Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.

Archives > Mars 2008

Plans d'avril au Point Ephémère

Posté par Lucie le 31.03.08 à 16:30 | tags : festival, théâtre, performance

A la fin de la semaine, commence au Point Ephémère la deuxième partie du festival Les Plans d’Avril. Ces rencontres printanières débuteront le vendredi 4 avril par le vernissage des deux artistes Guillaumit et Allisaround (en entrée libre tout le week-end).

Les Plans d’Avril rassemblent plusieurs évènements artistiques: expos, performances, lectures, spectacles et concerts. Le groupe Yolk « rock pluvieux du Nord de l’Angleterre et de pop sunshine de la Californie » sera présent le vendredi à 20h30, Cocoon, pop folk légère, le dimanche à la même heure.

Les marionnettes subversives de Scorpitones et compagnie proposeront Kamikaze le samedi à 19h. Ce même jour, à 20h30, Il sera possible d’assister au « show transformiste » de l’insecte (et chorégraphe) Mark Tompkins qui sera accompagné de son groupe de rock Mark Lewis and the standards.

 

La programmation complète sur le site des Plans d’Avril.

Voir également le site du Point éphémère.


Le jour des meurtres dans l'histoire d'Hamlet

Posté par JdF le 28.03.08 à 11:55 | tags : théâtre, spectacle à paris
Thierry de Peretti met en scène, au Théâtre de la Bastille, une pièce de jeunesse de Koltes adapté du Hamlet de Shakespeare. Koltes a resserré l'action de la pièce (qui ne dure du coup qu'une heure vingt, un record pour une pièce qui peut en durer quatre) autour de la cellule familiale. Ne sont présents que Hamlet, Gertrude Claudius et Ophélie. Huis-clos durant lesquels sont rejoués les principaux épisodes du modèle.

 

Thierry de Perreti accentue l'aspect intime de l'œuvre en donnant au spectacle une tonalité cauchemardesque : crudité des contrastes entre obscurité de la salle et lumière des néons, frénésie du jeu de Hamlet (qui surjoue volontairement ou non, les trois quarts du temps). Manifestement l'intrigue se situe à l'intérieur de la conscience du protagoniste, au sein de laquelle on est invité à entrer. Ce qui ne se fait de bon gré : surjeu dont j'ai parlé, léger énervement devant cet Hamlet déguisé en rocker années 1980 finalement peu crédible. Ophélie (Annabelle Hettmann) est pleine de naturel et d'émotivité dont elle sait moduler l'expression et sur elle, le look rock passe beaucoup mieux.

Crédits photographiques©Pierre Grosbois

Le jour des meurtres dans l'histoire d'Hamlet, de Bernard-Marie Koltes, mis en scène Thierry de Peretti, avec, Jean-Christophe Bouvet, Annabelle Hettmann, Lisa Martino, Pascal Tagnati, jusqu'au 20 avril au théâtre de la Bastille (www)


Ça Tchatche aux Subsistances (Lyon)

Posté par Lucie le 27.03.08 à 15:42 | tags : cirque, performance, festival, danse, théâtre

 

Espérons que le temps sera clément pour le toujours très attendu week-end de printemps des Subsistances, le laboratoire artistique de Lyon.
Rendez-vous de la création contemporaine dans ce qu’elle a de plus expérimental et de plus vivant, ces quelques jours proposent chaque année des spectacles souvent détonnants et inattendus qui marquent les mémoires.

Et cette année « Ça Tchatche ». Performances, spectacles et installations questionneront « ce que parler veut dire » (c’est d’ailleurs le titre du spectacle de Jade Duviquet et Cyril Cazmèze).

Quatre jours denses et électriques avec des anciens des « Sub » (comme on dit à Lyon), le très respecté Michel Laubu (Turak) s’associe aux sonorités sombres et enivrantes de Rodolphe Burger (Kat Onoma). On est heureux de saluer la venue du performer Keith Hennessy qui marqua les esprits avec SDF USA, intense et radical, aux Sub en 2005. Gilles Pastor, grand habitué du lieu, sera de la partie avec « Conversation avec Léa (ou de la difficulté de s’exprimer) », « la Léa » est en effet sourde.

Dans les nouveaux venus, le jusqu’auboutiste Jérémy Wade, performer et chorégraphe, interrogera les communautés pentecôtistes américaines et le thème de la transe. Le chorégraphe burkinabé Serge Aimé Coulibaly explorera les écarts entre le geste et la parole en créant des passerelles entre la France, le pays mandingue et l’Inde.

Notons la présence des clowns décapants de la Maison des clowns qui raconteront leurs histoires ubuesques sur la passerelle de l’Homme de la Roche, proche des Subsistances - petit rendez-vous de 20 minutes qui se déclinera sur 2H30 et qui promet d’être sympathique.

Et beaucoup d’autres : Olivia Rosenthal et Marie Vialle, Daniel Aschwanden et Peter Stamer, Jörg Müller, Haim Adri, Steven Cohen, Cendrine Gallezot, Hyacinthe Reich, Sky de Sela, Angélique Clairand, Joachim Latarjet, Nicolas Cantillon et Laurence Yadi et le collectif des Bouffons de luxe.

Voir le programme complet sur le site des Subsistances (site où il est d'ailleurs possible de créer son avatar en poussin...).

Week end "Ça Tchatche" les 3-4-5-6 avril aux Subsistances, laboratoire internationale de création artistique, Lyon 1er.


Wajdi Mouawad, « Seuls » au monde

Posté par Nedjma le 27.03.08 à 15:06 | tags : théâtre

Wajdi Mouawad, auteur, acteur, metteur en scène né au Liban et installé au Québec a secoué la scène française en dévoilant « Littoral », au festival d’Avignon 2000. Depuis, de « Incendies » à « Forêts », en passant par « Willy Protagoras… », ses mots, et son jeu ne cessent de dire le monde, dans sa tragédie et ses rares bonheurs aussi, la guerre, la famille et les rapports père-fils notamment. On se réjouit donc de savoir que sa dernière création, « Seuls », dans laquelle il joue, tourne actuellement de Nantes à Toulouse en passant par Meylan, et en attendant une escale avignonnaise en juillet prochain. On se réjouit encore, et surtout, de savoir qu’il sera artiste associé au festival 2009, ce qui nous promet d’ores et déjà une édition généreuse et précisément ouverte sur le vaste monde, tout en disant l’intime.

"Seuls" de Wajdi Mouawad en tournée et au festival d'Avignon 2008. www 


Nicolas Liautard a du nez (Le nez à la scène Watteau)

Posté par Lucie le 26.03.08 à 18:00 | tags : théâtre

Nicolas Liautard présente à la scène Watteau, un spectacle tout public pour dimanche de pluie Le Nez de Nikolai Gogol. L’histoire d’un tarin qui erre après avoir déserté le visage boursoufflé d’un gros officier russe.

Le metteur en scène ancre son histoire dans une Russie rêvée mais à la fois assez réaliste dans les costumes. Un grand renfort de dispositif lumineux et autre machine à fumée donne à l’ensemble une tonalité féérique et vaporeuse. Une voix off, craquelée et intense cultive mystère et secret et enveloppe le drame comme une couverture confortable et chaleureuse. Les comédiens miment sans trop mimer, jouent sans vraiment jouer. Ils traversent les espaces de jeu avec souplesse et précision. Leurs visages maquillés et expressifs confèrent au drame une réelle personnalité.

Le Nez de Nicolas Gogol mis en scène par Nicolas Liautard du 15 au 30 mars à la Scène Watteau.


Fin de cycle à Branly

Posté par Floriane le 24.03.08 à 11:06 | tags : ici et là, international, danse, mode
Le cycle « Le corps miroir du féminin » s’est terminé, au Théâtre Claude Lévi-Strauss, avec City Number de la Body Dance Company de Taiwan. Parfaitement dans la thématique, cette pièce tresse les différentes réincarnations d’une prêtresse taoïste, perpétuellement à la recherche de son amant. Le théâtre asiatique est friand du travestissement. Dans certains cas, les rôles de femmes sont exclusivement joués par des hommes. C’est sur ce registre que le metteur en scène Lee Ming-Cheng a voulu jouer et, surprise pour les spectateurs qui avaient suivi le spectacle birman des Nat-kadaws quelques jours auparavant : les Nats étaient de retour ! Autrement dit, le comédien taiwanais porteur de l’une des réincarnations d’une âme de femme dans un corps d’homme avait l’allure, à s’y méprendre, des mediums birmans présents sur la même scène la semaine précédente. Jolie boucle pour ce cycle dont la problématique soulève bien des interrogations, en matière de société, s’entend.
Entre la Birmanie et Taiwan, les spectacles avaient fait un détour par la République de Touva, célèbre pour ses chants diphoniques. Fidèles au poste, trois musiciens et chanteurs accompagnaient un défilé de mode ethnique se donnant des airs de chorégraphie rituelle. Viacheslav Dongak, le styliste, sait lui jouer, dans ses broderies et ses accessoires, des symboles ancestraux, voire rituels. Une jolie combinaison de tradition et de modernité.
Le prochain (et dernier) cycle de la saison sera consacré, du 17 au 28 juin, au « corps acrobatique ».

Festival d'Avignon 2008 : "C'est notre destin d'être ridicule"

Posté par Lucie le 20.03.08 à 19:03 | tags : festival d'avignon, théâtre

Ce sont les termes qu’emploie Roméo Castellucci, artiste associé de cette édition 2008 pour affirmer son désir de monter l’œuvre « impossible » et « irreprésentable », selon ses propres mots, qu’est La Divine Comédie de Dante. Ici, la notion de "ridicule" se transfigure et incarne dans le regard de l’artiste un mélange de courage et d’inquiétude nécessaire à la création.
La programmation de cette année pourrait être animée de ce même « ridicule » tant elle semble audacieuse.

Castellucci présentera donc trois spectacles très plastiques Inferno, Purgatorio et Paradiso. La deuxième artiste associée Valérie Dreville, proposera quant à elle deux projets ancrés dans la parole. Celle du poète Paul Claudel à travers la mise en scène collective du Partage de midi (avec Gaël Baron, Jean-François Sivadier, Charlotte Clamens et Nicolas Bouchaud). Il s’agira pour les comédiens de retrouver le « souffle » de Claudel, Valérie Dreville emprunte cette expression à Antoine Vitez, et ce sera le deuxième projet de celle-ci que de rendre hommage au metteur en scène décédé prématurément. A travers des écrits, inédits pour certains, l’idée d’approcher celui dont les prises de paroles, rigoureuses et éclairées manque aujourd’hui.

Risquée

La fascination plastique qu’exercent les spectacles de Castellucci s’additionne à l’intransigeance et au gout du risque de Valérie Dreville et inspire à Vincent Baudriller et Hortense Archambaud une programmation atypique et dense. Des artistes dont la renommée n’est pas encore faite en France, comme Benjamin Verdoncq ou Alvis Hermanis. Beaucoup de formes scéniques hybrides à la lisière des arts plastiques, de la danse, du chant ou du cirque. On notera la présence de Johann Le Guillerm, Joel Pommerat, Kris Verdoncq, plasticien flamand, Jan Fabre et le solo de sa danseuse Ivana Josic, et la première en Avignon de François Tanguy, qui comme à son habitude conviera philosophes et artistes à des discussions chaque jour.
Dans cette même idée de rencontre, une collaboration entre le chanteur Philippe Katerine et la chorégraphe Mathilde Monnier est très attendue. Autre association improbable, Sidi Larbi Cherkaoui présentera Sutra, autour du kung fu, accompagné par des moines Shaolin.

 

Les thèmes dantesques se déclineront dans plusieurs spectacles, celui de l’expérimental Heiner Goebbels pour la première fois à Avignon avec un spectacle sans acteur, juste des machines fantasmagoriques et du feu. « Feux », c’est également le nom du spectacle de Daniel Jeanneteau et Marie-Christine Soma. Dante sera également présent dans le spectacle de l’italien Emio Greco Purgatori. Autre forme d’enfer, les flamands de Toneelhuis s’attacheront à travers deux pièces à explorer la notion de pouvoir. Stanislas Nordey poursuivra son exploration de l’œuvre de l’allemand très politique Falk Richter. Thomas Ostermeier et son dramaturge corrosif Marius Von Mayenburg présenteront quant à eux une adaptation d’Hamlet centrée sur les cauchemars de celui-ci. Et tant d’autres encore…

 

Voici une liste exhaustive des artistes présents : Sidi Larbi Cherkaoui ; Joji inc/Johannes Saunier & Jim Clayburgh ; Emio Greco et Pieter Scholten ; Olivier Dubois ; Virgilio Sieni ; Johann Le Guillerm ; Jan Fabre ; Les frères Quay ; Kris Verdonck ; Superamas ; Heiner Goebbels ; Gaël baron/Nicolas Bouchaud/Charlotte Clamens/Valérie Dreville/Jean-François Sivadier ; Thomas Ostermeier ; Roméo Castellucci ; Mathilde Monnier/Philippe Katerine ; François Tanguy ; Benjamin Verdonck ; Philippe Quesne ; Ricardo Bartis ; Ivo Van hove ; Guy Cassier ; Joel Pommerat ; Arthur Nauziciel ; Claire Lasne ; Stanislas Nordey ; Alvis Hermanis ; Wajdi Mouawad ; Daniel Jeanneteau&Marie-Christine Soma et Lola Arias&Stefan Kaegi.

 

PS: pour ceux que la Societas Raffaello Sanzio fascine : l’enfer sera sans violence, le purgatoire sera un questionnement de ce qu’est le théâtre et la notion de représentation, enfin le paradis sera sans doute une installation dans lequel le public pourra évoluer à loisir. Castellucci opérera un départ charnel pour arriver à quelque chose de désincarné...


Echantillon d'humanité - Hanokh Levin au Studio Théâtre

Posté par Catherine le 19.03.08 à 13:15 | tags : théâtre, comédie française


Une jeune fille au pull aussi rouge que ses lèvres. Un beau jeune homme en costume trois pièces. Un autre, sérieux. Un monsieur tout rond. Une dame blonde. Echantillon d'humanité. Chacun dans sa bulle, chacun connecté à sa machine électronique. Tous l'oeil rivé à leur écran. Ce qui ne les empêche pas d'échanger. Au contraire, le regard tendu vers cet ailleurs virtuel, ils envisagent leur rapport au monde avec une acuité décuplée. Cela commence par une simple discussion à la réception d'un hôtel et, tout de suite, le problème est posé : peut-on être à la fois libre et heureux ? Immédiatement surgit une autre question : peut-on distinguer l'amour du désir ? On se le demande au spectacle de ces deux amants plus vraiment en phase physiquement. Et puis voilà qu'une étrange institutrice vient nous faire douter de l'existence de l'Australie. L'opinion constitue-t-elle un obstacle à la connaissance ?
Au fil des rencontres, au gré des situations, Galin Stoev propose une plongée dans le monde de Hanokh Levin, un univers où le quotidien frôle l'absurde, où l'absurde embrasse la métaphysique, mais où la désillusion cède toujours le pas au rire. Tirés de diverses oeuvres du célèbre auteur Israélien, la plupart des sketches avaient été montés de son vivant par Levin sous forme de cabaret, dans les années 80 et 90. Le traitement plus en retenue qu'en propose Galin Stoev aujourd'hui permet de laisser s'exprimer avec force toute la portée philosophique du texte. Le metteur en scène bulgare fait passer l'anecdote au second plan et se concentre sur la logique qui sous-tend chaque situation. La même importance est donnée aux mots et aux silences. C'est ainsi que le spectateur a tout le loisir d'accompagner les personnages dans le cheminement de leur pensée. Et c'est justement du décalage entre le point d'arrivée de notre réflexion et l'énonciation par le comédien de la réplique suivante que naît ce rire troublant que provoquent généralement les comédies d'Hanokh Levin. Une occasion unique de (re)découvrir cet auteur essentiel dont les oeuvres nous arrivent au fil de leur traduction.

Douce vengeance et autres sketches, de Hanokh Levin. Traduit de l'hébreu par Laurence Sandrowicz. Mise en scène Galin Stoev.
du 13 mars au 20 avril au Studio Théâtre de la Comédie Française
Illus © Cosimo Mirco Magliocca


Housch-Ma-Housch, clown waouh au Samovar

Posté par Catherine le 19.03.08 à 12:17 | tags : théâtre, cirque


Housh-Ma-Housch a le crâne chauve. Il porte de grandes godasses. Pour le rouge, il arbore un foulard et des chaussettes. Mais son nez est simplement poudré. Housh-Ma-Housch est un clown venu d'Ukraine. Après avoir ravi le public de Vertige au Cirque d'hiver Bouglione, il offre ses clins d'oeil malicieux, ses tours de passe-passe fantasques et ses "waouh" au public du Samovar. Et attention, ce clown-là aime son public si fort qu'il lui demande une implication de tous les instants dans son spectacle. Premiers rangs, vous êtes prévenus. Trois soirs, trois soirs seulement pour profiter de ce joli moment de délire clownesque avant que Housch-Ma-Housch ne reparte à travers le monde.

Housch-Ma-Housch au Théâtre du Samovar, les 18, 19 et 20 mars à 20h30
Réservation 01 43 63 80 79


Burmawood à Branly

Posté par Floriane le 16.03.08 à 09:22 | tags : international, ici et là, danse, marionnettes
Le cycle « Le corps, miroir du féminin » vient de débuter, au Théâtre Claude Levi-Strauss, par un très joli programme, consacré à la Birmanie. Affirmer que les mouvements des marionnettes sont à l’origine de la danse n’est pas un vain mot dans ce cas. Le décrochage des articulations des danseurs (poignets, coudes, épaules, chevilles, genoux) font irrémédiablement penser aux membres tirés par des fils. La démonstration est flagrante lorsque, dans un « défi » un petit personnage de bois et un enfant se lancent dans une joute.
D’ailleurs, les interprètes des danses de cour comme les marionnettes sont vêtues de strass et de paillettes à faire pâlir tout Bollywood, et certains déhanchés, décrochés d’épaules ou quelques portés audacieux ne sont pas en reste.
Etonnante culture, où la majorité boudhiste ne sourcille pas à pratiquer le culte des nats, ces esprits protecteurs, dont le destin terrestre fut immanquablement tragique. Deux films documentaires et une cérémonie énergique ont permis aux Parisiens de se familiariser avec ces rituels bon enfant et festifs qui, là-bas, rendent bien des services à ceux qui y prennent part. Il est bien vivifiant, en Occident, de vivre de tels moments où la foi se décline aux couleurs de la fête, de la musique et de la danse. On le sait, tout est dans la croyance, et celle-ci n’en prend que plus de force quand le spectaculaire est au rendez-vous. Merci, nat jouisseur, d’avoir illuminé notre week-end pluvieux !



L'électrochoc Pinocchio de Joël Pommerat

Posté par Catherine le 15.03.08 à 10:35 | tags : théâtre, odéon

Brrrr... j'ai eu très peur devant le Pinocchio de Joël Pommerat. Surtout pendant les noirs entre les tableaux. Pourquoi le monde est-il si violent ? Pourquoi tous les spectacles ne sont-ils pas jolis et rassurants ? Celui-ci est à réserver aux enfants vraiment pas sages. Ça leur servira de leçon !

Pinocchio, d'après Carlo Collodi, texte et mise en scène de Joël Pommerat
Spectacle pour enfants à partir de 6 ans
Du 8 au 22 mars 2008 aux ateliers Berthier du théâtre de l'Odéon (www).


Chacun sa croix - boulevard rural à la Comédie Bastille

Posté par Catherine le 14.03.08 à 09:15 | tags : théâtre

Chacun sa croix
Un bon boulevard de temps en temps n'a jamais fait de mal à personne. Et pour ceux que le trio infernal la femme, le mari, l'amant, insupporte, Jean-Christophe Barc invente le quatuor le curé, sa bonne, le maire et l'ex-taularde. Pour le dépaysement, l'histoire se passe dans le Jura. Le Haut-Jura bien reculé, là où les prêtres ont encore des bonnes justement, et où le nombre ridicule d'habitants au mètre carré justifie à lui seul le huis-clos qui se joue au presbytère. Cette histoire du village qu'il faut sauver à tout prix de l'exode rural, quitte à fermer les yeux sur la provenance des fonds qui serviront à réouvrir l'épicerie, est menée tambour battant par cinq comédiens réunis autour de Thierry Lavat à la Comédie Bastille. On pardonne les trop nombreuses envolées hystériques, fatigantes - n'est-ce pas là un travers quasi inévitable du boulevard ? On pardonne les quelques clichés grossiers - la soutane noire du curé, 50 ans après Vatican II. On pardonne les incursions de pathos facile - la maladie rare pour justifier de la vocation du prêtre. On pardonne car le texte est vraiment bien ficelé. Aucun temps mort, aucune action inutile. Quelques scènes d'intense jubilation théâtrale comme ce sermon avec ce qu'il faut d'écho cathédralesque dans les micros. Les comédiens se lâchent, les répliques fusent, le public s'esclaffe. Et, grâce à dieu, le dénouement est amoral.

Chacun sa croix, de Jean-Christophe Barc, mise en scène Thierry Lavat
A la Comédie Bastille du mardi au samedi à 21h00, matinées samedi à 17h, dimanche à 15h30


Christian Rizzo, Mon amour : Et si Gus Van Sant était chorégraphe...

Posté par Lucie le 13.03.08 à 18:01 | tags : théâtre de la ville, danse

Une bande de jeunes, en jeans slims ou jeans usés et sweat-shirt à capuche (capuches qu’ils ont remontées sur leur tête), nous tournent le dos et tapent le rythme d’un son électro-rock répétitif. Une immense boule noire sur le carré blanc de la scène, non sensible au son, reste, elle, imperturbable. Une plaque carrée est pendue à trois mètres du sol, parallèle à celui-ci. Le tout est baigné dans une fumée blanche qui confère une épaisseur plastique à l’espace.


-10 minutes, un quart d’heure, l’entrée du public, longue et périlleuse pour cette salle de 560 places.-


Ce sont les premières images du spectacle de Christian Rizzo, elles marquent l’esprit tant elles sont stimulantes, denses et solides.

Vont suivre des balais de plantes vertes, de chaises en bois et de boules noires captivantes. La chorégraphie oscille entre le mouvement pur, la danse contact et la danse. Les interprètes se portent beaucoup, et se déportent souvent. Sans vraiment d’attache. Pour repère le vert des plantes, éléments qui composent une nature en pot mais bien vivante, efficacement luxuriante, et qu’ils déplacent sans cesse. Certains la transportent même dans leurs sacs : pour reconstruire un monde ?


May I touch you ?
Et comme second repère l’Autre, le plus important, qu’on essaie d’embrasser mais qui s’échappe, qu’on porte, qu’on supporte ou qu’on emporte, mais jamais de force. Ces contacts semblent exprimer la fragilité de celui qui est porté, et la force obligée de celui qui porte.

En fond sonore, s’ajoute aux mélodies trip-hop rock les paroles (in english) de poèmes de William Carlos Williams et des chansons de Morrissey, Marianne Faithfull ou Patti Smith interprétées par Mark Tompkins. Et celles-ci parlent de l’amour, de l’errance, du pardon, de la renaissance, de l’enfance, de l’autre, de la fuite, de la porte ouverte. Les mots créent une nappe englobante, qu’on écoute ou qu’on n’entend plus vraiment par moment mais qui berce et caresse.


« May I touch you ? » comme une litanie que répète Tompkins au micro, sur des longs rifs de guitares - Les instruments sont à demi-visible derrière un tulle noir en fond de scène, batterie, contrebasse, table de mixage.

« May I touch yoooouuu » comme un chant d’amour désespéré mais qui se risque à l’expression.
En écho à ces possibles rencontres, on voit sur scène des pas de deux ou des expéditions solitaires, des gestes simples et des éclats frénétiques. Sans forcément de grâce rigide, sans aucun académisme, mais dans l’harmonie, dans la complicité des corps. On verra petit à petit le visage des danseurs et des morceaux de peau. Et plus tard une invasion de boules noires et Tompkins seul dans ce désert absurde et enfumé, écho d'une douce apocalypse.

Et ça évoque Gus Van Sant, une innocence déchue, une délicatesse qui devient parfois abrupte, et la sensualité du jean, le rock et les plantes… si vertes…

Illustr©Marc Domage
Mon amour de Christian Rizzo au Théâtre de la Ville (www) du 11 au 14 mars. Réservez vos places pour les prochains spectacles de Christian Rizzo.


Triptyque Marie NDiaye au TQI - Hilda

Posté par Catherine le 13.03.08 à 14:39 | tags : théâtre
Hilda

On peut avoir de l'argent et être de gauche. On peut avoir été révolutionnaire et avoir des gens de maison. Une question de juste rémunération. Une simple question d'argent. C'est le discours que tient Madame Lemarchand.
Madame Lemarchand parle beaucoup. Elle explique, elle démontre, elle répète. Elle répète le prénom de Hilda. Hilda, Hilda, Hilda qu'elle veut à son service, Hilda qu'elle veut modeler à sa façon, à son image presque, à l'image de celle qu'elle aimerait être. Propre, bonne mère et bonne épouse. Cette histoire de la patronne qui vampirise son employée pourrait être anecdotique. Mais sous la plume de Marie NDiaye, l'asservissement de la servante atteint de telles extrêmités qu'il devient emblématique de toute relation maître / serviteur. Gens de maison, nounous à domicile, assistantes personnelles, rebellez-vous !

Hilda, de Marie NDiaye, mise en scène Elisabeth Chailloux
Au studio Casanova du Théâtre des Quartiers d'Ivry jusqu'au 6 avril 2008
Dans le cadre du triptyque Rien d'humain - Les Serpents - Hilda, pièces de Marie NDiaye par trois metteurs en scène différents. Réservez vos places de théâtre pour l'intégrale Marie N Diaye.
Illus © Bellamy


Le malheur de Job - scansion dramatique à la MC93

Posté par Catherine le 13.03.08 à 09:11 | tags : mc93, théâtre

JobIls se sont mis à plusieurs pour analyser, disséquer, digérer le Livre de Job, pour en adapter les références afin qu'elles puissent toucher les auditeurs actuels, pour inventer une façon nouvelle de dire ce grand poème issu d'une lointaine tradition orale. C'est Dgiz, slammeur hors normes, qui prête ses mots et sa voix à Job, Stéphane Pelliccia qui les habille d'électronique, Jean-Luc Therminarias qui les développe en musique et Jérôme Thomas qui les illustre d'une envolée de sacs plastique. Frédéric Révérend a oeuvré en amont à l'étude et la traduction du texte biblique. Jean-Lambert Wild a supervisé le tout. Le livre de Job, devenu Malheur de Job par l'intercession de la Comédie de Caen, c'est une heure de poésie profonde, précise, précieuse.

Le Malheur de Job, enfouissement sous quelques extraits du Livre de Job pour voix, jongle, musique, sms et nuée de sacs en plastique
Un spectacle de Jean-Lambert Wild, Jean-Luc Therminarias, Dgiz et Jérôme Thomas
A la MC93 de Bobingy, du lundi au samedi à 20h30, dimanche à 15h30, relâche le jeudi
Illus © Tristan Valles


Batailles - brochette de célébrités au Rond-Point

Posté par Catherine le 11.03.08 à 19:21 | tags : rond-point, théâtre

BataillesDans les années 80, Jean-Michel Ribes traînait pas mal avec Roland Topor. Entre autres facéties artistiques, les deux compères s'étaient laissé aller à écrire une suite de courtes pièces, présentées à l'époque au théâtre de l'Athénée et regroupées sous le titre Batailles. Faisant entorse à la règle qui veut que le lieu programme exclusivement des auteurs vivants, Jean-Michel Ribes reprend aujourd'hui ces Batailles au théâtre du Rond-Point, qu'il dirige actuellement. "Le théâtre a accepté tout à fait exceptionnellement que la composition de l'auteur soit constituée pour 50% de vivant, considérant que les autres 50% sont de rire éternel"
Toutefois, il semble que le public se déplace moins pour honorer la mémoire de Roland Topor que pour voir Pierre Arditi. C'est d'ailleurs assez étrange cette manière qu'ont les spectateurs du privé, égarés pour l'occasion dans un théâtre public, d'applaudir la "star Arditi" dès le lever du rideau. Viennent donc ces Batailles. Cinq en tout. Bataille navale,  Bataille au sommet, Ultime bataille, Bataille intime, et Bataille dans les Yvelines. Cinq moments indépendants. Cinq situations, certes cocasses (un aristrocrate et un barman de deuxième classe sur un même radeau, liés l'un à l'autre par l'effet de contrepoids, un amant qui vient rendre sa femme au mari dix ans après la lui avoir volée, ...), mais pas délirantes outre mesure. Pierre Arditi et François Berléand sont totalement à l'aise sur le plateau et disent leur texte avec beaucoup de naturel, ce qui est plutôt agréable. Tonie Marshall n'a pas la même détente et on est obligé de considérer l'intérêt historique de sa présence : c'est en effet elle qui avait créé le rôle il y a vingt-cinq ans. Finalement, de discussions qui pourraient être improvisées en petits développements, avec de ci de là quelques toutes petites répliques un tantinet bizarres, de cette bizarrerie à-la-Topor que certains étaient venus chercher, les cinq scénettes passent comme des sketches de télévision. De gentils sketches emballés dans des décors un peu trop somptueux. Pas mal, sans plus. On retiendra le sourire pétillant de Pierre Arditi. Et on applaudit aimablement. A la fin.

Batailles, de Jean-Michel Ribes et Roland Topor, mise en scène Jean-Michel Ribes.
Avec Pierre Arditi, François Berléand, Tonie Marshall
Au théâtre du Rond-Point jusqu'au 24 avril 2008
Illus © Brigitte Enguerrand


Ebauche d'un portrait (Lagarce, Berreur, Poitrenaux): "c'est ainsi que les gens parlent"

Posté par Lucie le 11.03.08 à 14:44 | tags : théâtre, lagarce

« Une idée idiote mais comme elle revient tout le temps, qu'elle réapparaît à chaque détour et qu'elle passe parfois dans les rêves, admettons.
L'idée toute simple – mais très très apaisante, très joyeuse, c'est ça que je veux dire, très joyeuse, oui – l'idée que je reviendrai.
» J.L. Lagarce

Ce spectacle, montage de textes extraits des carnets de l’auteur de théâtre Jean-Luc Lagarce, réalisé par François Berreur, succède à la mise en espace de l’année passée, bouclant la boucle de cette ébauche d’un portrait et marquant un épilogue intime à L’année Lagarce (www).
La boucle est d’autant plus bouclée que c’est dans l’enceinte même de Théâtre Ouvert, qui a salué les premières heures du dramaturge, que son fantôme nous revient gaiement, et « s’avance dans la lumière » aurait-il peut-être dit.


Laurent Poitrenaux, seul en scène, témoigne pourtant d’ « une solitude extrêmement peuplée » pour reprendre Deleuze . Et pour le meilleur… et pour le pire … Grand imitateur de son état, le comédien passe à la moulinette de sa sensibilité corrosive, inspirée par le personnage qu’était Jean-Luc Lagarce, toute une ribambelle de personnalités. Des intellos aux théâtreux, des illustres inconnus aux amants d’un soir : de Godard à Le Pillouer, de « la grosse fille laide » à Gary. Eh oui: « C'est ainsi que les gens parlent », dira-t-il à plusieurs reprises…
Véritable gymnaste multi-voix, Poitrenaux gère de gracieuses ruptures de tempo et réalise une véritable performance.

L’histoire se raconte, en lien avec la machine à écrire. Défilent sur le mur de façon chronologique les dates et les instants clés de l’existence du poète, s’additionnent à cela les dates de la mort des gens qu’il aimait, admirait ou respectait . Il y a alors "eux" et leurs noms pour évoquer leurs présences, il y a eux dans le regard de Lagarce, il y a Lagarce dans le regard de Poitrenaux, il y a Poitrenaux dans notre regard, et il y a nous, les vivants, et cette mise en abyme est étrange, comme le remarque l’acteur. C’est sur ce fil de mystère que se déclinent les confidences du poète, son rapport aux autres et ses considérations sur l’existence.
Berreur, ami de Lagarce, fait preuve d’une rigueur sans concession quant au traitement de l’émotion et se protège ainsi de la tristesse, du pathétisme, du solennel ou de la commémoration, de ce qu’aurait détesté Lagarce donc. On reste « au bord des larmes » et on rit (beaucoup). Bel hommage…

 

Illustr©Jean Julien Kraemer

 

Ebauche d'un portrait, montage de textes du Journal de Jean-Luc Lagarce, mis en scène par François Berreur, avec Laurent Poitrenaux, à Théâtre Ouvert (www) jusqu'au 5 avril, puis du 19 au 23 mai au théâtre du Point du Jour à Lyon (www).

Rencontre avec l'équipe artistique à l'issue de la représentation le mardi 25 mars, rencontre avec François Berreur le 21 mars à 18h à la Librairie de paris, 7/11 Place de Clichy, Paris 17ème.


Raimund Hoghe offre un hommage à la Callas

Posté par JdF le 10.03.08 à 16:32 | tags : théâtre, danse

C'est un spectacle déconcertant, comme l'est souvent la danse contemporaine.
Dans 36, avenue Georges Mandel, Raimund Hoghe ne danse pas, c'est vrai. Mais sa présence, ainsi que l'environnement sonore et visuel dans lequel il plonge le spectateur suffit pour donner une grande intensité au moment qu'il nous fait traverser avec lui.

Lorsque le spectacle commence, quelques vêtements et objets sont disposés sur la scène. Un homme vient les entourer de peinture noire. Dans le fond, un masse recouverte d'une couverture qui se meut peu à peu. C'est Raimund Hoghe, dont la silouette petite, carrée, déformée par la scoliose se met débout et, au son des grands airs de Maria Callas, prend possession de l'espace et des objets qui le parsèment. Chaussures à talon et autres pièces d'habillement lui permettent de représenter un corps un peu hybride : le sien et un autre, celui fantasmée de la chanteuse.

 

36, avenue Georges Mandel de Raimund Hoghe, au théâtre de la Bastille (www), jusqu'au 14 mars. Réservez vos places avec Flu pour les prochains spectacles de Raimund Hoghe.

llustr©Rosa Frank

 


Rituels et travestis à Branly !

Posté par Floriane le 10.03.08 à 15:26 | tags : international, ici et là
Quand diable le musée du Quai Branly (www) cessera-t-il de produire des supports de communication hideux et racoleurs pour annoncer les spectacles présentés au Théâtre Claude Lévi-Strauss ?
Une fois de plus, l’affiche du cycle « Le corps miroir du féminin » ne fait pas honneur au programme exceptionnel concocté par la direction artistique. Et c’est dommage.

Le dernier cycle proposé, durant les fêtes, avait fait naître la polémique, soulevée en son temps par l’organisation de certaines soirées, à la Maison des Cultures du monde. A quoi peut bien rimer de présenter, sur une scène parisienne, un rituel venu d’ailleurs ?
On comprend mal cette vision étroite qui revient à nier la véritable valeur esthétique que revêtent la plupart des cérémonies et rituels. Même les messes chrétiennes ont une certaine valeur spectaculaire ; mais si le curé demande à ses fidèles d’ « y croire », les simples spectateurs, mécréants, ne sont pas pour autant privés de la magnificence des costumes, des éclairages, des chants et de la musique qui font les bons spectacles. Assister à un rituel au musée Branly revient à en apprécier la valeur artistique ; tout comme regarder dans les vitrines les objets, profanes ou sacrés, exposés. Où est le mal ?

Bref, du 13 au 23 mars, le cycle intitulé « Le corps miroir du féminin » offrira l’occasion d’une plongée dans la culture birmane, des médiums Nat-kadaw aux danses de cour, en passant par les marionnettes et la musique. Ce panorama birman sera complété, pour rester dans la thématique, par un défilé de vêtements ethniques de Touva accompagné de chants diphoniques, et par un spectacle de danse-théâtre de Taiwan intitulé « City Number ».
Bouder son plaisir et rater une occasion unique de découverte pour quelques critiques d’esprits chagrins et une affiche impossible n’est pas digne du public parisien, ouvert, curieux et respectueux de ce qu’on lui propose. On peut souhaiter, en tout cas, qu’il en soit ainsi.

Dynamite théâtrale - le Groupe TOC à Paris

Posté par Catherine le 09.03.08 à 13:04 | tags : théâtre

Groupe TOCParisiens, réjouissez-vous! Vous étiez passé à côté de cette petite perle à Avignon l'été dernier ? Vous n'aviez pas pu non plus la voir à Bruxelles ? Tout n'est pas perdu : le Groupe TOC est actuellement en tournée et vous avez trois soirs, trois soirs seulement pour goûter à leur Moi, Michèle Mercier, 52 ans, morte, acte théâtral totalement dynamité. Exit l'histoire, exit la recherche de sens, avec ce collectif d'artistes belges, tout est dans le geste. D'une fraîcheur absolue.



Moi, Michèle Mercier, 52 ans, morte création du Groupe TOC
Les 19, 20 et 21 mars 2008 au Centre Wallonie Bruxelles à Paris
Réservations : 01 53 01 96 96


Cannibales (Ronan Chéneau, David Bobée) : Pas iDéal, iKéal…

Posté par Lucie le 07.03.08 à 17:41 | tags : cirque, théâtre


Le metteur en scène David Bobée et son acolyte le dramaturge Ronan Chéneau présentent la dernière partie de leur triptyque Cannibales qui succède à Res/persona et Fées.


Il y eut un temps où les romantiques souffraient de ne pas comprendre le mouvement du monde. Il semble que la compagnie Rictus s’attache à montrer un monde que l’on ne comprend que trop bien. Transparent, lisible, fluide - flexible, banquable, fashionable. Et qui fait d’autant plus mal.


Comme cette chaise translucide au milieu de la scène qui ne bougera pas; comme ces bouteilles en plastique vertes ou bleues de shampoings, eau minérale, liquides ménagers névrotiquement alignées sur des étagères. Il ne dérange pas ce monde, il est discret, mais il angoisse…
Il s’agit alors de partir à la quête d’une émotion. Trouver un interstice dans cet univers aseptisé pour éprouver quelque chose. Cannibales, c’est l’histoire de deux amoureux qui décident de s’immoler par le feu afin d’atteindre à une sensation. L’histoire d’un couple qui découvre que leur appart est plus ikéal qu’idéal…:
« Non mon amour,
non nous ne changerons pas le monde,
ensemble,
mon amour,
sur le canapé deux places de chez Habitat »


Ironie douce amère, cynisme pas totalement désespéré, auto-dérision, confidences rigolottes, vraies colères contenues et beaucoup de paroles d’amour s’expriment sur la scène et créent un tout fragmenté, rythmé et cohérent. Bobée explore des formes hybrides, à la lisère de la performance. Il entrechoque des esthétiques : des écrans et des sons, des voix et des caméras, de la danse et des lumières, du cirque et des mots. Parfois la friction fait évènement et s’ouvre sur un chemin de significations sensibles, parfois moins - on regrette les instants où le discours, sur le ton de l’auto-fiction se perd dans des lieux communs politiques, il rejoint alors cette culture de la transparence et de la simplification.

On apprécie à l’inverse les moments (nombreux) où la poésie s’extrait de ces assemblages. Lorsqu’on voit sur l’écran les rues d’une mégalopole américaine qui défilent à toute allure, et qu’on entend un texte (proche de la poésie sonore) sur les soirées glamour de Cannes qui dérivent sur les backrooms obscènes de cannes. L’investissement physique du comédien rivalise avec la dose d’énervement que contient le discours et la furie de la vidéo et crée un cocktail détonnant.
Même émotion lorsqu’on voit partir du corps d’un comédien une obsession pour la propreté « ramasse ces miettes » qui devient une danse violentée et des mouvements abruptes.
Ou ce personnage de Spiderman, remarquable incarnation des fantasmes d’un des personnages (qui nous renvoient au nôtre) : beauté, dextérité, infaillibilité de l’être aimé et figures clichées (rire dans la salle) comprises.


La compagnie offre un regard réflexif fait d’autodérision et de pathétisme sur les fantasmes, les craintes et les espoirs d’une génération. Elle ne fait qu’effleurer le tragique si elle prétendait le saisir. Le metteur en scène aborde dans sa note d’intention le thème de la névrose, de la phobie et autres maladies narcissiques, mais il ne semble pas que le spectacle y réponde.
Cela dit la tonalité légère et douce de Cannibales fait du bien au moral et à nos ikdéaux.

Illustr©Sophie Colleu

Cannibales de Ronan Chéneau, mise en scène David Bobée, au Théâtre de la Cité Internationale (www) du 6 mars au 5 avril 2008.


« Danse en mars »: tarif "découverte" au Théâtre de la Ville

Posté par Lucie le 05.03.08 à 15:59 | tags : danse, théâtre de la ville


En mars, le Théâtre de la Ville propose un tarif à 8 euros pour quatre spectacles: Mon amour de Christian Rizzo, Loin de Rachid Ouramdane, Holeunone de Karine Ponties et Text to speech de Gilles Jobin.

 

Christian Rizzo a un parcours atypique. Issu d’une formation en art plastique, il est devenu styliste et à créé une marque de vêtement. Il fut également musicien dans un groupe de rock avant d'arriver petit à petit à la performance, au théâtre, et… à la danse.
Ce chemin biscornu que notre société du « toujours tout droit sinon ça fait peur » qualifierait au mieux d'"étonnant" au pire d’ « incohérent » fait la force du chorégraphe. Celui-ci propose des chorégraphies singulières, très plastiques, où la musique obtient une place importante. Le chant du charismatique Mark Tompkins (chorégraphe de son état), accompagnera sa dernière création sobrement nommé « Mon amour ». A découvrir donc...

 

Egalement au "tarif":

 

-Le solo du chorégraphe Rachid Ouramdane Loin s’organisera autour du thème du déplacement, du voyage, de l’exil et des sensations de morcellement dont ces mouvements imprègnent le corps.

 

-Karine Ponties a construit sa dernière chorégraphie Holeulone autour d’un livre de science fiction de Daniel Keyes Des Fleurs pour Algernon. L’histoire d’un jeune homme manipulé par deux savants et qui devient alors une énigme pour lui-même.

 

-Text to speech est un logiciel de son, et c’est aussi le titre de la dernière création du chorégraphe suisse Gilles Jobin. Des bruits (texte historique, ou d’actualité, voix, musique, vibrations sonores) seront en effet remixés en direct par les interprètes (dont Jobin lui-même) afin de composer un spectacle entre composition chorégraphique et sonore.

 


Bali à Pleyel

Posté par Floriane le 04.03.08 à 10:29 | tags : danse, international

Une affiche accrocheuse, un titre alléchant : Bali années vingt avait de quoi remplir Pleyel pour deux soirs. On s’étonne toujours de voir comment certains mélomanes sont prêts à sauter d’un genre à l’autre : du classique au contemporain savant, avec un crochet par les musiques du monde.
Public enthousiaste, donc, pour ces retrouvailles orchestrées avec cette troupe de Sebatu, connue mondialement.


Le programme, composé de façon linéaire, rend hommage aux grandes figures de la composition et de la chorégraphie balinaises. Moins acrobatiques que certaines danses indiennes, les évolutions font la part belle aux mouvements de bras, en position quasi statique ou parfois carrément assise.
Antonin Artaud, lorsqu’il découvrit cet art, en fut profondément marqué. On sait sans doute moins qu’il en alla de même pour Benjamin Britten …


Le plus étonnant, dans ce concert, relève sans doute de l’incroyable richesse de sons et d’harmonies du gamelan. Loin de la répétitivité rythmique et des sons plutôt généralement métalliques que l’on connaît, l’orchestre de Sebatu offre une palette de couleurs inouïe, au fil des compositions traditionnelles revisitées ou d’autres, tout à fait contemporaines, d’une incroyable richesse.

Les 7 et 8 avril prochains, le Ballet Royal du Cambodge se produira dans la même salle (www).
Un autre voyage extrême-oriental à ne pas rater.

 

Illustr, salle pleyel©Pierre-Emmanuel Rastouin




  Discussions en cours sur le forum théâtre :
Rechercher
Dans la boite
Ajouter à Netvibes Ajouter à Mon Yahoo! Ajouter à mon Google Ajouter ce blog à mes favoris Technorati! Abonnement Bloglines