Italie chérie...Le Théâtre de l'Athénée met l'Italie à l'honneur en présentant trois spectacles : une pièce italienne jouée par une troupe italienne (Sabato, domenica e lunedi), une pièce italienne jouée par une compagnie française (Filumena Marturano) et une pièce de Beckett mise en scène par Giorgio Strehler... Eh oui Strehler, vous avez bien lu. "Mais il est mort !" Telle est la première pensée qui vous a traversé l'esprit. Certes. Mais ses mises en scène lui survivent, telle celle-ci : Oh les beaux jours (en Italien, Giorni Felici), que Carlo Battistoni a repris.
Les deux premières pièces sont d'Eduardo de Fillipo, peintre de la vie populaire napolitaine. Sabato, domenica et lunedi est centrée sur une réunion de famille, au cours de laquelle le mari accuse sa femme (Anna Bonaiuto, photo) de le tromper avec son voisin. S'ensuivent moult explications au cours desquelles l'épouse (fidèle, en réalité) fait éclater la rage qui l'habite d'avoir sacrifié son existence à la tenue d'un foyer, sans en avoir retiré un gramme de reconnaissance. La réconciliation générale n'empêche pas de laisser tenace l'étouffement qu'induit le modèle familial traditionnel. Dans Filumena Marturano aussi, ce sont les liens familiaux qui constituent l'enjeu principal, puisque Filumena révèle à celui qu'elle vient d'épouser qu'elle a trois enfants dont un est de lui. Lequel ? Elle n'entend pas le lui révéler. De Filippo interroge les structures qui fondaient la société traditionnelle et pèsent encore sur l'Italie contemporaine. Cela, confronté à l'intemporalité recherchée par Beckett, forme un étrange contraste, mais un beau programme. Commentaires
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