Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.

Archives > Novembre 2007

Deux fois Caterina Sagna à Bastille

Posté par Nedjma le 29.11.07 à 18:00 | tags : danse, spectacle à paris

Marion Diouris, qui a vu les spectacles de Caterina Sagna, et les a aimés, partage avec nous son enthousiasme...

 

"Deux chorégraphies de Caterina Sagna sont reprises: Exercices spirituels (créée en 1998, re-créée en 2007), et Transgedy (création 2001). Deux soli apparemment très différents, mais dont la juxtaposition nous permet d'appercevoir le très vaste talent de la danseuse-chorégraphe. Le premier, interprété par elle-même, est sombre, sobre, épuré. D'abord, seuls les doigts dansent, précis, fins, ils racontent, ils sont fleurs, ils sont animaux. Puis ils laisseront les bras et le corps se mouvoir, au fur et à mesure que la danseuse se dépouille de ses couches de vêtements et que le décor tombe lui même en lambeaux de papier. Le très énergique Alessandro Bernardeschi interprète le second solo. Sorte de clown triste et habité par une sombre folie, il campe un artiste inspiré qui parfois ressemble à un chippendale ridicule, guidé par Shakespeare! Très drôle, il cherche à séduire le public, le regarde, le questionne, le fait rire. Il s'emporte, s'oublie, il tombe et se relève, et nous interpelle avec un humour éclatant. Présenter ces deux courtes pièces à la suite, qui semblent contraster complètement, permet d'aborder un travail chorégraphique très riche, aux multiples facettes et d'aborder l'étendue de l'expérience de Caterina Sagna."

Exercices spirituels / Transgedy, chorégraphies de Caterina Sagna, Théâtre de la bastille du 28 novembre au 6 décembre. www




Danses d'ailleurs en Normandie

Posté par Nedjma le 29.11.07 à 10:27 | tags : danse
Des nouvelles du monde en Normandie... Pour la troisième année, le Centre chorégraphique national de Normandie, dirigé par Héla Fattoumi et Eric Lamoureux propose un temps consacré aux danses d'ailleurs. Cette fois, ce sont des compagnies du Congo, du Maroc ou d'Algérie qui investiront le Théâtre des Cordes ou la Halle aux Granges de Caen, encore le Trident de Cherbourg. Au programme, ateliers, rencontres, débats et spectacles, bien sûr. Parmi les créateurs attendus, le Marocain Taoufiq Izzediou, qui explore la réalité des clandestins, ou le Kenyan Opiyo Okach qui chorégraphie un solo d'Andreya Ouamba. Enfin, Faustin Linyekula, l'une des découvertes du dernier Festival d'Avignon, présentera de nouveau Dinozord III, pièce pour six interprètes, qui décloisonne ldes disciplines et mêle danse, théâtre, musique et vidéo.

Danses d'ailleurs, du 3 au 8 décembre à Caen et Cherbourg. www







Le festival Off d'Avignon sur la route de la refondation

Posté par Nedjma le 28.11.07 à 11:36 | tags : festival d'avignon, théâtre

Le grand navire du festival Off d'Avignon a sérieusement tangué ces dernières années (voir les dossiers de Flu sur le festival d'Avignon 2006 et le festival d'Avignon 2007). Apaisé depuis l'été dernier, il pose enfin les bases de sa refondation, sous la houlette de l'association organisatrice, Avignon, Festival & Compagnies. Premier acte fort de cette refondation, lundi 3 décembre avec la tenue des premiers "Etats généraux du Off". ça se passera à Avignon, bien sûr, au Palais des papes. Tout au long de la journée, compagnies, directeurs de lieux, diffuseurs et autres professionnels s'interrogeront sur plusieurs thèmes: Off, bilan et perspectives; le développement et le renouvellement du public; la diffusion du Off. Une bonne nouvelle, si c'est suivi d'effets concrets et d'une réflexion plus large et associée aux équipes du festival In sur le devenir du festival, en général. Nous suivons ça de près, et y reviendrons...

- Festival Off d'Avignon www

- Festival d'Avignon www

 

 




Les pas de Béjart à Paris

Posté par Nedjma le 26.11.07 à 17:24 | tags : danse

 


Le chorégraphe Maurice Béjart est mort jeudi et ses obsèques auront lieu demain, à Lausanne. Pourtant, sa danse elle, bien vivante, reste à l'affiche. A Paris on reverra "L'oiseau de feu", "Le sacre du printemps" et "Igor & nous", comme autant de pièces mythiques du créateur, du 30 janvier au 4 février. Egalement à l'affiche, du 7 au 10 février, une création cette fois, "Le tour du monde en 80 minutes", à laquelle il travaillait encore durant ses derniers jours. Le tout, au Palais des sports.
Béjart Ballet Lausanne à Paris, du 30 janvier au 10 février.

 




Lagarce : les difficiles retours

Posté par Nedjma le 23.11.07 à 12:43 | tags : cité internationale, spectacle à paris, théâtre

On l'a déjà souvent évoqué: c'est l'année Jean-Luc Lagarce. Une année d'hommage vivant à l'auteur contemporain le plus joué sur nos scènes, à l'occasion du cinquantenaire de sa naissance. Une année riche d'expos, de spectacles, de rencontres. En 2008, son texte "Juste la fin du monde" entrera au répertoire du Français et intègrera le programme du bac.
Deux superbes pièces, résolument lagarciennes, emblématiques de son oeuvre, sont actuellement à l'affiche: "Derniers remords avant l'oubli" et "Juste la fin du monde". Toutes deux traversées par un thème essentiel chez lui: le difficile retour, les impossibles retrouvailles qu'elles soient familiales, amoureuses ou amicales, après une longue absence. Avec une constante: le choix du mot juste, précis, dans des échanges contrariés.

Dans la première, montée par la compagnie Les Possédés -qui livrait déjà une très belle version du Pays lointain, l'an dernier-, Hélène, Louis, Antoine se retrouvent dans la maison qu'ils ont partagée, où ils se sont aimés. Le temps a passé, la distance s'est installée et ils sont désormais accompagnés de leurs moitiés respectives. Belle partition collective, magnifique jeu d'acteurs faussement distants, humour mélancolique et féroce. Une fois encore, le jeune collectif sert l'auteur de belle manière.
Dans "Juste la fin du monde", c'est sa famille que Louis vient retrouver pour lui annoncer qu'il va mourir. D'annonce il n'y en aura pas, que des échanges ratés, nourris de frustrations, de maladresses, d'amour étouffé. François Berreur, qui fut longtemps son compagnon de route et fonda avec lui "Les solitaires intempestifs" connaît assurément son Lagarce. Il a une vraie intelligence du texte, et livre une mise en scène tendue, solide. Bruno Wolkowich en frère bourru, à la fêlure enfouie, est parfait. Hervé Pierre, costard de smoking et noeud pap, genre de Monsieur Loyal un peu hors du temps, nous a seulement semblé un peu trop mûr, massif pour camper Louis, qu'on préfère plus fragile.

Illus Derniers remords avant l'oubli ©Olivier Marty.

"Derniers remords avant l'oubli", Théâtre de la Bastille jusqu'au 25 novembre puis en tournée.
"Juste la fin du monde" Cité Internationale, jusqu'au 25 novembre puis en tournée. www




La danse au Louvre, acte II

Posté par Nedjma le 22.11.07 à 18:01 | tags : danse

Le haut lieu muséal ouvre ses portes à la danse une nouvelle fois. L'an dernier, William Forsythe y livrait Retranslation/ Final unfinished portrait, u ne performance inspirée de Francis Bacon. Mais la pièce était filmée, et retransmie sur de vastes écrans. Cette fois, la prestation est live: l'artiste Anselm Kiefer a invité Bill T.Jones dans le cadre du Festival d'automne. Son solo "Walking the line" investit la galerie des Esclaves et la galerie Daru. Le choc de la rencontre entre le corps mouvant, sublime du chorégraphe et danseur et les statues d'albâtre du musée doivent valoir le détour... Illus ©Angèle Dequier.

Walking the line, au Musée du Louvre, jusqu'au 24 novembre, 21h.




Maurice Béjart est mort

Posté par Arnaud le 22.11.07 à 13:03 | tags : danse
Le célèbre chorégraphe français, Maurice Béjart nous a quitté ce jeudi 22 novembre à l'âge de 80 ans. Sa disparition fait suite à des problèmes renaux et cardiaques pour lesquels il était hôspitalisé depuis une semaine. Il fut l'un des pères fondateurs de la danse contemporaine, et dirigeait depuis une vingtaine d'année le Béjart Ballet Lausanne, dans la ville suisse du même nom. A la fois danseur d'exception, formé à l'Opéra de Paris, et chorégraphe de génie, il a su conquérir un public massif et éclectique, chose suffisamment rare en danse pour être soulignée. Merveilleux pédagogue, il a formé bon nombre de chorégraphes de la scène actuelle comme Maguy Marin ou encore Anne Teresa De Keersmaeker. Maurice Béjart, ce furieux passionné travaillait avec sa compagnie sur Le tour du monde en 80 minutes, malgré sa santé fragile. Ce spectacle sera présenté à partir du 20 novembre à Lausanne et en février à Paris.



Expo Diaspora : Mathilde Monnier au Quai Branly

Posté par Arnaud le 21.11.07 à 11:31 | tags : danse

A l'occasion de l'exposition Diaspora au Musée du Quai Branly, la chorégraphe Mathilde Monnier livre une installation vidéo sur ce que serait "une diaspora du mouvement dansé". De transmissions en réinterprétations, la danse qu'écrit Mathilde Monnier pose la question de la mémoire du mouvement dansé. Mise en bouche avec ce délicieux extrait de Dans tes cheveux, tiré du catalogue numérique du Quai Branly.


Diaspora, au Musée du Quai Branly (www),Jusqu'au 8 janvier 2008.

 




Les inaccoutumés, la scène de l'expérience

Posté par Nedjma le 21.11.07 à 10:22 | tags : danse, ménagerie de verre, spectacle à paris

Haut lieu de la création contemporaine, voilà 12 ans que la Ménagerie de verre fait la part belle à la danse et à l'expérience au gré de son festival automnal "Les inaccoutumés". Sous-titré "Objet chorégraphique contemporain", l'événement se veut un laboratoire expérimental et accueille 12 spectacles pour 25 représentations. A voir notamment, Rachid Ouramdane, Benoît Lachambre et Louise Lecavalier dans "I is memory", les "Héroïnes" de Julie Nioche ou encore Christophe Huysman et Jacques André dans "La course au désastre".

Les inaccoutumés à la Ménagerie de Verre, Paris 11e. 01 43 38 33 44. www




Les 50 ans de West Side Story au Châtelet

Posté par Nedjma le 20.11.07 à 17:53 | tags : comédie musicale, théâtre du chatelet

L'événement n'aura échappé à personne : la comédie musicale West Side Story souffle ses cinquante bougies. Cinquante ans tout rond que l'idée géniale d'un "Rom?et Juliette" urbain, sur fond de guerre de gangs à New-York sortait du chapeau de Jerome Robbins. D'un côté Tony, membre des Jets d'origine polonaise, de l'autre Maria, issue des Sharks, immigrés portoricains. Ces deux-là s'aimeraient envers et contre tout, et ça se terminerait mal. Mais l'oeuvre était aussi l'occasion pour Leonard Bernstein de signer une musique devenue culte, idem pour Jerry Robbins côté chorégraphie. Avant d'être un film de Robert Wise, couronné par dix oscars, West Side Story occupa le haut de l'affiche à Broadway. Revoilà donc le musical monté par le chorégraphe et metteur en scène Joey Mc Kneely, qui se veut le plus fidèle possible à l'original. Dans le cadre d'une vaste tournée, le spectacle s'arrête à Paris, au Châtelet, dès ce soir, et jusqu'au 1er janvier. ça va remuer...

West Side Story du 20 novembre au 1er janvier au Châtelet. 01 40 28 28 40. www.




Un cercle diabolique

Posté par Nedjma le 20.11.07 à 09:46 | tags : cirque, spectacle à paris, théâtre ranelagh

Drôle d'objet que ce diabolo qui tourne, virevolte, s'envole, revient sur son fil, sans jamais perdre sa légèreté aérienne. Tout un spectacle basé sur ce simple accessoire, ça semble improbable? Fou? En tout cas, la compagnie Tr'Espace invente grâce à lui un langage technique et virtuose, soit, mais aussi poétique, foisonnant, amusant. Il s'agit de cirque bien sûr, de danse aussi, tant les corps de Petronella von Zerboni et Roman Müller, acrobates-danseurs diablement doués s'accordent au mouvement de leur instrument, le diabolo donc. A leurs côtés, le musicien Mischa Blau signe une riche partition contemporaine et, à mille lieux de faire tapisserie sonore est partie intégrante de la pièce, tout comme la lumière. Le tout tissé autour d'un cercle lumineux majestueux qui va, et vient. Le spectacle "Le cercle" annonce "diabolos, danse, contrebasses et bien d'autres choses encore". C'est aussi pour ces mille autres choses qu'il faut courir le découvrir, dans l'écrin magnifique qu'est le Ranelagh.

Le Cercle, Théâtre Ranelagh, jusqu'au 25 novembre. 01 42 88 64 44.




Micha mieux que Louis ?

Posté par Nedjma le 19.11.07 à 18:00 | tags : nanterre-amandiers, spectacle à paris, théâtre
C'était une des affiches prometteuses de l'automne théâtral: Clotilde Hesme et Louis Garreldans "La seconde surprise de l'amour" de Marivaux, mis en scène par Luc Bondy. Le tout dans le cadre du très foisonnant Festival d'Automne. Imaginez plutôt, les Amants Réguliers de Philippe Garrel, amants aussi dans les sublimes Chansons d'amour de Christophe Honoré, partageant l'affiche, et la scène dans un délicieux marivaudage.

Bon, il se trouve que Micha Lescot remplace Louis Garrel. Pas sûr qu'on doive le regretter. Ledit Micha a déjà eu l'occasion de s'illustrer brillamment sur les planches, notamment dans "Victor ou les enfants au pouvoir" mis en scène par Philippe Adrien, dans "Henry V" mis en scène par Jean-Louis Benoît ou, plus près de nous chez Denis Podalydès en footballeur anxieux aux guiboles interminables: c'était, la saison dernière dans "Le mental de l'équipe". On ira donc juger sur pièces, et plutôt deux fois qu'une. Illus © Pascal Victor

La seconde surprise de l'amour de Marivaux, mis en scène par Luc Bondy, au Théâtre Nanterre-Amandiers. Jusqu'au 21 décembre. (www)

A lire, notre chronique sur La seconde surprise de l'amour.




Professionnels de la culture : ça coince

Posté par Nedjma le 19.11.07 à 16:57 | tags : budget de la culture

Après le débrayage dans les transports et la fonction publique demain, les professionnels de la culture vont-ils décider d'un mouvement à leur niveau ? En tout cas, nombre d'entre eux témoignent de leur inquiétude face à l'avenir qui se profile. Aujourd'hui au Théâtre du Rond-Point, les membres de la FEPS (Fédération des employeurs du spectacle vivant privé et public) ont présenté une lettre ouverte adressée à Nicolas Sarkozy. Dans cette missive, ils entendent attirer "solennellement" l'attention du chef de l'Etat sur "l'inadéquation des moyens inscrits avec les engagements, concernant la culture, sur lesquels (il a) été élu par les Français". Parmi les priorités affichées par celui qui était alors candidat en matière culturelle: la démocratisation culturelle et la création. Là, les crédits seraient respectivement en baisse de 17,9% et 0,5% dans le projet de budget 2008. On attend avec impatience de voir s'ils seront lus... et entendus...




Amnésia

Voilà un bon moyen d'échapper aux interminables déjeuners de Noël, ceux qui commencent vers midi et qui finissent un peu avant l'heure du diner, l'estomac sans un pli. Cet échappatoire de rêve nous est proposé par Lila.

Amnésia, Conte Musical de Marie et Jean-Claude Bramly pour jeune public et famille. Amnésia, c’est la quête d’une petite fille au pays de sa mémoire. Elle va y rencontrer les personnages les plus fantasques : une Dame noire, des toubibs en folie, une poupée douce qui chante et qui danse, un marabout égocentrique, un Monsieur Chou à l’insupportable odeur, et même un chasseur de nuages ! Ils vont tous lui restituer des petits bouts d’elle-même, l’aidant ainsi à retrouver son identité, jusqu’à sa rencontre avec l’Enfant bulle… qui a crevé sa bulle par amour pour elle… Cette quête, aussi ludique que romantique est un hymne à la mémoire, mais aussi une magnifique histoire d’amour. Ce conte musical, de par la magie et la poésie qu’il dégage, a su ravir les enfants, mais aussi séduire les grands. Il aborde des thèmes graves et très actuels comme l’indifférence, l’exclusion, la maladie et la mort toujours traités avec humour et pudeur, le spectacle se termine en faisant la part belle à l'optimisme et à la renaissance. Il est servi par 6 interprètes totalement polyvalents (chanteurs, comédiens, danseurs, musiciens) qui se donnent à fond dans une mise en scène à vous couper le souffle !

Amnésia a été lauréate au festival des Musicals à Béziers en janvier 2006 du Prix Découverte, qui a été décerné par un jury présidé par monsieur Claude-Michel Schönberg

Amnésia, mis en scène par Pierre Barayre, et chorégraphié par Floriane Mouchel.
Studio des Champs-Elysées, 15 avenue Montaigne, 75008 Paris.
Les 24, 25, 26, 27, 28 décembre à 15h et le 30 décembre à 19h. Réservations : 01.53.23.99.19

 




Le Merlan rouvre (grand) ses portes

Posté par Nedjma le 14.11.07 à 20:21 | tags : théâtre
ça frétille à Marseille: après trois ans et demi de fermeture pour faire peau neuve, la scène nationale du Merlan s'apprête à rouvrir ses portes, et de quelle façon. Avant de réintégrer complètement ses murs, et pour fêter son vagabondage "passé et à venir" -qui, jusqu'ici l'a mené dans pas moins de 50 sites différents de Marseille-, elle investit... le Stade Vélodrome! "Dans une ville faite de mobilité, de migrations et d'inégalités sociales, le Merlan entend jouer un rôle actif et précurseur, pour créer du pratage autour des projets des artistes", souligne Nathalie Marteau, maîtresse des lieux. Ainsi donc, ce samedi, Massimo Furlan joue "Numéro 10" dans la Tribune Jean Bouin du Vélodrome. Dans la foulée, le programme promet une belle maison de spectacles, entre danse, théâtre, et musique. Citons notamment la "Sinfonica Eroica" de Michèle Anne de Mey, les 21 et 22 novembre, l'Eloge du Poil de Jeanne Mordoj ou encore Les Egarés de Pierre Meunier. Illus © Stephan Muntaner.

Réouverture du Merlan au Stade Vélodrome le 17 novembre 2007. Suite de la programmation au 153 avenue Raimu. 04 91 11 19 20. www




Le cabaret des hommes perdus paie sa tournée !

Posté par Nedjma le 14.11.07 à 09:08 | tags : pepiniere opera, théâtre

Qui a mis, une fois, les pieds et les oreilles au cabaret des hommes perdus, n'est pas près de l'oublier. Un quatuor infernal nous y contait, en notes et en mot l'ascension fulgurante et la déchéance pathétique du jeune Dick, star du porno. Un destin tragique, romanesque, hilarant, exploré en finesse grâce à un bijou de texte et une mise en scène débridée. L'oeuvre, créée au Théâtre du Rond-Point en septembre 2006 avant d'occuper le haut de l'affiche plusieurs mois durant au Théâtre Pépinière-Opéra raflait dans la foulée le Molière du spectacle musical et du meilleur auteur. Aujourd'hui, Le cabaret drôlatique fait son tour de France et s'arrêtera notamment à Châteauvallon du 15 au 17 novembre, à Villejuif le 7 décembre, à Amiens du 23 au 26 janvier et Marseille du 18 au 21 mars, au Théâtre du Gymnase. Si vous n'aviez pas la chance de les voir sur scène, il reste une solution de la dernière chance : l'oeuvre sort en DVD début décembre. Un cadeau de Noël idéal pour ragaillardir Tonton Marcel. Bon, c'est sûr, en vrai, ce serait mieux... Illus © Stéphane Lacombe.

Le cabaret des hommes perdus de Christian Siméon, mise en scène de Jean-Luc Revol en tournée. Sortie DVD le 3 décembre.




Le rideau se lève à l'Est...

Posté par Nedjma le 13.11.07 à 18:38 | tags : théâtre de l'est parisien
Un peu tard, mais joliment... La saison 2007-2008 commence ce vendredi au Théâtre de l'Est parisien, avec la reprise du spectacle de Catherine Anne, "Petit". L'histoire d'un gosse qui en a marre d'être petit à côté de sa grande soeur.... Du bonheur en scène, pour les petits bouts et leurs parents, à voir du 16 novembre au 8 décembre. La soirée d'ouverture se déroulera le samedi 17, avec "De la musique et des mots" dans une ambiance piano-bar d'avant spectacle. Aux manettes, Pascal Sangla, délicieux partenaire de Pierre Ascaride, vu récemment au Théâtre 71 de Malakoff dans "Et ta soeur?". A l'affiche en novembre et décembre, des lectures chaque mercredi sous la houlette de Louise Doutreligne, des petites formes, déroulées dans le cadre du "Gros bazar", du 14 au 16 décembre. Et plus tard dans la saison, "Faut-il laisser les vieux pères manger seuls aux comptoirs des bars" et "Avec le couteau le pain" de Carole Thibaut (illus). L'artiste promènera par ailleurs ses tables d'écriture du hall du théâtre à divers lieux du XXe arrondissement: chacun est invité à y griffoner trois phrases, ou davantage, laisser des photos, des objets, autour du thème de la mémoire.

Théâtre de l'Est Parisien, 159 avenue Gambetta. 01 43 64 80 80. www

 




Le dernier guerrier

Posté par Floriane le 13.11.07 à 16:38 | tags : spectacle à paris, théâtre, théâtre du lucernaire

Massimo Schuster ! Tel qu’en lui-même, comédien généreux, à la plume précise et impertinente, homme d’aventure et de découvertes. Son Théâtre de l’Arc en terre a parcouru le monde, fait une halte l’an dernier au Théâtre Claude Lévi-Strauss avec une adaptation du Mahabharata et revient cette saison au Théâtre du Lucernaire avec Le Dernier guerrier, l’histoire d’Achille vue à travers le prisme de toutes les littératures qui ont pu être écrites à son sujet. Et pourtant, pas livresque pour un sou, cette adaptation du comédien qui endosse pour l’occasion la livrée d’un artisan un peu porté sur la bouteille.
Avec deux valises, un bout de chiffon, quelques ustensiles détournés (marionnettes et décor de Roberto Abbiati), tout un monde se crée. Aucun désir d’illusion pourtant, une distance soigneusement gardée, avec l’histoire racontée, les personnages en présence : le regard qu’un humain du 21è siècle peut porter sur un demi-dieu de la Grèce antique. Un spectacle resserré, au montage nerveux, dont on pourra retrouver des effluves en en relisant le texte, publié par le TJP.
Ceux qui désireront approfondir leur connaissance de ce diable d’homme pourront également se pencher sur le livre qu’il a consacré au Bread and Puppet. Car après ses classes au Piccolo de Milan, un beau jour de 1969, Massimo Schuster a croisé la route de Peter Schumann et le virus des marionnettes, depuis, ne l’a plus quitté. Illus ©Brigitte Pougeoise
Le dernier guerrier au Théâtre du Lucernaire jusqu’au 29 décembre. www et www
Massimo Schuster, Bread&Puppet Museum, Titivillus Edizioni, 2006




Texte ou pas texte ?

Posté par Floriane le 13.11.07 à 10:19 | tags : odéon, spectacle à paris, théâtre
Parfois, l’on bénit le surtitrage qui permet de jouir, de façon plus aisée, d’un spectacle donné en langue étrangère. Parfois, au contraire, l’on préférerait être sourd ou ne pas comprendre la langue de certaines représentations au texte affligeant. Deux spectacles à l’affiche parisienne cette semaine illustrent parfaitement ce contraste. Moby Dick, revisité par Antonio Latella à l’Odéon n’est pas formellement d’une nouveauté absolue. Décor en arêtes de poisson ; clavecin, violon et haute contre sur scène ; ballet d’assiettes et de verres visant sans doute à mimer le tangage : tout cela fonctionne proprement. Le jeu, à l’unisson, harmonise les soli et les scènes de groupe, la jeunesse de la distribution et l’expérience matoise du grand aîné, Giorgio Albertazzi, quasi une légende vivante en Italie. Les spectateurs se tordent le cou pendant plus de deux heures, pour capter quelques bribes du texte dense, œuvre de libre adaptation de Federico Bellini. Tout cela roule, malgré la barrière du langage.
Au Théâtre de la Ville, le flamand Wayn Traub expose le fruit de plusieurs mois de travail et de recherches menées avec des scientifiques et des artistes de tous bords. NQZC (prononcer : Inquisitie) se veut l’archéologie du mental d’un astronaute en difficulté avec sa femme. Passé les effets lumineux et sonores dignes des séries télévisées et de certaines boîtes à la mode il y a plusieurs années déjà, le spectateur se trouve aux prises avec le texte de Paul Pourveur. Et là, toute la magie des ambiances, des postures, de certains éléments de costume rappelant l’ère médiévale et tirant l’écriture scénique vers une certaine forme de rituel, tout cela s’effondre ou plutôt se heurte douloureusement à un humour au quatorzième degré qu’il faut sans doute être Belge (comme la troupe) pour en apprécier toute la saveur. A moins qu’il ne s’agisse de platitude stylistique assumée, en vue d’une improbable mise en perspective de la vacuité de notre monde … Bref, on a, face à ce spectacle, envie de couper le son, de s’envoler sur les images et de se dire : « Quelle poésie visuelle, ces … Coréens ! ».Illus N.Q.Z.C. Wayn Traub © Koen Broos
La Cena de le ceneri, mis en scène par Antonio Latella au Théâtre de L'Odéon, du 14 au 18 novembre.
N.Q.Z.C., mis en scène par Wayn Traub






La question black vue par les Iraniens

Posté par Floriane le 13.11.07 à 09:59 | tags : bastille, spectacle à paris, théâtre

 

 

C’est un spectacle fascinant que l’Iranien Koohestani propose, jusqu’au 18 novembre, au Théâtre de la Bastille. Certains avaient vu, dans le même lieu, son Dance on glasses. Cette fois, avec Recent experiences, c’est l’adaptation en farsi d’un texte d’auteurs canadiens que nous livre le metteur en scène.
Dans un montage minimaliste, largement inspiré par l’écriture cinématographique, la parole circule, distribuée entre six acteurs répartis autour d’une table familiale quasi nue. Rien n’est gratuit, dans ce théâtre choral : la moindre inflexion, un sourire, une larme, un regard permettent de camper un personnage, une situation et d’égrener le destin sur un siècle d’une famille mixte canadienne.
Là est le plus fascinant : l’on se rend compte, au fur et à mesure que les générations entrent en scène, que les « mains blanches » dont le premier homme semblait tant amoureux, l’attiraient parce que lui était noir. Au début du XXè siècle, un tel mariage mixte avaient figure d’exception. Etonnement aussi lorsque les références à la religion catholique pratiquée dans la famille s’inscrivent dans le texte et la gestuelle. Le sel de cette interprétation, par des Iraniennes portant le voile, et de cette mise en scène posée, toute en nuances, c’est la notion d’acceptation du destin qui s’en dégage. D’autres pourraient donner au même texte une couleur plus révoltée, plus politique, plus socio-centrée. Koohestani lui offre une paix douce, comme résignée. Le monde continue.

Recent experiences,

Mis en scène par Amira Reza Koohestani,

Au Théâtre de la Bastille, jusqu'au 18 novembre

 




Désespoir russe et déjanté à la Commune d'Aubervilliers

Posté par Catherine le 13.11.07 à 00:03 | tags : la commune/aubervilliers, théâtre

korsunovas"Tableau 2. Scène de reconstitution : un homme est accusé d'avoir défenestré sa femme. Valya joue le rôle de la victime.  Sysoev, l'accusé, explique que sa femme est tombée en lavant les carreaux, alors qu'il sortait de l'appartement en claquant la porte..." Le livret du spectacle n'est pas banal : la totalité de la pièce y est résumée, avec précision, tableau par tableau. Avant même le début de la représentation, l'oeuvre de Oleg et Vladimir Presniakov agit sur le spectateur et celui-ci frémit sur son siège à l'idée de voir bientôt des comédiens interpréter la suite de situations qui est décrite. Quel bonheur effectivement que de suivre Valya, tourmenté par la mort de son père, dans sa quête aussi cocasse que désespérée! En cherchant par tous les moyens à conjurer sa peur de la mort, il va vivre des situations hallucinantes et hallucinées.
Son histoire, c'est un peu celle de la Russie actuelle, ou même celle du monde tout entier, qui doit se débrouiller malgré la perte de ses anciens repères. Un beau conte initiatique, servi par une mise en scène parfaitement dynamitée. Un grand frémissement, jusqu'à la dernière minute, jusqu'aux saluts que les comédiens réussissent encore à transformer en grand moment de théâtre.

Seulement quelques dates au théâtre de la Commune pour découvrir le travail d'Oskaras Korsunovas, suivies d'une petite tournée en province. Mais le jeune metteur en scène lituanien reviendra en décembre présenter la Mégère Apprivoisée à la Comédie Française.

Dans le rôle de la victime Frères Presniakov, mise en scène Oskaras Korsunovas
Du 9 au 14 novembre, au théâtre de la Commune à Auvervilliers
En lituanien surtitré
Illus © D. Matvejev




Une traversée du 104, rue d'Aubervilliers

Posté par Nedjma le 12.11.07 à 19:42 | tags : 104, théâtre

Oui bon, bien sûr, comme ça ça n'a pas l'air très engageant, ça fait un peu chantier. Et pour cause, le 104, projet emblématique de la Ville de Paris (qui, avec la Région, a déboursé 102 millions d'euros pour lui permettre de voir le jour) est en chantier. Un chantier fastidieux qui transformera l'ancien siège des Pompes funèbres municipales en lieu de création polymorphe, qui se veut réactif, vivant, ouvert à tous. A tous, c'est à dire au public coutumier des salles de spectacles et des lieux d'expos, mais aussi aux habitants du quartier. Un 19e arrondissement dans lequel le site se veut profondément ancré. Le 104 donc, 35 000 mètres carrés, répartis ainsi : deux salles de spectacles, 16 plateaux de travail, des espaces d'exposition, notamment, et une capacité d'accueil de 5000 personnes au total. Sous la houlette de Frédéric Fisbach et Robert Cantarella, le 104 ouvrira ses portes à l'automne 2008. Mais pour vous permettre de vous faire une idée, pour une "traversée" du projet, deux journées portes ouvertes seront proposées les 29 et 30 décembre prochains. Photographes, auteurs, plasticiens etc. sont invités pour l'occasion.

Portes ouvertes au 104 11 bis rue Curial, Paris 19e. Parcours du métro Riquet au métro Stalingrad. (illustration : photo Pascal Dhennequin)




Rodrigo Garcia rase gratis...

Posté par Nedjma le 09.11.07 à 17:30 | tags : festival d'automne, rond-point, spectacle à paris, théâtre

"Je ne pousse pas un cri. Ce serait plutôt une rumeur. Mais ce qui est susurré là n'est pas agréable à entendre ; peut-être même que cela fait encore plus mal aux oreilles qu'un hurlement." Ainsi Rodrigo Garcia, auteur-metteur en scène argentin installé à Madrid évoque-t-il son nouveau spectacle, "Et balancez mes cendres sur Mickey", présenté au Théâtre du Rond Point dans le cadre du Festival d'Automne.

La note d'intention pourrait s'appliquer à toutes ses créations-manifestes tant l'homme manie (plus ou moins habilement d'ailleurs) l'art de la provoc. Quoi qu'il en soit, Garcia est un auteur, un créateur, et a des choses souvent intéressantes à dire. Les habitués savent qu'elles ne sont pas toujours bonnes à entendre... Aujourd'hui, c'est une drôle de polémique qui enflamme le milieu autour de "Et balancez mes cendres...". Rodrigo Garcia a, une fois de plus, comme il le fait régulièrement, sollicité des figurants, avec une annonce parue à la fois sur le site de l'ANPE spectacle et du Théâtre du Rond Point. "Urgent : le Rond-Point recherche, pour la figuration du spectacle (...) 15 jeunes femmes acceptant de se faire raser la tête pendant le spectacle". Rodrigo Garcia rase gratis. Enfin, presque. La rémunération est quand même de 200 euros bruts. La comédienne Sophie Caffarel et le très progressiste chroniqueur Alain-Gérard Slama notamment, s'émeuvent de ce fait et s'indignent que des directeurs de théâtre acceptent "pareille infamie". Et d'évoquer un spectacle "dégradant", renvoyant aux pires heures de notre histoire. Beaucoup de bruit pour pas grand chose, qui ne devrait pas empêcher un public curieux, et ouvert, d'aller voir, par lui-même, de quoi il en retourne. Illus © Christian Berthelot

"Et balancez mes cendres sur Mickey" de Rodrigo Garcia, au Théâtre du Rond-Point jusqu'au 18 novembre. (www)




Cap sur les Métallos !

Posté par Nedjma le 09.11.07 à 15:36 | tags : théâtre
Cette fois, c'est fait. La Maison des Métallos a rouvert ses portes. Après plusieurs années d'actions hors les murs et un chantier de deux ans (pour une facture de 13,5 millions d'euros), le site est de nouveau accessible au public, et la réouverture est célébrée joyeusement avec plusieurs jours de projections, rencontres, concerts et spectacles. Curieux destin que celui de ce siège de l'Union fraternelle des métallurgistes qui était, auparavant, une fabrique d'instruments de musique. Dans un écrin figurant à l'inventaire des Monuments historiques, l'architecte Vincent Broussy a créé un espace moderne et épuré avec une salle d'expositions, une autre dévolue aux spectacles, ainsiq ue des espaces d'enregistrement et de répétition. Sous la houlette de Gérard Paquet , autrefois directeur du Centre national de la danse de Châteauvallon, le lieu fera la part belle au partage des arts, mais accueillera aussi des associations et institutions. Illus © Marc Verhille-Mairie de Paris.

Maison des métallos, 94 rue Jean-Pierre Timbaud. www




Roland Dubillard : Diablogues de sourds

Posté par Arnaud le 07.11.07 à 10:09 | tags : rond-point, spectacle à paris, théâtre

 

Ce n'est pas un hasard si les mots de Roland Dubillard sonnent en plein au Théâtre du Rond-Point : on connait l'affection du maître des lieux Jean-Michel Ribes, pour le verbe de cet auteur, à qui il a consacré un festival en 2004 et qu'il a mis en scène dans Le jardin des bettraves la même année. Cette fois, c'est Anne Bourgeois qui s'attaque aux déferlements de langue de Dubillard, en mettant en scène Les Diablogues. Les comédiens Jacques Gamblin et François Morel, tous deux porteurs d'un univers bien à eux, incarnent "Un"et "Deux", personnages qui sont d'abord pour Anne Bourgeois, "deux être humains posés sur le plateau qui ne comprennent rien à ce qui leur arrive : ils n’ont ni destin, ni histoire, ils ne sont pas des héros, ça pourrait être Monsieur Toutlemonde, vous ou moi." Un dialogue, une tentative du moins mais qui est contrarié par le fait qu'Un et Deux ont précisément deux grilles de compréhension différentes. Aussi, entre leurs spéculations existencielles sans réponse et leur volonté indéniable de comprendre coûte que coûte -mais comprendre quoi?- , ils se perdent dans la logique extrême du langage jusquà faire vaciller le monde : une exacerbation du quotidien qui vire au surréalisme et flirte avec l'irréel.
Le texte Les Diablogues de Dubillard suprend, émeut, captive autant qu'il déssaisit : un éclat de rire en harmonie avec l'euphorie qui reigne au Théâtre du Rond-Point.

 

Les Diablogues de Roland Dubillard. Mise en scène Anne Bourgeois, du 21 novembre au 31 décembre au Théâtre du Rond-Point (www)




Rita et Luna In Extremis

Posté par Arnaud le 06.11.07 à 12:43 | tags : musique sur scène, spectacle à paris, théâtre

Pourquoi ne pas se laisser tenter par la proposition aléchante de Séverine Jo?

"Spectacle de théâtre musical. Création pour deux comédiennes et trois musiciens. Deux femmes errantes, hantées par la violence de leurs souvenirs tombent nez à nez au bord du vide. Leur rencontre les emporte dans une course effrénée, un corps à corps jubilatoire et libérateur poussé par la puissance poétique de la musique. La parole se change en chant, le souvenir se fait chair. Leur quête de liberté, soutenue par une mystérieuse troupe de musiciens les guidera vers la simplicité et le chant de l'être."

Rita et Luna In Extremis, mise en scène de Mirabelle Wassef.

Du 7 novembre au 27 décembre à l'Espace la Comedia, Paris.

Plus d'infos sur le site de Rita et Luna (www)




Bloody niggers : la rage, mais contre qui ?

Posté par JdF le 06.11.07 à 11:42 | tags : spectacle à paris, théâtre
Groupov
Au Tarmac, dans le cadre des rencontres de la Villette se joue Bloody niggers !, de Dorcy Rugamba, mis en scène par Jacques Delcuvellerie. Delcuvellerie et sa compagnie, Groupov, se sont fait connaître avec le spectacle Rwanda 94 qui a tourné dans le monde entier. Nous avions parlé d'Anathème, spectacle présenté durant la très controversée édition 2005 du festival d'Avignon. Une fois de plus, le propos laisse perplexe : comme dans La comédie indigène, présentée dans le même théâtre, l'auteur entend dénoncer le passé colonial de l'Occident, l'exploitation, les pillages, les violences et les massacres de la colonisation. Certes, mais la manière dont ce discours entend rompre un silence séculaire, est en complet décalage avec l'évolution récente qui conduit aujourd'hui à une déplorable concurrence et surenchère mémorielle.

Le spectacle ne verse pas dans la concurrence mémorielles et considère, a contrario, les exterminations des peuples pré-coloniaux comme précurseurs des grands massacres du XXe siècle et, en particulier, de la destruciton des Juifs d'Europe. Ce qui pose problème, en revanche, c'est la notion d'"Occident" telle qu'elle est définie dans le spectacle. Qu'est-ce que l'Occident après tout ? Une ère géographique ? une culture portant en elle une conception fixe et monoliythique du monde ? Non, bien entendu ! Car si l'histoire nous apprend qu'en Occident (je préfère quant à moi, user du terme sous la forme du circonstanciel), ont émergé des théories iniques justifiant la violence, les massacre et la réduction en esclavage au nom de l'inégalités entre les supposées races, Dorcy Rugamba n'ignore pas que ces théories ont eu très tôt des adversaires. Or le seul socialiste nommé dans le spectacle est Saint-Simon, le théoricien utopiste du début du XIXe siècle, confiant dans l'entreprise privée et scientiste, il rêve d'une société coercitive dirigée par une technocratie d'insdustriels et d'ingénieurs. En faire un "socialiste" (il ne se définissait du reste pas ainsi), c'est-à-dire le représentant d'un mouvement qui, dès la fin du XIXe siècle a poser l'anti-militarisme et de l'anti-colonialisme au cour de son projet politique relève donc de la mauvaise foi.

Le colonialisme a bien eu des adversaires au sein même de cet l'Occident qui, à mon sens ne constitue aucunement une entité substancielle. Peut-on en effet considérer l'ensemble des Européens (de naissance ou d'adoption) comme partageant une même vision du monde ? L'époque, mais aussi l'appartenance sociale, familiales, l'expérience et les convictions personnelles font de chacun un partisan ou adversaire plus ou moins fervent de la colonisation ou aujourd'hui du néo-colonialisme. Les déserteurs de la guerre d'Algérie ont-il à répondre des crimes du gouvernement de Guy Mollet (celui-là qui se disait socialiste) ? L'auteur dénonce à juste titre la France comme patrie des droits de l'homme. Cette conception est érronnée noin pas parce que des Français ont colonisé l'Afrique, mais parce que les principes n'ont aucune patrie, et n'existent qu'à travers ceux qui les portent et luttes pour les faire respecter, qu'ils soient Français, Rwandais, Belges ou Birmans.

Bon, voilà que je me suis laissée emportée à discuter le propos du spectacle et que je n'ai pas fait allusion à ce à quoi il ressemble, alors un dernier mot pour dire que Delcuvellerie a mis ses trois acteurs/chanteurs devant trois micros, vêtus de costumes cravates. Deux d'entre eux, les noirs, se changeront, l'un se costume en femme, l'autre pour, torse nu, tenir, à la fin du spectacle, un discours sur la nécessaire et pourtant impossible union des Africains (j'aurais encore des choses à dire sur la question, mais j'ai déjà trop péroré). Et puis, en fond de scène, il y a un écran qui montre des images d'archives (Twin towers, reportages coloniaux, etc...)

Décidement, les spectacles de Delcuvellerie et du Groupov, à défaut de convaincre de leur bien fondé, font au moins parler d'eux.




Le match Labiche / Feydeau

Posté par Nedjma le 06.11.07 à 10:09 | tags : chaillot, théâtre
Plutôt Labiche ou Feydeau ? L'un n'empêche pas l'autre... Et les amateurs de vaudeville seront comblés. Montparnasse expérimente "Le Système Ribadier", de Feydeau depuis samedi. Dans une mise en scène signée Christian Bujeau, un tandem plutôt improbable, et donc attirant Bruno Solo / Léa Drucker. Le premier fait ses débuts sur les planches, la seconde en est une habituée. Après la jolie pièce "Blanc" d'Emmanuelle Marie la saison passée à la Madeleine, et avant de jouer dans une mise en scène de Claudia Stavisky au printemps, la voilà donc qui endosse le costume de l'épouse trompée, ultra-jalouse et... hypnotisée par son coureur de mari.

A Chaillot, c'est "Un Chapeau de Paille d'Italie" qu'on découvrira dès ce week-end dans une mise en scène de Jean-Baptiste Sastre. Cavalcade délirante et effets en cascade à partir d'un pauvre bout de chapeau orné de coquelicots... Avec notamment Denis Podalydès, Patrice Kerbrat, Marie Payen.

Le système Ribardier de Feydeau, au Théâtre Montparnasse (www). Un chapeau de paille d'Italie de Labiche, au Théâtre National de Chaillot. (www)




Mesure pour mesure, une tragédie comique

Posté par Nedjma le 05.11.07 à 11:01 | tags : théâtre, théâtre des quartiers d’ivry
Cet été, on avait délaissé avec bonheur la fournaise et le rythme trépidant du festival d'Avignon pour se poser, un soir au calme, dans les hauteurs de Grignan, en Drôme Provençale. Là, le festival les Fêtes nocturnes célébrait sa vingtième édition de belle façon, avec "Mesure pour mesure", encore une pièce peu jouée de Shakespeare. A la mise en scène, Adel Hakim, directeur du Théâtre des Quartiers d'Ivry qui signait aussi là une nouvelle, fine traduction. Cette tragédie comique ou comédie tragique du pouvoir et du travestissement se situe en permanence, à la base, et dans cette version, dans un subtil entre-deux. Entre ombre et lumières, comédie et tragédie, puissants et petites gens, vie privée et vie publique, apparence et réel. Créée en 1604, elle est d'une criante modernité, et habilement servie par dix comédiens de haute tenue.
A voir donc, ou à revoir. Illus © Bellamy.

Mesure pour mesure de Shakespeare, mise en scène d'Adel Hakim. Théâtre des Quartiers d'Ivry, du 8 novembre au 5 décembre. (www)




Trois raisons d'aller voir Andromaque

Posté par Nedjma le 02.11.07 à 14:02 | tags : théâtre
L'histoire de ces innombrables amours à sens unique est connue : Oreste aime Hermione, qui aime Pyrrhus, qui aime Andromaque, qui aime Astyanax... Il y a - au moins - trois bonnes raisons de courir voir cet Andromaque-là aux Bouffes du Nord. D'abord, c'est l'une des plus magnifiques tragédies du répertoire. Ensuite c'est le Britannique Declan Donnellan, prodigieux explorateur de grands classiques, qui en signe la mise en scène. Après un Cid mémorable, voilà quelques années et une belle découverte de Cymbeline, pièce méconnue de Shakespeare aux Gémeaux de Sceaux la saison passée, il se frotte donc à l'oeuvre de Racine. Troisième raison de notre impatience : la distribution. Outre Camille Japy en Hermione ou Camille Cayol en Andromaque, c'est Christophe Grégoire qui incarne Pyrrhus. Un Platonov de belle mémoire, dans la mise en scène d'Eric Lacascade, à Avignon en 2000.

Andromaque, du 6 novembre au 8 décembre, Théâtre des Bouffes du Nord. (www)




Blessed : que reste-t-il quand il n'y a plus rien ?

Posté par JdF le 01.11.07 à 13:55 | tags : bastille, festival d'automne

Au Théâtre de la Bastille et dans le cadre du festival d'automne, se joue Blessed : un homme, Francisco Camacho, évolue, tel Robinson, dans un décor en carton : une cahute, un cygne géant et un palmier. Mais la pluie vient et le décor se voit peu à peu réduit à de la bouillie, un magma informe qui rappelle le papier mâché.

Native de la Nouvele Orléans, Meg Stuart a voulu évoquer le ravage produit par le cyclône, il y a deux ans. Alors, bien sûr, cela peut sembler dérisoire face à la réalité du cataclysme qui a frappé la ville et les habitants qui n'avaient pu la fuir. Mais le spectacle est émouvant car Meg Stuart a conscience de la relative impuissance de l'artiste face aux désordres du monde : le danseur finit par faire corps avec le boue de carton dans laquelle il roule, geste par lequel il paraît à la fois lucide et résigné. Kotomi Nishiwafi, de son côté, fait une apparition spectaculaire (combinaison moirée, bottes blanches à talons XXL et la tête surmontée d'une coiffure à plumes), parade sur scène avec conviction dans ce qui semble une tentative désespérée de nier l'évidence de la destruction.

Blessed, jusqu'au 2 novembre au Théâtre de la Bastille : 01 43 57 42 14 (www)

Photo © Chris Van der Burght






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