Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.

Archives > Septembre 2007

L’Acte inconnu ou l'humour de Valère Novarina

Posté par Floriane le 28.09.07 à 13:39 | tags : colline, spectacle à paris, théâtre

Après un passage remarqué et apprécié au festival d'Avignon cet été, L’Acte inconnu de Valère Novarina tient l’affiche du Théâtre National de la Colline jusqu’au 10 octobre prochain. Une fois de plus, pourrait-on dire, puisque le plateau de la rue Malte-Brun n’en est pas à son premier accueil de l'auteur-dramaturge-peintre-metteur en scène.
« Une fois de plus », pourrait-on dire, ceux qui aiment l’exubérance pourront se délecter de l’ingéniosité verbale psalmodiée par la troupe de comédiens aguerris à l’exercice. On retrouve en effet, dans cette dernière création, les thèmes et les images chers à Novarina, une nouvelle fois servis par ses acteurs fétiches. Mais ce qui est nouveau, finalement, dans cette « visite à un monument déjà bien connu » (la première à la Colline ayant eu lieu lors des Journées du Patrimoine…), c’est la puissance de l’humour. Certes, Novarina a toujours eu de l’ironie, du décalage, et l’on a souvent entendu glousser ses spectateurs. Mais là, peut-être comme jamais auparavant, il a su s’emparer des signes et des références du théâtre et les intégrer à sa propre création pour qu’au final, on se surprenne à s’esclaffer de bon cœur alors que tout pourrait nous faire penser à une recherche expérimentale pas spécialement gaudriolesque.
Chapeau ! Car Novarina nous fait rire alors que les travers soulignés pourraient nous faire grincer ou bondir de colère. Et si on tenait la solution pour combler le gouffre de la Sécu ?
L’Acte inconnu de Valère Novarina
Jusqu'au 10 octobre au Théâtre National de la Colline (www)



La vision de Sidi Larbi Cherkaoui

Posté par Floriane le 28.09.07 à 13:38 | tags : danse, théâtre de la ville

Sidi Larbi Cherkaoui est l’un des chorégraphes belges en vogue à Paris. Le Théâtre de la Ville en a fait une sorte de compagnon, accueillant ses créations depuis 2001 et présentant, en avril prochain, une deuxième pièce intitulée Origine. Pour l’heure, c’est Myth qui est l’affiche. 21 artistes sur scène, dont les 6 musiciens de l’ensemble musical Micrologus, une scénographie à plusieurs niveaux, un labyrinthe dessiné sur le sol … Fidèle à lui-même, le chorégraphe peint plutôt qu’il n’esquisse, explique tout en évoquant. Certains pourront trouver pléthorique la forêt de signes amassés sur le plateau ; d’autres s’y perdront avec délices, à la recherche d’un fil qui leur permettrait de sortir, de s’en sortir. Face à soi-même et à ses démons, à ses ombres, comment l’homme réagit-il, à l’ère de l’antagonisme entre religion et psychanalyse ? Tout un programme, traité de manière assez baroque par Sidi Larbi Cherkaoui, lui-même né de mère flamande et de père marocain. Le répertoire musical, dont les accents médiévaux se teintent parfois d’orientalisme, est sans doute le métissage le plus abouti du spectacle, où les danseurs acrobates n’hésitent pas à se transformer en héros de manga pour corser un peu plus les références esthétiques …
Jusqu’au 6 octobre au Théâtre de la Ville, puis en tournée en région et à l’étranger jusque juin 2008.






Philippe Caubère ou l'histoire sans fin

Posté par Floriane le 28.09.07 à 13:19 | tags : rond-point, théâtre

La gorge se noue à en faire mal lorsque, après un dernier charivari des personnages récurrents de sa saga, Philippe Caubère s’envole, une dernière fois, porté par les Voix bulgares et l’ultime lettre de sa mère. Il est temps de refermer le livre des souvenirs, de laisser le plateau à d’autres figures, d’autres fantômes. Cet épilogue à L’Homme qui danse s’est imposé en deux parties. Impossible de caser en une seule soirée le désarroi du jeune comédien au chômage et le désastre de son premier grand rôle « sans Ariane » : Lorenzaccio à Avignon.
La gorge se serre, car on se dit que les signes avant-coureurs d’un « changement de style », explicitement étalés dans La Ficelle, sont peut-être la fin d’une époque. L’incroyable capacité à faire vivre en scène plusieurs personnages, la virtuosité qui caractérise Caubère comme les danseuses indiennes, on la retrouve dans La mort d’Avignon. Mais on sent comme une angoisse, une colère sans aucun doute, de l’acteur face à ceux qui, après tant d’années, le rangent encore parmi les « one show men », les comiques aux blagues pas toujours légères, alors que depuis 25 ans maintenant, il cisèle un art de l’acteur à nul autre pareil.
On ne se lassera jamais de voir et revoir encore les nombreux épisodes de sa saga, heureusement éditée en DVD et en livre aujourd’hui, même s’il reste quelques « numéros » à sortir. C’est à la force du poignet qu’il a conquis tout cela, grâce à sa productrice aussi, fidèle contre vents et marées. Alors, respect, et triomphe à cet acteur dont bon nombre auraient un tas de choses à apprendre. Marceau vient de trépasser ; non, Caubère n’est pas un mime qui parle, mais un acteur, qui a consacré sa vie à en écrire le roman.
La mort d’Avignon de Philippe Caubère au Théâtre du Rond-Point jusqu’au 27 octobre (www). Photo : Michèle Laurent.



Les Francophonies à l’affiche

Posté par Floriane le 26.09.07 à 12:00 | tags : festival, ici et là
Il est bien loin, le temps où ceux qui faisaient le voyage à Limoges en revenaient parfois avec l’amer sentiment que la coopération avec l’Afrique, en matière théâtrale, se limitait à faire interpréter tant bien que mal à des autochtones les œuvres du grand répertoire français. Sans doute, ces pionniers n’avaient-ils pourtant pas tout à fait tort, puisque 24 ans après sa création, le festival Francophonies en Limousin propose une affiche résolument versée sur la création contemporaine, outre frontières.
D’Afrique, bien sûr, mais aussi et surtout d’Europe, les créateurs de l’édition 2007 abordent résolument les questions qui agitent notre vivre ensemble, de l’échelle locale à l’aspect intercontinental. Car, enfin, qu’est-ce qui nous constitue si ce n’est une histoire, pas toujours commune, qu’elle soit ancienne ou contemporaine ?
Théâtre, danse, musique, expositions, rencontres : le programme fourmille d’occasions de faire le point sur notre rapport à l’autre. Et le déplacement en vaut la peine : le Limousin, en début d’automne, est l’une des régions les plus charmantes de l’hexagone.
Francophonies en Limousin jusqu’au 7 octobre, à Limoges et aux alentours (www)



Le Festival Cergy soit ! a soufflé ses 10 bougies

Posté par Floriane le 25.09.07 à 12:12 | tags : arts de la rue, cirque, festival
Le festival Cergy soit !, qui fêtait ses dix ans le week-end dernier à Cergy-Pontoise, avait décidément mis les petits plats dans les grands. Pas le temps de souffler, tant les propositions artistiques étaient nombreuses et variées. Car n’en déplaise à Serge Chaumier et à son brûlot récemment paru chez L’Harmattan, on ne voit pas très bien comment qualifier, sans les insulter, les centaines de personnes qui oeuvrent pour le divertissement du public sans tomber dans l’animation commerciale pure et dure.
Toujours est-il que le public n’a pas boudé son plaisir face à une programmation éclectique, pour tous les âges et toutes les sensibilités. Théâtre d’ombres ingénieusement interactif d’une compagnie au nom improbable : Les chaussettes en pâte à modeler ! Hommage circassien inspiré à Chagall par la famille Rasposo. Voyage sensible et joliment onirique en compagnie de La Valise. Entresort de plein air avec Le Tennis. Chorégraphie ingénument coquine de La Vouivre … Sans oublier la « décoration » du parc : sculptures à base de matériaux de récupération, visant à sensibiliser aux questions environnementales ; pots à feu de Arts tout show … Qu’il est bon de se laisser aller sur l’herbe verte, par l’un des derniers week-ends ensoleillés de l’année, sans se poser de questions existentielles profondes, mais en jouissant de spectacles tout simplement de qualité ! Le site du festival (www) (illus : Prêt à porter, Histoire amère d'une douce frénésie, présenté en 2005)



Cirque Altai : la Piste là !

Posté par Floriane le 22.09.07 à 10:35 | tags : cirque
cirque aïtalOn les a connus débutants, encore au Centre National des Arts du Cirque de Chalon en Champagne. Ils avaient déjà cette même complicité, cette même attention espiègle l’un à l’autre. Le porté, le main à main, ils faisaient ça sérieusement, professionnellement, mais aussi, lors des pauses, comme des gamins qui jouent. On leur souhaitait de garder toujours cette fraîcheur.
La piste là, le premier « vrai » spectacle de Victor Cathala et Kati Pikkarainen, en est la meilleure preuve. Pour développer leur univers, ils se sont associés à Mathieu Levavasseur, un ancien du CNAC lui aussi. Dès lors, le main à main s’étoffe de numéros de banquine, le piège du duo « amour-haine » sur tous les tons est évité, et la fraîcheur de leur regard sur le cirque peut s’exhaler. Il ne s’agit pas pour autant d’un essai de débutants. C’est la technique parfaitement maîtrisée qui permet la fantaisie dans le propos et l’apparente légèreté.
Avant l’univers plus sombre du Phare (du 2 au 7 octobre), la pelouse de Reuilly accueille, jusqu’au 7 octobre et sous l’égide de De rue et de Cirque, ce tout jeune mais si prometteur Cirque Altai.



Cargo Sofia : l'Europe des routiers bulgares

Posté par Floriane le 14.09.07 à 15:43 | tags : arts de la rue, international, théâtre
Comment parler d’un spectacle dont déflorer le processus reviendrait à gâcher le plaisir des spectateurs ? Comment rendre compte de ce périple, Cargo Sofia, qui mène le public de la capitale bulgare à la capitale française ? Tout au plus peut-on souligner la prouesse d’acteurs des deux chauffeurs routiers engagés pour l’occasion, l’intelligence des metteurs en scène, Stefan Kaegi et Jörg Karrenbauer et le renouveau que ce genre d’équipes offre aux spectacles « in situ ». On n’est pas dans le cadre d’un lieu institutionnel, dans la rue tout en n’y étant pas tout à fait – et pourtant le regard porté sur la ville et ses environs n’est plus jamais le même après cette expérience. Kaegi, jeune artiste suisse, aime par-dessus tout le « vrai-faux », la réflexion sociale, politique, les « spécialistes du réel » qu’il met en situation.
Créé avec l’aide du réseau THEOREM, Cargo Sofia dresse un tableau original de l’Europe, à travers le regard de deux routiers. Eh oui, toutes les autoroutes se ressemblent, et toutes les villes, d’une certaine manière, finissent par se ressembler, surtout lorsqu’on n’en aperçoit que les périphériques … On n’en dira pas plus. C’est jusqu’au 21 septembre, le nombre de places est très limité. Renseignements auprès du Centre Culturel Suisse (www) qui a eu la bonne idée d’offrir ce spectacle atypique, mais ô combien intéressant, au public parisien.



Théâtre de rue : 1er festival Miraklis à Vilnius

Posté par Floriane le 13.09.07 à 15:25 | tags : arts de la rue, festival, ici et là, international
Le bleu du ciel est tombé dans les yeux des Lithuaniens. Jeunes ou vieux, tous se pressent sur l’avenue rendue piétonne, parsemée de baraques à saucisses, qui jouxtent allègrement les stands d’animation pour gamins et les galeries (pas les pires !) de la capitale. Deux estrades émaillent le parcours, sans compter la grande scène qui trône sur la place de la cathédrale. Pendant trois jours, Vilnius pulse au rythme des Capital Days qui égaille la rentrée depuis 1993. Groupes musicaux bien sûr, sessions de danse en couple, pantomime, capoeira, chorales … tout cela se succède dans une ambiance bon enfant qui mêle les générations.
Etonnante Vilnius, qui fêtera en 2009 ses 1000 ans et sera la capitale culturelle de l’Europe. A quelques encâblures du centre ville, les plus aisés barbotent dans « le plus grand parc aquatique couvert d’Europe centrale » : Vichy Vandens Parkas où les danseurs du groupe Tahiti Nui donnent un peu de couleur locale au décor de résine. Au milieu des gratte-ciel aux façades de verre, quelques maisons de bois subsistent, contraste saisissant, avant de replonger au cœur de la vieille ville.
Dans le cadre de ces « Jours Capitale », le théâtre d’Oskaras Korsunovas tente, avec l’aide du théâtre de la vielle ville, de renouer avec la tradition du théâtre de rue. Débuts un peu timides pour cette première édition de Miraklis, mais preuve irréfutable que le public est loin d’être frileux et que les événements en plein air sont l’un des leviers majeurs pour les villes actives. Et l’art dans tout cela ? Andrius Rugevicius (illus.) peut en témoigner. Son projet de « DJ instrument collectif » est né dans les galeries d’art et les festivals multi media. Il pose ici en pleine foire ses trois ronds armés de capteurs, où les spectateurs sont invités à piétiner tandis qu’il mixe en direct. Certes le public ne se rend peut-être pas tout à fait compte du processus, mais quel bonheur de voir tout le monde, vraiment tout le monde, s’amuser à s’emparer de l’art contemporain !



La face illuminée des nuits de Versailles

Posté par fluctuat.net le 13.09.07 à 15:13

Telex : Lully, Blomki nous a envoyé cette alerte éblouie à propos du spectacle La face cachée de la Lune, actuellement à Versailles :
" Un truc qui déchire : Le groupe F à Versailles. Un spectacle d'une heure et demi, baroque, grandiose, inventif et parfois drôle. On en a plein la vue et les moyens déployés sont gigantesques (c'est la spécialité de cette troupe d'artificiers). Dans la lignée des fêtes de Versailles. " Spectaculaire, donc.

« La Face cachée du soleil », Bassin de Neptune à Versailles. Jusqu'au 14 et 15 septembre 2007. Tél. : 01 30 83 78 89 (www)






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