Archives > Août 2008Big Shoot - "Shut up, Motherfucker !" pour le plaisir "Big Shoot dit la fiction de l'homme happé par la quête fascinante d'une émotion fulgurante et absolue, la mort comme expérience consumériste, la tentation exterminationniste d'une humanité à bout de désir et qui élève la construction du crime parfait au statut d'œuvre d'art absolu...", ainsi parle l'auteur, Koffi Kwahulé, de sa pièce, Big Shoot. Pour une description plus basique, disons qu'il s'agit d'une discussion entre un bourreau, nommé Monsieur, et sa victime, Stan. La scène a lieu devant témoins, les spectateurs. Mais ces derniers ne sauront jamais de quoi Stan est accusé ni où les deux hommes se trouvent; ils ne sauront pas non plus s'il s'agit d'un jeu, d'une farce, d'un cauchemar ou même d'un véritable scène de torture. Koffi Kwahulé a écrit Big Shoot en 1999 et Denis Lavant a immédiatement été fasciné par le texte. Il aura fallu quelques années pour qu'il se décide à le porter sur scène. En revanche, il n'a pas pu se résoudre à abandonner l'un des rôles au profit de l'autre. Il a donc décidé... d'incarner les deux personnages. En toute simplicité : pas de décor, un costume sobre, juste l'acteur, le plancher du Lavoir Moderne Parisien et le texte. Denis Lavant prend un plaisir évident à passer de la grossièreté virile de Monsieur à la douceur naïve de Stan. Une belle occasion d'entendre ce Big Shoot de Koffi Kwahulé, un texte plein d'excentricités, de gros mots, de violence, de poésie, et d'humour aussi. Big Shoot, de Koffi Kwahulé, mise en jeu Michèle Guigon Au Lavoir Moderne Parisien, du jeudi au samedi à 21h, dimanche 16 h, à partir du 21 août 2008 Les anges de l'enfer - le métro sans un motUn provincial de passage à la capitale ne manque jamais de le remarquer : "les Parisiens, dans le métro, qu'est-ce qu'ils tirent la tronche !" C'est sans doute vrai, mais cela ne veut pas dire qu'il ne se passe rien, dans notre monde souterrain. Le Head Langue Theatre sort sa loupe grossissante : un regard, un effleurement, un souffle, une rêverie romantique, des couleurs, des notes de musique, des espoirs, des désespoirs... Sans un mot - comme dans le métro - les cinq comédiens de la compagnie dissèquent l'humanité RATP, et révèlent, à travers une corporalité très assurée, un monde beaucoup plus vivant et charnel qu'il n'y paraît. Un spectacle tout en finesse, que la compagnie propose actuellement au Camden Fringe Festival... dans une version adaptée aux particularités du métro londonien ! Et parce que c'est l'été, voici un petit extrait :
Les Anges de l'Enfer / Angels of the Underground, conception et mise en scène Nydia Hetherington Mon Grand Oncle …Posté par Floriane le 12.08.08 à 12:33 | tags : arts de la rue
Il est rare qu’un artiste vienne ouvertement demander un « retour critique » à un journaliste. Généralement, les relations entre les arts de la rue et la presse ne sont pas au beau fixe. Méfiance et surtout méconnaissance des contraintes de l’édition … Programmé à Fest’Arts (Libourne), Sébastian Lazennec n’a pas hésité à faire la démarche. Bingo ! Un blog offre une liberté non négligeable qui permet, notamment, de faire part de coups de cœur dont on n’aurait pas forcément la place ni l’opportunité de parler dans le cadre d’un article plus général. Sébastian Lazennec, membre fondateur de la compagnie Utopium Théâtre, a décidé de mener cette fois une aventure en solo. Il convie, pour l’heure, une vingtaine de spectateurs à l’ouverture du testament de son « Grand oncle », récemment décédé et passionné de marche et des Pyrénées. Un entresort assez basique ? Pas tout à fait. Lazennec qualifie sa proposition de « théâtre intimiste », et il n’a pas tort. Du théâtre, il a la formation et l’expérience ; c’est un acteur rodé, compétent. Le rapport intime au spectateur, on le trouve dans le dispositif choisi : tout le monde s’entasse dans le prétendu appartement du grand oncle. Mais au-delà de ça, c’est le personnage lui-même, conçu et créé par Sébastian Lazennec, et son rapport au public convoqué qui fait mouche. De l’entresort forain, le neveu a le maquillage, trop appuyé pour être honnête, la jambe raide, gaguesque lorsqu’il s’assied, le ton, le regard, les mimiques qui jouent avec habileté sur la corde raide du « vrai faux ». Bien qu’il s’en défende, Lazennec a créé là un texte et un rôle qui pourraient sans problème être joués de manière réaliste, « sérieuse », et tirer larmes et frissons aux spectateurs. Lui, fait naître des sourires, des rires complices, et il a sans doute raison : les messages les plus forts passent mieux quand le public n’a pas l’impression qu’on lui fait la morale. C’est tout en douceur que le drame familial est dévoilé et l’émotion, réelle, naît à la sortie du spectacle, quand on repense à ce couple oncle-neveu qui finalement nous ressemble. Accidents - l'ordinaire magnifié au Tarmac de la Villette
Du 5 au 30 août au Tarmac de la Villette Derniers bonheurs du "Offeur"Posté par Nedjma le 02.08.08 à 09:53 | tags : festival d'avignon
Ce matin, à 11h, direction le Théâtre des Halles pour "Le jour où Nina Simone a cessé de chanter". Une pièce de Darina al-Joundi, mise en scène par Alain Timar, le maître des lieux. Sous la plume de Mohamed Kacimi, elle raconte son Liban et ses rêves fracassés par la guerre civile. Elle est belle, renversante, poignante et le coeur d'un des succès fous de ce festival. Après une première découverte l'an dernier, dans la Chapelle des Halles, la pièce est revenue, cette fois dans la grande salle du Chapitre, et c'est bondé tous les jours. Alors allez-y tôt. Si c'était complet, on file au Théâtre du Chien qui fume pour un autre spectacle de vive émotion, "Erendira", adapté de Gabriel Garcia Marquez. Poétique, riche d'images, l'histoire d'une orpheline prostituée par sa grand-mère. Un buzz de l'édition 2008. Il vous faudra courir un peu, mais le jeu en vaut la chandelle. A 12h20, au Théâtre des Lucioles, les Marseillais du Cartoun Sardines Théatre, grands habitués du Off -où ils avaient planté leur chapiteau sur l'Ile de la Barthelasse, voilà quelques années- vous entraînent dans un monde inracontable, dans les coulisses de la fabrication d'un film muet. C'est drôle et foisonnant, singulier et embarquant. ça s'appelle tout simplement "Le bonheur". A 14h, on reste aux Halles, pour un changement d'ambiance, mais un solo de grande qualité. Mikaël Chirinian interprète "Rapport sur moi" de Grégoire Bouillet. Un condensé de vie, un récit doux-amer, plein d'humour et servi par un acteur dynamite. Pause bien méritée dans la foulée, visite d'expos, balade le nez au vent, dînette, et retour au théâtre dans la soirée... A 22 heures, Philippe Caubère boucle son "Homme qui danse" au Théâtre du Chêne noir, avec un Epilogue en deux temps: "La Ficelle" et "la Mort d'Avignon". La deuxième partie est clairement la meilleure et l'évocation de Paul Pipe (Paul Puaux, ancien directeur du festival d'Avignon), Georges Wilson, et le jour qui tombe dans la cour d'honneur prend une saveur toute particulière ici-même. Si vous l'avez raté à Paris, au Théâtre du Rond-Point, ne le ratez pas cette fois!
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