Archives > Février 2009Les névroses sexuelles de nos parents
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Un dispositif simplissime : les trois acteurs et actrices jouent six personnages, c'est-à-dire qu'ils se changent à vue lorsqu'ils change de rôle, allié à un parti pris plein d'humanité et de compassion pour l'ensemble des êtres qui vivent cette histoire, fait qu'à aucun moment, la pièce ne tourne à la farce, et que jamais, les représentants de la norme, parents, médecin, commerçant, ne soit vus comme des philistins imbéciles. Simplement, Dora par sa candeur et la manière directe dont elle exprime son désir, met à nu les règle et tabous sociaux que les autres personnages ont tant de mal à expliquer à Dora. Signalons que le spectacle s'inscrit dans le dispositif X-réseau, lancé par Agnes de Cayeux qui permet aux internautes de s'insérer dans le dispostif et de faire des propositions de mise en scène. En savoir plus ? c'est ici Les névrose séxuelle de nos parents, mise en scène de Hauke Lanz, Frédéric Leidgens, Pierre Maillet, Murielle Martinellei, Laure Wolf, jusqu'au 14 mars au Théâtre Paris-Villette. Réserver vos places, c'est ici Illus Fred Kihn Des acteurs, des poètes et le rire Joli lever de rideau pour le printemps des poètes cette année. Puisque les poètes ont toujours su, ou presque, rire de tout, c'est sous le signe du rire que sera placée la soirée du 2 mars, avec un plateau des plus savoureux. Jugez plutôt: Denis Podalydès (illus dr), Fellag, Denis Lavant et d'autres encore, vont faire valser les mots de Jean Tardieu, Raymond Queneau, Roland Dubillard ou encore Henri Michaux. On allait oublier essentiel, c'est Jacques Bonnaffé qui joue les Monsieur Loyal...En rire(s), Printemps des poètes, lundi 2 mars, Folies Bergère à 20h30. Entrée libre. Vanves danse jusqu'au printemps
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Une longue saison de danse. Le théâtre de Vanves, scène conventionnée pour la danse célèbre l'art chorégraphique avec, depuis septembre dernier, cette onzième édition d'Artdanthé, rendez-vous toujours foisonnant. Au total 36 compagnies invitées, 43 spectacles présentés, des rési-danses, des conférences et des soirées festives pour un "festival sans ligne ni tabou, mais la danse toujours en première ligne". Après François Chaigneau et Cécilia Bengolea, Kataline Patkaï et Yves-Noël Genod, une petite quinzaine de jours encore, et des spectacles à découvrir, signés Boris Charmatz, Frédérika UNger et Jérôle Ferron. Puis viendra le printemps... 63e festival d'Avignon: un avant-goût...
Pour ce qui est du Off, il faudra attendre juillet pour connaître les temps forts à venir. Illus Joël Jouanneau dr 63e Festival d'Avignon, du 7 au 29 juillet 2009. De Molière à Claudel, des marathons théâtraux
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Le soulier de satin, Odéon du 7 au 29 mars. Pennac "would prefer not to"
Illus dr Bartleby par Daniel Pennac, à partir du vendredi 20 février, jusqu'au 30 avril, Théâtre Pépinière Opéra. Hip-hop dans tous ses états au 104 DJ’s, Mc’s, breakeurs, graffeurs et slameurs à l’affiche au 104 pour un week-end tout entier dédié aux cultures urbaines. Spectacles, réalisation de fresque en public, concerts et expos au programme. Suivez le guide Vendredi 20, 20h : « Lol » par la compagnie Rualité : un conte de fée moderne entre danse, graff, humour et vidéo. Samedi 21, 15h : Noé Two réalise une fresque dans la Nef Curial. 16h : Projection du film « Slam, ce qui nous brûle » avec le réalisateur Pascal Tessaud et les slameurs qu’on y découvre. 18h : Scène ouverte de slam. 21h : soirée hip-hop et show case de plusieurs groupes : Les sages poètes de la rue, Busta Flex etc. Dimanche 22, 15h : Projection d’un documentaire consacré aux Sages poètes de la rue (illus dr). 17h : slam session. Egalement, tout au long du week-end, des expos, et des parcours déambulations dans le quartier… Week-end cultures urbaines au 104 Curieux manque d’HairPosté par Nedjma le 18.02.09 à 09:58 | tags : comédie musicale
![]() Est-ce nous qui avons pris un sérieux coup de vieux ? Est-ce cette grande fresque musicale hippie et contestataire au message engagé qui, portée par un vent libertaire à sa création fit scandale? Est-ce le Trianon, salle surannée et charmante, mais un peu à l’abandon ? Peut-être un peu des trois… Toujours est-il qu’à l’arrivée, l’enthousiasme qui nous avait poussé à aller voir « Hair », quarante ans après sa création parisienne est retombé. On peut aimer ou pas les musicals à la française, mais il faut avouer que « Cabaret » ou « Le Roi Lion » (certes, avec d’autres moyens) montés récemment à Paris étaient un cran au-dessus. Après le film de Milos Forman, voilà donc l'oeuvre de nouveau à la scène. Une fine équipe de 13 danseurs-chanteurs parés de couleurs pétaradantes et de perruques explosives se dépense sans compter, donne de la voix et du corps avec un vrai talent dans des chansons qui alternent VO –pas de doute, ça a quand même une autre gueule !- et VF. Ici et là, quelques trouvailles visuelles. Mais un décor en carton pâte, une mise en scène qui manque de rythme (Ned Grujic, généralement plus inspiré), un son limite et une bande enregistrée aux orchestrations un peu plan-plan donnent à l’ensemble des allures de comédie musicale datée. Même « Let the sun shine in », hymne d’une génération pacifiste et diablement généreuse nous laisse enfoncés dans nos fauteuils… Que sont nos années folles devenues ? Hair Jusqu’au 28 mars, Trianon, 20h. Théâtre permanent à Aubervilliers
Jusqu'au 24 février, c'est donc Lorenzzaccio, d'après Alfred de Musset, que Guillaume Baillard, Stéphanie Béghain, Fanny de Chaillé, Grégoire Monsaingeon, Barbara Jung et Julian Eggerickx proposent dans une mise en scène pleine d'allant et de fantaisie. Les six acteurs jouent la vingtaine de rôle de la pièce, rabotée pour l'acccasion (jouée en entier elle durerait quatre ou cinq heures) et interrompue par des considérations du metteur en scène sur les événements historiques qui ont formé le matériau de la pièce et les choix dramaturgiques de Musset. Un jeu distancié, une réflexion sur la portée d'une œuvre historico/politique, on est un peu dans Brecht, non ? Un espace scénique autour duquel acteurs et spectateurs sont assis côte à côte, une bannière portée par les acteurs qui fait référence à l'histoire de la figuration plastique du réel. Le tout a un petit air de "pièce didactique", du genre de celles que Brecht avait écrites et mis en scène, sous forme d'excercices dialectiques à l'usages des militant du Parti communiste allemand, à la fin des années 20. Si, aujourd'hui, nous ne sommes plus dans le même contexte, il n'est pas anodin que l'équipe présente cette entreprise "comme une expérience politique aussi bien du point de vue de la création et du collectif que de la volonté d'expérimenter et d'inventer des rapports nouveaux à un lieu, un environnement et un public". Théâtre permanent aux Labos d'Aubervilliers à 20h, tous les soirs, sauf dimanche. Jusqu'au 24 févier, Lorenzzaccio, d'après Musset, mis en scène par Gwénaël Morin, avec Guillaume Baillard, Stéphanie Béghain, Fanny de Chaillé, Grégoire Monsaingeon, Barbara Jung et Julian Eggerickx, entrée libre. À partir du 1er mars, Tartuffe, d'après Molière, même équipe. Crédit photo : Marc Domage. Sur le pont d'Avignon, on y danse
Hivernales d'Avignon, du 19 au 28 février. Tel 04 90 82 33 12. Fin de partie pour "Le Cid" d'Alain Ollivier
Illus Bellamy Le Cid au Théâtre des Jacobins de Dinan, mardi 24 février. Dita Von Teese enflamme le Crazy HorsePosté par Nedjma le 11.02.09 à 13:01
![]() Le Crazy Horse, escale incontournable... Après Arielle Dombasle et avant Philippe Decouflé aux manœuvres artistiques, c'est Dita Von Teese qui y a pris ses quartiers, trois ans après son premier passage ici. Le strip tease ? Tout un art... Du moins quand c'est l'ex-femme de Marilyn Manson, pin up diablement glam et fétichiste, rétro et délicieusement grivoise qui le pratique. « Il est une façon d'adorer la féminité, de trouver la beauté dans les extrêmes », clame-t-elle. Dans ce temple du nu chic, la brune atomique s'effeuille, chaque soir pendant un mois. Et tout ce que le Paris de la mode compte de personnalités y accourt : Jean-Paul Gaultier et Sonia Rykiel, Chantal Thomass ou Jean-Charles de Castelbajac... Au programme, trois tableaux conçus par Ali Mahdavi. Elle est tour à tour diva et héroïne de film noir. Ses tenues sont signées Eli Saab et ses escarpins, Christian Louboutin. Pas de doute, les semelles rouges font un effet du tonnerre quand elles sont les seuls vestiges accrochés au corps de la belle, dans le plus simple appareil. Illus dr Dita Von Teese au Crazy Horse jusqu'au 15 février. Rêve de cirque déshabillé - 20e / Première
Ils sont beaux donc, souples bien sûr, et facétieux aussi, ce qui ne gâche rien. Georges Lavaudant a accompagné ces charmants jeunes hommes voltigeurs et leurs comparses au fil, au mât chinois, au mât pendulaire, ou encore, agrès assez impressionnant, au fil souple, dans une présentation de leur savoir-faire en forme de clin d'oeil au cirque traditionnel, voire au cirque à grand spectacle, avec une échappée nostalgique vers des horizons plus cinématographiques. Moultes références, certaines très rigolotes comme ce numéro de domptage de bicyclettes féroces au sérieux déconcertant, d'autres plus pointues, surtout côté cinéma, mais l'ensemble reste très lisible et offre de vrais instants de ravissement. Un beau rêve de cirque dont il serait dommage de se priver.
20e/Première - spectacle des étudiants de la 20ème promotion du Centre National des Arts du Cirque. Un Songe polonais
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L'espace, fragmenté par l'usage de parois transparentes qui permettent un jeu de voyeur, vit sa propre vie selon les éclairages qui irisent ou opacifient la scène. Rêve ou cauchemar ? La pièce de Shakespeare explore les terres angoissantes de la réalisation des fantasmes. Le spectacle de Maja Kleczewska est une transposition audacieuse où la violence des sentiments de désir et de haine qui se substituent les uns aux autres au gré des philtres et autres formules magiques, est poussée à son paroxysme. Illus dr Laurent Poitrenaux lit Arthur Schnitzler
Illus dr « Vienne au crépuscule », lundi 9 janvier, 20h, Musée d'art et d'histoire du Judaïsme. Standard Idéal - L'écume des jours auf deutsch
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La MC93 fait la part belle pour cette sixième édition du Standard Idéal, aux toutes jeunes compagnies à peine sorties de leur école. Après un Spiderman allègrement insolent, après un Unruhig ist unser Herz mignon mais pas très clair dans le propos (présenté, comme Spiderman, par l'Universität der Künste Berlin, ce spectacle montre deux filles qui éclatent rageusement sur le sol des produits de première nécessité pendant un peu plus d'une heure...), nous avons pu assister à un Schaum der Tage d'abord emballant puis très vite, assez fatigant. L'écume des jours (traduction en français), Boris Vian, le jazz, le nénuphar dans les poumons... Au début, on s'amuse beaucoup. Il faut dire que c'est la période faste de l'histoire. La jeunesse est argentée, les saynettes s'enchaînent joyeusement, rondement menées, on rit, on s'amuse, on chante. Une pédale de boucle habilement utilisée permet de jolis habillages sonores en direct. Puis survient la maladie. L'argent file, la jeune fille perd progressivement son souffle... et la pièce avec. La petite heure et demi que dure le spectacle finit par sembler s'étirer sur de bien plus longues heures. On lit dans le programme que la création n'a été répétée que pendant quinze jours. A toute déception une explication ?
Der Schaum der Tage, texte Boris Vian, mise en scène Alexander Riemenschneider Illus © David Hohmann La Ville ou la Campagne ?Posté par Catherine le 06.02.09 à 18:23
Martin Crimp a le vent en poupe. Il n'y a qu'à se souvenir de la foule qui se pressait pour le rencontrer à la Maison des Métallos le 14 novembre dernier. Il faut dire que la rencontre faisait immédiatement suite aux représentations de l'extraordinaire Face au mur qu'avait présenté Hubert Colas au théâtre de la Colline.
La Ville, de Martin Crimp, mise en scène Marc Paquien, avec Hélène Alexandridis, Marianne Denicourt, André Marcon et Janaïna Suaudeau La Campagne de Martin Crimp, mise en scène Corinne Frimas, avec Valérie Fontaine, Marianne Legall, François Pick Titres délirants, spectacles percutants
Un texte parfois, un metteur en scène aussi, une distribution encore. Parfois, très prosaïquement, le lieu joue un rôle d'importance (est-ce loin? est-on bien assis?). Et puis il y a l'emballage, particulièrement décisif dans certains hauts lieux de théâtre, type festival Off d'Avignon où les compagnies rivalisent d'inventivité pour attirer le public. Les affiches des spectacles, mais aussi leurs titres sont parfois des moteurs. Hasard du calendrier, on peut dégager dans un best of des titres intrigants, étonnants, questionnants, délirants, trois spectacles à l'affiche en ce moment dans le grand Paris. Jugez plutôt -et respirez un bon coup avant de les lire à haute voix-: "A la veille de cette rencontre, aucun problème n'a été réglé... et le lendemain non plus"; "Les choses étant ce qu'elles sont, tout va aussi bien que possible"; ou encore "Nos enfants nous font peur quand on les croise dans la rue". Voilà qui donne envie d'aller voir d'un peu plus près (ou de fuir à grandes enjambées, c'est selon). Et on se rend compte que derrière ces trois opus, se cachent des spectacles plutôt engagés, plutôt profonds, et qui s'interrogent sur la société d'hier et d'aujourd'hui, en en dressant un constat pas toujours reluisant. Petit inventaire: "A la veille de cette rencontre..." évoque ce qu'il reste de mai 68 dans un foisonnement créé par 15 comédiens-danseurs sous la direction de Patrice Bigel. (jusqu'au 8 février à l'Usine Hollander de Choisy-le-Roi). "Les choses étant ce qu'elles sont..." est un duo pour un aviateur, une marionnette, et quelques matériaux (sic). Dans un monde absurde et étrange, le héros s'invente une nouvelle vie et s'évade par l'imaginaire. C'est plus doux, mais... (jusqu'au 8 février, au Théâtre au Fil de l'eau). Dans "Nos enfants nous font peur..." enfin, le tandem Ronan Cheneau-David Bobée se prête une nouvelle fois à un constat pas folichon. "Un texte sur l'Afrique, ou plutôt ce qu'il y a de visible et d'invisible d'Afrique ici en France". C'est le point de départ et matière à réflexion sur la jeunesse, la France, la politique, l'identité nationale. En ces temps de repli sur soi et de peur, une claque qu'on imagine salutaire (jusqu'au 14 février au Théâtre2Gennevilliers). On y va? Après les Entretiens de Valois...
A leur issue, la ministre de la culture a dégagé trois axes de réformes, citant "la réflexion sur les labels" accordés par l'Etat aux scènes et compagnies, "le partenariat avec les collectivités territoriales" et "la circulation des artistes et des productions". Pour "mieux produire et mieux diffuser", Christine Albanel a préconisé de "faire entrer dans les contrats des grands établissements publics (Opéra de Paris, Comédie-Française...) la dimension territoriale", de manière à les rendre plus présents en province. Un "fonds d'aide à la diffusion" pourrait être abondé grâce à "une part de la rémunération pour copie privée" et "une extension du périmètre de la taxe fiscale sur le spectacle vivant". Autres idées: que "de vraies passerelles" soient établies entre théâtres public et privé ue la télévision publique ait la "possibilité" de "coproduire des spectacles". Rappelons que le dernier coup d'éclat réalisé par la télévision publique en matière théâtrale c'est la diffusion, le 25 décembre dernier d'un "Oscar" nouvelle mouture, réécrit et interprété par... Bernard Tapie! Dans un entretien accordé au journal Le Monde daté d'aujourd'hui, Christine Albanel évoque notamment le Conseil pour la création qui vient d'être mis en place avec Marin Karmitz aux manettes, et revient sur ces Entretiens. Et voilà notamment ce qu'elle en retient: les scènes nationales font trop de création (sic) au regard de la diffusion, qui est leur mission. Les centres dramatiques nationaux doivent davantage coproduire de projets de compagnies indépendantes (soit). Enfin, elle évoque une offre inégale en fonction du territoire. Un comité se réunira début mars. On attend les réactions des professionnels concernés mais l'on sait d'ores et déjà que beaucoup sont inquiets, à raison: que signifie le passage d'un "Etat prescripteur" à un "Etat partenaire": sans doute un nouveau désengagement... Illus dr. Lire le dossier spécial de la SACD sur les Entretiens de Valois. Hors-série à la Bastille : Un si funeste désir
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Le spectacle mis en scène par Cédric Orain qui ouvre le festival "Hors-série" au théâtre de la Bastille est d'abord déconcertant, puis émouvant, avant de devenir un peu exaspérant... Expliquons-nous. Cédric Orain a choisi de monter deux textes, d'abord le premier chapitre d'un roman de Jean-Michel Rabeux, Les Charmilles et les morts, puis un extrait du Mort de Georges Bataille. Vous aurez compris la thématique du spectacle... Pourtant, alors qu'on s'attend à une débauche de corps mutilés, disloqués et sanglants, le spectacle débute tout en douceur, une très belle actrice, Eline Holbo-Wendelbo, dont la présence bien vivante, forte et gracieuse, est rassurante. Elle lave le sol, se lave elle-même puis commence à raconter son histoire, celle d'une enfant élévée dans une clinique regroupant des corps auxquels l'accident ou la maladie a hôté un ou plusieurs membres, êtres difformes dont elle s'éprend parfois et qui la conduit à voir dans tout corps la mort au travail. Le texte est beau, et l'actrice parvient à en montrer l'humanité qui affleure dans ces récits de souffrances et de deuils. Le bât blesse dans la suite du spectacle qui paraît tout bonnement plaqué sur la première. D'accord, il y a un point commun entre les deux textes : Eros/Thanatos, tout ça, on a compris, mais alors que celui de Rabeux nous fait entrer dans la relation amoureuse de cette femme avec la morbidité des corps vivants, le second, dans une langue léchée (si j'ose dire) décrit en entomologue distant et fasciné les manifestations de la souffrance et du deuil impossible d'une femme qui a perdu son amant et qui choisi de la rejoindre dans la mort à l'issue d'une orgie assez pitoyable. Le sérieux avec lequel le metteur en scène considère ce texte, somme toute assez farcesque, fait tomber le spectacle dans le poncif : l'obscurité, l'expression raide des acteurs, la voix bêlante de l'actrice (Courtney Krous) dont on ne sait si on est supposé en rire ou en pleurer, le déshabillage de tout le monde (mais attention : lumières tamisées, restons digne !), tout cela est fatigant et bien dommageable à l'ensemble de la pièce . Un si funeste désir, textes de Jean-Michel Rabeux et Georges Bataille, adaptation et mise en scène de Cédric Orain, jusqu'au 11 février au Théâtre de la Bastille. Illus dr Nicolas Le Riche: beauté, richesse du Boléro
Illus dr "Boléro" jusqu'au 14 janvier, Opéra Bastille. |
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