Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.

Archives > Mai 2008

Quand les clowns font du théâtre / Les clowns de François Cervantes

Posté par Catherine le 31.05.08 à 14:54 | tags : théâtre

Les clownsArletti et Zig rendent visite à Boudu. Boudu est méchant. Les visiteurs bousculent ses habitudes. Plus tard, ce sont Boudu et Arletti qui s'invitent dans le rêve de Zig. Deux petites scènes en guise de présentation pour trois clowns qui mènent habituellement leur chemin séparément. François Cervantes a réuni aux côtés de Catherine Germain (Arletti), Bonaventure Gacon (Boudu) et Dominique Chevallier (Zig), pour un moment sobrement intitulé Les clowns.
Le spectacle commence donc avec deux premiers sketches qui font fonction de mise en bouche : les spectateurs découvrent (ou redécouvrent) chacun des clowns, en même temps que les trois clowns se rencontrent et commencent à former un groupe. Une fois la connivence établie, les voici prêts à interpréter rien de moins que... le roi Lear. Et c'est parti pour le gros du spectacle, avec un château, deux chevaux, une baraque dans la lande et deux filles du roi. La distribution des rôles est a priori surprenante mais finalement parfaitement évidente. Des clowns en train de jouer à faire du théâtre, cela donne une distance troublante et une sincérité décuplée. Un puissant instant de théâtre.

Les clowns, écriture et mise en scène François Cervantes, compagnie l'Entreprise
Vu au théâtre de Sartrouville
Illus © Christophe Raynaud de Lage

 




Embedded - engagez-vous, qu'ils disaient

Posté par Catherine le 28.05.08 à 17:45 | tags : théâtre
Embedded

Etats-Unis, début des années 2000. Des soldats disent au-revoir à leur famille. Ils partent pour Gomorrhe, autrement dit, l'Irak. Une façon comme une autre de gagner leur pain. A leurs côtés, des équipiers d'une catégorie particulière : les journalistes "embedded", embarqués, acceptés parmi les troupes américaines, mais condamnés à se faire la voix de l'Administration Bush. Et puis, bien à l'abri en Amérique, il y a le Bureau des Plans Spéciaux, ce groupe de conseillers cyniques qui tirent les ficelles de loin. Tim Robbins a écrit Embedded en 2003, en réaction à chaud à l'invasion de l'Irak par les troupes américaines et à ce qu'il estime être de la mésinformation de la part des médias de son pays. Georges Bigot propose aujourd'hui une production de la pièce en français, avec la troupe du Petit Théâtre de Pain. L'évocation de la guerre et du quotidien des soldats est dépeinte avec une émotion et un réalisme très américains. L'embrigadement des journalistes est traité un peu plus durement, avec des échappées vers la caricature aussi comiques qu'efficaces dans leur capacité à expliquer et à dénoncer la question. Quant aux conseillers du Bureau des Plans Spéciaux, affublés de noms ridicules comme Gondola (Condolezza Rice), Rum Rum (Donald Rumsfeld) ou encore Wolfie (Paul Wolfowitz), ils sont représentés comme de véritables pantins grotesques. Leurs attitudes et leurs échanges feraient franchement rire si toute ressemblance avec des faits existants ou ayant existé pouvait être totalement exclue...

Embedded de Tim Robbins, par Le Petit Théâtre de Pain, mise en scène Georges Bigot
Jusqu'au 7 juin au Théâtre du Soleil
Illus © Jean-Pierre Estournet

Pourquoi cette pièce, pourquoi le théâtre plutôt que le cinéma, pourquoi jouer Embedded en France ? Retrouvez l'entretien avec Tim Robbins et Georges Bigot : www







Si j'étais une fille... ça décoiffe chez les frères Pablof

Posté par Catherine le 27.05.08 à 09:19 | tags : marionnettes

Si j'étais une filleAvec les scènes ouvertes à l'insolite, le théâtre de la marionnette donne leur chance à de toutes jeunes compagnies et c'est bien pour ça qu'on y croise le pire (pas souvent) comme le meilleur. Le meilleur, cette année, se trouvait sans aucun doute du côté des Frères Pablof. Deux drôles de compères déclarent avoir passé trois mois dans un salon de coiffure pour hommes, autour d'une question : "et si j'étais une fille ?". Le résultat de leurs recherches prend la forme inédite d'un "docurama en théâtre d'objets". 
Dans la lumière rassurante d'un néon où clignotent en gros les lettres HOMMES, escarpins blancs, petites poupées anglaises, la robe de maman, un sac à main, un château de cartes, une vierge de Lourdes et bien d'autres objets encore, accompagnent de vrais témoignages de messieurs. Drôles et émouvantes, ces tentatives de pénétrer les mystères de la gente féminine sont relaxantes comme un massage du cuir chevelu. Un vrai baume revitalisant, un vrai bonheur.

Si j'étais une fille, docurama en théâtre d'objets par Les Frères Pablof
Dans le cadre des scènes ouvertes à l'insolite au Théâtre de la Cité Internationale
avec : Raoul Pourcelle et Stéphane Rouxel
Textes : Raoul Pourcelle , musique : Stéphane Rouxel, mise en scène : les Frères Pablof
Illus ©Jean Henry




La Villette nous met 100 Dessus Dessous

Posté par Lucie le 26.05.08 à 17:54 | tags : danse, parc de la villette, paris villette, performance, théâtre

Gagner des places avec Fluctuat pour le festival 100 Dessus Dessous.

L'affiche du festival 100 Dessus Dessous est pleines de promesses...rondes, jaunes et...décidées?

Ce festival, et sa programmation de formes expérimentales, se fait l'ambassadeur de visions singulières de notre monde contemporain. Des formes hybrides, qui rassemblent danse, performances, installations, théâtre, improvisations, vidéos, sont convoquées pour porter un regard sur la société d'aujourd'hui mais surtout, cf l'affiche, le décaler un tantinet dans une déconstruction sans pitié.

« A l'instant où j'étais Superman, c'était entre le bureau et mon lit. Imbattable. Une fraction de seconde pour faire le tour de la terre, vaincre le mal avant de m'écraser sur mon lit. » Massimo Furlan a choisi le registre de l'autobiographie, il interroge par l'intermédiaire de Superman les fossés qui séparent nos modèles de la réalité.
Les trois danseurs de Luis Biasotto, eux, se verront malmener par un metteur en scène en voix off. Le chorégraphe entend bien critiquer avec insolence les grandes instances de la danse classique et contemporaine et leurs vocabulaires codifiés un rien autarciques.
Christophe Fiat qui a déjà collaboré avec Massimo Furlan, présentera un melting pot d'emboîtements inattendus. « Ça commence par des vacances en Franche-Comté et ça finit par un combat entre femmes à Paris. Entre temps, il y a une étape à Genève, en hélicoptère qui va révéler la vraie nature des loups garou. » Des personnages romanesques s'articulent à des personnages historiques sur fond de crise nucléaire, starsystem, terrorisme etc.
Le collectif italien Kinkaleri a choisi Steve McQueen comme personnage principal et support des fantasmes d'une époque.

Un autre collectif, franco-autrichien quant à lui, Superamas (programmé au festival d'Avignon cette année) présente Big empire (arts&politics) dans lequel il revisite des instants historiques - bataille napoléonienne, soirée chez l'ambassadeur ou 1er janvier à minuit - en les passant au crible de dispositifs médiatiques (son, video, danse) avec une énergie loufoque et corrosive.
Seront également présents Miet Warlop, Allio-Weber, Martin Bélanger, Christina Blanco, Cuqui Jerez, Mario Jerez, Amaia Urra.

Parce que nous avons tous en nous quelque chose à mettre 100 Dessus Dessous...

Festival 100 Dessus Dessous au Parc de La Villette (www) du 10 au 20 juin 2008. Voir le programme du festival.
Rencontre avec Christophe Fiat le jeudi 29 mai autour de l'anti-héros dans notre époque.




100%Finlande à la Villette: cirque singulier

Posté par Lucie le 24.05.08 à 13:45 | tags : cirque, paris villette


La Grande Halle de la Villette propose des spectacles de nouveau cirque dans le cadre du festival 100% Finlande. La compagnie internationale "cirque Aero" occupe une place de choix - bien méritée - au sein de la programmation.

Fur rassemble du mât chinois, de la jonglerie et de l'équilibrisme pour un spectacle pas tout à fait « 100% Finlande » puisque les cinq artistes sont finnois, ukrainiens, japonnais et suédois.
Témoignage de la vitalité de la création circassienne, Fur est rempli de trouvailles gestuelles, d'assemblages incongrus de mouvements. Chaque discipline est investie de façon singulière, les artistes tentent véritablement d'imposer leur univers original, en retenu, un rien sombre et murmurée. Centré autour de la relation à l'autre, une cage centrale apparente les hommes à de drôles d'animaux qui tantôt se battent, tantôt s'amourachent. Le temps d'un tableau, un travail fin sur le son oppose un homme en équilibre sur une main et le bruit métallique du sol, amplifié par une bande son. Fur fait partie des spectacles qui rendent compte de la force poétique et du dynamisme du nouveau cirque.
On regrette peut-être une bande son un tantinet orientée vers les années 1990 qui entrave parfois la force des images. Mais elle n'empêche pas de faire beau voyage.

 

(illustr ©Heli Sorjonen)


Fur, de Maksim Komaro/ Cirque Aero, jusqu'au 25 mai, Grande halle de la Villette- NEF Nord (www).

Certains spectacles de la programmation cirque de 100 % Finlande se poursuivent en Juin à Nexon, Nantes ou Chalons en Champagne: Regarder le programme complet (www).




Scènes ouvertes à l'insolite - parcours G

Posté par Catherine le 24.05.08 à 12:39 | tags : marionnettes

La ZoétieLe festivalier des Scènes Ouvertes à l'Insolite est invité à se ballader à travers les différentes salles du théâtre de la cité internationale, en suivant un parcours de trois spectacles entrecoupés de quelques minutes de battement, le temps se détendre au bar du théâtre. Prenons le parcours G, dimanche dernier.
17h30, premier spectacle : la Zoétie. Il faut d'abord monter des escaliers en colimaçon, traverser un petit couloir, passer une porte, se retrouver dans la pénombre, distinguer un siège et s'y asseoir. Une petite loupiote éclaire un lit, un bon vieux lit à l'ancienne. La salle est petite, le groupe des spectateurs n'est pas bien grand non plus. Quand tout le monde est bien assis et a plongé dans le silence qu'impose le décor, une jeune fille aux cheveux longs et en robe blanche se détache des édredons et commence à raconter ses rêves et les mondes parallèles qu'elle a découverts. Son explication est un peu longue. Et puis où sont les marionnettes ? Soudain, la jeune fille nous invite à passer avec elle de l'autre côté de la porte de son armoire. Le groupe obtempère, et nous voici dans un grenier rempli de bric-à-brac. Certains spectateurs doivent être dans le secret car, au lieu de simplement regarder, ils se mettent à chercher, à ouvrir, à toucher. Et il faut effectivement fouiller pour découvrir d'étranges automates, fabriqués avec les squelettes de petits mammifères. C'est d'ailleurs là finalement tout l'intérêt de l'opération : admirer ces créations fascinantes d'Alain Terlutte.

Après une bière, le parcours se poursuit. Cette fois-ci, dans une grande salle, sur de vrais fauteuils. La compagnie Anima Théâtre propose Mr. H., d'après le roman Dr Jekyll et Mr Hyde de Stevenson. De belles trouvailles visuelles, de bons moments de jeu, pour un spectacle un peu fouillis, qu'on sent encore très vert, mais c'est bien là le principe de ce festival qui propose principalement les spectacles en devenir de toutes jeunes compagnies. Il est presque 20 heures, l'heure d'une petite soupe au bar, avant d'enchaîner avec Mordicus.

Mordicus

Mordicus : deux filles disent des textes d'un certain Paul Emond et manipulent cailloux, osselets, petits trucs... La brochure nous apprend que chaque texte a été monté par un metteur en scène différent : Guillaume Lecamus, Bénédicte Holvoote, Claire Vialon, Emilie Flacher, Roland Shön, Claire Dancoisne, Christian Carrignon, Martial Anton. Malgré l'ambition affichée - faire de Mordicus une figure universelle qui traverse les âges - l'exercice reste assez linéaire et abstrait. Et il commence à se faire tard.
21h30, le parcours est fini. Pas de découverte majeure ce soir. Mais le festival recèle certainement encore quelques trésors. A suivre.


La Zoétie, théâtre d'objets, Compagnie Cendres la rouge
Mr H., marionnettes et objets, Anima Théâtre
Les aventures de mordicus,  Théâtre de mains et d'objets, cie Les estropiés
Dans le cadre des Scènes Ouvertes à l'Insolite à la Cité Internationale




Scènes ouvertes à l'insolite - Romeo und Julia : schmeckt gut

Posté par Catherine le 22.05.08 à 17:47 | tags : marionnettes

Romeo und Julia

De Romeo und Julia, spectacle de la compagnie allemande Kaufmann & Co, de nombreuses images resteront longtemps dans les mémoires : le long piment rouge pour représenter Roméo empli d'amour, la guerre des condiments et surtout, la valse des cornichons dans un bocal pour illustrer le bal des Capulet. Mais plus marquante encore est ... l'odeur. Deux cuisinières sont missionnées pour préparer un grand banquet de réconciliation entre les Montaigue et les Capulet. De la nourriture étalée, triturée, torturée, se dégage un léger parfum de légumes frais qui donne une dimension tout à fait originale à cette évocation gourmande de l'histoire des amants de Vérone.

Romeo

 

 

Romeo und Julia, théâtre d'objets et légumes
De et par Alexandra et Eva Kaufmann, Cie Kaufmann & Co
Dans le cadre des Scènes Ouvertes à l'Insolite, au théâtre de la Cité Internationale




Littérature et/ou révolution ?

Posté par JdF le 22.05.08 à 16:29

C'est le sujet du débat auquel participeront Jean Jourdheuil, metteur en scène, traducteur de Brecht et de Heiner Müller, Jean Rouaud, Prix Goncourt 1990 avec Les Champs d'honneur (Ed. de Minuit) et qui vient de publier La Fiancée Juive (Gallimard), Antoine de Gaudemar, ancien responsable de la Gauche Prolétarienne et ancien directeur de la rédaction de Libération et Isy Morgensztern, auteur-réalisateur du film documentaire Benny Lévy, la Révolution Impossible, Arte. 2008.

 

Le débat portera sur l'action de ces jeunes intellectuels qui, dans le sillage des évévnements de mai 68, cessent de lire pour aller sur le terrain, travailler en usine, s’affronter aux réalités dites “concrètes” selon les directives de la Grande Révolution Prolétarienne chinoise : "Jetons les livres et sortons dans les rues". Quelle a été le résultat de ce choix, quel enseignement peut-on en tirer pour aujourd'hui, tels seront les enjeux de cette discussion qui aura lieu le samedi 31 mai à 18h.

Théâtre de la Bastille 76, rue de la Roquette 75011 Paris – 01 43 57 42 14 (www)

Pour en savoir plus sur mai 68, les événements, les figures qui ont marqué la période et son héritage : voir le sujet sur blog politique de flu. 







Scènes ouvertes à l'insolite - superbe Carmelle

Posté par Catherine le 21.05.08 à 20:53 | tags : marionnettes

Carmelle

Les scènes ouvertes à l'insolite se poursuivent, avec une programmation axée cette année sur l'étrange et la monstruosité. Un seul spectacle nous revient de la dernière édition : Jeanne Videau est à nouveau au rendez-vous pour nous présenter sa Carmelle ou la déraison d'être. La revoir, deux ans plus tard, est un véritable ravissement. Encore plus vive, encore plus précise, encore plus surprenante, elle sait créer une véritable intimité avec les spectateurs et les bousculer autant que les émerveiller. Le texte est sublime, la mise en scène est parfaitement rythmée, efficace et pleine d'invention. Bref, un régal. Une équipe à suivre absolument.

FidelCette année, le spectacle Carmelle est complété de deux autres petits spectacles sur le même thème, celui de la solitude : Fidel ou la nécessité du divertissement et Ixelle ou la répudiation des continences. Marie-Charlotte Thiais interprète Fidel, clown obèse qui se présente comme "artiste de la souffrance". Un peu trop étiré en longueur, ce spectacle laisse toutefois deviner combien il pourra se bonifier en mûrissant. En revanche, le troisième volet du triptyque, proposé par Balthazar Voronkoff, fait un peu retomber le soufflé. Une belle marionnette, mais un texte beaucoup moins percutant que les deux précédents et une interprétation encore très approximative.

Triptyque Carmelle etc...
Compagnie Co-incidence France, théâtre, marionnette et objets
Textes : Carmelle: Vincent Macaigne, Fidel : Léo Pajon, Ixelle : Balthazar Voronkoff
Mise en scène commune

Les Scènes Ouvertes à l'Insolite se poursuivent jusqu'à dimanche 25 mai. Consultez le programme : www




La BnF exposent ses acteurs en scène

Posté par Lucie le 21.05.08 à 16:05 | tags : théâtre
Pour la première fois, la BnF extrait de son fond deux cent cinquante photographies de théâtre.
Des portraits peints du XIXème siècle aux instantanés d'émotions capturés sur le vif de la deuxième partie du XX ème, l'exposition retrace une évolution des techniques et des prises de vue et révèle une relation de plus en plus fusionnelle des photographes et des compagnies. De collaborations prolongées naissent des clichés qui retracent l'aventure théâtrale du côté de la scène mais aussi du coté des coulisses et des répétitions, captations qui peuvent alors prétendre « à découvrir l'intention profonde de la création » (Roland Barthes):
Reutlinger et Sarah Bernhardt, Agnes Varda et le TNP, Roger Pic et Roger Blin, Martine Franck et le Théâtre du Soleil ou Claude Bricage et Antoine Vitez.
La crise de la presse écrite et l'évolution des conditions économiques empêchent les photographes d'aujourd'hui de ne se consacrer qu'à la photographie de scène, ce qui n'empêchent pas certains de livrer de beaux clichés des spectacles d'Olivier Py, Macha Makaieff, Valère Novarina, Omar Porras et bien d'autres.

(illustr1 Fin de partie de Samuel Beckett, mis en scène par Roger Blin,1957©Roger Pic; illustr2 La cour des Grands, pièce de Jérôme Deschamp et Macha Makeieff, 2001)

Acteurs en scène, regards de photographes, BnF site Richelieu (www), du 21 mai au 24 août.

L'exposition fait l'objet d'une publication, Acteurs en scène, Regards de photographes sous la direction de Noëlle Guibert et Joëlle Garcia, aux éditions de la BnF.





David Lescot à la Maison de la poésie

Posté par JdF le 17.05.08 à 20:24

David Lescot, auteur, metteur en scène et musicien, propose une forme extrèmement légère (on est à la Maison de la Poésie, pas au Grand Magic Circus, ne l'oublions pas), un dispositif d'une sobriété absolue : David Lescot est vêtu comme il est vraisemblablement arrivé au théâtre, en jean et t-shirt, est assis sur un tabouret et tient une guitare électrique à la main. S'il avance le pied, il peut atteindre les spectateurs du premier rang.

De quoi parle-t-il ? De la commission centrale de l'enfance, une association créée par les Juifs Communistes français après la Seconde Guerre mondiale, qui gérait des colonies de vacances, à l’origine pour les enfants des disparus, mais qui existèrent jusqu’à la fin des années 80. David Lescot y a passé ses vacances, a appris à chanter des chants communistes (tendance stalinienne), a suivi ses camarades dans la tente des filles, a réalisé des spectacles de fin d'été... Il raconte tout cela en s'accompagnant de sa guitare et convoque chaque soir un ancien de la CCE à venir daloguer avec lui, dans cette pettie salle voûté du Passage Molière.

C'est comme il dit, tout un pan un peu ignoré de l'histoire de la communauté juive d'après-guerre qui s'est joué à la CCE. Et cela vaut la peine d'être raconté. De ce récit-là, le spectacle de David Lescot offre une mise en bouche. On en sort en espérant trouver l'occasion d'en apprendre plus encore...

La Commission centrale de l'enfance de et par David Lescot

Jusqu'au 15 juin à la Maison de la Poésie (www)




Médée à Nanterre - bien terne

Posté par Catherine le 16.05.08 à 09:32 | tags : nanterre-amandiers, théâtre
Medee et Jason

Parmi l'équipe qui a participé à la création de Médée de Sénèque mise en scène par Zakariya Gouram, un intervenant, Julien Cottereau, a apporté un travail sur le clown. C'est peut-être cet information-ci qui laissait espérer beaucoup plus d'audace dans la pièce présentée actuellement à Nanterre. Malheureusement, la Médée que propose la comédienne Marie Payen pousse jusqu'à l'extrême les conseils que lui dispense la nourrice à la deuxième scène : "cache ta douleur, il faut savoir encaisser les coups les plus rudes, sans un mot rester impassible". Alors, d'un calme parfaitement extraordinaire, Médée s'entretient de façon tout à fait naturelle et quotidienne aussi bien avec Créon qu'avec son mari. Difficile d'imaginer que cette jolie femme plutôt sympathique et polie a déjà commis tant de crimes. Difficile de croire qu'elle est en train de tuer ses propres enfants. Ces actes-là sont d'une dimension surhumaine quand le ton des paroles échangées sur le plateau frôle le trivial. Parmi les onze scènes qui composent la pièce de Sénèque, deux ressortent de façon admirable: le très beau premier échange entre Médée et Jason, véritable scène d'amour à teneur érotique, et la scène de sorcellerie de Médée, traitée avec beaucoup d'humour. Pourquoi pas. Cela fonctionne et donne l'occasion à Médée d'offrir un visage un peu plus fou. Pour le reste, les échanges sont ternes à force de vouloir rester improvisés. Il s'en faut de peu que le texte de Sénèque perde complètement sa force face à un tel traitement. Extrêmement décevant.

Médée, de Sénèque, texte français Florence Dupont, mise en scène Zakariya Gouram
Au théâtre Nanterre-Amandiers jusqu'au 8 juin
Illus © Pascal Gély




Scènes ouvertes à l'insolite, 7ème édition - c'est parti !

Posté par Catherine le 15.05.08 à 18:10 | tags : cité internationale, marionnettes
Anne Bothuon

C'est parti dès ce soir et jusqu'au 25 mai: le théâtre de la Cité Internationale se met à l'heure de la marionnette avec les Scènes Ouvertes à l'Insolite. Petit-frère de la Biennale Internationale des Arts de la Marionnette, ce festival accueille pour sa 7ème édition une jolie brochette de jeunes compagnies européennes. Au programme, quinze spectacles, un confessionnal interactif et deux expositions.
Côté expos, Magali Battaglia nous fait découvrir la diversité des formes de la marionnette au Chili avec son exposition Marionnetitere, et Anne Bothuon installe ses impressionnantes statues molles au bar du théâtre (illustration). Côté confessionnal, la compagnie Le Repos du pied gauche nous invite en première semaine à raconter un souvenir personnel face à une caméra et promet de projeter les souvenirs enregistrés en deuxième semaine. Côté spectacles, le choix est difficile. Les compagnies sont encore inconnues et toutes les propositions sont alléchantes ! Le programme (www) laisse deviner des tas de nouveaux mondes fabuleux qu'il faudrait pouvoir tous découvrir ! Ne reste donc qu'à se laisser aller au gré des parcours proposés. Et à profiter de la douceur des jardins de la cité internationale entre deux spectacles...

Scènes ouvertes à l'insolite, du 15 au 25 mai 2008, au théâtre de la cité internationale
Un événement proposé par le Théâtre de la marionnette




Roméo et Juliette - sombre et efficace

Posté par Lucie le 13.05.08 à 23:22 | tags : tempête / cartoucherie, théâtre



Au théâtre de la Tempête, Pauline Bureau et son équipe porteuse d’une belle énergie défigurent le romantisme habituellement associé au drame de Roméo et Juliette. Dans un univers Orwellien - société épiée par un prince télévisuel - du trip hop compulsif côtoie l’innocence déchue des jeunes gens qui s’enfoncent sans chichi et sans pathétisme dans la mort.

Une scénographie très réussie situe le drame dans un univers d’impasses sombres, de bicoques sans charme et de sorties de boîte de nuit. Les deux parents, un rien beaufs, alcooliques, marquent la violence de celui qui ne veut plus comprendre, ni le monde, ni ce qui s’agite sous son propre toit. Des décisions tranchantes sonneront le glas sans même s’en rendre compte – et c’est là le tragique – de la destinée des deux amants.

Une nourrice travestie porte la folie des bouffons de Shakespeare, ceux-là qui dessinent bien précisément le monde dans une hystérique confusion des genres. Celle-ci ne sera pas non plus le salut de la jeune fille. Roméo quant à lui apparaît seul et tourmenté, son allier le frère Laurent, presque effacé, ne suffira pas à contrer la noirceur.

Un conte morbide au couleur de bitume, belle prise de risque, joli coup pour une première !

 

Roméo et Juliette mis en scène par Pauline Bureau au théâtre de la Tempête (www), jusqu'au 25 mai.




Des mots qui content au Grand Parquet

Posté par Lucie le 01.05.08 à 10:00 | tags : jeune public

Profitons de ce week end de 1er mai pour se rendre au Grand Parquet, chaleureux chapiteau de foire dans le 18ème arrondissement et découvrir des spectacles contés tout public. Entre autres, Sorties d’usine ! Récits du monde ouvrier, Temps de chien ou Ma mère l’Algérie.

Voir la programmation complète sur le site du Grand Parquet.

Festival Des mots qui content au Grand Parquet.






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