Au Théâtre de la Bastille et dans le cadre du festival d'automne, se joue Blessed : un homme, Francisco Camacho, évolue, tel Robinson, dans un décor en carton : une cahute, un cygne géant et un palmier. Mais la pluie vient et le décor se voit peu à peu réduit à de la bouillie, un magma informe qui rappelle le papier mâché.
Native de la Nouvele Orléans, Meg Stuart a voulu évoquer le ravage produit par le cyclône, il y a deux ans. Alors, bien sûr, cela peut sembler dérisoire face à la réalité du cataclysme qui a frappé la ville et les habitants qui n'avaient pu la fuir. Mais le spectacle est émouvant car Meg Stuart a conscience de la relative impuissance de l'artiste face aux désordres du monde : le danseur finit par faire corps avec le boue de carton dans laquelle il roule, geste par lequel il paraît à la fois lucide et résigné. Kotomi Nishiwafi, de son côté, fait une apparition spectaculaire (combinaison moirée, bottes blanches à talons XXL et la tête surmontée d'une coiffure à plumes), parade sur scène avec conviction dans ce qui semble une tentative désespérée de nier l'évidence de la destruction.
Blessed, jusqu'au 2 novembre au Théâtre de la Bastille : 01 43 57 42 14 (www)
Photo © Chris Van der Burght