Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.

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La BNF célèbre le siècle de Ionesco

Posté par Nedjma le 30.10.09 à 16:04 | tags : bnf, théâtre

Eugène Ionesco, disparu il y a quinze ans, est né voilà tout juste un siècle. La Bibliothèque nationale, qui vient de se voir léguer les archives du dramaturge par sa fille Marie-France, célèbre cet anniversaire avec une vaste exposition. L'auteur est un classique –La cantatrice chauve ou Rhinocéros, des ouvrages de référence au lycée- souvent monté en France et ailleurs. Mais ce sont souvent les mêmes textes qu’on porte à la scène : La Cantatrice chauve bien sûr, son grand-œuvre, qui s’est joué sans interruption au Théâtre de la Huchette depuis 1957. Cette Cantatrice, que certains metteurs en scène contemporains se sont réjoui d’adapter à leur tour –voir, revoir la version de Jean-Luc Lagarce , bientôt de retour au Théâtre de l’Athénée-. Citons encore Les chaises ou Le roi se meurt, récemment joliment exploré par Michel Bouquet.

Côté expo, sept thèmes, comme autant d’obsessions de l’auteur de l’absurde organisent un parcours qui se décline autour de documents audiovisuels, photos, ou tableaux. Le langage, l'engagement, la critique, l'accumulation –voir une collection démente de rhinocéros-, la mort, Dieu, encore l'illumination. Richissime.

Illus dr.

Exposition Ionesco, Bibliothèque nationale de France. La cantatrice chauve, mis en scène par Jean-Luc Lagarce, Théâtre de l'Athénée du 5 au 18 novembre.




Pierre Doris est mort

Posté par Nedjma le 29.10.09 à 14:24 | tags : théâtre, humour

Il aurait eu 90 ans aujourd’hui, mais Pierre Doris, de son vrai nom Pierre Turgot, vient de mourir. On aura vu le comédien et humoriste à la télévision, au cinéma, mais le bougre au physique bien rond était avant tout un homme de scène. Opérettes, comédies de boulevard, grands classiques (de « Ubu roi » au « Barbier de Séville), il a servi plusieurs registres, après avoir écumé les cabarets, avec des one-man shows au trait cinglant et à l’humour acide.

« On me surnommait le Frankenstein du rire, voire le pape de l’humour noir (…) mais moi je suis un tendre » avait dit en 1978, celui dont beaucoup considèrent qu’il a préfiguré l’humour de Pierre Desproges. « Entre le premier cri et le dernier râle, il n’y a qu’une suite de mots sans importance », avait-il aussi clamé. Il aura montré le contraire. Au paradis des caustiques, il devrait bien se fendre la poire avec Raymond Devos… Illus dr

 







Scènes de ménage, entre rires et larmes

Posté par Nedjma le 27.10.09 à 15:45 | tags : théâtre, comédie française

Le mari, la femme, l(es) amant(s), éternel trio de théâtre, décliné sur l'air du on s’aime, on se trompe, on se quitte. Le thème est une source inépuisable d'inspiration pour la scène... qui accueille des scènes de ménage en cascade. Exemple, entre rires et larmes, avec deux pièces à l'affiche en ce moment: "Partage de midi", mis en scène par Yves Beaunesne, créé pour la Comédie-Française et en tournée actuellement après une escale au Théâtre Marigny, et "Sentiments provisoires", à l'affiche du Théâtre Marigny.

Elle et ils. Dans "Partage de midi", Marina Hands est Ysé, créature fatale, longue chevelure blonde, robe rouge sang, lunettes de soleil, face à De Ciz, mari taiseux, Amalric, ex et futur amant, et surtout Mesa, amoureux déchiré (Eric Ruf, habité, incandescent). Dans "Sentiments provisoires", Sylvie Testud est une discrète Hélène qui quitte Marc (truculent Pierre Arditi), auteur à succès pour son meilleur ami, Felix (François Berléand), prof un peu terne.

La phrase qui tue. « En amour, il ne faut pas comprendre, il faut perdre connaissance », lance Ysé, la femme interdite à Mesa, qui se consume de l’intérieur. « Il fait bien l’amour au moins? – Comme toi », réponse d’Hélène à Marc, elle éméchée, lui stupéfait, au moment de l’annonce de la rupture.

Tragédie et comédie. Deux pièces, deux tons, aux antipodes. D'un côté, la mort au bout de l’amour, après une envolée mystique : on est chez Claudel, c’est sa propre histoire qu’il raconte, et ça ne rigole pas. De l'autre, c’est le badinage, art dans lequel Arditi excelle, comme toujours. Dans un cas, on souffre et ça se voit, dans l’autre on fait bonne figure. Tragédie contre comédie douce amère. Les deux valent le détour, pour des raisons, et des envies différentes.

Illus Brigitte Enguerrand et dr.

Partage de midi en tournée, les 5 et 6 novembre à Nîmes, le 9 à Tarbes, les 17 et 18 à la Rochelle. Sentiments provisoires au Théâtre Edouard VII, Paris 9e.





Une déferlante d’arts en Normandie

Posté par Nedjma le 23.10.09 à 09:44 | tags : théâtre, danse, musique sur scène
Paris fait son festival d’automne, et la Normandie le sien. Une quarantaine de spectacles dans une quarantaine de lieux. Depuis le 20 octobre, danse, musique, théâtre : le spectacle vivant dans tous ses états de Rouen à Dieppe en passant par le Havre. La quatrième édition dévoile une affiche de choix.

Avant « Darshan » en son temple d’Aubervilliers, Bartabas a livré son dernier spectacle, « Liturgie équestre », inspiré par le grand-orgue Cavaillé-Coll, monument phare de l’abbatiale Saint-Ouen de Rouen. Philip Glass est à l’honneur au fil de plusieurs rendez-vous ("Dracula", un récital avec son ensemble). Côté théâtre, Joël Jouanneau présente, après Avignon son « Œil d’Œdipe », Arthur Nauzyciel son « Julius César », Jacques Vincey sa « Nuit des rois ». Danse à foison, enfin, avec les invitations de Fatou Traouré ou Mathilde Monnier et la pièce pour « seniors », "Kontakthof", de Pina Bausch (illus dr), autour de laquelle a été bâti un panorama de la danse allemande et de son évolution récente.

Festival Automne en Normandie, jusqu'au 26 novembre. Programme complet ici.





Le jeune public, c’est chic !

Posté par Nedjma le 20.10.09 à 15:48 | tags : théâtre de la ville, théâtre, jeune public

Le théâtre jeune public, on croit connaître. Des contes de fées ou des récits d’aventures bricolés, des marionnettes ou du théâtre d’objet, pas toujours de bonne qualité? C’est ce qu’on croit. En fait, les jeunes spectateurs, comme leurs aînés, ou presque, ont à leur disposition une quantité de spectacles étonnante. Eclectisme, qualité, inventivité, se déclinent aux quatre coins de Paris et de France, dans des théâtres de poche ou des salles plus imposantes. Et peu à peu, des metteurs en scène de renom s’emparent de ce genre spécifique. Joël Pommerat avait en son temps revisité Le petit chaperon rouge  ou Pinocchio  avec bonheur. Olivier Py, lui, explorait les frères Grimm et écrivait même des textes à l’attention des jeunes spectateurs. Derniers en date, Emmanuel Demarcy-Mota et Pascal Rambert.

Le premier, directeur du Théâtre de la Ville ouvre précisément, et pour la première fois, le site à des œuvres jeune public, « tout public » préfère-t-il dire. C'est le cas en ce moment avec « Wanted Petula ». Le troisième volet des aventures de Bouli Miro, signé de l’auteur Fabrice Melquiot et mis en scène avec talent et malice par le maître des lieux. Bienvenue dans un monde de rires et de larmes, de désillusions et de rêves, où un petit Prince fait à Taïwan côtoie une puce géante férue de littérature…

De son côté, Pascal Rambert, nouveau directeur du Théâtre de Gennevilliers écrit et met en scène « Mon fantôme ». Il confie : « L’idée m’est venue en observant mon fils, lorsque je le mettais au lit, il préférait les histoires que j’inventais à celles que je lui lisais (…) Avec Mon fantôme, je veux offrir aux enfants la possibilité de travailler sur leur imaginaire. Sous une tente. Sous des couvertures. En chaussettes et les yeux grands ouverts dans le noir. En somme, en petit, pour les petits, ce que nous faisons, ici au théâtre, en grand, pour les grands. »

Pas un langage différent, pas du théâtre gagatisant non, des images, des mots, des notes parfois de belle tenue, qui forgent de belle manière le goût du « vieux » public de demain…

Wanted Petula, Théâtre de la Ville. www.theatredelaville.com. Jusqu’au 27 octobre. A partir de 7 ans. Illus dr
Mon fantôme, Théâtre de Gennevilliers. www.theatre2gennevilliers.com. Du 2 au 9 décembre. A partir de 4 ans.




L'atelier du peintre du Cirque Plume. Plim. Ploum. Paf.

Posté par Catherine le 20.10.09 à 08:00 | tags : cirque plume, cirque

Cirque PlumeDans un rythme bien à lui, avec des numéros qui laissent le temps au temps, le Cirque Plume sait fabriquer de belles images et il le prouve une nouvelle fois avec son Atelier du Peintre, actuellement de passage à Paris.

Le spectacle est très lisse et on a parfois l'impression étrange d'assister à un grand show de "nouveau cirque à papa", mais on ne doute pas une seconde que cet atelier peinturluré ravira un public familial en cet hiver qui commence sérieusement à se rapprocher de Noël...

 

L'Atelier du peintre, par le Cirque Plume
Au Parc de la Villette, Espace Chapiteaux, jusqu'au 20 décembre 2009

 




Le père Tralalère ne manque pas d'air

Posté par Nedjma le 19.10.09 à 15:31 | tags : théâtre, colline

On a pensé à Rodolphe Dana, et son collectif Les Possédés qui montaient, il n’y a pas si longtemps au Théâtre de la Bastille « Oncle Vania » ou « Le pays lointain ». On a pensé, précisément, à Tchekhov pour une certaine mélancolie, à Lagarce pour son ironie un peu détachée, ces retrouvailles familiales sur lesquelles on mise tellement et qui ne se passent jamais comme on le voudrait. Puis on n’a plus pensé à personne car le collectif D’ores et déjà (moyenne d'âge, moins de 30 ans!) a sa patte, son univers tout particulier. Passionnant et empreint d'un naturel déconcertant : et pour cause, ses spectacles naissent d’improvisations. "Le père Tralalère"… Le titre claque comme une chanson enfantine. Qui commencerait de façon gentillette, et s’achèverait dans le sang. Car de la politesse cordiale et des considérations anodines échangées en début de repas de famille, il ne restera pas grand chose à la fin. Les failles sont devenues des gouffres, le règlement de comptes, cinglant, sera sanglant. Déjà présenté à la Colline en juin dernier, ce spectacle gonflé, soufflant, est de retour. Dispositif bi-frontal, qui crée un passionnant jeu de miroir entre public et public. Avec les mêmes interprètes, la même formidable énergie et le même plaisir du plateau, partagé par acteurs et spectateurs, entre rire et effroi. Ne manquez pas ça.

Le Père Tralalère, création collective, mise en scène Sylvain Creuzevault, Théâtre de la Colline. Paris 20e, jusqu’au 31 octobre.




Hamlet aux Laboratoires d'Auvervilliers - noir c'est noir

Posté par Catherine le 17.10.09 à 08:00 | tags : theatre

d'après Hamlet, par le Théâtre Permanent de Gwenaël Morin

Le théâtre permanent de Gwenaël Morin se porte bien, merci. Après Lorenzaccio, après Tartuffe, Bérénice et tout récemment, un Antigone qui déchirait sa race dans la cour des laboratoires d'Aubervilliers, retour à l'intérieur avec Hamlet. Fidèle à sa recherche effrénée de théâââtre, la troupe du Théâtre Permanent s'essaie cette fois aux rideaux de velours (même si ceux-ci ne s'ouvrent que sur des fantômes), et au frapper des trois coups (avec chaussure en guise de brigadier). Et puisqu'il faut bien tenter tout pour voir ce que ça peut donner sur un plateau, une télé est allumée dans un coin, qui diffuse une version d'Hamlet en noir et blanc et costumes d'époques.Théâtre en rond version anguleuse, le dispositif permet aux spectateurs d'échanger des regards sous la lumière blanche des néons qui éclairent toute la salle.

La reine tire la gueule, le roi (Gwenaël Morin himself) jubile, Hamlet suffoque dans ses habits de deuil : pantalon noir, chaussures noires, chemise noire, pull noir, cheveux noir. Noir, c'est très noir. Ce qu'on aime avec le théâtre permanent, c'est l'occasion si rare de suivre une troupe dans ses évolutions et circonvolutions : Renaud Béchet, qu'on avait découvert un peu hésitant dans Tartuffe, est aujourd'hui parfaitement convaincant en fils jaloux et, peut-être fou. Aux antipodes du Créon autoritaire qu'elle était il y a peu dans Antigone, Virginie Colemyn est maintenant la blanche Ophélie, tellement naïve qu'on l'adore d'emblée. Julian Eggericks l'enflammé aime toujours autant montrer son torse, et le petit boxer bleu moulant qu'il dévoile dans Hamlet répond au collant rouge de son évêque dans Lorenzaccio.
Jusqu'à samedi dernier, le public avait droit aux seuls deux premiers actes. C'est ça la liberté du théâtre permanent : ne pas attendre la finitude ni la perfection pour accueillir les spectateurs.
Pour suivre les péripéties d'Hamlet au Théâtre Permanent, c'est toujours à 20 heures, toujours du lundi au samedi, et c'est toujours aussi gratuit !

Hamlet, d'après Hamlet de William Shakespeare, mise en scène Gwenaël Morin
Traduction Joris Lacoste
Du mardi au samedi à 20 heures, aux Laboratoires d'Aubervilliers (41 rue Lécuyer à Aubervilliers, M° Pantin quatre chemins, ligne 7).
Pas besoin de réserver.

n.b. Pour en savoir plus sur le Théâtre Permanent, n'hésitez pas à relire notre papier de mai dernier : www

Illus ©Julie Pagnier




Le cirque facile et sans risque

Posté par Catherine le 16.10.09 à 20:00 | tags : cirque

 

Que ceux qui ne se sont pas encore précipités admirer le fabuleux Cirque des Gueux au Village de Cirque le fassent (mais vite, il ne reste plus que deux jours !), et que tout le monde se prépare à aller applaudir bientôt la Compagnie Galapiat et son Risque Zéro qui fait très peur. Petite mise en bouche avec cette descente de mât chinois par le petit clown rouge de la compagnie, Moïse Bernier, offerte à la soirée d'ouverture du Village.
Le Cirque des Gueux par le Cirque Baroque, jusqu'au 18 octobre
Risque Zéro par la Compagnie Galapiat, du 21 octobre au 1er novembre
Au Village de Cirque, pelouse de Reuilly

 




Le Guillon flingueur de retour sur scène

Posté par Nedjma le 16.10.09 à 17:28 | tags : théâtre, humour
Avec ses allures de cocker triste et son air de pas y toucher, Le Stéphane Guillon, animal comique en voie de disparition, ne trompe plus personne. L'homme dezingue et flingue à tout va, avec un humour noir et brillant malgré des saillies inégales. C'est sur France Inter que ça se passe, chaque matin, du lundi au mercredi à 7h53, ça dure à peu près 5 minutes et ça marche du feu de Dieu. Les auditeurs adorent ou abhorrent, et le font savoir (courriers et mails). Quant aux personnalités invitées, elles subissent mais le plus souvent découvrent le forfait, après-coup.
C'est le cas de Nicolas Hulot, qui, qualifié d'éco-tartuffe, a publié une réponse cinglante dans le Journal du dimanche de la semaine dernière, de Dominique Strauss-Kahn, traité à mots (dé)couverts de baiseur fou, ou de Martine Aubry, considérée comme un pot à tabac. Eric Besson, Nicolas Sarkozy -proie de prédilection de Guillon-, Jean Sarkozy, ou, plus douteux les victimes du crash aérien du vol France-Bréil... ont aussi fait les frais de la plume au vitriol de Guillon -revue et corrigée quand besoin par sa compagne...-. Quoi qu'il en soit, les cibles de Guillon sont aussi ceux qui lui font la meilleure pub, l'humoriste en convient et s'en sert même pour faire la promotion de son dernier spectacle.
Oui le microphage revient à la scène, à partir de janvier prochain, au Théâtre Dejazet.
Stéphane Guillon, Théâtre Dejazet, Paris, à partir du 12 janvier 2010. 



Quand le cirque flirte avec la science

Posté par Floriane le 16.10.09 à 06:49 | tags : cirque, international
In Vitro 09Dans la pénombre, des formes s’agitent. Tête en bas, suspendues en haut de la structure d’acier que l’on devine à peine, elles s’extraient péniblement d’un magma de membres. En haut des bras, quelques traces de plumage. Malheur ! L’expérience du Professeur, cloneur fou désireux de croiser l’homme et la bête, a une fois de plus raté. La « bête de cirque », aux capacités plus qu’humaines, n’est pas encore sortie de ses éprouvettes.
Basé sur le scénario écrit par Guy Carrara en 1997 et publié ce printemps chez L’Entretemps, In Vitro 09 est une version totalement revisitée du spectacle créé il y a dix ans. Montée en partenariat avec l’Ecole nationale de cirque de Rio, cette production fait la part belle à l’insertion professionnelle de jeunes artistes brésiliens et européens. Soutenu par le programme Culture de la Commission européenne, le projet a vu le jour grâce à la collaboration de nombreux opérateurs et écoles européens et brésiliens, rassemblés autour de la compagnie française Archaos.
Après les bêtes à plumes, ce sont des bêtes à toison qui naissent dans le laboratoire. Dolly, la brebis, avait fait les gros titres dans les années 90. Les deux artistes qui s’affrontent au mât chinois en sont les lointains descendants. Une fois de plus, le Professeur trépigne, arpentant la scène à la vitesse de ses rollers. Les laborantins équilibristes n’ont qu’à poursuivre les travaux.
Ce petit monde s’agite de plus belle jusqu’à qu’enfin, une créature, de rouge vêtue, apparaisse, inerte sur un double fil. Pas de plumes, pas de toison, mais que peut-elle bien faire de plus qu’une simple humaine dont elle a toutes les apparences ? En s’éveillant, maladroitement d’abord, elle se risque sur les cordes, poussée par le Professeur à se mettre debout, puis à progresser sur cette assise fragile. Et là, miracle ! La « créature », prenant de l’assurance, acquiert les postures et les attitudes de la féminité la plus délicate, la plus tentatrice, la plus dangereuse. Le Professeur n’est pas le seul à tomber sous le charme.
Il adviendra ensuite ce qui arrive toujours dans ces cas-là : un des laborantins, ayant chassé le Professeur jongleur d’embryons, finit par conquérir le cœur de la belle. Finies les expériences ; le spectacle se termine par un duo d’équilibre sur mains et sur cannes d’une sensualité très délicate.
Créé le 8 septembre dernier à Rio, In Vitro 09 débute sa tournée et est présenté, en première européenne, ce soir au Cirque Théâtre d’Elbeuf. La scénographie inventive (une sorte de « diamant » tournant, un prototype de structure autoportée signé Archaos) permet de le jouer en configuration frontale ou en cercle. Après Elbeuf, le Professeur et ses créatures s’envoleront pour le festival della Scienza à Gênes (Italie), puis ils iront au Havre (fin novembre), à Doua (mi décembre), Montpellier (fin décembre), avant Bruxelles (fin janvier), Londres (avril) et enfin La Villette, fin 2010.



Changement de cap pour les théâtres Monfort et Aquarium

Posté par Nedjma le 15.10.09 à 12:49 | tags : théâtre
On l'a dit, le Théâtre Silvia Monfort, dans le quinzième arrondissement de Paris vient de changer de mains. Après de longues années sous la direction de Régis Sauton, pour une programmation de facture plutôt classique, voilà que Laurence de Magalhaes et Stéphane Ricordel, spécialisés dans les arts du cirque, anciens directeurs des Arts Sauts, et ayant couru les scènes du monde entier pendant quinze ans posent leurs valises, aux rênes du théâtre. Théâtre rebaptisé « Le Monfort » et qui subit un coup de jeune. Physique (rénovation des lieux, de leur habillage, du site web), et artistique. Dans son édito d'intention, le tandem promet une saison « multiforme et résolument internationale, à la fois exigeante et accessible à chacun ». Et clame : « Nous rêvons d'un théâtre de notre temps, grand ouvert sur le monde. Plus qu'un lieu de représentation, il sera un espace de liberté, un lieu de vie favorisant les échanges et les rapprochements ». Un peu tarte à la crème, soit, on attend donc de voir à l'usage. De fait la programmation s'annonce très prometteuse. Après « Sonia », d'Alvis Hermanis, vu à Avignon à l'été 2008 (lire ici ), le Monfort accueille du 15 au 31 octobre, la compagnie Oh oui ! pour « Ce que nous vîmes ». Dans la foulée, d'autres compagnies de théâtre, cinq compagnies de danse, trois de nouveau cirque et plusieurs opéras chinois. A suivre...

 

A l'autre bout de la ville, au sein de la Cartoucherie de Vincennes, c'est le Théâtre de l'Aquarium qui a changé de main. La direction laissée vacante par le départ de Julie Brochen au TNS de Strasbourg, c'est François Rancillac qui a été officiellement nommé, le 12 mars dernier, au terme d'un feuilleton pour le moins rocambolesque. On peut s'en réjouir. Le metteur en scène, qui monta souvent Lagarce et présida, un temps aux destinées du Festival de Bussang vient du CDN stéphanois La Comédie. Sept années durant, avec son complice Jean-Claude Berutti, ils ont œuvré au développement de l'Ecole de formation, tissé une dense programmation faisant la part belle au contemporain, ont créé le Piccolo, théâtre itinérant sillonnant les chemins de Loire et Haute Loire. Lever de rideau avec une mise en scène de Rancillac, « Zoom » de Gilles Granouillet, suivi de « La tête vide » de Raymond Guérin. Un artiste associé, Antoine Caubet a été nommé pour trois ans et le nouveau directeur continue de célébrer l'itinérance avec des petites formes proposées en entreprise, association, appartement...

Théâtre Silvia Monfort, Paris 15e.
Théâtre de l'Aquarium, Cartoucherie de Vincennes.

 




Hymne à la femme - Médée au CDN de Sartrouville

Posté par Catherine le 15.10.09 à 12:00 | tags : theatre

Médée d'Euripide, mise en scène Laurent Fréchuret"Si seulement..." C'est par ces mots que commence la tragédie écrite par Euripide en -431. Si seulement tout ceci n'avait jamais commencé. Car une fois la machine lancée, il n'y a plus qu'à laisser le destin advenir. Laurent Fréchuret présente au CDN de Sartrouville qu'il dirige, une version brillante et éminemment théâtrale de la Médée d'Euripide. Exit la trompée hystérique que le désespoir pousse à l'infanticide : sous les traits de Catherine Germain, Médée est forte, très forte. Le metteur en scène a choisi d'aborder la tragédie athénienne comme une formidable machine à jouer, un texte poétique à dire, à chanter, sans s'appesantir plus que cela sur l'acte terrifiant d'infanticide. La nourrice s'inquiète-t-elle de l'absence de chansons pour accompagner les moments difficiles de la vie ? Un orchestre est présent sur le plateau : batterie, percussions, violon, guitare, chants, et c'est parti pour un grand moment de communion théâtrale en compagnie du texte d'Euripide, revitalisé par la nouvelle traduction qu'en propose Florence Dupont.

Sous les traits de Catherine Germain, Médée arbore une longue chevelure blonde, attribut féminin par excellence. Mais son visage est profondément marqué. Elle est osseuse, dure, forte, quand son mari, Jason, est tout en rondeur et un rien pataud. Médée vit sa répudiation dans son corps, dans son ventre. Cependant, elle ne se laisse jamais aller à l'hystérie. Sa colère est raisonnée et presque calme.
Aguerrie aux techniques du clown, Catherine Germain ne craint pas de simplement se tenir debout et toiser le public pendant de longues minutes. C'est une Médée parfaitement sûre d'elle-même qui apparaît, sûre de ses pouvoirs et de sa force, magnifiquement habile à se jouer de la crédulité de Jason pour mieux perpétrer sa vengeance.

Médée d'Euripide - mise en scène Laurent FréchuretEn reflet de cette Médée si masculine, le choeur est quintessence féminine : impossible de résister aux charmes de la comédienne Zobeida, cheveux très courts, voix suave et accent espagnol, quand elle exhorte les femmes à ne pas avoir d'enfants. Et si, à travers cette grande tragédie qui a si bien traversé les âges, Euripide avait finalement oeuvré à une image de la femme ultra-moderne ? Quoi, la femme serait faible et l'homme fort ? Ici, Jason est hypocrite et lâche, bien sûr. Mais le comédien Jean-Louis Coulloc'h en rajoute une couche : l'homme est naïf et très bête. Médée est celle qui fait face aux événements, décide de son destin, ne s'encombre pas d'enfants et n'a besoin de personne. On peut même la traiter de sorcière, ça la fait bien rigoler. La plus forte, c'est elle. Et attention, si on l'embête, elle s'envole sur un chariot d'or ! Euripide, féministe ? Assurément.


Médée d'Euripide, mise en scène Laurent Fréchuret
Nouvelle traduction Florence Dupont
Avec Thierry Bosc, Jean-Louis Coulloc'h, Takumi Fukushima, Catherine Germain, Dominique Lentin, Mireille Mossé, Jean-François Pauvros, Martin Selze, Zobeida
Du 6 au 23 octobre au CDN de Sartrouville

Illus ©Christophe Raynaud de Lage




Trisha Brown à l'honneur à Paris

Posté par Magali le 15.10.09 à 09:19
La chorégraphe américaine Trisha Brown est à l'honneur cet automne à Paris, avec deux spectacles et une exposition. Trois œuvres sont au programme du 15 au 18 octobre au Théâtre national de Chaillot, avec deux pièces réalisées en collaboration avec l'artiste Robert Rauschenberg (Set and Reset, 1983, et You Can See Us, 1996), et une création, L'Amour au théâtre, sur la musique baroque de Jean-Philippe Rameau.

Le Centre national de la Danse de Pantin revisite quant à lui les 20 et 21 octobre les Early Works des années 60 et 70, et donne à voir, à partir du 17 octobre, les principaux jalons de la carrière de l'artiste avec une exposition vidéographique intitulée Mouvements browniens.

Par ailleurs, plusieurs événements autour de Trisha Brown ont lieu à Chaillot les 16, 17 et 18 octobre. Une performance dans le Grand Foyer est prévue avant les représentations des 16 et 17 octobre, à 19h30. Le 18 octobre, après la représentation de l'après-midi, sera projeté dans la salle Jean Vilar le film de Babette Mangolte sur Trisha Brown, et une rencontre avec la chorégraphe aura lieu samedi 17 octobre à 17h30.

Découvrez le portrait de Trisha Brown ainsi qu'une sélection de vidéos de ses spectacles.

www.theatre-chaillot.fr
www.cnd.fr

Ill. Trisha Brown, L'Amour au théâtre.



La bible des arts de la rue, comment ça, comment ça ?

Posté par Catherine le 14.10.09 à 18:27 | tags : arts de la rue, edition

Floriane Gaber Floriane Gaber

Les arts de la rue ont désormais leur bible. Et nous sommes heureux, ici à Fluctuat, parce que c'est l'une de nous qui l'a écrite ! Floriane Gaber sillonne depuis des années les rues de France et d'Europe, avide de rue et de spectacles. C'est elle qui nous emmène régulièrement à Aurillac et à Chalon bien sûr, mais aussi à Amiens, à Vilnius, à Belgrade...
Floriane en parle si bien, des arts de la rue depuis les années soixante, qu'à la lecture de sa somme en deux volumes, on s'imagine qu'elle était de toutes les fêtes, de tous les festivals, de toutes les expériences : le festival de Nancy qui démarre en 1968, Aix, ville ouverte en saltimbanques de 1973 à 1976, le Living Theater, le Palais des Merveilles, le Théâtre de l'Unité, Théâtricide, Royal de Luxe, Chalon, Aurillac, j'en passe et bien d'autres, à (re)découvrir dans les deux livres dédiés aux arts de la rue que Floriane Gaber publie simultanément aux éditions Ici & là.
La lecture de cet impressionnant catalogue de compagnies donne le tourniquet. On en sort un peu furieux que tant de choses se soient passées sur le sol français tandis que nous, simple quidam, en avons été si rarement le témoin. Mais étions-nous seulement nés l'année de cette Falaise des Fous, à Chalain dans le Jura, qui fut au choix "la naissance des arts de la rue en France" ou "son enterrement en beauté" (1980) ? L'explosion des arts de la rue ne saurait s'expliquer sans de nombreux détours par tout ce que ces dernières décennies ont compté d'événements historiques, de transformations sociales, et de politiques culturelles. Floriane Gaber a le don de nous rappeler, alors qu'on commençait à avoir l'impression que le Grand Magic Circus n'était pas si loin de nous, avec son fondateur Jérôme Savary encore dans le circuit, qu'au début des années 70, la télé faisait tout juste son apparition dans les foyers, et que ceux-ci commençaient à peine à s'équiper en électro-ménager...
Alors, la rue a-t-elle tellement changé en quarante ans ? L'ouvrage en deux parties que livre Floriane Gaber et qui, sans aucun doute, fera date, révèle les chemins de traverse qu'ont pris les différents acteurs de la scène actuelle. Par exemple, d'où vient donc ce Cirque Baroque dont on peut applaudir en ce moment le superbe Cirque des Gueux au Village de Cirque? Vous le saurez en retrouvant le parcours de son fondateur, Christian Taguet, en page 37 de Quarante ans d'arts de la rue de Floriane Gaber !

 


Rendez-vous : Jeudi 15 octobre à 19h, au Village de Cirque, événement 2r2c, rencontre discussion autour de l'histoire des Arts de la rue et du cirque à l'occasion de la sortie des deux livres de Floriane Gaber

40 ans d'arts de la rue
et
Comment ça commença ? Les Arts de la rue dans le contexte des années 70
Floriane Gaber, Editions ici et là, 2009




Laure Manaudou, des bassins aux planches

Posté par Nedjma le 14.10.09 à 14:27 | tags : théâtre

Le théâtre ? C'est définitivement le plus gros secteur de recyclage de personnalités égarées, et dans tous les domaines.

 

On a connu les vedettes jetables de la télé-réalité, comme Jean-Edouard-du-Loft (comment ça, vous avez oublié ? le soupirant aquatique de Loana) qui donna notamment la réplique à Marie Laforêt. Puis les hommes politiques-hommes d'affaires-ex-détenus : figure exemplaire de « reconversion », Bernard Tapie qui fit des siennes dans « Vol au-dessus d'un nid de coucous », « Un beau salaud » et, plus récemment « Oscar ».

Voilà maintenant que la scène pourrait servir de tribune à une sportive jeune retraitée. C'est le Journal du Dimanche qui nous l'apprend : Laure Manaudou s'est vue proposer le rôle de Monica dans l'adaptation théâtrale du film « Viens chez moi, j'habite chez une copine ».
C'est à Philippe Hersen qu'on doit ce coup... de génie ? de pub ? de lune ? Le producteur et metteur en scène, déjà initiateur du projet « Oscar » a expliqué dans l'hebdomadaire : « Je lui ai proposé de jouer dans cette comédie, que je monterai en septembre 2010. On me demande souvent de faire des coups avec des people. J'ai refusé pour Loana, mais Laure, j'y crois énormément. Elle a une vraie personnalité, une sensibilité et un physique. »
Le projet reste hypothétique, la championne de natation étant enceinte, mais elle s'est d'ores et déjà engagée à prendre des cours de comédie.




Mort d'Alain Crombecque, directeur du Festival d'Automne

Posté par Nedjma le 13.10.09 à 17:20 | tags : théâtre, festival d'automne

La nouvelle a fait l'effet d'un coup de tonnerre, soudain, et triste. Alors que le festival d'Automne, dont il est le directeur depuis 1993, bat son plein, Alain Crombecque est mort hier d'une crise cardiaque, à l'âge de 70 ans.


« Ce pourrait être des visages de spectateurs. Des visages qui ne seraient plus que l'expression de ces spectateurs. Rires, étonnement, trouble, indifférence, stupéfaction. Chacun reconnaîtra le sien, se souviendra avoir été, de spectacle en concert, d'exposition en projection, celui-ci ou celui-là. Tous sans doute. Non sans humour, parfois avec une monumentale gravité, ces curieux masques de Ugo Rondinone nous accompagneront tout au long de cette trente-huitième édition, totems que l'on espère bienfaiteurs d'une société en quête de réenchantement ». La phrase résonne curieusement aujourd'hui. Elle est signée Alain Crombecque, et ouvre l'éditorial du programme de cette trente-huitième édition.

L'homme, ami des artistes, défricheur de talents, a conseillé Patrice Chéreau, aux débuts des Amandiers, Jérôme Savary, et présidé aux destinées de manifestations théâtrales majeures en France : le festival d'Automne donc, mais aussi le festival d'Avignon. Il dirigea la vénérable institution entre 1985 et 1992, entre deux « épisodes » Bernard Faivre d'Arcier.
Plus discret que certains de ses pairs, il a initié quelques temps essentiels, et moments forts d'Avignon. Quelques-unes de ces nuits de théâtre mémorables, dont la ville bruisse encore et les spectateurs sont fiers de clamer : « J'y étais ». Parmi eux, « Le soulier de satin » mis en scène par Antoine Vitez, en 1987, dans la Cour d'honneur, ou « Le Mahâbhârata » mis en scène par Peter Brook, à la Carrière de Boulbon, en 1985. Avec lui, Avignon s'ouvre à de nouveaux horizons, plus lointains : 1992 voit l'organisation d'un programme traditionnel dédié à l'Amérique latine. Féru de poésie, Crombecque programme aussi nombre de lectures de poètes contemporains - Michel Leiris, René Char, Louis-René Des Forêts - et de rencontres avec des comédiens qui ont marqué l'histoire du festival : Maria Casarès, Jeanne Moreau...
Au festival d'automne, il avait invité Merce Cunningham et Pina Bausch, Bob Wilson et Carmelo Bene, et célébré le TG Stan - qui soufflera ses 20 bougies en fin de festival - ou Guy Cassiers.


Illus Festival d'Avignon.

Lire aussi :

L'histoire du festival d'Avignon

Voir le diaporama des spectacles de la rentrée 2009




L'automne sur la Côte d'Azur

Posté par Catherine le 11.10.09 à 23:09

Vous avez loupé l'inquiétante Côte d'Azur de Denis Chabroullet l'année dernière et vous vous en mordez encore les doigts ? Réjouissez-vous : le spectacle reprend pour trois dates-éclairs dans quelques jours à la Serre, le repaire du théâtre de la Mezzanine sis à Lieusaint, en banlieue parisienne très accessible, et puis tournera au Luxembourg puis à Marseille.

On vous met toutes les dates là en dessous, et aussi les numéros de téléphone parce que la réservation est absolument obligatoire parce qu'il y a tellement de monde qui aimerait voir ce spectacle que si vous ne vous dépêchez pas, il ne restera plus de place pour vous.

Et, c'est quoi et c'est comment, la Côte d'Azur vu par "le théâtre qui parle quand il en a envie" ? Lisez donc plutôt ici, ce qu'on vous en racontait il y a un an (que du bien).

 

Côte d'Azur par le théâtre de la Mezzanine
Du 15 au 17 octobre 2009 à 20h30 : "La Serre" Lieusaint (77 - Ile de France) 01 60 60 51 06
Les 9 et 10 novembre à 20h00 : Théâtre de Esch s/Alzette (Luxembourg) 54 03 87 - 54 09 16
Du 19 au 21 novembre et du 24 au 28 novembre à 20h00 et le 22 novembre à 18h00 : Friche "Belle de Mai" - Théâtre Massalia - Marseille 04 95 04 95 70




V. à la Maison de la Poésie

Posté par JdF le 11.10.09 à 14:45 | tags : théâtre

Je ne connaissais pas Tony Harrison avant de voir V. à la Maison de la Poésie. Depuis j’ai appris que le Daily Mail en avait fait sa une en 1987 lorsque la chaîne Channel 4 l’avait diffusé. Le tabloïd le fustigeait comme étant le poème de langue anglaise qui comportait le plus de gros mots.

Texte paradoxal en ce qu’il intègre à une structure décasyllabique, donc classique, la réalité trash de l’Angleterre minière sous Tatcher. Chômeurs, skin, hooligans (ici synonymes ?) y rôdent sur fond de mines fermées et de mouvement ouvrier en déroute.
Claude Guerre l’a mis en scène dans une version musicale : le texte est scandé et chanté par Guillaume Durieux (qui a l’élégance destroy des rock-stars anglaise), accompagné à la guitare et au clavier par Jean-Baptiste Dary.

V. à la Maison de la Poésie (www), jusqu'au 22 novembre 2009.

 




La Paranoïa à Chaillot

Posté par JdF le 10.10.09 à 14:41 | tags : chaillot

Après La Estupidez, la troupe d’Élise Vigier et de Marcial di Fonzo Bo revient avec La Paranoïa, pièce du même auteur, borgesien et déjanté (normal, vous me direz : il est argentin), Rafael Spregelburd.
Cette fois, l’histoire est simple (hum ! hum !) : des créatures extraterrestres menacent de détruire la planète si les humains ne leur fournissent pas la substance dont elle sont si friandes au point d’avoir déjà consommé la totalité de celle qui existait jusque là. Quelle substance, me direz-vous ? De la fiction, pardi ! Romans, récits, sur tous les supports possibles (même les films captés sur les téléphones portables ont été consommés). C’est pourquoi des terriens, choisis pour leurs compétences ( je ne préfère pas entrer dans le détails, vous verrez vous-mêmes) sont convoqués en Amérique du sud dans un hôtel balnéaire afin d’élaborer une histoire apte à contenter les « intelligences » et ainsi de sauver la terre. Commence alors l’élaboration d’une histoire à dormir debout, où se côtoient un policier boulimique, une certaine Brenda défigurée par les opérations esthétiques et le président Chavez.


Dans ce spectacle ou toutes sortes d’histoires s’entremêlent, où les personnages ne sont pas tous des humains, où un homme (Pierre Maillet) joue une femme (qui se révèle être un robot), où le temps se compte en « lapins », où l’on ne sait plus c’est la romancière qui a imaginé le personnage de Brenda ou si c’est l’inverse, la troupe des Lucioles arrive à maîtriser cet univers farfelu dans une mise en scène de grande tenue. Le film dans lequel ces mêmes acteurs incarnent les rôles qui germent dans la tête des personnages qu’ils jouent sur scène (vous me suivez ?) est un superbe pastiche mêlant films d’horreurs et autres références plus avouables (Lynch ou Fassbinder). Une grande réussite quand on le compare avec la plupart des projections qui nous sont infligées sur nombre de scènes théâtrales.

La Paranoïa de Rafael Spregelburd, mise en scène d’Élise Vigier et de Marcial di Fonzo Bo, avec Marcial Di Fonzo Bo, Frédérique Loliée, Pierre Maillet, Clément Sibony, Rodolfo de Souza, Élise Vigier, Julien Villa.
Jusqu’au 24 octobre, au Théâtre national de Chaillot (www)

Illus. Élise Vigier en Brenda © D.R.

Marcial Di Fonzo Bo, Pierre Maillet, Clément Sibony et Rodolfo de Souza © Christian Berthelot




Robin et Gregorio diabloguent à Marigny

Posté par Nedjma le 08.10.09 à 14:25 | tags : théâtre, théâtre marigny

Dans "Les Diablogues", Un et Deux s'interrogent sur des choses aussi essentielles que les effets de la pluie, l'efficacité des compte-gouttes ou les joies de la montagne. Voilà pour le fond. Ce qui fait (non) sens ici, et surtout éclats de rire, c’est la forme. Roland Dubillard s’amuse dangereusement avec les mots et enchaîne quiproquos, répliques absurdes et dialogues déjantés, dans une mécanique ultra-huilée.

Ces sketches radiophoniques datant de 1953 étaient devenus courtes pièces de théâtre en 1975. Voilà deux saisons, Jacques Gamblin et François Morel étaient, sur la scène du Rond-Point puis en tournée ces deux redoutables diabloguistes (lire ici). Cette fois, les comédiennes Muriel Robin et Annie Grégorio s’y collent. L’intérêt, sans doute, viendra de la  mise en scène de Jean-Michel Ribes, directeur du Théâtre du Rond-Point. Pierre Lescure l’accueille à Marigny et fait, une nouvelle fois le pont entre théâtre public et privé.

C’est plutôt une bonne nouvelle même si, bien sûr, les risques sont minimes. Lescure s’est, pour son début de saison, appuyé sur de grands succès déjà éprouvés : « Partage de Midi », créé à la Comédie-Française puis « Vers toi, terre promise », créé à la Manufacture de Nancy et présenté dans la foulée au même Rond-Point.

Les Diablogues, mis en scène par Jean-Michel Ribes, du 8 octobre au 31 décembre, Théâtre Marigny, Paris.  

 





Le spectacle vivant, parent pauvre du nouveau budget

Posté par Nedjma le 06.10.09 à 10:38 | tags : théâtre, patrimoine, cinéma, budget de la culture

Voilà quelques jours, le fraîchement nommé ministre de la culture Frédéric Mitterrand (illus dr) dévoilait son budget 2010 pour la culture et la communication, affichant fièrement une hausse globale des moyens alloués aux différents secteurs. +51% pour la presse, +5,8% pour le cinéma et l'audiovisuel. Sans grande surprise, le moins bien doté, une nouvelle fois, est le spectacle vivant : un tout petit 0,4% de hausse. Soit une « augmentation modérée des crédits», de l’aveu même du ministre, alors que le patrimoine rafle 9,3% supplémentaires (soit 400 millions de plus pour les monuments historiques).

Le président du Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles met ce chiffre en regard de celui de l’inflation (1,2%) et évoque, au final, une baisse d’1 point. Mais que fait le Conseil de la création artistique présidé par Marin Karmitz, est-on tenté de se demander ? Et d’où viennent les 10 millions qui lui sont alloués ? Le temps risque d’être –de plus en plus- morose pour nombre de compagnies et lieux non identifiés comme des « paquebots de la culture » richement dotés, à Paris et en province. Exemple parmi tant d’autres, celui du Théâtre Toursky à Marseille qui a vu purement et simplement ses subventions de la Drac supprimées (lire ici)… Drac qui se sont vues demander, « dans un contexte économique difficile, la nécessité de poursuivre l’effort de maîtrise des coûts et le développement des ressources propres ».

 

 




Grève de la faim pour des subventions au Théâtre Toursky

Posté par Nedjma le 05.10.09 à 11:09 | tags : théâtre

C’est un haut lieu de la culture marseillaise, basé dans le troisième arrondissement de la ville, au cœur du quartier populaire de la Belle-de-Mai. Le Théâtre Toursky, dirigé par Richard Martin (illus dr), a été inauguré en 1970 par Léo Ferré. Ce samedi, Richard Martin, 65 ans, a commencé une grève de la faim pour dénoncer l'arrêt des subventions du ministère de la Culture, via la Drac.

Depuis 1996, pas moins de 85 000 personnes ont signé une pétition réclamant le rétablissement de 185 000 euros de subventions réduites peu à peu chaque année (15 000 euros l'an dernier) avant de disparaître totalement en 2009. Au sein du comité de soutien du lieu, les acteurs Michel Bouquet et Pierre Arditi ou le chanteur Maxime Le Forestier. Martin, qui avait déjà observe une grève de la faim en 1981 réclame la restitution totale des subventions. « L'Etat se désengage et je m'y oppose. Je suis pour une culture pour tous, pour un théâtre populaire », clame-t-il, argumentant que le Toursky, dont le taux de remplissage dépasse 90%, voulait pouvoir pratiquer des tarifs accessibles.

Dans un courrier du 9 mars, la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) informait déjà le directeur du théâtre qu'elle ne lui verserait aucune subvention, « dans un contexte budgétaire tendu », et compte tenu du fait que les collectivités locales soutiennent le Toursky.

De son côté, la ville explique qu’elle ne pourra pas pallier éternellement le désistement des autres partenaires.

« Depuis toujours, nous affirmons qu'oser faire fleurir un théâtre dans un quartier difficile représente un pari fou et des risques énormes. Nous persistons à penser que continuer à l'aider à fleurir constitue une réelle promesse pour l'avenir», assure l’équipe du théâtre sur son site , sous l’intitulé « Le Toursky entre en résistance ». Etrange concomitance, le directeur de ce lieu emblématique se retrouve poussé à de telles extrémités, dans une ville qui sera capitale européenne de la culture en 2013...

 




Casimir et Caroline à Nanterre-amandiers

Posté par JdF le 04.10.09 à 23:45 | tags : nanterre-amandiers, théâtre, festival d'avignon

Casimir aime Caroline, mais il a perdu son emploi. Caroline le quitte pour tenter de trouver un homme qui lui rendra la vie matérielle plus facile. Nous sommes à Münich en 1931, c’est la crise et les deux amants tentent d’oublier leur déception et leur chagrin dans la bière et les montagnes russes d’une fête foraine. Les autres personnages, Erna et son fiancé, un rustre qui ne lui épargne pas une petite taloche de temps en temps, n’ont rien à leur envier. Eugène, le jeune homme que Caroline séduit pour un temps est doux et gentil, mais il n’est pas en mesure de la disputer à son directeur, venu prendre du bon temps avec ses congénères et s’offrir les charmes des jeunes ouvrières prêtes à échanger leur vertu contre quelques marks.

Après sa création dans la cour d'honneur, lors du dernier festival d'Avignon, le spectacle est à Nanterre. La mise en scène très clinquante, ainsi que les pauses musicales rock, dues à une bande de musiciens vêtus d’étranges costumes rayés à paillettes, alourdissent le spectacle, qui tend à s’étirer en longueur. C’est dommage car la pièce d’Ödön von Horváth, une histoire d’autant plus sinistre qu’elle a pour cadre un lugubre parc d’attractions, est très bien servie par ses acteurs.

Casimir et Caroline d’Ödön von Horváth, mise en scène Johan Simons, Paul Koek.
Avec Elsa May Averill, Reinout Bussemaker, Els Dottermans, Frank Focketyn,Wim Opbrouck, Judith Pol, Yonina Spijker, Inke Trekker, Louis van Beek,
Kristof Van Boven, Oscar Van Rompay.
Jusqu’au 7 octobre au théâtre de Nanterre-amandiers (www)

 

Illust. © Phile Deprez




Robert Desnos : paroles et musique !

Posté par JdF le 04.10.09 à 23:44 | tags : musique sur scène

Cri de guerre, conseil aux amants, leçon pour enfants pas sages, slogan publicitaire … ? Robert Desnos aimait brouiller les pistes, jouer à l'équilibriste sur la corde raide qui relie le rêve au quotidien, et, surtout, ne jamais se prendre au sérieux. Le duo Sonia Masson et Pablo Nemirovsky relève le défi et propose un voyage très musical dans l’univers poétique de Robert Desnos (1900-1945). Figure de proue du surréalisme, rêveur prophétique, faiseur d’épopée, poète populaire, porte-parole des amoureux transis, inventeur de merveilleuses chansons pour enfants, héros de la résistance, il fut tout cela avant de mourir non pas à la guerre, mais contre la guerre, comme aima le dire son ami Jacques Prévert.

La Liberté ou l’amour au théâtre de la Vieille Grille (www)
1, rue du Puits de l'Ermite - Paris 5e
Les 7, 8, 9, 10 octobre 2009 à 21h00
Et le 11 octobre à 17h30

Illus. © D.R.




Sous le Volcan au Théâtre de la Ville

Posté par JdF le 02.10.09 à 18:46 | tags : festival d'automne, théâtre, théâtre de la ville

Guy Cassiers, qui avait déjà donné, l’an passé, son Triptyque du pouvoir au théâtre de la Ville, revient présentement avec Sous le Volcan, d’après Malcolm Lowry, qui raconte le dernier jour de la vie de Goeffrey Firmin consul britannique alcoolique, en poste dans une bourgade du Mexique, à la fin des années 1930. ce choix s’inscrit dans la longue série de romans que Cassiers à mis en scène (de Marcel Proust à Klaus Man) et dans laquelle il persiste puisqu’il s’est récemment attaqué à L’Homme sans qualité de Robert Müsil.
Dans Sous le Volcan, le dispositif est simple : sur la scène nue, ou presque, les acteurs surgissent de derrière un écran sur lequel sont projetées des images filmées au Mexique, évoquant moins la réalité qu’une nébuleuse de sensations visuelles et auditives qui traversent l’esprit embrumé (et pourtant lucide quant à sa propre déchéance) du consul. Dispositif assez statique, qui permet cependant un effet de va et vient entre extériorité et intériorité, entre les silhouettes tenues, raides parfois des acteurs, qui ne laissent paraître, de l’émotion ressentie par leurs personnages, que des bribes savamment mesurées, alors que derrière eux, le chocs des verres sur la tables, le foisonnement des paysages, les images de rodeo, renvoient à un maelström mental.
Comme toujours dans les spectacles de Guy Cassiers, les acteurs sont extraordinaires. Josse De Pauw, dont la lourde et large silhouette incarne à merveille le consul qui semble porter sur ses épaules tout le poids de son existence, est aussi l’adaptateur du roman. Katelijne Damen, déjà sublime, dans un double rôle, dans Mephisto for Ever, livre une interprétation bouleversante d’Yvonne, l’épouse de Firmin, qui lui revient après en avoir divorcé, pour se confronter de nouveau à l’impossibilité de leur amour.

Sous le Volcan, d’après Malcolm Lowry.
Adaptation Josse De Pauw, mise en scène Guy Cassiers, avec Josse De Pauw, Katelijne Damen, Bert Luppes, Marc Van Eeghem.


Jusqu’au 9 octobre au Théâtre de la Ville (www)

 

Illus. © Koen Broos




Laurent, Roland, Georges, et les autres…

Posté par Nedjma le 02.10.09 à 17:35 | tags : odéon, théâtre

Non, on ne se livre pas à un excès de nostalgie, mais on se réjouit de voir, en même temps, et sur deux grandes scènes parisiennes, deux grands maîtres de théâtre à l’affiche.

Dans « Philoctète », c’est Laurent Terzieff, 74 ans, qui revient à l’Odéon, à l’endroit même où, voilà il jouait « Tête d’or » de Paul Claudel. Retour au théâtre public donc, après avoir de longues années joué avec sa compagnie –et célébré nombre d’auteurs anglo-saxons, Eugène O’Neill ou, plus récemment Ronald Harwood-

Il est cette fois à l’affiche du texte de Jean-Pierre Siméon, d’après Sophocle, dans une mise en scène de Christian Schiaretti. A ses côtés, la jeune garde du TNP.

Dans « Simplement compliqué », texte doux amer et bourré d’humour de Thomas Bernhard, Georges Wilson qui joue et signe la mise en scène est un vieil acteur qui se retourne sur son passé. Il y a quelque chose de poignant à le voir, ce grand monstre de théâtre, dans un autoportrait en creux. Il se marre, éructe, se souvient, s’attendrit sur une fillette venue lui apporter du lait. Comme dans « Minetti », plane l’ombre de Shakespeare, évidemment. Wilson est l’invité des Bouffes du Nord dans le cadre d’un hommage à l’âge. Il s’appuie sur une canne, affiche une silhouette amaigrie mais la présence, la voix sont là. Du haut de ses 88 ans, il bouleverse.

Autre sacrée figure de la décentralisation, qui recevait voilà quelques mois le Molière du meilleur acteur dans un second rôle pour sa performance dans « Coriolan », Roland Bertin. Il sera à l’honneur d’un Grand portrait, à la Comédie-Française, le 3 octobre.

Illus dr.

Philoctète Théâtre de l’Odéon, Paris, jusqu’au 18 octobre, puis en tournée.

Simplement compliqué, Théâtre des Bouffes du Nord, Paris, jusqu’au 24 octobre.

Portrait d’acteur, Comédie Française, samedi 3 octobre, 16h.




Le More cruel : une tragédie sanglante !

Posté par JdF le 02.10.09 à 14:27 | tags : nanterre-amandiers

Tragédie sanglante, Le More cruel appartient au répertoire pré-classique : avant que les doctes ne contraignent les auteurs à suivre les règles de la bienséance (dissimuler les scènes de meurtre, de viol ou de mutilation à la vue du spectateur), le théâtre français a produit des pièces dont la violence n’avaient rien à envier à celles des Elisabethains. Ici, un more (ou maure), esclave que sont maître, dans un accès d’humanité et de repentir, vient d’affranchir, se venge des supplices qu’il a enduré. Il séquestre la famille de son maître, viole sa femme, qu’il finit par égorger après avoir précipiter ses enfants du haut des remparts, avant de se donner la mort.
Directeurs artistiques de l’Opéra français de New York, les deux metteurs en scène, Jean-Philippe Clarac et Olivier Delœuil, ont choisi de présenter, dans le hangar destiné à la fabrication des décors du théâtre de Nanterre-Amadiers, la pièce en musique à des spectateurs debout qui se déplacent au gré des positions des acteurs. Usant d’une estrade (ou échafaud) qui évoque les dispositifs scénographiques de l’époque, le spectacle, sanglant à souhait, est à la fois horrifique et jubilatoire.

Le More cruel, pièce anonyme de 1613, mise en scène et scénographie de Jean-Philippe Clarac et Olivier Delœuil, dramaturgie de Christian Biet, avec Éric Bougnon, Jeanne Brouaye, Babacar M’Baye Fall et Michel Thebœuf, à la guitare, Yann Dufresne.
Jusqu’au 4 octobre au théâtre de Nanterre-Amandiers (www).
Du 8 au 23 octobre au Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine (www).

Illus. © Nicolas Lavalade




Conversation(s) avec Ariane Mnouchkine

Posté par Nedjma le 01.10.09 à 16:01 | tags : théâtre

La méthode de travail, l'accueil du public, la dramaturgie, le rôle du metteur en scène et son évolution, les personnages, les acteurs, les enfants-acteurs, les saluts, la recherche, perpétuelle. Voilà pour le théâtre. Mais aussi la (mauvaise) marche du monde, les émeutes de la faim... Autant de questions évoquées par Ariane Mnouchkine, lors de rencontres avec des élèves d'écoles de théâtre. Anecdotes révélatrices et pensées profondes qui témoignent de l'engagement entier de Mnouchkine et de celui qu'elles demandent à ceux qui travaillent avec elle, qui l'accompagnent: "Les acteurs ne sont pas seulement des acteurs. Ce sont des piliers du théâtre et "être pilier" ça commence en arrivant tôt et en partant tard. Ils ont à comprendre ce qu'est un groupe de comédiens, comment on tient un théâtre, comment on reçoit le public avec amour. Notre engagement aux débuts du théâtre du Soleil n'était pas très politique, c'était un engagement idéaliste. D'ailleurs je crois que cela l'est resté", clame-t-elle ainsi.

Cette conversation au long cours est complétée par des notes de travail extraites d'un stage organisé par le Théâtre du Soleil en février 2009. A découvrir dans la collection "Mettre en scène" d'Actes-sud, avec une introduction signée Béatrice Picon-Vallin.
Ariane Mnouchkine, Mettre en scène, Actes-Sud Papiers.136 pages. 14 euros.






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