Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.

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Mort du metteur en scène Peter Zadek

Posté par Madeleine le 30.07.09 à 17:32 | tags : théâtre

Il avait une prédilection pour Shakespeare, et ses mises en scène de Tchekhov étaient devenues légendaires. Le metteur en scène allemand Peter Zadek est décédé le 30 juillet à Hambourg, à l'âge de 83 ans.

 

 


 

Né à Berlin en 1926 d'une famille juive, il quitte l'Allemagne pour la Grande-Bretagne avec ses parents en 1933. Il apprend la mise en scène à Oxford, et crée ses premiers spectacles à Londres dans les années 1950. De retour en Allemagne en 1958, il est remarqué notamment pour ses interprétations de La Cerisaie et de Ivanov, de Tchekhov. Au total, il a mis en scène Shakespeare, qu'il considérait comme "un politicien visionnaire de l'Europe", une vingtaine de fois. En 1999, il confie ainsi le rôle d'Hamlet à une femme, la comédienne Angela Winkler.

 

Son dernier spectacle date de février 2009. Il s'agissait de Major Barbara, de Georges Bernard Shaw. Peter Zadek était considéré comme l'un des plus grands metteurs en scène allemand.

 




Avignon à l’heure des bilans

Posté par Nedjma le 30.07.09 à 13:52 | tags : festival, festival d'avignon, théâtre
Le rideau s’est baissé sur le festival In hier, se baissera sur le Off demain. A l’heure de remballer scènes, gradins, affiches, bilan de cette 63e édition. En 2009, Avignon In a rimé avec :

Fréquentation. Le In se porte bien, merci, et ne semble pas connaître la crise, en matière de fréquentation. Sur une jauge totale de 133 000 places, 125 000 ont trouvé preneur, soit un taux de remplissage de 94%. Plutôt pas mal. Avant même l’ouverture du festival le 7 juillet dernier, nombre de spectacles affichaient déjà complet.

Réveillon. « Littoral », « Incendies », « Forêts » : une odyssée jusqu’au petit matin, en compagnie de l’artiste associé Wajdi Mouawad et de sa vingtaine d’acteurs. Quatre nuits au long cours. Une cour d’honneur qui, malgré les onze heures de spectacle et le mistral glaçant de la première représentation n’a presque pas désempli. Un public ému et heureux à l’heure de saluer la troupe. Trois spectacles inégaux –baisse de régime et abondance confuse du dernier opus- mais un moment qui restera dans les mémoires. En se retournant sur cette expérience, Mouawad a confié : « J’entendais les voix des acteurs, je regardais les spectateurs emmitouflés dans leurs couvertures, c’était saisissant… Même les commentaires négatifs ont été tenus avec humour et intelligence, et douceur… Comme si au festival d’Avignon, on pouvait par la douceur tenir une discussion, critiquer, avancer, pratiquer une relation avec l’autre ».

Création. L’une des singularités du rendez-vous avignonnais, c’est la part de risque qu’il prend chaque année en programmant un nombre impressionnant de créations : sur 42 spectacles et 275 représentations, trois quarts de créations cette année.

Jeune génération. On a longtemps caricaturé les « vieux croutons », spectateurs de longue date du festival. Mais –et les choix d’un jeune tandem de direction n’y sont bien sûr pas étrangers- le public se renouvelle : 14% des spectateurs avaient moins de 25 ans cette année.

Disparition. Le 13 juillet, à l’aube de son soixante-quinzième anniversaire, André Benedetto, poète, engagé fougueux, fondateur du Off et taulier du Théâtre des Carmes a tiré sa révérence en plein cœur du festival. Avec cette disparition, tout un symbole qui s’en allait. Un bel hommage lui a été rendu en son théâtre, quelques jours plus tard.

Dissensions. L’édition du 29 juillet du quotidien « La Provence » évoque la polémique qui oppose la revue Mouvement aux deux directeurs du festival. Jean-Marc Adolphe, directeur de la publication les accuse d’entrave à la liberté de création, d’expression, de la presse et d’abus de position dominante. Appuyé par deux avocats, il prend fait et cause pour la documentariste Sonia Léontieff qui souhaitait tourner des images au festival et qui, malgré l’autorisation de Wajdi Mouawad, s’est vue opposer plusieurs interdictions de tournage par la direction. Adolphe a entrepris la rédaction d’un texte intitulé « Le procès d’Avignon »…

Déceptions. Ce festival laisse un goût mitigé. Pas d’enthousiasme absolu et général, mais pas de hauts cris non plus. Non, des réussites et des déceptions. Parmi les attentes non comblées de cette édition 2009, le spectacle d’ouverture, "La guerre des fils" avec Jeanne Moreau mise en scène par Amos Gitaï, "Description d'un combat", la dernière création de Maguy Marin ou « Angelo, tyran de Padoue », adaptation très cinématographique d’ Hugo signée Christophe Honoré. Encore « (A)pollonia » de Warlikovski qui, malgré quelques images choc, une scénographie brillante et des acteurs comme toujours prodigieux n’a pas été à la hauteur de nos espérances.

Ovations. Quelques belles réussites pourtant. L’« Ode Maritime » de Claude Régy, « Une fête pour Boris » de Denis Marleau, « Photo-Romance » encore…

 

Projections… Nous ne l’avons malheureusement pas vu mais de l’avis général, le spectacle de Christoph Marthaler, « Riesenbutzbach. Eine Dauerkolonie » restera comme l’un des sommets de cette 63e édition. Bonne nouvelle puisque le metteur en scène suisse sera l’artiste associé du festival 2010, aux côtés de l’auteur Olivier Cadiot

Illus 1 « Riesenbutzbach. Eine Dauerkolonie ». Dorothea Wimmer.

Illus 2 "(A)pollonia". Magdalena Hueckel.







Merce Cunningham : la rétrospective en images

Posté par Céline le 28.07.09 à 12:45 | tags : danse
En 50 ans de collaboration avec son compagnon et complice John Cage, Merce Cunningham n'a cessé d'explorer la notion de hasard au fil de ses créations, repoussant ainsi les limites du possible dans la danse.

 

Mouvement, espace et temps forment ainsi les trois pôles du chorégraphe qui, grand joueur, était également connu pour la rigueur de son travail sur le mouvement. Loin de toute tentative de narration ou de séduction, Cunningham proposa au fil de ses pièces une esthétique nouvelle, une beauté fondée sur la surprise, les coïncidences et les discordances. Retour en images sur une carrière faite d'innovations et de bifurcations, avec le diaporama de Merce Cunningham, chorégraphe révolutionnaire.
 




Mort du chorégraphe Merce Cunningham

Posté par Céline le 27.07.09 à 20:38 | tags : danse
En hommage à Merce Cunningham : une rétrospective en images

Lors de son dernier passage au Théâtre de la ville en 2007, il avait reçu l'ovation d'un public déjà conscient de se trouver face à l'une des dernières légendes de la danse moderne. Le chorégraphe Merce Cunningham, surnommé l'"Einstein de la danse", s'est éteint dans la nuit du dimanche 26 juillet à l'âge de 90 ans.

 

Né en 1916 aux Etats-Unis, Cunnigham a fait ses premiers pas de danse à Seattle, avant de rejoindre la compagnie de Martha Graham en tant que soliste (1939-1942). Dès 1950, il commencera à explorer une notion pour laquelle il a développé très tôt un grand intérêt : celle du hasard. A l'habitude et à ce qu'il y a de prévisible, le chorégraphe préfère la destabilisation, les distorsions et les bifurcations qui font de la danse un art en perpétuelle construction. Ce qui ne veut pas dire le désordre : avec la complicité de son compagnon John Cage - qui se charge de la musique de plusieurs de ses créations - il donne naissance à une danse abstraite, mais remarquable par sa rigueur, calquée sur le principe du livre chinois de divination le Yi-king. Comme les molécules d'une expérience scientifique, ses danseurs sont des corps en mouvement, chargés d'explorer les mille et un possibles qu'offrent un espace scénique et un espace sonore.

De Un jour sur deux (1973) à Eyespace (2006), en passant par Five Stone Wind (1988), Beach Birds (1991) ou Interscape (2000), Cunningham n'a cessé de chambouler, avec chacune de ses créations, les codes du mouvement et de la scène chorégraphiques.

Cette figure immense, unique, laisse aujourd'hui orphelin le monde de la danse, déjà bouleversé par la disparition récente de Pina Bausch. "Non, pas lui aussi", entend-on murmurer les plus passionnés. Immense et unique, lui qui génèrait sa danse sur ordinateur, qui proposait au public l'usage de iPods pendant ses spectacles, et qui avait collaboré, à l'occasion de ses 90 ans, avec des musiciens de Led Zeppelin et Sonic Youth. Unique, immense, en avance sur son temps, pour l'éternité maintenant.

 

 

Extrait de "A monday with Merce Cunningham" :

Extrait du ballet Pond Way (1998) :

Extrait du ballet Biped (1999) :



Pierrette Dupoyet - le théâtre pour sacerdoce

Posté par Catherine le 26.07.09 à 08:00 | tags : théâtre, festival d'avignon, avignon off, festival

Cela fait 27 ans qu'elle est fidèle au festival d'Avignon. Et attention les yeux, Pierrette Dupoyet ne se contente pas de venir y présenter sa dernière création, seule en scène. Non, la comédienne / metteur en scène auto-produite propose pas moins de trois créations, seule en scène, dans trois théâtres différents !
Figure du festival, elle tourne énormément le reste de l'année. "Je me reposerai quand je serai morte" aime-t-elle à dire. Depuis le début des années 80, elle choisit de grands personnages - Soeur Emmanuelle, George Sand, Dreyfus, Don Quichotte, Sarah Bernhardt et, dernièrement, Boris Vian et Jean Cocteau, et s'empart de leur biographie à coeur perdu afin d'en offrir un pan au public, dans une incarnation habitée.
Une telle énergie méritait qu'on s'y arrête un petit peu. Ce fut une dure journée que de suivre Pierrette Dupoyet. Et encore, je n'ai pas poussé le professionnalisme jusqu'à me lever aux aurores pour aller accrocher des affiches avec elle, ni à me coucher à point d'heure pour l'observer dans ses arcanes administratives.
Vian, je t'attends... à 11 heures au Bourg Neuf
Cocteau... lettres à une amie chère : ma mère, à 14h30 à l'Albatros
L'amour plus fort que la mort ou une Fleur chez les Chiffonniers, à 17h55 à la Luna
De et par Pierrette Dupoyet
Video C. Richon



Les affiches les plus mystérieuses

Posté par Catherine le 25.07.09 à 12:00 | tags : avignon off, festival d'avignon, festival

Devant certaines, on reste pantois. C'est quoi, c'est où, c'est quand ? C'est bien une affiche annonçant un spectacle au moins ?

A ma gauche voici Hsu Yen-Ling x Sylvia Plath, une pièce des Shakespeare's Wild Sisters Group venues de... Taïwan (festival de théâtre INTERNATIONAL, s'il vous plaît). "Le nom de la troupe est inspiré par un personnage d'un livre de Virginia Woolf. Cette troupe met en évidence le talent de femme contraint par le patriarcat. Dans la pièce, le rôle principal est tenu par une actrice, Hsu Yen-Ling, qui interprète la poétesse Sylvia Plath. Incarne-t-elle le moi de Sylvia Path qui se reflète dans ses oeuvres, toutes les facettes du moi profond de la poétesse, tous les personnages qui ont rythmé sa vie ?" Enfin, on vous dit ça parce qu'on a fini par trouver plus de détail dans le (gros) programme du Off, après déchiffrage des toutes petites écritures sur l'affiche... Finalement, malgré l'aspect inquiétant et assez illisible du support de communication, cette pièce fait bien envie.

A ma droite, quoi donc ? Il m'a fallu plusieurs jours pour déchiffrer le titre (hum. Après l'avoir lu à haute voix, et enfin compris, je me suis dit que, décidément, le tourbillon d'Avignon boulverse bien les neurones!) Pas ce qu'il y a de plus immédiat, tout de même, d'autant que les gugusses derrière - hommes ou sculptures ? - n'aident guère à percer le mystère. Mais il se dit dans les rues d'Avignon que ce spectacle venu d'Israël serait un des moments forts du festival. Alors...

 

Hsu Yen-Ling x Sylvia Plath, de Man-Nung Chou, par les Shakespeare's Wild Sisters Group, du 8 au 30 juillet à 22h05 à la Condition des Soies

STONES, du Orto-Da Theatre Groupe (Israël), du 8 au 29 juillet à 12h40 au Théâtre Buffon




Une scène gratuite ! Courteline opérette

Posté par Catherine le 24.07.09 à 08:00 | tags : festival, théâtre, festival d'avignon, avignon off

Georges Courteline a écrit à la fin du XIXème siècle et pourtant, on croise tous les jours des gens qui ressemblent aux personnages qui peuplent ses pièces. C'est même assez étrange de constater combien les ressorts d'une conversation entre un employé et un patron n'ont pas changé, combien les engueulades de couple empruntent éternellement le même chemin...
La compagnie Ici et Maintenant propose un univers en noir et blanc et en musique pour donner corps à quatre courtes pièces de l'auteur : La paix chez soi, Monsieur Badin, La peur des coups et Mentons Bleus. Les visages sont peints en blanc pour mieux transformer les sketches naturalistes en saynètes expressionnistes. Un moment très plaisant dont on regrette seulement qu'il soit trop court.
Et comme la maison ne recule devant rien, voici une scène gratuite.
Courteline opérette, quatre pièces de Georges Courteline, mise en scène Christine Berg
Aux Trois Soleils du 8 au 31 juillet à 13h30
Avignon Off



Les affiches les plus sexe

Posté par Catherine le 23.07.09 à 12:00 | tags : avignon off, festival d'avignon, festival

Les affiches les plus sexe sont sans conteste celles du Palace. Faites l'amour avec un Belge, Les monologues du pénis, Ma femme me prend pour un sextoy, ou encore Ma voisine ne suce pas que de la glace, (j'en passe et des tout aussi joyeuses), un programme salace à méditer... en suçant sa glace dans les chaudes ruelles d'Avignon. Mhmm...

 

Le Palace, 38 cours Jean Jaurès, 5 salles climatisées, 30 spectacles : one man show, comédie, chansonnier, stand up, vedette découverte...
Avignon Off




Autres pistes à la Cité internationale

Posté par Floriane le 23.07.09 à 08:36 | tags : paris quartier d'été, festival, cirque
 
Certains ont la grâce ; d’autres un peu moins. Chez les circassiens, l’apparente facilité cache pourtant souvent un travail énorme, d’autant plus remarquable qu’il ne se voit pas ou se devine à peine. L’artiste alors peut pleinement développer son interprétation, faire corps avec son agrès ou avec son partenaire. Et le public d’oublier le danger, la difficulté, l’apprentissage, la pesanteur même.

La transition est aisée, puisque c’est précisément Kitsou Dubois, chorégraphe connue pour ses recherches sur le sujet, qui a concocté le programme de Autres pistes, présenté au Théâtre de la Cité Internationale, en partenariat avec Paris Quartier d’été. Dubois a même fait mieux, puisqu’elle a dirigé les deux interprètes de Contrepoids (Virginie Frémaux et Mika Lafforgue), perchés sur leur trapèze, dont ils démantèlent la forme et la fonction pour se jouer de la hauteur et des rapports entre leurs deux corps, solidaires, en balance ou se détachant un bref instant, pour mieux se rattraper.
Une même grâce habite Marie-Anne Michel qui, depuis plusieurs années déjà, promène son solo de mâts chinois, avec l’indifférence souriante de celle qui a totalement maîtrisé l’agrès, le corps et l’image qu’elle souhaite donner, celle d’une jeune femme en Sieste verticale. Le programme souligne utilement sa répartition fine des appuis et son art de « bouger avec l’air de ne pas bouger ». La Cité Internationale a eu l’intelligence de placer son numéro, inaugural de la série de ces Autres pistes, au centre du hall d’accueil. Perdue dans les moulures du plafond, Marie-Anne Michel semble littéralement flotter, somnolente, et son bien-être apparent détend et émerveille le spectateur, parfois surpris dans sa traversée, ses tracas administratifs ou ses élans amoureux. Quelle jolie façon de mettre l’art au cœur de la vie !
Autres pistes se poursuit jusqu’au 9 août, avec différents programmes.

Ill : Contrepoids, © Christophe Reynaud de Lage



Les affiches les plus basiques

Posté par Catherine le 23.07.09 à 08:00 | tags : festival, avignon off, festival d'avignon, théâtre

Le titre, le lieu et l'heure, c'est tout ce qu'on demande ! Ah, peut-être juste une petite photo. D'accord, mais alors basique elle aussi s'il vous plaît.

 

La photo du spectacle La belge et le clochard (!), voir cliché central ci-dessus, illustrant une affiche format géant mais néanmoins ultra-basique, mérite un agrandissement.
Rien que pour vous, voici les Sullon :

Le flyer du spectacle nous en dit beaucoup plus. Par exemple, et je ne résiste pas à l'envie de vous les recopier, il répercute des vrais avis de vrais spectateurs :

"J'en suis resté baba" (un patissier)

"Les Sullon nous envoient du rire en plein dans la poire" (William)

"En tant que reine des fleurs, nous disons de leur spectacle : le beau joli est arrivé" (les 6 roses)

Désopilant on vous dit.

 

La Belge et le Clochard par les Sullon, du 8 au 31 juillet au Théâtre le Forum à 17h45
Avignon Off

 




Quebrada, couleur tango

Posté par Nedjma le 22.07.09 à 11:24 | tags : avignon off, théâtre, festival, festival d'avignon

Comment qualifier cet objet singulier ? Théâtre ? Danse ? Les deux, mon capitaine. Pourtant seule en scène, Marina Carranza excelle dans l’art du pas de deux. Elle est en body sur un plateau en désordre quand le rideau se lève. En body sur un plateau en désordre quand le rideau se baisse. Entre les deux, elle aura mis de l’ordre, livré un semblant de conférence sur « La Quebrada », vallée étroite du Nord de l’Argentine et se sera interrogée sur l’identité, exhibant plusieurs cartes à chaque fois qu’elle lance « Je m’appelle… »

Sous une déstructuration feinte, la danseuse construit son solo à grands renforts de séquences chorégraphiques fragmentées et de sourires malicieux.

Elle s’habille et se déshabille, tour à tour sensuelle créature en robe et hauts talons, gaucho argentin ou Indien du fin fond de la campagne.

Elle explore divers genres, tango et danses traditionnelles, jeu burlesque façon films muets des années 30 et pas folkloriques, sans oublier d’en rire. « Je danse de l’orteil à l’oreille ». Elle est drôlissime et sérieuse, fragile et solide, sensible et pleine d’une imagination joliment orchestrée par Karine Monneau.

« Quebrada », mis en scène par Karine Monneau. Maison des avocats, 15 heures, jusqu’au 28 juillet.

 

 

 




Diogène Ntarindwa de la guerre au théâtre

Posté par Nedjma le 21.07.09 à 16:23 | tags : avignon off, festival, festival d'avignon, théâtre

Parmi la centaine de théâtres qui abritent des spectacles du Off, on peut aller dans certains, presque -ou toujours- les yeux fermés. La Manufacture est de ceux-là, qui hisse haut les auteurs contemporains, et les interprètes de talent. « Carte d'identité », un petit bijou d'intelligence et de drôlerie, s'y découvre à 11 heures.

Nom : Ntarindwa. Prénom : Diogène. Signes particuliers: d'origine rwandaise, l'homme est né en 1977 au Burundi. Dans son parcours, le Front patriotique rwandais et le conservatoire de Liège. Aujourd'hui comédien, il est face à nous, long corps mince, tenue noire, fines lunettes, pour se raconter. Et dire l'influence de la grande histoire sur des foules de petites histoires. Celui qui « a toujours été curieux et turbulent » interroge encore, et toujours le passé de son pays et le sien. Avec humour et gravité parfois. Les souvenirs d'enfance, d'adolescence, c'est un parfum de nourriture autant que les couleurs d'un marché, les odeurs de cadavres et les terrains minés, l'ombre du génocice qui plane sur tout. Diogène incarne tour à tour les sages de son pays et les instituteurs, les gosses et les jeunes soldats -dont il fut-. Il vibre, il rit, il vit. Et nous avec lui.

« Carte d'identité », à la Manufacture, jusqu'au 28 juillet. Relâche le 20.




Pierre Ascaride ou le plaisir des mots

Posté par Catherine le 21.07.09 à 08:00 | tags : festival d'avignon, avignon off, festival, théâtre

 

Deux énergumènes jonglent avec les mots de Francis Blanche, Pierre Dac, Bobby Lapointe, Alfred de Musset, Georges Perec, François Rabelais, Marcel Proust et bien d'autres encore ! Pierre Ascaride avait imaginé ces jeux de langues il y a plus de dix ans. Aujourd'hui, il a éprouvé le besoin d'en rajouter une couche car, comme l'explique un comédien en introduction au spectacle, la langue française a plus besoin que jamais qu'on se batte pour faire entendre son infinie richesse.
Revoici donc Pierre Ascaride avec Jeux de langues, le retour. Le spectacle fait salle comble à Avignon. Un petit plaisir des mots le matin, ça ne peut pas faire de mal au festivalier engourdi !
Pour vous et pour vous seuls, chers lecteurs, Pierre Ascaride a accepté de répondre à quelques questions...
Jeux de langues / le retour, Pierre Ascaride
du 8 au 31 juillet, Au Petit Louvre (Van Gogh), à 11 heures
Avignon Off

 

 




De truculents « Délires à deux »

Posté par Nedjma le 20.07.09 à 11:21 | tags : avignon off, théâtre, festival, festival d'avignon
Ils ont le même pyjama blanc. Voilà tout. Pour le reste, ces deux-là n’ont pas de point commun, et ne s’entendent sur rien : la différence entre une tortue et un limaçon , la raison pour laquelle ils sont ensemble depuis 17 ans et pourquoi lui l’a arrachée à son matelassier de mari et à ses enfants –même si elle n’en a pas- ? Ils se donnent du « mollusque » et de l’«andouille » en guise de petits noms affectueux, et affichent une triste lucidité sur leur histoire. « Dès le premier jour, j’ai compris qu’on ne se comprendrait pas », lâche-t-il. L’incommunication est grande, l’espace se rétrécit… et dehors c’est la guerre. Décor noir et blanc, mariés de pièce montée enfermés dans une cage à oiseaux, noms d’oiseaux qui volent. « On n’est pas difficiles, on s’amuse partout tant qu’il y a du conflit ! »

 

Et le public aussi s’amuse, qui assiste, hilare, à cette chronique d’un désastre annoncé. La langue de Eugène Ionesco, comme toujours magnifiquement tricotée, est ici servie par deux acteurs de haut vol : Danièle Lebrun, délicieusement désagréable, Bernard Malaka, merveilleusement odieux, sous la baguette de Christophe Lidon. C’est absurde et cocasse, c’est une truculente récréation , c’est une parenthèse réjouissante pendant que tant d’autres spectacles s’attachent à dire les horreurs du monde…

« Délires à deux » de Ionesco, mis en scène par Christophe Lidon. Théâtre du Chien qui fume, 19h15, jusqu’au 31 juillet.

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Nos fidélités dans le Off - La bataille de Waterloo

Posté par Catherine le 20.07.09 à 08:00 | tags : théâtre, festival d'avignon, avignon off, festival

On n'oublie pas de si tôt un coup de coeur comme celui que j'avais vécu en 2006. Rappelez-vous, Peepshow dans les Alpes de Markus Köbeli. Tombée immédiatement sous le charme du Théâtre Régional des Pays de Loire, je n'avais pas manqué, plus tard, la troupe de Patrick Pelloquet lorsqu'elle était passée en région parisienne avec un Labiche. En bonne fan, je me devais donc de prendre mon ticket les yeux fermés pour leur dernière production présentée à Avignon.

Waouh, ce n'est pas avec une mais avec trois pièces, toutes de Louis Calaferte, que l'équipe débarque au Grenier à Sel. Jour pair ou impair, le hasard a voulu que j'assiste à la représentation de La bataille de Waterloo. Des pièces de théâtre avec des personnages, un décor, un début, un milieu, une fin. Des pièces "à l'ancienne" comme le metteur en scène les aime...
Alors, cette bataille de Waterloo - c'était en quelle année d'abord ? Bon, pour commencer, c'est Calaferte et son texte n'est finalement pas si conforme aux canons que cela. L'auteur semble développer une intrigue, puis non finalement ce n'était qu'un prétexte et une bonne fin en queue de poisson fera l'affaire. Son souci n'est pas l'histoire mais les personnages qu'il croque. Patrick Pelloquet l'a bien compris et en rajoute de bonnes couches au processus de pulvérisation du microcosme de la famille modèle que propose Calaferte. Le décor, mi-playmobil, mi-Ikea, est génial, les costumes sont fantastiques, les comédiens sont follement hilarants. Le théâtre régional des Pays de la Loire, j'adore.

P.S. Conseil aux parents avec enfants vifs qui cherchent une distraction pendant ce festival : pour eux, pour eux seulement, cette pièce est à éviter absolument.

La Bataille de Waterloo, de Louis Calaferte, mise en scène Patrick Pelloquet
Du 9 au 31 juillet 2009 (jours impairs)
Au Grenier à Sel
Avignon Off




L'enfer : seule avec quatre kilos de pâte à pain

Posté par JdF le 19.07.09 à 14:16 | tags : avignon off, festival d'avignon, festival

Une femme seule devant une table sur laquelle est posée une pâte à pain. Est-elle prête à être pétrie ? (la pâte, je veux dire) elle enfonce un doigt, goûte : non. Le minuteur à nouveau et elle attend. Puis se met à parler. De l’autre, de son double, de celle qui l’aime et la hait, celle qui la tient prisonnière et dont elle ne peut se passer.

Pour donner corps à ces images mentales, Babette Masson, férue de théâtre d’objets, pétrit la pâte et donne naissance à des figures animales ou humaines, ou les deux à la fois.
L’enfer, selon Marion Aubert, l’auteur du texte, c’est la sclérose de la vie familiale, l’enfermement dans les tâches quotidiennes, que la comédienne exprime par sa présence et ses élucubrations verbales et gestuelles.

L'enfer de Marion aubert, avec Babette Masson, mise en scène Laurent Fraunié.

Jusqu'au 28 juillet à 20h30 à La Manufacture, 2 rue des Écoles, Avignon, 04 90 85 12 71.

Ill. © : Jef Rabillon




Victimes et bourreaux face à face chez Warlikowski

Posté par Nedjma le 19.07.09 à 08:07 | tags : festival d'avignon, festival, théâtre

Il a revisité la tragique histoire du prince de Danemark, la tragi-comique destinée de Kroum ou exploré les ravages du sida aux Etats-Unis, adaptant William Shakespeare, Hanokh Levin, Tony Kushner. Cette fois, Krzysztof Warlikowski s'appuie sur un montage de textes antiques et contemporains, piochant, ici, dans les tragédies d'Euripide (« Alceste », « Héraclès furieux »), là dans « Les bienveillantes » de Jonathan Littell ou dans la pièce contemporaine « Apolonia » de la Polonaise Hanna Krall. Le metteur en scène signe même certains textes à partir d'improvisations des acteurs.

Il explore tour à tour les existences fragmentées et sacrifiées d'Iphigénie, d'Agamemnon ou d'Apolonia Machczynska, juste polonaise...

Qu'est-ce que ça donne ? Une longue fresque en deux parties et une quinzaine de scènes, jalonnée de meurtres, de sacrifices et de destins effroyables, où victimes et bourreaux se répondent dans le miroir, les premiers forcés ou consentants, les seconds tentant de justifier leurs actes. On plonge dans les tréfonds de l'espèce humaine, ce qu'elle a de pire, et parfois de meilleur. Ça commence par un conte de Rabindranath Tagore, et se poursuit par un de ces coups de poing dont l'artiste polonais a le secret. Décompte funèbre des victimes de la deuxième guerre mondiale : nombre total, nombre par jour, par minute, et par seconde -un mort toutes les 4,6 secondes-. C'est terrible, et glaçant. Le soir de la première d'ailleurs, il faisait chaud au lever de rideau, et le vent s'est levé à ce moment-là, ne faiblissant pas jusqu'à la fin, vers 2h30 du matin. « La guerre est finie. Et puis on a compris la leçon, ça n'arrivera plus », lance un personnage avant de poursuivre : « D'une certaine manière, la guerre n'est jamais finie. »

« Laissons les morts aux morts, occupons-nous des vivants » clame Héraclès. Se retourner sur les morts, une meilleure façon de comprendre, d'accompagner les vivants ?

Emmenée par la chanteuse autricienne Renate Jett, une formation musicale live rythme l'ensemble du spectacle, entre tangos, mélodies lancinantes et échappées rock. Des decibels et des notes aux allures de chœur de tragédie grecque.

A l'épreuve du plateau, Warlikowski fait souvent merveille. Il s'empare ici de la Cour en majesté, signant une scénographie virtuose, avec boîtes de verre aux différents décors, mur d'images en fond de scène et s'appuie comme toujours sur une troupe d'acteurs prodigieuse à l'engagement total, cette fois accompagnés de trois poupées. Mais l'ensemble souffre d'un cruel manque de rythme. Parfois fort, violent, souvent lent, long, et s'essouflant sur la durée. On est sur le fil entre passion, émotion, et ennui.

Illus Christophe Raynaud de Lage.

« (A)pollonia », mise en scène de Krzysztof Warlikowski, 22 h, cour d'honneur du Palais des papes, jusqu'au 17 juillet.




« L’amour de l’art » ne suffit pas

Posté par Nedjma le 18.07.09 à 11:48 | tags : théâtre, festival d'avignon, avignon off, festival
Diastème connaît bien le festival d’Avignon. Il y a écrit et mis en scène plusieurs pièces, « 107 ans » ou « Les justes » d'Albert Camus, l’an dernier. Il en a même fait un joli film, « Le bruit des gens autour », sur la condition d’artiste et les coulisses du plus grand événement théâtral du monde. Alors son « Amour de l’art », on y allait avec appétit. On en ressort le ventre vide. Commençons par le point positif : la distribution féminine. Ces damoiselles, Emma de Caunes et Jeanne Rosa tirent assurément leur épingle du jeu. Celle-là, en Manon, jeune actrice incarnant Marilyn dans sa dernière journée, celle-ci en Sissi, fidèle amie, maquilleuse, costumière et, tout naturellement, éponge des pleurs et des doutes de la vedette qu’elle accompagne. Toutes deux sont fraîches, pétillantes, drôles quand il le faut, touchantes, aussi parfois. Là où ça se gâte, c’est quand Frédéric Andrau, alias Manu, le régisseur lumière fait son entrée, vraiment un cran en dessous.

 

L’histoire, rencontre amoureuse de l’étoile et de l’homme de l’ombre, est cousue de fil blanc, le texte léger, les clichés véhiculés sur les techniciens de théâtre en province vraiment limite, même sous couvert d’humour, les va-et-vient entre scène et coulisses un peu répétitifs. Enfin, le final sous un ciel étoilé, neu-neu à souhait. L’amour de l’art ne suffit pas. Encore faut-il avoir la manière…

« L’amour de l’art », Théâtre du Chêne noir, 21h, jusqu’au 29 juillet.

 

 




Titres de spectacles: le Top 3 du pire

Posté par Nedjma le 18.07.09 à 09:09 | tags : avignon off, théâtre, festival, festival d'avignon
Le moins qu'on puisse dire c'est que le mot "festival d'Avignon" ne rime pas toujours avec bon goût. Au petit jeu des spectacles à l'humour au ras des pâquerettes, on peut évoquer les spectacles eux mêmes, les parades ou les affiches. Mais aussi les titres. Parfois quelques mots suffisent pour donner le ton...

Au sommet du top 3 des pires titres, pas de doute, la pièce à l'affiche du Palace à 22 h15 décroche le pompon: "Ma voisine ne suce pas que de la glace". Pas sûr d'avoir envie de savoir ce qu'elle suce d'autre... Dans le même goût... et dans le même théâtre, à 18h20 cette fois "Ma femme me prend pour un sextoy (Las Vegas Libido)". On est un peu sceptiques sur l'humour inhérent à "Buchenwald, concentrons-nous", aux Ateliers d'Amphoux, qui raconte "la rencontre insolite entre un philoosophe aveugle et un simple d'esprit unijambiste". Hmmm...

 




Karl Valentin et rien d'autre : démonstration !

Posté par Catherine le 18.07.09 à 08:00 | tags : festival, théâtre, avignon off, festival d'avignon
Ils sont sympas : ils nous offrent une petite démonstration en vidéo de leur spectacle ! Nul doute que ces quelques images rapides aiguiseront le besoin de nos lecteurs d'aller voir ces deux charmants garçons en chair et en os - et en slip. Ceux qui aiment en avoir pour leur argent côté costumes flamboyants, décors fantasmagoriques, bandes-son délirantes, devront réviser un chouillat leurs attentes. Ceux qui aiment une certaine radicalité seront servis. Avec la compagnie Obrigado, la radicalité est de celles qui misent avant tout sur le jeu du comédien. Et ça change au passage de ces spectacles où radical rime avec lecture sur ton monocorde par exemple. Suivez mon regard.
Karl Valentin donc. Ils avaient envie de jouer Karl Valentin. Mais Karl Valentin, c'est la liberté absolue. Alors ils ont pris la liberté de digresser. D'aller au bout, et plus loin encore, du délire de l'auteur. Quand ils disent Karl Valentin et rien d'autre, ils mentent bien sûr, d'une mauvaise foi fascinante. Il y a Karl Valentin, à la lettre, et il y a aussi beaucoup beaucoup d'autres choses. Les jeux de lumière les plus osés de la terre par exemple. Des questionnements métaphysiques graves. De la schizophrénie alarmante. De l'action, de la réflexion, de la déconstruction ! Clown, burlesque, absurde, Karl Valentin et rien d'autre est tout ça à la fois, dans ce que chacun de ces termes a de plus beau. Vous l'aurez compris : ce spectacle est un bijou à voir et puis c'est tout.
Karl Valentin et rien d'autre - une comédie burlesque, textes de Karl Valentin et de la compagnie Obrigado
A l'Alibi, du 8 au 31 juillet à 17h15
Avignon Off



Un Pourceaugnac haut en couleur(s)

Posté par Nedjma le 17.07.09 à 12:20 | tags : avignon off, festival d'avignon, festival, théâtre

 

 

Isabelle Starkier, reine du Off ? La metteuse en scène a rien moins que six spectacles à l'affiche cette année, dont deux destinés au jeune public. Parmi les quatre autres, « Monsieur de Pourceaugnac », qui revient à Avignon après un franc succès l'an dernier et une programmation au long cours au Théâtre Silvia Monfort, à Paris.

Ce Pourceaugnac-là vaut largement le détour... D'abord parce que le texte de Molière, pas si souvent monté, est d'une acuité et d'une actualité féroces. Ensuite, parce que pour dénoncer l'intolérance criante et la mesquinerie, elle confie le rôle de la victime du Limousin, de « l'étranger » à un acteur noir, ici tout de blanc vêtu et perruqué. Enfin, parce qu'elle mène cette comédie-ballet tambour battant et que ses cinq acteurs font merveille.

Julie et Eraste, tourtereaux contrariés dans leur amour par la volonté de la mère qui entend marier sa fille à un môssieu de Limoges, multiplient les stratagèmes pour bouter l'indésirable hors de chez eux en l'accusant de tous les maux. Ils sont aidés en cela par un valet napolitain. A grand renfort de costumes et de masques, voilà les trois odieux tour à tour médecins et infirmiers, avocats et soldats, créancier belge, épouses tombées du ciel et nourrissons. Là, seul Pourceaugnac avance à découvert avant de repartir chez lui, nu, menotté dans un bruit de charter ! Rien de tel que l'humour débridé et les trouvailles originales et cocasses qui jalonnent cette pièce pour dire la cruauté sans bornes de l'humain.

« Monsieur de Pourceaugnac », jusqu'au 31 juillet, Fabrik Théâtre.

 

 

 




Bruits de palais

Posté par Nedjma le 17.07.09 à 12:17 | tags : festival d'avignon, théâtre, avignon off, festival

Avignon n'est pas Cannes, on l'a dit et redit, pourtant, ça n'empêche pas qu'un certain nombre de personnalités du théâtre, du cinéma et de la télé y traînent leurs basques.

Premier d'entre eux, Frédéric Mitterrand. Le festival est un passage obligé pour chaque ministre de la culture, à plus forte raison s'il vient d'être nommé. Mais celui-là n'a pas fait escale à la Cour d'honneur, comme le veut la tradition. Il a évité les onze heures de spectacle de Wajdi Mouawad ou la première de "(A)pollonia", hier soir, préférant découvrir "Angelo, tyran de Padoue" mis en scène par Christophe Honoré au Théâtre municipal.
Martine Aubry elle, avait tenté le coup. Elle a assisté au spectacle de Krzsystof Warlikowski -quatre heures trente, compte-rendu à suivre-... et a filé à l'entracte. Isabelle Huppert elle, est restée jusqu'à la fin, y compris au pot de première. Elle jouera l'hiver prochain sous la direction du metteur en scène polonais dans "Un tramway nommé désir", à l'Odéon. La comédienne Florence Thomassin aussi était de la partie...
Côté Off, Denis Lavant qui joue dans "Big shoot" au Chêne noir chaque matin à 11  heures prend soin d'aller applaudir ses petits camarades. Il assistait voilà quelques jours à "Monsieur de Pourceaugnac" à la Fabrik Théâtre, et s'est marré une heure trente durant.




Ode maritime : Régy monte Pessoa

Posté par JdF le 17.07.09 à 10:14 | tags : festival, festival d'avignon, théâtre
D’abord l’impression d’arriver dans un hub, une plate-forme aéroportuaire internationale : au milieu d’un de ces no man lands que constituent les abord des villes occidentales, bordée de gazons que l’on s’obstine à arroser au jet et de plans de lavande, se dresse une longue bâtisse high-tech, murs blancs et lisses, verrières, décoration intérieur en teck : tout est beau transparent et isolé du réel… Est-ce un lieu choisi en fonction du spectacle qui est programmé, mystère… toujours est-il qu’il renvoie à l’impression que donne Fernando Pessoa de n’être jamais nulle part et surtout pas là où il est supposé se trouver.

Car le dernier spectacle de Claude Régy est une récitation (ou profération, disons) par Jean-Quentin Châtelain d’Ode maritime, texte où Pessoa, rivé au rivage, fantasme sur les mers, les îles et les lointains littoraux. Comme dans tous les spectacle de Régy, la scène est plongée dans une semi-obscurité, l’acteur sur un ponton d’acier, devant un fond de scène incurvé, est éclairé de manière minimaliste et extrêmement précise : la lumière tantôt le noie dans un halo blanchâtre, tantôt entoure son visage d’un cadre blanc.

Jean-Quentin Châtelain a travaillé sa diction, déjà particulière, pour donner corps au texte, le faire sortir comme un souffle, un râle, un hoquet : il ne parle pas, il inhale, mugit, halète, toute gestuelle lui étant interdite, son corps vit tout entier dans une effarante performance vocale.

Ode maritime de Fernado Pessoa, mise en scène de Claude Régy, avec Jean-Quentin Châtelain, jusqu’au 25 juillet, à 22h, salle Montfavet.



Gérard Philipe 50 ans après...

Posté par Nedjma le 16.07.09 à 16:59 | tags : festival, festival d'avignon, théâtre
Ah ! Gérard Philipe... Philippe Caubère l'évoquait dans son « Roman d'un acteur » de façon drolatique. Son ombre héroïque flotte encore sur Avignon, comme celle de Jean Vilar, metteur en scène, fondateur du festival, statue du commandeur.

En novembre prochain, cela fera tout juste 50 ans que l'acteur est mort. 50 ans que Vilar lui rendait ce vibrant hommage : « La mort a frappé haut, elle a fauché celui là même qui exprimait la vie». Dans un questionnaire du TNP adressé aux spectateurs, Vilar glissait son avis sur l'acteur : « Pourquoi n'êtes-vous pas plus tendre ? Ce qu'on aime en vous, Gérard Philipe, c'est le cœur ». Ces documents sont à l'affiche de l'exposition dédiée à celui qui porta le costume du « Prince de Hombourg », un prince de théâtre. Et de cinéma. On y retrouve également des images signées Agnès Varda, fidèle glaneuse d'instants du festival, puis d'autres, où l'acteur est assailli par une horde de fans, devant le Palais de Chaillot. Son évocation, et celle de Roger Planchon, récemment disparu, se poursuit avec la projection de documentaires et tout un cycle de rencontres, joliment baptisé « Un jardin pour Gérard Philipe ».

 

Le 16 juillet, à 17h, Michel Bataillon ; le 17 juillet à 17h Claude Confortès ; le 18 juillet à 17h, Jacques Frantz.

 

Exposition "Gérard Philipe 50 ans après..." maison Jean Vilar jusqu'au 29 juillet.




Qu'est-ce qu'on court voir dans le Off ? DéBaTailles

Posté par Catherine le 16.07.09 à 12:00 | tags : avignon off, festival d'avignon, festival, danse

 

Si l'esthétique est moins flamboyante que celle du spectacle phare du Studio des Hivernales, DéBaTailles, côté Théâtre des Hivernales, part d'une thématique tout aussi binaire : quand les Delgado Fuchs pariaient sur un rose contre bleu, Denis Plassard, lui, oppose... les blonds aux bruns !

Il est donc question ici de joutes, de défis, de batailles entre mâles sûrs de leur puissance et de leur supériorité. Les alliances se font et se défont au gré des changements de perruques. La musique, jouée en direct, alterne accordéons folkloriques, jazz-rock dynamiques, solos de guitare électrique déchaînée et même, percussions asiatiques. Seize défis en tout. Avec chacun un thème : "défi prise de tête (lentement et grossièrement)", "défi mutants" ou encore "défi kung Fu"- mon préféré...  Ces gars-là sont très forts en portés et en "enchevêtrés" (le terme doit bien exister. En tout cas, pour la compagnie Propos, il faudrait l'inventer..) Assez rare dans un spectacle de danse contemporaine, les applaudissements éclatent de ci de là, saluant des performances qui relèvent souvent de l'acrobatie.

Décidément, rien que pour pouvoir assister à ce genre de spectacle qui tourne habituellement en régions, les Parisiens ne regretteront pas d'être descendus à Avignon ! 

 

DéBaTailles, Cie Propos, Denis Plassard
Au Théâtre des Hivernales du 10 au 26 juillet à 13 heures.
Avignon Off

Illus © C. Ganet




Joël Jouanneau livre son Oedipe

Posté par Catherine le 16.07.09 à 08:00 | tags : festival, festival d'avignon, théâtre

Grand moment du festival que l'Oedipe très personnel de Joël Jouanneau. Cet Oedipe ne reste roi que quelques minutes. La peste frappe Thèbes et Tirésias consent rapidement à des révélations fracassantes. Oedipe les reçoit sans tergiverser, presque comme s'il savait déjà. Il a tué son père et couché avec sa mère. D'accord. Devant un tel état de fait, il n'y a pas de temps à perdre : il se crève les yeux et puis voilà.
Voilà, Jouanneau peut maintenant développer sa chronique des Labdacides. D'abord Oedipe. Roi déchu, exclu désigné. Il en fait un débris, un clochard pouilleux, désabusé et grande gueule. Joël Jouanneau offre le rôle à Jacques Bonnafé, qui l'habite de toute sa force.
L'auteur / metteur en scène consacre la seconde moitié de sa pièce à la descendance d'Oedipe, ces enfants qui sont aussi ses frères et sœurs. Une vraie fratrie où la jalousie va de pair avec l'amour fraternel. Une fratrie sur laquelle plane l'ombre imposante de l'inceste. Une belle place est faite à Ismène, la sœur qu'on connaît moins.
Dans un dispositif bi-frontal, le public se voit attribuer le rôle de peuple de Thèbes et la part de responsabilité qui va avec. Les Thébains ne sont pas innocents dans le sort qui est réservé à leur roi, hier héros, aujourd'hui victime d'une malédiction dont il n'est qu'un objet impuissant.
La grande fresque de trois heures que déroule Joël Jouanneau déborde de références - aux auteurs grecs bien sûr, mais également à de nombreux autres poètes plus proches de nous. Formidablement dense, Sous l'oeil d'Oedipe ne saurait révéler tous ses secrets en une seule fois. Une pièce à voir, à revoir et, sans aucun doute, à lire aussi.

 

Sous l'œil d'Oedipe, de et par Joël Jouanneau, d'après Sophocle et Euripide
Festival d'Avignon
Gymnase du lycée Mistral, du12 au 26 juillet à 22 heures

Illus © C. Raynaud de Lage




L'affiche la plus discrète

Posté par Catherine le 15.07.09 à 21:00 | tags : avignon off, festival d'avignon, festival

Tandis que d'autres s'exhibent à n'en plus finir sur tous les murs de la ville, celle-ci est toute discrète. On ne l'a croisée qu'une fois, par hasard. Elle était toute seule, loin des insolentes en couleur, pendue par un pauvre petit bout de ficelle à un bras de gouttière un peu déglingué. Elle semblait tellement délavée qu'il a fallu vérifier la date : non, il ne s'agit pas d'une rescapée de l'année dernière. Carmelle ou la déraison d'être se donne bien en 2009, au Théâtre des Halles, à 21h00.

Il se trouve qu'on a déjà vu le spectacle, et deux fois même. Et qu'on vous en a déjà parlé (une fois, deux fois). On a dit que c'était vraiment très bien (surtout la partie Carmelle), et on le redit maintenant. Voilà ce que c'est, Carmelle, de vouloir faire la modeste !




Et dans le Off ? Jour de tour / Christian Prigent

Posté par Catherine le 15.07.09 à 18:00 | tags : théâtre, avignon off, festival d'avignon, festival

Entre autres fonctions estimables, le grand marché du Off a le mérite de permettre aux festivaliers de découvrir des auteurs dont ils n'avaient encore jamais eu l'occasion de croiser les oeuvres. Christian Prigent n'écrit pas pour le théâtre mais on le connaît pour être un lecteur hors-pair de ses propres textes.
Monique Hervouët, tombée sous le charme, a voulu donner à entendre la langue si particulière de Christian Prigent. Une langue "drue, faite d'un tricotage flamboyant de néologismes, allitérations, calambours, inventions syntaxiques à usage rythmique", comme elle la décrit. Et elle a bien fait : ses comédiens, à la fois narrateurs et personnages, sont excellents et leur plaisir à goûter goulument au verbe de Christian Prigent est communicatif. Une échappée sur fond de passage du tour de France qui nous fait saliver gaiement dans nos fauteuils. Un chouette moment.


Jour de tour, mise en théâtre d'un fragment de l'oeuvre de Christian Prigent : Grand-mère Quéquette
Mise en scène Monique Hervouët
Au Grenier à Sel du 8 au 19 juillet à 17h40
Avignon Off

Illus Normal 0 21 © Caroline Bigret LU




Le cher disparu de Colas

Posté par Nedjma le 15.07.09 à 14:46 | tags : théâtre, festival d'avignon, festival

Qui est-il, qui était-il, ce Jan qui a disparu ? Comment a-t-il disparu ? Le mercenaire de l'art contemporain fut auparavant soldat, acteur, photographe, gigolo, jardinier, strip-teaseur et prince des dance-floors. Il eut des amants, des maîtresses, des emportements. « Pas un ne l'a vraiment connu ». Pourtant, tout son monde, amis, amours, emmerdes se retrouve pour l'évoquer. Même si « toute chose est impossible à représenter », l'hommage se déploie, tour à tour solennel et incongru, cocasse et singulier, en notes et mots. Errances et doutes, éclats de rires et rencontres, séparations et introspections. Chacun des intervenants inscrit ses phrases, son pan d'histoire -réelle ou corrigée- sur le livre d'or de Jan.

Le fondateur de la compagnie Diphtong, Hubert Colas, de retour à Avignon quatre ans après "Hamlet" est ici auteur, metteur en scène. Son idée est belle, mais se dilue dans une construction un peu brouillon, et le texte longuet, s'étire, nous perd.

Pourtant, dans l'écrin superbe qu'est le Cloître des Carmes, il signe une scénographie de haut vol : sol blanc, grands panneaux de plexi qui se font tour à tour miroirs géants, vitres, écran de projection -accueillant les images, superbes, de Patrick Lafont, interviews des protagonistes, vagues qui viennent s'écraser- et s'entoure, comme toujours d'une fine équipe d'acteurs : Thierry Raynaud, Frédéric Schulz-Richard, Elie Hay, Isabelle Mouchard...

Puis Mathieu Poulain, une révélation. On le définit comme « marseillais misanthrope qui aimerait qu'on l'appelle M.a.P. mais que tout le monde appelle Mathieu ». Corps longiline, costard ultra-cintré, regard clair, cheveux bouclés en cascade qui encadrent un visage d'ange souriant, guitare électrique en bandoulière. Et surtout voix incroyable, écorchée et chaude, compositions magnifiquement mélancoliques qui rythment comme un fil rouge toute l'évocation de Jan. On se souviendra longtemps de lui.

 

Illus Christophe Raynaud de Lage.

"Le livre d'or de Jan" texte et mise en scène d'Hubert Colas, jusqu'au 17 juillet, Cloître des Carmes, 22 heures.

 




Qu'est-ce qu'on va voir dans le Off ? Chatroom

Posté par Catherine le 15.07.09 à 08:00 | tags : avignon off, festival d'avignon, festival

 

Le théâtre se doit d'être en phase avec son temps (n'est-ce pas ?) et le temps d'aujourd'hui, c'est internet, c'est msn, c'est le chat. Oui, mais quoi de moins théâtral qu'un clampin seul devant son clavier ? Enda Walsh, auteur du fameux Disco Pigs, a laissé cette considération aux metteurs en scène et a construit Chatroom comme un thriller trépidant. Six ados discutent sur le forum "sujets coriaces" d'un site de discussion. "On est des somnanbules attendant que les choses se passent plutôt que d'agir pour qu'elles bougent. Ce serait tellement génial d'accomplir quelque chose d'important. D'avoir une véritable cause à défendre". Ainsi s'exprime l'un deux. On remarque au passage que l'auteur ne prétend pas tout dire du phénomène des chatrooms et ne se perd pas en langage msn. Les "mort de rire" prononcés à plein sont d'ailleurs excessivement drôles.

Eva l'ex-fan de Britney, Emily la sensée, William le cynique, Jack le suiveur, Laura la déjà-adulte trouvent leur cause en Jim. Jim la tête de turc, pour qui le suicide semble bien la seule issue possible. Ecouter les problèmes de Jim, tenter d'aider Jim, tenter de l'aider à... se suicider. Sylvie de Braekeleer, à la mise en scène, réussit à rendre parfaitement crédible cette bande de jeunes bien de notre temps. Ils sont dans leur chambre, à leurs petites affaires, et pourtant bien là, devant nous, en train de chatter entre eux. Le public n'a même pas le temps de s'ennuyer. Les jeunes comédiens sont absolument géniaux (euh, comment je dirais ça si j'avais quinze ans : "trop top" ?). On rit beaucoup, on a très peur. Ce n'est peut-être pas le spectacle parfait, mais ça y ressemble.

 

Chatroom, d'Enda Walsh, mise en scène Sylvie de Braekeleer
Proposé par le Théâtre de Poche de Bruxelles
Du 8 au 28 juillet à 15h15 au Théâtre des Doms
Avignon Off

 

P.S. Et puisqu'on aime à trouver des ponts entre le In et le Off, notons au passage que Wajdi Mouawad, artiste associé de cette édition du festival, avait monté Disco Pigs d'Enda Walsh... au Théâtre de Poche de Bruxelles il y a de ça, oh, dix ans...

 

Illus © Stéphanie Jassogne




Sad Face/Happy Face : du grand n'importe quoi !

Posté par JdF le 14.07.09 à 19:54 | tags : festival d'avignon, festival, théâtre

 

 

 

En cette 63e édition du festival, les trilogies sont à l’honneur ! D’abord celle de Wajdi Mouawad, puis celle de Jan Lauwers et la needcompany. Comme Mouawad, Lauwers y présente des spectacles déjà créés (lors d’autres éditions du festival), La Chambre d’Isabella et Le Bazar du Homard, suivi d’une nouvelle création, La Maison des Cerfs.


La Chambre d’Isabella qui tourne depuis plusieurs années était précédé d’une réputation favorable. En effet, le spectacle d’une conception fantaisiste, porté par la comédienne Viviane De Muynck et une troupe enthousiaste, nous fait voyager dans le destin abracadabrant d’Isabella dont les parents, qu’elle croit être ses parents adoptifs, l’ont élevée dans un phare, alcooliques, désespérés mais sachant donner de la joie de vivre. Elle s’en va ensuite à Paris, côtoie les surréalistes, rencontre Alexandre, l’homme de sa vie, n’en continue pas moins à prendre des dizaines d’amants, dont un gigolo noir, dont elle a une fille. Fascinée par l’Afrique dont elle détient des dizaines d’objets décoratifs et rituels (qui, disposés sur le plateau, donnent à la scène un petit côté Quai Branly), elle ne s’y rendra que pour six heures afin de rapatrier son petit-fils mourant. Je vous laisse découvrir les épisodes encore plus rocambolesques de cette vie agitée, sachez seulement que, malgré quelques passages à vide, le spectacle se tient et suscite auprès du public, un enthousiasme, à mon sens, un peu exagéré (il est vrai que c’était la première, c’est-à-dire le rendez-vous de fans de la Needcompany).
Le problème se pose ensuite : passons sur Le Bazar du Homard, déjà décrit et abondamment commenté ici) et venons en à la Maison des Cerfs. Le propos est grave : le frère d’une des danseuse/actrices de la compagnie, correspondant de guerre meurt au Kosovo. La troupe décide de consacrer un spectacle à cet événement. La scène représente d’abord un gymnase, un lieu de répétition, où deux danseurs se livrent à une chorégraphie qui donne une tonalité poignante de bon augure… Las ! sans doute pour faire échapper le spectacle à un trop plein émotionnel – ce à quoi, après avoir vu les spectacles de Mouawad, on ne peut qu’acquiescer, chacun de ces moments sera interrompu par des épisodes ineptes, où danseurs/acteurs se livrent à des numéros de grand n’importe quoi dans un festival de bêtise et de mauvais goût. Je sais bien que ce genre de réactions me fait passer illico, auprès des admirateurs de Jan Lauwers, pour une vielle abrutie, mais j’assume : briser l’élan pathétique dans un souci de mise à distance, je dis oui ! Infliger au public des scènes dignes de jeux de pré-ados à l’intellect en friche, je dis non !

 

 


Et c’est dommage car cette tare originelle entache le reste du spectacle qui se passe dans cette Maison des Cerfs où vit une étrange famille dans un décor étonnant, où s’entassent les poupées de tissu à forme animale. Le fil du récit fera s’enchaîner drame sur drame (c’est normal, c’est la guerre, me direz vous…) Sauf que là, on sent que Lauwers en rajoute par ce qu’il ne sait pas comment se dépêtrer du destin de ses personnages auxquels (contrairement à Isabella) il n’a donné aucun relief. Même la fille handicapée mentale ne semble être là que pour donner à Grace Ellen Barkey l’occasion de faire une performance remarquable, mais finalement dérisoire, à l’image de l’ensemble du spectacle.

Sad Face / Happy Face
La Chambre d’Isabella Le Bazar du Homard, La Maison des Cerfs
Une trilogie sur la Condition humaine
Les 14 et 18 juillet à 16h.

La Maison des Cerfs
Les 13, 16 et 17 juillet à 17h
Chateaublanc – Parc des expositions

 


Texte, mise en scène scénographie, Jan Lauwers, avec Grace Ellen Barkey, Anneke Bonnema, Hans Petter Dahl, Viviane De Muynck, Misha Downey, Julien Faure, Benoît Gob, Tijen Lawton, Yumiko Lawton, Maarten Seghers, Inge Van Bruystegem.

Illus. La Chambre d'Isabella ©Éveline Vanassh, La Maison des cerfs ©Maarten Vanden Abeele

 




En images : les insolites d'Avignon

Posté par Céline le 14.07.09 à 12:24 | tags : festival d'avignon
Si le Festival d'Avignon a eu le temps de devenir, en plus de soixante éditions, une véritable institution pour le monde du théâtre, la manifestation est également synonyme, pour les artistes comme pour le public qui y participent, de fête, d'alternatives, de découvertes et... d'extravagances.

 

Un petit tour dans les rues pendant le festival suffit à vous en convaincre : en off, et loin des grandes scènes historiques, on se lâche à Avignon ! Affiches oubliées, happenings insensés, compagnies haut perchées : visitez les dessous du festival avec notre diaporama des extravagants d'Avignon.
 
 



André Benedetto, fondateur du Off, est mort

Posté par Nedjma le 14.07.09 à 11:17 | tags : festival d'avignon, théâtre

 

Curieuse ironie du sort, le directeur du théâtre des Carmes d'Avignon a tiré sa révérence en plein festival, quelques heures après sa sortie de scène dans le spectacle « La sorcière, son sanglier et l'inquisiteur lubrique », où il partageait l'affiche avec Hélène Raphel, Ludivine Bizot, Claude Djian et Farid Boughalem. Auteur, acteur, metteur en scène, poète à la révolte inlassable, André Benedetto puisait souvent son inspiration dans une actualité brûlante : les bombes au napalm, les sans-papiers, la ghettoisation des quartiers. Il avait même, en 2003, écrit dans l'urgence une pièce sur la grève des intermittents et l'annulation du festival In. Le spectacle avait affiché complet tout au long du mois de juillet. Ce phare dans le ciel avignonnais, verbe haut, chantant, était à l'origine du festival Off d'Avignon, en jouant en marge du festival officiel. C'était en 1966... 43 ans plus tard, il venait d'être nommé président de l'association « festival et compagnies », qui tente d'organiser le Off, après quelques années chaotiques... Frédéric Mitterrand, le ministre de la culture, a rendu hommage à « l'enfant terrible de la décentralisation théâtrale, une révolte féconde, une grande voix d ans l'histoire du théâtre ». Plusieurs hommages lui seront rendus dans son antre, au théâtre des Carmes, vendredi 17 juillet...




Vu des coulisses - Bintou

Posté par Catherine le 14.07.09 à 09:00 | tags : festival, festival d'avignon, avignon off
Et de l'autre côté du rideau, c'est comment ? Cliquez et vous saurez.
Du maquillage au salut final, la généreuse équipe de Bintou révèle tout.
 
 
Bintou
drame familial sur fond de violence de banlieue et d'excision
 
Pièce de Koffi Kwahulé (1997), mise en scène Laëtitia Guédon
A la Chapelle du Verbe Incarné du 6 au 31 juillet à 13h45
Avignon Off
 
Vidéo C. Richon



Avignon: le chiffre du jour

Posté par Nedjma le 13.07.09 à 13:30 | tags : théâtre, festival d'avignon, festival

 

14. 14 minutes de standing ovation ont salué, ce matin, dès 7h25, la performance de la troupe de "La Trilogie" signée WAjdi Mouawad, artiste associé de l'édition 2009. Onze heures de longue haleine, onze heures de souffle vif, de grands moments de théâtre et d'émotion à gros bouillons, de rires et de larmes, de quêtes échevelées et de découvertes riches en rebondissements. On a vu le jour se coucher, vers 22 heures, puis se lever un peu après 5h30. On a vu le ballet magnifique des martinets dans le ciel, le chat tigré traverser la scène, une nouvelle fois après la première de mercredi -à croire qu'il se plait, ici-. On a beaucoup aimé "Littoral", "Incendies", un peu moins "Forêts". Il faut dire qu'entre 4 et 7 heures du matin, l'esprit est moins alerte, les paupières plus lourdes. N'empêche, on a tenu bon, et la Cour au complet (moins quelques poignées de spectateurs seulement...) s'est levée comme un seul homme pour faire un triomphe à Wilfrid et Loup, Jeanne et Simon, Nawal et le notaire, Odette et Ludivine... 14 minutes de reconnaissance marquée dans les gradins donc, des acteurs extrêmement émus -c'était la dernière cette nuit-, et rejoints très vite par toute l'équipe des coulisses, quelque 80 personnes au bas mot: techniciens, équipes d'accueil, régisseur général de la Cour. Même Wajdi Mouawad, qui semblait ne pas revenir de tout ça, est grimpé sur le plateau à son tour. Les faiseurs ont applaudi les spectateurs, qui les ont applaudis à leur tour. C'était beau, c'était chaleureux, c'était Avignon dans toute sa splendeur...




Les affiches les plus divines

Posté par Catherine le 13.07.09 à 11:24 | tags : festival, festival d'avignon, avignon off

Que les âmes perdues festivalent en paix dans la cité papale, Dieu ne les a pas abandonnés.
Il est même bien présent. Il n'y a qu'à voir... 

 




Inepties volantes / Ecorces de peine : même combat

Posté par Catherine le 13.07.09 à 09:00 | tags : festival, festival d'avignon, avignon off

In et Off, une guerre qui n'a pas lieu. Les ponts sont nombreux. Heureusement. Exemple : en écho aux Inepties volantes du In, les Ecorces de peine du Off. Même principe du spectacle basé sur le verbe poétique d'un auteur qui vient lui-même sur scène incarner son témoignage, convoquer ses ancêtres, incanter sa prière...

Dieudonné Niangouna, D' de Kabal. La musique imprègne leurs mots - cris d'accordéon pour l'un, beat box pour l'autre. Les images, sombres et sobres, impriment leurs voix dans nos mémoires.  Le Congo-Brazaville ou la Seine-Saint-Denis via les Antilles, c'est une même urgence qui pousse les deux hommes à déverser leur flot de paroles sur un plateau de théâtre. Deux grands moments de quasi-recueillement à vivre pleinement à Avignon.

Le privilège du In est pour Dieudonné Niangouna d'avoir la participation de la lune et celle du vent qui souffle dans les arbres du cloître des Célestins, lieu hautement magique du festival...

 

Les Inepties Volantes de Dieudonné Niangouna
Avec Dieudonné Niangouna et Pascal Contet
Au Cloître des Célestins, du 10 au 17 juillet
Illus (droite) © C. Raynaud de Lage

 

 
 
Ecorces de peine, un spectacle conçu par D' de Kabal

Théâtre / Slam / Danse / Human beat box
Avec Blade, D' de Kabal, Didier Firmin
Avignon Off, du 8 au 31 juillet, Chapelle du Verbe Incarné, 12h10
Illus (gauche) © Eric Legrand

 




L'affiche la plus accrocheuse

Posté par Catherine le 12.07.09 à 12:39 | tags : festival, avignon off, festival d'avignon, danse

Aucun doute, parmi les milliers et les milliers d'affiches qui couvrent les murs de la ville d'Avignon, celle qui capte le plus l'attention est celle des Hivernales. "L'été danse..." aux Hivernales et nos yeux reviennent sans cesse sur la petite culotte taille basse de l'homme en bleu, rêvant d'être la fille aux mollets musclés et moulés dans de si sexy bottes roses. Mhmm !

Vite, vite, on se renseigne. Que cache un visuel si aguicheur ? Un coup d'oeil sur la plaquette des Hivernales et on apprend qu'il s'agit du spectacle des Delgado Fuchs, duo belgo-suisse. Que le centre de développement chorégraphique PACA l'ait choisi pour illustrer sa programmation de l'été s'impose comme une évidence. On apprend également que le titre du spectacle est aussi prometteur que le visuel : Manteau long en laine marine porté sur un pull à encolure détendue avec un pantalon peau de pêche et des chaussures pointues en nubuck rouge. En plus du prix de l'affiche la plus accrocheuse, ce spectacle peut également se voir attribuer les mentions spéciales de titre le plus long ou de titre le plus déjanté...

Ne reste plus qu'à courir voir le spectacle, car on pressent que voici le genre d'événement pour lequel il va rapidement devenir impossible d'obtenir un sésame pour ces 45 minutes de...  de quoi donc alors ? Avec une telle affiche, on rêve de bulles, d'acidulé, d'osé !

Youpi ya ! Mister Delgado et Misses Fuchs ne nous on pas vendu du vent ! Leur manteau long... est un vrai bonheur. Plein d'humour et de légèreté, le spectacle ne tombe jamais pour autant dans l'insignifiant. Dans une succession de micro-séquences et d'ambiances qui savent prendre leur temps, les deux danseurs / chorégraphes appellent le spectateur à être le témoin de l'acte chorégraphique, de l'échauffement des danseurs au cocktail d'after-show, en passant par le comptage des pas, l'importance des costumes ou la problématique des corps dénudés... Sexy et intelligent, un must, vraiment. 

 

Manteau long en laine marine porté sur un pull à encolure détendue avec un pantalon peau de pêche et des chaussures pointues en nubuck rouge, Delgado Fuchs, Belgique francophone / Suisse
Au Studio des Hivernales à 10h30 du 10 au 26 juillet

Pour ceux qui auraient besoin d'un petit appetiser supplémentaire, voir la vidéo sur le site des Delgado Fuchs : www




Photo-romance : de Rome à Beyrouth

Posté par JdF le 12.07.09 à 11:12 | tags : festival d'avignon, festival
Drôle d’idée que de faire un spectacle à partir d’un film composé d’images fixes, montré et commenté par celle qui l’a conçue auprès d'un censeur (du reste, sympathique et cultivé) qui doit statuer sur la recevabilité des propos tenus et de l’originalité de l’œuvre ! Lina Saleh lit les répliques des personnages à l’écran, interrompue par le censeur (Rabih Mroué) qui de manière parfois incongrue, parfois habile, tente de débusquer les tentative des contourner les règles. Au fond, le musicien, lunettes noires sur le nez, concentré sur sa batterie, semble ne pas se sentir concerné et fait celui qui préfère rester à l’écart de ces débats.
Savoir ce que c’est qu’une œuvre originale est l’autre problème sur lequel le spectacle fait fond. Le récit s’inspire en effet d’un film célèbre qui apparaît sous la forme d’un DVD qu’un des personnages donne à l’autre. Ceux qui connaissent le film feront assez vite le rapprochement : le récit mis en image raconte comment, à l’occasion d’une manifestation qui a vidé un quartier de ses habitants, une femme restée seule pour accomplir les tâches domestiques, fait connaissance de son voisin, militant de gauche, tenu dans le quartier pour un communiste et un athée.

Drôle d’idée, donc, que ce remake mais qui fonctionne à merveille ! La rencontre improbable entre cet homme progressiste aux convictions laïques, féministes et internationalistes et cette femme sans instruction qui a divorcé et est revenue vivre chez sa mère et, cohabitant avec ses trois frères et sa belle-sœur, est traitée comme la bonne à tout faire, cette rencontre donc donne lieu à un échange émouvant entre deux êtres solitaires qui se sentent en décalage avec leur environnement social. Au début, lui seul en a conscience. À la fin, ils partagent ce même sentiment.

La communauté chiite dans laquelle l’action est supposée se passer n’est pourtant pas caricaturée, car ce que Lina Saneh veut dénoncer, ce sont des tares qui ne sont pas inhérentes à cette communauté mais à toute la société libanaise. C’est « la marginalisation de la femme et la mentalité traditionnelle qui sont identiques, bien qu’à des degrés divers dans presque tous les milieux» dit-elle. Le choix de transposer l’action d’un film tourné dans un autre pays et à une autre époque s’inscrit dans une même démarche : montrer la pérennité de l’intolérance religieuse, du machisme et de la méfiance du clan envers la prise de liberté individuelle dans des lieux et des moments différents.

Photo-Romance de Lina Saneh et Rabih Mroué, musique de Charbel Haber.
Jusqu’au 15 juillet à 18h, le 16 juillet à 15h, salle Benoît XII.



Au paradis des paradeurs

Posté par Catherine le 11.07.09 à 17:02 | tags : festival, festival d'avignon, avignon off

Dans les rues d'Avignon, je parade, tu parades, ils paradent !
Video : C. Richon



Jeanne Moreau dans La Guerre des fils d'Amos Gitai

Posté par JdF le 11.07.09 à 11:52 | tags : festival, festival d'avignon

Les rumeurs qui planaient sur le spectacle d’Amos Gitai ne laissaient rien présager de bon : pourtant, je ne suis pas sortie de La Guerre des fils de lumière contre les fils des ténèbres en ayant l’impression d’avoir assisté à une imposture. Alors certes, Jeanne Moreau, installée à une table, face public, lit le récit fait par Flavius Josèphe de la guerre et le défaite des Juifs contre l’Empire romain autour de 70 après J.-C., mais le spectacle se construit et existe autour de cette présence centrale.

Sur deux tours construites en échafaudage, Jerome Koenig et Gérard Benhamou interprètent, en anglais, puis en français, les récits concomitants des deux empereurs successifs, Vespasien et Titus, qui ont remporté la victoire. Dans le fond, entre les rochers et blocs de pierre, déambule Mireille Perrier qui joue une mère enfermée dans Massada qui témoigne de la barbarie qui résulte de l’état de siège.


Bilan : Jeanne Moreau lit froidement et superbement le récit de Josèphe, Mireille Perrier lui fait pendant en évoquant la douleur d’une mère qui folle d’impuissance devant son enfant affamé, le tue et le mange, Éric Elmosnino intervient pour donner sa voix au plus fanatiques des Juifs, tandis que les deux empereurs évoquent la sérénité de Rome régnant sur le monde. Le cadre somptueux du lieu - la carrière de Boulbon, la scansion du récit par le déplacement des tours, la musique et le chant, la présence  -  un peu incongrue : est-ce pour signifier que le Temple a été reconstruit ? - de tailleurs de pierres, tout cela participe à un spectacle de bric et de broc, mais qui n’a rien d’indigne.

La Guerre des fils de lumière contre les fils des ténèbres, d’après La Guerre des Juifs de Flavius Josèphe, mise en scène Amos Gitai, avec Jeanne Moreau, Gérard Benhamou, Eric Elmosnino, Jerome Koenig, Mireille Perrier.
Jusqu’au 13 juillet à la carrière de Boulbon.




Des Québécois en Avignon : CHS de Christian Lapointe

Posté par JdF le 10.07.09 à 16:59 | tags : festival, festival d'avignon

Obsédé par le feu depuis toujours (il en cracha), Christian Lapointe fut gravement brûlé au cours d’une de ses performances.  Il fait remonter à cet épisode l’origine de C.H.S., spectacle qui porte, comme son acronyme l’indique, sur la « combustion humaine spontanée » qui survient (rarement, rassurez-vous) sans qu’on ait pu en élucider les causes, consumant la victime de l’intérieur.
Variation sur la mort et la destruction des corps, le propos du spectacle oscille de l’accident au suicide. Sur la scène, réduite, mais découpée en angles aigus (ce gui lui donne une illusion de profondeur qu’elle n’a pas), Christian Lapointe est assis sur un fauteuil. Au-dessus de lui, dans une fenêtre, une jeune fille apparaît, c’est l’employée de la station-service qui hésite à lui vendre un bidon d’essence, « à usage domestique », prétend-il. La droite sur la scène, sur une estrade qui suit l’angle de perspective, à moitié dissimilé par le tulle, un homme intervient sur un ton plus détaché et fait contrepoids au sentiment d’angoisse que suscite le monologue de l’homme assis. Projection de listes de noms de victimes de ce phénomène, de rapports de police, du visage aux traits et au regard borderline de Christian Lapointe, le tout forme un spectacle énigmatique dont les images marquent durablement la rétine.

C.H.S., à 15 et 19h à la Chapelle des Pénitents blancs. Jusqu’au 11 juillet
Texte et mise en scène de Christian Lapointe, avec Sylvio-Manuel Arriola, Christian Lapointe et Maryse Lapierre.

Crédit photo : Yan Turcotte

Voir le diaporama du festival ? c'est ici.

 




Jonny Berouette : un VRAI grand clown

Posté par Catherine le 10.07.09 à 12:25 | tags : festival, avignon off, festival d'avignon

 


Pas évident, en ces temps où le nez rouge est tellement galvaudé (tenez, on vous prendra quelques clichés des nombreuses affiches du Off qui arborent, tel un gage de comique, un malheureux nez rouge en plastique), de défendre un VRAI spectacle de VRAI clown. A quoi reconnaît-on un vrai clown ? D'abord, bien sûr, son nez n'est pas en imitation faux plastique brillant. Ensuite, et surtout, il ne cherche pas à faire rire. Le clown traverse les événements avec la plus extrême naïveté, et nous, public bien évidemment intelligent, rions souvent devant ses réactions instinctives... Mais la palette des émotions vécues au contact d'un (VRAI) clown peut être beaucoup, beaucoup plus large.

 

Les Matapeste s'attaquent au thème de l'identité. Rien de moins. Autant dire qu'on est très loin des gags peau de banane. L'identité. Quand Wajdi Mouawad, dans son oeuvre fleuve, ressasse ses origines libanaises dans des fables à n'en plus finir, Jonny Berouette, artiste poitevin, dit la même souffrance avec des images beaucoup plus concises. Dans un premier degré tout clownesque, il évoque la terre natale, la transmission, le nom, la langue... Ce que je vais dire là va paraître bien banal et pourtant c'est VRAI : la quête de Jonny Berouette est pas bête, pas simplette, et vraiment très chouette !

Jonny Berouette, par les MATAPESTE, à Présence Pasteur jusqu'au 31 juillet, 19h30
Avignon Off

Illus © C. Raynaud De Lage

Prochaines dates prévues :
le 11/09/09 à Reffanne (79) - Festiv 'Art à 20h30
le 20/11/09 à La Passerelle - Nouillé Maupertuis (86)
Plus d'infos sur le site des Matapeste : www




Le nouveau Maguy Marin à Avignon - tristement vide

Posté par Catherine le 09.07.09 à 21:18 | tags : festival, danse, festival d'avignon

La clim' souffle à plein régime dans le gymnase du lycée Aubanel et l'on pense d'abord à se couvrir, à protéger son cou d'un petit foulard - accessoire indispensable, malgré la chaleur extérieure, afin d'éviter l'inconfort d'une trop grande différence de température. La salle est comble, les spectateurs de dernière minute n'en finissent pas de remplir les ultimes places libres, et ceux qui étaient arrivés avec le bon quart d'heure d'avance règlementaire commencent à s'impatienter. Certains en savent déjà beaucoup sur ce qu'ils vont voir, pourtant en sa toute première présentation ce soir : "attention, chez Maguy Marin, la danse, c'est pas de la danse" prévient un monsieur bien informé.

Soudain, ils sont là, en face de nous. Une dizaine de personnes, hommes et femmes, en pantalon et haut dans les tons de gris. Ils nous regardent, micro HF collé à la joue. Noir. Ils commencent à parler à tour de rôle. La reprise des voix au micro, qui concentre le son sur une même source, rend l'identification du locuteur difficile. Mais bientôt, nous abandonnerons toute idée de mettre un visage, un corps, sur une voix : les comédiens brisent la ligne et vont maintenant arpenter sans cesse le plateau, dans des déplacements ponctués de courts arrêts synchrones, et il deviendra tout simplement impossible de savoir qui parle. La pensée nous viendra qu'à ce compte-là, un texte pré-enregistré aurait aussi bien fait l'affaire. Oui, mais alors, objecterez-vous, quid de la magie de l'instantané, des modulations uniques à chaque représentation ? En l'occurrence, la politique adoptée ici est celle d'un ton défini et reproduit à l'identique sur chacune des phrases. Bonne articulation, ponctuation correctement marquée, fins de phrases bien ouvertes, enthousiasme mesuré de circonstance. Il est question de guerre.

Il est des personnes que La retraite de Russie de Victor Hugo transporte. Ces gens-là sont de ceux qui pourront être sensibles à la dernière création de Maguy Marin. "Il neigeait. L'âpre hiver fondait en avalanche. Après la plaine blanche une autre plaine blanche. On ne connaissait plus les chefs ni le drapeau. Hier la grande armée, et maintenant troupeau." Les textes d'Hugo, d'Homère, Charles Péguy, Lucrèce, Ezra Pound, Heinrich von Kleist, Elisabeth Ière d'Angleterre et Dolores Ibarruri (pas tous connus au bataillon), s'entrecroisent et se ressemblent. En tout cas, se fondent en une seule et longue litanie. La guerre, la guerre.

Un habillage sonore évoque le grondement incessant des canons. Sur le plateau, nous l'avons dit, les comédiens marchent, lentement et régulièrement. Ils ramassent au sol des tissus, s'en drapent. Les étoffes étaient argentées, elles deviennent rouges. Parfois, ce sont des drapeaux qui sont relevés. La scène représente un champ de bataille. Petit à petit apparaissent des armures étalées sur le sol. Les morts. La litanie continue. Les grondements se poursuivent. Ne reste qu'à attendre que toutes les étoffes soient ramassées et que le gravier apparaisse. Attendre. Laisser faire. Laisser dire. Ne plus tenter de saisir le texte. Il est indiqué que le spectacle dure 1h06. On ne doit plus être très loin. Encore un peu. Encore la guerre, la guerre. Des tissus ramassés. Deux comédiens s'arrêtent en même temps et reprennent aussitôt leur marche. Les grondements. Encore. Presque. Oui, voici les graviers. Les silhouettes s'éloignent. Noir.

Alors la salle se partage entre "Ouh ! Remboursés !" et "Bravo ! Bravo !". Pour ma part, je sors de cette première expérience avignonnaise habitée d'un triste sentiment de vide. Mon lit, mon lit, mon royaume pour un lit !

 

La Description d'un combat, conception et réalisation Maguy Marin
vu le jour de sa création, le 8 juillet au Festival d'Avignon

Du 8 au 16 juillet 2009 au Gymnase du Lycée Aubanel, à 18 heures

Illus © Christophe Raynaud de Lage




Petit rappel : Avignon n'est pas Cannes...

Posté par Catherine le 09.07.09 à 11:32 | tags : festival, festival d'avignon

Si le festival avait démarré dès mardi avec La guerre des juifs  par Amos Gitaï à la Carrière de Boulbon, la première soirée à la Cour d'honneur, c'était hier, avec la trilogie Wajdi. Et pour se rendre à la Cour d'honneur, il faut monter des marches... Une grande montée des marches qui en rappelle une autre, en légèrement différent. Jugez-en par vous-même. 



Avignon: le chiffre du jour

Posté par Nedjma le 09.07.09 à 11:05 | tags : théâtre, festival, avignon off, festival d'avignon

100 000: le cap fatidique des 100 000 billets vendus par le festival In a déjà été dépassé.

Les grincheurs argueront que ça ne représente jamais que deux Parcs des princes pleins, mais tout de même: autant de places qui ont trouvé preneur (dans la Cour notamment, illus) au lendemain seulement de l'ouverture du festival, ça n'est pas rien.

La jauge totale du In s'élève à 130 000 places, ce qui laisse encore quelque espoir aux retardataires.

Après les chiffres, promis on parlera mots, et bientôt les compte-rendus des spectacles...

Festival d'Avignon, jusqu'au 29 juillet. Festival Off, jusqu'au 31 juillet. 




avant (Paris) / après (Avignon)

Posté par Catherine le 08.07.09 à 22:34 | tags : festival, avignon off, festival d'avignon

 

Avant (à Paris), il pleuvait. Après, c'est-à-dire maintenant, à Avignon, le soleil brille, brille, brille! La température est agréablement élevée, et un gentil petit vent permet d'éviter l'étouffement. L'étouffement, on l'a presque déjà vécu devant la Description d'un combat de Maguy Marin. On vous en reparle plus en détail demain. Demain, Julie rentrera du marathon Wajdi Mouawad - 11 heures de spectacle dans la Cour d'honneur du Palais des Papes pour une trilogie très attendue. Demain, et les jours suivants, restez connectés : sur Flu, Avignon, ce sera comme si vous étiez !




En images : les grands rendez-vous d'Avignon

Posté par Nedjma le 07.07.09 à 14:45 | tags : théâtre, festival d'avignon, festival

La trilogie de Wajdi Mouawad dans la Cour d'honneur, la dernière création de Pippo Delbono, grand fidèle des lieux, les premiers pas au théâtre du réalisateur-écrivain Christophe Honoré, la voix de Jeanne Moreau à la carrière Boulbon...


Le festival d'Avignon 2009, 63e du nom, qui commence ce soir, offre déjà de belles promesses. Avant de retrouver, depuis la cité des Papes, les fureteuses de Flu qui rempliront leur panier d'images, de sons, et de récits à vous livrer, voici un avant-goût du festival, à travers une sélection de spectacles présentés dans le diaporama du festival d'Avignon.

Illus "Littoral" écrit et mis en scène par Wajdi Mouawad, du 8 au 12 juillet dans la Cour d'honneur. Thibaut Baron.




Guide de dernière minute à l’usage des festivaliers

Posté par Nedjma le 07.07.09 à 12:38 | tags : théâtre, festival d'avignon, avignon off

 


 

A Avignon comme à Lourdes, le monde est divisé en deux : les prévoyants et les inconscients.

Il y a ceux qui ont pris leur billet PREMS dès l’ouverture de la vente (cf Catherine !), et qui s'évitent ainsi un aller simple Paris-Avignon à 99 euros dimanche -sachant que vendredi et samedi tous les TGV sont complets-. Ceux qui ont réservé leur chambre d’hôtel ou leur meublé l’an dernier dès la fin du festival 2008 (si, si ça existe), ceux qui ont dormi devant le Cloître Saint-Louis la veille de l’ouverture de la location, pour être sûrs d’avoir les places pour les spectacles dont ils rêvaient –en la matière la nuit Mouawad tient la corde, il faut bien l’avouer…-. Et puis il y a tous les autres. Si vous faites partie de la dernière catégorie, armez-vous de patience… et de beaucoup d'espoir !

Côté hébergement, le premier week-end du festival –comme toujours le plus chargé à Avignon- est classé rouge foncé…

Quelques chambres encore disponibles à quatre et six kilomètres du centre (entre 75 et 165 euros la nuit !), dans des deux étoiles et trois étoiles. Plus de campings, de chambres d'hôtes, ni de palaces!

Côté spectacles, sachez d’ores et déjà que la trilogie « Littoral », « Incendies », « Forêts », affiche complet les 10, 11, 12 juillet. Il reste une poignée de places demain, pour le lever de rideau. Sinon, quelques billets seront remis à la vente en cas de désistement ou d’annulation les autres soirs. Les hôtesses de la billetterie recommandent d’arriver « deux bonnes heures à l’avance, mais c’est sans garantie ». Gloups!

Guichets fermés ou presque également pour le spectacle d’Amos Gitaï à Boulbon. Il reste... une place le 8, une place le 9. Bonne chance ! Pour voir la troupe de Christophe Honoré dans "Angelo, tyran de Padoue", il vous faudra attendre le 18, tout comme pour grossir les rangs des adeptes de Warlikowski : places pour (A)pollonia disponibles les 18 et 19.
Mais, on ne le répètera jamais assez, Avignon, c’est aussi le Off. Et là, avec près d’un millier de pièces et plus de trois semaines de représentations sans relâche, il sera moins difficile de se frayer un passage.

Dès demain, les premiers commentaires sur le In, le Off, l’ambiance avignonnaise.
Et dès maintenant, Avignon en images. 

Festival d’Avignon du 7 au 29 juillet.
Festival Off d’Avignon du 8 au 31 juillet.

Illus dr. 

 




Grande migration vers Avignon

Posté par Catherine le 07.07.09 à 08:00 | tags : festival d'avignon, avignon off, festival, théâtre

La communauté théâtrale est sur le départ. Les valises sont bouclées - petites robes, lunettes de soleil, ne pas oublier l'éventail, programme du In d'une main, programme du Off de l'autre. Avignon, prêt, feu...




Le bal des fous à Auber Canal Plage

Posté par Catherine le 06.07.09 à 23:14 | tags : marionnettes

Tout d'abord, il faut arriver au Parc Eli Lotar, à Aubervilliers. A gauche, à droite, encore à gauche et encore à droite... Heureusement, un beau fléchage, ou mieux encore, les navettes du théâtre de la Commune, permettent de rejoindre facilement l'endroit, site d'Auber Canal Plage. De nombreuses activités en plein air y sont proposées par la Ville d'Aubervilliers pour la plus grande joie des enfants du coin. Mais ce qui surprend au beau milieu du parc en pleine effervescence estivale, c'est cette drôle de structure à l'allure parfaitement anachronique qu'est la roulotte-théâtre du Cinérama. Vue de l'extérieur, elle est toute petite et très jolie. Des bonimenteurs nous embobinent et nous voici à l'intérieur. A l'intérieur, c'est presque grand et c'est absolument charmant. Et soudain de la musique. La roulotte se met en branle et déjà on voit la mer, on échappe de justesse à l'attaque de la baleine blanche, on croise Mickey, on rit de la télé, on frémit de l'inquisition espagnole!  Trois voyages au coeur de la folie humaine agrémentés d'effets spéciaux façon fête foraine. Délicieux.

Le Bal des fous, spectacle de marionnettes en musique à voir en famille dans la roulotte-théâtre du Cinérama
d'après Melville, Dostoïevski et Tchekhov
création collective la Cie des Chiffonnières et le Quarantième Rugissant (Cinérama)
dans le cadre d'Auber Canal Plage
du samedi 4 au dimanche 19 juillet 2009
Parc Eli Lotar, Aubervilliers

Plus d'infos ici
Et pour le plaisir, voici en image la genèse de la roulotte-théâtre :

 




Dernière ligne droite à Avignon

Posté par Nedjma le 03.07.09 à 17:36 | tags : avignon off, festival d'avignon, théâtre, festival

 

 
Maurice Jarre s’est tu, mais ses trompettes continuent. A Avignon, elles rythmeront, encore, toujours les soirées du festival… Un festival qui commence dans cinq jours pour le In, six pour le Off. Depuis quelques années en effet, l’événement né dans le bouillonnement de 68, à côté de son glorieux aîné se démarque légèrement côté dates.

 

Ici et là, dernière ligne droite donc, et équipes à pied d’œuvre.

Côté In, on visse, ajuste, répète. Après Krzysztof Warlikowski qui a répété du 24 au 26 juin, c’est Wajdi Mouawad, l’artiste associé de l'édition 2009 qui prend la (dé)mesure de la Cour et fait l’épreuve du plateau pour clôre les répétitions de sa longue odyssée : onze heures de théâtre pour la trilogie de ses pièces « Littoral », « Forêts », « Incendies ».

Pourtant le véritable lever de rideau, le 7, aura lieu à quelques kilomètres de là, à la Carrière de Boulbon. « La Guerre des fils de lumière contre les fils des ténèbres » : Jeanne Moreau dirigée par Amos Gitai dans une œuvre adaptée de « La guerre des juifs ». Deux figures du cinéma donc. Autres figures du cinéma, Christophe Honoré, Emmanuelle Devos, Clotilde Hesme dans « Angelo tyran de Padoue » d’Hugo.

Côté Off, les compagnies ont déjà largement abreuvé la ville d’affiches et de tracts, les parades vont aussi commencer. Parmi le petit millier de spectacles au programme, il a aussi ses vedettes de cinoche : Emma de Caunes joue une actrice qui joue Marilyn, sous la houlette de Diastème, Clémentine Célarié explore Valletti, Tom Novembre et Claire Nebout partagent l’affiche de « Ne pas oublier de mourir vivre ». Denis Lavant –plusieurs fois à l’affiche du In- joue « Big shoot » de Koffi Kwahulé.

On garde bien sûr un œil sur les pièces des théâtres permanents avignonnais : le très beau « Confidences à Allah » au Théâtre du Chêne noir, la reprise du réjouissant « Je veux qu’on me parle » de Calaferte et la création de « Une voix sous la cendre » de Zalmen Gradowski, au Théâtre des Halles, et puis « La disgrâce de Jean-Sébastien Bach » au Théâtre du Balcon… On reste fidèles à certains lieux qui sont des valeurs sûres : le Grenier à sel –et les artistes des pays de Loire-, le Théâtre des Doms –et se compagnies belges de haute volée-, la Manufacture –et ses textes contemporains-. Et puis tous ceux qu’on ne connaît pas encore, ceux que le bouche-à-oreille du Off portera au sommet, ceux qui jouent dans les cours et jardins, dans les écoles et appartements, dans les théâtres saisonniers ou dans la rue. A suivre, tout au long du mois, sur "Saisons"…

Festival d'Avignon du 7 au 29 juillet. Festival Off du 8 au 31 juillet.




Trois moments forts au festival Les Orientales

Posté par Floriane le 03.07.09 à 15:33 | tags : ici et là, international, festival
Wayang KulitLe premier week-end du festival Les Orientales vient de s’achever, sous une chaleur de plomb. Parmi la foule de propositions artistiques, on en retiendra trois, particulièrement marquantes.
Le Dewa Ruci, interprété par Ki Enthus, est l’une des versions les plus contemporaines qu’il ait été donné de voir, en France du moins, du Mahabararata à la sauce javanaise. Non seulement la fable de Bima, envoyé quérir l’eau sacrée, est mâtinée d’éléments locaux, imprégnés de soufisme, mais la réalisation qui en est donnée par le dalang (l’acteur manipulateur) est diablement moderne. Sans comprendre le texte, où les éléments du mythe se mêlent à l’actualité, on peut admirer la facture des ombres colorées, découpées dans du cuir, et rendues vivantes, à bout de bâton, par Ki Enthus. Pas de joliesse fleurant une quelconque nostalgie ou un simili respect de la tradition ; les figures suivent les règles du genre mais avec une griffe résolument d’aujourd’hui. Et l’art du manipulateur n’est pas des moindres quand il s’agit, en virtuose, d’entremêler les figures, que Bima déracine les arbres, ou que son double rayonnant lui apparaisse au fond des eaux. Entre les actes en ombres, l’intermède des marionnettes rappelant notre guignol (wayang golek) ajoute une touche de comédie populaire et permet au spectateur, par des allusions au monde d’aujourd’hui, de faire corps avec la légende, sans que l’enseignement qu’elle véhicule soit trop pompeusement édifiant. On avait apprécié le wayang kulit présenté à la Cité de la musique il y a quelques mois. C’est une forme plus moderne, y compris dans son interprétation de la musique (chant et gamelang) aux accents parfois carrément bollywoodiens, qui a enchanté Saint Florent. La proximité, sous la tente du café oriental, n’était pas un mince atout pour acceuillir cette proposition.
C’est dans l’Abbatiale que la seconde surprise du festival s’est déployée. Les ethno-musicologues avaient beau vanter le caractère d’exception du launeddas, cette triple flûte datée du VIè siècle avant Jésus-Christ et dont la Sardaigne semble avoir l’exclusivité puisque les autres instruments antiques, de l’Egypte à l’Asie Centrale, ne comportent que deux tuyaux. Il fallait le voir pour le comprendre. Orlando Mascia, expert en la matière, à déployé à Saint Florent tout son art, proprement incroyable. En souffle continu, l’artiste développe des harmonies qui font immanquablement penser à la présence de plusieurs instrumentistes. Mais non, il est bien seul, mais sa musique semble celle d’un orchestre. Mascia est l’un des rares lauddenaro et il contribue, en Sardaigne, à perpétuer cet art au sein de l’Orchestra popolare sarda. A Saint Florent, il était accompagné par les tenores d’Urzulei, dignes représentants des chœurs de bergers de l’île, dont les chants, issus de rites curatifs, savent alterner avec sensibilité les airs profanes et religieux.
Le troisème moment fort de ce premier week-end aux Orientales a été, sans conteste, la projection de Tibet libre : Kalachakra, réalisé par Jeanne Mascolo. Mêlant habilement les images documentaires, d’archives et de films hollywoodiens consacrés au Tibet, ce film qui date d’une dizaine d’années reste précieux pour comprendre le destin de ce pays, dont 2009 marque le cinquantenaire de l’occupation par la Chine. Sans pathos, Tibet libre énonce les faits, éclairés implacablement par la discussion qui a suivi la projection et les interventions de Claude Levinson, l’une des porte parole les plus ferventes du peuple tibétain. Moment salutaire, car les medias ont un peu trop passé sous silence ce sinistre anniversaire, focalisés sur la crise financière et économique et les difficultés nationales. Mais si les choses peuvent changer, et les boudhistes le savent bien, il n’est sans doute pas superflu d’aider les hommes à mettre en branle la roue du temps.
Le deuxième week-end du festival débute ce soir avec un concert inédit de flûte bansuri et de veena. On retrouvera, pendant les trois jours, la musique indienne avec la double flûte et la double clarinette, puis à nouveau la venna et les musiques du Rajasthan. Egalement au programme : Lo Cor de la Plana et ses polyphonies du pays occitan, des danses khmères et roms, une rencontre entre l’ensemble Barbara Furtuna et Constantinople (Corse et Asie), et un final endiablé avec des musiques tsiganes de Hongrie.
Renseignements au 02 41 72 62 02
Ill : Wayang Kulit, © Albert Finestres



On n'arrête pas le théâtre !

Posté par JdF le 03.07.09 à 11:50 | tags : festival, théâtre
Le festival « On n’arrête pas le théâtre » a pris ses quartiers d’été à l’Étoile du Nord. Au programme : Le Dindon de Georges Feydeau (encore un !) mis en scène par Julien Koselleck avec Stéphane Auvray-Nauroy, remarquable dans Phèdre, pauvre folle, vu dernièrement à la Bastille lors du Festival Trans 09. Le même Stéphane Auvray-Nauroy propose un Jeu de massacre consistant en un récital de chansons des années 1920 et 30 avec les élèves de l’école des Teintureries de Lausanne. Les amateurs d’Hanock Levin seront servis : La Reine de la salle de bain, mis en scène de Laurent Berthome dans laquelle une famille, tentant de chasser un de ses membres, investit la salle de bains et proclament dans un style ubuesque, leur souveraineté, une et indivisible, sur le “Grand Royaume des chiottes”. Il y aura aussi Blanche-Neige de Robert Walser, mis en scène par Sylvie Reteuna, dont il a déjà été question ici.

Festival « On n’arrête pas le théâtre ! » à l’Étoile du Nord jusqu’à 26 juillet



SDF, le Festival de Marseille danse quand même

Posté par Nedjma le 03.07.09 à 09:06 | tags : danse, festival

Le Festival de Marseille revient de loin...

Nombre des représentations de son édition 2009 devaient avoir lieu dans le Hangar 15 du Port autonome de la ville. Mais la CGT en a décidé autrement, refusant que l'art s'exprime sur les ruines de l'emploi -l'Union Naval Marseille, énorme entreprise de réparation navale ayant été liquidée début mars- et l'exprimant ouvertement en avril.

Voilà donc la manifestation sans domicile fixe, en quête de lieux pour 19 spectacles. Pavillon noir de Preljocaj, Théâtre du Merlan, Théâtre du Gymnase, Ballet de Marseille ont aussitôt répondu présent et proposé de mettre leurs plateaux à disposition. Une capacité d'accueil moindre au final, mais la possible tenue de l'événement.

Le rideau s'est donc levé, comme prévu sur le rendez-vous chorégraphique le 17 juin dernier.

On y a déjà vu Christian Rizzo, Wim Vandekeybus, Christophe Haleb et Aurélien Bory... La suite du programme se révèle tout aussi riche en promesses: le "Tango Toilet" de Rodrigo Pardo (du 3 au 7 juillet), le "Miroku" de Saburo Teshigawara, grand maître de la danse contemporaine japonaise notamment. Et puisque le Festival est estampillé "de danse et des arts multiples"
, on y verra encore des Screen Tests d'Andy Warhol en décor du concert de Dean et Britta, et des spectacles issus d'ateliers de slam et musique contemporaine...
Festival de Marseille, jusqu'au 11 juillet.




Lang Toi: le Vietnam illustré

Posté par Floriane le 03.07.09 à 07:30 | tags : international, cirque
Lang ToiJolie histoire que celle de Lang Toi, ce projet de cirque rêvé par des Vietnamiens exilés, formés à l’Ecole du cirque national de Hanoi, qui reviennent apporter à leur pays d’origine l’expérience qu’ils ont acquise en Europe. Au final, cela donne un joli spectacle, flirtant avec les traditions, non pas circassiennes mais ethniques, car le Vietnam compte de nombreuses minorités dont il apprend aujourd’hui à mettre en valeur les coutumes. Les diverses séquences de Lang Toi parsèment ainsi les images d’Epinal d’un Vietnam d’affiches touristiques de quelques figures reconnaissables sur les estampes anciennes et d’autres, tirées des jeux villageois. Le véritable intérêt de l’exercice réside sans aucun doute dans l’interprétation contemporaine de ces images connues, l’appropriation par les trois directeurs artistiques de ce fonds traditionnel pour en faire une création d’aujourd’hui. Ainsi, l’usage du bambou est l’exemple même du matériau réinventé, utilisé tantôt comme scénographie, tantôt à la manière traditionnelle des ponts et autres ouvrages de construction, tantôt enfin comme des agrès permettant à la fois la joliesse de l’image et la prouesse technique.
Invité au Théâtre Claude Lévi-Strauss du Quai Branly, du 18 au 27 juin, pour sa première en Europe, le spectacle a cependant pâti des limites du plateau, où les dix-sept interprètes (musiciens compris) étaient plus qu’à l’étroit. Impossible de jouir là de la poésie, qui échappera sans doute au mièvre, une fois étalée sur une scène plus vaste ; étriqués, certains effets (notamment lumineux) demandant plus de profondeur pour prendre toute leur amplitude. Le seul avantage d’une proximité rendue possible par la petitesse de la salle, est finalement l’intimité avec les artistes, que l’on s’attend à tout moment à voir déborder de la scène trop petite. Là, on peut vraiment voir le plaisir qu’ils prennent dans ce spectacle et qu’ils ont eu à replonger dans des racines qui paradoxalement ne sont pas les leurs, car ils sont Viets et ont dû découvrir les minorités dont s’inspirent la plupart des jeux mis en scène.
A voir, en tournée, du 2 au 12 juillet au festival d’Anvers (Belgique), puis en novembre à Chambéry, Draguigan et Dôle, en décembre à Brest, La Rochelle, Senart, Bordeaux et Caen, et enfin en janver 2010 à Bayonne, Vienne (Autriche), Calais et Londres.



Pina Bausch et le Théâtre de la Ville : 30 ans d’amour

Posté par Nedjma le 02.07.09 à 09:56

« Cette immense artiste et ses fabuleux danseurs étaient chez eux au Théâtre de la ville (…). Il pleure aujourd’hui un membre de sa famille et une reine de l’art ». Ainsi Emmanuel Demarcy-Mota évoque-t-il la disparition brutale Pina Bausch, avant-hier, d’un cancer fulgurant.

Il faut dire que la chorégraphe et le Théâtre de la Ville entretenaient un lien privilégié, depuis trente ans tout juste et la venue du spectacle « Barbe-Bleue » à l’initiative de l’ancien directeur, Gérard Violette. Depuis lors, et jusqu’à « Sweet Mambo » cette année, en passant par « Bamboo Blues », « Nur Du » ou « Bandoneon », pas une saison sans que la chorégraphe allemande et sa troupe foulent le plateau de l’institution parisienne.

 

Du 11 au 28 novembre, le Tanztheater de Wuppertal maintiendra les répétitions prévues à Paris pour les spectacles « Vollmond » et « Masurca Fogo ». Ce sera l’occasion d’un mois tout entier d’hommage, intitulé « Trente d’amour ». Films, rencontres, expositions et interventions d’autres artistes l’émailleront…

Illus dr. 

 

 

Voir la rétrospective Pina Bausch en vidéos

 




4'sous d'cirq: trois artistes pour un spectacle

Posté par Floriane le 01.07.09 à 11:11 | tags : cirque, arts de la rue

4'sous d'cirqueUne fois de plus, un art dit mineur prouve, par son audace et son inventivité, que les marges du théâtre offrent une liberté enviable.

On l’avait déjà souligné lorsque le Théâtre de l’Unité avait sorti Oncle Vania des salles, pour le plonger à la campagne, dans le décor naturel dont il est question dans le texte. Une relecture intelligente de la pièce donnait tout son piquant au spectacle. Cette fois, le Cirque Baroque va plus loin : en confiant la mise en scène de L’Opéra des gueux de John Gay à trois artistes, c’est un triple éclairage qu’il permet de porter sur l’œuvre dont il s’inspire. Quasi jamais, en salle, on n’ose pareille approche. Et le plus fort, c’est que ça fonctionne !
4’ sous d’cirq … ou Le Cirque des gueux propose une progression vraiment éclairante, qu’un seul metteur en scène ne pourrait vraisemblablement réussir, tant elle repose sur la diversité des esthétiques. Ce qui aurait pu s’avérer une fausse bonne idée aboutit ici à un spectacle jouissif, festif, plein de rebondissements et de surprises. L’univers saltimbanque mis en œuvre par Kushida pour la première partie permet d’entrer en douceur dans la fable et de faire la découverte des personnages en même temps que des techniques circassiennes qu’ils déploient. Plus torturé, comme à son habitude, Celedon s’est emparé de la seconde partie et y met toute la rage dont il sait faire montre, dans un camaïeu de noir et blanc explosif. A cette révolte de la base, rappelant par certains côtés un expressionnisme à la Pabst, succède l’ambiance délétère de Karelle Prugnaud, la plus jeune du trio, qui tire le spectacle vers la boîte de nuit, le cabaret, le clinquant, l’interlope, autre vision du monde développé par Gay et repris ensuite par Brecht.
4’sous d’cirq …, conçu par Christian Taguet qui dirige le Cirque Baroque depuis vingt-cinq ans, met définitivement en joie ceux pour qui la création reste ludique et l’iconoclasme salvateur. Il fallait oser imposer trois signatures au sein d’une même œuvre. Et pourquoi pas, après tout ? Pourquoi ne pas emmener le public dans un univers inventif, qui met en valeur la pièce par ses éclairages inventifs ? Que les puristes grincheux aillent se coucher et laissent les spectateurs ne pas bouder leur plaisir !
A voir au Village de cirque de 2r2c, sur la pelouse de Reuilly, du 1er au 18 octobre 2009.

© C. Taguet (représentation en plein air, au festival Parade(s) à Nanterre)




Fête dans la ville d'Amiens

Posté par Floriane le 01.07.09 à 11:01 | tags : arts de la rue, festival
Studios de Cirque de MarseilleIncrevable, cette Fête dans la ville à Amiens ! 32 éditions et pas une seule ride, si l’on en croit l’engouement du public pour ces artistes du trottoir qui bousculent le centre ville, le troisième week-end de juin, comme un rituel attachant. Jean-Pierre Marcos, son fondateur, aujourd’hui directeur du Pôle régional des arts du cirque et de la rue, revendique haut et fort le genre « animation urbaine ». Et d’expliquer son plaisir à retrouver l’ambiance des origines quand, à Saint Maurice, un quartier peu favorisé, l’événement amène à barrer une rue pour une soirée et à y voir déambuler des spectateurs heureux qu’un changement intervienne dans leur ordinaire. Trente ans après les premières tentatives, rien ne semble avoir changé : les habitants ont toujours besoin que du lien se crée, fût-ce de manière éphémère, et les artistes sont toujours au rendez-vous.
Au centre ville, c’est une gigantesque explosion de plumes, place de la Gare, le samedi soir, qui ravit les badauds. Transformé en « place des anges », sous la houlette des Studios Cirque de Marseille, ce carrefour amiénois frémissait encore, le lendemain, de duvets égarés, s’accrochant au mobilier urbain comme autant de traces de la liesse populaire. Dans la rue piétonne et alentour, entre humanoïdes encagés (Les Squames) et sphère domotique (Bull), une trentaine de compagnies tentaient, tant bien que mal, de se frayer un périmètre. Mais le public, bon enfant, heureux d’être dehors par ce week-end ensoleillé de la fin juin, ne semblait pas souffrir outre mesure d’une visibilité parfois difficile, voire impossible. A dix mètres, une autre proposition s’offrait, puis une autre, et encore une autre. Pourquoi se prendre la tête ? Après tout, c’est la Fête dans la ville !
© Laurent Rousselin / Amiens Métropole



Pina Bausch, la rétrospective vidéo

Posté par Easywriter le 01.07.09 à 10:02 | tags : danse

Du Sacre du printemps (1975) où Pina Bausch entama magistralement l'exploration de l'un de ses  thèmes majeurs, les rapports hommes-femmes, embourbés dans le terreau fertile du sacrifice jusqu'à Sweet Mambo, en passant par le grand classique Orphée et Eurydice, Fluctuat vous propose une petite rétrospective vidéo de près de 35 ans de chorégraphies inspirées .

 


 

Voir la Pina Bausch en vidéos, la rétrospective. 




Marianne: deux caprices à l'affiche

Posté par Nedjma le 01.07.09 à 08:05 | tags : théâtre

Comédie? Tragédie? Les deux mon capitaine.

Magnifique, incandescente, cette oeuvre de jeunesse de Alfred de Musset. Il l'écrit à 23 ans, en 1833, pour dire les affres de l'amour. Deux versions de la pièce sont actuellement à l'affiche à Paris.

Celle de Sébastien Azzopardi, d'abord. Le jeune etteur en scène -qui signa l'hilarant "Tour du monde en 80 jours" et remet le couvert avec un autre spectacle dingue, "Mission Florimont" au Théâtre Tristan Bernard- opte pour une vision plutôt mélancolique. Fable musicale, tourbillon de masques et de notes, virevoltante, légère comme une bulle de champagne, et sombre à la fois.

Au Théâtre 14, Marcel Maréchal, directeur des Tréteaux de France s'offre le rôle de Claudio et se tient sur le fil entre drame et comédie, sans jamais choisir vraiment.
Dans les deux cas, on est moyennement convaincus par Marianne. La première manque de corps, la seconde de jeunesse. Dans les deux cas, on est séduits par Octave, le mauvais garçon, l'écorché vif, bohème. Magnifique Mathias Maréchal dans la mise en scène de son père, vibrant Christophe Mareuil chez Azzopardi. Sans doute certains costumes sont plus faciles à porter que d'autres...

Les caprices de Marianne, mis en scène par Sébastien Azzopardi au Lucernaire, par Marcel Maréchal au Théâtre 14, jusqu'au 11 juillet.






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