui y étaient s'étaient pelés, eux aussi (bien fait !).Vive la foi aux Orientales !Posté par Floriane le 07.07.07 à 10:05 | tags : festival, ici et là, international, musique, sur la route
Fin de matinée, dimanche, à Saint Florent le Vieil. A l’église, les ouailles recueillies digèrent le sermon. Au Palais Briau, le public tape dans les mains et scande « Djaï Guru » avec les Bauls, venus du Bengale, pour chanter leur foi en l’homme. Contraste saisissant et vivifiant. Il est des civilisations, en effet, où la religion n’est pas que sévère mais où elle s’exalte en rassemblements quasi festifs ou en tout cas pleins de ferveur communicative. Ainsi, les soufis d’Egypte, représentés au festival par Sheikh Taha, jamais sorti de sa congrégation de Louxor, contrastent-ils avec ceux de Turquie. Süleyman Erguner, digne joueur de flûte ney, avait plutôt plongé l’assistance de l’Abbatiale dans l’apaisement d’un retour sur soi-même.C’est cela, les Orientales, un petit goût d’ailleurs au cœur de la douceur angevine, un savant et joyeux mélange de guimbardes chinoises, touva ou rajasthanaises; un art de présenter, à côté de pointures reconnues, de tout jeunes artistes en devenir. Impossible de les nommer tous ; impossible et inutile, car ils sont avant tout les porte-parole de l’un des langages les plus universels qui soient : la musique. Toutes les infos sur le site des Orientales. |
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