Archives > Juin 2009La chorégraphe Pina Bausch est morte : l'hommage de Carolyn CarlsonPosté par Magali le 30.06.09 à 17:13
![]() Le Tanztheater Wuppertal l'a annoncé en début d'après-midi : l'immense chorégraphe allemande Pina Bausch est décédée aujourd'hui des suites d'un cancer diagnostiqué la semaine dernière seulement. Si on avait été un poil déçu par Bamboo Blues l'année dernière, Sweet Mambo cette année au Théâtre de la Ville nous avait emballé. Aujourd'hui le monde de la danse perd l'une de ses plus grandes artistes. Retrouvez le portrait de Pina Bausch sur Fluctuat. MàJ : en réaction à la mort de Pina Bausch, la chorégraphe américaine Carolyn Carlson a écrit un poème au sujet de l'artiste : Shock Something torn apart from our art A missing dance A missing piece of humanity A stillness A hole in the universe Pina Our greatest and most beloved choreographer of our times. A poet of dreams ; the beautiful, the brutal. A realist of confrontations between man and women, The tragic, the joyful, the forlorn. Her ironic humor, giving to us a perspective of our unsaid emotions… Insights delving into the human mind of reason and the absurd. A visionary, creating a unique language of dance-theatre, a revolution. She created her art… for us to ponder, to laugh, to cry, to imagine. Pina’s inspiration, her perseverance, Her genius, her masterpieces : are our gifts of shared remembrance. Thank you Pina. Flower flower on the hill Petals strewn over days until… “Masters don’t die, they’re just sleeping.” Wajdi Mouawad primé par l’Académie française
Les membres de la Coupole du quai Conti lui ont décerné leur Grand Prix du théâtre pour l'ensemble de son oeuvre dramatique dans le cadre d’un palmarès qui comprend quelque 70 prix (de littérature, de la nouvelle, de l'essai, de la biographie).
Le Grand Prix du théâtre a été créé en 1980. Mouawad, qui succède à Jean Anouilh, Marguerite Duras, Roland Dubillard et Valère Novarina recevra sa récompense en décembre prochain. En attendant, le créateur libano-québecois met la touche finale à son quatuor « Le sang des promesses », dont une partie (« Littoral, Incendies, Forêts ») sera présenté en intégrale dans la Cour d’honneur, lors d’une odyssée de onze heure. Le dernier volet, « Ciels » sera dévoilé dans la deuxième partie du festival… Illus © Jean-Louis Fernandez Les Orientales 2009: c'est parti ! Comme chaque année, depuis onze éditions, le festival Les Orientales va enchanter, pour deux week-ends, Saint-Florent-le-Vieil, niché au creux de la Loire. C’est sous le signe de l’image que se place le cru 2009 : affiches et photos à profusion, réparties en plusieurs expositions, théâtre d’ombres et d’images indonésien, pléthore de films indiens … Mais le spectacle vivant n’est pas absent, loin de là. Comme toujours à l’honneur, l’Inde le dispute cette année au Tibet, auquel un focus est consacré, le premier week-end, le second étant placé sous le signe de Claude Lévi-Strauss qui a soufflé, au printemps dernier, ses cent bougies. Musique klezmer, chants sardes, rituels de Mayotte, danses hongroises …, l’Orient, à Saint Florent, est décliné du plus proche au plus lointain, dans le plaisir de la découverte de ces ailleurs qui sont parfois à notre porte. On ne redira jamais assez combien importants sont ces moments de contact avec les cultures autres, dont l’ignorance engendre encore trop de malentendus et de dérives.Ce week-end et le week-end prochain ; renseignements au 02 41 72 62 02 Ils n'iront pas à Avignon...
Pendant donc que la cité des Papes résonne des 40 spectacles du In et du petit millier du Off, entre cours et jardins, cloîtres et écoles, théâtres et rue, "Nous n'irons pas à Avignon" joue une autre musique, ça se passe cette année, du 1er au 26 juillet. L'affiche de la onzième édition montre un petit gars, jumelles à la main et titre "Vers l'infini et l'au delà". Voilà qui ouvre de larges horizons. Au menu, théâtre et danse, jeune public et jongle, cabaret et théâtre de rue. Des spectacles, et des débats, des reprises et des créations par des compagnies singulières, inventives, foisonnantes. Demandez le programme... Du 1er au 5 juillet: "Quanta ou la terrible histoire de Lulu Schrodinger", "Accroche-toi aux étourneaux", "Piano-Ball", "Les petites comédies de l'eau", "Oa", "Le cabaret historique de l'histoire de France" Du 8 au 12 juillet: "Ah bon", "Contre-image"; "Le titanos débarque", "Gênes 01" (adapté du très bon texte de Fausto Paravidino), "ça va bien", "Macbeth", "Penetrator". Du 22 au 26 juillet: "L'enfant qui ne fermait pas les yeux", "Les failles", "Spectractes", " Festival "Nous n'irons pas à Avignon" à Ivry et Vitry-sur-Seine, du 1er au 26 juillet. Réservations 01 55 53 22 26. Plus d'infos ici. Les journées de juin du Conservatoire Chaque année à la même époque, le Conservatoire supérieur d’art dramatique ouvre ses portes au public pour dévoiler les travaux d’élèves emmenés par quelques prestigieux professeurs. Ce sont les « Journées de juin ». Après Philippe Torreton, Jean-Damien BarbinDominique Valadié, on découvrira ces vendredi et samedi la classe de Daniel Mesguich, directeur de la vénérable institution (illus dr)De son côté, la classe de Yann-Joël Collin livre un montage d’Henry VI et Richard III de Shakespeare. On sait que le metteur en scène est fin connaisseur de l’auteur… Journées de juin: Classe de Daniel Mesguich, 26 juin à 20h30, 27 juin à 15h et 20h30. Classe de Yann-Joël Collin, les 27 et 29 juin à 28h, le 28 à 16h. Entrée libre, réservation au 01 53 24 90 16. Plus d'infos ici De la téléréalité au Châtelet « Pastorale ». Un opéra en quatre actes, et l’événement –controversé- du moment. En conviant des ex-postulantes starlettes et le chorégraphe-coach Kamel Ouali, ainsi que l’artiste contemporain Pierrick Sorin à la nouvelle création du haut lieu de l’art lyrique, le directeur du Châtelet, Jean-Luc Choplin, a frappé fort. Voilà donc, dans le rôle de Phillis, Hoda Sans (Star Ac’ promo 2004), dans celui de Diane, Raphaëlle Dess (Nouvelle Star promo 2007) qui partagent l’affiche avec des chanteurs classiques comme Judith Gauthier. Ouali lui, délaisse un temps les envolées égyptiennes de « Cléopâtre » pour un autre terrain. Enfin, Sorin signe la mise en scène. Rencontre singulière entre l’opéra contemporain et la variétoche, en association avec le festival Agora et inspirée de « L’Astrée » d’Honoré d’Urfé, roman du XVIIe siècle. Pour Gérard Pesson, qui signe le livret, « Pastorale évoque « les expériences de loft ou d'île de la tentation, qui font du désir d'autarcie une sorte de fantasme de réenchantement du monde ». Mmhh… A lire dans sa note d’intention… Au menu, festival de voix, écrans vidéo, interprètes en jeans baskets, chef d’orchestre sur une chaise d’arbitre, et la phrase « Prochainement Pastorale saison 2 » qui s’affiche en baisser de rideau. Le spectacle a commencé voilà quelques jours, et se poursuit jusqu’à mercredi. Jusqu’ici, sans grande surprise, les puristes ont poussé des cris d’orfraie, les autres ont affiché une tiède indifférence. Véritable prise de risque artistique avec enjeux ou pure provoc ? L’avenir le dira… « Pastorale », jusqu’au 24 juin, Théâtre du Châtelet. Montpellier dense C’est un peu le coup d’envoi, en forme de feu d’artifice, des grands festivals d’été. Cap sur Montpellier pour son temps fort chorégraphique, point de ralliement des créateurs d’ici et d’ailleurs (25 invités). 2009 sera danse, et dense. Coup d’envoi ce soir, avec une création attendue. Blanca Li, reine de tous les mariages audacieux (contemporain, hip-hop et flamenco) s’empare du « Jardin des délices » de Jérôme Bosch. Livre ses visites d’antan au Prado et sa fascination pour l’œuvre, avant de faire naître un ballet de cette peinture « sacrilège, où l’enfer se mêle au paradis, le plaisir au vice, et le satirique à la morale ». Autre temps fort, le solo d’Angelin Preljocaj. Coutumier des pièces pour danseurs à foison, spectaculaires et vastes, le chorégraphe s’élance seul en scène, à 52 ans. Pièce, pari sur le fil. Il s’inspire du texte de Genet, « Le funambule ». « Il parle tellement de l’engagement artistique, avec une syntaxe ciselée comme un diamant noir qui articule une pensée sur la mort, l’effacement, la mise en danger personnelle, physique, totale, qu’il est pour moi l’un des écrits les plus justes sur la danse. Ce mot revient toujours dans Le funambule, mais de façon décalée, comme métaphore pour parler d’autre chose. Et finalement, il se retourne comme un gant : ce texte prend une fulgurance étonnante quand on l’applique vraiment à la danse», souligne le danseur. Le grand festival offre aussi une foule d’événements gratuits : 18 au total, soit plus d’un quart de l’affiche. On ne manque pas le « Rendez-vous » de Patrice Barthès, spectacle déambulatoire qui réunira six danseurs professionnels et cent amateurs du grand Montpellier. Didier Deschamps et son Ballet de Lorraine propose « Tous à la barre ». Le 30 juin à midi, le public est invité à quelques exercices aux côtés des danseurs, sur la place du marché aux fleurs…
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Illus en haut "Le jardin des délices". En bas "Un funambule". DR Montpellier danse, du 19 juin a 4 juillet. 0800 600 740. Programmation détaillée. Festival Trans-09 à la Bastille
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Trans-genre, trans-gressif, trans-frontalier (entre théâtre, musique et danse)... Le festival trans-09 a commencé lundi au Théâtre de la Bastille. Et très bien commencé ! La pièce raconte le conte après le conte : les démêlés de la ressuscitée avec sa mère qui, chez Grimm, n’est que sa belle-mère, mais Walser aime à pousser le bouchon freudien un peu plus loin ! Nous entrons alors dans les tréfonds d’une névrose familiale pas piquée des hannetons : une mère à la sexualité dévorante, aimée par le chasseur qu’elle avait jadis envoyé tuer Blanche-Neige et par le prince qui la préfère à sa fille, asexuée, nostalgique du pays des nains, où l’amour, dit-elle, était si pur !). Dans un décor drapé de blanc, les acteurs et surtout les actrices interprètent la partition de Walser, en oscillant entre une intériorisation du tragique de l’affaire et un sur-jeu qui insiste sur le décalage entre la pièce et le conte. Festival Trans-09, jusqu'au 28 juin au Théâtre de la Bastille. Reprise de Blanche-Neige à l'étoile du nord, dans le cadre du festival "On n'arrête pas le théâtre" du 15 au 26 juillet 2009 Illus. "Blanche neige" dr. Audrey Tautou va jouer Ibsen
![]() Isabelle Huppert, coutumière du passage de la scène à l’écran sera chez Krzysztof Warlikowski dans « Un tramway nommé désir » à l’Odéon, on le sait. Nathalie Baye jouera aux côtés de Pascal Bongard dans « Hiver » de Jon Fosse, mis en scène par Jérémie Lippman. Jeune et frais, le trio Sara Giraudeau-Arié Elmaleh-Chloé Lambert, qui vient de jouer les levers de rideau du « Festival d’Anjou » sera de nouveau à l’affiche de "La nuit des rois", à Paris, au Théâtre Comedia dès le 5 septembre, sous la direction de Nicolas Briançon. Plus inattendu, les premiers pas sur scène d’Audrey Tautou. Amélie Chanel/ Coco Poulain, égérie du nouveau parfum Chanel sous la caméra de son fidèle Jean-Pierre Jeunet incarnera Nora dans « Maison de poupée » d’Ibsen, au théâtre de la Madeleine. "Maison de poupée", Théâtre de la Madeleine, janvier 2010.
Alice Belaïdi, révélation théâtrale de l’année
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Elle en a fait du chemin, Alice Belaïdi. La belle brunette avignonnaise se frottait toute jeune au théâtre sous la houlette du comédien Raymond Vinciguerra, dans les ateliers du Théâtre du Chêne Noir. Décrochait son premier rôle dans « Mireille », adapté par Gérard Gélas de l'oeuvre de Frédéric Mistral. Toujours dirigée de main de maître par le directeur du Chêne, elle a campé une héroïne de banlieue dans « Radio mon amour » ou Rosette dans « On ne badine pas avec l’amour » et, était Marianne, sous la direction de Françoise Chattot dans « Les caprices de Marianne » au théâtre marseillais du Gyptis. Avec toujours la même fraîcheur, la même grâce. Cette fois, elle incarne Jbara/ Sheherazade dans « Confidences à Allah », adapté du roman de Saphia Azzedine (éditions Leo Scheer). Créée l’été dernier à Avignon, la pièce est en ce moment à l’affiche du Petit Montparnasse parisien. Fille de rien, bergère des montagnes, prostituée pour des yaourts à la grenadine, Jbara est bannie puis devient poule de luxe et femme d’imam. Seule en scène, la comédienne incarne avec un talent fou la dizaine de personnages qui croise la route de l’héroïne. Emeut, amuse, bouleverse, surprend. Par sa maturité, son incroyable palette, sa présence sur le fil, son ton d’une grande justesse. Le syndicat national de la critique l’a élue hier, révélation théâtrale de l’année à la Cité de la musique. Belle reconnaissance chargée de promesses pour la suite... Elle voisine ainsi avec Alain Françon, grand prix pour sa mise en scène de « La cerisaie » et « Tartuffe » de Stéphane Braunschweig, meilleur spectacle créé en province. Ludmila Mikaël et Hervé Pierre sont respectivement sacrés meilleure comédienne et meilleur comédien pour « L’amante anglaise » et « La grande magie ». Illus Manuel Pascual. "Confidences à Allah", Théâtre du Petit Montparnasse jusqu'au 28 juin. Festival Off d'Avignon, Théâtre du Chêne noir du 7 au 29 juillet. Rencontre avec Wim Vandekeybus, chorégraphe chocPosté par Céline le 16.06.09 à 10:00 | tags : danse, spectacle à paris, théâtre de la ville, entretien
Wim Vandekeybus a présenté la semaine dernière à Paris sa nouvelle création, nieuwZwart. A cette occasion, Fluctuat a rencontré le chorégraphe pour lui poser quelques questions sur sa dernière pièce et sur l'ensemble de son travail. A l'inverse des mouvements qu'il imprime à sa danse, Vandekeybus apparaît comme un homme élégant, calme et posé. Dans une loge du théâtre de la ville, il prend son temps pour nous expliquer l'orientation de sa nouvelle création, nieuwZwart, qu'il dit avoir voulu plus "abstraite" que les précédentes. Apocalypse show Si la présence d'un comédien sur scène, récitant le texte de l'écrivain Peter Verhelst, apporte effectivement une dimension poétique plus abstraite à la pièce, l'empreinte très brutale du chorégraphe est là : la pièce s'ouvre sur une ambiance de fin du monde. Des corps se meuvent, dans la douleur et l'hystérie. Une immense couverture de survie les recouvre ou les découvre. Un accessoire qui colle bien à Vandekeybus, chez qui les danseurs se jettent souvent à terre, se rentrent dedans, se ramassent après des courses de longue haleine. Même sur scène, il faut survivre. Survivre dans un monde dévasté, après l'accident (qui aura littéralement lieu vers la fin de la pièce). Survivre seul et devenir fou, comme les jeunes interprètes le font si bien. Survivre, enfin, comme le font les deux inoubliables personnages de La Route, le sublime roman de Cormac McCarthy auquel on ne peut s'empêcher de penser tout au long de la pièce... Voir l'entretien vidéo avec Wim Vandekeybus sur Fluctuat "Vivant" au Studio-théâtre de la Comédie FrançaiseOn était habitués à voir Pierre Meunier montrer, au théâtre de la Bastille, des spectacles saugrenus, fait sà partir de pierres et autres matériaux, animés par divers mécanismes. Ici, le projet est d’une veine bien plus classique : un texte d'Annie Zadek sur les derniers jours de Léon Tolstoï, un monologue, en fait, interprété par Hervé Pierre, est une évocation poignante de cette fuite dérisoire de Tolstoï, quittant son foyer, sa femme et mère de ses nombreux enfants, cherchant à échapper à cette figure d’écrivain monumental, incarnant la Russie éternelle qu’il est devenu. Le voilà dans une gare. Derrière lui, les trains passent, couvrant sa voix. L’écrivain ressasse ses obsessions : sa femme, le désir qu’il éprouve pour elle et l’impression d’enfermement qu’il ressent auprès d’elle). Julie Sicard, figure muette, vient prendre soin de lui : lui ôter ses vêtements de route, lui passer sa robe de chambre. Lui, absorbé par sa litanie, l’ignore, mais se laisse faire. La peur de mourir le hante, ainsi que l’impuissance qu’il ressent face à l’immense misère qui l’entoure. Dans une ouverture pratiquée au fond du décor, des têtes de papier mâché apparaissent au fur et à mesure qu’il égraine les cas les plus pathétiques qui lui reviennent en mémoire, tandis qu’autour de lui, les toiles peintes se détachent des châssis. Pierre Meunier a su discrètement intégrer au ressassement de ce vieil homme tout à la fois monumental et misérable, ses propres idées fixes et faire parler les objets inanimés. Vivant d'Annie Zadek, mise en scène de Pierre Meunier, avec Hervé Pierre et Julie Sicard. Jusqu'au 28 juin au Studio théâtre de la Comédie-Française. Illus: Cosimo Mirco Magliocca.
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Le Café de la Gare, 40 ans, toujours mordant
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Peu à peu, le petit café-théâtre voit venir à lui un dense public avide d’humour noir et débridé. Le prix des places se décide à la roue, les acteurs et spectateurs se retrouvent autour d’une soupe. Le lieu s’avère trop petit et la fine équipe finit par déménager dans le 4e arrondissement, rue du Temple. Aujourd’hui, de l’eau a coulé sous les ponts. Nombre des fondateurs ont passé l’arme à gauche, Bouteille chemine de son côté. Sotha elle, est toujours là, en gardienne du temple. Elle continue de programmer comédies et solos grinçants –l'excellent Didier Porte notamment-. Pour fêter la flamboyante quarantaine du Café de la Gare, elle recrée son western « La mort, le moi, le nœud », à l’affiche depuis mars dernier. Ce dimanche, on y verra, en plus, une exposition photos et une projection. Bon anniversaire ! Illus la troupe de "La mort, le moi, le noeud". DR La mort, le moi, le nœud. Soirée anniversaire le 14 juin. Café de la Gare, 41, rue du Temple, Paris 4e. 01.42.78.52.51.Sterijino Pozorje : 54è édition Novi Sad, à une petite heure au Nord de Belgrade, en plein cœur de la Voïvodine aux ethnies multiples et aux champs de blé à perte de vue : qui ne connaît son festival EXIT ? Un conte de fées, semble-t-il. Après la guerre des Balkans et les bombardements de l’OTAN sur la ville, un groupe de jeunes décide de s’emparer de la forteresse du XVIIIè siècle pour y installer les podiums qui accueilleront des groupes de musique actuelle ; la Serbie a besoin de miser sur sa jeunesse. L’opération dépasse tous les espoirs puisque, l’an dernier, EXIT a été désigné comme le meilleur festival d’Europe. L’un de ses inventeurs, Ivan Lalic, a récemment pris la direction artistique de l’un des piliers de la culture en Serbie : Sterijino Pozorje, le festival de théâtre (à l’origine national) qui connaissait cette année sa cinquante-quatrième édition. Et bien sûr, il n’a pas pu s’empêcher de traîner son public … dans la forteresse. Coup de maître : par sept degrés et sous une pluie grincheuse, sept cents spectateurs ont suivi, pendant quatre heures, un Roi Lear interprété par l’une des vedettes de l’ex-Yougoslavie : Rade Serbedzija. L’endroit, incontestablement, offre des potentialités de mise en scène, que la troupe aguerrie a su exploiter. Depuis 2001, Ulysses Theatre a développé son travail in situ sur l’île de Brijuni (Croatie), créant le Roi Lear dans la forteresse et explorant la plage, entre autres lieux de spectacles. L’affiche de Sterijino Pozorje, aujourd’hui internationale, proposait fin mai une vaste programmation, systématiquement surtitrée, en serbe ou en anglais. A l’opposé de l’aventure « learesque », confiné dans un petit théâtre, étranglé (à juste titre) dans une scénographie en angle fermé, un grand classique national, La Mort et le derviche, a recueilli tous les suffrages. Montée par le Théâtre National de Belgrade, la pièce a le mérite de la simplicité et de l’efficacité. Un jeu intériorisé, pas d’effet inutile de mise en scène, un thème assez universel : la compromission par le pouvoir, il n’en faut pas plus pour que l’œuvre de Mesa Selimovic, adaptée par Borislav Mihaljovic Mihiz et mise en scène par Egon Savin, touche les spectateurs. Ramenée dans les années cinquante, l’intrigue éveille des échos chez les ex-yougoslaves « non alignés », mais elle peut sans aucun doute faire mouche auprès d’un plus vaste public, et pourquoi pas français ? Il suffirait qu’un programmateur fasse preuve d’un peu d’audace. Illust : La Mort et le derviche, DR Scène de ménage au 104
A quoi pourrait bien ressembler une création sur un thème aussi peu sexy ? Pour le savoir, on court au 104. Le Cinq, espace dédié aux artistes locaux et amateurs a accueilli plusieurs mois durant les répétitions de la pièce. Première représentation publique, à ciel ouvert, le jeudi 2 juillet. Dress code : les filles en rose, les garçons en bleu. Et détail de taille, c’est gratuit… Les hommes et le ménage, texte et mise en scène Catherine Richon. Avec Adeline Arias, Charles Corbeau, Nassim El Kabli, Nina Munzel, Catherine Richon, Sonia Sellak. Le 2 juillet, 18h, Cour Curial du Cent Quatre. Pour plus d’infos, c’est ici 60 bougies pour le Festival d'Anjou Non, ce n'est pas Avignon. Mais le festival d'Anjou, qui célèbre cette année ses soixante ans d'existence -soit presque autant que son glorieux aîné- peut se targuer de proposer, chaque joli mois de juin venu, une affiche artistique de haute tenue, du théâtre classique, du théâtre contemporain, des créations, des reprises de grands succès. Le metteur en scène Nicolas Briançon a succédé à Jean-Claude Brialy aux rênes de la manifestation et il a continué de la porter haut, en présentant ses créations notamment. "Jacques et son maître" voilà deux ans, "La nuit des rois" cette année avec une affiche réunissant Sara Giraudeau, Arié Elmaleh et Chloé Lambert. Pour cette soixantième édition, on retrouvera aussi "Les belles soeurs", carton plein à Paris, "Mon père avait raison" de Sacha Guitry, avec les Brasseur père et fils, "L'antichambre", mis en scène par Christophe Lidon, "Une trompette au paradis" de Boris Vian, mis en scène par Jérôme Savary, et enfin, le 22 juin, une soirée anniversaire orchestrée par Nicolas Briançon et Thierry Harcourt... Précision: tout se passe dans des endroits de rêve...60e Festival d'Anjou, du 12 juin au 4 juillet. www « Talking Heads » joue les prolongations"Moi d'abord, j'ai un secret, c'est que je parle jamais de moi. Ces dames anglaises qui s'expriment avec des mots châtiés n'ont a priori rien que de très ordinaire. Tout va bien, semblent-elles dire. La vie est belle. Rien à signaler. Seulement voilà, déjà elles parlent beaucoup. Et puis, entre deux phrases, on perçoit quelques failles. Certes tout est merveilleusement formidaaable ! Mais quand même…"
L’une est seule et malade, la voisine de l’autre a assassiné son mari… Trois tranches de vie, trois récits intimes, déployés avec l’humour noir et doux amer, entre rires et tragédie, et so british d’Alan Bennett. Ici, c’estJean-Marie Besset qui traduit, et Laurent Pelly qui signe la mise en scène. Le trio au féminin de « Talking Heads » (Christine Brücher, alias Peggy, Charlotte Clamens alias Miss Fozzard et Nathalie Krebs en Rosemary) a triomphé au Théâtre du Rond-Point pendant un mois, le voilà qui joue les prolongations, pour trente représentations, au Théâtre Marigny. On ne les manque pas !
![]() Illus Brigitte Enguerrand « Talking heads », à partir du 12 juin 2009, Théâtre Marigny.
Le prix Ibsen pour Ariane Mnouchkine
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