Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.

Archives > Février 2008

Vive la France / Les acharnés mettent le feu au TGP

Posté par Catherine le 29.02.08 à 00:45 | tags : théâtre

Impossible de ne pas s'émouvoir devant les images d'archives diffusées sur grand écran, instants terribles extraits de journaux télévisés ou encore images d'archives, comme cette femme blanche lançant joyeusement de la nourriture à des petits Vietnamiens comme à des pigeons.
Impossible de ne pas bondir à l'écoute des propos racistes de Marine Le Pen, même prononcés d'une voix doucereuse par une comédienne.
Impossible de ne pas être saisi par la souffrance exprimée par les immigrés de tous âges et de toutes origines, impossible de ne pas compatir avec les habitants des banlieues révoltés par tant de discriminations.
Pas difficile de céder au charme des mélopées antillaises. Moins évident en revanche d'endurer les rimes pauvres et plates des slams à gogo; on peut y être insensible. Mais dans l'ensemble, le spectacle de Mohamed Rouabhi est pavé de bonnes intentions. Dans une sorte de grande revue, pleine de couleurs et d'images fortes, il égraine un à un les maux de l'immigration, devenus maux de la banlieue. Une sorte de revue militante qui finit par prendre des allures de grand-messe en hommage à tous les opprimés que compte le sol français. Presque aucun n'est oublié. C'est d'ailleurs pour ça que le spectacle est long. Presque quatre heures.
Ne pas compter sur Mohamed Rouabhi pour prouver que les jeunes de banlieue ne sont pas tous encagoulés et que tous les flics ne sont pas bêtes et méchants. Au contraire. La France qu'il voit et donne à voir est celle du journal de 20 heures, violence et sarkozy-omniscience comprises. Un appel à brûler nos télés, sans aucun doute.

Vive la France - un spectacle de Mohamed Rouabhi, compagnie les Acharnés
Au théâtre Gérard-Philippe de Saint-Denis jusqu'au 1er mars




Le bal de Kafka - burlesque métamorphose

Posté par Catherine le 28.02.08 à 20:29 | tags : théâtre
Peut-on imaginer une comédie drôle et émouvante à partir de la vie de Franz Kafka ? Forcément assimilé dans nos esprits au Gregor Samsa de La Métamorphose, l'auteur n'a-t-il donc pas vécu éternellement prostré sur le lit de sa petite chambre? Plutôt que renchérir sur la personnalité torturée de Kafka, l'Australien Timothy Daly part de la vie de l'écrivain pour dire l'acte de création dans toute sa dimension, de la plus exaltée à la plus terre à terre : le silence dont l'artiste a besoin, l'organisation de son temps, la nécessité de gagner de l'argent, l'incompréhension, l'inintérêt des autres, le poids de l'environnement familial, le poids de l'identité juive...
Les artistes incompris se reconnaîtront sans peine dans cette scène formidable où le jeune Kafka tente la lecture à haute voix de La métamorphose devant sa famille dubitative. Les amoureux se retrouveront dans cette autre scène, hautement burlesque, du premier repas de la fiancée de Kafka chez ses beaux-parents.
Quant aux intellectuels, qu'ils ne s'inquiètent pas, ils trouveront dans ce Bal de Kafka leur compte de réflexions sur le théâtre. Isabelle Starkier s'empare avec bonheur de cette pièce aux mille tiroirs et en développe l'humour dans une jolie esthétique aux tons sépia qui patine le propos sans en retirer toute son actualité. A découvrir, absolument.

Le bal de Kafka de Timothy Daly, mise en scène Isabelle Starkier
Jusqu'au 15 mars au théâtre de l'Opprimé, réservation 01 43 40 44 44







Mais qu'est-ce qu'on peut lire si on est malade (et qu'on ne veut pas tousser au théâtre...)?

Posté par Lucie le 27.02.08 à 12:39 | tags : lecture, théâtre

Pari tenu
Fabrice Melquiot nous avait habitués à des titres de pièces singuliers. Rappelons-nous de « Autour de ma pierre, il ne fera pas nuit » ou de « Je peindrai des étoiles filantes et mon tableau n’aura pas le temps ». Il semblerait alors que l'auteur ait dépassé nos espérances les plus folles en proposant: « Faire l’amour est une maladie mentale qui gaspille du temps et de l’énergie » (Arche-éditeur). Titre revitalisant qui réconcilie avec brio l’ironie désespérée et la poésie lunatique de l’auteur.

Anniversaire
Pour célébrer les 25 ans des Editions théâtrales, 25 auteurs de ses mêmes éditions proposent 25 (on l’aura compris) textes inédits. Parmi eux, le loufoque Hanokh Levin, le shakespearien Howard Barker et le cynique Grégory Motton. Bon anniversaire donc…

Délicate question
Juan Mayorga, dramaturge et philosophe espagnol passionné par l’œuvre de Walter Benjamin, continue son exploration des notions d’histoire, de violence et de domination. Les Solitaires Intempestifs publient "Les insomniaques (suivi de) Copito (ou Les derniers mots de Flocon de Neige, le singe blanc du zoo de Barcelone)". La pièce se centre sur une question très actuelle, extrait :
« N’ayez crainte‚ vous n’avez pas commis la moindre erreur et je ne me serais douté de rien ; ce fut comme un pressentiment. J’ai mené ma petite enquête‚ ce qui est à la portée de n’importe qui‚ suffit d’avoir un peu de temps à soi et je n’en manque pas. Et mon pressentiment s’est confirmé : vous n’avez pas de papiers. Vous êtes un « sans-papiers ». »

Autobiographie
Enfin, rappelons la parution chez Actes-Sud Papier des « Récits de Juin », notes autobiographiques de Pippo Delbono (dont le puissant Questo buio feroce présenté au théâtre du Rond Point en janvier dernier poursuit sa tournée en région). Ce livre est né d’une conférence sur le thème de l’amour que le metteur en scène italien avait donné à Rome.

Illustr. La Liseuse de Félix Valloton.




Une Bouteille à la mer pour Christine Albanel

Posté par Lucie le 26.02.08 à 18:11 | tags : budget de la culture, théâtre

Tandis que les Entretiens de Valois ont commencé le 11 février dernier, il est toujours possible (et très instructif) de consulter la lettre de mission adressée par Nicolas S. à Christine Albanel.

En parallèle de celle-ci et selon un savant montage vous pourrez consulter la lettre CORRIGEE par « des citoyens libres » ici et la commenter ou la signer (ou pas).

L’article de Jean-Marc Adolphe (directeur de publication de la revue Mouvement): « Marché de dupes, les Entretiens de Valois sentent l’enfumage » (dont le titre parle de lui-même) est également en ligne sur le site de mouvement.net.

Maj: A lire également sur Fluctuat dans la rubrique "société" un article sur les enjeux de la mobilisation du 29 février.

 

 

crédit photographique "le blog d'Arnaud, guide pêcheur en Bretagne".




Gare au métro, lexo, dodo...

Posté par Lucie le 26.02.08 à 10:56 | tags : boulevard, théâtre

Au Café de la Gare du 18 février au 28 avril (le lundi à 19h) Jérémie Manesse présente Métro, Lexo, Dodo.

Jérémie Manesse est metteur en scène à ses heures, il est (ou fut) aussi traducteur de comics américains, danseurs de claquettes, élaborateur de sketchs sur Comédie ou de chroniques sur France 2.

Des spectacles à sketchs, il en a vu beaucoup et aimé peu.

Il propose de renouveler ce genre. Selon lui, "Métro, Lexo, Dodo est au spectacle de sketchs ce qu’un recueil de nouvelles humoristiques est à l’Almanach Vermot. Cela reste un spectacle comique, mais chaque sketch est sous-tendu par une actualité dans ses préoccupations, une inquiétude crépusculaire et pourtant rafraîchissante."

Les 18 et 25 février, les 3, 17, 24 et 31 mars, les 7, 21 et 28 avril au Café de la Gare, 41 rue du Temple, Paris-4ème: métro Hôtel de ville ou Rambuteau.

Voir la bande annonce du spectacle




Off Limits : deuxième édition du festival expérimental

Posté par Lucie le 20.02.08 à 15:24 | tags : danse, festival, performance, théâtre

 

Dans un mois débutera la deuxième édition du festival Off Limits, programmation scénique expérimentale. Ou comment intégrer le spectateur dans le dispositif artistique ? Les artistes invités présenteront des objets théâtraux mystérieux et ludiques dont les formes oscillent entre spectacles et workshop.

Clyde Chabot, qui est à l'origine du festival (metteuse en scène de La Communauté inavouable) désire interroger d'autres façons de faire du théâtre aujourd'hui. Elle propose de programmer des spectacles qui sont autant d' « interstices hors cadres, de chemins de traverses, de sentiers non balisés, joyeusement incertains ».

Parmi les invités, Catherine Contour, chorégraphe, installera sa « plage » sur laquelle il sera possible de se détendre au cours d'un voyage sensoriel. Frédéric Ferrer, climatologiste reconverti, proposera un débat décalé autour de la question du développement durable.

Le festival s'ouvrira par une « conférence/action » au Point Ephémère (Paris-10ème) le 29 mars à 14h30 où seront présents Catherine Contour, Frédéric Danos, Frédéric Ferrer, Giuseppe Chico, Jeanne Revel et Gilles Ruard.

L'ensemble du programme est en ligne sur le site de La Communauté inavouable :

Le festival se déroulera du 28 mars au 12 avril au Point Ephémère (Paris-10ème), à Mains d'œuvre (St-Ouen), à Gare au théâtre(Ivry), au château de la Roche Guyon (95, pour une virée privilégiée loin de la ville) et à l'espace Khiasma (Les Lilas).




Sur le pont d'Avignon, on y danse...

Posté par Nedjma le 19.02.08 à 10:44 | tags : danse

C'est un événement un peu à part dans le monde de la danse. L'autre festival d'Avignon aussi, celui qui célèbre la danse dans tous ses états depuis 1979. Créées par Amélie Grand, les Hivernales fêtent leurs 30 ans cette année sous le thème de l'apesanteur. Histoire d'illustrer la légèreté (éternelle?) d'un rendez-vous qui ne veut pas "s'alourdir avec les ans". Liberté, légèreté, audace donc au menu du festival qui a commencé ce samedi et se poursuit jusqu'au 23 février prochain. Aux Hivernales, on y danse donc. Mais pas seulement sur les scènes des théâtres. Dans les écoles, dans les gymnases, les salles polyvalentes etc. Tout au long de la semaine, du matin au soir, quelque 500 stagiaires venus des quatre coins de France et d'ailleurs se frottent aux techniques du jazz, du contemporain, de la comédie musicale, de la danse africaine, sévillane ou du hip-hop, sous la houlette des chorégraphes invités. Après l'effort, le réconfort... au spectacle. Des dizaines de spectacles sont à l'affiche le soir venu. A voir dans les jours à venir, Eric Lecomte et la compagnie 9.81, qui construit son langage entre danse et cirque, l'Aixoise Josette Baïz qui présente "Les araignées de Mars", ou encore les Belges de la compagnie Mossoux Bonté pour le spectacle "Khoom". Expositions, rencontres, vidéo-danses et joyeuses fiestas complètent le menu des réjouissances. Et bien dansez maintenant !

30e Hivernales d'Avignon, jusqu'au 23 février 2008. www

 




Fame débarque à Paris

Posté par Nedjma le 18.02.08 à 17:37 | tags : comédie musicale

Vous aimez les comédies musicales? Vous en voulez encore? C'est parti... Après Cabaret, Le Roi Lion et West Side Story, pour ne citer que les plus emblématiques de celles que Paris a accueillies et/ou produites, Fame débarque en terre française, et en version française. Tout le monde se souvient du film "Fame" signé Alan Parker, ou de la série télé culte. Un genre de Star Ac avant l'heure et à l'américaine où une quinzaine de jeunes d'horizons différents, tous avec leurs histoires, leurs caractères, leurs envies et leurs rêves se frottaient à l'apprentissage de la vie d'artiste dans une école new-yorkaise. Des apprentis chanteurs, danseurs, et musiciens. Après une oeuvre qui a fait le tour du monde, au livret signé José Fernandez, aux paroles de Jacques Levy et à la musique de Steve Margoshes, voilà donc la VF, signée Stéphane Laporte.  Celui-là même à qui l'on doit celle du Roi Lion, encore à l'affiche à Mogador. 30 artistes et musiciens s'installent au Comedia avant une tournée française à partir de décembre prochain. A suivre...

Théâtre Comédia, à partir du 28 mars. www




Les habits neufs du TNB

Posté par Nedjma le 15.02.08 à 13:34 | tags : théâtre

Après trois ans de travaux, le Théâtre National de Bretagne a fait peau neuve... et enfin rouvert ses portes. Le TNB avait été construit en 1968 et restauré une première fois en 1986. Aujourd'hui, il compte deux salles de spectacle de 264 et 924 places, une salle polyvalente, des salles de cinéma, une librairie etc. C'est l'architecte Antoine Stinco qui a signé la rénovation, tout comme celles du Jeu de Paume parisien ou de la Maison de la culture de Grenoble. Le week-end dernier, à l'occasion de riches portes ouvertes, toute une pléiade d'artistes célébraient le lieu, entre lectures, concerts, petites formes. Ils étaient venus, ils étaient tous là: Patrice Chéreau, Jacques Bonnaffé, François Verret ou Louis Sclavis au rayon musique. Véritable lancement de saison du 3 au 6 mars prochain. Avant le théâtre Nanterre-Amandiers du 12 au 26 Mars, le chorégraphe François Verret y présente "Ice", inspirée de l'oeuvre de la voyageuse héroïnomane Anna Kavan. Un narrateur, une femme, un gouverneur réunis dans un trio amoureux, pour une forme scénique qui mêle acteurs, danseurs, chanteurs et marionnettes. Du 19 au 29 mars, étape de la tournée du Roi Lear de Jean-François Sivadier, créé à Avignon lors du dernier festival. Illus dr.

Théâtre National de Bretagne, Rennes. www




"Platform" : une joyeuseté du Standard idéal

Posté par JdF le 14.02.08 à 15:22 | tags : théâtre

Eh oui, cette adaptation du roman controversé de Michel Houellebecq a bien été présentée dans le cadre du festival "le Standard idéal" (www). La troupe belge NTGent en a fait un spectacle débridé où les acteurs (parfaits d'humour et de naturel) émergent d'un tas de gravats cheap (mobilier et objets en plastique) qui s'est effondré sur la scène, à l'instant où commençait le spectacle. Métaphore de l'explosion qui a lieu dans le roman, certes, mais surtout, quel formidable terrain de jeu rêvé pour ces six garçons et filles qui, très peu vêtus, n'ont de cesse de se rouler dans les débris et de casser à tour de bras les objets encore intacts !

C'est un peu le mariage de la carpe et du lapin, ces joyeux drilles qui s'attellent au pessimisme amer de Houellebecq. En réalité, il utilisent essentiellement les éléments narratifs de Plateforme et, sauf dans les dernières minutes, évitent la complainte du "tout fout le camp". Et en l'occurence, ce passage-là est bien rendu. Ensuite, le récit se difracte en plusieurs voix narratives, tous les personnages s'expriment, y compris le terroriste, à la première personne. Enfin, se dégage un tel plaisir à être là et à jouer ensemble que le mélancolique auteur du roman ne se reconnaîtrait sans doute pas dans cette joyeuseté.

Pour s'en assurer, les extraits video (www)


Platform, par NTGent, d'après Michel Houellebecq
Adaptation Tom Blokdijk, mise en scène Johan Simons, avec Wine Dierickx, Els Dottermans, Maatje Remmers, Steven Van Watermeulen, Oscar Van Rompay et Ward Weemhoff

Illus © Phile Deprez.




Le Dansoir va ouvrir ses portes

Posté par Nedjma le 13.02.08 à 18:31 | tags : danse

Le 17 mars, le Dansoir, nouveau lié dévolu à la danse (ou aux danses devrait-on dire) ouvrira ses portes sur le parvis de la BNF. Aux manettes de ce Magic Mirroir, salle semi-mobile circulaire et modulable, la chorégraphe Karine Saporta. Elle aura carte blanche pour créer, chaque année entre novembre et mai une saison dont le festival du Parvis sera un temps fort. Coup d'envoi des festivités avec le premier Festival du Parvis-Paris Printemps, qui verra notamment une collaboration avec Sasha Waltz, le festival italien Fabbrica Europa et le créateur d'arts numériques Philippe Baudelot. Belles promesses...

Festival du Parvis-Paris Printemps au Dansoir, Parvis de la BNF du 17 mars au 25 avril. www




Standard Idéal - Un Tartuffe haut en couleurs

Posté par Catherine le 13.02.08 à 10:35 | tags : mc93, standard idéal, théâtre

TartuffeL'an passé, le Standard Idéal avait permis de découvrir Dimiter Gotscheff. Allemand d'adoption, ce Bulgare d'origine présentait à la MC93 en 2007 un Ivanov de toute beauté. Un plateau habillé de brouillard, une interprétation toute en finesse, son Tchekov était un pur moment de théâtre. Autant dire que cette année, le metteur en scène était attendu au tournant. Pour cette nouvelle édition du festival, Dimiter Gotscheff a choisi de présenter le Tartuffe. Comme il l'avait fait avec le brouillard pour Ivanov, il reprend un principe unique de scénographie: ce seront des confettis et des serpentins propulsés sur la scène au tout début de la pièce en un grand feu d'artifice multicolore. Dimiter Gotscheff soumet la pièce de Molière à un petit traitement de choc en l'amputant de quelques scènes, en lui adjoignant pas mal de citations bibliques, et en y injectant une bonne dose de textes de Heiner Müller. Et aussi quelques ajouts de son cru, dont pas mal de commentaires sur l'actualité... française bien sûr. Assez marrant d'entendre Dorine râler comme nous, mais en allemand et avec l'accent bulgare par dessus le marché ! Mais  sous la caricature à gros trait - Dorine en travailleuse immigrée à forte gueule, Orgon en doux illuminé tendance sectaire, Marianne en petite fille gâtée et boudinée dans un mini-short rouge, Damis en fils dégénéré à pull jaune, Madame Pernelle en martyre hystérique - sous l'apparente comédie, Gotscheff propose la vision noire d'une société des apparences, totalement dépourvue d'humanité et, heureusement, en décomposition. Au milieu de toute cette vanité, son Tartuffe, seul lucide, est loin d'être totalement antipathique. Juste un peu roublard, juste suffisamment malin pour prendre aux riches ce que lui pauvre n'a pas. Du théâtre engagé, du théâtre décomplexé, du théâtre allemand comme on l'aime !

C'était les 8, 9 et 10 février, à la MC93, dans le cadre du Standard Idéal
Der Tartuffe, d'après Molière, mise en scène Dimiter Gotscheff

Illus ©Arno Declair




Rencontre avec Joël Pommerat

Posté par Catherine le 12.02.08 à 18:47

Encore quelques jours pour découvrir la trilogie Au monde, D'une seule main et Les marchands de Joël Pommerat au théâtre de Gennevilliers.
Comme annoncé, nous avons rencontré ce nouvel incontournable des scènes françaises. Une interview à lire dans le magazine de Flu: www




Edouard II, la noirceur fulgurante de Marlowe

Posté par Nedjma le 11.02.08 à 19:47 | tags : théâtre

La pièce est bien plus noire que le visuel (ci contre) ne le laisse supposer. Complots, conspirations, meurtres et trahisons se suivent à la cour d'Edouard II, monarque hors des clous qui n'est guidé que par sa passion en général, celle qui l'unit à son amant Gavelston en particulier. Edouard II donc, personnalité sulfureuse, ambigue, fragile et féroce, qui ressemble un peu à son auteur, Christopher Marlowe. Voilà sa dernière pièce, qu'il écrivit peu avant de périr trucidé dans une taverne glauque à l'âge de 29 ans. Anne-Laure Liégeois, directrice du Festin de Montluçon et metteuse en scène qui nous avait déjà réjouis avec "Embouteillages", drôle de montage de textes dans des voitures ou encore "ça", variation sur l'amour, à la Villette. Et voilà qu'elle se plonge dans la noirceur fulgurante de cette oeuvre, et fait merveille. Décor en pente raide, d'un bloc dans la première partie de la pièce, puis en deux fragments dans la seconde partie où la prison où croupit Edouard vient se nicher dans la faille de ces deux fragments. C'est magnifiquement vu, chamboulant et porté par une douzaine de comédiens excellents. Inmanquable.

Jusqu'au 22 février au Théâtre 71 de Malakoff. www

 




La Croix Rousse de Lyon scène nationale?

Posté par Nedjma le 08.02.08 à 10:07 | tags : théâtre

L'affaire a fait grand bruit: le Ministère de la culture s'était engagé à labelliser le Théâtre de la Croix rousse via son ministre d'alors, Renaud Donnedieu de Vabres. Mais l'instance a gelé la labellisation entérinée l'an dernier. Philippe Faure, metteur en scène et maître des lieux a insisté sur la confiance qu'il devait y avoir entre les artistes et les politiques, regrettant que la convention alors rédigée entre tous les partenaires soit aujourd'hui caduque, plongeant le lieu dans l'incertitude. Dans l'attente d'une "réponse satisfaisante" (dégel du label et obtention d'une subvention exceptionnelle pour 2008), une grande journée "citoyenne, politique et poétique" de soutien au théâtre sera organisée le 4 mars prochain. Et ce, à l'occasion de la première représentation de "Maître Puntila et son valet Matti" de Bertolt Brecht, mis en scène par Omar Porras. Débats, concert, pétition de soutien au menu, avec une mobilisation toute particulière attendue des 9000 abonnés.

Théâtre de la Croix Rousse de Lyon. Journée de soutien le 4 mars. "Maître Puntila et son valet Matti" du 4 au 13 mars. www




Dispute dans un miroir

Posté par Nedjma le 07.02.08 à 11:52 | tags : théâtre

C'est un texte magnifique de Marivaux, labyrinthe des passions et récit d'une expérience de manipulation sentimentale singulière. Ici comme dans ses deux Surprises de l'amour, il explore les cheminements du sentiment amoureux et ce qu'il entraîne: étonnement, stupeur, heureuse surprise parfois. Pour se pencher sur le thème de  l'inconstance des amants, les variations du sentiment amoureux, il imagine des enfants sauvages manipulés par le couple Hermiane/ le prince en vue d'étayer leur étrange démonstration et de répondre à une seule question: quel sexe a créé la première inconstance, la première infidélité? 

D'abord un prélude en rouge et noir: rouges le rideau et le sol, le peignoir satiné d'Hermiane, noir le costume du prince et la férocité de ce conte qui n'en est pas tout à fait un. "Je vous ferai lire dans le miroir du monde", clame le prince (Feodor Atkine, excellent). Lever de rideau sur un décor de théâtre poussiéreux et baroque, ambiance fin de règne ou après-guerre, c'est là que va se dérouler l'étrange expérience. On est aux premières loges. Filip Forgeau tricote une habile mise en scène où un miroir joue les premiers rôles: reflet des Narcisse qui s'y admirent, tout comme dans l'eau de la rivière, mais aussi vitre sans tain, où on voit sans être vu. Les trouvailles scéniques se succèdent à toute allure (sans craindre la répétition abusive, parfois) et le quatuor de jeunes acteurs joue sur la corde raide le jeu de l'innocence, de l'enfance trop vite grandie. C'est bien vu, et la cruauté pointe à merveille son nez sous le vernis du conte de fées.

"La dispute" de Marivaux, mis en scène par Filip Forgeau avec Féodor Atkine, Hélène Bosc, Arno Chéron, Julien Defaye, Soizic Gourvil, Hervé Herpe et Nicole Kaufmann jusqu'au 17 février au Théâtre 13, Paris. Les 28 et 29 février à la Fabrique de Guéret, du 26 au 28 mars au Théâtre Astrée de Villeurbanne.




La révolte des mannequins du Royal de Luxe

Posté par Lucie le 06.02.08 à 18:20 | tags : arts de la rue, marionnettes


Pendant 10 jours, du 1er au 10 février à Nantes, le Royal de Luxe présente sa nouvelle création La Révolte des mannequins. La célèbre compagnie d’art de la rue expédie dans les vitrines des commerçants des figurines incongrues, allant du SDF à un gang de casseurs de banque, qui ont été moulées sur les visages des membres de la compagnie.
Treize vitrines différentes et dans chacune d’elle dix scénettes qui se succéderont pendant 10 jours et raconteront ainsi d’étranges histoires.
Le spectacle est né d’une légende qui raconte qu’en 1900 un producteur hollandais de mannequins en série serait devenu fou en voyant ses créatures pleurer. Les mannequins seraient donc vivants, parcoureraient les rues la nuit et subiraient l’esclavagisme des grands magasins...
Mais l’heure de la révolte a sonné !
Il paraîtrait même qu'un snipper a décidé de tirer sur les mannequins qui ne se révoltent pas, ça va chauffer dans les vitrines !

A suivre sur le site La révolte des mannequins

(Co-produit par la Ville de Nantes et l'Institut de la marionnette de Charleville-Mézières, cette nouvelle aventure imaginée par Jean-Luc Courcoult s'exportera ensuite à Maastricht, Amiens, Anvers, Calais, Berlin et sans doute Tokyo.)

Crédit photo Royal de Luxe/Stéfan/viaFlickr 




Denses soirées à l'Opéra de Lyon

Posté par Nedjma le 06.02.08 à 10:36 | tags : danse

 Deux grands noms de la danse valant mieux qu'un, l'Opéra de Lyon réunit rien moins que les deux étoiles de la danse américaine, en un seul et même programme. Merce Cunningham et Trisha Brown. Le premier a travaillé avec John Cage, l'autre Robert Rauschenberg. Musique d'un côté, arts plastiques de l'autre, croisement des arts, nourrissement mutuel des influences pour faire avancer, chacun à sa façon, avec son esthétique propre la danse américaine, à mille lieues des codes traditionnels. Trois pièces majeures seront donc présentées: "Newark" et "Set & Reset/ Reset" de Trisha Brown, "Beach Birds" de Merce Cunningham. Le tout, avec le Ballet de l'Opéra. Illus Set and Reset dr.
Merce Cunningham et Trisha Brown, Opéra de Lyon, du 10 au 15 février. www




Standard Idéal, cinquième !

Posté par Nedjma le 05.02.08 à 14:11 | tags : musique, standard idéal, théâtre

Voilà cinq ans que le festival Le Standard Idéal creuse son sillon passionnant à la Maison de la culture 93 de Bobigny. Cinq ans qu'il bouscule, remue, innove, joue l'ouverture sans proposer -son titre n'est qu'un clin d'oeil- ni de standard, ni d'idéal, mais en donnant à voir, entendre ce qui se fait de plus intéressant en matière de scène européenne. Lors des éditions précédentes -que Flu a toujours suivies avec assiduité et intérêt-, on y a croisé Frank Castorf et Arpad Schilling, Vassili Grossmann ou Lev Dodine- qui revient d'ailleurs cette année, en mars, avec son flamboyant Vie et Destin. Cette année, une question est posée : quel regard porte-t-on sur la France à Berlin, Hambourg ou aux Pays Bas. "Au théâtre tout est affaire de regard. Celui du spectateur sur l'acteur, le regard de l'autre, le regard des autres...", commente Patrick Sommier, directeur de la MC 93 de Bobigny. Pour cette édition 2008, il convie Deimiter Gotscheff et Johan Simons, Alexander Charim et, plus près de nous, Georges Lavaudant. Le premier monte "Tartuffe" (du 8 au 10 février), le second s'attaque à "Plateforme" de Michel Houellebecq, pour une relecture belge qu'on attend impatiemment (les 11 et 12 février). L'ancien directeur de l'Odéon offre le portrait d'un être invincible et souillé à partir des "Trachiniennes" et d'"Heraklès furieux", des tragédies de Sophocole et d'Euripide, mâtinées de références contemporaines... Vous en voulez encore? Il y aura des concerts: le Trio Ars Vitalis et le musicien grec Grigoris Vassilas. A vos marques... Illus Arno Declair

Festival Le Standard Idéal, MC 93 de Bobigny, du 8 au 24 février. www




Le cirque de demain

Posté par Floriane le 04.02.08 à 16:37 | tags : cirque
Ce n’est plus au Cirque d’hiver mais sous le chapiteau du Cirque Phénix, à la pelouse de Reuilly, que s'est niché le Festival mondial du cirque de demain. Pour sa vingt-neuvième édition, lancée jeudi soir, ce rendez-vous incontournable fait, une fois de plus, le plein de talents en passe de séduire les scènes du monde. Par « cirque de demain », il ne faut pas entendre une conception étroite du « nouveau cirque » à la française. Les organisateurs, renifleurs planétaires, vont puiser dans toutes les esthétiques circassiennes pour composer le plateau des deux soirées qu’ils proposent. Ecritures traditionnelles ou plus contemporaines se côtoient donc, et la palette est large. Indescriptible équilibriste arménienne (Arevik Seyranyan), efficaces aériens russes (Garamovs), talentueux équilibristes chinois (troupe de Suining) partagent l’affiche avec la poésie plus délicate du Carré curieux (jonglage et diabolo) ou encore de la troupe québécoise Les sept doigts de la main, présentant un extrait du spectacle Traces.
Les deux programmes ont été repris samedi, en matinée et en soirée. Enfin, dimanche à 14 heures, un hommage au cirque français a rassemblé tous les lauréats hexagonaux des éditions précédentes. L'an prochain, le festival fêtera sa trentème édition. On ne la ratera pas!



Leçon de vie au Théâtre de la Ville

Posté par Floriane le 04.02.08 à 13:21 | tags : cirque, danse, théâtre
Plus que tout autres, les Orientaux savent que le sens prévaut sur la forme. Les artistes de Dalian, réunis par Aurélien Bory, y excellent. Chanteurs d ‘exception, acrobates, danseurs, ils n’esquissent que quelques sauts, quelques échanges d’arts martiaux, mais font preuve, tout au long du spectacle, d’une incroyable maîtrise et d’un équilibre parfait. A ce titre, ils s’imposent comme les artistes les plus impressionnants qui soient. Dans Les Sept planches de la ruse, ce n’est pas la prouesse extérieure qui est mise en valeur, mais celle de la précision, de la patience nécessaires à la manipulation des éléments de ce puzzle géant, casse-tête ancestral et scénographique, le tangram.
Léchées, les lignes se profilent en contre-jour ou dans des rasants qui les découpent sur le cyclo dont les teintes varient au fil des transformations. Car le sens de tout cela est à trouver dans le Yi Jing, jeu divinatoire, à la base de la culture chinoise, et terriblement en accord avec la réalité contemporaine. Tout va extrêmement vite, dans ce vaste pays dont la « marche en avant » avait gelé, pur un temps, les rouages. Lentement, sans heurts, la Chine s’éveille aujourd’hui, à l’image de ces sept planches, glissant les unes sur les autres, s’équilibrant et formant des figures sans cesse renouvelées où l’homme a parfois du mal à trouver sa place.
Ce poème visuel d’une pureté absolue est dû aux talents conjugués d’Aurélien Bory, qui s’impose ici comme l’une des figures les plus marquantes de la scène contemporaine internationale, et des artistes de Dalian, province chinoise côtière. La pièce ne tient que quelques jours l’affiche du Théâtre de la Ville, mais sera visible un peu partout en France jusque fin avril. Tout change, tout passe, mais tout finit par s’équilibrer et s’emboîter parfaitement. On devrait se le rappeler à chaque instant.



Belle du seigneur par Stéphane Freiss

Posté par Nedjma le 02.02.08 à 10:31 | tags : lecture

Stéphane Freiss, par ailleurs à l'affiche de "Détails" aux Amandiers aux côtés de Marianne Basler, Sophie Rodrigues et Eric Caruso, propose une lecture de "Belle du Seigneur", dans le cadre du cycle Figures féminines du musée du judaïsme. Chef d'oeuvre d'Albert Cohen, récit de la passion incandescente et étouffante de Solal et Ariane, troisième volet de la tétralogie de l'auteur, après "Solal", "Mangeclous", et avant "Les valeureux". On y court ! Illus dr

"Belle du seigneur" lundi 4 février, 20h, Musée d'art et d'histoire du judaïsme. www




"Rain": la pluie tombe encore... à Lyon

Posté par Nedjma le 01.02.08 à 15:18 | tags : cirque

 

Chaque venue du cirque Eloize en France est un enchantement. En mai 2006, la création du spectacle "Rain, comme une pluie dans tes yeux" avait réjoui le public du Trianon. Un spectacle qui se veut "comme une caresse, simple et directe, pleine de sensualité et d'un doux espoir", de l'aveu de son auteur et metteur en scène Daniele Finzi Pasca. Dans le cadre d'une tournée au long cours, la troupe canadienne est aux Célestins de Lyon. Ne la manquez pas... Lire ici la chronique du spectacle, sur le mag Scènes.  Illus © Cirque Eloize 2005-Agnieszka Stalkoper

Rain, comme une pluie dans tes yeux, du 13 au 23 février, Théâtre des Célestins, Lyon. www




Tarmac: bientôt la saison nouvelle

Posté par Nedjma le 01.02.08 à 10:06 | tags : danse, marionnettes, théâtre

"Et pourtant il tourne..." l'intitulé de la saison nouvelle, qui commencera au Tarmac dans quelques jours. Ce haut lieu de la francophonie invite une fois de plus à la découverte d'auteurs, poètes et interprètes d'ici et d'ailleurs qui dévoilent, entre paroles et gestuelle, un peu de leurs horizons. C'est le Libanais Issam Bou Khaled qui imagine quatre chevaliers d'un autre monde, en 2100 dans une canalisation qui mène de Beyrouth à Chypre ("Archipel", du 19 février au 15 mars). C'est Vincent Goethals qui porte à la scène "Amour", roman de Marie Vieux Chauvet dénonçant la dictature de Duvalier (du 1er au 19 avril). C'est encore les marionnettistes réunionnais du Théâtre des  Alberts qui glissent une belle humanité dans quelques bouts de bois ("Accidents" du 5 au 30 août). Pour en savoir plus sur ces spectacles-là, et les autres, le Tarmac de la Villette, sous la houlette de son heureuse directrice Valérie Baran vous convie à une présentation de saison, le 4 février.
Tarmac de la Villette, présentation publique de la saison 2008, le 4 février, 20 heures. www






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