Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.

Archives > Janvier 2008

Pippo Delbono : la leçon

Posté par Floriane le 31.01.08 à 17:19 | tags : livre, théâtre

 

Pippo Delbono est un artiste unique. On connaît ses talents de metteur en scène, Paris accueille depuis des années toutes ses créations. Mais c’est seul en scène qu’éclate toute l’envergure de cet interprète d’exception. Dans Racconti di giugno, présenté au Théâtre du Rond Point, il déroule une palette incroyable d’expressions, du conteur plein d’humour, au comédien sensible, mais c’est surtout dans les passages « parlés hurlés » qu’il est étonnant. Ces éruptions fameuses sont un peu sa marque de fabrique, sa révolte permanente et jamais assouvie.  Là, jetées à nu sur le plateau, entre deux phrases badines, elles prennent une force inégalée, et toute leur profondeur.
On touche alors du doigt l’essence de ce que signifie être acteur : un dédoublement ponctuel, qui ne peut toucher le public que si l’artiste en a la parfaite maîtrise, vocale, corporelle.

Delbono raconte avec le sourire ses exercices interminables et apparemment insensés, sans cesse répétés lors de son passage (initiatique) chez Eugenio Barba. Vingt ans plus tard, la trace s’en est profondément inscrite, relayée par une philosophie de l’existence qui connaît les vertus de la patience et de l’acceptation.
Dans Grido, le film présenté au Rond Point mais que les spectateurs ne pourront voir de sitôt dans les salles si aucun diffuseur n’a la bonne idée de s’y intéresser, Delbono retrace son parcours, sa descente aux enfers de la maladie, sa rencontre salvatrice avec Bobo, acteur, ami, mentor aujourd’hui, alors qu’il avait croupi pendant cinquante ans dans un hôpital psychiatrique napolitain. Insensiblement, dans Racconti di giugno, Delbono évoque les passages de ses spectacles où la maladie, le suicide, la mort font écho à sa propre histoire, mais parlent au final de la condition humine. C’est là la marque des grands artistes : ils savent universaliser leur expérience particulière. Quand on a le talent de Pippo Delbono, c’est une leçon incommensurable, qui force le respect. Illus dr

Questo buio feroce, la dernière création de la compagnie Pippo Delbono : au Rond-Point jusqu’au 2 février.
A lire : Racconti di giugno, paru chez Actes Sud, 25 €




Reprise de Cardillac à la Bastille

Posté par Floriane le 31.01.08 à 12:01 | tags : opéra

Les hasards du calendrier voient figurer le nom d’ André Engel un peu partout sur les affiches des métros parisiens, en ce début d’année. La Petite Catherine à l’Odéon, Cardillac à l’Opéra. Dans les deux cas, dramaturgie de Dominique Muller, scénographie de Nicky Rieti, lumières d’André Diot et costumes de Chantal de La Coste Messelière. On ne change pas une équipe qui gagne depuis de nombreuses années. Les fidèles sont au poste, et le spectacle garanti.
Avec Cardillac, inspiré d’une nouvelle de Hoffmann, c’est la Belle Epoque qui est convoquée : esthétique Arts Déco, un brin de Fantomas, une scène d’hypnose, rien ne manque à ce joli livre d’images. Pourquoi pas ? Tout cela fonctionne à merveille et le public applaudit aux changements de décor (quatre pour une heure et demi de spectacle).
Dans ce beau cadre, les chanteurs forment tableau, rappelant parfois les attitudes de roman photos. Toute la finesse de la mise en scène tient dans l’éclairage apporté à la fable. Ce n’est pas tant Cardillac, l’orfèvre fou de ses créations au point de tuer ceux qui osent les acheter et l’en séparer, que sa fille qui s’avère ici le rôle central. Engel fait ressortir à merveille l’amour frustré de celle qui, aux yeux de son géniteur, a moins d’importance que les bijoux qu’il façonne.
Mais c’est aussi dans des trouvailles comme la scène d’hypnose du deuxième tableau que le metteur en scène impose son talent. Hindemith laisse une large plage musicale vierge de tout chant. Engel en fait un tableau vivant dans le ton de l’œuvre : un rêve, éveillé ? Engel plonge également Cardillac dans le songe, lors de la visite du roi dans son atelier. C’est son double, un nain (image qu’il a de lui face à l’autorité suprême), qui reçoit le monarque, tandis que l’orfèvre est assoupi.
Cette reprise à l’Opéra Bastille (www), à l’affiche jusqu’au 16 février, regorge de finesses scéniques et de clins d’œil. Un très joli moment de théâtre.
Lire la chronique de Fluctuat.net à l'occasion de la première représentation de Cardillac en 2005 : Cardillac, trois touches de féminité dnas un monde de brutes.
Illus dr








Fassbinder - aussi - homme de scène

Posté par Nedjma le 29.01.08 à 10:41

On connaît Rainer Werner Fassbinder pour sa dense carrière cinématographique et les films - adulés ou controversés - qu'il a laissés. Ce qu'on sait moins, c'est que le réalisateur était aussi homme de théâtre, homme de troupe, du cinéma à la scène. Il a ainsi écrit une trentaine de pièces et signé quinze mises en scènes. C'est notamment sur cette facette que le Théâtre Jean Arp et le cinéma Jeanne Moreau de Clamart ont décidé de se pencher. Entre autres projections et débats, seront ainsi proposées les lectures de "Preparadise sorry now" par la compagnie Barbès 35, "Qu'une tranche de pain" ou encore "L'anarchie de l'imagination". Illus dr

Regards croisés sur Fassbinder, théâtre Jean Arp, les 2 et 3 février. www




Julie Brochen prend le TNS

Posté par Nedjma le 28.01.08 à 12:10 | tags : théâtre

 

Elle a découvert le théâtre dans les coulisses de la Comédie-Française, où son père était responsable du personnel. "Hamlet"à 14 ans, "Electre" à 15 ans, ça vous forge une spectatrice! Après avoir fait ses classes au Conservatoire d'art dramatique, la damoiselle fait ses premiers pas comme comédienne-metteur en scène en s'attelant à un répertoire éclectique, de Jacques Offenbach à Tchekhov, de Mishima à Eugène Labiche. L'été dernier, elle était invitée du Festival d'Avignon avec une version en demi-teinte de "L'échange" de Paul Claudel. On vient d'apprendre que Julie Brochen prend la tête du Théâtre National de Strasbourg dès l'été 2008. Elle succède ainsi à Stéphane Braunschweig qui, lui, s'installe au Théâtre national de la Colline. Cette nomination vient clore une longue série et l'annonce d'un renouveau assuré dans les grandes salles de France. Une question subsiste: qui prendra les rênes du Théâtre de l'Aquarium, que Julie Brochen dirigeait avec sa troupe, Les compagnons de jeu?




Tchekov's letters

Posté par Floriane le 27.01.08 à 12:48 | tags : livre, théâtre
Non, il ne s’agit pas de révélations croustillantes, de potins inédits, ni même de grandes révélations sur le dramaturge russe mort trop jeune. Tout ce que Tchekov a voulu dire sur le théâtre, paru récemment chez L’Arche, organise en trois parties le courrier de l’auteur, sur une période courant de 1881 à 1904. Celle consacrée aux pièces, d’Ivanov à La Cerisaie, est sans doute la plus intéressante pour ceux qui envisagent de monter l’une de ces œuvres. Mais le paradoxe n’est pas des moindres si l’on compare les premiers écrits, sur les « Aspects de la vie théâtrale moscovite » à ce que Tchékov écrit ensuite sur le comportement des critiques. Lui-même a en effet tenu une chronique, de 1881 à 1885, où il ne se prive d’aucun commentaire acerbe, fût-ce sur le ton de l’ironie. Quelques années plus tard, lorsque lui-même se trouve de l’autre côté du rideau, le ton change, forcément. L’évolution, pour typique, n’en est pas moins remarquable. Reste le style sans égal de celui qui ne cesse de se récrier sur le ton, parfois trop dramatique, que metteurs en scène et acteurs veulent donner à ses pièces. En deux mots, il croque un personnage, en deux phrases une situation, et l’on ne peut que rire, en découvrant telle rencontre avec une actrice célèbre, ou tel spectacle en province. Un agréable moment à passer, dans les coulisses du génie, et de quoi se mettre en bouche pour recevoir Fishlove, la dernière création de Lilo Baur.

Tout ce que Tchekov a voulu dire sur le théâtre, L’Arche, 246 pages, 18 €
Fishlove, créé au Théâtre Vidy-Lausanne, en tournée en France (Combs la Ville, Nancy, Vélisy, Colombes, Théâtre de la Ville à Paris …).



Les Bas Fonds de Gorki revisités par le théâtre de la Licorne

Posté par Catherine le 26.01.08 à 20:55

Sous SolsInspirée des Bas-Fonds de Gorki, la nouvelle création du Théâtre de la Licorne donne à voir un univers plus qu'elle raconte une histoire. Echaffaudages, longs manteaux, clairs-obscurs, gouttes d'eau, animaux-machines, cocons humains, c'est tout un monde presque hors de l'humain qui grouille sous nos yeux. Un monde de paumés, de clandestins, de réfugiés qui chaussent par moment de tristes têtes fixes, et qui pourtant réussissent à faire souffler sur le plateau un drôle de souffle joyeux. Le souffle de la résistance ?

Sous-Sols par le Théâtre de la Licorne, mise en scène Claire Dancoisne
jusqu'au 9 février au Théâtre Paris-Villette
Ce spectacle est programmé par le Théâtre de la Marionnette




Quand le cirque flirte avec le music hall

Posté par Floriane le 26.01.08 à 10:15 | tags : cirque
Le Cirque d’hiver se donne des allures de casino, cet hiver. Pas de lion ni de panthère, mais des girls (sans plumes) pour rythmer le spectacle, semé de numéros dans le ton.
Pour son dernier spectacle, Vertige, la famille Bouglione flirte avec les paillettes et les jongleurs, quelques animaux et l’éléphante Micky rappelant néanmoins que nous sommes sur la piste, et non au music hall. Monsieur Loyal, très stylé, égrène au fil du spectacle l’histoire du lieu, jeune cent cinquantenaire. Il est vrai que, les cirques en dur disparaissant de plus en plus dans l’Hexagone, ce rescapé n’en a que plus de mérite de poursuivre la tradition. Pourtant, le spectacle présenté, s’il alterne les morceaux de bravoure ou d’humour, fait plutôt penser aux revues où se glissent quelques « attractions ». Un coup de jeune, pour cet art ancestral polymorphe.
Cochons et chèvres, numéro de tissu ou de danse aquatique, jongleur plus rapide que la musique et cyclistes chinoises retiennent toute l’attention. Mais le fil rouge du spectacle, ce Housh-ma-Housch ukrainien qui remporta une médaille de bronze au Festival Mondial du cirque de demain, est sans conteste le personnage le plus attachant. Rappelant Buster Keaton par ses mimiques et sa mutité, il embarque le public à qui, sans ciller, il fait jouer le beau rôle.
Pas étonnant que Vertige joue les prolongations. Le spectacle devait s’arrêter fin janvier, mais la ferveur des spectateurs a poussé les organisateurs à tenir l’affiche jusqu’au 9 mars. Un joli moment à passer, en famille ; enfants, adolescents, parents et grands-parents : tous y trouveront leur plaisir.



Les dates du Festival d'Avignon

Posté par Nedjma le 25.01.08 à 10:54 | tags : festival d'avignon, festival

ça y est, on connaît officiellement les dates du Festival d'Avignon 2008. Des festivals d'Avignon devrait-on dire, car cette année, les calendriers du In et du Off diffèrent étonnamment. Côté Festival In, lever de rideau prévu le 4 juillet, jusqu'au 26. On sait que Valérie Dreville et Romeo Castellucci sont artistes associés de cette soixante-deuxième édition. Outre la présence de "La Divine Comédie adaptée par Castellucci dans la Cour d'honneur, on sait aussi que Valerie Dreville s'attaquera au "Partage de midi", de Paul Claudel... dans la Carrière Boulbon.
Côté Off, comme d'habitude, la programmation se découvre aux premières heures de juillet, mais côté dates, la manifestation se tient du 10 juillet au 2 août. Ce qui représente quasiment une semaine de décalage entre les deux. Pourquoi ? Comment ? Mystère et boule de gomme : on se souvient que, voilà quelques années, c'est sensiblement à cette période que se tenait l'événement et que devant le désert quasi-systématique de la ville début août, on avait décidé d'avancer le tout... Illus dr

Festival d'Avignon www. Festival Off d'Avignon www




Trois fois Joël Pommerat

Posté par Nedjma le 23.01.08 à 15:09 | tags : théâtre

Auteur et metteur en scène, il a présenté son travail plusieurs fois à Paris, à la Villette notamment. Mais c'est en juillet 2006 que le public découvre véritablement Joël Pommerat, invité du Festival d'Avignon avec trois spectacles. Séance de rattrapage pour ceux qui ne connaîtraient pas ce créateur singulier à l'univers à la fois réaliste et d'un imaginaire foisonnant, où travail sur le texte, les images et les sons sont indissociables. La compagnie qu'il a fondée en 1990 s'appelle Louis Brouillard, et ce nom fait sens, d'un sillon qui explore à la fois les thèmes de l'intime et du monde, la famille, la société, le travail encore. Le théâtre de Gennevilliers présente pour la première fois dans son intégralité la trilogie de Joël Pommerat, composée des pièces "Au monde", "Les marchands" et "D'une seule main". Avant "Pinocchio" à l'Odéon. On y revient très vite, dans le mag scènes de Flu. Illus dr

Trilogie Joël Pommerat au Théâtre2Gennevilliers jusqu'au 17 février. www

 




Antoine Bourseiller, sa vie de scène sur papier

Posté par Nedjma le 23.01.08 à 10:16
 Antoine Bourseiller, aujourd'hui moustache grise et sage, regard toujours malicieux, a plus de souvenirs que s'il avait mille ans. Et pour cause, il a vécu mille vies. Au moins. Celui qui sentait la mort s'approcher, en 1986 (il le confie dans les premières pages de son livre) est bien vivant. Avant de diriger le Studio des Champs-Elysées, le festival des Nuits d'été de Gordes, le Poche Montparnasse ou encore le Théâtre de Tarascon, l'homme a été acteur et -continue de l'être- metteur en scène. Marié à Chantal Darget, proche de Brigitte Bardot et Danièle Delorme, Suzanne Flon et Gérard Philipe, mais attentif aussi aux machinos des grandes salles ou aux étudiants des quatre coins du monde. A l'écran, il a été dirigé par Agnès Varda (dans "Cléo de 5 à 7") ou Claude Sautet (dans "Un Mauvais fils"). Quant aux auteurs, il a servi Bertolt Brecht et Jean Genet, William Shakespeare et Paul Claudel. De Paris à New-York, de Nancy à Moscou, toutes ces rencontres, petites et grandes, ses doutes et ses angoisses qui ont fait le fil de sa vie de théâtre, de sa vie d'homme tout court, il les raconte avec un plaisir sans bornes dans "Sans relâches- Histoires d'une vie", carnet de route au long cours. Qu'on dévore comme un roman.



Le Cyrano's digest boucle sa tournée

Posté par Nedjma le 22.01.08 à 10:58 | tags : théâtre

 

Cyrano de Bergerac, l'oeuvre cultissime d' Edmond Rostand, ou un genre d'abrégé, plutôt bien monté d'ailleurs. Jacques Weber connaît bien le rôle du Gascon amoureux, pour l'avoir campé plusieurs fois, voilà quelques années. Il a voulu en donner une version réduite sans décor ni chichis, avec juste trois acteurs et une pianiste pour rythmer le récit. On a vu la pièce au Théâtre de la Gaîté-Montparnasse l'an dernier, avant une tournée dans vingt arrondissements de Paris, des plus prestigieux aux plus sommaires (type gymnase de quartier). Et vien voilà, le Cyrano's digest de Weber fait ses adieux, avec Anne Suarez dans le rôle de Roxane, Xavier Thiam dans celui de Christian et Elisabeth Cooper au piano, dans une mise en scène... serrée d'André Serré. 

"Cyrano" mis en scène par André Serré, le 22 janvier à la Salle Jacques Brel, Aubervilliers, les 25 et 26 au Théâtre du Chêne noir, Avignon.




Nantes: mobilisation maximale des pros du spectacle

Posté par Nedjma le 21.01.08 à 18:16
On évoquait voilà quelques jours les Biennales Internationales du spectacles de Nantes (BIS), et le chiffre de 7000 professionnels du spectacle attendus. Ils étaient en fait plus de 8000, contre 4800 lors de la dernière édition, ce qui peut donner une idée du niveau de préoccupation du milieu de la culture quant à son avenir. Christine Albanel, tout occupée sans doute à visiter le chantier des colonnes de Buren n'avait pas fait le déplacement, laissant cet honneur à son directeur de de la danse, du théâtre, de la musique et de la danse. "Peut-on augmenter le financement de la culture? Elle arrive en tête des préoccupations de seulement 6% des Français" a-t-il déclaré. A l'heure de la notation au mérite, et de la culture du résultat, 6% effectivement, ça ne pèse pas lourd. Pas de quoi rasurer les acteurs culturels inquiets des coupes sombres à venir dans leurs dotations. Qui ne manqueront pas de le faire savoir lors des tea-time de Valois, dès le mois prochain...



Jean la chance, un Brecht inédit à Ivry

Posté par Nedjma le 21.01.08 à 15:32 | tags : théâtre

 

On est rarement déçus quand on franchit le seuil du Théâtre des Quartiers d'Ivry. Co-dirigé par Elisabeth Chailloux et Adel Hakim, tous deux comédiens et metteurs en scène, le TQI c'est un vaste plateau et un esprit de troupe généreux qui préside à des créations hissant haut la parole d'auteurs d'hier et d'aujourd'hui. La saison dernière, John Ford, Bertolt Brecht, Wajdi Mouawad s'y sont notamment succédé. Cette saison, Brecht y est de retour, après William Shakespeare et avant un triptyque consacré à Marie N'Diaye.

"Jean la chance", texte inédit et inachevé a été retrouvé dans les archives du Berliner Ensemble dans les années 90. Un texte de jeunesse inspiré à Brecht par un conte des Frères Grimm. Il porte en lui l'un des thèmes chers à l'auteur -la quête de la bonté et de la vérité dans un monde de mensonge et d'opportunisme- et pose les bases des héros à venir, du brave soldat Chveik au simple Galy Gay. Jean-Claude Fall, directeur du théâtre des Treize Vents à Montpellier réunit 15 acteurs-musiciens-chanteurs sur scène pour un très beau spectacle à la croisée des chemins entre fable épique et conte forain, joyeux et sombre tour à tour. David Ayala prête sa large carcasse, son rire grave et sa belle fragilité à Jean. Quelle chance! Illus © Marc Cinot.

Jean la chance de Brecht, mis en scène par Jean-Claude Fall. Jusqu'au 3 Février au Théâtre des Quartiers d'Ivry. www.theatre-quartiers-ivry.com




Théâtre ET société

Posté par Floriane le 19.01.08 à 12:45 | tags : cinéma, livre, théâtre
Christian Biet, qui signe l’avant-propos du livre de Richard Schechner, Performance, vient de diriger, avec Olivier Neveux, une somme consacrée à Une histoire du spectacle militant (1966-1981), aux Editions L’Entretemps. Le hasard des calendriers de publication n’est sans doute pas fortuit. A l’heure où les crédits de l’Etat en matière de culture font l’objet de polémiques aussi vives que récurrentes, le temps est sans doute venu de s’interroger sur la place du théâtre dans la société, jouissant-elle ou pas d’une exception culturelle, et de jeter un coup d’œil dans le rétro pour apprendre comment la société a pu se refléter dans le théâtre.
Dans cette histoire du spectacle militant, théâtre et cinéma vont de pair, théâtre de salle, de rue, invisible, cinéma de Gatti … Les nombreux contributeurs font le tour de ces formes d’art souvent ignorées de la doxa esthétique et en révèlent les facettes parfois paradoxales. Le retour aux faits historiques et aux pratiques diverses, où l’art est convoqué « au service » d’une pensée, d’une dénonciation, d’une idéologie, n’est pas le moindre intérêt de cette tentative de cerner cette vivacité unique, ce moment (trop court, diront certains) où société et théâtre s’électrisaient dans une cristallisation jamais retrouvée.

Une histoire du spectacle militant (1966-1981), Editions L’Entretemps, en collaboration avec UPX Nanterre, 464 pages, 30 €.



Schechner : enfin !

Posté par Floriane le 19.01.08 à 12:42 | tags : livre, performance
Alors que tous ceux qui s’intéressent à la performance connaissent l’importance de ce bonhomme, il semblerait que les francophones purs et durs (ne lisant pas l’anglais) n’en aient que peu entendu parler. Et pourtant … Schechner est une somme, aux Etats-Unis, une somme de pratiques et de connaissances, de visions et de projets. Lui-même a fait du théâtre, un peu particulier sans doute aux yeux des Hexagonaux, puisqu’il s’agissait de « théâtre environnemental ». Alors que la France se targue d’être à la pointe du « théâtre de rue », que certains chercheurs (Serge Chaumier notamment) n’hésitent pas à qualifier d’animation, Schechner, depuis quarante ans, dresse les contours d’un art aux confins du théâtre, de la politique, du social et du rituel.
Théâtrales vient de publier, en français, Performance, regroupant certains de ses écrits et de ses réflexions, sous-titrés « Expérimentation et théorie du théâtre aux USA ». Dans le même temps, le Théâtre National de la Colline organise un colloque, de lundi à mercredi, consacré à l’impact de l’avant-garde américaine sur les théâtres européens. Enfin !, pourrait-on dire, car l’influence manifeste des pratiques expérimentales made in US, aux confins des années 70, est trop évidente pour les artistes et chercheurs français puissent en minimiser l’importance en les qualifiant de « datées » et en affirmant, de façon péremptoire, « hors la France et son exception culturelle, point de salut ».

Performance, Editions Théâtrales, 544 pages, 32 €.



Flamand :l’expérimentateur invétéré

Posté par Floriane le 19.01.08 à 12:37 | tags : danse
Ça y est ! Frédéric Flamand vient de boucler sa trilogie sur les rapports entre la danse et l’architecture. Métapolis 2, que l’on verra à Sceaux en mai prochain, clôture un cycle, débuté avec La Cité radieuse, et ponctué de Silent Collisions, que vient de présenter le Théâtre National de Chaillot. On se dit, à regarder le parcours éblouissant de ce  créateur hors norme, que toutes les fées ont dû se pencher sur son berceau. Flamand est véritablement l’un des artistes les plus visionnaires de ce tournant de millénaire. Dès les débuts du Plan K, à Bruxelles, il fait coexister les disciplines, à l’abri de tous les grands discours théoriques peu suivis d’effets, mais au contraire dans le quotidien de la pratique et de l’expérience. Tollé vite contenu lorsque la Communauté Française lui confie les rênes de Charleroi danse … Qui pourtant, mieux que lui, pouvait avoir une vision efficace du potentiel que constituait une friche industrielle (les anciennes acieries) et un ballet classique auquel un souffle devait être rendu ? Très vite, c’est vers l’expérimentation, la relation aux artistes visuels, aux architectes que Flamand se tourne pour réussir ce pari quasi impossible. Dix ans plus tard, plus personne ne dit mot lorsqu’il est placé à la tête du Ballet National de Marseille.
Chaillot vient de présenter Silent Collisions, concocté avec l’architecte américain Thom Mayne, et Métamorphoses, création toute récente, à laquelle les designers brésiliens Humberto et Fernando Campana ont été associés. Dans les deux cas, l’inventivité visuelle éclate, le métier aussi. Celui des danseurs, certes, vifs, précis, parfois un peu bavards peut-être dans la première pièce ; mais surtout celui du maître d’œuvre. Flamand fait ici la preuve d’un équilibre assuré entre les différentes ressources scéniques convoquées. Projections vidéo subtilement intégrées pour suggérer, souligner, élargir le propos ; lumière parfaitement dosée, active et activante ; scénographie et costumes (surtout dans Métamorphoses) résolument inventifs ne viennent jamais entraver la lisibilité de la chorégraphie. Au contraire, les corps s’appuient sur ces dispositifs, s’y coulent, et la matière spectaculaire est d’une homogénéité rare.
Actes Sud vient de publier, sous la direction de Rafaël Magrou, un livre consacré à Frédéric Flamand. Un excellent moyen de retraverser le parcours de cet expérimentateur invétéré.
Le 15 février à 19 heures, le Louvre lui donne carte blanche pour une traversée des salles inédite.



Secousses internes - hot hot hot, la Maison des Métallos !

Posté par Catherine le 17.01.08 à 22:02

Marie MengèsUne femme, combinaison moulante rose, bas noirs, rouge à lèvres. Une anecdote de fille, triviale mais ô combien croustillante, sur le thème "mon prince charmant est un goujat !".  Ambiance confidences entre copines. Ambiance magazines, pages "vos histoires incroyables". Tantôt midinette rougissante, tantôt céli-battante, tantôt harpie vengeresse, Marie Mengès arpente le vaste plateau bordé de miroirs, en long en large et en travers. Et elle raconte, elle mime, elle exorcise la Saint-Sylvestre catastrophique qu'elle a vécue à l'autre bout de monde, avec un bel inconnu tout juste rencontré. 
De belles idées de mise en scène laissent d'abord présager du meilleur. Dommage, les quelques principes mis en place et basés sur des répétitions de mouvements, de phrases ou d'intonations, sont ensuite poursuivis de façon systématique tout au long du spectacle. Tant de gesticulation, si peu de surprise. Malgré tout, avec son énergie et sa conviction, et parce qu'on la sait auteur des mots qu'elle prononce, la comédienne  s'attire la sympathie du public. Au final, un moment original et rafraîchissant, occasion de découvrir la Maison des Métallos dans son tout nouveau look acidulé.

Secousses Internes par la Compagnie Marie M., texte et interprétation Marie Mengès, mise en scène Jacky Katu
Du 15 janvier à 16 février 2008 à la Maison des Métallos




Montreuil, nouvel eldorado théâtral ?

Posté par Nedjma le 17.01.08 à 10:09 | tags : théâtre

"Ce soir, on improvise..." enfin pas totalement. Si la pièce de Luigi Pirandello tient le haut de l'affiche en ce moment même, dans une mise en scène de Gilberte Tsaï, directrice du Nouveau théâtre de Montreuil, là-bas, tout est plutôt bien cadré. Après quatre ans de travaux, le nouveau Centre dramatique nationale est sorti de terre voilà quelques mois en lieu et place de l'ancien THéâtre des spectateurs. Une salle de 400 places, une programmation qui mêle théâtre, danse et spectacles tout public et des initiatives tous azimuts dans et hors les murs, parmi lesquelles répétitions et petites conférences pour les enfants. Un bonheur n'arrivant jamais seul, la saison 2007-2008 a aussi vu la naissance de la Girandole. Inauguré le 27 septembre dernier sous le parrainage de la comédienne Ariane Ascaride, la Girandole programme spectacles, expos, lectures, et hisse haut les auteurs contemporains. En ce moment même on y voit notamment "La lune et l'ampoule" un spectacle signé Luciano Travagliano d'après Dario Fo. On ne manquera pas d'aller y faire un tour pour voir si Montreuil est un nouvel eldorado théâtral. En tout cas, voilà de belles promesses... Illus Nouveau Théâtre de Montreuil dr.

Nouveau Théâtre de Montreuil www, Théâtre la Girandole www

 




Quelle biennale du spectacle à Nantes ?

Posté par Nedjma le 16.01.08 à 17:11

La rallonge de 34,8 millions d'euros annoncée par Christine Albanel voilà un mois et les "entretiens de Valois" qui devraient démarrer fin janvier suffiront-ils à calmer les inquiétudes des professionnels du spectacle vivant ? Rien n'est moins sûr. Aujourd'hui et demain, les Biennales internationales du spectacle réunissent plusieurs milliers de professionnels du théâtre, de la musique et de la danse, à Nantes. Parmi les thèmes abordés, la démocratisation culturelle, les enjeux de la diffusion artistique, la crise de la diffusion ou encore les politiques culturelles. Rendez-vous majeur de la profession, point de convergence des programmateurs, directeurs de compagnies et producteurs avec les responsables culturels des collectivités territoriales, ce sera aussi et surtout l'occasion de faire le point sur l'état du secteur... et les solutions préconisées. A suivre, donc.

Biennales internationales du spectacle à Nantes, 16 et 17 janvier. www




Le théâtre d'Anouilh chez La Pléiade

Posté par Nedjma le 15.01.08 à 21:04 | tags : théâtre

Il aimait confronter gens ordinaires et héros, classer ses pièces en noires, roses ou grinçantes et a revisité les grandes tragédies, d'Eurydice à Antigone en passant par Médée. A mêlé la poésie et l'histoire, affectionnait le procédé du "théâtre dans le théâtre". Vingt ans tout rond après sa mort, l'auteur Jean Anouilh s'est fait une place au soleil de la Pléiade. La collection prestigieuse accueille ses oeuvres presque complètes sur deux volumes. Et c'est tant mieux...

Oeuvres de Jean Anouilh, éditions La Pléiade, deux volumes, 1438 pages et 1560 pages.




Le cri d'alarme d'Emmanuelle Laborit

Posté par Nedjma le 15.01.08 à 12:18 | tags : théâtre

Voilà tout juste un an, l'International Visual Theatre ouvrait ses portes dans de nouveaux locaux, en lieu et place de l'ancien Grand Guignol, dans le neuvième arrondissement parisien. Formation, création, diffusion, le lieu dirigé par Emmanuelle Laborit fait un travail remarquable en langue des signes. En fin d'année, l'IVT lançait, sur son site, un appel à la générosité des particuliers et annonçait son intention de créer un club d'entreprises partenaires, pour soutenir les divers projets de la structure en mal de financements. Depuis peu, la comédienne est sur tous les fronts en disant son inquiétude concernant l'avenir du site. "Si on ne reçoit pas d'aides, on ferme", assure-t-elle ainsi. Le bâtiment a été remis en état grâce à une aide importante de la municipalité parisienne, mais l'IVT a dû prélever 400 000 euros sur son budget de fonctionnement pour boucler les travaux. Et d'annoncer attendre un geste du ministère de la culture pour ne pas avoir à fermer ce lieu unique. En attendant, il faut aller voir les spectacles de haute tenue proposés sur place. En ce moment, "Pour un oui ou pour un non" adapté de Nathalie Sarraute pour deux acteurs parlants et deux signant. Un texte subtil sur... le langage.

"Pour un oui ou pour un non" à l'IVT, cité Chaptal, Paris IXe. 01 53 16 18 18. www




Burlesque et sinistre : une comédie de Sean O'Casey

Posté par JdF le 10.01.08 à 18:55 | tags : comédie française, théâtre

 

Un couple de paysans dans l'Irlande des années 1930. Ils possèdent outre leur maison, un gramophone et une vache. Le premier égaye la solitude de la femme. La seconde... vous verrez bien, mais vous pouvez d'ores et déjà savoir qu'elle sera un élément non négligeable dans le déroulement des opérations. Quelles opérations ? À première vue, pas grand chose : il s'agit simplement pour le mari de mener à bien les tâches domestiques, tandis que son épouse est partie faucher le pré. Ne nous méprenons pas : ils ne renversent pas ainsi le partage des rôles entre les sexes dans un souci d'équité ou de dépassement des assignations traditionnellement imparties, mais tout bonnement à la suite d'une querelle de ménage où chacun a mis l'autre au défi de faire mieux que lui.

Là-dessus, la femme s'en va et c'est dommage, car Catherine Salviat était tout à fait passionnante dans le court passage qu'elle fait sur scène. Michel Duchaussoy reste seul, bientôt rejoint par Michel Robin qui joue l'ami, empoté et myope comme une taupe qui sert aisément de bouc émissaire au mari à chaque incident fâcheux. Et les incidents fâcheux sont légion dans ce spectacle conçu comme une farce dont les ressorts comiques sont semblables à ceux dont usaient Charlie Chaplin ou Buster Keaton.

Célie Pauthe a réalisé un spectacle terrien : le lieu, les acteurs, leur corps et leur voix ne semblent pas venus d'un ailleurs indéfini, mais bien de cette contrée fort rude qu'était l'Irlande de l'époque. Elle a plus investigué ce champ que celui de la farce, auquel invitait a priori le texte. En choisissant d'inscrire sa mise en scène dans une perspective plus large, incluant le reste de l'œuvre de Sean O'Casey, Célie Pauthe ne l'a pas trahi, au contraire, elle lui a rendu son âpreté.

La fin du commencement, de Sean O'Casey, mise en scène de Célie Pauthe, avec Catherine Salviat, Michel Duchaussoy, Michel Robin, jusqu'au 20 janvier, au Studio théâtre de la Comédie Française (www)

 




La deuxième rentrée des théâtres privés

Posté par Nedjma le 10.01.08 à 16:07 | tags : théâtre

Ce matin c'était la grand-messe des théâtres privés pour l'année nouvelle. En fait de grand messe, un discours rapido de Georges Therrey, président du Syndicat des théâtres privés et un pot avec tout ce que le secteur compte d'attachés de presse, acteurs, metteurs en scène. Où l'on croisait ici Patrice Leconte, là Rufus, Sarah Biasini ou encore l'humoriste Armelle. Parmi les thèmes évoqués, l'"avignonnisation de Paris" ou le constat de l'émergence d'un "off du off", avec tout ce que cela comporte de points négatifs: au rayon dérèglementation sauvage, on apprenait notamment que quelque 6% des salles parisiennes ne détiennent aucune licence. Et monsieur le président de lâcher, dans un lapsus qui laisse songeur: "quand on voit la programmation de certaines selles, pardon salles, il y a effectivement de quoi réfléchir". Côté annonces, on retiendra que les Molière compteront cette année deux jurys: l'un pour le théâtre subventionné, l'autre pour le théâtre privé et que 20 spectateurs seront choisis pour être intégrés à ce dernier. Enfin, au rayon programmation, outre les têtes d'affiche déjà évoquées ici, sachez notamment que Patrice Leconte, qui ne quitte décidément plus les planches mettra en scène "Héloise" de Patrick Cauvin avec Rufus et Agathe Natanson (à l'Atelier à partir du 24 janvier); Danièle Lebrun et Roger Dumas partageront l'affiche de "L'antichambre" de Jean-Claude Brisville à Hébertot (à partir du 1er février); Fabrice Luchini prolonge son "Point sur Robert", à la Renaissance et Michel Fagadau adapte "Le Plan B" d'Andrew Playne avec Natacha Régnier et Thomas Chabrol, au Studio des Champs Elysées, à partir du 15 février.




Danse: les promesses de l'année nouvelle

Posté par Nedjma le 10.01.08 à 09:31 | tags : danse

Sur l'affiche de "Danse à Chaillot", des pieds nus sur des oeufs blancs. De là à dire qu'en matière de danse, le Théâtre national marche sur des oeufs... La saison prochaine, et les suivantes seront placées sous le signe de l'art chorégraphique on le sait, et les premiers mois de l'année donnent un avant-goût de la chose avec une riche programmation en la matière. Le chorégraphe Frédéric Flamand et son Ballet national de Marseille présenteront notamment "Silent collissions" (du 10 au 13 janvier) et "Métamorphoses", avec un tandem de designers brésiliens (du 16 au 19 janvier). Dans les autres salles parisiennes, parmi les mastodontes de l'art chorégraphique on attend Anne Teresa de Kersmaeker au théâtre de la Ville (du 11 au 19 janvier) et Maguy Marin avec "Umwelt" et "Ha ha" (illus). Ailleurs, Mourad Merzouki et Kader Attou, autrefois compagnons de route dans la compagnie Accrorap partagent l'affiche de Suresnes Cité Danse. En région, Dominique Hervieu et José Montalvo revisitent le "Porgy and Bess" de George Gershwin à l'Opéra de Lyon. Enfin, les Hivernales, "l'autre" festival d'Avignon, intégralement dévolu à la danse celui-là, fête ses 30 ans en fanfare. Parmi ses invités, Sylvie Guillermin, Ingeborg Liptay ou Carlotta Ikeda rassemblés sous le thème "Danse en apesanteur". Tout un programme. On y reviendra...

 




Le Footsbarn plante son chapiteau à Vincennes

Posté par Nedjma le 08.01.08 à 16:31 | tags : théâtre

 

Le Footsbarn, c'est une grande famille de théâtre qui taille sa route depuis 35 ans déjà, en France et ailleurs, qui brasse les formes de création, théâtre, cirque, farce ou mime et revisite avec bonheur les répertoires: William Shakespeare souvent, mais pas seulement... Le Footsbarn Theatre a planté son chapiteau blanc à l'entrée de la Cartoucherie de Vincennes et y propose, pendant un mois, deux créations en alternance. D'abord "L'homme qui rit", fresque magnifique de Victor Hugo. Sa dernière oeuvre d'exil, qui conte l'histoire de Gwymplaine,  fils de pair de la couronne qui vit sa folle vie le visage figé dans un sourire inquiétant, freak attachant et triste. Un voyage au long cours. Ensuite "Le songe d'une nuit d'été", en anglais dans le texte - et sans surtitres-. Comédie féérique de Shakespeare, qui déroule son fil entre rêve et réalité. Laissez-vous embarquer, plutôt deux fois qu'une...

Illus Le songe d'une nuit d'été © Footsbarn.

 "L'homme qui rit" et "A midsummer night's dream" par le Footsbarn Theatre à la Cartoucherie de Vincennes. Du 9 janvier au 9 février en alternance. www

 




"Sauve qui peut", inégal comme pièce...

Posté par Nedjma le 07.01.08 à 13:54 | tags : théâtre
Le collectif tg STAN (Jolente De Keersmaeker, Sara de Roo, Damiaan De Schrijver, dans une mise en scène de Mathias de Konig) livre ici le second volet d'une trilogie dédiée à Thomas Bernhard . Cinq dramuscules, mini-pièces en un acte, sur les sept où l'auteur ausculte le passé trouble de son pays, la solitude et le racisme ordinaire qu'exhalent certaines conversations apparemment banales. Ambiance foutraque sur le plateau: lustre clinquant, toile de chapiteau, accessoires et costumes à foison, que les acteurs enfilent et enlèvent à vue, au son de la Marche de Radetsky! Accent belge volontairement appuyé, énergie débridée, trouvailles scéniques... Parfois l'esprit TG Stan fonctionne à merveille et sert à point l'humour ravageur et la verve féroce de l'auteur. Parfois, c'est l'ennui qui gagne, face à des blagues de potaches enfilées comme des perles et des postures répétitives qui peuvent rappeler les Deschiens des mauvais jours.

"Sauve qui peut, pas mal comme titre". Au Théâtre de la Bastille jusqu'au 20 janvier. www




Quand les Brigands s'acoquinent avec Arsène Lupin

Posté par JdF le 04.01.08 à 19:31 | tags : comédie musicale, spectacle à paris

 

 

Vous devez vous dire : Arsène Lupin, on connaît, mais quid des Brigands ? Qui sont ces nouveaux associés du célèbre gentleman cambrioleur ? Eh bien voilà : ce sont les membres d'une compagnie d'acteurs/chanteurs et de musiciens qui remettent à l'honneur depuis le début de ce siècle l'opérette des années 1920 et 30.

En 2004, ils avaient présenté, d'abord à l'Athénée, puis au Théâtre de la Madeleine, Ta Bouche du même Albert Willemetz et avaient obtenu avec ce spectatcle un succès considérable. Avec Arsène Lupin Banquier, voilà que se clôt la trilogie autour du parolier. Une charmante comédie où l'on retrouve Lupin en position d'honnête homme, qui, à la suite d'un rocambolesque concours de circonstance se retrouve à la tête de la banque Bourdin, en lieu et place du vrai Bourdin, lequel est en fuite après avoir laissé son entreprise en failite. Par amour pour la nièce de Bourdin qui croit voir en lui son oncle, Lupin reprend l'affaire en main...

Et tout cela est délicieux : Lupin, Flo, son amante et complice, jalouse (on la comprend) de Francine, l'adorable nièce, le fiancé imbécile de celle-ci, le père de ce dernier encore plus bête que son fils, Gontran, l'assistant de Lupin... Tout ce monde joue et chante à ravir. Les scènes chantées sont entraînantes à souhait et les situations réjouissantes. Certes, les tentatives d'actualiser le spectacle passent bien mieux dans les dialogues que dans les moments chantés, où il arrive - heureusement rarement - que les chanteurs se mettent à singer certaines figures de la musique pop... Mais, au fond, tout cela n'est pas bien grave, et l'on resort de l'Athénée - qui fête actuellemnt ses 25 ans - en chantonnant... Une réussite.

Jusqu'au 13 janvier au théâtre de l'Athénée (www) puis en tournée. Dates et réservations ici.




L'envol du grand Céleste

Posté par Nedjma le 03.01.08 à 13:19 | tags : cirque
C'est un cirque pas tout à fait comme les autres, qui a planté ses chapiteaux de toile bleue à deux pas du périphérique, porte des Lilas, rue Paul Meurice exactement. On n'y voit pas d'animaux, de coups d'épate qui font se décrocher le coeur du public - quoique... -, bouche ouverte, yeux écarquillés, à grands renforts de "ahhhhhhhh" et de "ohhhhhhhhhh". Non, le Cirque du grand Céleste, c'est bien mieux que ça. C'est un monde à part, bouillonnant d'humanité et de poésie, d'humour et de trouvailles improbables. C'est un cirque où on jongle sans tête, où on danse à trois pieds, où on fait de la musique avec des boûtes en métal. Où on s'offre quelques moments de virtuosité pure, incroyable: les numéros d'acrobatie de Melina et Farid notamment.. Mais aussi où on dit des choses -belles- en musique. Le supplément d'âme de cette équipe là tient à son équipe de musiciens excellents. Premier d'entre eux, le co-fondateur du cirque qui écrit, chante, et joue du piano, Ben Joyce, et s'offre des envolées jazz ou blues. Un antidote à la morosité et aux clichés.

Drôle de monde 2, Cirque du grand Céleste, Paris 20e. Jusqu'au 27 janvier. www




Ce qui vous attend en 2008... côté coulisses

Posté par Nedjma le 02.01.08 à 13:06

L'affiche est belle... mais les coulisses aussi. Après la tornade Olivier Py à l'Odéon en 2007, pour ne citer que lui, 2008 sera aussi, en effet l'année de pas mal de changements côté direction de théâtres. Les anciens passent la main à des plus jeunes, et on peut tout en attendre. Au Théâtre de la Ville, Emmanuel Demarcy-Mota, metteur en scène de talent et jusqu'ici directeur de la Comédie de Reims va succéder à Gérard Violette. Au Théâtre Gérard Philipe, c'est Christophe Rauckqui remplace Alain Ollivier, tandis qu'à la Colline, Alain Françon et Stéphane Braunschweig vont diriger le lieu en tandem, jusqu'à la succession officielle de l'actuel directeur du TNS en 2010, pour une transition en douceur. Pas un brin de douceur du côté de Chaillot en revanche. Ariel Goldenberg a appris son départ, aussi brutal que surprenant du Théâtre National qui sera, dès l'automne prochain, entièrement réservé à la danse, avec José Montalvo et Dominique Hervieu à la direction. Vilar... ils sont devenus fous?




Ce qui vous attend en 2008... côté plateaux

Posté par Nedjma le 01.01.08 à 10:00

Bon, ça y est, c'est fait. On est en 2008. On passe sur les sempiternels voeux d'amour, santé et bonheur pour vous souhaiter de beaux spectacles. Si on se livre à un tour d'horizon du début de l'année côté plateaux, on y constate encore une sacrée brochette de stars, tant dans le théâtre privé -ça, c'est une habitude, et c'est souvent la condition sine qua non du remplissage des salles-, mais aussi dans le théâtre subventionné... ce qui est moins fréquent. Sans dérouler le menu exhaustif des réjouissances, sachez d'ores et déjà que certaines promesses sont belles. Ainsi Daniel Auteuil revient sur scène, et dans quel rôle, celui d'Arnolphe! Après Pierre Arditi avec Didier Bezace, après Coline Serreau dans une mise en scène d'elle-même, voilà donc le mastodonte du cinéma français de retour à "l'Ecole des femmes", dans une mise en scène de Jean-Pierre Vincent. A l'Odéon, à partir du 24 janvier. On y court... Autre star du cinoche, plus habituée elle à faire le va et vient avec les planches, Isabelle Huppert. Après le Quartet de Bob Wilson, l'an dernier, elle est cette fois dans la dernière pièce de  Yasmina Reza, "Le Dieu du Carnage". Au Théâtre Antoine, à partir du 25 janvier. Lambert Wilson lui s'attèle de nouveau à "Bérénice". Cette fois, c'est Carole Bouquet qui reprend le rôle de Kristin Scott Thomas. Aux Bouffes du Nord, à partir du 18 janvier. Dans une mise en scène d'André Engels, Anna Mouglalis sera "La petite Catherine de Heilbronn" aux Ateliers Berthier. A partir du 13 janvier. Et puis, plus improbable, les premiers pas sur scène, enfin côté théâtre d' Eddy Mitchell. Le rocker donne la réplique à Cécile de France dans "Le temps des cerises", une pièce de Niels Arestrup mise en scène par Stéphane Hillel. On demande à voir... A La Madeleine à partir du 29 janvier. Vous avez dit paillettes?






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