Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.

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Les névroses sexuelles de nos parents

Posté par JdF le 26.02.09 à 17:43 | tags : paris villette, théâtre

 

Hauke Lanz met en scène au théâtre Paris-Villette la pièce de Lukas Bärfuss, Les Névroses sexuelles de nos parents qui raconte les déboires engendrés par le comportement d'une jeune femme, Dora, enfermée depuis son enfance dans une camisole chimique, dont la mère décide d'arrêter le traitement. La jeune femme naît donc à l'âge adulte, dans un mode qu'elle ne comprend pas. Figure post-moderne de l'enfant sauvage, Dora est obéissante : tout se passe bien jusqu'à que sa découverte de la sexualité, corrolée à son absence de frein sexuel, comme disent les psychiatres, plongent ses parents, son médecin et son patron, dans le désarroi.

 

Un dispositif simplissime : les trois acteurs et actrices jouent six personnages, c'est-à-dire qu'ils se changent à vue lorsqu'ils change de rôle, allié à un parti pris plein d'humanité et de compassion pour l'ensemble des êtres qui vivent cette histoire, fait qu'à aucun moment, la pièce ne tourne à la farce, et que jamais, les représentants de la norme, parents, médecin, commerçant, ne soit vus comme des philistins imbéciles. Simplement, Dora par sa candeur et la manière directe dont elle exprime son désir, met à nu les règle et tabous sociaux que les autres personnages ont tant de mal à expliquer à Dora.

Signalons que le spectacle s'inscrit dans le dispositif X-réseau, lancé par Agnes de Cayeux qui permet aux internautes de s'insérer dans le dispostif et de faire des propositions de mise en scène. En savoir plus ? c'est ici

Les névrose séxuelle de nos parents, mise en scène de Hauke Lanz, Frédéric Leidgens, Pierre Maillet, Murielle Martinellei, Laure Wolf, jusqu'au 14 mars au Théâtre Paris-Villette.

Réserver vos places, c'est ici

Illus Fred Kihn 




Des acteurs, des poètes et le rire

Posté par Nedjma le 26.02.09 à 10:37 | tags : théâtre
Joli lever de rideau pour le printemps des poètes cette année. Puisque les poètes ont toujours su, ou presque, rire de tout, c'est sous le signe du rire que sera placée la soirée du 2 mars, avec un plateau des plus savoureux. Jugez plutôt: Denis Podalydès (illus dr), Fellag, Denis Lavant et d'autres encore, vont faire valser les mots de Jean Tardieu, Raymond Queneau, Roland Dubillard ou encore Henri Michaux. On allait oublier essentiel, c'est Jacques Bonnaffé qui joue les Monsieur Loyal...
En rire(s), Printemps des poètes, lundi 2 mars, Folies Bergère à 20h30. Entrée libre.






Vanves danse jusqu'au printemps

Posté par Nedjma le 25.02.09 à 17:30 | tags : danse, festival

 


 

Une longue saison de danse. Le théâtre de Vanves, scène conventionnée pour la danse célèbre l'art chorégraphique avec, depuis septembre dernier, cette onzième édition d'Artdanthé, rendez-vous toujours foisonnant. Au total 36 compagnies invitées, 43 spectacles présentés, des rési-danses, des conférences et des soirées festives pour un "festival sans ligne ni tabou, mais la danse toujours en première ligne". Après François Chaigneau et Cécilia Bengolea, Kataline Patkaï et Yves-Noël Genod, une petite quinzaine de jours encore, et des spectacles à découvrir, signés Boris Charmatz, Frédérika UNger et Jérôle Ferron. Puis viendra le printemps...




63e festival d'Avignon: un avant-goût...

Posté par Nedjma le 24.02.09 à 09:54 | tags : théâtre, festival d'avignon

La soixante-troisième édition du festival d'Avignon se tiendra du 7 au 29 juillet prochain. On connaîtra les grandes lignes de la programmation le 20 mars prochain et le programme détaillé mi-mai. On a déjà quelques éléments propices à nous faire saliver... Wajdi Mouawad sera l'artiste associé du festival 2009, la chose est connue depuis près de deux ans. L'auteur-acteur-metteur en scène libanais devrait reprendre la mise en scène de certaines de ses pièces et dévoiler une création. Le metteur en scène Stanislas Nordey notamment jouera l'acteur pour Mouawad, dont il avait mis en scène "Incendies" à l'automne dernier. Par ailleurs, le metteur en scène Joël Jouanneau présentera "Sous l'oeil d'Oedipe". L'artiste est coutumier de l'événement, où il a déjà présenté une dizaine de projets depuis 1989. Enfin, le chorégraphe Rachid Ouramdane -qui partage en ce moment l'affiche avec Pascal Rambert, au Théâtre2Gennevilliers- dévoilera sa nouvelle création "Des témoins ordinaires". Il rencontrera le public avignonnais pour lui dévoiler les grandes lignes de cette pièce le 16 mars prochain.

Pour ce qui est du Off, il faudra attendre juillet pour connaître les temps forts à venir. 

Illus Joël Jouanneau dr 

63e Festival d'Avignon, du 7 au 29 juillet 2009.




De Molière à Claudel, des marathons théâtraux

Posté par Nedjma le 23.02.09 à 17:11 | tags : théâtre, odéon

 

Il y a des moments où le théâtre c'est long, très long. Ou on a les yeux rivés sur la montre, alors que le spectacle auquel on assiste dure deux petites heures. Et d'autres où on se laisse embarquer avec bonheur dans des épopées au long cours. Lyriques, poétiques, comiques, christiques... Il y a l'embarras du choix. Des voyages mémorables de théâtre, ces dernières années, les spectatrices de "Saisons" en ont fait quelques uns: "Par dessus bord" de Michel Vinaver, au Théâtre de la Colline; "Les Ephémères", d'Ariane Mnouchkine, au Théâtre du Soleil; "L'apocalypse joyeuse" d'Olivier Py. Réjouissez-vous, mars leur fera la part belle, à ces marathons de théâtre. Avec Olivier Py d'abord, encore lui, qui reprend, cinq ans après sa création, son "Soulier de Satin", à l'Odéon, avec toute sa fine équipe d'acteurs et Jeanne Balibar. Vous aurez la possibilité de découvrir l'oeuvre de Claudel en onze heures d'intégrale, le samedi, ou en deux soirées, durant la semaine, les mercredis et jeudis -il faut bien que les comédiens soufflent un peu, entre deux représentations!-. Autre réjouissance annoncée, plus joyeuse celle-là, les Comédies de Molière montées par Christian Schiaretti. Au menu, théâtre de tréteaux, satire sociale et charge amusante qui ne craignent pas de forcer le trait. Cinq courtes pièces écrites entre 1658 et 1661: "L'école des maris", "Sganarelle ou le cocu imaginaire", "Les Précieuses Ridicules", "La jalousie du barbouillé" et "Le médecin volant". Intégrale le dimanche, d'une durée de 4h40 (seulement!) et représentations des pièces fragmentées pendant la semaine (Illus Christian Ganet). C'est au Théâtre 71 de Malakoff que ça se passe...

 

Le soulier de satin, Odéon du 7 au 29 mars.
Cinq comédies de Molière, Théâtre 71 de Malakoff du 25 mars au 10 avril, puis en tournée.




Pennac "would prefer not to"

Posté par Nedjma le 20.02.09 à 11:25 | tags : théâtre

De bons auteurs sont parfois de piètres lecteurs, ou acteurs. Peu s'essaient d'ailleurs à l'exercice, souvent casse-gueule. Daniel Pennac lui, "forcé" par Jean-Michel Ribes avait joué à la scène, au Théâtre du Rond-Point, son texte "Merci". Exercice de style -mais pas uniquement- sincèrement jubilatoire, variation sur le thème du remerciement. Cette fois, l'auteur de "Monsieur Malaussène" lit le texte d'un autre, "Bartleby le scribe", d'Herman Melville. Ou l'histoire d'un homme qui souhaite arrêter de jouer le jeu des hommes, et l'exprime par un refus poli (le cultissime "I would prefer not to"), sans plus d'explication. Le narrateur de l'histoire lui, veut comprendre... C'est François Duval qui signe la mise en espace. Une oeuvre vraiment digne d'intérêt.

Illus dr

Bartleby par Daniel Pennac, à partir du vendredi 20 février, jusqu'au 30 avril, Théâtre Pépinière Opéra.




Hip-hop dans tous ses états au 104

Posté par Nedjma le 19.02.09 à 10:42 | tags : expos à paris, musique, danse, 104
DJ’s, Mc’s, breakeurs, graffeurs et slameurs à l’affiche au 104 pour un week-end tout entier dédié aux cultures urbaines. Spectacles, réalisation de fresque en public, concerts et expos au programme. Suivez le guide

Vendredi 20, 20h : « Lol » par la compagnie Rualité : un conte de fée moderne entre danse, graff, humour et vidéo.

Samedi 21, 15h : Noé Two réalise une fresque dans la Nef Curial. 16h : Projection du film « Slam, ce qui nous brûle » avec le réalisateur Pascal Tessaud et les slameurs qu’on y découvre. 18h : Scène ouverte de slam. 21h : soirée hip-hop et show case de plusieurs groupes : Les sages poètes de la rue, Busta Flex etc.

Dimanche 22, 15h : Projection d’un documentaire consacré aux Sages poètes de la rue (illus dr). 17h : slam session. Egalement, tout au long du week-end, des expos, et des parcours déambulations dans le quartier…

Week-end cultures urbaines au 104




Curieux manque d’Hair

Posté par Nedjma le 18.02.09 à 09:58 | tags : comédie musicale

Est-ce nous qui avons pris un sérieux coup de vieux ? Est-ce cette grande fresque musicale hippie et contestataire au message engagé qui, portée par un vent libertaire à sa création fit scandale? Est-ce le Trianon, salle surannée et charmante, mais un peu à l’abandon ? Peut-être un peu des trois… Toujours est-il qu’à l’arrivée, l’enthousiasme qui nous avait poussé à aller voir « Hair », quarante ans après sa création parisienne est retombé.

On peut aimer ou pas les musicals à la française, mais il faut avouer que « Cabaret » ou « Le Roi Lion » (certes, avec d’autres moyens) montés récemment à Paris étaient un cran au-dessus. Après le film de Milos Forman, voilà donc l'oeuvre de nouveau à la scène. Une fine équipe de 13 danseurs-chanteurs parés de couleurs pétaradantes et de perruques explosives se dépense sans compter, donne de la voix et du corps avec un vrai talent dans des chansons qui alternent VO –pas de doute, ça a quand même une autre gueule !- et VF.

Ici et là, quelques trouvailles visuelles. Mais un décor en carton pâte, une mise en scène qui manque de rythme (Ned Grujic, généralement plus inspiré), un son limite et une bande enregistrée aux orchestrations un peu plan-plan donnent à l’ensemble des allures de comédie musicale datée. Même « Let the sun shine in », hymne d’une génération pacifiste et diablement généreuse nous laisse enfoncés dans nos fauteuils… Que sont nos années folles devenues ?

Hair Jusqu’au 28 mars, Trianon, 20h.




Théâtre permanent à Aubervilliers

Posté par JdF le 18.02.09 à 09:33 | tags : théâtre

Gwénaël Morin et son équipe investissent pendant l'année 2009 les laboratoires d'Aubervilliers et y proposent six spectacles : Lorenzaccio, Le Tartuffe, Hamlet, Bérénice, Antigone et Woyzeck seront joués tous les soirs pendant deux mois chacun. Les représentations sont ouvertes librement au pubic. Chaque matin, un acteur de la troupe a la charge de transmettre individuellementle rôle qu'il assume chaque soir en représentation : ces ateliers permettent de donner aux visiteurs les moyens de comprendre le processus d'élaboration du spectacle.

Jusqu'au 24 février, c'est donc Lorenzzaccio, d'après Alfred de Musset, que Guillaume Baillard, Stéphanie Béghain, Fanny de Chaillé, Grégoire Monsaingeon, Barbara Jung et Julian Eggerickx proposent dans une mise en scène pleine d'allant et de fantaisie. Les six acteurs jouent la vingtaine de rôle de la pièce, rabotée pour l'acccasion (jouée en entier elle durerait quatre ou cinq heures) et interrompue par des considérations du metteur en scène sur les événements historiques qui ont formé le matériau de la pièce et les choix dramaturgiques de Musset.

Un jeu distancié, une réflexion sur la portée d'une œuvre historico/politique, on est un peu dans Brecht, non ? Un espace scénique autour duquel acteurs et spectateurs sont assis côte à côte, une bannière portée par les acteurs qui fait référence à l'histoire de la figuration plastique du réel. Le tout a un petit air de "pièce didactique", du genre de celles que Brecht avait écrites et mis en scène, sous forme d'excercices dialectiques à l'usages des militant du Parti communiste allemand, à la fin des années 20.

Si, aujourd'hui, nous ne sommes plus dans le même contexte, il n'est pas anodin que l'équipe présente cette entreprise "comme une expérience politique aussi bien du point de vue de la création et du collectif que de la volonté d'expérimenter et d'inventer des rapports nouveaux à un lieu, un environnement et un public".

Théâtre permanent aux Labos d'Aubervilliers à 20h, tous les soirs, sauf dimanche. Jusqu'au 24 févier, Lorenzzaccio, d'après Musset, mis en scène par Gwénaël Morin, avec Guillaume Baillard, Stéphanie Béghain, Fanny de Chaillé, Grégoire Monsaingeon, Barbara Jung et Julian Eggerickx, entrée libre.

À partir du 1er mars, Tartuffe, d'après Molière, même équipe.

Crédit photo : Marc Domage.




Sur le pont d'Avignon, on y danse

Posté par Nedjma le 13.02.09 à 19:13 | tags : danse, festival

S'il n'y a pas tant de raisons que ça d'aimer la froide saison, celle-ci en est une bonne: les Hivernales d'Avignon. Le festival de danse, né pour rythmer un février très calme dans une terre de théâtre existe depuis trente ans déjà. Depuis trente ans déjà il célèbre la danse sous toutes ses formes, les danses, contemporain et hip-hop, jazz et baroque, en ouvrant grand ses bras à des chorégraphes de renom tout autant qu'à de jeunes talents. Depuis trente ans s'y sont succédés Josef Nadj et Maguy Marin, Régine Chopinot et Kader Attou, tant d'autres encore. La légende d'Avignon n'a jamais si bien porté son nom. Sur son pont, mais surtout partout ailleurs, on y danse du matin au soir. Car là est la spécificité de ce rendez-vous singulier. Le soir on y voit des spectacles, dans des salles conventionnelles, dans des chapelles, dans des studios, et la journée on y pratique l'art chorégraphique. Qu'on soit néophyte ou professionnel, on se frotte à la danse sous la houlette des chorégraphes invités. Danse africaine et danse contemporaine, salsa et méthode Feldenkrais, comédie musicale et jazz, un foisonnant mélange des genres. Et sitôt stages et spectacles terminés... on danse encore. Dans des bistrots, dans des bals. Etonnant, non? Si vous ne connaissez pas, c'est le moment ou jamais de boucler vos valises. La trente-et-unième édition commence dans une petite semaine. Thématique retenue, "Danses étranges". "A travers des univers mystérieux et énigmatiques, les chorégraphes n'auront de cesse de brouiller les pistes, naviguant entre virtuel et réel, nous entraînant dans des polars haletants ou convoquant des démons funestes ou bienveillants". Parmi les créateurs invités cette fois, Andy De Groat, Anna Ventura, Stéphane Gladyszewski, Stéphanie Nataf, Josef Nadj -grand habitué des lieux- et Thomas Lebrun (illus). Expositions, conférences, projections et promenades littéraires complèteront ce programme prometteur.

Hivernales d'Avignon, du 19 au 28 février. Tel 04 90 82 33 12.




Fin de partie pour "Le Cid" d'Alain Ollivier

Posté par Nedjma le 13.02.09 à 14:19 | tags : théâtre

Après avoir créé Le Cid au Festival "Les nuits de Fourvière" à Lyon voilà près de deux ans, après l'avoir présenté au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis dans la foulée, ce qui en faisait sa dernière création comme maître des lieux, le metteur en scène Alain Ollivier a pris la route avec ce chef d'oeuvre de Corneille avec sa fine équipe. Les amours contrariées par la famille et le code de l'honneur de Rodrigue et Chimène se dévoilent au public une dernière fois. Ce sera la 130e et dernière représentation. En attendant de nouveaux projets, de nouvelles réjouissances...

Illus Bellamy

Le Cid au Théâtre des Jacobins de Dinan, mardi 24 février.





Dita Von Teese enflamme le Crazy Horse

Posté par Nedjma le 11.02.09 à 13:01

 Le Crazy Horse, escale incontournable... Après Arielle Dombasle et avant Philippe Decouflé aux manœuvres artistiques, c'est Dita Von Teese qui y a pris ses quartiers, trois ans après son premier passage ici.

Le strip tease ? Tout un art... Du moins quand c'est l'ex-femme de Marilyn Manson, pin up diablement glam et fétichiste, rétro et délicieusement grivoise qui le pratique. « Il est une façon d'adorer la féminité, de trouver la beauté dans les extrêmes », clame-t-elle. Dans ce temple du nu chic, la brune atomique s'effeuille, chaque soir pendant un mois. Et tout ce que le Paris de la mode compte de personnalités y accourt : Jean-Paul Gaultier et Sonia Rykiel, Chantal Thomass ou Jean-Charles de Castelbajac... Au programme, trois tableaux conçus par Ali Mahdavi. Elle est tour à tour diva et héroïne de film noir. Ses tenues sont signées Eli Saab et ses escarpins, Christian Louboutin. Pas de doute, les semelles rouges font un effet du tonnerre quand elles sont les seuls vestiges accrochés au corps de la belle, dans le plus simple appareil. Illus dr

Dita Von Teese au Crazy Horse jusqu'au 15 février.





Rêve de cirque déshabillé - 20e / Première

Posté par Catherine le 10.02.09 à 09:00 | tags : cirque

Oh qu'ils sont croustillants les acrobates en boxers noirs de la 20ème promotion du CNAC ! En voici un petit aperçu à gauche, mais croyez moi, une photo n'est rien comparée au plaisir d'admirer leur... hum, agilité, de près, à l'Espace chapiteaux de la Villette, où ils n'attendent que vous pour une petite semaine encore.

Ils sont beaux donc, souples bien sûr, et facétieux aussi, ce qui ne gâche rien. Georges Lavaudant a accompagné ces charmants jeunes hommes voltigeurs et leurs comparses au fil, au mât chinois, au mât pendulaire, ou encore, agrès assez impressionnant, au fil souple, dans une présentation de leur savoir-faire en forme de clin d'oeil au cirque traditionnel, voire au cirque à grand spectacle, avec une échappée nostalgique vers des horizons plus cinématographiques. Moultes références, certaines très rigolotes comme ce numéro de domptage de bicyclettes féroces au sérieux déconcertant, d'autres plus pointues, surtout côté cinéma, mais l'ensemble reste très lisible et offre de vrais instants de ravissement. Un beau rêve de cirque dont il serait dommage de se priver.

 

20e/Première - spectacle des étudiants de la 20ème promotion du Centre National des Arts du Cirque.
Mise en piste Georges Lavaudant / Cie LG théâtre
Espace Chapiteaux de la Villette - jusqu'au 15 février




Un Songe polonais

Posté par JdF le 09.02.09 à 13:01 | tags : mc93, standard idéal

 

Dernier spectacle du standard idéal, Le Songe d'une nuit d'été, adapté et mis en scène par Maja Kleczewska, qui s'est achevé hier, a pris au dépourvu quelques spectateurs de la MC 93 qui ont quitté les lieux, manifestement perplexes devant cette débauche disco kitsch et hystérique qui leur semblait sans doute bien loin de William Shakespeare. Pas si sûr... Ici, la féérie se réalise dans un décor de boîte de nuit où les transformations des personnages en ânes et autres créatures laisse place à des séances de strip-tease masculin, où la vulgarité est transfigurée par un sentiment de tristesse infinie, portée par des acteurs et actrices blafards et, pour certaines, sublimes de beauté.

 

L'espace, fragmenté par l'usage de parois transparentes qui permettent un jeu de voyeur, vit sa propre vie selon les éclairages qui irisent ou opacifient la scène. Rêve ou cauchemar ? La pièce de Shakespeare explore les terres angoissantes de la réalisation des fantasmes. Le spectacle de Maja Kleczewska est une transposition audacieuse où la violence des sentiments de désir et de haine qui se substituent les uns aux autres au gré des philtres et autres formules magiques, est poussée à son paroxysme.

Illus dr




Laurent Poitrenaux lit Arthur Schnitzler

Posté par Nedjma le 09.02.09 à 11:27 | tags : lecture

Ce comédien, passionnant, est notamment associé aux textes d’Olivier Cadiot et aux mises en scène de Ludovic Lagarde. On se souvient notamment de leur « Colonel des Zouaves » ou, plus récemment à Théâtre Ouvert, de « Ebauche d’un portrait ». Là, il prêtait sa voix, sa présence singulière à Jean-Luc Lagarce, dans une adaptation de son journal signée François Berreur. Cette fois, c’est une lecture que Laurent Poitrenaux livrera au Musée d’art et d’histoire du judaïsme. II explore « Vienne au crépuscule » d’Arthur Schnizler.  Après Vienne, Jérusalem, Prague, Odessa, Marrakech, pour un cycle sur le thème de « La ville est un roman ».

Illus dr 

« Vienne au crépuscule », lundi 9 janvier, 20h, Musée d'art et d'histoire du Judaïsme.




Standard Idéal - L'écume des jours auf deutsch

Posté par Catherine le 08.02.09 à 09:55 | tags : mc93

 

 

La MC93 fait la part belle pour cette sixième édition du Standard Idéal, aux toutes jeunes compagnies à peine sorties de leur école. Après un Spiderman allègrement insolent, après un Unruhig ist unser Herz mignon mais pas très clair dans le propos (présenté, comme Spiderman, par l'Universität der Künste Berlin, ce spectacle montre deux filles qui éclatent rageusement sur le sol des produits de première nécessité pendant un peu plus d'une heure...), nous avons pu assister à un Schaum der Tage d'abord emballant puis très vite, assez fatigant. L'écume des jours (traduction en français), Boris Vian, le jazz, le nénuphar dans les poumons... Au début, on s'amuse beaucoup. Il faut dire que c'est la période faste de l'histoire. La jeunesse est argentée, les saynettes s'enchaînent joyeusement, rondement menées, on rit, on s'amuse, on chante. Une pédale de boucle habilement utilisée permet de jolis habillages sonores en direct. Puis survient la maladie. L'argent file, la jeune fille perd progressivement son souffle... et la pièce avec. La petite heure et demi que dure le spectacle finit par sembler s'étirer sur de bien plus longues heures. On lit dans le programme que la création n'a été répétée que pendant quinze jours. A toute déception une explication ?

 

Der Schaum der Tage, texte Boris Vian, mise en scène Alexander Riemenschneider
Avec Christiane Boehlke, Gunther Eckes, Birger Frehse, Sebastian Moske, Stefan Ruppe
Production St Pauli Theater, Theaterakademie Hamburg, Allemagne
Vu dans le cadre du festival Le Standard Idéal le 2 février 2009

Illus © David Hohmann




La Ville ou la Campagne ?

Posté par Catherine le 06.02.09 à 18:23

Martin Crimp a le vent en poupe. Il n'y a qu'à se souvenir de la foule qui se pressait pour le rencontrer à la Maison des Métallos le 14 novembre dernier. Il faut dire que la rencontre faisait immédiatement suite aux représentations de l'extraordinaire Face au mur qu'avait présenté Hubert Colas au théâtre de la Colline.
Lors du débat, il avait beaucoup été question des deux manières d'écrire de l'auteur anglais : d'un côté une écriture éclatée, fragmentée, faite de style indirect (Tout va mieux, Face au mur, Atteintes à sa vie...), de l'autre, une écriture a priori plus classique, avec des personnages et des actions, comme dans La Ville et La Campagne.
On peut justement voir ces deux dernières pièces à Paris actuellement . La ville est donnée au théâtre des Abbesses. Le couple, l'amour, les enfants, l'écriture, le vrai, le faux, l'horreur jamais très loin, tous les grands thèmes crimpiens sont là. Mais les comédiens de Marc Paquien jouent les mots au plus plat, en incarnant les personnages de manière parfaitement stéréotypée, et avec une certaine fausseté dont il n'est pas clairement évident qu'elle soit voulue. Même si l'on finit par soupçonner, malgré tout, combien cette pièce pourrait surprendre, il est recommandé d'ignorer cette Ville toute aplatie, au risque d'envisager de reléguer Crimp au rang des auteurs sans grand intérêt.


En parallèle, et dans une configuration beaucoup plus intimiste, il est possible de voir La Campagne à la Maison des Métallos. Pour ce pendant bucolique à La Ville, la metteur en scène Corinne Frimas n'a pas vraiment opté pour l'un ou l'autre des deux styles revendiqués de l'auteur : musicalité des mots ou réalisme incarné ? Le mari et la femme jouent "poétique" - bien qu'avec hésitation- quand la comédienne qui joue la maîtresse, formidable Marianne Legall, plonge à fond dans une incarnation engagée de son personnage. Et nous voici rassurés : oui, le verbe de Crimp fonctionne à merveille dans une interprétation réaliste, pourvu que celle-ci soit talentueuse et un tantinet exacerbée. Et du coup, c'est La campagne qui l'emporte, avec une belle longueur d'avance.

 

La Ville, de Martin Crimp, mise en scène Marc Paquien, avec Hélène Alexandridis, Marianne Denicourt, André Marcon et Janaïna Suaudeau
jusqu'au 13 février au théâtre des Abbesses

La Campagne de Martin Crimp, mise en scène Corinne Frimas, avec Valérie Fontaine, Marianne Legall, François Pick
jusqu'au 14 février à la Maison des Métallos




Titres délirants, spectacles percutants

Posté par Nedjma le 06.02.09 à 11:32 | tags : théâtre

Qu'est-ce qui nous donne envie d'aller voir un spectacle?

Un texte parfois, un metteur en scène aussi, une distribution encore. Parfois, très prosaïquement, le lieu joue un rôle d'importance (est-ce loin? est-on bien assis?). Et puis il y a l'emballage, particulièrement décisif dans certains hauts lieux de théâtre, type festival Off d'Avignon où les compagnies rivalisent d'inventivité pour attirer le public. Les affiches des spectacles, mais aussi leurs titres sont parfois des moteurs.

Hasard du calendrier, on peut dégager dans un best of des titres intrigants, étonnants, questionnants, délirants, trois spectacles à l'affiche en ce moment dans le grand Paris. Jugez plutôt -et respirez un bon coup avant de les lire à haute voix-: "A la veille de cette rencontre, aucun problème n'a été réglé... et le lendemain non plus"; "Les choses étant ce qu'elles sont, tout va aussi bien que possible"; ou encore "Nos enfants nous font peur quand on les croise dans la rue". Voilà qui donne envie d'aller voir d'un peu plus près (ou de fuir à grandes enjambées, c'est selon). Et on se rend compte que derrière ces trois opus, se cachent des spectacles plutôt engagés, plutôt profonds, et qui s'interrogent sur la société d'hier et d'aujourd'hui, en en dressant un constat pas toujours reluisant.

Petit inventaire: "A la veille de cette rencontre..." évoque ce qu'il reste de mai 68 dans un foisonnement créé par 15 comédiens-danseurs sous la direction de Patrice Bigel. (jusqu'au 8 février à l'Usine Hollander de Choisy-le-Roi). "Les choses étant ce qu'elles sont..." est un duo pour un aviateur, une marionnette, et quelques matériaux (sic). Dans un monde absurde et étrange, le héros s'invente une nouvelle vie et s'évade par l'imaginaire. C'est plus doux, mais... (jusqu'au 8 février, au Théâtre au Fil de l'eau).

Dans "Nos enfants nous font peur..." enfin, le tandem Ronan Cheneau-David Bobée se prête une nouvelle fois à un constat pas folichon. "Un texte sur l'Afrique, ou plutôt ce qu'il y a de visible et d'invisible d'Afrique ici en France". C'est le point de départ et matière à réflexion sur la jeunesse, la France, la politique, l'identité nationale. En ces temps de repli sur soi et de peur, une claque qu'on imagine salutaire (jusqu'au 14 février au Théâtre2Gennevilliers).

On y va?




Après les Entretiens de Valois...

Posté par Nedjma le 05.02.09 à 11:47 | tags : théâtre

Ainsi donc, c'en est fini des Entretiens de Valois, qui avaient commencé voilà tout juste un an. Cet ambitieux projet de dialogue, d'échange, de brain storming généralisé avec les acteurs du théâtre privé, public, les institutionnels, les représentants des structures de Paris et des régions, ceux de l'Etat, avait pour louable objectif de rénover les politiques publiques du spectacle vivant et ainsi, d'améliorer sa fragile condition. Bilan: 235 rencontres, 420 heures de débat.

A leur issue, la ministre de la culture a dégagé trois axes de réformes, citant "la réflexion sur les labels" accordés par l'Etat aux scènes et compagnies, "le partenariat avec les collectivités territoriales" et "la circulation des artistes et des productions".

Pour "mieux produire et mieux diffuser", Christine Albanel a préconisé de "faire entrer dans les contrats des grands établissements publics (Opéra de Paris, Comédie-Française...) la dimension territoriale", de manière à les rendre plus présents en province. Un "fonds d'aide à la diffusion" pourrait être abondé grâce à "une part de la rémunération pour copie privée" et "une extension du périmètre de la taxe fiscale sur le spectacle vivant". Autres idées: que "de vraies passerelles" soient établies entre théâtres public et privé ue la télévision publique ait la "possibilité" de "coproduire des spectacles". Rappelons que le dernier coup d'éclat réalisé par la télévision publique en matière théâtrale c'est la diffusion, le 25 décembre dernier d'un "Oscar" nouvelle mouture, réécrit et interprété par... Bernard Tapie!

Dans un entretien accordé au journal Le Monde daté d'aujourd'hui, Christine Albanel évoque notamment le Conseil pour la création qui vient d'être mis en place avec Marin Karmitz aux manettes, et revient sur ces Entretiens. Et voilà notamment ce qu'elle en retient: les scènes nationales font trop de création (sic) au regard de la diffusion, qui est leur mission. Les centres dramatiques nationaux doivent davantage coproduire de projets de compagnies indépendantes (soit). Enfin, elle évoque une offre inégale en fonction du territoire.

Un comité se réunira début mars. On attend les réactions des professionnels concernés mais l'on sait d'ores et déjà que beaucoup sont inquiets, à raison: que signifie le passage d'un "Etat prescripteur" à un "Etat partenaire": sans doute un nouveau désengagement...

Illus dr. Lire le dossier spécial de la SACD sur les Entretiens de Valois.




Hors-série à la Bastille : Un si funeste désir

Posté par JdF le 05.02.09 à 11:25 | tags : bastille, théâtre

 


 

Le spectacle mis en scène par Cédric Orain qui ouvre le festival "Hors-série" au théâtre de la Bastille est d'abord déconcertant, puis émouvant, avant de devenir un peu exaspérant... Expliquons-nous. Cédric Orain a choisi de monter deux textes, d'abord le premier chapitre d'un roman de Jean-Michel Rabeux, Les Charmilles et les morts, puis un extrait du Mort de Georges Bataille. Vous aurez compris la thématique du spectacle...

Pourtant, alors qu'on s'attend à une débauche de corps mutilés, disloqués et sanglants, le spectacle débute tout en douceur, une très belle actrice, Eline Holbo-Wendelbo, dont la présence bien vivante, forte et gracieuse, est rassurante. Elle lave le sol, se lave elle-même puis commence à raconter son histoire, celle d'une enfant élévée dans une clinique regroupant des corps auxquels l'accident ou la maladie a hôté un ou plusieurs membres, êtres difformes dont elle s'éprend parfois et qui la conduit à voir dans tout corps la mort au travail. Le texte est beau, et l'actrice parvient à en montrer l'humanité qui affleure dans ces récits de souffrances et de deuils.

Le bât blesse dans la suite du spectacle qui paraît tout bonnement plaqué sur la première. D'accord, il y a un point commun entre les deux textes : Eros/Thanatos, tout ça, on a compris, mais alors que celui de Rabeux nous fait entrer dans la relation amoureuse de cette femme avec la morbidité des corps vivants, le second, dans une langue léchée (si j'ose dire) décrit en entomologue distant et fasciné les manifestations de la souffrance et du deuil impossible d'une femme qui a perdu son amant et qui choisi de la rejoindre dans la mort à l'issue d'une orgie assez pitoyable.

Le sérieux avec lequel le metteur en scène considère ce texte, somme toute assez farcesque, fait tomber le spectacle dans le poncif : l'obscurité, l'expression raide des acteurs, la voix bêlante de l'actrice (Courtney Krous) dont on ne sait si on est supposé en rire ou en pleurer, le déshabillage de tout le monde (mais attention : lumières tamisées, restons digne !), tout cela est fatigant et bien dommageable à l'ensemble de la pièce .

Un si funeste désir, textes de Jean-Michel Rabeux et Georges Bataille, adaptation et mise en scène de Cédric Orain, jusqu'au 11 février au Théâtre de la Bastille.

Réservez vos places !

Illus dr




Nicolas Le Riche: beauté, richesse du Boléro

Posté par Nedjma le 02.02.09 à 11:58 | tags : danse

Nicolas le Riche, danseur étoile de l'Opéra, qui avoue Roland Petit et le Suédois Mats Ek pour créateurs fétiches, sublime littéralement les chorégraphies de Maurice Béjart. Il l'a dansé souvent, le "Boléro" de Maurice Ravel, chorégraphié par le créateur du ballet de Lausanne. Notamment  à l'été 2006 ou, plus récemment à l'occasion de la Saint-Sylvestre. Le revoilà sur les planches de l'Opéra Bastille avec cette oeuvre de toute beauté qui a fait souvent se lever le public des lieux pour applaudir la performance. Dans un entretien paru dans Télérama, il compare l'oeuvre à un concert du groupe Les White Stripes. Flamboyante, on ne ratera pas cette reprise. Pas plus que les photos superbes parues dans le livre "Nicolas Le Riche", que signe Anne Deniau.

Illus dr 

"Boléro" jusqu'au 14 janvier, Opéra Bastille.  






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