Démarré début janvier, le festival Les Nourritures Novarina n'a plus qu'une semaine à vivre. Le temps de goûter à Pour Louis de Funès (tout est dans le titre !) jusqu'à dimanche et de se laisser aller à un dernier Vous qui habitez le temps jusqu'au 24 février.
N'ayant pas peur de l'indigestion novarinenne, j'ai testé pour vous hier soir ce dernier spectacle. Nicolas Goussef a eu la belle idée, avec sa compagnie Théâtre Qui, de mettre à égalité sur le plateau des comédiens et des marionnettes à gaine. Les uns manipulent les autres autant que le contraire, selon l'idée du "corps castelet". Et la rencontre entre ce procédé et le texte Novarina est souvent troublante. Imaginez un petit être au visage creu au bout d'un bras dire à ses camarades "interrogeons nos corps et demandons-leur pendant qu'ils pensent s'ils sont bien ceux qui nous portent pour vivre". Waouh. Et le spectacle, dans un rythme agréablement lent, alterne les instants fabuleux comme celui-ci, avec d'autres moments moins captivants où la logorrhée de Novarina lasse tout simplement. Ou peut-être est-ce la langue de Novarina qui, accommodée à la sauce festival, finit par devenir parfois écoeurante...
Vous qui habitez le temps
Compagnie Théâtre Qui, mise en scène Nicolas Gousseff
au Lavoir Moderne Parisien jusqu'au 24 février à 21 h
De Lulu, posté le 17.02.06 à 11:13 
Le problème de Novarina, c'est peut-être sa vision hyper intellectuelle du langage (très datée finalement, années 70) qui va jusqu'à étouffer la scène, et même tout événement théâtral : ce n'est plus qu'une mécanique, certes ingénieuse, mais qui tourne en boucle : rien de nouveau ou de différent ne semble pouvoir advenir. L'espace théâtral semble verrouillé. Du moins, je parle pour le spectacle de la Comédie Française, l'espace furieux, titre magnifique mais largement usurpé.
Enfin, c'est peut-être un peu plus ouvert au Lavoir Parisien ...