"Tableau 2. Scène de reconstitution : un homme est accusé d'avoir défenestré sa femme. Valya joue le rôle de la victime. Sysoev, l'accusé, explique que sa femme est tombée en lavant les carreaux, alors qu'il sortait de l'appartement en claquant la porte..." Le livret du spectacle n'est pas banal : la totalité de la pièce y est résumée, avec précision, tableau par tableau. Avant même le début de la représentation, l'oeuvre de Oleg et Vladimir Presniakov agit sur le spectateur et celui-ci frémit sur son siège à l'idée de voir bientôt des comédiens interpréter la suite de situations qui est décrite. Quel bonheur effectivement que de suivre Valya, tourmenté par la mort de son père, dans sa quête aussi cocasse que désespérée! En cherchant par tous les moyens à conjurer sa peur de la mort, il va vivre des situations hallucinantes et hallucinées.
Son histoire, c'est un peu celle de la Russie actuelle, ou même celle du monde tout entier, qui doit se débrouiller malgré la perte de ses anciens repères. Un beau conte initiatique, servi par une mise en scène parfaitement dynamitée. Un grand frémissement, jusqu'à la dernière minute, jusqu'aux saluts que les comédiens réussissent encore à transformer en grand moment de théâtre.
Seulement quelques dates au théâtre de la Commune pour découvrir le travail d'Oskaras Korsunovas, suivies d'une petite tournée en province. Mais le jeune metteur en scène lituanien reviendra en décembre présenter la Mégère Apprivoisée à la Comédie Française.
Dans le rôle de la victime Frères Presniakov, mise en scène Oskaras Korsunovas
Du 9 au 14 novembre, au théâtre de la Commune à Auvervilliers
En lituanien surtitré
Illus © D. Matvejev