Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.

Archives > Septembre 2008

Fantasio à l'aise à la Comédie Française

Posté par Catherine le 27.09.08 à 08:00 | tags : comédie française, théâtre

Fantasio à la Comédie Française, mise en scène Denis Podalydès, 2008

C'est exactement pour cela que l'on aime la Comédie Française : pour cette belle facture classique qui sied si bien à certaines pièces et que la Maison de Molière sait si joliment perpétuer. Un décor, des lumières et un habillage sonore pas particulièrement audacieux, mais propres, de beaux costumes, un cadre somptueux, et surtout, des comédiens à la diction parfaite, capables de dire le texte avec aisance et intelligence. Et tout cela au service, bien sûr, d'une oeuvre digne qu'on s'y arrête : ici, Fantasio, d'Alfred de Musset. Qui ne connaît pas la pièce appréciera les fausses pistes que l'auteur s'amuse à nous faire suivre, dans cette histoire de mariage forcé où Shakespeare le dispute à Marivaux. On regrette un tout petit peu que Cécile Brune, dans le rôle titre, soit un brin terne, mais la potion mise en jeu par Denis Podalydès est admirablement rattrapée par Claude Mathieu, géniale comme à son habitude, en gouvernante fo-folle. Florence Viala, en Elsbeth aussi déterminée que facétieuse, est superbe. Et le jeu de Guillaume Gallienne, en Prince de Mantoue parfaitement stupide, est un vrai régal. Un Fantasio très classique, très agréable.

Fantasio, pièce en deux actes d'Alfred de Musset
Mise en scène Denis Podalydès
Costumes Christian Lacroix
A la Comédie Française, jusqu'au 15 mars 2009
Illus Cosimo Mirco Magliocca




Je tremble - enfin le numéro 2 !

Posté par Catherine le 26.09.08 à 08:00 | tags : théâtre

Il nous avait donné rendez-vous. Bien sûr, il était mort à la fin, mais cela, il l'avait promis dès le début. Il était d'ailleurs mort plusieurs fois, mais pas tout à fait pour de bon. En tout cas, après le (1), il y aurait le (2), cela, c'était certain. Il revient donc. Et à nouveau, il nous interpelle. Ce Présentateur, cet homme en costume gris qui nous promettait du rêve comme on n'en avait jamais vécu, ce Monsieur Loyal qui menait la ronde de ses souvenirs et de nos angoisses, voilà qu'il vient recueillir nos impressions, nous proposer de lui faire part de nos commentaires de spectateurs. Exceptionnel. Tout comme sera exceptionnelle, fantastique et pour tout dire, insaisissable, sa quête de réel pour l'amour de la femme qu'il a aimée - et qu'il aime encore. Cadavre bien vivant, il tire les fils des vies qu'il avait commencé à dévoiler et nous entraîne encore plus haut dans les sphères de nos rêves et plus loin dans les abysses de nos cauchemars les moins avouables. Il en tremble, et nous avec.

Je tremble (1 et 2), texte et mise en scène Joël Pommerat
Compagnie Louis Brouillard
Au théâtre des Bouffes du Nord jusqu'au 1er novembre 2008
Illus Elisabeth Carecchio

Retrouvez la chronique de Je tremble (1)







Alerte sur la Canebière

Posté par Floriane le 25.09.08 à 08:55 | tags : festival, international
Préavis de désordre urbainLe festival Préavis de désordre urbain commence sur les chapeaux de roues, à Marseille ! Mercredi, la vingtaine de performers venus des quatre coins de l’horizon se sont égayés dans la Joliette, transformant la sortie des classes en une partie de foot (Half Swiss et Rachel Echenberg), revisitant le Déjeuner sur l’herbe en cagoule, face à la Banque Populaire de Provence et de Corse ! (Frantisek Kowolowski et Shannon Cochrane), se livrant à une séance de foulage aux pieds en plein marché (Jiri Suruvka et Victoria Stanton) ou encore à un nettoyage en règle de la chaussée (Ornic’art et Risa Takita).
Ce festival en est à sa deuxième édition et propose, outre cette journée marquée du sceau de la contrainte (tirage au sort du partenaire et du lieu), une soirée de performances où les artistes vont présenter un exemple de leur travail (ce soir à partir de 18h30, à la Friche Belle de mai) puis un Avis de chantier sur une place de la Canebière (vendredi à partir de 17h30) et enfin une nuit de la performance au Point de bascule, samedi.
Le développement des réseaux est l’objectif de cette initiative, pilotée par le collectif Ornic’art, créateur de Red Plexus, lieu-ressource sur les nouvelles écritures de la performance. Les policiers marseillais, sans doute fiers que leur ville soit la capitale européenne de la culture en 2013 ou résolus à devoir à présent s’attendre à tout, ont vu hier sans sourciller le « désordre urbain » s’emparer des boulevards. Pendant cinq ans au moins, les performers ont un bel avenir dans la cité phocéenne !




Mefisto on stage

Posté par JdF le 24.09.08 à 18:25 | tags : théâtre, théâtre de la ville

Adapté du roman de Klaus Mann, le spectacle de Guy Cassiers, Mephisto for ever, sous-titré "le jeu du diable", raconte l'ascension d'un acteur ambitieux sous le troisième Reich : Kurt Köpler, dont la carrière sera jalonnée de compromissions avec le régime.

Au vu de la montée de la droite nationaliste en Flandres, et bien que le Vlams blook ne puisse soutenir la comparaison avec le parti nazi, le choix de Guy Cassiers trouve des échos dans l'actualité. Guy Cassiers, qui fut directeur d'un grand théâtre municipal flamand s'interroge sur la situation du personnage et sa propension à faire passer ses convictions après sa carrière d'acteur, de metteur en scène et de chef de troupe, laquelle se scindera entre ceux qui acceptent de plier face au régime nazi et ceux qui choississent la résistance ou l'exil.

 

Une pièce de circonstance, qui ouvre un triptyque du pouvoir mêlant la seconde guerre mondiale, la guerre de Troie et les guerres qui se mènent actuellement. Si l'on en juge par Mefisto for ever, c'est un beau parcours qui s'ouvre au Théâtre de la ville. Ce premier opus est en effet un chef d'œuvre. Guy Cassiers structure son spectacle autour de scènes pivots : le départ de l'actrice juive et son remplacement par sa caricature aryenne (jouée par la même actrice), l'altercation entre le directeur Müller, cadre du parti, et l'acteur Niklas, militant nazi de la première heure, qui dénonce la ploutocratie du nouveau pouvoir (tout nazi qu'il est, ce dernier sera livré au peloton d'exécution), la dernière scène enfin où après la guerre, Kurt désemparé se voit repêché par un représentant du nouveau pouvoir.

 

Ces scènes sont jouées par des acteurs qui donnent parfaitement à saisir les ressorts qui animent leur personnages, tout en sachant s'en distancier : le geste suicidaire de Niklas qui préfère mourir que taire sa rage contre les nazis qui ont trahi leur promesses, suscite à la fois l'admiration pour son courage et la pitié devant l'aveuglement du personnage qui persiste à croire à un complot des "métèques". L'usage des écrans qui permets de distinguer les expressions des visages, notamment durant la scène entre Hamlet et sa mère, magnifiquement jouée par Kurt et Rebecca, est une splendeur. Le spectacle, dans son ensemble, est curieusement empreint d'une grande douceur : comme si l'action était enveloppée dans le cocon du théâtre qui ne laissait filtrer que partiellement la violence extérieure, car c'est bien cette tour d'ivoire qui est objet de fascination pour le spectateur et d'interrogation pour le metteur en scène.

Mefisto for ever d'après Klaus Mann, mis en scène par Guy Cassiers, jusqu'au 27 septembre au théâtre de la ville (www)

Crédit photo : © Koenbroos




Folies amoureuses

Posté par Nedjma le 24.09.08 à 14:47 | tags : théâtre, vingtième théâtre

Une jeune première maintenue dans une cage dorée par son vieux tuteur qui la couve jalousement pour pouvoir l'épouser... "L'Ecole des femmes"? Non, "Les folies amoureuses". C'est peu dire que les deux pièces se ressemblent, la seconde écrite par un contemporain de Molière méconnu, Jean-François Régnard. Pourtant son texte est savoureux et ses personnages réjouissants. La différence c'est que chez Régnard, la promise et sa suivante, son prétendant secret et son valet vont user de mille ruses folles pour tromper l'ennemi et que l'entreprise va prendre un tour assez singulier. Le metteur en scène Pascal Zelcer sort ce texte de l'oubli et l'enrobe d'encore plus de folie en le transposant au plateau. La facétieuse Agathe -Lara Neumann, très bien- joue tour à tour les divas québecoises déchaînées -nous ne citerons pas de nom-, les vieilles en fin de course et les assaillants sous l'oeil ébahi de ses compagnons de ruse. La pièce telle qu'on la découvre à les défauts de ses qualités: elle est généreuse, débordante, foisonnante, mais pêche par excès de trucs et trouvailles: gags répétés à l'envi -le comique de répétition jusqu'où?-, liaisons appuyées et sketches filmés sur fond de musiques eighties (de David et Jonathan à Diane Tell) qui finissent par noyer un peu le texte... Illus Matthieu Salas.

Les folies amoureuses, mis en scène par Pascal Zelcer, Vingtième Théâtre jusqu'au 26 octobre.  www




Sûr et sans surprise - la Cerisaie

Posté par Catherine le 23.09.08 à 16:53 | tags : théâtre
En entendant la Cerisaie au théâtre Sylvia Montfort, j'ai compris où Florian Zeller voulait en venir avec ses "quel temps va-t-il faire aujourd'hui - très chaud - t'es sûr ? - oui, ils l'ont dit à la météo" dont il a saupoudré sa pièce Elle t'attend, actuellement visible au Théâtre de la Madeleine, avec une certaine fille célèbre dans le rôle principal. A la façon d'un Anton Tchekhov, le jeune auteur tentait tout simplement de dire l'essentiel à travers le trivial. Comme ce sous-entendu lourd à la fois d'érotisme et de déception, dans la réponse de Varia à Loupakhine, quand celui-ci lui parle du froid au lieu de lui présenter la demande en mariage qu'elle attend : "je ne sais pas. D'ailleurs notre thermomètre est cassé".
On vous expliquera plus tard et plus en détail pourquoi cela ne vaut pas forcément la peine de se déplacer pour Elle t'attend. En revanche, vous savez que vous pouvez sans risque courir entendre ou ré-entendre ce texte de Tchekhov, toujours très actuel malgré ses maintenant plus de cent ans : crise immobilière, baisse du pouvoir d'achat, perte des valeurs... Et si la mise en scène qu'en propose Jean-Louis Martin Barbaz est sans surprise, elle a le mérite d'être (parfois un peu trop) pleine d'entrain et surtout, de réunir des comédiens qui parviennent à faire exister chacun des nombreux personnages, laissant le public avec l'impression de faire partie de cette grande famille qui quitte sa Cerisaie tant aimée.

La Cerisaie, d'Anton Tchekhov, mise en scène Jean-Louis Martin Barbaz
Au théâtre Sylvia Montfort, jusqu'au 2 novembre 2008



Vania des villes, Vania des champs

Posté par Nedjma le 18.09.08 à 17:34 | tags : théâtre

Envie d'un bol d'air frais? D'une plongée champêtre dans la douce poésie des récits d'Anton Tchekhov? Le tout dans un cadre bucolique à souhait... Direction le Château de Brou sur Chantereine (à une toute petite demi-heure de Paris).

Louis Malle avait plongé Elena, Sonia et Sérébriakov, héros de "Oncle Vania" dans la 42e rue. Le Théâtre de l'Unité lui, emmène tout ce petit monde à la campagne, dans un décor pas si éloigné que celui imaginé par l'auteur dans sa pièce. A la mise en scène, Jacques Livchine et Hervée de Lafond pour une belle entreprise menée avec la précieuse collaboration de la coopérative De rue et de cirque et du Théâtre de Chelles. 17 comédiens, un bol de soupe puis un verre de vodka. Vous adorerez ça.

"Oncle Vania à la campagne", Château de Brou sur Chantereine les 19, 20 et 21 septembre, 18h30. www  




Laetitia Casta ne passera pas par là

Posté par Nedjma le 16.09.08 à 11:13 | tags : théâtre

C'est l'un des événements pipole de la rentrée théâtrale: le mannequin Laetitia Casta sur scène, dans la pièce "Elle t'attend" de Florian Zeller, quatre ans après sa première expérience théâtrale, dans "Ondine". A moins de vivre sur la lune, vous n'avez pas pu échapper à l'info. Laetitia Casta est partout, absolument par-tout. Dans Le Figaro, Le Figaro Magazine, L'Express Styles, le JDD, Le parisien, au Grand Journal de Canal +, sur France Inter en ce moment même, chez Stéphane Bern, et on en oublie sans doute. Ouf! Alors voilà, à Flu, nous on ne l'interviewera pas, on n'a même pas essayé. On ira voir son spectacle, bien sûr, histoire de se faire une idée, et on vous dira de quoi il en retourne, très vite. Mais pour ce qui est des entretiens fleuve, on préfère rencontrer Guy Cassiers -à lire bientôt sur Flu-, Wajdi Mouawad, ou encore les nouveaux directeurs du théâtre de Chaillot, José Montalvo et Dominique Hervieu. Voilà.




Pluie d'étoiles sur la rentrée danse

Posté par Nedjma le 15.09.08 à 14:12 | tags : danse

S'il se passe des choses côté théâtre (avec une rentrée chargée, lire ici notre chronique), la danse n'est pas en reste en ce bel automne et les levers de rideau se suivront... sans se ressembler. A tout seigneur, tout honneur: c'est la Biennale de Lyon qui a ouvert le bal le 6 septembre dernier et se poursuit jusqu'au 30 septembre. Pour fêter ses 25 ans, elle affiche quelque 17 créations, et invite 42 compagnies, parmi lesquelles celles de Angelin Preljocaj pour une "Blanche-Neige" aux costumes signésJean-Paul Gaultier, mais encore José Montalvo et Dominique Hervieu, nouveaux directeurs du théâtre national de Chaillot -on y reviendra- pour leur spectaculaire "Good morning Mr Gershwin" (illus). Paris fait fort aussi avec deux poids lourds. L'Opéra de Paris invite le vénérable New-York City Ballet pour un programme qui mêlera notamment Balanchine et Robbins (du 16 au 20 septembre). Au Théâtre des Champs-Elysées, c'est le Gala des Etoiles du XXIe siècle: autant de danseurs issus des plus prestigieuses formations au monde: Royal Ballet de Londres, Bejart Ballet de Lausanne entre autres...
Enfin, singularité notable deux actrices hexagonales entrent dans la danse cet automne: Jeanne Balibar esquisse un pas de deux avec le chorégraphe Boris Charmatz: c'est "La danseuse malade", inspiré par des textes de Tatsumi Hijikata, fondateur du butô (au Théâtre de la Ville du 12 au 15 novembre). Juliette Binoche et Akram Khan présenteront à quatre mains... et quatre jambes un spectacle entre chorégraphie et peinture, "In-I" (du 19 au 29 novembre).

Biennale de la danse de Lyon, jusqu'au 30 septembre www
New-York City Ballet à l'Opéra de Paris du 16 au 20 septembre. www
Gala des Etoiles au Théâtre des Champs-Elysées du 19 au 22 septembre.

 




Hardi, les gars !

Posté par JdF le 15.09.08 à 12:58 | tags : théâtre

 


 

Dany Boon intellectuel mais pas snob, Jacques Bonnaffé ? Le spectacle histrionesque qu'il donne en ce moment à la Maison de la Poésie nous conduit à répondre inmanquablement "affirmatif !"

"L'Oral et Hardi" est un admirable bricolage verbal : calembours, citations de Flaubert, blagues, clins d'œils et anecdotes ponctuent cet assemblage de textes de Jean-Pierre Verheggen. Textes choisis, mis en scène et dits par Jacques Bonnaffé qui électrise son public à chacune des ses pointes. Dans la "grande" salle de la Maison de la Poésie, Bonnaffé a pris ses quartiers, il salue quelques spectateurs, "Avant de prendre la parole, j'aimerais dire ces quelques mots..." D'emblée le public est conquis. Et le reste est à l'avenant : pitre, slameur picard, athlète de la performance verbale, il va et vient, seul en scène, secondé par quelques bouteilles et une tarte à la crème et offre ainsi un tour de force en matière d'inventivité, de dextérité et de présence scénique dans ce spectacle jubilatoire.

L'Oral et Hardi, textes de Jean-Pierre Verheggen/ Jacques Bonnaffé, jusqu'au 4 octobre à la Maison de la Poésie (www)




New York s'invite à l'Opéra

Posté par Magali le 13.09.08 à 14:08

Cela faisait quarante ans que les danseurs du New York City Ballet, reconnue comme la meilleure compagnie de danse américaine, n'avaient posé un chausson sur les planches de l'Opéra de Paris. Fondée par le chorégraphe d'origine russe George Balanchine au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la troupe fête cette année ses soixante années d'existence, et investit à cette occasion tout au long du mois de septembre la scène de l'Opéra Bastille avec quatre programmes différents, principalement centrés sur les pièces néo-classiques de Balanchine et de ses collaborateurs au NYCB, tels le Hallelujah Junction de Peter Martins, son actuel directeur, ou Dances at a Gathering de Jerome Robbins. L'ancien et le moderne sont interprétés par une compagnie éclectique, jeune, dynamique, dans un spectacle impeccable — un peu trop nets, à la manière d'un défilé de Miss américaines, les danseurs esquivent l'émotion sincère, au profit de la perfection technique.

L'Opéra de Paris poursuit fin septembre l'hommage à New York, autre grande capitale de la danse, en mettant au programme plusieurs soirées consacrées à une figure majeure de la danse américaine, Jerome Robbins, chorégraphe de ballet et de comédies musicales, qui dirigea notamment les danseurs du West Side Story de Robert Wise en 1961. Les danseurs de l'Opéra interprètent trois œuvres majeures du maître, avec en bonus une pièce de Benjamin Millepied, Frenchie exilé à New York et élève brillant de Robbins au NYCB.


New York City Ballet, Opéra Bastille, du 9 au 21 septembre 2008
Premier programme : Divertimento n° 15 (Mozart/Balanchine), Épisodes (Webern/Balanchine), Tschaikovsky Suite n° 3 (Tchaïkovski/Balanchine) – 9, 11 et 13 septembre
Deuxième programme : Sérénade (Tchaikovski/Balanchine), Symphonie en trois mouvements (Stravinsky/Balanchine), Brahms/Haendel (Brahms et Haendel, Robbins et Tharp) – 10 et 12 septembre
Troisième programme : Duo Concertant (Stravinsky/Balanchine), Hallelujah Junction (Adams/Martins), After the Rain (Pärt/Wheeldon), Dances at a Gathering (Chopin/Robbins) – 13, 16 et 20 septembre
Quatrième programme : Carousel (A Dance) (Rodgers/Wheeldon), Tarantella (Moreau Gottschalk/Balanchine), Barber Violin Concerto (Barber/Martins), West Side Story Suite (Bernstein/Robbins) – 19, 20 et 21 septembre

Hommage à Jerome Robbins, Opéra Garnier, du 20 au 30 septembre 2008
En Sol (Ravel/Robbins), Triade (Muhly/Millepied), In The Night (Chopin/Robbins), The Concert (Chopin/Robbins)


www.operadeparis.fr




Des comédies musicales "made in France"

Posté par Nedjma le 10.09.08 à 15:16 | tags : musique, théâtre

Après « Cabaret » et « Le Roi Lion » au rayon poids lourds américains francisés, après les quelques comédies musicales à succès de ces dernières années, où la qualité artistique n’avait d’égale que le nombre de spectateurs qui s’y pressait, type "Le Roi Soleil" ou "Roméo et Juliette", voici venir les comédies musicales typiquement made in France. « Les Aventures de Rabbi Jacob », adapté du film de Gérard Oury fait son arrivée sur scène avec Eric Metayer et Marianne James dans les rôles principaux. Patrick Timsit signe la mise en scène et Vladimir Cosma la musique (du 18 septembre au 30 novembre, Palais des Congrès). « Je m’voyais déjà » rendra hommage à Charles Aznavour dans une mise en scène d’Alain Sachs (à partir du 2 octobre, Théâtre du Gymnase).

Enfin, un peu plus tard dans la saison, avec Kamel Ouali –côté chorégraphie- et Jean-Claude Camus –pour la production- aux manettes, pas sûre que « Cléopâtre la dernière reine d’Egypte » se casse le nez (à partir de janvier 2009 au Palais des Sports).




Le TAP a ouvert ses portes à Poitiers

Posté par Nedjma le 09.09.08 à 11:40 | tags : danse, musique, théâtre

 


Un lieu de spectacle vivant qui ouvre ses portes, c'est toujours ou presque une bonne nouvelle, surtout quand il affiche une programmation aussi prometteuse. Le TAP (théâtre auditorium de Poitiers) est donc sur les rails, depuis son inauguration le 6 septembre dernier. Un bâtiment moderne, conçu par l'architecte portugais Joao Luis Carrilho da Graça, qui, comme son nom l'indique, abrite à la fois un théâtre de 720 places et un auditorium d'un millier de places. Il aura fallu 56 millions d'euros pour voir naître l'objet (dont plus de 60% investis par la ville). Sept artistes sont associés ou en résidence au TAP qui mêlera théâtre, danse et musiques plurielles au fil d'une belle programmation. En vrac, se succèderont au pupitre Romeo Castellucci, Claire Lasne Darcueil, Renaud Cojo, Luc Bondy et Alain Ollivier, Guy Bedos côté théâtre et contes, Christian Rizzo, Philippe Découflé et Carolyn Carlson côté danse et, pour la musique, les ensembles Ars Nova, Les Percussions de Strasbourg, ou encore Etienne Daho et Alain Bashung. Et du 9 au 11 septembre, vous pourrez rencontrer, chaque jour, les artistes qui feront cette saison.
Théâtre Auditorium de Poitiers www

 




Shitz - le must de la rentrée

Posté par Catherine le 08.09.08 à 08:05 | tags : théâtre

Salima BoutebalUn vieux père, une vieille mère, une fille jeune mais moche, un mariage ardemment désiré par tous, et pas de gendre à l'horizon. La situation semble bien cocasse. Et, si le titre de la pièce est assez obscur ("Shitz", c'est le patronyme de la petite famille dont on suit les aventures), le sous-titre, ingénieusement imaginé pour l'occasion, est aguicheur à souhait:"guerre, amour et saucisson". Avec un tel pitch, un tel sous-titre, et s'agissant d'une pièce présentée dans un beau théâtre privé en plein centre de Paris, le public s'attend presque à une de ces comédies actuelles et sympas du style Amour et chipolatasLe clan des divorcées,  ou encore Toizémoi, noces de plomb. Sauf qu'ici, l'auteur s'appelle Hanokh Levin.
Hanokh Levin, c'est le plus grand auteur Israélien contemporain. Il a écrit d'innombrables pièces de 1967 jusqu'à sa mort en 1999. Depuis une dizaine d'années, la France le découvre. Nous avons d'ailleurs souvent l'occasion de vous en parler, ici à Fluctuat. Et un texte d'Hanokh Levin, mesdames et messieurs, c'est du lourd. On n'est pas chez Jan Fabre, mais tout de même, des culs, des nichons, du vomi et des scènes de fornication, le public va en bouffer pendant deux bonnes heures. Et au théâtre de la Pépinière, si bien fréquenté, on voit bien que ça lui fait quand même tout drôle... On ne peut d'ailleurs qu'admirer le courage de la nouvelle direction du théâtre, qui ose programmer cet auteur si génial, mais si peu politiquement correct.
La grande force de la mise en scène de Cécile Bakès, c'est de ne pas surabonder dans la caricature : les personnages débitent des grossièretés, d'accord, mais tranquillement, et parfois même avec le sourire. Car pour eux, il s'agit tout simplement d'exprimer leurs sentiments profonds avec une sincérité absolue.  Et le désir profond d'une fille n'est-il de voir ses parents mourir pour avoir l'héritage ?  La rencontre, le mariage, le départ à la guerre, la mort : derrière une vulgarité d'apparence, le texte d'Hanokh Levin laisse exploser une poésie sublime, aussi drôle que désanchantée.
Cécile Bakès a eu le talent de s'entourer de comédiens aux corps et aux gueules totalement en adéquation avec les personnages. Tous sont parfaits dans leur rôle, aussi bien dans les scènes jouées que dans les parties chantées, très belles. Enfin une mise en scène absolument réussie d'un texte d'Hanokh Levin sur une scène du privé. Le bonheur !

Shitz, guerre, amour et saucisson, de Hanokh Levin, mise en scène Cécile Bakès
Avec Bernard Balet, Anne Benoit, Salima Boutebal, Benoît di Marco, Clément Landais, Virgile Vaugelade
A La Pépinière Théâtre, jusqu'au 1er novembre

Crédit photo : Patrick Henry




Alhambra Container

Posté par Floriane le 07.09.08 à 19:34 | tags : arts de la rue, international
OsmosisDe Ljubljana à Gand, de Cognac à Tarrega, le dernier spectacle de la compagnie Osmosis, créé en coproduction avec le réseau européen de spectacles de rue Meridians, termine (pour cette saison) son périple au festival de Tarrega, haut lieu du spectacle de rue en Espagne. A Gand, lors du festival Mira Miro (anciennement istf), les évolutions des trois danseurs parmi les containers avaient un peu de mal à occuper l’espace, physique et mental, d’un thème aussi solide que l’émigration clandestine. L’idée et le dispositif sont bons et ont fait leurs preuves (notamment dans Flesh et Transit de la même compagnie), reste aux danseurs à trouver leurs marques, les machines, elles, effectuant sans sourciller leur ballet mécanique.
Reste que Alhambra Container était, pour les visiteurs étrangers, l’un des spectacles les plus accessibles dans cette édition 2008 de Mira Miro, où la plupart des propositions avaient largement recours au texte (néerlandais). On a un peu de mal à comprendre cette politique de développement d’un art à l’échelle d’une communauté, alors que l’accent est, plus que jamais, mis sur la circulation transnationale des œuvres et des personnes. La rue n’offrant pas, comme la salle, la possibilité de dispositifs de surtitrage, trop de texte, sans que l’image scénique vienne à la rescousse, ne favorise pas vraiment la compréhension. Bref, les arts de la rue en Flandres se portent sans doute très bien, on peut d’ailleurs le vérifier dans le David, le guide fraîchement sorti ; mais ils nécessitent un décodeur …
Alhambra Container, au festival de Tarrega, du 11 au 14 septembre




Le Roi Lion: dans l'envers du décor

Posté par Nedjma le 05.09.08 à 15:41

 

Vous avez aimé le Roi Lion? Vous allez adorer les coulisses du Roi Lion... Voilà près d'un an que la machine de guerre signée Stage Entertainment occupe l'affiche de Mogador, spécialement rénové pour l'occasion. Et pour fêter ça, l'équipe propose donc au public fan de comédies musicales de découvrir l'envers du décor du spectacle, lesté de trois Molière et vu par près d'un demi-million de personnes. Au programme, animations, ateliers de danse et chant, projection d'un documentaire de 52 minutes, rencontres avec les artistes et techniciens du show. Le tout, gratuitement. En plus, ceux qui assistent à cet après-midi festif auront droit à un tarif spécial pour la représentation du soir. A bon entendeur...

 

Dans les coulisses du Roi Lion samedi 14 septembre, de 13h à 17h30. Entrée libre. www




Calvino au cirque

Posté par Floriane le 05.09.08 à 13:18 | tags : cirque
Le Chapiteau des destins croisésLe nouveau spectacle d’Adrienne Larue s’intitule Le Chapiteau des destins croisés et est librement inspiré d’une nouvelle de Calvino, Le Château des destins croisés, où les « hasards » des lames du tarot tracent les lignes de vie. Adapter les figures des arcanes au cirque est tentant ; les images symboliques sont en effet très parlantes. Pas facile, pourtant, de rendre tout un univers avec une succession de solos.
Le Chapiteau des destins croisés, présidé par une femme à barbe resplendissante (Adrienne elle-même), rassemble un jongleur, une contorsionniste, un magicien et une artiste à la corde lisse. La lune, la mort, le pendu, l’amoureux … autant de séquences, illustrant plus ou moins directement l’image ou le sens de la carte. Adrienne Larue a toujours été curieuse d’univers singuliers ; c’est avec Michel Bertier, aux instruments de musique improbables, qu’elle mène cette fois cette aventure aux côtés de jeunes interprètes.
Avec un peu de bouteille, ce Chapiteau-là abritera une perle d’étrangeté et de malice. A voir, pour l’instant, jusqu’au 21 septembre, 62 rue Binet, Paris 18.




Ce qu’on verra sur les planches ? Des auteurs…

Posté par Nedjma le 04.09.08 à 09:24 | tags : théâtre


 

C’est parti. Après un mois de juillet frénétique sur le pont d’Avignon (voir le blog), après un mois d’août qui célébrait surtout les arts de la rue et quelques spectacles à succès dans les théâtres privés parisiens, c’est reparti pour une saison tout feu tout flamme.

Programme foisonnant, qui fera la place au meilleur, et au pire. Pour ne pas s’égarer dans le casse-tête des centaines de pièces à l’affiche à Paris et ailleurs, Flu livre un petit guide de survie à l’usage des spectateurs. En insistant sur ses coups de cœur. Et en les classant par thèmes…

A tout seigneur, tout honneur, on commence donc par les auteurs. Quoi de neuf ? Molière, pourrait-on ricaner, tant l’homme a, une fois encore la part belle cette année, et surtout dans le théâtre subventionné. Outre « L’école des femmes », mis en scène par Jean-Pierre Vincent, qui sillonne l’Hexagone après sa création à l’Odéon l’an dernier, on attend impatiemment « Don Juan » mis en scène par Yann-Joël Collin au Théâtre Gérard Philipe (du 15 septembre au 11 octobre) puis en tournée. Egalement le « Tartuffe » signé Stéphane Braunschweig à l’Odéon (du 17 septembre au 25 octobre) ou « Le malade imaginaire » avec Michel Bouquet, au Théâtre de la Porte Saint-Martin (à partir du 5 septembre).

Quoi de neuf ? Tchekhov. Une cerisaie, un Ivanov, bref la routine…
Côté auteurs contemporains, une fois de plus, Wajdi Mouawad est présent en force, avant d’être l’artiste associé du festival d’Avignon 2009. « Le soleil et la nuit ne peuvent se regarder en face », une commande de Dominique Pitoiset, déboule au Théâtre de la Ville (du 16 septembre au 8 octobre). « Incendies » sera mis en scène par Stanislas Nordey à la Colline (du 8 octobre au 2 novembre). Enfin, Malakoff accueille « Seuls » de, avec, et mis en scène par Mouawad, après sa création à Avignon (du 12 au 30 novembre).

On attend aussi la nouvelle pièce de Jean-Marie Besset, « Perthus », au Rond Point (du 9 septembre au 26 octobre) et le match Florian Zeller/ David Foenkinos. Les deux-jeunes-auteurs-très-à-la-mode sont au théâtre. Le premier écrit et met en scène Laetitia Casta (« Elle t’attend » à la Madeleine), le second s’amuse d’une agence matrimoniale en fin de règne (« Célibataires » au Studio des Champs Elysées).

Des Nordiques enfin. Lars Noren, comme toujours à l’affiche des Amandiers avec une pièce qu’il met en scène en hommage à Anna Politkovskaïa (du 7 au 25 octobre). Et Jon Fosse, mis en scène par David Géry, à l’Athénée. ("Rêve d’automne" à partir du 25 septembre).

A suivre sur le blog, et le mag scènes…






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