Archives > Novembre 2008Sacrée Yvette ! Il est des spectacles qui ont le goût rose thé, légèrement sucré du souvenir. « Je ne sais quoi », présenté jusqu’au 20 décembre au Théâtre de la Tempête (www), est de ceux-là. Pendant une heure, Nathalie Joly évoque celle que Freud jeune, de passage à Paris, admira au caf’ conc’ : Yvette Guilbert. C’est à l’occasion de son 150è anniversaire que la Société Psychanalytique de Paris fit la commande de ce spectacle. Guilbert et Freud, en effet, ont entretenu une correspondance (que l’on retrouve dans le livre-CD du spectacle) où l’un et l’autre comparent leur vision de l’acte d’interprétation. L’artiste cherche-t-il à exprimer ce qu’il n’est pas ? Ou au contraire dévoile-t-il malgré lui des parts cachées de sa personnalité ? Vaste et intéressant débat.« Je ne sais quoi », tout en convoquant la gestuelle et la gouaille de Guilbert, s’appuie sur une réelle maîtrise de son interprète. Comme jamais, Nathalie Joly excelle dans le « chanté parlé » qui font d’elles une rare « chanteuse de théâtre », sans les vibratos lyriques mais avec des changements de registre vocal qui paraissent on ne peut plus naturels. Guilbert en était la reine. Une partie du public, chenu, fredonne avec l’artiste les airs qui ont vaincu le temps dans le répertoire des chansonniers : « Madame Arthur » (d’où le spectacle tire son titre), « Le fiacre » (que Mireille et son petit Conservatoire ont porté à l’écran). Les plus jeunes trouveront sans doute un peu décalées ces histoires d’amants sorties tout droit d’un Toulouse-Lautrec. Mais justement, c’est un bond dans le temps qui nous est offert là, sans besoin de technologie avancée, par le seul charme de la citation, de l’élégance et de la « vérité », si chère à Guilbert. La traversée des apparences Plongée en Indonésie, le 22 novembre dernier, à la Cité de la Musique ! Plus précisément, au cœur du Ramayana, dont l’établissement présente, au cours de la saison, trois versions (celles de Thaïlande et d’Inde suivront). L’après-midi, un forum passionnant donnait quelques clés indispensables à l’appréhension de l’épopée et de ses différentes versions scéniques. Eternelle lutte de l’ordre et du désordre, le Ramayana prend ses racines dans l’hindouisme mais se colore des influences culturelles locales (islam et fonds javanais en Indonésie, boudhisme en Thaïlande). La version présentée ce samedi, par un ensemble javanais rejoint par les professeurs de gamelan de la Cité de la Musique, s’appuie sur la dextérité puissante du dalang. On nomme ainsi le manipulateur des formes colorées découpées dans du cuir (wayang kulit), qui accompagne vocalement sa prestation visuelle. Seul face à l’écran pendant deux heures trente, Sri Joko Raharjo ne faillit pas un instant ; il jongle avec les voix, manie les figurines avec précision et humour. Parfois Guignol n’est pas loin : les batailles entre les bons et les méchants, ponctuées de coups sur le nez, sont universelles. La Cité de la Musique a eu l’heureuse idée de créer un dispositif permettant aux spectateurs installés dans la salle de bénéficier à la fois de la vision de l’orchestre et du manipulateur placés derrière l’écran, et des ombres qui en résultent. Ces dernières, filmées et projetées sur un écran surplombant le castelet, ne sont en effet qu’apparences (traduction littérale de wayang). Spectacle ou leçon de vie ? Les deux à la fois pour qui sait prêter attention aux valeurs sous-jacentes à l’histoire. On attend avec intérêt les deux autres versions du Ramayana (thaïe en janvier et indienne en avril). Mais pour l’heure, c’est aux pays maya et aztèque que la Cité de la Musique nous convie, le week-end du 12 au 14 décembre.Des robots comédiens au Japon
Cela s'est passé, voilà quelques jours à l'université japonaise d'Osaka. La comédienne Minako Inoue a partagé l'affiche avec Momoko... robot humanoïde! Conçu par la société Mitsubishi, cet acteur d'un genre tout particulier joue pour l'heure les cobayes à durée limitée: une pièce de vingt minutes, écrite et mise en scène par l'artiste Oriza Hirata. Celui-là même qui a eu les honneurs du Festival d'Automne, dans le cadre duquel il a présenté le spectacle "Tokyo Notes" au Théâtre de Gennevilliers. La pièce pourrait être prolongée et présentée au grand public d'ici l'année prochaine. Si le système se généralise, notre ministère de la culture, soucieux de régler le sort des intermittents des spectacle, aura trouvé la méthode la plus radicale qui soit pour y parvenir! Quoi de neuf? Shakespeare!
A l'affiche: Othello à l'Odéon, jusqu'au 7 décembre. Le songe d'une nuit d'été aux Ateliers Berthier jusqu'au 18 décembre. www Mesure pour mesure jusqu'au 2 décembre MC 93 de Bobigny. www Coriolan jusqu'au 19 décembre à Nanterre-Amandiers dans le cadre du Festival d'Automne. www Les J-Dance : un regard sur la danse contemporaine japonaiseLa Maison de la Culture du Japon inaugure ce soir les J-Dance 08 : deux grands noms de la danse contemporaine japonaise participent à cette édition, qui se situe à mi-chemin entre tradition et modernité. Les 28 et 29 novembre, Kaiji Moriyama présentera trois de ses créations (un solo, un duo et un trio). Considéré comme un prodige de la danse, le chorégraphe intègre dans ses mouvements des éléments purement japonais, provenant notamment de pièces de théâtre Nô. C'est ainsi qu'il convie sur scène l'acteur de nô Reijiro Tsumura, figure incontournable au Japon. Révélation de l'Edinburgh Fringe Festival en 2001, Moriyama est, dit-on, « vif comme la lame d'une épée, aérien comme un elfe ». Les 5 et 6 décembre, ce sera au tour de Shiro Daïmon de présenter sa pièce ONI-Les grands désirs des dieux, dans laquelle sont mêlées les techniques du nô, du kabuki, de la danse contemporaine, du théâtre et de la musique. Créée en référénce à l'univers fantastique de l'écrivain Ryûnosuke Akutagawa, ONI entraîne dans un monde « d'une beauté primitive, d'une féroce sensualité ». Fidèle à Paris depuis 1976, Shiro Daïmon s'entoure de grands musiciens, maîtres de l'improvisation, et notamment, pour cette création, de François Rossé. Les J-Dance donnent l'occasion unique d'apercevoir une facette de la danse contemporaine japonaise. A ne pas manquer. ![]() Kaiji Moriyama (3 pièces). Vendredi 28 et samedi 29 novembre à 20h à la Maison de la culture du Japon à Paris OKINA avec Kaiji Moriyama et Reijiro Tsumura. Yoroboshi kasôkan, avec Kaiji Moriyama, Kaori Kagaya et Reijiro Tsumura. KURUI (création) avec Kaiji Moriyama.
Danseurs : Satchie Noro, Jean Guizerix, Shiro Daïmon Réservation MCJP Battuta: un dernier tour et puis s'en va...
![]()
Battuta, Théâtre Zingaro, Aubervilliers. Du 2 au 31 décembre. Festival Les Inaccoutumés : danse de corps et de désirPosté par Magali le 26.11.08 à 15:01
Inaccoutumé : tel est l'état d'esprit dans lequel doit se sentir le spectateur pour appréhender la programmation du festival organisé à la Ménagerie de Verre, à Paris.Jusqu'au 13 décembre, jeunes chorégraphes ou créateurs patentés, compagnies innovantes et primo-chorégraphes ont été invités par Marie-Thérèse Allier à prendre possession de la salle du 11e arrondissement de Paris et à y proposer des créations situées hors des normes et des langages rabâchés. Rare habitué des lieux, Alain Buffard revient à la Ménagerie de Verre avec son solo Good Boy, créé ici même il y a dix ans. La question du désir est au cœur de la programmation : Pascal Rambert, metteur en scène et directeur du theatre2gennevilliers, monte son premier projet chorégraphique, Libido Sciendi, où il est question de l'attraction physique des corps, comme dans la pièce In-Organic de Marcela Levi ou Pâquerette de François Chaignaud et Cecilia Bengolea. Désir auquel correspond la rencontre concrète des corps dans le I Like Him and He Likes Me du jeune chorégraphe Elie Hay, ou, en Point d'orgue, la guest list d'Yves Godin. Un festival de tous les possibles. Festival Les Inaccoutumés, à la Ménagerie de Verre, Paris, du 18 novembre au 13 décembre 2008 (www) Programme : Alain Buffard : Good Boy et My Lunch with Anna (18-22 novembre) ; Self&Others (2-6 décembre) Pascal Rambert : Libido Sciendi (22, 29 novembre et 6 décembre) François Chaignaud et Cecilia Bengolea : Pâquerette (25-27 novembre) Marcela Levi : In-Organic (25-27 novembre) Elie Hay : I Like Him and He Likes Me (28-29 novembre) Yves Godin and Guests : Point d'orgue (Yves-Noël Genod le 9 décembre ; Vincent Dupont, le 10 ; Olivia Grandville, François Chaignaud et Fanny de Chaillé, le 11 ; Métamkine, le 12 ; Boris Charmatz, le 13) Photo : Marcela Levi, In-Organic, 2007. Courtesy Ménagerie de verre © Claudia Garcia Leeb et Silhol se font une scène En cette rentrée plutôt morose pour les théâtres privés, un spectacle cartonne, en ce moment à la Comédie des Champs Elysées, et on ne comprend pas bien pourquoi, après y être allés voir d'un peu plus près. "Parle-moi d'amour", la première pièce de Philippe Claudel réunit Michel Leeb et Caroline Silhol dans une scène de ménage à rallonge. La première surprise, et de taille, c'est que Leeb y est bon. Si, si... Après avoir abruti le public de ses imitations douteuses d'Africains et Asiatiques sur scène, d'abeilles et de cafards à la télé (dans la pub Baygon, vous vous souvenez), après avoir poussé la chansonnette dans des spectacles très music-hall, le voilà qui donne dans le théâtre, le vrai, et plutôt bien. Il joue juste, clair, évite le piège de la caricature. Sa partenaire ne démérite pas. Mais l'autre surprise, et pas bonne celle-là, c'est le texte. L'idée de découvrir la première oeuvre théâtrale de Philippe Claudel, romancier dense (on lui doit Les �mes grises) et réalisateur subtil (Voyez son film, Il y a longtemps que je t'aime, tout en émotions et en délicatesse), nous réjouissait. Mais ce couple de petits bourgeois qui se balance des horreurs à la figure dans son appartement cossu et design du 7e arrondissement, où tout y passe (racisme, clichés, sexisme etc...) ne nous amuse pas du tout et on est confondus devant tant de vulgarité. Certains ont vu dans cette histoire d'amour vache quelque proximité avec "Qui a peur de Virginia Woolf". On en est loin, très loin.Sting et Elvis Costello s'essaient à l'opéra!
"Welcome to the voice", ou une idylle qui se noue dans un décor unique, celui de marches d'opéra, où ledit Dionysos reçoit aussi les visites des fantômes de Carmen, Norma et Butterfly avant de se faire serrer par un commissaire de police. Vous me suivez toujours? Sans grande surprise, c'est le beau leader de Police qui joue les ouvriers romantiques, et Costello les flics zélés. Détail de taille, "Welcome to the voice" est riche d'espoir et ne se termine pas dans un bain de sang. Détail mineur, Joe Sumner, fils de Gordon (alias Sting) est aussi de la partie, tout comme la chanteuse Sylvia Schwartz. Une curiosité, à découvrir quatre jours encore. Welcome to the voice, jusqu'au 25 novembre, Théâtre du Châtelet. Album édité chez Deutsche Grammophon.
Cocasses, foldingues, les Diablogues
Il y avait une tragique ironie au couronnement de Roland Dubillard, lors de la dernière cérémonie des Molière en avril. La grand-messe du théâtre remettait à l'auteur la statuette de meilleur auteur, pour des textes écrits voilà plusieurs décennies, "Les diablogues"... Et lui ne pouvait répondre à cet hommage, privé de parole depuis une attaque cérébrale. La parole, le langage, c'est précisément ce qu'il démonte avec un humour diabolique, loufoque, absurde, dans ces saynètes à l'origine écrites pour la radio. Anne Bourgeois les porte à la scène avec, dans les rôles des deux dialogueurs -voltigeurs métaphysiques- Jacques Gamblin et François Morel. Le spectacle, formidable fait un carton plein depuis sa création l'an dernier et revient donc au Théâtre du Rond-Point pour quelques semaines. Un et Deux s'interrogent sur les effets de la pluie, l'efficacité des compte-gouttes ou le bonheur de la montagne. Quiproquos, non sens, échanges foldingues se succèdent dans une mécanique d'une redoutable précision. C'est drôle, poétique, surréaliste et réjouissant. Ne les ratez pas... Illus © Philippe Delacroix Les Diablogues au Théâtre du Rond-Point jusqu'au 7 décembre. S'agite et se pavane : Bergman au nouveau théâtre de Montreuil
S'agite et se pavane, qui raconte l'histoire de l'oncle Carl, déjà présent dans Fanny et alexandre, est une variation sur les obsessions que Bergmann a filmé sous tous les angles : angoisse face à la possibilité de la folie et la certitude de la mort, fascination pour les images, pour la musique, pour la présence scénique des acteurs.
La pièce commence dans une clinique psychiatrique où Carl, inventeur prolifique, rencontre un autre patient, Osvald Vogler avec qui il se lance dans une entreprise utopique : tourner un film dont des acteurs en chair et en os, dissimulés aux spectateurs, en diraient les répliques, ironique tentative d'hybridation des deux arts auxquels Bergman a consacré sa vie. Quittant l'univers étroit et glacé de la clinique, accompagnés de Pauline, la jeune fiancée de Carl, les voilà donc partis dans un voyage itinérant qui les conduit en Dalécarlie, où Carl (comme Bergman lui-même) a passé son enfance.
La mise en scène de Célie Pauthe restitue très adéquatement les différentes facettes de l'univers bergmanien. La rupture dramaturgique entre les deux parties de la pièce est soulignée par la constitution de deux univers antagonistes. La chambre figurée sur le devant de la scène, sans profondeur, est éclairée par une lumière dure répondant à la couleur dominante gris acier, alors que lorsque les personages se retrouvent dans leur cinéma de fortune, l'obscurité de l'hiver scandinave et le froid extérieur est adouci par l'éclairage des bougies, l'usage de coins et de recoins que des jeux de lumière, montrent ou cachent aux spectateurs.
Un début d'incendie oblige Carl et Pauline à improviser une représentation théâtrale. La mise en abyme produite par le fait de jouer une pièce dans la pièce, procédé Shakespierien s'il en est (le titre est d'ailleurs une citation de Macbeth) est figurée par ces espaces qui s'ouvrent et se referment, et par les acteurs (Marc Berman, génial Carl Akerblom) qui maîtrisent parfaitement le passage éclair du pathétique au trivial.
Crédit photo : Brigitte Enguerand
S'agite et se pavane, jusqu'au 21 novembre, puis du 11 au 20 décembre au Nouveau théâtre de Montreuil (www)
Réserver vos places pour ce spectacle sur Fluctuat. Christophe Pellet - Le théâtre par les femmes
Fin du vingtième siècle. Une actrice célèbre sur le déclin tente de faire revivre un théâtre au bord de la ruine. Tel est le point de départ d'Une nuit dans la montagne, deuxième volet d'un projet que le Théâtre de l'Erre avait inauguré en 2007 avec la création de Quand nous nous réveillerons d'entre les morts, d'Henrik Ibsen. Une nuit dans la montagne fait écho à la pièce d'Ibsen et s'en inspire dans la forme. Christophe Pellet, auteur de ce texte très dense et plein de mystères, a accepté de répondre à nos questions :
Ecrite sous la forme d'une joute verbale, votre pièce ne suit pas vraiment l'air du temps qui est plutôt à la concision, la fragmentation, et même à l'absence de mots. Illus © Pierre Grosbois Les justes prennent la Bastille !
![]() Tout cela n'irait pas bien loin si le dispositif qui prend de grandes libertés avec le texte et empêche toute identification avec les personnages, ne prenait pas le texte très au sérieux. L'ironie portée par ces prodédés distanciatoires répond à la question de savoir comment monter aujourd'hui une pièce aussi datée. Lorsque Camus a écrit Les Justes, il répondait aux Les Mains sales de Jean-Paul Sartre pour donner son propre point de vue sur l'usage de la violence à des fins politiques. Ce n'est pas de la Russie de 1905 dont il s'agit ici (d'ailleurs le texte ne fait jamais mention de la révolution manquée qui a pourtant eu lieu à l'époque des événements racontés). Il s'agit dans cette pièce, représentée pour la première fois en 1949, de la Résistance avec une majuscule, c'est-à-dire du mythe forgé à la Libération qui héroïsait le combat des maquisards contre l'occupant nazi. Héroïsation bien compréhensible dans le contexte. Mais aujourd'hui ? Qu'entend-on par "terroriste" ? Oussama Ben Laden, ou à la rigueur les membres de la Rote Armee Fraction, qu'un film très controversé vient de rappeler à notre souvenir. Pas de héros donc, mais au mieux des idéalistes imbéciles, au pire des criminels qui représentent autant d'ennemis irréductibles. C'était donc un pari risqué que de présenter à un public qui en entend parler tous les jours à la télévision, des terroristes comme des braves, dont les choix stratégiques sont discutables, mais dont la cause est juste. Pour se sortir de ce guépier, Gwénaël Morin choisit de rompre continuellement l'équilibre entre la compréhension et la distance. Pour ce faire, il emploie des procédés déjà vus, mais en les détournant. Je ne les décrirai pas plus avant afin de pas gâcher la surprise de ceux qui iront les découvrir, mais le fait est que le pari de rendre actuelle la pièce de Camus est tenu. Les Justes d'Albert Camus, mise en scène de Gwénaël Morin, jusqu'au 23 novembre au Théâtre de la Bastille (www) Crédit photo : Marc Domage Huppert dirigée par Warlikovski
Cela devrait se passer au théâtre de l'Odéon l'an prochain, et c'est un projet pour le moins passionnant... Le retour au théâtre de la rousse comédienne, après la pièce de Yasmina Reza, "Le dieu du carnage", la saison passée (lire notre chronique ici). Théâtres privés: c'est la cata
"Où est le centre du monde ? Mr Castang le sait.Quel est le sens de la vie ? Mr Castang a la réponse. Comment sauver le monde occidental de l'Ennui ? Demandez à Mr Castang." Voilà ce qu'assure l'annonce du spectacle. Espérons que Mr Castang sait aussi comment sauver le théâtre de la désertification absolue... Looking for Mr Castang, Théâtre Marigny, du 16/12 au 10/1. Timsit, le spectacle de l'homme seul debout
Mais il retrouve aussi le costume qu'il affectionne le plus, celui d'humoriste seul en scène. Dans The one man stand-up show, logiquement sous-titré "le spectacle de l'homme seul debout" (!), le féroce croqueur de notre société et de tous ses travers reprend du service et ça devrait dépoter. "Fallait pas me réveiller!", clame-t-il. Après l'Olympia et une tournée au long cours, il revient à Paris. Avec Valérie Lemercier au Palace et l'ami Timsit à la Cigale, les amateurs d'humour lisse et nombriliste peuvent passer leur chemin... Patrick Timsit à la Cigale, du 2 au 13 décembre. Fantasmagorique Côte d'Azur![]()
Côte d'Azur, machine à fantasmes... Tout d'abord, il y a le trajet, véritable petit plaisir par lui-même. Consulter les horaires, rejoindre la gare, monter dans le wagon, voir les stations défiler, rêver devant les noms des gares éclairées au néon : Maisons-Alfort, Villeneuve-saint-Georges, Boussy-saint-Antoine, Combs-la-ville, Lieusaint ! Puis il y a l'accueil, chaleureux, provincial presque. Les petites loupiottes, les tartes salées, le vin blanc au frais. On se sent bien. Au signal d'appel, on peut s'approcher. On peut chercher à voir. On reluque à travers les rainures de la palissade. On guette le volet qui s'ouvre. Les filles sont belles, étrangement belles. Une radio laisse échapper des bribes d'émissions, de musiques d'un temps plus que passé. Des hommes tapent sur des grosses caisses, tapent sur des femmes, violent des femmes. Tout le monde se jette à l'eau, se noie dans l'eau, l'eau nettoie, efface les traces. Derrière la palissade, quelle liberté, quelle sécurité ! Les cris, les pleurs sont à l'intérieur. Les écrans rassurent : non, je ne manque aucune image de ce monde en décomposition. Le nouveau rêve éveillé imaginé par Denis Chabroullet dépote, comme chaque acte posé par le théâtre de la Mezzanine. De derrière la palissade, cela est très beau, vraiment très beau. Mais que la clôture menace de céder et alors gare, cette Côte d'Azur peut devenir bien effrayante ! Côte d'Azur, une création du Théâtre de la Mezzanine, à voir absolument Illus © Christophe Raynaud De Lage La divine miss V prend ses quartiers à Hébertot
![]()
On avait découvert ce personnage truculent au festival d'Avignon 2007, dans la salle du Petit Chien. Miss V, alias Diana Vreeland, rédactrice en chef de Vogue, celle qui fit et défit les courants et les personnes... avant de se faire renvoyer. Dans son salon aux teintes rouges, roses et pourpres, elle se repasse le film de son existence, puissante et dérisoire, cocasse et terrible, entre drôlerie et férocité. Claire Nadeau prêtait ses traits au personnage croqué par Mark Hampton et Mary Louise Wilson. Jean-Marie Besset signait l'adaptation française, Jean-Paul Muel la mise en scène. Le spectacle est revenu à Paris en septembre, au Théâtre du Rond Point. L'escale parisienne se prolonge au Théâtre Hébertot, dès le 21 novembre et jusqu'au 4 janvier. Miss V remplace Monsieur C, alias Clérambard, personnage de Marcel Aymé interprété par Jean-Marie Bigard, qui a quitté les lieux précipitamment! (lire ici). Une raison de se réjouir. Illus © Brigitte Enguerand La divine miss V, jusqu'au 4 janvier 2009, Théâtre Hebertot, Paris. Decouflé prend les rênes artistiques du Crazy Horse Pour une surprise... Philippe Découflé, danseur, chorégraphe, metteur en scène foisonnant vient d'être nommé directeur artistique du Crazy Horse! Celui qui présida aux destinées de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques d'Albertvile, de la dernière Coupe du monde de rugby, de l'ouverture du cinquantième festival de Cannes, pour ne citer qu'eux, celui qui signa des spectacles aussi denses que délirants s'apprête donc à imprimer sa patte singulière au célébrissime cabaret, créé en 1951 par Alain Bernardin. Il va donc lui offrir un "nouvel élan créatif", de l'aveu même de sa directrice. La nouvelle revue sera dévoilée à l'été 2009, mais nul doute que le cabaret-à-papa devrait connaître un sérieux coup de jeune, et de folie. Couteau de nuit - quand l'air du temps se fait irrespirable
Couteau de nuit, texte et mise en scène Nadia Xerri-L. Photo © JP Lozouet Face au mur - la trilogie explosive de Martin Crimp
![]() Notre monde est joli. Notre vie est jolie, confortable surtout, jolie, confortable et ronde comme cette montagne de ballons que le spectateur peut admirer sur la plateau du théâtre. Mais gare : à fouler un tel sol, on risque l'explosion à chaque instant. Et soyons en sûrs : le boum sera toujours inattendu. C'est cette bascule toujours possible vers le pire que dit Martin Crimp dans trois courtes pièces qu'Hubert Colas présente dans une même scénographie placée sous l'égide du ballon de baudruche. Mais si l'horreur plane, le rire n'est pas absent. Il surgit souvent de cette façon qu'ont les narrateurs de sembler inventer l'histoire sur place, pour nous, un peu au hasard, un peu en se trompant, de cette façon qu'ils ont de chercher à nous égarer en disant "oui-non-oui", "ne m'aidez pas","j'ai dit ça, moi?". Le texte de Martin Crimp est un vrai bonheur de mots. Dans la bouche des comédiens d'Hubert Colas, et avec tous ces ballons, cela donne un joli bijou de théâtre. Tout va très très bien. Boum. Face au mur, trilogie composée de trois pièces courtes : Ciel bleu ciel, Face au mur et Tout va mieux, de Martin Crimp, mise en scène Hubert Colas Photo : Hervé Bellamy A noter : vendredi 14 novembre, rencontre avec Martin Crimp à 19h30 à la Maison des Métallos Rosella Hightower, salut l'étoile!
Illus Rosella hightower en 1962. C Mayvald. MAR.T.O: marionnettes en goguette
Illus "Les aveugles" par la compagnie trois-six-trente. © Ivan Boccara MAR.T.O du 12 novembre au 13 décembre.www Valérie Lemercier: ça c'est Palace!
Lire la critique de Valérie Lemercier au Palace Valérie Lemercier au Palace! (Paris 9e), à partir du 5 novembre. Cher Alain Delon,Posté par Nedjma le 03.11.08 à 15:12
Vous avez sabordé le "Bateau pour Lipaïa" car on ne voulait pas vous payer assez (lire ici). Et voilà que, au détour d'une publicité grand format dans un quotidien du Soir, on apprend votre retour sur la scène du Théâtre de la Madeleine, aux côtés d'Anouk Aimée dans "Love letters", texte à succès d'Albert Ramsdell Gurney, relation épistolaire culte. Après Jacques Weber, après Philippe Noiret donc, à vous d'échanger une correspondance passionnée, amicale, enflammée avec la dense interprète de "Lola". Certains s'en réjouiront, d'autres le regretteront. Vous signez la mise en scène cette fois et le théâtre promet "Vingt représentations exceptionnelles". Mais les sites de ventes de places annoncent des représentations jusqu'au 11 décembre et le théâtre finit par lâcher "Oui oui c'est sûr, on espère prolonger". Mais bien sûr que vous allez "prolonger", Alain Delon. Et certainement plus tard que ça, non? Car quand on est acteur, et même à 72 ans, on a du mal à tourner le dos à un public qu'on aime et qui nous le rend bien, et qui continue de nous suivre après "Sur la route de Madison"! Ménagez-vous, quand même... Bien à vous. Clérambard: Bigard jette l'éponge
|
Discussions en cours sur le forum théâtre :
|