Archives > Décembre 2007Premiers pas au 104Posté par Nedjma le 28.12.07 à 11:56
On vous l'a déjà annoncé voilà quelques semaines: la première plongée dans le 104 pour le public, c'est ce week-end. Le site des anciennes pompes funèbres de la ville, dans le 19e arrondissement de Paris ouvre ses portes pour une visite de chantier. Voilà des mois que les pelleteuses sont à l'ouvrage pour donner à l'endroit l'aspect qu'il aura lors de son ouverture véritable, à l'automne prochain. Rappelons que Frédéric Fisbach , artiste associé au dernier festival d'Avignon et Robert Cantarella sont aux manettes et que ce haut lieu de la création contemporaine sera notamment composé de deux salles de spectacles (200 et 400 places), d'ateliers, de jardins, de commerces et d'un restaurant. Ses codirecteurs veulent en faire un lieu de vie, ancré dans son territoire. Portes ouvertes au 104, le 29 décembre de 12h à minuit. Le 30, de 9 heures à 15 heures. www Dernier tour de piste pour Battuta à Aubervilliers
Grosse colère pour Bartabas ! Informé de sa baisse drastique de subventions, le créateur de Zingaro a saccagé, le 21 décembre dernier, une partie du mobilier de la DRAC (Direction régional des affaires culturelles) d'Ile de France, et placé, pour cela, en garde à vue une partie de la nuit. On quitte la rubrique faits divers pour revenir à l'artistique : que cela ne vous empêche surtout pas d'aller voir Battuta, dernier spectacle de Zingaro, création réjouissante, où l'artiste a retrouvé la spontanéité échevelée des débuts, après un détour vers l'épure. On retrouve dans cet univers festif en diable quelque chose des films d'Emir Kusturica: une mariée singulière, une fumeuse de pipe et une cohorte d'animaux, chevaux en tête, bien sûr. Il ne vous reste que quelques jours pour découvrir le spectacle au Fort d'Aubervilliers. Ensuite Zingaro s'envole direction Hong-Kong... Battuta, Fort d'Aubervilliers, jusqu'au 31 décembre 2007. www Le retour sur scène de Clovis Cornillac
L'affaire est connue: le comédien Clovis Cornillac sera, dans quelques semaines sur tous les écrans de France et de Navarre dans Super Astérix numéro 3. IL succède à Christian Clavier dans la peau du blond, et jovial Gaulois. Mais avant d'être le comédien bankable que l'on sait au cinéma -avec des choix pas toujours inspirés...-, le fils de Myriam Boyer est un grand acteur de théâtre. On l'a notamment vu dans plusieurs spectacles écrits et mis en scène par Xavier Durringer, dont le très bon "Surfeurs", mais aussi chez Peter Brook dans "Le Mahabharata" ou Matthias Langhoff dans "Désir sous les ormes". Et puis c'est un fidèle compagnon d' Alain Françon, directeur du Théâtre de la Colline, qui l'a déjà dirigé huit fois. Retrouvailles en vue donc, dans un Feydeau cette fois. Au 220, rue de Provence, à l'Hôtel du Libre-Echange, un expert et sa femme proche de l'adultère, un avocat bègue et ses filles sont réunis par le mécanisme imparable et joyeux du vaudeville. Deux mois de représentations annoncés... "L'¨Hôtel du libre échange", du 27 décembre au 24 février, Théâtre national de la Colline. www Lagarce, l'intime et le monde
On en avait découvert quelques pages, en mars dernier, dans Une vie de théâtre à Théâtre Ouvert. Laurent Poitrenaux incarnait Jean-Luc Lagarce , et François Berreur signait la mise en espace. C'était drôle et déchirant, intelligent et saisissant, c'était l'intime et le monde. Pendant 18 ans, Jean-Luc Lagarce a noirci des petits carnets, consignant ses histoires d'amour, ses histoires de théâtre, son avis sur le monde et sur la vie qui passe. Une écriture spontanée et permanente. Lagarce avait commencé à retranscrire ces écrits à la machine. Il aura résumé neuf cahiers. Grâce au boulot titanesque de François Berreur, compagnon de toujours, les cahiers suivants ont été retranscrits. Le journal est édité, en deux volumes, par la maison qu'il avait fondée. Le premier volume, qui vient de sortir couvre les années 1977 à 1990. Le second, consacré aux années 1990 à 1995 -date de la mort de Lagarce- paraîtra en mars. Olivier Py, qui avait dédié ses "Illusions Comiques" au "poète mort trop tôt", alias Lagarce, signe la préface du livre. "Il faut lire ces pages comme l'incessant suci de sauver la dignité d'une génération perdue", y écrit-il. Un témoignage inmanquable et poignant qui vient clore la belle année Lagarce. Spectacles et expos, rencontres et publications: un hommage vivant, par ceux qui l'ont connu et la jeune génération, qui s'en est joliment emparée. Journal 1977-1990 de Jean-Luc Lagarce, aux Solitaires Intempestifs. Derniers soirs pour l'OrestieDavid Géry relève le défi de mettre en scène l'ensemble de la trilogie de l'Orestie d'Eschyle, Agamemnon, les Choéphores et les Euménides, avec quelques coupures certes, mais un mouvement d'ensemble totalement préservé. La mise en scène est résolument contemporaine, avec caméra vidéo, écran géant, Clytemnestre met en scène le retour d'Agamemnon. La fin de la guerre de Troie devient affaire de communication, afin de mieux masquer le meurtre que Clytemnestre et Egisthe préparent. Mais le plus fascinant dans cette mise en scène, c'est indiscutablement le rôle du choeur. Le choeur, simple spectateur de cette politique spectacle dans Agamemnon, qui peu à peu prend corps, s'impose jusqu'à devenir avec les Euménides le peuple, véritable acteur de la démocratie naissante. Rarement on aura entendu de manière aussi limpide et forte les propos du choeur, rarement il aura été incarné par des comédiens aussi remarquables qui, insensiblement, s'individualisent sans jamais rompre cependant l'unité du groupe. C'est impressionnant. L'Orestie, Jusqu'au 21 décembre au théâtre de la Commune à Aubervilliers. La généreuse rallonge au spectacle vivantPosté par Nedjma le 19.12.07 à 16:57
Y aurait-il le feu au lac? En tout cas, la ministre de la culture, semble avoir entendu l'appel pressant lancé par les professionnels de la profession réunis voilà un petit mois au Théâtre du Rond-Point. Christine Albanel a en effet annoncé la semaine dernière qu'une rallonge de 34,8 millions d'euros serait concédée aux professionnels du spectacle vivant, pour "apaiser inquiétudes". La FEPS (Fédération des employeurs du spectacle vivant privé et public) réclamait 50 millions mais son président a considéré que le geste de la ministre allait dans le bon sens. En outre, le fonds de professionnalisation et de solidarité mis en place pour panser les plaies des intermittents du spectacle sera prolongé jusqu'en 2008. Enfin, des "entretiens de Valois" auront lieu dès janvier. Un premier pas vers le Grenelle de la culture? Un spectateur's digest![]()
Bon, résumons: les fêtes approchent à grands pas et avec elles leur cortège de repas interminables et de cadeaux pas toujours bien inspirés. Flu vous propose un spectateur's digest à vocations multiples pour cette période. Dans la sélection de nos pièces préférées du moment vous trouverez, au choix: des idées cadeaux intelligentes et réjouissantes; un moyen d'aller souffler un peu entre deux repas de famille; un endroit où passer l'un des deux réveillons si vous n'êtes ni cotillons ni dindes aux marrons. C'est parti, au rayon hit parade des spectacles les plus... -le plus endiablé: "Divino Amore" d'Alfredo Arias. Un hommage tout feu tout flamme au théâtre de quartier romain des années 60-70. Kitsch, pailleté, musical. Avec l'incontournable Marilu Marini. Au Théâtre du Rond-Point jusqu'au 31 décembre. -le plus voluptueux: "La seconde surprise de l'amour" de Marivaux mis en scène par Luc Bondy. Clotilde Hesme et Micha Lescot forment le couple magnifique qui se prête au jeu de l'amour et du hasard avec un délice qui est aussi le nôtre. Au Théâtre Nanterre-Amandiers jusqu'au 22 décembre, puis en tournée en France. -le plus mythique: "West Side Story" de Leonard Bernstein et Jerome Robbins. Le musical mythique célèbre ses 50 ans à Paris, et c'est un triomphe. Interprètes brillants, corps bondissants, ce Roméo et Juliette transposé dans un New-York frappé par la guerre des clans enchante. Au point que c'est archi-bondé. Il faudra se battre pour avoir une place! Au Chatelet jusqu'au 1er janvier. -le plus désopilant: "Les Diablogues" de Dubillard, mis en scène par Anne Bourgeois, réunit un fabuleux tandem de clowns candides (Jacques Gamblin et François Morel) qui, en quête perpétuelle de sens déclenchent des non-sens en cascade. C'est un moment désopilant tout autant qu'un touchant hommage à leur créateur, Roland Dubillard. Au Théâtre du Rond-Point jusqu'au 31 décembre. -le plus clownesque: "Taoub" par Aurélien Bory et des circassiens marocains. A la Villette jusqu'au 6 janvier. Illus © Philippe Delacroix ; © Pascal Victor ; © A.Ch. Wulz/BB Promotion ; © Aglaé Bory
Un conte de Robert Lepage![]() Lepage à Chaillot, même avec une production vieille de deux ans, on se dit qu’on ne peut pas rater ça. Quelles prouesses technologiques a-t-il encore pu inventer pour nous plonger dans l’univers d’Andersen ? Généralement, ces prouesses sont si fines qu’elles en deviennent invisibles, magiques et que le spectateur retomberait aisément en enfance, si les thèmes généralement abordés par le Québécois n’étaient si foncièrement « pour adultes ». Il n’en reste pas moins que Robert Lepage aime raconter des histoires, en mêlant les lieux et les époques, sans trop brouiller les pistes. Avec son Projet Andersen, il ne faillit pas à la règle. Répondant à une commande de la Fondation danoise consacrée à l’écrivain, il revisite son œuvre, sa vie et s’en approprie quelques éléments qu’il confie à l’interprétation de Yves Jacques, son complice. Et pourtant, ce qui paraît une « bonne idée » s’avère bien vite un tricot naïf d’éléments biographiques remis tant bien que mal à la sauce contemporaine. La dramaturgie fait penser à un devoir de collège, et les effets scénographiques et visuels sentent le clin d’œil à des œuvres antérieures, tant appréciées à l’époque. Projet Andersen, mis en scène par Robert Lepage Au Théâtre National de Chaillot (www) jusqu’au 28 décembre La divine comédie de Castellucci
On le sait depuis juillet dernier: Romeo Castellucci sera, en juillet 2008 le nouvel artiste associé du festival d'Avignon, aux côtés de la comédienne Valérie Dreville. Ce qu'on a appris récemment, c'est qu'il y mettra en scène plusieurs spectacles d'après "La divine comédie" de Dante. L'un investira notamment la Cour d'honneur du Palais des Papes -"l'enfer, c'est les papes", aurait déclaré Castellucci sous forme de boutade-. L'autre prendrait la forme d'une installation plastique. 62 e Festival d'Avignon, juillet 2008. Le théâtre public en question
Cela faisait longtemps... que la question ne s'était pas posée. Le théâtre public, nécessaire service... public ou gouffre financier inutile et indécent? C'est en substance la question que posent nos confrères du Figaro Magazine. Sous l'intitulé "Faut-il encore financer le théâtre public?" et au gré de quatre pages d'une grande ouverture d'esprit et d'un débat des plus subtils, ils y répondent bien évidemment par la négative. Avec des comparatifs du genre: combien de théâtres pour combien de recettes (on y apprend ainsi que 156 théâtres ont totalisé 3,3 millions d'entrées payantes en 2006 côté privé, contre 790 structures subventionnées pour 3,8 millions d'entrées payantes), ils emboîtent mine de rien le pas d'un président qui a demandé clairement à sa ministre de la culture que "chaque structure subventionnée rende des comptes de son action et de la popularité de ses interventions". Où l'on en revient toujours aux mêmes interrogations: la logique comptable est-elle la seule qui prime? La culture doit-elle être rentable? La qualité populaire d'un spectacle passe-t-elle par le nombre de spectateurs qui s'y pressent: faudra-t-il nécessairement brûler le public de Rodrigo Garcia ("Et balancez mes cendres sur Mickey". Illus © Christian Berthelot) pour conserver celui du "Dîner de cons" ou de "Fugueuses"? Certains spectateurs ne font-ils pas le va et vient entre public et privé? Pas sûr que ce soit le genre de questionnements qu'espèrent les professionnels du spectacle vivant qui réclament avec fougue la tenue d'un Grenelle de la culture... Du cirque pour les fêtes![]() Sans faillir à la tradition, le cirque refait son apparition à l’occasion de Noël, même si tous les spectacles présentés ne sont pas destinés a priori aux enfants. Avec Taoub, La Villette (www) ne prend pas de grands risques. Le spectacle, créé il y a quatre ans, a déjà tourné un peu partout et l’on connaît ses vertus rassembleuses. Rien que la mention du « groupe acrobatique de Tanger » peut évoquer aux uns les vacances, aux autres les pratiques ancestrales, et attirer un public familial. Pourtant, le nom d’Aurélien Bory, bien connu des scènes parisiennes, devrait alerter, car le sieur s’est plutôt illustré dans des créations basées sur l’utilisation de technologies de pointe et les illusions visuelles. Mariage de la carpe et du lapin, le spectacle Taoub réussit pourtant à dérouler une historiette joliment illustrative, dont ceux qui comprennent les chansons en marocain peuvent pleinement profiter. Les autres se contentent de regarder les images et d’applaudir aux quelques prouesses, dont la technicité n’est pas le cœur du propos. Reservez vos places pour Taoub sur Flu! Une Marquise d'O. envoûtante![]()
Théâtre Gérard-Philippe, St-Denis, jusqu'au 16 décembre, à 20h30, dimanche à 16h.
Opéra Comique : on rouvre !![]() Opéra Comique, place Boieldieu. www Être ou ne pas![]() Une épaisse fumée asphyxie le plateau. Elle laisse derrière elle un champ de bataille, bordel innommable, petites choses, papiers, paillettes, poussières. L’espace est comme un débordement, une liberté déclamée haut et fort. C’est peut-être cette liberté qui caractérise le travail d’Yves Noël Genod. Il n’est pas l’un de ces militants qui nous vendent du « renouvellement » à tout va, mais simplement lui, au plus proche de ce qu’il aime et de ce qui lui parle : et c’est certainement pour cela que ses spectacles sont si singuliers, si innovants. Genod ne fait que du Genod. Et même si ses collaborations passées avec Loïc Touzé, Claude Régy ou François Tanguy ont laissé des traces palpables, des qualités de présences, une relation au corps et au temps particulière, c’est encore une fois différent. Hamlet est un point de départ, un prétexte pour faire spectacle. Ou pour faire la réalité. Les mots de Shakespeare y résonnent mais de manière lointaine et au même titre que ceux de Johnny Hallyday. Le texte, qu’il soit d’Eddy Mitchell ou de Fabrice Melquiot n’est jamais commenté : il est matière à dire. Dans cette tour de Babel, les incantations poétiques, l’anglais télévisuel et le discours du quotidien cohabitent en toute indépendance et forment un magma du vivant. Le banal comme matière première à fabriquer du théâtre. Et inversement. Se perdre dans ces dimensions, ces discours, ces dialogues qui n’en sont pas, quitte par moment à sortir du spectacle. Mais qu’importe, les chemins pour y revenir sont foisonnants, partout des événements éclosent. Choisir. Peut-être l’homme nu qui se prend la tête de quelqu’un d’autre. Ou les confessions d’une actrice chatoyante « Au début, il était question qu’on fasse La planète des singes et j’y avais beaucoup réfléchi, mais finalement ça s’est transformé en Hamlet. Alors j’ai essayé de passer à Hamlet, mais La planète des singes et Hamlet continuaient pour moi d’être indissociables »* Ou alors par le chant englobant d’un anonyme singulier. Les solos se chevauchent, souvent drôles et surréalistes, toujours sensibles. Ils sont portés par de sublimes acteurs, aux auras bien disctinctes. Être spectateur de cet Hamlet requiert de l’autonomie. Parmi tous les chemins, toutes les présences et les absences, la grâce, le sale, le fou, le choquant, le désopilant, l'étrange, le sincère... Dans ce drôle de beau bordel, cet ailleurs unique, il faut s’aventurer. Flyer de Patrick Laffont *Extrait de Hélèna Villovitch, d’après et pour Marlène Saldana.
Hamlet, création d'Yves Noël Genod. Dans le cadre du Festival 100 dessus dessous (www), les 12 et 13 décembre à la Villette. Olivier Py discourt A nouveau directeur, nouvelle politique, nouvelle programmation, nouvelles envies, nouveaux enjeux … Olivier Py nommé le 1er mars dernier à la tête du théâtre national de l’Odéon (www), Théâtre de l’Europe, s’en explique, sous une forme habile et décontractée. Actes Sud a eu la bonne idée de publier le Discours du nouveau directeur de l’Odéon, accompagné de photos splendides du théâtre, en travaux, rénové, dedans, dehors. Py, lors de son « intronisation » a souhaité donner les grandes lignes de son projet et souligner les thèmes qui l’animent particulièrement. Il recourt, dans ce texte, à des personnages clés lui donnant la réplique de façon souvent loufoque : le critique, sa mère, la mort, etc qui tous, évidemment, essaient de lui fourguer un texte. A lire, à entendre (gageons que ce discours arpentera bien vite les scènes) ; un bien joli petit livre.Discours du nouveau directeur de l’Odéon, Actes Sud, 2007, 64 pages. Reims fait sa comédie
Voilà six ans que Reims célèbre la diversité des poètes et écritures contemporaines au fil de son festival "Reims à scène ouverte". Six ans qu'elle convoque poètes donc, mais aussi acteurs, danseurs, chanteurs de quatre coins du monde pour une belle fête des mots et de l'esprit. Dès ce soir, et pour une grosse semaine, ils investissent la Comédie de Reims et plusieurs sites voisins. Impossible de tout citer, mais dans cette programmation tout feu tout flamme, on verra notamment un cabaret Nino Rota, orchestré par Alfredo Arias, en lever de rideau, ce soir. On entendra de nouveau les mots de Jules Renard par Jean-Louis Trintignant , ceux de Lee Hall par Romane Bohringer dans "Face de cuillère", mis en scène par Michel Didym, ceux de René Char par le comédien Hugues Quester. Enfin, Emmanuel Demarcy-Mota, encore directeur de la Comédie de Reims jusqu'en janvier prochain, date à laquelle il prendra les rênes du Théâtre de la Ville, explore Pasolini avec le collectif de la Comédie. Illus Romane Bohringer dans "Face de cuillère". dr Reims à scène ouverte, du 11 au 19 décembre. 03.26.48.49.00. www Trois questions à Yves Noël Genod![]()
Fluctuat : Lorsqu’on est devant votre Hamlet, on est peu dérouté. On ne sait pas bien si les acteurs ont une liberté absolue pendant le spectacle ou si, au contraire tout est savamment orchestré dans le détail, et les petites choses. Quelle place occupe l’improvisation dans votre travail ?
Le blog d’Yves Noël Genod (www) Le site du Festival 100 Dessus Dessous (www)
Attention, gros bazar à l'Est!
Gros Bazar, festival de formes brèves au Théâtre de l'Est parisien, Paris 20e, du 14 au 16 décembre. Réservation indispensable 01.43.64.80.80. Un successeur pour Béjart![]()
Beignet ou café ?![]() Melk Prod goes to New Orleans, de Marco Berrettini Jusqu' au 13 décembre, au Théâtre de la Bastille (www) Gilbert et George au Vieux Colombier
Les Précieuses ridicules, mis en scène par Dan Jemmett Jusqu’au 29 décembre, en alternance, au Vieux Colombier (www) Taoub dans la hotte du Barbu
Taoub, Par Aurélien Bory et le Groupe Acrobatique de Tanger, Jusqu'au 6 janvier au Parc de la Villette. (www) Réservez vos places pour le spectacle Taoub sur Flu! Une femme d'aujourd'hui parle aux filles de demain
Il existe un autre théâtre. Un théâtre de l’essentiel et du nécessaire qui s’attache aux mots et à une parole. Une parole qui vient à vous. Pauline nous en dit plus :
« Sur une mise en scène de Bruno Lehoux, Sophie Perrimond dit les Lettres à sa fille de Calamity Jane. A travers ce spectacle, elle nous dresse le portrait troublant d'une femme, Calamity Jane, condamnée à survivre dans un monde dur et fou et à léguer cette digne rage à qui pourra la recevoir, comme une force vive. comme une recette qui ferait bien de se transmettre de mère en fille. D'urgence. Cette femme que Sophie raconte, c'est vous, moi, elle, lui. La fille à qui elle adresse ses lettres: c'est nous, eux. C'est hier, aujourd'hui et demain. Comment renouer avec la nostalgie de l'enfance... Comment ressentir l'amour d'une mère pour son enfant... Lettres à sa fille est la madeleine que chacun de nous tient dans le creux de sa main. » ![]()
Il a eu mille vies, Romain Gary. Né Romain Kacew, puis devenu Romain Gary et Emile Ajar, ce mystificateur brillant, fut auteur de talent, résistant, homme à femmes. André Asséo lui a consacré à une pièce et Christophe Malavoy l'a adaptée et mise en scène, se glissant dans la peau de l'écrivain. A voir sur la scène du Petit Montparnasse. Création mondiale à L’Onde![]()
Toutes les femmes de Tchekhov sur un plateau![]() On n'est pas forcément férus d'anthologies, best of et autres morceaux choisis de théâtre, qui saucissonnent les textes originaux pour bâtir des canevas pas toujours très fins. Voilà pourquoi on avance sur la pointe des pieds face à ce "Femme de Tchekhov", où deux femmes, précisément, une comédienne et une metteuse en scène proposent une plongée dans les textes de l'auteur, et dans les portraits de femmes magnifiques qu'il a dessinés... Mère, fille, amante, nièce, révoltée, amoureuse, désireuse de nouveaux horizons, inquiète, douce ou folle, elles se dévoilent, doucement, à traits fins. Irina, Sonia, Anna Petrovna, elles sont nées dans Les Trois soeurs, Oncle Vania ou Platonov et ce spectacle les assemble, les réunit, plutôt habilement d'ailleurs. Pour leur prêter sa voix, et ses traits, une seule actrice donc, Catherine Aymerie, habitée et fougueuse. Elle les incarne, elle est une et plurielle à la fois, et nous invite au voyage en une heure, une heure seulement. Et on va loin... Théâtre Darius Milhaud, jusqu'au 17 décembre. 01 42 01 92 26. Pour en savoir plus encore sur Warlikovski
Pour en savoir plus sur ce metteur en scène passionnant, vous pouvez voir ses spectacles, lire "Le théâtre écorché" mais aussi vous rendre à la rencontre organisée par l'Opéra Bastille, demain, avec Krzysztof Warlikovski. Entrée libre, mais réservation obligatoire au 0892 89 90 90 90. Grand soir au Manège de Reims![]() Stéphanie Aubin, la directrice du Manège de Reims, a pour habitude de composer sa programmation selon des affinités électives. Le Grand soir de la semaine dernière a ainsi rassemblé Pascale Houbin et Dominique Boivin, entourés de Daniel Larrieu et de Abbi Patrix. Comme une plongée dans le temps, lorsqu’un certain style de danse contemporaine tenait le haut du panier en France.
Le théâtre écorché de Warlikowski Le Théâtre de l’Odéon (www) présente, du 8 au 16 décembre, Krum de Hanokh Levin, mis en scène par l’enfant terrible du théâtre polonais, Krzysztof Warlikowski. Un spectacle à l’image de son créateur : contemporain, rude mais jamais gratuit. Pour mieux entrer dans l’univers du metteur en scène, à travers son histoire et ses différents spectacles, dont tous n’ont pas été présentés en France, rien de tel que le Théâtre écorché, conçu et réalisé par Piotr Gruszcynski et publié par Actes Sud. Une place importante est faite au spectacle Krum, aux côtés de Shakespeare, bien sûr l’auteur dont Warlikowski a monté de nombreuses pièces. Un portrait intime mais sans voyeurisme, une plongée intelligente dans l’univers de l’un des metteurs en scène européens les plus en vue.Théâtre écorché, 214 pages, 20 €, chez Actes Sud. Comme elles sont pâles …![]() « Qu’est-ce que Maeterlinck ? C’est un Marthaler ». La devinette, qui figure en tête des documents de communication de l’Odéon, est des plus justes ; l’inverse aussi. Après avoir découvert le dramaturge flamand en montant Pelléas et Mélisande, le metteur en scène suisse a décidé de poursuivre son exploration et de consacrer un spectacle entier à ce symboliste belge, prix Nobel et joué sur les scènes du monde entier. C’est une connaissance intime de l’œuvre et du contexte d’origine de Maeterlinck que ce spectacle éponyme reflète. Tressage des textes plus qu’habile, jeu sur les langues (français, néerlandais, allemand : les trois langues nationales belges et celles de la distribution, plus l’anglais), scénographie saisissante de réalisme revisité : tout concourt à mettre en valeur le propos. Des ouvrières ou des patrons, qui a le destin le plus tragique ? Englués dans une attente pesante, sans issue apparente autre que le rêve, ni les uns ni les autres ne s’en sortiront. Le recours systématique à la musique et une lumière feutrée en douche donnent à la mise en scène la couleur des brouillards où Maeterlinck plonge la plupart de ses intrigues. Un symbolisme contemporain, teinté de la tendresse inaliénable de Marthaler pour les petites gens. Maeterlinck ? C’est bien un Marthaler ! Illus © Phile Deprez Maeterlinck, mis en scène par Christoph Marthaler. Au Théâtre de l’Odéon jusqu’au 4 décembre, puis en tournée en Allemagne et aux Pays-Bas (www) |
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