Archives > Juillet 2008La part du loup - le cirque à l'état pur
Dans le cadre du festival Paris Quartier d'été A l'Espace Chapiteaux de la Villette, jusqu'au 16 août Lire notre chronique dans le mag' Photo © Philippe Cibille Paris Quartier d'été : à la rencontre de Béjart, Pierre Henry ou Marcel PagnolPosté par Magali le 27.07.08 à 12:43
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Musique, théâtre, danse, poésie, cirque, cinéma, performance, lectures : tous les arts vivants sont à la fête à Paris dans le festival Paris Quartier d'été. Depuis bientôt 20 ans, divers lieux de la capitale sont investis chaque été par des danseurs, performeurs ou comédiens, pour faire partager au plus large public possible l'émotion du spectacle vivant.
Pour la danse, deux vétérans sont au programme : les chorégraphes Maurice Béjart et Trisha Brown sont les invités d'honneur de cette programmation éclectique, qui a également convié le jeune Boris Charmatz, ou encore la compagnie brésilienne Membros et le chorégraphe congolais Faustin Linyekoula. Les danseurs investissent non seulement la cour du Palais Royal, sur une scène aménagée non loin des colonnes de Buren, mais également le Centre Pompidou, parmi les œuvres du Musée national d'art moderne, le Jardin des Tuileries, la Bibliothèque nationale ou l'Ecole des Beaux-Arts.
Les villes de banlieue ne sont pas oubliées : improvisation circassienne de Jörg Müller ou Hommes penchés de Christophe Huysman à Saint-Denis, Nanterre ou Champigny-sur-Marne, théâtre nomade avec le Voyage en camion bulgare de Stefan Kaegi, ou reprise de la trilogie de Marcel Pagnol par la Comp.Marius à Pantin.
En ce qui concerne la musique, on retrouve du jazz, comme chaque année, aux Arènes de Montmartre, avec notamment Joachim Kühn, Eric Le Lann, Rocking Chair ou le Trio Sud (Sylvain Luc, André Ceccarelli, Jean-Marc Jaffet). A ne pas manquer, pour ceux qui seront à Paris début août : une visite chez le compositeur Pierre Henry, immense figure de la musique électroacoustique, est organisée, en sa présence, tous les après-midi, du 4 au 15 août — belle démonstration de la générosité d'un artiste immense.
Festival Paris Quartier d'été, du 14 juillet au 15 août 2008. Programme sur le site quartierdete.com. Le In au beau fixePosté par Nedjma le 25.07.08 à 18:50 | tags : festival d'avignon
Avignon comme si vous y étiez - la finPosté par Catherine le 25.07.08 à 13:15 | tags : festival d'avignon
![]() L'Ecole d'art, face publicPosté par Nedjma le 24.07.08 à 10:32 | tags : festival d'avignon
Comme l'an dernier, l'Ecole d'art d'Avignon joue les relais entre public et créateurs du festival In. Le matin on y assiste, sous un soleil de plomb, aux rencontres avec les différents créateurs du festival. Une nouvelle fois, on se régale aussi d'y lire les résultats d'ateliers d'écriture animés par les CEMEA: critiques pleines d'humour et lettres aux acteurs des spectacles. Dans un petit coin joliment aménagé et confortable on peut, assis ou couché, feuilleter les revues de presse dédiées aux spectacles programmés. Enfin, on parcourt les différentes expos installées au gré des salles. L'une dévoile des photos signées par Antoine Vitez -on le connait metteur en scène, moins photographe, lui le fils d'un photographe de quartier- et permet de pénétrer dans les coulisses de Don Juan, et de (re)découvrir Dominique Valadié, Ludmilla Mikaël ou Valérie Dréville, en 1988 dans "Le soulier de satin". L'autre nous conduit sur les traces du public de la cour d'honneur saisi, l'an dernier, par le photographe Frédéric Nauziciel. Elle s'intitule "Public/Faces" et trouve impeccablement sa place dans ce lieu. Face public. Ecole d'art, tous les jours, de 11h à 20h. Aujourd'hui, dialogue avec Joël Pommerat et l'équipe de "Je tremble" à 11h30. Wajdi Mouawad, seul(s) en scènePosté par Nedjma le 23.07.08 à 16:12 | tags : festival d'avignon
Wajdi Mouawad délaisse un temps les fresques flamboyantes dont il a le secret, de Littoral à Incendies, en passant par Forêts, pour une œuvre en solo. Mais, seul sur le plateau, l’auteur-metteur en scène québeco-libanais revisite pourtant les mêmes thèmes : l’identité, la mémoire, les racines. C’est déroutant, bouleversant et laisse présager le meilleur de l'édition 2009 du festival d'Avignon qui le verra succéder comme artiste associé à Valérie Dreville et Romeo Castellucci.
Lire la chronique de Seul(s) sur le mag. ![]()
"Seuls" de, avec et mis en scène par Wajdi Mouawad au Gymnase Aubanel jusqu'au 25 juillet. Illus : Christophe Raynaud de Lage.
Un Radeau qui laisse à quaiPosté par Nedjma le 23.07.08 à 10:54 | tags : festival d'avignon
Illus Christophe Raynaud de Lage. Festival d'Avignon. "Ricercar", au Festival In d'Avignon jusqu'au 25 juillet, puis au Théâtre de l'Odéon du 23 septembre au 19 octobre, au Théâtre national de Strasbourg du 2 au 21 février, à Espaces Pluriels de Pau, du 25 au 28 mars. Avignon comme si vous y étiez - la nuit, le calmePosté par Catherine le 23.07.08 à 03:06 | tags : festival d'avignon
![]() Hamlet bouffonPosté par Nedjma le 22.07.08 à 10:37 | tags : festival d'avignon
Musique rock à fond la caisse, images coups de poing, glissements burlesques, table de banquet recouverte de cubis de rouge et briques de lait… Le lever de rideau est magistral. Dommage que cette tragédie majeure sombre parfois dans une comédie à gros bouillons : un duel Laert/ Hamlet transformé en match de tennis, Gertrude qui entonne la chanson « Ma came » de Carla Bruni, des allers et venues limite dans le public, une adaptation du texte à l’humour facile… L’équilibriste Ostermeier, d’habitude d’une grande habileté, tire trop sur la corde potache plutôt que de rester sur le fil. Illus © Christophe Raynaud de Lage. Festival d'Avignon "Hamlet", Cour d'honneur du Palais des Papes puis à la Schaubühne de Berlin du 17 au 21 septembre et aux Gémeaux de Sceaux scène nationale, du 28 janvier au 8 février 2009.
Jean Vilar à la barrePosté par Nedjma le 21.07.08 à 11:52 | tags : festival d'avignon
Ironie du sort, c’est lui-même qui, d’une certaine façon initiait le débat avec une réflexion s’interrogeant sur le devenir des festivals et, au-delà, de la culture. « Il s’agit de savoir si les festivals ont fait leur temps, ce qu’ils ont désormais dans le ventre. Que représentent-ils aux yeux du public. Tourisme ? Passe-temps ? Esthétisme des petits loisirs ? Perception des taxes municipales ? Accroissement des recettes des commerçants ? Le théâtre n’est utile que s’il secoue ses manies collectives, lutte contre ses scléroses, dit comme le père Ubu : Merdre ». C’était dans la revue Janus. En 1964… « Vilar, Béjart, le bazar », exposition à la Maison Jean Vilar, jusqu’au 26 juillet. Avignon comme si vous y étiez - la nuit aussiPosté par Catherine le 21.07.08 à 01:09 | tags : festival d'avignon
![]() Calaferte à la fêtePosté par Nedjma le 20.07.08 à 11:36 | tags : festival d'avignon
Alain Timar, metteur en scène avignonnais a rajeuni de 2O ans. Au moins. L'homme, adepte de forts univers plastiques, nous avait habitués à une profondeur plutôt sombre, montant Samuel Beckett et Albert Cohen, Gao Xingjian et Valère Novarina . Cette fois il s'attèle à Louis Calaferte, pour un voyage en son pays, et, ce n'est pas une mince affaire, puise dans mille et un textes de l'auteur, qu'il tricote à sa façon. Plutôt habilement. "Un riche, trois pauvres" ; "Droit de cité", "Pièces intimistes" ou encore "Septentrion"... autant d'œuvres auxquelles il emprunte pour construire « Je veux qu'on me parle ». Le langage comme préoccupation centrale. La difficulté des petites gens à échanger, à dire. Cercle de gazon vert en guise de piste, loupiotes dessinant un toit de chapiteau, rideaux de velours rouge. Bienvenue dans le grand cirque de la vie. Deux hommes, une femmes, un peu bêtes, un peu méchants, médiocres attachants et losers magnifiques campent des duos et trios aux prises avec une existence tant absurde que terrible, une angoisse profonde sous les éclats de rire et une métaphysique débridée. A travers tous ces personnages, Calaferte dit son amour « des crapules, bandits, escrocs » et Timar livre une mise en scène au cordeau, derrière une apparente nonchalance. Jusqu'à la ritournelle finale, qui nous suivra longtemps, le trio d'acteurs bondissants jubile, et nous avec. Mention spéciale à Roland Pichaud, qui fait merveille, tour à tour en idiot truculent, employé harcelé, môme mélancolique, rouleur de mécaniques. Je veux qu'on me parle, festival Off, jusqu'au 1er août, Théâtre des Halles, 17h. Avignon comme si vous y étiez - parade toujoursPosté par Catherine le 20.07.08 à 09:49 | tags : festival d'avignon
Photos de la rue des Teinturiers à Avignon. En 3 : la compagnie du Mystère Bouffe en parade. Avignon comme si vous y étiez - plus de paradesPosté par Catherine le 19.07.08 à 11:42 | tags : festival d'avignon
Dee gauche à droite et de haut en bas : le bonheur au travail, Juliette ou la clef des songes, Tristan et Yseult, un spectacle parmi (tant) d'autres.
C'est du 36 mais ça chausse grand - Cendrillon tout simplementPosté par Catherine le 19.07.08 à 08:18 | tags : festival d'avignon
Ces deux-là font tous leurs efforts pour présenter le spectacle que le public est venu voir. Ils ont prévu de jouer Cendrillon au moyen de quelques chaussures et d'une cassette enregistrée. Enfin, sans la cassette puisque le poste ne fonctionne pas. Enfin, rien ne fonctionne vraiment comme prévu. Les spectateurs finiront par voir le spectacle, mais cela ne sera pas sans quelques oublis, retards, explosions et électrocutions... Jouer le ratage, rien de plus difficile. Mais Olivier Chancelier et Alain Merlet le font avec tant de douceur et de gentillesse qu'on les excuse même de s'excuser à la fin du spectacle. Un doux moment de théâtre sans prétention, pour les petits comme pour les grands.C'est du 36 mais ça chausse grand, à l'Espace Alya à 10h45 Jusqu'au 25 juillet - Avignon Festival Off Clowns en liberté - FolygamiePosté par Catherine le 18.07.08 à 19:15 | tags : festival d'avignon
Les Nouveaux-Nez ont été parmi les premiers à amener le clown vers le théâtre à la fin des années 80. Puis au début des années 2000, ils ont eu envie de retourner voir du côté du cirque ce que le clown pouvait y faire. C'est ainsi qu'ils ont tourné pendant quatre ans, sous chapiteau, le Cirque des Nouveaux Nez. Mais voilà, les Nouveaux Nez ont à nouveau envie de légèreté, de simplicité, et pour tout dire, de théâtre ! Alors ils ont créé deux spectacles qu'ils testent en ce moment au festival d'Avignon. Madame Framboise s'adonne pour la première fois au solo avec Alpha-bête, et c'est un vrai bonheur. Et puis Georges Pétard (Nicolas Bernard) propose un duo avec une nouvelle venue dans la troupe, Motoreta (Raquel Esteve Mora). Intitulé Folygamie, le spectacle fonctionne sur le principe de la conférence qui foire plus ou moins ou à peu près. Le duo hésite un peu sur le chemin à emprunter, se perd et tournicote, finit par soudoyer le public pour s'arracher ses faveurs, et se décide finalement pour le sentier du numéro musical, avec une embardée assez peu commune pour des clowns, du côté de la manipulation d'objets et de la vidéo. Au final, Folygamie est un moment encore un peu chaotique mais emprunt d'une savoureuse poésie. Un spectacle sans danger, à apprécier en famille.Folygamie, par la Compagnie des Nouveaux-nez, au Collège de la Salle à 20h45. Avignon festival Off Le Guillerm, c'est sûr, il est d'ailleurs...Posté par Nedjma le 18.07.08 à 18:28 | tags : festival d'avignon
Déjà présent à Avignon en 2004, il y revient cette année avec une nouvelle version de son spectacle « Secret » A la fois lointaine et proche. Jamais dans l'épate, plus dans l'épure, mais toujours dans un climat à nul autre pareil. Lumières, musiques, réglées au millimètre par une armada de techniciens aux costumes futuristes, pendant que le maître de la scène, le maître de la piste semble, lui, venu du moyen-âge. Secret, festival In, jusqu'au 26 juillet, Lycée Mistral, 22h. La pluie, l'enfer, le mondePosté par Nedjma le 18.07.08 à 15:27 | tags : festival d'avignon
Ça y est, le passage de relais est effectué, Catherine et Julie voguent vers d'autres cieux, j'ai pris la suite. Dans les conversations, au fil des rues, des troquets, et des files d'attente, les festivaliers évoquent 1. le temps -il fait chaud, il fait froid, il pleut etc.- La pluie d'ailleurs qui a provoqué, voilà quelques jours, l'annulation de moult spectacles de plein air, le report d'autres, le retard enfin des derniers. Voir "Inferno" est une expérience chamboulante. Voir "Inferno" les fesses dans l'eau, une expérience éprouvante... 2. l'affluence : y a plus, moins de monde, ou autant, que les années précédentes ? Chacun a son avis sur la question 3. le démarrage un peu cafouilleux entre les deux festivals, qui ont levé leur rideau avec une semaine d'intervalle. Du coup, pas mal de spectateurs se sont cassés les dents les premiers jours. Conclusion provisoire : un festival unifié, c'est pas franchement pour demain ! 4. Bien sûr, les-spectacles-qui-comptent. Si côté in, les réservations sont bouclées depuis longtemps, pour ce qui est du off, le bouche à oreille règne en maître. Pas étonnant alors, si la première question qu'on pose aux autres c'est : « alors, faut voir quoi cette année ? » Réponse ardue, puisque rien moins qu'un millier de pièces se partagent l'affiche de cette édition 2008. On ne les verra pas toutes, alors on vous guide seulement, depuis le début, sur les traces de quelques coups de cœur, ou de gueule... A bon entendeur...
Avignon comme si vous y étiez - paradesPosté par Catherine le 18.07.08 à 14:39 | tags : festival d'avignon
Gros buzz sur Avignon - BASHPosté par Catherine le 18.07.08 à 10:40 | tags : festival d'avignon
Mâ Ravan' - la mémoire des corpsPosté par Catherine le 18.07.08 à 09:07 | tags : festival d'avignon
Ainsi que l'indique le titre, le spectacle est axé autour de la ravanne. La ravanne, c'est une sorte de tambourin très large, percussion commune à toutes les îles de l'Océan Indien et que l'on retrouve aussi en Afrique de l'Est, en Inde, au Sri Lanka... Trois beaux jeunes hommes noirs, tout en muscles, le crâne rasé, et un homme noir plus âgé, à l'épaisse chevelure, frappent sur la ravanne l'appel des ancêtres, l'appel des origines. Ils chantent des noms d'esclaves et les entrecoupent d'invectives brutales : les noms insultants donnés par les maîtres aux esclaves. Ils dansent, jusqu'à la transe. Alors oui, les sons et les rythmes de la ravanne sont splendides, les corps sont beaux, les mouvements sont plein de force et de grâce. Mais, de même que Julie devant les moines Shaolin (www), je me suis sentie très spectatrice de tout ça, et en aucun cas partie prenante à un rituel. Du coup, l'ennui pointe assez rapidement le bout de son nez. Mais ne voyez ici que paroles de mécréante : ce spectacle est un des buzz du festival. Mâ Ravan', par le théâtre Talipot (Saint-Paul de la Réunion) Du 10 juillet au 2 août à 15h35 à la Chapelle du Verbe Incarné / Avignon Festival Off Les frères Quay - du cinéma au festival d'AvignonPosté par Catherine le 18.07.08 à 08:38 | tags : festival d'avignon
Illus. Stille Nacht (1988) Eaux-les-Bains, heureux hasard du OffPosté par Catherine le 17.07.08 à 08:38 | tags : festival d'avignon
Ce n’est ni la région Alsace-Lorraine dont est originaire la compagnie du Kafteur (région avec laquelle je n’ai pas d’affinités particulières), ni l’auteur (il n’y a pas de texte, donc pas d’auteur – cela ce discute d’ailleurs, mais c’est comme ça ), ni l’horaire (matinal) ni le lieu ni le pur hasard, qui ont guidé mon choix, mais tout simplement l’affiche. Une vue plongeante sur un barbu costaud torse nu portant un bonnet de bain, trois autres gugusses en maillot, sur un « eaux les bains » écrit façon piscine rétro. Et puis la description : « ballet burlesque, en peignoir et sans parole ». Envie d’un petit coup de burlesque sympa, je me suis laissé tenter, et j’ai vraiment bien fait ! ![]() Maillots, peignoirs, serviettes de bains, cabines, table de massage, petite fontaine, distributeur d’eau fraîche, vapeur d’eau, carte du curiste, le petit monde de la cure thermale est recréé sur le plateau, dans un décor tout en blanc et en bleu. D’un côté les curistes, venus seuls et d’horizons différents, en recherche de bien-être un petit peu et d’attention beaucoup, voire plus si affinités. De l’autre, le personnel, restreint et plutôt débordé. Les portes claquent, les robinets débordent, les serviettes s’échauffent, les maillots tombent, le tout contenu régulièrement par de profondes prises d’inspiration. Quelques bonjour, merci, voilà, et hop rythment ce ballet incessant et hilarant, sur une création sonore impeccable aussi bien pour souligner que pour décaler l’action. Eaux-les-Bains est un petit bijou burlesque à la Jacques Tati, à consommer sans modération.
Eaux-les-Bains, création collective visuelle burlesque de la Compagnie du Kafteur Monsieur de Pourceaugnac a la peau noirePosté par Catherine le 17.07.08 à 07:50 | tags : festival d'avignon
![]() Isabelle Starkier et son Star Théâtre présentent à Avignon l'un des treize Molière programmés et dont je vous parlais dans mon analyse statistique : Monsieur de Pourceaugnac. Tout l'intérêt de la proposition réside dans le renversement du ridicule. La pièce de Molière met en scène un Limousin fraîchement débarqué à Paris. Les habitants du Limousin étant de nos jours plutôt bien acceptés à Paris, Isabelle Starkier a décidé de marquer la différence du personnage en lui donnant pour interprète un comédien noir. Monsieur de Pourceaugnac a la peau noire... mais un beau costume blanc. De plus, il s'exprime bien, calmement, poliment. Et ce sont les autres, tous les autres, qui sont ridicules. Les deux amoureux sont d'une mièvrerie sans fond, le valet est un vieux mafieux italien qui porte d'horribles costumes bigarrés, la mère est obligée de cacher sa monstruosité derrière une voilette... Et comme tout ce petit monde va jouer la comédie à l'étranger pour l'obliger à retourner "dans son pays", et surtout à renoncer à la jeune fille qu'il est censé venir épouser, ils vont chausser d'extraordinaires masques qui auront pour effet d'accentuer encore le grotesque de leurs caractères. Les costumes et les masques sont signés Anne Bothuon, artiste qui avait déjà collaboré avec le Star Théâtre lors de précédentes créations, comme Têtes Rondes, Têtes Pointues ou encore le Bal de Kafka, et dont on avait pu apprécier la superbe exposition de statues molles à l'occasion des Scènes Ouvertes à l'Insolites en juin dernier au Théâtre de la Cité Internationale. Un spectacle énergique et visuellement impressionnant. Monsieur de Pourceaugnac, de Molière, mise en scène Isabelle Starkier Pêche en eaux troublesPosté par JdF le 16.07.08 à 11:36 | tags : festival d'avignon
Avant d'en arriver là, ils ont dégringolé le long d'un escalier "casse gueuele" qui longe le mur de la maison figurée au fond de la scène. Là dessus la discussion entre les personnages évoquent l'histoire récente de l'Argentine, au point qu'un lexique décrptant les allusion politiques et culturelles est imprimé au dos de la brochure. Sinon que dire de plus ? Une fois habitué au décor, qu'on a vu apparaître les personnages, on a peine à suivre leurs dicussions (très allusives et décousues) et l'affaire traine en longueur bien que le spectacle ne dure qu'un peu plus d'une heure. En le revoyant, un souvenir m'a traversé l'esprit : "mais bon sang ! j'avais vu un autre spectacle de Ricado Bartis, passé en 2004 à Toulouse lors du festival Mirà et alors déjà, l'apect poisseux de son univers m'avait frappé, chose qui n'est pas pour me déplaire, mais qui, ici, était parasité par une intrigue difficile à suivre. La pêche n'a pas été miraculeuse, cette fois-ci.... La Pesca de Ricardo Bartis, jusqu'au 23 juillet, à 17h, à Chateaublanc. Faune(s) - le Grand N'importe QuoiPosté par Catherine le 16.07.08 à 11:14 | tags : festival d'avignon
Tout se passait un peu trop bien à ce festival. Des pièces du In superbes, passionnantes, ou au pire simplement intéressantes, des pièces du Off (soigneusement sélectionnées) sympathiques, fantastiques ou même encore absolument enthousiasmantes. Mais alors mais alors, où était-il, celui que nous avions l'habitude de retrouver chaque année ? Où était-il, ce compagnon plus ou moins tonitruant, mais toujours présent, du festival ? Où était-il, le Grand N'importe Quoi ? A vrai dire, nous avions une petite idée avant même d'aller le retrouver pour un soir. Le buzz fonctionne à l'endroit mais aussi à l'envers. C'est comme ça, avec le Grand N'importe Quoi : on le devine, on le pressent, mais on n'hésite pas à aller à ses devants, pour être sûr que, pour une fois, il n'abrite pas sous ses oripeaux une perle cachée, un joyau génial qu'on regretterait d'avoir manqué...
Je suis donc allée voir Faune(s). Tout d'abord, il y a ce titre, avec le "s" entre parenthèses rebattu et un peu ridicule. Puis il y a le cloître des Célestins, la lune brûlante en toile de fond, la douce brise, et ça, c'est plutôt bien. Ensuite, il y a... pas grand-chose. Une succession de moments. Un petit film d'abord. Noir et blanc. Peut-être le meilleur moment de la soirée: la caméra suit le regard concupiscent d'un homme replet sur de jeunes joueurs de tennis aux corps attirants de jeunesse. Traque furtive dans la ville. Conclusion plus amusante qu'érotique. On assiste ensuite à la reprise de l'Après-midi d'un Faune dans sa version originale telle que dansée et chorégraphiée en 1912 par Nijinski. Bien sûr, on ne voit que le corps rond d'Olivier Dubois, moulé dans un justaucorps couleur chaire, au motif feuilles mortes assorti à la toile peinte, réplique exacte de l'originale de Nijinski. Décor très kitsch pour ballet très kitsch avec corps curieux. Suivent deux autres solos interprétés par Olivier Dubois, proposés par deux artistes différents, Sophie Perez et Christophe Honoré. Chacun propose une seule image, très peu de mouvements, aucun intérêt. Du Grand N'importe Quoi. Faune(s) de Vaslav Nijinski / Dominique Brun, Sophie Perez / Xavier Boussiron, Christophe Honoré, Olivier Dubois Idée originale et interprétation : Olivier Dubois Vu à Avignon Festival In Slipping - d'amour et d'apesanteurPosté par Catherine le 16.07.08 à 09:07 | tags : festival d'avignon
Slipping, danse, par la compagnie Furiosas (Belgique francophone), conception mise en scène et vidéo Carmen Blanco Principal, durée 23' Ratage de midiPosté par JdF le 15.07.08 à 14:28 | tags : festival d'avignon
Eh oui, Le Partage de midi joué par Gaël Baron, Nicolas Bouchaud,Valérie Dreville,et Les acteurs qui nous ont si souvant éblouis (Gael Baron dans les spectacles de Bruno Meyssat, Nicolas Bouchaud dans ceux de Sivadier, Valérie Dréville chez Régy et Vassiliev), ne donnent ici que des caricatures d'eux-mêmes. Voulant casser avec une tradition passablement gnan gnan qui veut que Claudel soit psalmodié d'un ton éthéré ou bravache, les voilà qui s'essaient à des diction et des regsitres qui sont nécessaires au travail de plateau mais qui, livrés tels quels à la représentations, ne dépassent pas l'exercice de style. L'absence de metteur en scène attitré est flagrante : le spectacle n'est pas construit selon un projet dramaturgique précis mais au gré des désirs dispersés d'ego qui s'en donnent ici à cœur joie. Le seul qui échappe un tant soit peu à ce travers est Gaël Baron. D'abord parce qu'il hérite d'un rôle ingrat (le mari), ensuite parce qu'il est rapidement mis à l'écart du trio et que cette position correspond hélas à l'esprit de ce Partage fort peu partageux : Sivadier et Bouchaud ont mené ensemble bien des projets et entreprennent celui-là dans la continuité de leur collaboration, Dréville est la star et diva de ce spectacle, rôle dans lequel elle se coule avec délectation, et Baron, troisième roue du carosse, fait figure de vilain petit canard. C'est pour ça que lui, je l'aime. Partage de Midi, par Gaël Baron, Nicolas Bouchaudd, Valérie Dréville, Jean-François Sivadier et Charlotte Clamens Jusqu'au 26 juillet dans la Carrière de Boulbon à 21h30.
Agnes 68 : la nostalgie camarade...Posté par JdF le 15.07.08 à 10:08 | tags : festival d'avignon
Pour ceux qui n'étaient pas né en 1968, précisons que l'auteur et le metteur en scène d'Agnes 68 s'appelle Jacques Kraemer, qu'il animait dans les années 60 le TPL ou Théâtre Populaire de Lorraine et qu'il était alors une grande figure de la scène partisane. Agnes 68, qu'il avait commencé à écrire à l'époque, met en scène son double, un comédien/metteur en scène féru de Brecht, perplexe face aux événements qui se déroulent dans les grandes villes alors que lui, durant ce mois de mai 68, tourne L'École des femmes dans le Sud-Ouest. L'acteur qui joue Horace est un jeune contestataire né en politique au début des événements. Quant à Lili qui joue Agnes, elle est aussi inculte que son partenaire, et écoute avidement les leçons de matérialisme historique dispensées par son pygmalion de metteur en scène dont on ne s'étonnera pas qu'il se soit réserve le rôle d'Arnolphe.
Bref, on aurait attendu plus d'imagination de la part de quelqu'un qui a participé à la contestation politique du gaullisme, laquelle contestation s'accompagnait d'expérimentations artistiques d'envergure. Sans attendre des seaux de peinture rouges déversés sur les acteur, une petite prise de risque formelle aurait complété à bon escient l'évocation du moment 68. Agne 68, de Jacques Kraemer, jusqu'au 1er août, à 14h15, au Théâtre du Balcon. Sonia - gourmandise LettonePosté par Catherine le 15.07.08 à 08:03 | tags : festival d'avignon
Sonia, mise en scène Alvis Hermanis, directeur du Nouveau Théâtre de Riga (Lettonie) Shitz - Hanokh Levin à déguster cruPosté par Catherine le 14.07.08 à 12:02 | tags : festival d'avignon
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Shitz, de Hanokh Levin, mise en scène Christine Berg Tragédies romaines : tout ça pour ça !Posté par JdF le 14.07.08 à 10:52 | tags : festival d'avignon
Las ! Les six heures que dure le spectacle ne sont qu'une suite de scènes où Coriolan César, Antoine et Cléopâtre habillés en costumes contemporains semblent nous jouer un téléfilm dont l'action se déroulerait en Dallas et Washington (Dallas pour Alexandrie et Washington pour Rome, s'il faut préciser la métaphore). Car ce qui émerge de ce dispositif qui se veut ultrabranché (une scène immense comprenant plusieurs espaces fonctionnels et équipés de canapés confortables et d'écrans sur lesquels les spectateurs qui ont souhaité pénétrer sur le palteau suivent le déroulement des événements. Il faut dire que le plateau est alléchant, on y propose un sevice bar, on peut y acheter la presse et même surfer sur le net... Génial ! Comme si les concepteurs du spectacle convenaient que leur travail est à ce point anecdotique qu'on pouvait aisément zapper le déroulement de l'action. Et, en effet, malgré des comédien d'envergure, les tragédies shakespeariennes sont totalement écrasées par le rouleau compresseur d'une mise en scène qui affiche sa fascination pour les media contemporains et les images qu'ils produisent. On en ressort avec l'impression de nausée qu'on ressent après avoir trop regardé la télé. Tragédie Romaines, Coriolan, Jules César, Antoine et Cléopâtre, d'après William Shakespeare, par Ivo van Hove et le Tonelgroep, les 12, 13 et 14 juillet à 16h, au Gymnase Gérard Philipe. Crédit photo : Jan Versweyveld A l’année prochaine, Saint Florent
© Nadine Delpech Kung Fu Sutra !Posté par JdF le 13.07.08 à 10:05 | tags : festival d'avignon
Eh bien tout le monde avait l'air content, mais moi pas ! Et oui, je suis comme ça : mauvaise ! Un petit garçon, ça ne m'attendrit aucunement, surtout quand il fait des acrobaties à manquer de se rompre le cou (ça au moins ç'aurait été drôle). Et le Kung Fu, c'est sympa, mais là, contrairement aux films avec Bruce Lee, les moines paradent mais ne se battent même pas "pour de vrai" : pas de gentils, ni de méchants, le spectateur n'a pas à prendre parti, et à espérer la victoire écrasante des premiers sur les seconds (ou l'inverse)... Non, le spectacle de Sidi Larbi Cherkaoui enjoint ses spectateurs à admirer l'esthétique du mouvement. Et pour ce faire, soigne l'esthétique du spectacle : c'est beau, si c'est ingénieux : et hop, les boîtes qu'on retourne, déplace, dans lesquelles on se glisse pour mieux en jaillir en poussant un cri de guerre, quelques génuflexions et prières zen pour contenter nos spectateurs occidentaux en mal de spiritualité... Je ne sais pas vous, mais moi,au bout de quelques temps, tout ça me lasse... Sutra de Sidi Larbi Cherkaoui, jusqu'au 13 juillet dans la cour du Lycée Saint Joseph, à 22h Crédit photo : Hugo Glendinning Alpha-bête, les Nouveaux Nez sont à Avignon !Posté par Catherine le 12.07.08 à 16:32 | tags : festival d'avignon
Madame Françoise nous accueille avec sa belle cape et ses lunettes sévères. C'est la maîtresse. Elle est enthousiaste comme une élève de CP. Pleine de l'énergie de l'enseignant qui débute, gentille mais un peu tête en l'air. Avec une certaine propension à la prise de libertés avec le programme, c'est sans vergogne qu'elle fait pencher la balance du côté de la poésie. Son nez rouge ne l'empêche en aucun cas de manier le verbe avec passion et en grande virtuose. Qu'elle est attachante, cette Madame Framboise, et qu'on a envie de retourner s'asseoir sur les bancs de son école ! Alpha-bête, la nouvelle création de la compagnie les Nouveaux Nez Interprète : Roseline Guinet Stifter Dinge, c'est dingue !Posté par JdF le 12.07.08 à 13:32 | tags : festival d'avignon
La scène est étroite et profonde, attirant le regard sur la perspective au fond de laquelle se dressent les machines ( sortes de pianos verticaux ou xylophones mécaniques) et arbres secs, qui selon l'éclairages et les projections d'images évoquent tour à tour une jungle et un paysage industriel. Devant cette installation, des pièces d'eau, étale ou bouillonnante contribue à l'étrangeté de l'impression ressentie. Le calme, la tempête, l'orage qui est figurée comme une réponse visuelle et sonore au texte d'Adalbert Stifter, l'écrivain autrichien du XIXe siècle qui a inspiré le spectacle (d'où son titre). Car enfin ce qui frappe dans ce spectacle, c'est au delà de l'avant-gardisme affirmée (machines, absence d'acteurs, hybridation du spectacle aux arts sonores et plastiques), c'est le classicisme qui finit par gagner. J'entends classicisme au sens noble : la sensation de situer finalement hors des délimitations chronologiques préétablies, dans un monde où la voix de Claude Lévy-Strauss répond à celle d'Adalbert Stifter. Stifter Dinge, d'Heiner Goebbels, les 12, 13, 14 juillet à 15h et 18h, les 12 et 13, à 21h, à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon Crédit photo : Mario del Curto Airport Kids - le théâtre documentaire de KaegiPosté par Catherine le 12.07.08 à 10:21 | tags : festival d'avignon
Il y a deux ans, Stefan Kaegi, jeune metteur en scène suisse-allemand créait la surprise à Avignon avec son Mnemopark, objet théâtral alors non identifié, où des modélistes passionnés venaient montrer et parler de leurs maquettes. Aujourd'hui, un nom a été trouvé pour ce nouveau genre théâtral : le programme fait mention de "théâtre documentaire". Et voilà, tout s'éclaire. Stefan Kaegi fait du théâtre documentaire. Donc, ne pas chercher si c'est du théâtre ou si "c'est pas du théâtre", c'est du théâtre documentaire. Tout comme sur une bobine on peut faire une fiction ou un documentaire, sur scène on peut faire beaucoup de choses, et Stefan Kaegi, lui, fait du théâtre documentaire. C'est clair. Crédit photo : Mario Del Curto Purgatorio : Castellucci frappe fort !Posté par JdF le 12.07.08 à 10:10 | tags : festival d'avignon
Purgatorio, mise en scène, scénographie lumières et costumes de Romeo Catellucci. Jusqu'au 19 juillet, à 18h, à Chateaublanc Edit : Représentations supplémentaire les mardi 15, jeudi 17 et vendredi 18 juillet à 22h Crédit photos : Luca del Pia Avignon festival Off : le plus grand théâtre du mondePosté par Catherine le 12.07.08 à 08:45 | tags : festival d'avignon
![]() Cette année, un millier de pièces proposées dans le festival Off d'Avignon. Pour s'y retrouver, tout plein d'affiches partout, des tracts distribués à chaque coin de rue, les bons conseils des bons amis, et surtout le livret distribué par Avignon Festival & Cies Off : pas moins de... 335 pages à éplucher avec attention pour ne pas rater le mieux tout en osant le nouveau, le neuf, le hasardeux. Un formidable index permet au festivalier de s'y retrouver par horaires : le premier spectacle démarre à 9h15 le matin, le dernier à 0h15. Pas de pause à midi bien sûr, pas de sieste l'après-midi non plus. Le festivalier est là pour festivaler. Il peut aussi choisir ses spectacles d'après le titre, de A (Adultères, Africare, Afrika, Agnès 68), à Z (Zéphira, les pieds dans la poussière, Zinimo Zinimo Zi, Zorro), ou par auteur du XXème siècle - où il est très facile de repérer ceux qui sont joués dans plus de quatre spectacles : Alfred de Musset (4), Pierrette Dupoyet (4), Federico Garcia-Lorca (4), Eugène Ionesco (6), le pompon revenant à Dario Fo (7). Hors vingtième siècle, c'est bien sûr Molière qui détient le record, avec treize productions, contre seulement trois pour William Shakespeare. Et puis l'on peut vouloir choisir selon le genre : une bonne dose de café-théâtre, un peu de cirque, plus de clown que d'habitude, de la danse, du théâtre d'objet, des spectacles musicaux et puis tout ce qu'on suppose comporter du texte, des comédiens et une histoire, autrement dit, du "théâtre". Vient ensuite un classement par régions, suivi d'une liste des compagnies étrangères, des fois qu'on serait un peu chauvin ou que les compagnies belges auraient meilleure réputation (ne riez pas : c'est le cas). Il reste encore l'option de l'examen minutieux de ce gros livret, page par page, lieu par lieu, pièce par pièce. Ce que nous avons fait. Les spectacles du Off, nous vous en parlerons aussi... Feux : Un choc en plein front !Posté par JdF le 11.07.08 à 12:09 | tags : festival d'avignon
Considérant le titre de ce billet, je me dit que j'ai réussi un jeu de mot assez fin mine de rien... Je m'explique : au soir de cette première journée en Avignon, Catherine et moi-même avons été voir Feux d'un auteur allemand du tout début du XXe siècle, August Stramm, inconnu au bataillon (c'est le moment de le dire!) et, voilà l'allusion du titre expliqué, mort au front pendant la guerre de 14.
Ce étonnant auteur a donc produit ces textes dont le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils ne sont en aucune manière datés. Le premier met en scène un couple de marginaux, chômeurs, alcooliques qui tente un suicide au gaz alors même que la compagnie les en a privé, dont l'homme oscille entre brutalité et balourdise, la femme passant elle du désespoir à l'insouciance en un clin d'œil. Ne versant jamais dans l'ultraréalisme, les acteurs (Jean-Louis Coulloc'h, celui de Lady Chatterley, le film, et Julie Denisse)se livrent à des exercices d'équilibriste entre la farce, l'ironie et le désespoir. Le second se rattache au courant symboliste et est traité comme tel : le plateau est plongé dans la pénombre, les personnages disent avec lenteur un texte se rattachant à des faits qui se relient difficilement entre eux. C'est beau, mais le fil est ténu et l'ennui gagne malgré la qualité des lumières et de la scénographie (Faut-il rappeller que Daniel Jeanneteau était scénographe et Marie Christine Soma creatrice lumières avant de passer à la mise en scène ?). Le troisième texte, quant à lui, ne se rattache à rien, ovni dramaturgique proprement sidérant dans lequel Dominique Reymond en grande hystérique manipule son monde et nous fait passer dans un univers cauchemardesque où se manifestent les fantasmes d'une société qui se livrait alors à la première boucherie du XXe siècle. Et ces fantasmes nous parlent encore... Feux d'August Stramm, mise en scène par Daniel Jeanneteau et Marie Christine Soma, jusqu'au 15 juillet à 18h au gymnase Aubanel. Crédit photo : Marie-Chritine Soma Inferno - l'expérience CastellucciPosté par Catherine le 11.07.08 à 12:08 | tags : festival d'avignon
![]() Le spectateur idéal, selon Romeo Castellucci, serait celui "qui ne connaît pas (son) travail, qui peut-être ne connaît même pas le théâtre, un spectateur qui entrerait dans la salle par hasard."* Alors bien sûr, ils sont quelques-uns, de ces "spectateurs idéaux", à assister aux représentations d'Inferno à Avignon. Assister à un spectacle dans la Cour d'Honneur, découvrir l'artiste associé du festival, venir voir ce qu'est un "Castellucci" - chose théâtrale dont tout le monde parle avec beaucoup de mystère - ou tout simplement, accompagner des amis qui ont eu l'idée farfelue d'aller voir "ça", les motivations sont nombreuses qui ont pu pousser les néophytes dans la Cour d'Honneur ces jours-ci. Enfin, par néophytes entendons les non-connaisseurs du travail de Castellucci car malheureusement, avec le système de réservation des billets et le filtrage serré des spectateurs à l'entrée, l'homme de la rue ne risque guère de s'égarer par hasard dans la Cour d'honneur du Palais des Papes, un soir à 22 heures. Inferno, premier volet de "Inferno, Purgatorio, Paradiso", trilogie inspirée de la Divine Comédie de Dante, par la Societas Raffaello Sanzio, mise en scène Romeo Castellucci Avignon Festival In, Cour d'honneur du Palais des Papes *Propos extraits de "Conversation pour le festival d'Avignon 2008", recueil distribué gratuitement aux festivaliers par P.O.L et le festival d'Avignon Si Avignon m'était dessiné
![]() "Saisir un spectacle, c’est comme faire de la bande dessinée en direct, on a tout sous les yeux, les décors, les personnages et le temps..." Fort de ce constat, François Olislaéger croque en (quasi) temps réel ses pérégrinations avignonesques - spectacles, balades, conf de presse.... En illustration, deux esquisses inspirées par Sonia du letton Alvis Hermanis, soit le portrait d'une femme ordinaire dont ne subiste dans la pièce que le prénom. Catherine chroniquera ici-même le spectacle bientôt (aurons-nous le droit à un crobard en prime ?)
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Avignon : tous sur le pont !Posté par Nedjma le 07.07.08 à 13:56 | tags : festival d'avignon
Autre artiste associé de cette édition, Romeo Castellucci, qui revisitera rien moins que « L'Enfer" de Dante, en trois volets, s'il vous plaît, dont l'un dans la Cour. Son esthétique implacable et sulfureuse devrait réjouir, chambouler... et provoquer le débat, une fois de plus. Parmi les autres grands moments attendus, le « Sutra » du chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui - archi-bondé, est-il besoin de le préciser... -, le nouveau spectacle du circassien Johann Le Guillerm, « Secret », ou encore « Ordet », adapté du Danois Kaj Munk par le très brillant Arthur Nauzyciel. Enfin, les adeptes des marathons théâtraux, souvent éprouvants pour le dos, mais passionnants, ont déjà en poche leur billet pour « Tragédies Romaines » : six heures signées Ivo van Hove pour s'atteler à Coriolan, Jules César et Antoine et Cléôpatre, du grand Will... Trois dates seulement, les 12, 13 et 14 juillet. Enfin, avant Malakoff en novembre, Wajdi Mouawad, artiste associé de l'édition 2009 livre « Seuls », voyage dans la langue et l'inconscient. Voilà pour le In. Le Off, lui, avance une fois de plus en ordre un brin dérangé : la majorité des spectacles (quasiment un millier cette année!!) commenceront le 10 juillet pour s'achever le 1er août. Mais certains ont attaqué plus tôt. Festival In jusqu'au 26 juillet www Festival Off du 10 juillet au 1er août www Moments rares aux Orientales
Le festival Les Orientales creuse cette année le sillon du soufisme (deux groupes de Mayotte en donnant un écho de l’Océan Indien) et de l’Inde (sous toutes ses latitudes), y piquant quelques touches balkaniques. Ce week-end, ce seront les moines danseurs de Majuli qui se produiront, en grande première, hors de leur île du Nord de l’Inde. Un moment rare, accompagné par le film déjà diffusé sur Arte, « Dans les brumes de Majuli ». Le Duo Balkany (Bulgarie) et les polyphonies de Dalmatie (Croatie) apporteront la touche balkanique à un programme qui, chaque année, réussit à faire redécouvrir l’Orient dans toutes ses senteurs.
© Denis Gontard |
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